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Full text of "Journal de la Société nationale d'horticulture de France"

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JOURNAL 

DE  LA  SOCIÉTÉ  NATIONALE 

D'HORTICULTURE 

DE  FRANGE 


Sfiic  III. 'T.  XYII.  Cahier  de  janvier,  piifelié  le  10  février  189:..       \ 


L-^-2- 


AVIS    DIVERS 


Médaille  du  Conseil  d'Administration.  —  Pour  l'introduclion 
ou  l'ubleiiiion  de  Plantes  ornementales  reconnues  méritantes 
après  culture  en  France. 

Les  Horticulteurs  français,  obtenteurs  ou  introducteurs  de 
Plantes  reconnues  méritantes,  peuvent  adresser  au  Comité  com- 
pétent leur  demande  en  vue  de  prendre  part  au  concours  pour 
ce  prix.  De  leur  côté,  les  Membres  des  Comités  peuvent  propo- 
ser les  Plantes  qu'ils  jugent  dignes  du  même  prix.  A  la  fin  de 
chaque  année,  il  sera  désigné,  s'il  y  a  lieu,  dans  le  sein  de 
chaque  Comité  compétent,  un  Membre  chargé  de  faire  un 
Rapport  circonstancié  sur  la  ou  les  plantes  qui  sont  de  nature  à 
déterminer  l'attribution  de  la  médaille. 

Médaille  d'or  du  Comité  de  Floriculture.  —  Le  Comité  de 
Floriculiure  a  décidé  d'offrir  une  médaille  d'or  à  l'Exposition 
internationale  de  mai  1895.  Cette  mé.laille  sera  attribuée  à  une 
culture  spéciale,  celle  du  Fuchsia^  qui  semble  un  peu  aban- 
donnée de  nos  jours. 

La  Société  nationale  d'Horticulture  de  France  a  décidé  de  tenir 
une  Exposition  internationale  du  22  au  28  mai  1895. 
Un  Congrès  international  horticole  aura  lieu  à  la  même 
époque. 


AVIS  RELATIF  AUX  CONCOURS  EN  SÉANCE 

Des  Concours  spéciaux  pour  les  Orchidées  ont  lieu  à  Ja 
seconde  séance  des  mois  de  février,  avril,  juin  et  novembre. 
Les  personnes  qui  désirent  y  prendre  part  sont  tenues  d'a- 
dresser, huit  jours  à  l'avance,  à  l'Agent  de  la  Société,  rue  de 
Grenelle,  84,  l'expression  de  leur  intention. 


CONCOURS  OUVERTS  DEVANT  LA  SOCIÉTÉ  EN  1895. 

Concours  'permanent. 

Prix  Laisné.  Pour  l'élève  le  plus  méritant  de  l'École  d'Horticulture 
des  Pupilles  de  la  Seine.  (V.  le  Journal,  3®  série,  IV,  1882,  pp.  631 
et  753.) 

Concours  annuels. 
Médaille  Pellier.  Pour  le  plus  beau  lot  de  Pentstemon. 

Prix  Jouhert  de  VHiherderie.  —  Le  10  janvier  1889,  le  Conseil 
d'Administration,  se  conformant  au  vœu  émis  par  le  D"^  Joubert 


6  COMPTE    RENDU 

de  THiberderie,  dans  son  testament,  a  ouvert  un  Concours  pour 
un  prix  de  deux  mille  cinq  cents  francs  à  décerner  au  nom  de 
ce  généreux  donateur.  Ce  prix  est  destiné  à  un  ouvrage  publié 
récemment  el  imprimé  ou  manuscrit,  sur  THorticulture  maraî- 
chère, l'Arboriculture  et  la  Floriculture  réunies,  considérées 
dans  leurs  usages  journaliers  et  les  plus  pratiques.  Le  concours 
est  permanent  et  le  prix  peut  être  décerné  chaque  année. 
Si  l'ouvrage  présenté  au  concours  est  manuscrit,  il  devra  être  aussi 
succinct  que  possible  et,  si  son  auteur  obtient  le  prix,  il  sera 
tenu  d'en  faire  la  publication  dans  le  délai  d'un  an  (Voyez  le 
Journal,  3«  série,  XI,  1889,  p.  5  et  81). 


Compte  rendu  des  Travaux 
DE  LA  Société  nationale  d'Horticulture,  en   1894, 

par  M.  D.  Bois. 

Messieurs, 
Avant  de  commencer  la  revue  des  travaux  accomplis  dans  le 
sein  de  noire  Société  pendant  le  cours  de  l'année  qui  vient  de 
s'écouler,  je  tiens  à  rendre  un  public  hommage  à  la  mémoire  de 
notre  savant  et  regretté  collègue  M.  Duchartre,  qui  pendant  près 
de  quarante  années  a  rendu  les  plus  grands  services  à  l'hor- 
ticulture et  qui  a  si  puissamment  contribué  à  élever  notre 
Société  au  niveau  qu'elle  occupe  aujourd'hui.  Sa  vaste  érudi- 
tion, son  activité  et  une  scrupuleuse  exactitude  à  remplir  les 
fonctions  de  Secrétaire-rédacteur  qui  lui  étaient  confiées,  ont 
donné  à  notre  journal  une  valeur  scientifique  universellement 
reconnue.  Ayant  eu  l'honneur  d'être  désigné  pour  continuer  ici 
l'œuvre  de  cet  homme  éminent,  dont  le  souvenir  vivra  long- 
temps parmi  nous,  je  ferai  tous  mes  efforts  pour  que  notre 
publication  conserve  sa  bonne  renommée. 

Grâce  au  dévouement  de  nos  collègues  MM.  Bergman  (Ernest), 
Ghouvet  (Emile)  etDelamarre,  notre  journal  a  pu  paraître  sans 
interruption  depuis  la  mort  du  regretté  M.  Duchartre  jusqu'à  ce 
jour.  M.  Bergman  avait  bien  voulu  se  charger  de  la  composition 
du  journal  et  de  la  correction  des  épreuves.  M.  Chouvet  avait 
accepté  de  rédiger  les  procès-verbaux  des  séances.  De  son  côté, 
M.  Delamarre  rendait  un  important  service  en  remplissant  les 


dp:s  travaux  de  la  société,  en  1894.  7 

fonctions  de  secrétaire  à  la  séance  du  27  décembre  de  la  Com- 
mission des  Récompenses.  Aussi,  messieurs,  suis-je  persuadé 
d'être  votre  interprète  en  adressant  à  ces  collègues  de  chaleureux 
remerciements. 

Permettez-moi  maintenant  de  vous  montrer  quels'ont  été  les 
travaux  accomplis  dans  le  cours  de  l'année  1894  en  examinant 
successivement  les  différents  modes  d'action  de  notre  Société 
qui  sont,  comme  vous  le  savez  :  \°  les  Expositions;  2°  les 
Séances;  3°  les  écrits  dans  le  journal.  Je  terminerjii  par  un 
exposé  du  mouvement  de  la  Société. 

Expositions.  —  Le  Pavillon  de  la  Ville  de  Paris  qui  se  prêlait 
si  bien  à  l'installation  de  nos  expositions,  ne  pouvant  plus  nous 
être  accordé  par  suite  de  la  nouvelle  affectation  que  lui  a 
donnée  la  municipalilé,  il  a  fallu  trouver  un  nouvel  emplace- 
ment, et  la  chose  n'était  pas  facile.  Il  fallait,  en  effet,  que  cet 
emplacement  fût  non  seulement  suffisant  comme  espace,  mais 
encore  qu'il  se  trouvât  situé  dans  le  voisinage  des  Ghamps-Ély- 
sées_,  quartier  vers  lequel  le  public  amateur  de  plantes  a  l'habi- 
tude de  se  porter.  La  question  a  été  résolue  grâce  à  notre 
Commission  des  Expositions  qui  avait  déjà  donné  tant  de 
preuves  de  son  savoir-faire,  mais  qui  cette  fois  a  montré  qu'elle 
pouvait  faire  face  aux  difficultés  les  plus  grandes. 

L'Exposition  printanière  a  été  tenue  du  23  au  28  mai  dans  le 
jardin  des  Tuileries  où  une  vaste  tente  de  120  mètres  de  long 
sur  30  mètres  de  large  servait  à  abriter  les  plantes  fleuries  tandis 
■qu'une  autre,  de  moindres  dimensions,  était  réservée  aux  pro- 
duits de  la  culture  maraîchère  et  aux  plantes  d'ornement  rus- 
tiques. La  Commission  organisatrice  avait  su  si  bien  arranger 
les  choses  que  le  succès  a  dépassé  toutes  les  espérances,  puisque 
malgré  le  temps  peu  favorable,  le  chiffre  des  entrées  payantes  a 
atteint  presque  45,000,  nombre  supérieur  de  plus  de,  10,000  à 
celui  de  l'année  précédente. 

Le  Jardin  des  Tuileries  ne  pouvait  malheureusement  pas  con- 
venir pour  l'Exposition  d'automne.  En  cette  saison,  les  tentes 
auraient  été  insuffisantes  pour  abriter  certains  produits  de 
l'horticulture.  Ne  pouvant  arriver  à  trouver  un  local  convenable, 
la  Société  se  décida  à  faire  cette  exposition  dans  son  hôtel  de 


8  COMPTE    RKNDU 

la  rue  de  Grenelle  et,  pour  éviter  Tencombrement  qui  se  serait 
certainement  produit  si  l'on  avait  admis  à  la  fois  les  fleurs  et 
les  fruits,  elle  prit  la  détermination  de  faire  une  Exposition  spé- 
ciale de  fruits  avec  les  fleurs  de  la  saison  :  Œillets,  Bégonias, 
Cannas,  Cyclamens  et  Glaïeuls,  du  4  au  7  octobre,  et' une  Expo- 
sition de  Chrysanthèmes  du  14  au  18  novembre.  Ces  Exposi- 
tions se  sont  d'ailleurs  trouvées  complétées  par  deux  concours 
en  séances,  l'un  de  Dahlias  qui  s'est  tenu  le  13  septembre, 
l'autre  d'Orchidées  qui  a  eu  lieu  le  10  novembre. 

Comme  pour  l'Exposition  printanière,  la  Commission  des 
Expositions  a  fait  preuve  de  grande  habileté.  Nos  salles,  nos 
cours  et  nos  couloirs  ont  été  transformés  en  parterres  et  on  est 
parvenu  à  disposer,  dans  un  espace  si  restreint,  des  collecLions 
nombreuses  en  évitant  l'entassement  des  plantes  et  en  rendant 
possible  la  circulation  des  visiteurs  qui  ont  afflué  à  l'Exposition 
des  Chr3^santhèmes  principalement. 

Ces  Expositions  ont  donné  lieu  à  des  comptes  rendus  qui  ont 
été  publiés;  pour  la  première  :  par  M.  Duchartre,  qui  s'est 
occupé  de  la  floriculture  (p.  361);  par  M.  Chouvet  (E),  qui  a 
passé  en  revue  les  produits  de  la  culture  maraîchère  (p.  387)  ; 
par  M.  Chatenay  (A.),  qui  a  traité  la  partie  relative  aux  végé- 
taux ligneux  de  plein  air  (p.  438);  par  M.  Ozanne  (G.),  qui 
s'était  chargé  de  la  partie  industrielle  (p.  630).  Un  compte 
rendu  du  concours  spécial  pour  les  Dahlias  et  les  Glaïeuls 
(séance  du  12  septembre)  a  été  publié  par  M.  Thiébaut  aîné 
(p.  650). 

Les  Expositions  d'automne  ont,  elles  aussi  été  l'objet  de 
tableaux  circonstanciés  dus,  l'un  à  M.  Chatenay  (A.),  Exposition 
de  fruits  (p.  'i47);  un  autre  à  M.  J.  Sallier  fils,  section  florale 
de  l'Exposition  de  fruits  (p.  754);  un  troisième  à  M.  Chargue- 
raud  (A.),  Compte  rendu  Me  l'Exposition  de  Chrysanthèmes 
(P.TS9). 

On  peut  ajouter  comme  documents  relatifs  aux  Expositions  et 
aux  travaux  généraux  de  la  Société  les  Procès-verbaux  des 
Séances  de  la  Commission  des  Récompenses  :  celui  de  la  séance 
du  31  mai,  rédigé  par  M.  Duchartre  (p.  349);  celui  de  la  séance 
du  27  novembre,  dû  à  M.  Delamarré  (p.  731);  enfin  un  Préam- 


DES  TRAVAUX  DE  LA  SOCIÉTÉ,  EN  1894.  9 

bule  à  la  Distribution  des  récompenses  du  27  décembre  (p.  740), 
par  M.  Ghatenay. 

Séances.  —  L'un  des  principaux  modes  d'action  de  la  Société, 
après  les  Expositions,  consiste  dans  la  présentation  en  séances 
de  plantes  nouvelles,  peu  connues  ou  remarquables  par  leur 
bonne  culture  ainsi  que  des  objets  se  rattachant  à  l'industrie 
horticole.  Aussi,  pour  avoir  une  vue  d'ensemble  sur  les  impor- 
tants travaux  qui  s'effectuent  dans  les  diverses  sections  de  la 
Société,  a-t-il  été  spécifié  dans  l'article  31  du  Règlement  que 
chaque  Comité  est  expressément  tenu  de  présenter  à  l'Assemblée 
des  Sociétaires,  dans  l'une  des  séances  du  premier  trimestre,  un 
compte  rendu  de  ses  travaux  pendant  l'année  précédente.  Plu- 
sieurs Comités  se  sont  conformés  à  cetle  disposition  réglemen- 
taire. Ce  sont  :  le  Comité  de  l'Art  des  Jardins,  qui  a  eu  pour 
interprèle  M.  Marcel  (p.  166);  le  Comité  d'Arboriculture  frui- 
tière, (|ui  a  confié  la  rédaction  de  ce  document  à  M.  Michelin  ;  le 
Comité  d'Arboriculture  d'ornement  et  forestière,  quia  chargé  de 
ce  travail  M.  Luquet,  son  secrétaire;  enfin  le  Comité  de  Flori- 
culture,  dont  le  compte  rendu  des  travaux  a  été  fait  par  M.  Sal- 
lier  (J.). 

Plusieurs  communications  relatives,  soit  à  des  présentations, 
soit  à  des  faits  nouveaux  intéressant  l'horticulture,  ont  été  faites 
en  séances  par  quelques-uns  de  nos  collègues.  Je  citerai  dans  le 
nombre  celles  de  :  M.  Duchartre  :  expériences  faites  par  M.  Sachs 
sur  la  culture  en  pots  revêtus,  intérieurement,  d'une  couche  de 
plâtre  mélangé  de  sels  nutritifs  (p.  73);  sur  un  pied  de  Pomme 
de  terre  dont  les  tubercules  sont  venus  hors  de  terre,  à  l'aisselle 
des  feuilles,  tandis  qu'il  n'en  a  pas  développé  en  terre;  de 
M.  Lefort,  sur  le  greffe  de  la  Pomme  de  terre  (p.  13i);  de 
MM.  Lemoine,  sur  le  Deutzia  Lemoinei  (p.  199);  de  M.  Dybowski, 
sur  les  résultats  obtenus  au  point  de  vue  botanique  et  horticole 
pendant  son  nouveau  voyage  en  Afrique  (p.  211);  de  M.  Chauré, 
sur  le  Cypripedlum  Charlesworthi  (p.  413)  ;  de  M.  Duval,  sur  les 
Vriesea  Witteana  et  cardinalis  super ba^  deux  hybrides  obtenus 
par  lui  (p.  4'j'2);  de  M.  Cornu  (Maxime),  sur  le  Polygonum  Balds- 
chuanicum  (p.  523);  de  M.  Vitry,  sur  l'Exposition  internationale 
de   Saint-Pétersbourg   (marche   de    'installation)  [p.  524];   de 


iO  COMPTE    RENDU 

M.  Marlinet,  sur  l'Exposilion  de  Sainl-Pétersbourg  et  sur  l'Arbo- 
riculture fruitière  dans  le  nord  de  la  Russie  (p.  586);  de 
M.  Jamin  (Ferd.),  compte  rendu  sommaire  du  36^ Congrès  pomo- 
logique  de  France  (p.  624). 

Écrits  dans  le  Journal.  —  Le  journal  a  paru  régulièrement 
en  1894  et  a  formé  un  volume  de  900  pages  en  y  comprenant  les 
M  4  pages  relatives  au  Congrès  horticole  tenu  au  Siège  de  la 
Société  le  24  mai  dernier. 

Les  nombreux  écrits  qu'il  renferme  se  divisent  :  1"  en  Notes  et 
Mémoires  ou  articles  originaux  ;  2"  en  Rapports  sur  des  ouvrages, 
des  cultures  générales,  des  cultures  spéciales  ou  sur  le  matériel 
horticole;  3°  en  Comptes  rendus  d'Expositions  ;  4°  en  Revue 
bibliographique  étrangère. 

Notes  et  Mémoires.  —  La  plupart  des  articles  parus  en  1894 
ont  irait  à  des  plantes  d'ornement.  L'un  a'eux,  écrit  par  M.  Des- 
bordes (Maxime),  ayant  pour  titre  Entretien  sur  le  Chrysanthème 
et  quelques-nnes  de  ses  cultures^  comprend  34  pages  (pp.  31,  82, 
152),  dans  lesquelles  sont  passés  en  revue  :  la  cullure  pour  l'ob- 
tention de  grandes  fleurs  dite  culture  anglaise,  la  culture  en 
buissons  pour  la  fleur  moyenne,  la  culture  en  pleine  terre,  les 
procédés  de  multiplication,  les  engrais,  les  insectes  nuisibles  et 
les  maladies,  le  rôle  des  engrais  chimiques  dans  la  culture  du 
Chrysanthème,  etc. 

M.  Duval  a,  à  diverses  reprises,  appelé  l'attention  sur  des 
Vriesea  hybrides,  nouveaux,  obtenus  dans  ses  cultures.  Dans  un 
premier  article  (p.  21 7),  il  a  donné  des  renseignements  sur  l'ori- 
gine et  les  caractères  distinctifs  des  V.  Andreana,  splendiday^ 
splendens,  Duchartrei,  Duvali  major,  dont  les  bractées  ont  un 
biillant  coloris  et  une  longue  durée;  un  second  article  (p.  399) 
est  relatif  au  V.  fenestralo  X  futgida,  tandis  qu'un  troisième 
(p.  539)  avait  pour  objet  le  V.  X  Henrici. 

Une  note  due  à  M.  Yuillemin  (Paul)  [p.  420],  montrait  qu'il 
serait  peut-être  possible  d'obtenir  de  nouvelles  formes  de  Pen- 
sées en  mettant  à  profit  certaines  variations  qui  se  produisent 
spontanément  dans  les  cultures. 

L'Arboriculture  fruitière  et  l'Arboriculture  d'ornement  nous 
ont  valu  deux   communications  intéressantes.  L'une  de  M.  de 


DES    TRAVAUX    DE    LA    SOCIÉTÉ,    EN    1894..  j  1 

Vilmorin  (Maurice)  [p.  219],  sur  ie  Pacanier  [Cary a  olivseformis)^ 
arbre  fruitier  et  d'ornement  originaire  de  l'Amérique  septen- 
trionale où  il  en  existe  plusieurs  variétés  différant  pour  la  forme, 
le  volume  et  la  qualité  de  la  noix.  L'autre  de  M.  le  D""  Bailly 
(Em.)  [p.  497  et  533],  sur  ia  culture  des  Conifères  et  sur  l'im- 
portance des  éléments  minéraux  du  sol  au  point  de  vue  de  la 
bonne  culture  de  ces  plantes. 

Il  me  reste  enfin  à  signaler  un  article  de  M.  Duchartre  (p.  593) 
sur  l'origine  de  nos  principaux  végétaux  cultivés,  et  les  Obser- 
vations météorologiques  consciencieusement  enregistrées  par 
notre  collègue  M.  Jamin  (Ferd.)  [pp.  64,  128,  192,  256,  304,  404, 
452,  516,  572,  660,  719,  768]. 

Rapports.  —  Huit  ouvrages  dont  les  auteurs  avaient  sollicité 
un  jugement  émanant  de  la  Société  ont  été  examinés  et  ont 
donné  lieu  à  des  Rapports.  Ce  sont  :  1°  un  ouvrage  de  )I.  Barron 
(A.  G.),  Culture  de  la  Vigne  en  serres  et  sous  ve7Te,  traduit  de 
l'anglais  par  M,  Pynaert  (Ed.)  [p.  110],  rapporteur  M.  Bergman, 
qui  adresse  des  éloges  et  des  félicitations  à  l'auteur  et  au  tra- 
ducteur; '^°  un  livre  de  M.  Goulurier  (Edmond)  [p.  171],  La  Cul- 
ture du  Pécher  en  espalier,  examiné  par  M.  Chevallier  (Charles)  ; 
3°  un  ouvrage  de  M.  Deny  (p.  221),  intitulé  Jardins  et  parcs 
publics,  pour  lequel  une  Commission,  composée  de  MM.  Quénat, 
Lusseau  et  Vacherot.  a  demandé  une  récompense  ;  4°  une  bro- 
chure de  M.  Sahut,  La  Culture  fruitière  aux  Etats-Unis,  exa- 
minée par  M.  Jamin  (Ferd.)  [p.  291],  qui  a  demandé  que  de  très 
vifs  remerciements  fussent  adressés  à  l'auteur  ;  5°  un  mémoire 
manuscrit  de  M.  Pelloux,  traitant  de  la  reconstitution  de  nos 
vignobles  par  les  Cépages  américains,  pour  lequel  le  rapporteur, 
M.  Daurel  (p.  294),  a  demandé  qu'il  fût  accordé  un  encoura- 
gement ;  6*'  un  ouvrage  de  M.  Duval,  Le  Petit  Guide  pratique  de 
la  Culture  dés  Orchidées,  pour  l'examen  duquel  une  Commission 
a  été  nommée;  le  rapporteur,  M.  Sallier  (J.),  demandait  qu'il  fût 
accordé  une  récompense  à  l'auteur  ;  7"  une  note  relative  à  la 
Culture  des  Conifères,  dont  M.  Croux  (p.  510)  demandait  l'inser- 
tion dans  le  journal  comme  étant  d'un  très  grand  intérêt  ;  8*  la 
quatrième  édition  des  Fleurs  de  pleine  terre,  par  MM.  Vilmorin, 
Andrieux  et  C'^,  avec  la  collaboration  de  M.  André  (Ed.),  exa- 


12  COMPTE    RENDU 

minée  par  M.  Duchartre  (p.  546),  qui  demandait  qu'une  récom- 
pense fût  accordée  aux  auteurs  de  cet  ouvrage,  en  progrès 
notable  sur  les  précédentes  éditions  dont  le  succès  avait  attesté 
la  haute  valeur. 

Les  Rapports  sur  des  cultures  générales^  au  nombre  de  six,  ont 
été  consacrés  :  \'^  aux  pépinières  de  M.  Carnet,  au  Mesnil-Amelot. 
La  Commission  qui  les  a  visitées  a  désigné  pour  rapporteur 
M.  Boucher  (p.  49);  elle  a  déclaré  avoir  été  vivement  intéressée 
par  la  bonne  tenue  de  ces  pépinières. 

2^  A  la  propriété  de  M.  Lebaudy  (Robert),  M.  Page,  jardinier 
en  chef,  M.  Cappe  (Louis)  rapporteur  (p.  553).  La  Commission 
a  été  unanime  à  reconnaître  la  tenue  exemplaire  du  jardin  et 
des  cultures  en  général. 

3°  A  l'établissement  de  culture  maraîchère  de  M.  Chemin 
(Georges)^  à  Gentilly  (Seine),  M.  Barbier  rapporteur  (p.  598). 
La  Commission  a  loué  sans  réserves  M.  Chemin,  pour  l'ensemble 
de  ses  cultures,  et  spécialement  pour  sa  culture  de  Céleri  blanc, 
et  de  Tomates  Chemin,  variétés  dont  il  est  l'obtenteur. 

4°  A  l'établissement  de  M.  Lesueur,  horticulteur  à  Saint- 
Cloud,  culture  d'Orchidées  faite  principalement  en  vue  de  la 
vente  de  la  fleur  coupée.  Dans  son  rapport,  M.  Duval  (Léon)  dit 
que  la  Commission  a  trouvé  cette  culture  très  bonne,  et  conçue 
d'une  manière  pratique  et  fort  simple.  La  Commission  avait 
aussi  à  examiner  l'emploi  de  briques  creuses,  pour  le  dallage 
des  sentiers  de  serres  ;  elle  recommande  ce  mode  de  dallage 
aux  amateurs  soucieux  d'avoir  des  allées  propres  et  agréables. 

5°  Aux  cultures  et  à  la  décoration  florale  du  Parc  de  Baga- 
telle, au  Bois  de  Boulogne,  M.  Précastel,  jardinier  en  chef, 
M.  Marcel  rapporteur  (p.  606).  La  Commission  qui  a  visité  cette 
«  merveilleuse  propriété  de  laquelle  l'architecture  française  peut 
à  bon  droit  s'enorgueillir  »,  a  été  unanime  à  reconnaître  l'acti- 
vité déployée  par  M.  Précastel,  et  le  succès  qu'il  obtient. 

6°  Au  jardin  de  M.  Guyot,  propriétaire  à  Massy  (Seine-et- 
Oise)_,  M,  Grandet^  jardinier  en  chef,  M.  Chargueraud  rappor- 
teur (p.  626).  a  Jardin  très  agréable  dans  son  ensemble,  et  bien 
tenu  dans  ses  détails,  mais  dont  la  partie  fruitière  est  prépon- 
dérante et  particulièrement  remarquable.  » 


DES  TRAVAUX  DE  LA  SOCIÉTÉ,  EN  1894.  13 

Les  Rapports  sur  des  cultures  spéciales  ont  été  les  suivants  : 
Sur  les  Chrysanthèmes  de  M.  Debrie-Lachaume,  M.  Welker 
fils,  rapporteur  (p.  111).  ce  La   Commission,  à  l'unanimité,  a 
constaté  la  beauté  de  plantes   cultivées  spécialement  pour  la 
grande  fleur.  » 

Sur  la  floraison  de  Cattleya  Warocqueana,  chez  M.  Trufl'aut, 
horticulteur  à  Versailles.  Dans  son  rapport  (p.  223),  M.  Sallier 
fils  a  vanté  la  beauté  des  plantes  et  leur  excellente  culture. 

Sur  les  cultures  d'Orchidées  de  M.  Duval  (Léon),  horticulteur 
à  Yersailles.  «  Ces  cultures,  dit  M.  Faroult  (p.  511),  sont  irré- 
prochables; les  serres  sont  exclusivement  bien  tenues  et  les 
plantes  ont  une  végétation  remarquable.  » 

Sur  la  culture  de  Melons  de  M.  Duvillard,  jardinier-maraîcher, 
à  Arcueil  (Seine),  M.  Hébrard  (Laurent)  rapporteur  (p.  550).  La 
Commission  a  complimenté  M.  Duvillard  de  son  travail. 

Sur  les  Bégonias  mulliflores  de  M.  Urbain,  horticulteur  à 
Clamart  (Seine),  M.  Bellair,  rapporteur  (p.  672).  «  M.  Urbain, 
est-il  dit,  est  avant  tout  un  cultivateur  de  Bégonias;  il  possède 
au  plus  haut  degré  l'amour  de  ce  genre;  ses  cultures  sont  irré- 
prochables. » 

Sur  la  mosaïculture,  au  château  de  Francport,  près  Compiègne. 
M.  Ducerf  jardinier  en  chef.  M.  Souillard  (L.  N.)  rapporteur 
(p.  678).  Au  château  de  Francport,  la  mosaïculture  occupe  une 
surface  de  400  mètres  carrés,  pour  lesquels  il  a  été  employé, 
en  1894,  217,000  plantes.  Une  seule  corbeille,  de  50  mètres  de 
circonférence  sur  3  mètres  d'élévation,  n'a  pas  nécessité  moins 
de  100,000  plantes. 

Sur  les  cultures  de  Pivoines,  en  arbre  et  herbacées  de  M.  Pail- 
let  fils,  horticulteur  à  Chatenay,  près  Sceaux  (Seine),  M.  Mar- 
tinet rapporteur.  La  Commission  a  apprécié  hautement  la 
correction  de  l'étiquetage  et  le  soin  apporté  dans  le  classement 
des  nombreuses  variétés  cultivées. 
A  cette  catégorie  d'écrits  doivent  se  rattacher  encore  : 
Un  rapport  de  MM.  .lamin  (Ferdinand),  Chatenay  (Abel),  et 
Michelin,  sur  le  35®  Congrès  de  la  Société  pomologique,  tenu  à 
Toulouse,  le  15  septembre  1893  (p.  38  et  94);  examen  des  fruits 
présentés  et  jugement. 


14  COMPTE    RENDU 

Un  rapport  sur  un  envoi  de  Pommes  russes,  M.  Michelin 
rapporteur  (p.  46),  cet  envoi,  fait  par  M.  Maluchine,  directeur 
du  Bazar  slave,  à  Moscou,  comprenait  68  variétés;  «  il  a  fourni 
au  Comité  d'Arboriculture  fruitière,  des  éléments  précieux  de 
travail  et  de  comparaison  qui,  trop  peu  souvent,  rencontre  sem- 
blable occasion  d'apprécier  les  produits  de  l'Arboriculture 
étrangère.  » 

Un  rapport  sur  l'attribution  de  la  médaille  du  Conseil  d'admi- 
nistration de  la  Société,  M.  Nonin  rapporteur  (p.  170).  La 
Commission  nommée  par  le  Comité  de  Floriculture  a  attribué 
cette  récompense  à  M.  Délaux  (Simon),  horticulteur  à  Saint- 
Martin-du-Touch,  près  Toulouse,  «  comme  ayant  le  plus  contri- 
bué à  améliorer  et  à  transformer  le  Chrysanthème  par  ses  nom- 
breux semis  ». 

Un  rapport  sur  l'examen  des  élèves  de  Villepreux,  concourant 
au  prix  Laisné,  M.  Michelin  rapporteur  (p.  391). 

Un  rapport  sur  la  méthode  d'enseignement  horticole  à  l'école 
primaire  de  Ferrières-en-Brie,  M.  Chargueraud  rapporteur, 
(p.  600).  De  vives  félicitations  ont  été  adressées  à  M.  Deshayes, 
instituteur,  «  qui  a  su,  par  son  activité  et  son  dévouement, 
provoquer  et  utiliser  les  bonnes  volontés,  les  circonstances  et 
les  conditions  locales  pour  le  plus  grand  avantage  des  élèves  de 
l'école  communale,  des  adultes  et  aussi  de  Thorticulture  en 
général  ». 

Le  Comité  des  Arts  et  Industries  a  du,  lui  nussi,  nommer  des 
Commissions  pour  l'examen  d'Objets  appartenant  au  matériel 
horticole.  Il  a  eu  ainsi  à  juger  : 

Des  supports  d'abris,  de  M.  Yenteclaye  (p.  51),  que  M.  Pra- 
dines  dit  pouvoir  être  très  utiles  à  la  viticulture. 

Le  Poudreur  sans  Pareil,  soufreur  que  la  Commission,  par 
l'organe  de  M.  Mélénier  (p.  113),  a  déclaré  bien  conditionné  e^ 
d'une  grande  facilité  d'emploi.  Il  peut,  dit-il,  distribuer  quinze 
à  vingt  fois  plus  de  soufre  que  les  anciens  soufflets,  même  les 
plus  perfectionnés. 

Une  serre  construite  par  M.  Grenthe,  et  nommée  par  lui,  la 
Fruitière  française.  Dans  le  rapport  rédigé  par  M.  Ozanne 
(Gaston)  (p.  226),  il  est  dit  que  «  cette  serre  est  spéciale,  pour 


DES    TRAVAUX    DE    LA    SOCIÉTÉ,    EN    1894.  15 

la  culture  forcée  de  Ja  Vigne  et  des  arbres  fruitiers,  non  pour 
une  culture  d'amateur,  mais  pour  une  culture  forcée,  devant 
faire  rendre  aux  plantes  toute  la  végétation  et  la  fructification 
possibles;  qu'elle  est  intéressante  au  point  de  vue  de  sa  construc- 
tion et  des  dispositions  qui  y  sont  apportées  ». 

Un  appareil  giratoire  à  ailettes  de  M.  Dandrieux,  que  M.  Gar- 
not  (p.  435),  dit  avoir  été  jugé  favorablement  par  la  Commission, 
et  qu'il  considère  comme  pouvant  rendre  des  services. 

Un  greffoir  mécanique  à  Yignes,  de  M.  Pradines,  M.  Garnot 
rapporteur  (p.  675),  «  instrument  donnant  des  greffes  parfaites 
et  appelé  à  rendre  de  grands  services  à  la  viticulture  ». 

Un  appareil  supprimant  les  dégâts  de  la  Cheimatobia  brumata. 
M.  le  D"^  Henneguy  (p.  682)  a  trouvé  cet  appareil  ingénieux  et 
facile  à  construire,  de  nature  à  rendre  des  services  dans  les 
régions  où  la  Cheimatobia  est  très  répandue. 

Des  bordures  en  bois,  employées  par  M.  Mousseau,  pour 
encadrer  les  gazons.  M.  Ghouvet  père,  rapporteur  (p.  559). 

Comptes  rendus  d'Expositions.  —  Comme  tous  les  ans,  la 
Société  a  désigné,  en  1894,  et  chaque  fois  que  le  désir  lui  en  a 
été  exprimé,  des  délégués  chargés  de  la  représenter  dans  les 
Expositions  qui  se  sont  tenues,  d'y  remplir  les  fonctions  de  juré 
et  de  la  rédaction  d'un  compte  rendu  destiné  à  être  inséré  dans 
le  journal.  C'est  ainsi  qu'ont  été  examinées,  les  Expositions  :  de 
Nogent-sur-Seine  (délégué,  M.Baltet)  [p.  53];  de  Pontoise  (délé- 
gué, M.  Boucher)  [p.  55];  de  Lille  (délégué,  M.  Bellair)  [p.  56]; 
d'Elbeuf  (délégué,  M.  Vareniie)  [p.  113];  de  Chaumont  (délégué, 
M.Loutreul)[p.  118];  de  Boulogne-sur-Seine  (délégué,  M.  Hariot) 
[p.  172];  de  Saint-Germain-en-Laye  (délégué,  M.  Delaville) 
[p.  175];  de  Juilly  (délégué,  M.  D.  Bois)  [p.  178];  de  Montreuil 
(Seine)  (délégué,  M.  le  capitaine  Parisot)  [p.  230];  de  Montmo- 
rency (1893)  (délégué,  M.  J.-B.  Bertrand)  [p.  237];  de  Versailles 
(délégué,  M.  Croux)  [p.  444];  du  Havre  (délégué,  M.  E.  Massé, 
[p.  513];  de  Neuilly-sur-Seine  (délégué,  M.  Savoyepère)  [p.  561]; 
de  Provins  (délégué,  M.  Cappe)  [p.  565];  d'Epernay  (délégué) 
M.  Deny)  [p.  639];  d'Alençou  (délégué,  M.  Gravereau)  [p.  646]; 
de  Cherbourg  (délégué,  M.  Ghatenay)  [p.  654];  de  Melun  (délé- 
gué, M.    Goulombier   père)  [p.    702];  de  Montmorency^    1894 


16  COMPTE    RENDU 

(délégué,  M.  Jost)  [p.  706];  de  Villemonble  (délégué,  M.  Marcel) 
[p.  709];  de  Vassy  (délégué,  M.  B.  Verlot)  [p.  713]. 

Enfin  pour  clore  la  série  il  me  reste  à  citer  le  compte  rendu 
de  l'Exposition  de  Chicago,  par  M.  de  Vilmorin  (Maurice) 
[p.  p.  268  et  394],  avec  une  étude  du  climat  de  Chicago,  des 
phototypies  et  le  plan  général  de  l'Exposition. 

Revue  bibliographique  étrangère.  —  Cette  partie  du  journal, 
l'une  des  plus  intéressantes,  a  été  entièrement  rédigée  par 
M.  Duchartre;  elle  comprend  deux  sortes  d'articles  :  1°  des  tra- 
ductions de  notes  ayant  trait  à  Thorticulture;  2°  des  descriptions 
d'espèces  ou  de  variétés  nouvelles  ou  peu  connues.  Au  premier 
groupe  se  rattachent  :  une  note  sur  l'utilité  des  Cactus  dans  leur 
pays  natal,  par  M.  Brinkmaier  (p.  1'22)  [Extrait  de  Wiener 
lUustrlrte  Garten-Zeitunq];  une  note  sur  l'horticulture  dans  le 
Caucase,  par  M.  Corcoran  (p.  181)  [Extrait  du  The  Gardeners'^ 
Chronicle];  un  long  et  très  intéressant  écrit  sur  les  espèces  et 
formes  cultivées  des  Canna  (Balisiers)  par  M.  Baker  (J.-B.)  [p.  240] 
[Extrait  du  7 lie  journal  of  the  royal  horlicultural  Society]. 

Dans  la  seconde  catégorie  se  trouvent  des  analyses  d'articles 
descriptifs  d'un  grand  nombre  de  plantes  nouvelles,  parus  dans  : 
The  Gardeyiers'  Chronicle,  The  Garden,  Botanical  Magazine  et 
Gartenflora.  (Voir  pp.  61,  125,  184,  247,  297,  401,  448,  515, 
569,. 658,  717.) 

Mouvement  de  la  Société.  —  Sur  la  proposition  du  Conseil 
-d'administration,  la  Société  a  nommé  Secrétaire-général  hono- 
raire M.  Verlot  (B.).  qui  a  rempli  pendant  de  longues  années 
avec  compétence  et  le  plus  grand  zèle  les  fonctions  de  Secrétaire- 
général  adjoint;  elle  a  accordé  à  M.  Delamarrele  titre  de  Secré- 
taire-honoraire, justifié  par  douze  années  d'un  service  dévoué  et 
des  plus  actifs. 

Le  nombre  des  membres  de  la  Société  qui,  l'an  dernier,  était 
déjà  en  accroissement  sur  celui  de  l'année  précédente,  s'est 
encore  accru  en  1894;  il  a  été  en  etfet  admis  166  membres  titu- 
laires nouveaux  et  une  dame  patronnesse;  mais  il  a  fallu  pro- 
noncer la  radiation  de  53  membres  qui  ont  négligé  ou  refusé  de 
payer  leur  cotisation  de  Sociétaire.  Ces  vides  ont  malheureuse- 
ment été  augmentés  par  la  perte  de  36  collègues  que  la  mort 


DES    TRAVAUX    DE    LA    SOCIÉTÉ,    EX    1894.  17 

nous  a  ravis;  et,  Messieurs,  en  abordant  celte  liste  funèbre,  un 
nom  nous  vient  à  tous  sur  les  lèvres,  celui  de  notre  vénéré 
et  regretté  Secrétaire-rédacteur,  M.  Dnchartre,  dont  une  ijlume 
autorisée  vous  retracera  la  carrière  si  bien  remplie. 

A  ce  nom  s'ajoutent,  les  suivants  qui  sont  énumérés  dans 
l'ordre  où  les  décès  ont  été  signalés  :M.  Houllier  (Pierre-Adolphe), 
membre  titulaire  depuis  1869  ;  M.  le  marquis  de  Turenne, 
membre  de  la  Société  depuis  1863;  M.  Renesson,  membre  titu- 
laire depuis  1883;  M.  Wallet^  membre  titulaire  depuis  1864; 
M.  Gahagne  (René),  membre  titulaire  à  vie;  M.  Troussé  (Jean- 
Baptiste),  membre  titulaire;  M.  Perrot  (Adrien),  membre  hono- 
raire, jardinier  chez  M.  Perrin,  à  Epinay  (Seine);  M.  Perrot  était 
le  plus  ancien  membre  des  Sociétés  d'Horticulture  parisiennes;  il 
avait  été  admis  dans  l'ancienne  Société  royale  d'Horticulture 
eu  1838,  seize  ans  avant  la  fusion  de  cette  association  avec  celle 
de  la  Seine,  fusion  qui  a  constitué  notre  Société  actuelle  ;  M.  Gar- 
renot,  membre  titulaire;  M.  Girardin  (Eugène-Isidore),  cultiva 
tt'ur  à  Argenteuil,  membre  titulaire  depuis  1870;  M.  Sagot 
(Eugène),  membre  titulaire;  M.  Bigot,  membre  honoraire^  qui 
faisait  partie  de  la  Société  depuis  1853;  M.  Dumesnil  ;  M.  Dubois; 
M.  Leroy  (Pierre),  membre  titulaire  depuis  1880;  M.  Carnelle, 
membre  titulaire;  M.  L'Hérault  (Louis),  à  Argenteuil,  membre 
honoraire  de  la  Société  dont  il  faisait  partie  depuis  1856;  il 
s'était  spécialisé  à  la  culture  de  l'Asperge  et  avait  aussi  réuni  à 
Argenteuil  une  remarquable  collection  de  Vignes.  Ses  nombreux 
succès  dans  les  expositions  lui  avaient  fait  une  grande  réputa- 
tion. M.  Verlot  (B.)  [p.  213]  et  M,  Hébrard  (Laurent)  [p.  215]  ont 
prononcé  sur  sa  tombe  des  allocutions  dans  lesquelles  ses  prin- 
cipaux travaux  se  trouvent  retracés;  xM.  Charpentier  (Napoléon- 
Jules)  membre  titulaire;  xAI.  Glasquin  (Georges),  membre  titu- 
laire; M.  Crépaux,  membre  honoraire,  qui  faisait  partie  de  la 
Société  depuis  1857  ;  M.  Delavier  (A.),  membre  titulaire  ; 
M.  Gourcier  (Jean-Louis),  membre  titulaire  depuis  1855; 
M.  Delahogue-Moreau,  membre  titulaire  depuis  1877,  qui  suivait 
avec  la  plus  grande  assiduité  les  séances  du  Comité  de  florioul- 
ture  ;  M.  Moulat-Millard,  membre  titulaire  ;  M.  Prudhomme 
(Henri),  membre  titulaire  depuis  1874;  M.  Varenne  (Emile-Dé- 

2 


18  PROCES-VERBAUX. 

siré),  directeur  des  promenades  et  jardins  publics  de  la  ville  de 
Rouen,  vice  président  de  la  Société  centrale  d'Horticulture  de  la 
Seine-Inférieure,  membre  de  notre  Société  depuis  1882;  M.  Va- 
renne  s'était  fait  une  réputation  méritée  et  l'horticulture  fran- 
çaise a  perdu  en  lui  un  de  ses  meilleurs  représentants;  M.  Bolut 
(Charles),  avantageusement  connu,  vice-président  de  la  Société 
d'Horticulture  d'Epernay;  M.  Durand,  qui  faisait  partie  de  la 
Société  depuis  1844  et  qui  avait  présidé  pendant  de  nombreuses 
années  la  Commission  de  Secours;  M.  de  Saint-Victor,  membre 
de  la  Société  depuis  1888;  M.  Aubrée,  membre  honoraire,  qui 
faisait  partie  de  la  Société  depuis  1865;  M..  Carton  (Tiburce), 
membre  titulaire;  M.  Binder,  de  Tlsle-Adam,  membre  hono- 
raire, qui  faisait  partie  de  la  Société  depuis  1854;  M.  Boutreux, 
membre  honoraire,  qui  faisait  partie  de  la  Société  depuis  1851  ; 
M.  Bowring,  membre  honoraire,  ex-gouverneur  de  Hong-Kong; 
M.  Journaux,  de  Soissons,  membre  de  la  Société  depuis  1865; 
M.  le  D''  Bailly,  membre  titulaire;  M.  Ghardiue,  membre  hono- 
raire, qui  faisait  partie  de  la  Société  depuis  1851 . 

Comme  vous  le  voyez,  Messieurs,  ces  pertes  douloureuses  ont 
fait  dans  nos  rangs  un  vide  considérable.  Unissons  nos  efforts  et 
cherchons  à  continuer  l'œuvre  de  ceux  qui  ne  sont  plus  en  tra- 
vaillant, comme  ils  l'ont  fait,  avec  ardeur,  dans  l'intérêt  de 
l'horticulture  et  de  notre  pays. 


PHOCES -VERBAUX 


SÉANCE  DU  10  JANVIER  1895. 

Présidence  de  M.  Cli.  Joly,  Vice-Président  de  la  Société. 

La  séance  est  ouverte  à  trois  heures. 

Le  registre  des  présences  a  reçu  les  signatures  de  226  mem- 
bres titulaires  et  de  28  membres  honoraires. 
Le  procès-verbal   de  la  dernière  séance  est  lu  et  adopté  sans 

N.  B.  —  La  Commission  de  Rédaction  déclare  laisser  aux  auteurs 
des  articles  admis  par  elle  à  l'insertion  dans  le  Journal  la  responsa- 
bilité des  opinions  qu'ils  y  expriment. 


SÉANCE    DU    10   JANVIER    1895.  19 

observation.  M,  le  Président  proclame,  après  un  vote  de  l'as- 
semblée, l'admission  de  quarante-six  membres  titulaires  nou- 
veaux, dont  la  présentation  a  été  faite  dans  la  dernière  séance. 
Ce  chiffre  d'admissions  est  le  plus  élevé  qui  ait  été  atteint  depuis 
fort  longtemps. 

Il  annonce  que  le  Conseil  d'administration,  dans  la  séance  de 
ce  jour  a  admis  une  Dame  patronnesse. 

Il  apprend  ensuite  à  la  Compagnie  la  perte  douloureuse  que 
vient  de  faire  la  Société  par  le  décès  de  M.  Larivière  (Jean-Bap- 
tiste), Président  de  la  Chambre  syndicale  des  Couteliers  de 
Paris,  membre  titulaire  depuis  1876. 

La  correspondance  manuscrite  comprend  :  une  lettre  de  M.  le 
Ministre  de  l'Instruction  publique,  par  laquelle  il  fait  savoir 
que,  vu  le  caractère  international  de  la  prochaine  Exposition, 
il  vient  d'adresser  à  M.  l'Administrateur  de  Sèvres,  des  instruc- 
tions afin  que  cinq  objets  d'art  soient  livrés  au  siège  de  la 
Société,  pour  être  décernés  aux  lauréats. 

Une  lettre  de  iM.  Dallé  (Louis),  membre  titulaire  depuis  1867, 
qui  se  trouve  dans  les  conditions  indiquées  dans  l'article  4  du 
Règlement  de  la  Société  et  qui,  en  conséquence,  demande  l'ho- 
norariat. 

Une  lettre  de  M.  Nanot,  directeur  de  l'Ecole  nationale  d'Hor- 
ticulture de  Versailles  qui,  pour  répondre  au  désir  exprimé  par 
le  Conseil  d'administration,  adresse  les  notes  sur  le  travail  et 
la  conduite  des  élèves  Loizeau,  Martin  et  Santelli,  boursiers  de 
notre  Société.  Ces  notes  sont  :  pour  M.  Loizeau,  élève  de  3®  an- 
née: conduite,  bonne;  assiduité,  très  bonne;  travail  théorique, 
bien  ;  travail  pratique,  bien. 

Pour  M.  Martin,  élève  de  2®  année  :  condu'te,  très  bonne;  as- 
siduité, très  bonne;  travail  théorique,  bien  ;  travail  pratique, 
très  bien. 

Pour  M.  Santelli,  élève  de  1'"°  année  :  conduite,  très  bonne; 
assiduité,  très  bonne;  travail  théorique,  assez  bien;  travail  pra- 
tique, bien. 

Parmi  les  pièces  de  la  correspondance  imprimée  et  les  ouvra- 
ges déposés  sur  le  bureau  pour  la  Bibliothèque,  M.  le  Secrétaire 
général  signale  : 


20  PRO CES- VERBAUX. 

L'annonce  d'une  Exposition  extraordinaire  et  internationale 
des  produits  de  THorticulture  qui  aura  lieu  vers  la  fin  du  mois 
de  mai  à  Maëstrichl  (duché  de  Linibourg). 

Rapport  de  M.  Transon,  sur  le  transport  des  arbres  et  arbustes 
vivants,  foins ^  fourrages,  etc.  Tarif  spécial  P.  V.  n'^  23.  — 
Etat.  Extrait  du  procès-verbal  de  la  séance  du  2  novembre  1894 
de  la  Chambre  du  Commerce  d'Orléans  et  du  Loiret. 

Traité  sur  la  culture  des  Rosiers,  par  MM.  Souppert  et  Nolting, 
cultivateurs  de  Rosiers,  à  Luxembourg. 

La  protection  des  oiseaux  utiles,  par  M.  Raspail  (Xavier).  Ex- 
trait du  Bulletin  de  la  Société  Zoologique  de  France,  tome  XIX, 
séance  du  13  novembre  1894,  p.  142. 

M.  le  Secrétaire  général  fait  connaître  le  résultat  des  élections 
par  lesquelles  les  différents  Comités  ont  constitué  leur  Bureau 
pour  l'année  1895.  Ont  été  nommés  : 

Dans  le  Comité  scientifique  :  Président,  M.  le  D*"  Bornet  ;  Vice- 
Président,  M.  Mussat;  Secrétaire,  M.  Hariot  (Paul);  Délégué  au 
Conseil  d'Administration,  M.  le  D""  Bornet;  Délégué  à  la  Com- 
mission de  Rédaction,  M.  Malinvaud;  Conservateur  des  collec- 
tions, M.  Gomont. 

Dans  le  Comité  d'Arboriculture  fruitière  :  Président,  M.  Cou- 
lombier;  Vice-Président,  M.  Ausseur-Sertier;  Secrétaire,  M.  Mi- 
chelin; Vice-Secrétaire,  M.  Boucher;  Délégué  au  Conseil 
d'Administration,  M.  Lapierre;  délégué  à  la  Commission  de 
Rédaction,  M.  Chouveroux;  Conservateur  des  collections, 
M.  Michelin;  Conservateur  adjoint,  M.  Charollois. 

Dans  le  Comité  de  Culture  potagère:  Président,  M.  Niolet; 
Vice-Président,  M.  Piver;  Secrétaire,  M.  Hébrard  (Alexandre); 
Vice-Secrétaire,  M.  Beudin;  Délégué  au  Conseil  d'Administra- 
tion, M.  Hémar;  Délégué  au  Comité  de  Rédactior».  M.  Hédiard  ; 
Conservateur  des  collections,  M.  Chemin. 

Dans  le  Comité  de  Floriculture  :  Président,  M.  Savoye;  Vice- 
Président,  M.  Tavernier;  Secrétaire,  M.  Cappe  fils;  Vice-Secré- 
taire, M.  Lange;  Délégué  au  Conseil  d'Administration,  M.  Dela- 
vier;  Délégué  au  Comité  de  Rédaction,  M.  Cappe  père;  Conser- 
vateur des  collections,  M.  Boizard. 

Dans   le  Comité  d'Arboriculture   d'ornement    et   forestière  : 


SÉANCE   DU    10   JANVIER    1895.  21 

Président,  M.  de  Vilmorin  (Maurice);  Vice-Président,  M.  Ghar- 
gueraud;  Secrétaire,  M.  Lnquet;  Vice-Secrétaire,  M.  Bouré; 
Délégué  au  Conseil  d'Administration,  M.  Groux;  Délégué  au 
Gomité  de  Rédaction,  M.  de  Vilmorin  (Maurice);  Conservateur 
des  collections,  M.  Lasseaux. 

Dans  le  Gomité  de  TArt  des  jardins  :  Président,  M.Deny;  Vice- 
Président,  M.  Nanot;  Secrétaire,  M.  Lemée  ;  Vice-Secrélaire, 
M.Marcel;  Délégué  au  Conseil  d'Administration,  M.  Deny  ;  Délé- 
gué au  Comité  de  Rédaction,  M.  Lemée. 

Dans  le  Gomité  des  Industries  horticoles  :  Président,  M.  Borel; 
Vice-Présidents,  MM.  Besnard  etPradines;  Secrétaire,  M.  Ozanne; 
Vice-Secrétaire,  M.  Garnot;  Délégué  au  Conseil  d'Administration, 
M.  Dormois;  Conservateur  des  collections,  M.  Lavoivre.  Il  reste 
à  désigner  le  Délégué  à  la  Commission  de  Rédaction. 

Ainsi  que  cela  a  lieu  chaque  année,  le  Conseil  d'Administra- 
tion a  procédé  au  renouvellement  des  Commissions  administra- 
tives dont  feront  partie  pour  l'année  1895  : 

Cummission  des  Expositions  :  MM.  Villard,  Vitry,  Ghargue- 
rau  1,  Chouvet  (Emile),  Hébrard  (Alexandre),  Hémar  (Honoré- 
^larie),  Dormois,  Hémar  (Honoré-Jean),  Boizard,  Coulombier, 
Lacial,  Delamarre,  Savoye,  Tavernier,  Hébrard  (Laurent),  Mar- 
cel, Quénat,  Delaville,  plus  les  Secrétaires  généraux,  les  Tréso- 
riers, le  Secrétaire  rédacteur  et  l'Architecte  de  la  Société  qui  en 
font  partie  de  droit. 

Commission  de  Rédaction  et  Publication  :  MM.  Bergman 
(Ernest),  Chouvet  père,  Hébrard  (Alexandre),  Opoix,  Chappel- 
lier,  Keteleêr,  Joly,  Lebœuf  (P.),  Nanot,  Appert,  plus  le  Secrétaire 
général,  le  Secrétaire  rédacteur  et  les  Délégués  des  différents 
Comités. 

Commission  de  Contrôle  :  MxM.  Hennecart,  Méon,  Silvestre  de 
Sacy,  Robert,  Panhard. 

Commission  du  Logement  :  MM.  Léon  Say,  de  Vilmorin  (Henri), 
Chatenay,  Chouvet  (Emile),  Huard,  Lebœuf  (Paul),  Chouveroux, 
Delessard,  Verdier  (l^ugène),  Joly. 

Commission  des  Récompenses  :  MM.  Joly,  Bois,  Chatenay, 
Vitry,  Verdier(Eugène),Mussat,  Bergman  (Ernest),  Chargueraud, 
de  Vilmorin  (Henri),  plus  les  Présidents  des  différents  Comités. 


22  PROCES-VERBAUX. 

Commission  du  Contentieux  :  MM.  Ghatenay,  Delessart,  Barre, 
Chouveroux,  Huard. 

Commission  de  Comptabilité  :  MM.  Jamin,  Joly.  Yitry,  Paillet 
père  et  les  Trésoriers. 

Commission  de  Secours  :  MM.  Lecocq-Dumesnil,  de  Vilmorin 
(Maurice),  M"^"  Yillard,  M"'®  de  Vilmorin  (Maurice),  M"*"  Bassot, 
MM.  Hébrard  (Laurent),  Stinville  et  Cbatenay. 

Il  est  fait  dépôt  sur  le  bureau  du  document  suivant  : 

Notice  nécrologique  sur  M.  Ducharlre,  par  M.  de  Vilmorin 
(Henri). 

L'assemblée  adopte  à  l'unanimité  une  proposition  de  MM.  Cha- 
tenay  (Abel),  Cornu  (Maxime),  Croux,  Defresne  (Honoré),  Mar- 
tinet, Moser,  Paillet,  Vitry  et  de  Vilmorin  (Henri),  membres  du 
jury  ou  exposants  à  l'Exposition  internationale  fruitière  de 
Saint-Pétersbourg,  consistant  à  adresser  à  M.  le  Ministre  des 
Affaires  étrangères  l'exposé  suivant,  qui  résume  les  vœux  de 
l'Horticulture  française  en  ce  qui  concerne  la  circulation  des 
produits  de  notre  pays  sur  le  territoire  russe  : 

«  Les  difficultés  que  le  commerce  horticole  français  rencontre 
en  Russie  tiennent  à  la  crainte  du  Phylloxéra  qui  pourrait 
contaminer  les  vignobles  russes. 

«  Le  Congrès  pomologique  international  qui  vient  de  siéger 
à  Saint-Pétersbourg  en  octobre  dernier,  a  admis  à  l'unanimité 
diverses  propositions  que  nous  rappelons  brièvement  : 

«  1°  Le  Phylloxéra  ne  vit  que  sur  la  Vigne  et  non  sur  les  autres 
végétaux. 

«  2®  Les  prescription  de  la  Convention  de  Berne  protègent  effi- 
cacement les  vignobles  contre  l'introduction  involontaire  du 
Phylloxéra  par  les  végétaux  autres  que  la  Vigne. 

((  En  conséquence,  le  Congrès  émet  le  vœu  que  la  Russie 
accorde  libre  entrée  sur  son  territoire  aux  envois  de  végétaux 
accompagnés  d'une  pièce  certifiant  que  les  expéditeurs  se  sont 
conformés  aux  dites  prescriptions. 

«  Conformément  aux  vœux  exprimés  par  le  Congrès,  et  afin  de 
doter  le  commerce  horticole  français  des  mêmes  droits  accordés 
aux  nations  étrangères  telles  que  l'Allemagne,  l'Autriche  et  la 
Belgique,  qui   peuvent   expédier  librement    leurs   produits   en 


SÉANCE    DU    10    JANVIER    1895.  23 

Russie,  la  Société  nationale  d'Horticulture  de  France  vient 
prier  M;  le  Ministre  des  Aiïaires  étrangères  de  bien  vouloir 
prendre  l'initiative  de  négociations  avec  la  Russie,  sur  les  bases 
ci-après  résumées. 

«  1°  Les  produits  horticoles  français  auront  libre  accès  en 
Russie  lorsqu'ils  seront  accompagnés  d'un  certificat  établissant 
qu'ils  remplissent  les  conditions  prévues  par  la  convention 
phylloxérique  de  Berne. 

«  2°  Outre  les  points  de  pénétration  par  la  voie  de  terre  et 
l)ar  les  bureaux  de  douanes  d'Alexandrowno  et  de  Wirballen 
l'entrée  des  végétaux  sera  autorisée  par  les  ports  d'Odessa  et  de 
Batoum  sur  la  mer  Noire,  et  par  Saint-Pétersbourg  directement 
par  la  Baltique.  >-> 

Al.  le  Secrétaire  général  donne  ensuite  les  noms  de  nouveaux 
membres  correspondants  élus  par  le  Conseil  d'Administration,  et 
qui  sont  : 

MM.  Burvenich,  Professeur  à  TEcole  d'Horticulture  de  l'Etat,  à 
Gand. 

de  Bosschere  (Ch.),  Publiciste  horticole,  à  Anvers. 
Yan  Huile,  Professeur  honoraire  de  l'Ecole  d'Horticulture 

de  rb]tat,  à  Gand. 
Pynaert  (Ed.),Rédacteur  à  la  Revue  de  r Horticulture  Belge. 
D""  Maxwell  Masters  (T.),  Rédacteur  en  chef  du  The  Garde- 

ners'  Chronicle,  à  Londres. 
Nicliolson,    Curateur  des    Jardins    Royaux  de    Kew    près 

Londres. 
Bataline,  Directeur  du  Jardin  Impérial  Botanique,  à  Saint- 
Pétersbourg. 
Fischer  de  Waldheini,  Directeur  du  Jai'din  Impérial  Bota- 
nique, à  Varsovie. 
Correvon,    Directeur  du  Jardin   Alpin    d'Acclimatation,  à 

Genève. 
Vaucher,  Directeur  de  l'Ecole   cantonale  d'Horticulture,  à 

Genève. 
Vassilière,  Inspecteur  de  l'Agriculture,  à.  Paris, 
de  Gherville,  Rédacteur  au  journal  le  Temps. 
Viviand-Morel,  Directeur  du  journal  Lyon  Horticole. 


24  PROCÈS-VERBAUX. 

Naudin,  Membre  de  l'Institut,  Directeur  de  la  Villa  Thurel, 
à  Antibes. 

Trabut  (D'),  Botaniste  du  Gouvernement,  à  Alger. 
Il  apprend  qu'un  bon  nombre  de  membres  de  la  Société 
viennent  de  recevoir  la  décoration  du  Mérite  Agricole  :  les  uns 
à  titre  d'Officiers,  les  autres  comme  Chevaliers  de  cet  Ordre. 
Ceux  de  nos  collègues  dont  les  mérites  se  trouvent  ainsi  récom- 
pensés sont  : 
MM.  Jeanninel,  pépiniériste,  à  Langres, 

Torcy-Vannier,  horticulteur,  à  Melun, 
qui  sont  devenus  Ofliciers.  Il  a  été  heureux  de  voir  figurer  dans 
la  liste  de  promotion,  en  dehors  de  nos  collègues,  le  nom  de 
M.Dabat  (Léon),  Chef  adjoint  au  cabinet  du  Ministre  de  l'Agri- 
culture, qui  a  donné  tant  de  fois  des  marques  de  sympathie  à 
notre  Société. 

Ceux  qui  ont  été  nommés  Chevaliers  sont  : 
MxM.Bouré,  jardinier  principal  de  la  ville  de  Paris. 

Charmeux,  viticulteur  à  Thomery, 

Chouvet,  grainier  à  Paris, 

Collas,  propriétaire  à  Argenteuil, 

Guitel,  horticulteur  à  Saint-xMaur-les-Fossés, 

Hézard,  horticulteur  à  Fontainebleau, 

Laloy,  horticulteur  à  Rueil, 

Lecardeur,  entrepreneur  à  Paris, 

Marie,  chef-jardinier  à  Ville-d'Avray, 

Mery,  horticulteur  à  Pai  is, 

Nicolas,  agriculteur  à  Arcy, 

Pelloux,  horticulteur  à  Gap, 

Saujot,  fleuriste  à  Paris, 

Taveneau,  pépiniériste  à  la  Roche-sur-Yon, 

Yincey,  professeur  d'agriculture  du  département  de  la  Seine. 
Les  objets  suivants  ont  été  présentés  pour  être  examinés  par 
les  Comités  compétents  : 

Par  M.  Page,  jardinier  chez  M.  Robert  Lebaudy,  à  Bougival 
(Seine-et-Oise),  neuf  Cypripedium  X  Leeanum,  hybrides  issus 
du  C.  insigne  Chantini  croisé  par  C.  Spicerianum,  qui  sont  jugés 
très  beaux  comme  végétation  et  comme  fleurs  et  pour  lesquels 


SÉANCE  DU  24  JANVIER  1895.  25 

il  est  accordé  à  M.  Page  une  prime  de  première  classe  avec  féli- 
citations. Le  même  présentateur  avait  encore  dix  Cypripedhan, 
obtenus  par  lui,  de  semis  faits  en  1889,  1890  et  1891,  savoir: 
un  C.  hybride,  issu  du  C.  Boxalli  croisé  par  C.  Dautliieri;  six 
C.  Leeanum,  variés;  un  C.  Leeanum  mimatum;  un  C.  Leeanum^ 
macrcmthum  et  un  C.  Leeanum  impériale  portant  trois  fleurs. 
Cette  dernière  plante  est  tellement  remarquable  que,  sur  la 
proposition  du  Comité  de  Floriculture,  M.  Page  reçoit  pour  elle 
un  certificat  de  mérite  de  première  classe. 

Par  M.  Brochard,  à  Tournan  (Seine-et-Marne),  une  corbeilla 
de  Poires  Doyenné  d'hiver,  récoltées  sur  des  arbres  cultivés  en 
espalier  et  abrités  à  l'aide  d'auvents.  Ces  fruits  superbes,  dont 
le  plus  petit  pèse  plus  de  500  grammes,  valent  une  prime  de 
première  classe  à  leur  présentateur. 

Par  M.Hédiard,  négociant,  21,  place  de  la  Madeleine,  à  Paris, 
une  caisse  de  Mandarines-  provenant  du  domaine  de  TAbra, 
province  d'Oran  (Algérie).  Ces  Mandarines  ont  été  trouvées  très 
bonnes  par  les  membres  du  Comité  d'Arboriculture  fruitière  qui 
les  ont  dégustées.  Le  présentateur  dit  que  c'est  la  première  fois 
que  le  commerce  parisien  reçoit  des  Mandarines  de  la  province 
d'Oran,  que  ces  fruits  sont  plus  beaux  que  ceux  qui  sont  expé- 
diés de  Blidah  et  surtout  d'Espagne.  Il  lui  est  adressé  des  remer- 
ciements. 

L'un  de  MM.  les  secrétaires  annonce  de  nouvelles  présen- 
tations; 

Et  la  séance  est  levée  à  quatre  heures  un  quart. 


SÉANCE  DU  24  JANVIER  1895. 

Présidence  de  M.  Joly,  Vice-Président  de  la  Société 

La  séance  est  ouverte  à  deux  heures  et  demie.  Les  registres  de 
présence  ont  reçu  les  signatures  de  162  membres  titulaires  et 
18  membres  honoraires. 

Le  procès-verbal  de  la  dernière  séance  est  lu  et  adopté. 

M.   le   Président  proclame,  après   un   vote  de   l'Assemblée, 


26  PROCÈS-VERBAUX. 

l'admission  de  neuf  nouveaux  membres  titulaires  dont  la  pré- 
sentation a  été  faite  dans  la  dernière  séance.  Il  annonce  ensuite 
le  décès  de  quatre  membres  de  la  Société.  Ces  collègues,  dont 
la  perte  est  éminemment  regrettable  sont  :  M.  Goubert,  à  Paris, 
membre  titulaire  depuis  1877;  M.  Toret,  membre  titulaire 
depuis  1890,  administrateur  de  la  Caisse  d'épargne  de  Paris,  qui 
habitait  Malakoff  (Seine);  M.  Lefèvre  (Eugène),  de  Paris, 
membre  honoraire,  qui  faisait  partie  de  la  Société  depuis  1864 
el  qui  a  pris  part,  pendant  de  nombreuses  années,  aux  travaux 
de  la  Commission  de  Rédaction;  M.  Truffant  (Charles),  de  Ver- 
sailles, membre  honoraire,  qui  a  rendu  d'importants  services  à 
notre  Société  en  remplissant  à  diverses  reprises  les  fonctions  de 
vice-président  et  en  faisant  partie  de  son  Conseil  d'Administra- 
tion. M.  le  Président  fait  ressortir  les  mérites  de  cet  homme  de 
bien,  d'une  rare  modestie,  qui  laisse  une  grande  réputation  de 
savoir  et  d'honorabilité;  M.  Jamin  (Ferd.),  qui  a  assisté  aux 
obsèques,  donne  lecture  d'une  allocution  qu'il  a  prononcée  sur 
la  tombe  de  ce  regretté  collègue. 

M.  le  Secrétaire  général  donne  connaissance  de  la  correspon- 
dance manuscrite  qui  comprend  : 

Une  note  du  Comité  de  Floriculture,  annonçant  que,  dans  la 
séance  de  ce  jour,  ce  Comité  a  décidé,  à  l'unanimité,  qu'il  serait 
offert,  en  son  nom,  une  médaille  à  l'Exposition  internationale 
de  mai  1895.  Sur  la  proposition  de  M.  Savoye  le  Comité  a 
exprimé  le  désir  que  cette  médaille  soit  attribuée  à  une  culture 
spéciale,  celle  du  Fuchsia,  qui  semble  un  peu  abandonnée  de  nos 
jours. 

Une  lettre  de  M.  Bultel  jardinier  au  château  de  Mello  (Oise), 
adressée  au  Président  du  Comité  de  Floriculture,  demandant  que 
le  nom  de  Baronne  Franck  Seillière  soit  donné  à  VAnthurium 
hybride  nouveau,  à  spathe  blanche,  qu'il  a  présenté  à  la  séance 
du  25  octobre  1894. 

Une  lettre  de  M.  Marc  Micheli,  de  Genève,  qui  remercie  la 
Société  de  l'avoir  admis  dans  son  sein  et  qui  fait  parvenir  la 
somme  exigée  par  le  règlement  pour  en  faire  partie  au  titre  de 
membre  à  vie. 

Une  lettre  du  Directeur  de  la  Revue  scientifique  du  Bourbon- 


SÉANCE  DU  24  JANVIER  1895.  27 

nais  et  du  centre  de  la  France,  par  laquelle  il  offre  l'échange 
de  eelte  publication,  contre  le  Journal  de  la  Société. 

Il  fait  ensuite  connaître  le  résultat  d'élections  complémen- 
taires qui  viennent  d'avoir  lieu. 

Dans  le  Comité  des  Arts  et  Industries  horticoles  où  il  restait  à 
élire  un  délégué  à  la  Commission  de  Rédaction,  M.  Chauré  a  été 
choisi  pour  remplir  ces  fondions. 

Le  Conseil  d'Administration  a  désigné  MM.  Barre  et  Delessart 
pour  faire  partie  de  la  Commission  de  secours  en  remplacement 
de  M.  Lepère,  démissionnaire  et  de  M.  Lefèvre,  décédé;  il  a  en 
outre  choisi  M.  Delamarre  pour  prendre,  à  la  Commission  de 
Rédaction,  la  place  devenue  vacante  par  la  mort  de  M.  Lefèvre. 

Il  annonce  que  les  délégués  de  la  Commission  du  contentieux  à 
la  Commission  du  logement  seront  pour  l'année  1895  :  MM.  Deles- 
sart et  Chouveroux;  que  la  Commission  des  Expositions  a  élu  : 
comme  vice-président  M.  Yitry  ;  comme  vice-secrétaires,  MM.Ta- 
vernier  et  Hébrard  (Alexandre);  comme  délégué  au  Conseil 
M.  Tavernier. 

Il  donne  enfin  lecture  d'une  liste  de  radiations  proposée  par 
le  Conseil  d'Administration,  portant  sur  42  sociétaires  qui  ont 
refusé  de  payer  leur  cotisation  ou  qui  sont  disparus  et  dont 
voici  les  noms  :  MM.  Bergeotte,  Berthaud,  Bergaud,  Carpentier 
(Eugène),  Chatagnier  (Pierre),  Duchesne  (Victor),  Englebert 
(Louis),  Flicoteaux  (A.  A.),  Fizellier  (F.),  Gauthier  (Alexandre), 
Guy  (Gaston),  Joslé  de  Lamazière,  Lorentz,  Martincourt,  Mer- 
cier (Pierre),  Montebello  (A.  de),  Mun  (marquis  de),  Raoul 
Sizler,  Touéry,  ïrusson  (A.),  Yallerand  (Jules);  M"""^  Leroy  et 
Meunier-Pouthot. 

La  correspondance  imprimée  comprend  : 

\'^  Les  Informations  et  renseignements  publiés  par  le  Ministère 
de  l'Agriculture,  n°  2,  12  janvier  et  n°  3,  19  janvier  1895;  2°  le 
n*'  84,  décembre  1894  de  la  Revue  scientifique  du  Bourbonnais 
et  du  centre  de  la  France;  3"  la  liste  des  graines  récoltées  parle 
Jardin  alpin  d'acclimatation  de  Genève,  janvier  1895;  4°  la 
SS*"  livraison  du  Dictionnaire  pratique  d'Horticulture  de  M.  G.  Ni- 
cholson,  traduit  par  M.  S.  Mottet;  5°  les  33^  et  34^  livraisons  de 
y  Atlas  des  plantes  de  jardins  et  d'appartements,  par  M.  D.  Bois. 


28  PROCÈS-VERBAUX. 

M.  le  Secrétaire  général  dit  que  la  liste  officielle  des  récom- 
penses accordées  à  la  section  française  de  l'Exposition  interna- 
tionale de  culture  fruitière  de  Saint-Pétersbourg  vient  enfin  de 
paraître.  Il  cite  comme  ayant  obtenu  les  principales  récom- 
penses :  le  Ministère  de  l'Agriculture  de  France  à  qui  a  été 
décernée  la  grande  médaille  d'honneur  de  S.  M.  l'Empereur 
Alexandre  III;  MM.  Groux  et  fils,  qui  ont  eu  deux  grands 
diplômes  d'honneur;  l'Ecole  nationale  d'horticulture  de  Ver- 
saille,  un  grand  prix  d'honneur;  M  Félix  Potin,  une  grande 
médaille  d'or;  MM.  Etienne  SalomoD,  Honoré  Defresne  fils, 
Société  régionale  d'horticulture  de  Montreuil-sous-Bois,  Syndicat 
agricole  de  Groslay,  Comice  d'encouiagement  à  l'agriculture  et 
à  l'horticulture  de  Seine-et-Oise,  M.  Vitry  (Désiré),  le  Syndicat 
agricole  de  Meulan,  le  Syndicat  agricole  d'Argenteuil,  le  Syn- 
dicat agricole  de  Sannois,  le  Cercle  d'Arboriculture  de  Montmo- 
rency, la  Société  de  Viticulture  et  d'Arboriculture  d'Argenteuil, 
MM.  Forgeot  et  C'%  Potheret  et  fils,  le  Syndicat  des  viticulteurs, 
bouilleurs  de  crus  Charenlais,  MM.  Vilmorin-Andrieux  et  C'% 
Deroy  fils  aîné,  Deny  et  Marcel,  l'Association  pomologique  de 
l'Ouest,  M.  Martinet,  Baltet  (Ch.),  Muller  (Ferdinand),  Jamin 
(Ferdinand),  Redont  (E.),  Bruneau  (Désiré),  Paillet  (Louis,  fils) 
auxquels  ont  été  attribués  des  diplômes  d'honneur  équivalant 
aux  médailles  d'or;  MM.  de  Sinety  (Georges),  Hardy  et  C'^, 
Defresne  (Honoré,  fils)  lauréats  de  médailles  d'or. 

Les  objets  suivants  ont  été  présentés  pour  être  examinés  par 
les  Comités  compétents  : 

Par  M.  Landry,  horticulteur,  rue  de  la  Glacière  92,  Paris,  un 
Angrœcuni  Lioneti,  Orchidée  nouvelle  dédiée  à  M.  Lionet  par 
M.  Godefroy  Lebœuf.  «  Cette  plante,  dit  M.  Landry,  a  été  intro- 
duite de  la  Grande  Comore  fin  août  dernier  par  M.  Ch.  Legros, 
beau-frère  de  M.  Humblot,  notre  résident.  »  Le  présentateur  croit 
que  c'est  la  première  fois  que  cette  plante  fleurit  en  Europe 
et  il  pense  que,  bien  cultivée,  elle  donnerait  dans  nos  serres  de 
très  jolies  liges  florales,  d'une  grande  durée  puisque  les  fleurs 
qui  sont  en  ce  moment  sur  la  plante  sont  épanouies  depuis  les 
premiers  jours  du  mois.  Le  comité  de  Floriculture  accorde  une 
prime  de  première  classe  à  M.  Landry. 


SÉANCE  DU  10  JANVIER  1895.  29 

Par  MM.  Lepetit  etBéruneck,  horliculteurs,  boulevard  Bineau, 
109,  Paris,  un  Cattleya  OBrieniana^  plante  d'introduction  nou- 
velle, assez  belle  comme  coloris  et  pour  laquelle  une  prime  de 
première  classe  est  accordée. 

Par  M.  Cornu  (Max)  professeur  de  culture  au  Muséum  d'his- 
toire naturelle,  un  jeune  Rhododendron  à  grandes  fleurs 
blanches,  trouvé  dans  un  semis  du  R.  ciliicalyx  Franch.  Les 
graines  proviennent,  dit  le  présentateur,  d'un  envoi  de  M.  l'abbé 
Delavay,  missionnaire  au  Yunnan.  Le  semis  en  a  été  fait  en  1889. 
La  plante  est  de  serre  froide  sous  le  climat  de  Paris.  Le  Comité 
d'Arboriculture  d'ornement  vole  des  remerciments  à  M.  Cornu  et 
demande  à  revoir  la  plante  en  exemplaire  plus  fort  pour  pouvoir 
la  juger. 

Par  M.  Mousseau,  23,  rue  de  Gonstantine  à  Paris,  un  outil 
qu'il  désigne  sous  le  nom  de  Coupe-gourmand  pour  Rosiers  et 
pour  lequel  il  lui  est  décerné  une  prime  de  troisième  classe. 

L'un  de  MM.  les  secrétaires  annonce  de  nouvelles  présenta- 
tions. La  séance  est  levée  à  trois  heures  et  demie. 


NOMINATIONS 


SÉANCE    DU    JO    JANVIER    1895. 

MM. 

4.  Armans,  entrepreneur  de  serrurerie,  13,  rue  de  la  Chine,  à  Paris, 
présenté  par  MM.  Delavier  et  Bories. 

2.  Balleine   (Arthur),  à  la  baie  de  Saint-Brelade,  à  Jersey  (Angle- 

terre), présenté  par  MM.  Huard  et  Chatenay  (Abel). 

3.  Barnier,  grand  Café  du  Bac,  207,  boulevard  Saint-Germain,  à 

Paris,  présenté  par  MM.  Delaville  (L.)  et  Liger. 

4.  Barrois  (Félix),  propriétaire,  lo,  rue  Diderot,  à  Saint-Germain- 

en-Laye   (Seine-et-Oise),  présenté  par  MM.  Chatenay  (A.)  et 
Huard. 

5.  Baty,  marchand  grainier,  à  Angers  (Maine-et-Loire),  présenté 

par  MM.  Thiébaut  et  Quénat. 

6.  BÉGAT  (Denis),  jardinier  chez  M.  le  D^  Beni-Borde,  au  château  de 

Beni-Borde,   à  Sceaux   (Seine),  présenté   par   MM.   Nanot  et 
Gautier. 


30  NOMINATIONS. 

7.  Bf^LiN,  roule  de  Saiinois,  à  Argenteuil  (Seine-et-Oise),  présenté 

par  MM.  Godefroy-Lebeuf  et  Duval  (Léon). 

8.  BoNVALET  (M™*),  au  domaine  de   Lessy,  commune   de   Nieui-le- 

Virouil  (Charente-Inférieure)  et  boulevard  Henri  IV,  1,  à  Paris, 
présenté  par  MM.  Huard  et  Gbatenay  (A.). 

9.  Bouvet  (Lucien),  notaire,   à  Saint-Félicien  (Ardèche),  présenté 

par  MM.  Huard  et  Chatenay  (A.). 

10.  Brinon  (le  comte  Jules  de),  propriétaire,  rue  Duroc,  26,  à  Paris 

présenté  par  MM.  Huard  et  Chatenay  (A.). 

11.  BuNEL,  architecte  en  chef  de  la  Préfecture,  67,  rue  du  Rocher,  à 

Paris,  présenté  par  MM.  Huard  et  Chatenay  (A.). 

12.  Carpin   (Sincère),  pliotographe,  55,  rue  Réaumur,  à  Paris,  pré- 

senté par  M.  Bergman  (Ernest). 

13.  Champion,  jardinier  chez  M™^  Gruber,  à  Melun  (Seine-et-Marne^, 

présenté  par  MM.  Delamarre,  Torcy- Vannier  et  Dallé. 

14.  Charpentier,  propriétaire,  203,  boulevard  Saint-Germain,  cà  Paris, 

présenté  par  MM.  Coftant  et  Bories. 

15.  CouLON  (Nicolas),  oi,  avenue  de  la  Motte-Piquet,  à  Paris,  pré- 

senté par  MM.  Delaville  (L.)  et  Hariot. 

16.  Day  (F.),  horticulteur,  boulevard  Bineau,  16,  à  Levallois-Peri-et 

(Seine),  présenté  par  MM.  Sallier  fils  et  Chouvet  (E.). 

17.  DÉBRiAT   (Auguste),   horticulteur,    avenue    de    Versailles,   10,   à 

Thiais  (Seine),  présenté  par  MM.  Santelli  et  Chatenay  (Abel). 

18.  Delamollière  (L.),  de  la  maison  Bossy-Berger  et  Delamollière, 

6,    quai    de    la    Guillotière,   à    Lyon    (Rhône),   présenté    par 
MM.  Coslille  Debelfort  et  Chatenay  (A.). 

19.  Deshayes,  instituteur,  à  Ferrières-en-Brie  (Seine-el-Marne),  pré- 

senté par  MM.  Delamarre  et  Bergman  (E.). 

20.  Enot  (V.),  pépiniériste,  à  la  Celle-Saint-Cloud   (Seine-et-Oise), 

présenté  par  MM.  Chatenay  (A.),  Cappe  et  Chouvet  (E.). 

21.  Fournier,  architecte-paysagiste,  17,  rue  des  Champs,  à  Biarritz 

(Basses-Pyrénées),  présenté  par  MM.  Chatenay  et  Chouvet  [E.j, 

22.  Frèrebeau  (L.),  jardinier  chez  M™*^  Martineau,  23,  Grande-Rue,  à 

Villemonble  (Seine),  présenté  par  M.  Bouré. 

23.  Gilbert    (Georges),   restaurant    Chalandrier,   à   Aulnay  (Seine), 

présenté  par  MM.  Chatenay  (A.)  et  Croux. 

24.  Gourdin  (Henri),  banquier,  avenue  Ménelotte,  14,  à  Colombes, 

(Seine),  présenté  par  MM.  Couturier  (L.)  et  Debert  (E.). 

25.  HovELAGQUE  (M'""),   184,  rue  de    Rivoli,  à   Paris,  présentée  par 

MM.  Huard  et,  Chatenay  (A.).i 

26.  Jarry-Dësloges  (Uené),  80,  boulevard  Haussmann,  à  Paris,  pi*é- 

senté  par  MM.  Huard  et  Chatenay  (A.). 

27.  Joreau  fils,  grakiier,  place  des  Halles,  à  Angers  (Maine-et-Loire), 

présenté  par  MM.  Delaville  (L.)  et  Hariot. 


SÉANCE    DU    iO    JANVIER    d895.  3J 

28.  Lagarde  (Georges),  13,  rue  du  Conservatoire,  l^iris.  préssnté  par 

MM.  Pradines  et  Sallier  (J.). 

29.  Langlois   (Aqiiilas),    jardinier-fleuriste,    12,    rue    du  Colisée,   cà 

Paris,  présenté  par  M.  Saujot. 

30.  Marchais  (Georges),  jardinier  chez  M.  Glandaz,  1,  Grande-Rue,  à 

Villemonble  (Seine),  présenté  par  MM.  Bouré  eL  Gérard. 

31.  Marius,  directeur  du  Café  de  la  Paix,  12,  boulevard  des  Capu- 

cines, à  Paris,  présenté  par  MM.  Dallé  et  Bergman  (E.). 

32.  Maurin,  41,  boulevard    de  l'Ouest,  au  Vésinet  (Seine-et-Oise), 

présenté  par  MM.  Huard,  Chatenay  (A.)  et  Sallier. 

33.  MicHELi  (Marc),  au  château  du  Crest,  à  Jussy,  par  Genève  (Suisse), 

présenté  par  MM.  André  et  Chatenay  (A.). 

34.  MoRTEMART,    1,    ruc    Saiut-Dominique,    à    Paris,    présenté    par 

MM.  Godefroy-Lebeuf  et  Duval  (Léon). 

35.  Pelletier,  horticulleur-rosiériste,  place  de  la  Grande-Ceinture 

à  Stains  (Seine),  présenté  par  MM.  Hébrard  (A.)  et  Boutreux. 

36.  PisANT  (Ernest),  jardinier  chez  M""^  Cochin,  à  Etretal  (Seine-Infé- 

rieure), présenté  par  MM.  Pontois  (L.)  et  Chatenay  (A). 

37.  PoiRET  (M"^*^  Julia),  1,   boulevard  d'Aumale,  à  Chantilly  (Oise), 

présentée  par  MM.  Huard  et  Chatenay  (A.). 

38.  Poirier  (x\lexis),  5,  avenue  Contades,  à  Angers  (Maine-et-Loire), 

présenté  par  MM.  Hariot  et  Delaville. 

39.  Rembert,  notaire,  à  La  Motte-Beuvron  (Loir-et-Cher),  présenté 

par  MM.  Godefroy-Lebeuf  et  Duval  (Léon). 

40.  Ribbentrop,  négociant,  53,  quai  de  Seine,  à  Paris,  présenté  par 

MM.  Chatenay  et  Huard. 

41.  EoBiCHON  (A.  fils),  horticulteur,  à  Olivet  (Loiret),  présenté  par 

MM.  Sallier  et  Rousseau. 

42.  Serveau  (Alexandre),  fleuriste,  40,  boulevard  de  Strasbourg,  à 

Paris,  présenté  par  MM.  Jobert  (M.)  et  Lange. 

43.  SoLiG.NAG  (M"^''  Vve),  horticulteur,  rue  d'Anlibes,  83,  à  Cannes 

(Alpes-Maritimes),  présentée  par  MM.  Forgeot,  Duval  (L.),  et 
Lebœuf  (Paul). 

44.  Sturm,  directeur  de  la  Société  générale  du  carbonyle,  faubourg 

Saint-Denis,  188-190,  à  Paris,  présenté  par  MM.  Huard  et  Cha- 
tenay. 

45.  Waïs,  directeur  du  Grand-Hôtel,  à  Paris,  présenté  par  iMM.  Dallé 

et  Bergman  (Ernest). 

Dame  patronnesse 

M^"^  la  marquise  de  Brocq,  rue  du  Faubourg  Saint-Honoré,  122,  à 
Paris,  présentée  par  MM.  Huard  et  Léon  Say. 


32  BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE. 

SÉANCE   DU    24    JANVIER    1895. 

MM. 

1.  Debraine  (E.),  fleuriste,  69,  rue  de  Grenelle,  à  Paris,  présenté 

par  MM.  Detang  (E.)  et  Chemin. 

2.  Delton,  jardinier  au  Pavillon  Choiseul,  à  Yiry-Ghâtillon  (Seine- 

et-Oise),  présenté  par  MM.  le  comte  Horace  de  Choiseul  et 
Ressia. 

3.  DoRTAN   (comte   de),  au   château  d'Audour,  par  Dompierre-les- 

Ormes   (Saône-et-Loire),    présenté   par   MM.   Huard   et  Cha- 
tenay  (A.). 

4.  DuMONT  (M"'''  Amélie),  rue  de  Rivoli,  118,  à  Paris,  présentée  par 

MM,  Michonneau  et  Damerval. 
0.  GiNOT  (Jules),  Président  de  la  Société  d'Agriculture  du  départe- 
ment de  la  Loire,  rue  de  la  République,  4,  à  Saint-Etienne 
(Loire),  présenté  par  MM.  Huard  et  Chatenay  (A.). 

6.  Huguet  (A.),  au  château  de  Thoiry  (Seine-et-Oise),  présenté  par 

MM.  Huard  et  Chatenay. 

7.  Moutier   (Eugène),  entrepreneur,  rue  des  Coches,   13,  à  Saint- 

Germain-en-Laye  (Seine-et-Oise),  présenté  par  MM.  Chati-nay 
et  Chouvet  (E.). 

8.  PiTRAis,  horticulteur,  à  Bayeux  (Calvados),  présenté  par  MM.  Ro- 

sette et  Couillard. 

9.  Trioux,  chef  de   culture  chez  M.  Massé,  horticulteur,  à  Lagny 

(Seine-et-Marne),  présenté  par  MM.  Nonin,  Martinet  (H.)  et 
Massé 


BULLETIN   BIBLIOGRAPHIQUE 


MOTS    d'octobre,    NOVEMBRE   ET    DÉCEMBRE    1894. 

Algérie'^  agricole  (L'),  Bulletin  de  la  Colonisation,  Agriculture,  Viti- 
culture, Horticulture,  Économie  rurale,  n^*  133  à  144  inclu- 
sivement, année  1894.  Alger;  in-4. 

Annales  de  la  Société  d' Agriculture  du  département  de  la  Gironde, 
n°^  7  à  10  inclusivement,  année  1894.  Bordeaux;  in-8. 

Annales  de  la  Société  d'Agriculture,  Sciences,  Arts  et  Commprce  du 
dé-partement  de  la  Charente,  juin,  juillet  et  août,  année  1894, 
Angoulême  ;  in-8. 

Annales  de  la  Société  botanique  de  Lyon,  1",  2^  et  3«  trimestres,  année 
1894. 


MOIS  d'octobre,  novembre  et  décembre  1894.  33 

Annales    de   la    Société    tf Horticulture   de    la   Haute-Garonne,  mars, 

avril,  mai  et  juin,  année  1894.  Toulouse;  in-8. 
Annales  de  la  Société  d'Horticulture  de  Maine-et-Loire,  i^^  et  2®  tri- 
mestres, année  1894.  Angers;  in-8. 
Annales  de  la  Société  d'Horticulture  et  d'Histoire  naturelle  de  V Hérault, 

n"^  1  et  2,  année  1894.  Montpellier;  in-8. 
Annales  de  la  Société  d'Horticulture  du  Raincy,  cahier  de  1894. 
Anncdes  de  la  Société  horticole,  vigneronne  et  forestière  de  l'Aube,  n"»  18, 

19  et  20,  année  1894.  Troyes;  in-8. 
Annales  de  la  Société  horticole,  vilicole  et  forestière  de  la  Haute- Marne, 

n°^  86,  87  et  88,  année  1894.  Ghaumont;  in-8. 
Annales  de  l'Institut  national  agronomique,  n°  3,  années  1888-1889, 

1889-1890,  1890-1891.  Paris;  in-8. 
Annales  du  Commerce  extérieur,  7«,  8^',  9%  10®,  M'^  et  12«  fascicules, 

année  1894.  Paris;  in-8. 
Archivio  del  Laboralorio  di  Botanica  Crittogamica  presso  la  R.  Univer- 

situ  di  Pavia,  vol.  I  à  V.  Milan;  in-8. 
Alti  del  Imtiiuto   Rotanico  deirUniversita  di  Pavia,  2"  série,  vol.  I 

à  m.  Milan;  in-8. 
Boktin  de  la  Camara  agricola  de  Valencia,  n°^  3o  et  30,  année  1894, 

Valence. 
Doletim  da  Sociedade  Beoieriana,  XI,  fasc.  4,   1893.  Coïmbre;  in-8. 
Bulletin  agricole  {Le),  journal  hebdomadaire,    organe  de  l'Agricul- 
ture et  des  Industries  rurales,  n^^  6o3  à  663  inclusivement, 

année  1894.  Paris;  feuille  in-2. 
Bulletin  de  la  Société  Artésienne  d'Horticulture,   l^^  trimestre,  1894- 

1895.  Arras;  in-8. 
Ralletin  de  la  Société  botanique  de  France:  Session  extraordinaire  à 

Montpellier,  t.  XL,  2%  3°  et  dernière  partie.  Comptes  rendus 

des  séances,  n^^  5,  6-7  (mai,  juin-juillet)  1894.  Paris;  in-8. 
Bulletin  de  la  Société  centrale  d'Horticulture  de  Nancy,  n°  5,  année 

1894.  Nancy;  in-8. 
Bulletin  de  la  Société  d'Agriculture  de  Caen,  année  1894.  Caen;  in-8. 
Bulletin  de  la  Société  d'Agriculture  de  l'arrondissement  d'Autun,  de  la 

Société  autunoise  d'Horticulture,  et  du  Syndicat  agricole  autu- 

nois,  n**  26,  année  1894.  Autun;  in-8. 
Bullelin  de  la  Société  d'Agriculture  de  l'arrondissement  de  Boulogne- 

sur-Mer,  n."  7.  Boulogne-sur-Mer;  in-8. 
Bulletin  de  la  Société  d'Agriculture  et  d'Horticulture  de  l'arrondissement 

de  Pontoise,  4<^  trimestre,  année  1894.  Pontoise;  in-8. 
Bulletin  de  la  Société  d' Agriculture  du  département  du  Cher,  n°*  8    9 

et  dO,  année  1894.  Bourges;  in-8. 
Bulletin  de  la  Société  d'Agriculture  de  l'Indre.,  n"^  1  à  4,  année  1894. 

Châteauroux;  in-8. 


34  BULLETIN    BÎBLTOGRAPniQUE. 

Bulletin    de   la    Société   d'Encouragement  pour  VIndustrie  nationale, 

n°«  104,  105  et  106,  année  1894.  Paris;  in-4. 
Bulletin  de  la  Société  de  Géographie,  Z^  trimestre  de   1894.  Paris; 

in-8. 
Bulletin  de  la  Société  des  Agriculteurs  de  France,  n°M3  à  24,  de  1894. 

Paris  ;  in-8. 
Bulletin  de  la  Société  d'Horticulture,  d'Arboriculture  et  de  Viticulture  du 

canton  d'Argenteuil,  w^  7,  année  1894.  Argenteuil;  in-8. 
Bulleti7i  de  la  Société  d'Horticulture,  de  Botanique  et  d'Apiculture  de 

Beauvais,  novembre  1894.  Beauvais;  in-8. 
Bulletin  de  la  Société  d'Horticulture  de  Cholet  et  de  V arrondissement, 

année  1893.  Cholet;  in-8. 
Bulletin  de  la  Société  d'Horticulture  de  Compicgne,  n°'  8  et  9,  année 

1894.  Compiègne;  in-8. 
Bulletin  de  la  Société  d'Horticulture  de  Douai,  n^^  8,  9  et  10,  année 

1894.  Douai;  in-8. 
Bulletin  de  la  Société  d'Horticulture  de  Genève,  11"  et  12*'  livraisons, 

1894.  Genève;  in-8. 
Bulletin  de  la  Société  d'Horticulture  de  V arrondissement  de  Clermont 

(Oise),  n°  30,  année  1894.  Clermont  (Oise);  in-8. 
Bulletin  de  la  Société  d'Horticulture  de  l'arrondissement  de  Meaux,  n»  o, 

année  1894.  Meaux;  in-8. 
Bulletin  de  la  Société  d'Horticulture  de  l'arrondissement  de  Valenciennes, 

S*'  trimestre  de  1893.  Anzin;  in-8. 
Bulletin  de  la  Société  d'Horticulture  de  l'Orne,  i^^  semestre  de  l'année 

1894.  Alençon;  in-8. 
Bulletin  de  la  Société  d'Horticulture  de  Picardie,  n"*"  7,  8  et  9,  année 

1894.  Amiens;  in-B. 
Bulletin  de  la  Société  d'Horticulture  et  d'Apiculture  de  l'arrondissement 

de  Sentis,  n°^  22  et  23,  année  1894.  Senlis;  in-8. 
Bulletin  de  la  Société  d'Horticulture  et  de  Yit'iculture  de  la  Côte-d'Or, 

n°  5,  année  1894.  Dijon;  in-8. 
Bulletin  de    la   Société   d'Horticulture    et   de    Viticidture    d'Epernay, 

octobre,  novembre  et  décembre,  1894.  Epernay;  in-8. 
Bulletin  de  la  Société  d'Horticulture  et  de  Viticulture  des  Vosges,  n°  105, 

année  1894.  Epinal  ;  in-8. 
Bulletin  de  la  Société  d'Horticulture  et  de  Viticulture  d'Eure-et-Loir, 

n°^  20,  21  et  22,  année  1894.  Chartres;  in-8. 
Bulletin  de  la  Société  d'Horticulture  et  de  Viticulture  du  Puy-de-Dôme, 

2^  et  3*  trimestres  de  1894.  Clermont-Ferrand  ;  in-8. 
Builelin  de  la  Société  de  Viticulture  et  d'Horticulture  d'Arbois  (Jura), 

n°  3,  année  1894.  Arbois;  in-8. 
Bulletin  de  la  Société  de  Viticulture,  Horticulture  et   Sylviculture    de 

Reims,  n°*  9  et  10  de  1894.  Reims;  in-8. 


MOIS  d'octobre,  novembre  et  décembre  1894.  35 

Bulletin  de  la  Société  d'HorlieiiUiire  du  Doubs  à  Besançon,  n°''  46,  47 

et  48,  année  1894.  Saint-Vit  ;  in-8. 
Bulletin  de  la  Société  libre  cV émulation  du  Commerce  et  de  flndustrie 

de  la  Seine-Inférieure.  Exercices  1892-1893,  1893-1894.  Rouen; 

I  vol.  in-8. 

Bulletin    de    la    Société    pratique    d'Horticulture    de    rarroudisscment 

d'Yvetot,  octobre  et  novembre  1894.  Yvetot;  in-8. 
Bulletin  de  la  Société  régionale  d'Horticidture  de    Vincennes,  n°    39, 

année  1894.  Vincennes  ;  in-8. 
Bulletin  de  la  Société  vigneronne  de  l" arrondissement  de  Beaune,  n»  24, 

année  1894.  Beaune  ;  in-8. 
Bulletin  des  séances  de  la  Société  nationale  d'Agriculture  de  Vrance, 

iV  7,  année  1894.  Paris;  in-8. 
Bulletin   des  travaux  de  la  Société  d'Horticulture,  d'Agriculture  et  de 

botanique  du  canton  de  Montmorency,  2''  et  3'^  Irimestres    de 

1894.  Montmorency;  in-8. 
Bulletin  :  Documents  officiels,  Statistiques,  Rapports,  Comptes  rendus  de 

missions  en  France  et  à   VÉlranger,   n^^  6  et  7,   année   1894, 

Paris;  in-8. 
Bulletin  du  Cercle  horticole  du  Nord,  n°^  10  et  11,  année  1894.  Lille; 

in-8. 
Bulletin  du  Comité  de  l'Afrique  française,  no^  4  à    12,  année  1894, 

Paris;  in-8. 
Bulletin  du   Syndicat   agricole  de   V arrondissement  de  Meaux,  n°^  10, 

II  et  12,  année  1894.  Meaux;  in-8. 

Bulletin  horticole  et  apicole  de  Saône-et-Loire,  octobre,  novembre  et 

décembre  1894.  Chalon-sur-Saône;  in-8. 
Bulletin  interncdional  de  V  Académie  dt-s  Sciences  de  Cracovie,  octobre  et 

novembre  1894.  Cracovie;  in-8. 
Bulletin-Journal  de  la  Société  centrale  d'Agriculture  et  d'Acclimatation 

des  Alpes- Maritimes,  n°^  9,  10  et  11,  année  1894.  Nice;  iii-8. 
Bulletin-Journal  de  la  Société  d'Agriculture  de  l'Allier,  n°^  10  et  11, 

année  1894.  Moulins;  in-8. 
Bulletin  mensuel  de  la  Société  agricole  et  horticole  de  l' arrondissement 

de  Mantes,  n"'  179,  à  181,  année  1894.  Mantes;  in-8. 
Bulletin  mensuel  de  la  Société  d' Agriculture  de  Joigny,  n"  153,  année 

1894.  Joigny;  in'8. 
Bulletin  mensuel   de  la  Société   des  Sciences,   Agriculture   et  Arts  de 

la  Basse-Alsace,  fasc.  6,  1894.  Strasbourg;  in-8. 
Bulletin  mensuel  de  la  Société  d'Horticidlure  et   de  petite   Culture  de 

Soissons,  septembre-octobre  1894.  Soissons;  in-8. 
Bulletin  mensuel  du  Cercle  horlicole  de  Boubaix,  n°s  9,  10  et  11,  année 

1894.  Roubaix;  in-8. 
Bullettino  délia  R.  Società  toscana  di  Orticultura  (Bulletin  de  la  Société 


36  BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE. 

R.  toscane  d'Horticulture,  numéros  d'octobre,    novembre  et 

décembre  1894).  Florence;  in-8. 
Bulletin  trimestriel  de  la  Société   d'Horticulture,    d' Arboriculture ,  de 

Viticulture  et  de  Sylviculture  de  la  Meuse,  n''  9,  décembre  1894. 

Verdun  ;  in-8. 
Chronique  horticole,   Journal  mensuel   de   la  Société  d'Horticulture 

pratique  de  l'Ain,  n°^  10  et  11,  année  1894.  Bourg;  in-8. 
Comptes  rendus  des  séances  de  la   Société  de  Géographie,   n°^  15,  16 

et  17,  année  1894.  Paris;  in-8. 
Comptes  rendus  hebdomadaires  des  séances  de  V Académie  des  Sciences, 

2^  semestre,  n°s  1  à  26  inclusivement,  1894.  Paris;  in-4. 
Compte  rendu  sommaire  des  séances  de  la  Société  philomathique  de  Pari^, 

n°«  18,  19,  2,  3  et  4,  année  1894.  Paris;  in-8. 
Eleveur  (L'),  et  la  Revue  Cynégétique  et  Sportive  réunis,  n°*  516,  année 

1894. 
Extrait  des  travaux  de  la  Société  centrale  d'Agriculture  du  déparle- 
ment de  la  Seine-Inférieure,  233'=  234^  et  235^  cabiers,   année 

1894.  Rouen;  in-8. 
France  agricole  (La)  et  horticole,  n°^  26  et  41  à  o2,  année  1894.  Paris; 

in-4. 
Garden  and  Forest  (Jardin  et  Forêt),  journal  d'Horticulture,  Paysage, 

Art  et  Sylviculture,  n"**  332  à  356  (de  juillet  au  19  décembre 

1894).  New- York;  in-4. 
Gartenflora,  leitschrift  fur  Garten-undBlumenkunde  (Flore  des  jardins, 

Journal  d'Horticulture  et  de  Botanique)   édité  par  le    D'"  L. 

WiTTMACK,  n°s  14  à  24  (juillet  à  décembre  1894).  Berlin;  in-8. 
JM  nederlandsche  Tuinbouwblad  (Gazelle  borticole  néerlandaise,  or- 
gane de  la  Société   néerlandaise  d'Horticulture   et  de  Bota- 
nique, n°^  41  à  52,  1894).  Amsterdam;  in-4. 
Jardin  [Le],  Journal  bi-mensuel  d'Horticulture   générale,  n°s  177  à 

188  inclusivement  (juillet  à  décembre),  année  1894.  Paris  ;  in-4. 
Jardinier  suisse  [Le),  Journal  de  la  Société  helvétique  d'Horticulture 

de  Genève,  n»  9,  année  1894.  Genève;  in-8. 
Journal  de  V  Agriculture,  n°s  1442  à  U67   inclusivement,  année  1894. 

Paris;  in-8. 
Journal  de  l'Agriculture  pratique  et  d'Economie  rurale  pour  le  midi  de  la 

France,  tome  XG  (août-septembre-octobre),  année  1894.  Tou- 
louse; in-8. 
Journal  de    la   Société   centrale  d'Agriculture  de    la   Haute-Garonne, 

n«  30,  1894.  Toulouse;  in-8. 
Journal  de  la  Société  de  Statistique  de  Paris,  n»^  11  et  12,  année  1894. 

Nancy;  in-8. 
Journal  de  la  Société  d'Horticulture  pratique  du  Rhône,  n°^  10,  11  et 

12;  année  1894.  Lyon;  in-8. 


MOIS  d'octobre,  novembre  et  décembre  1894.  37 

Journal  de  la  Société  régionale  d'Horticulturii  du  nord  de  la  France, 

n"^  10  et  11,  année  1894.  Lille;  in-8. 
Journal  des  Campagnes    {Le),   Revue   hebdomadaire    des   châteaux, 

fermes,   maisons  de    campagne,  etc.,   n"»  41  à  47,  50  et  51 

année  1804.  Paris;  in-4. 
Journal  des  Roses,  n°^  10  et  11,  année  1894.  Melan  ;  in-8. 
Lhidenia,  Iconograi^hie  des  Orchidées,  9^  vol.,  12'=  livr.  et  10°  vol.,livr. 

1  à  5  (juillet  à  décembre),  année  1894.  Bruxelles;  in-4. 
Lyoji   horticole.   Revue    bi-mensuelle    d'Horticulture,    n°«    13    à   24, 

année  1894.  Lyon;  in-8. 
Maandblad  van  de  Vereeniging  ter  bevordcring  van  Tuin-  en  Landbouw 

(Bulletin  mensuel  de  la  Société  pour  le  perfectionnement  de 

l'Horticulture  et  de  l'Agriculture  dans  le  duché  de  Limbourg, 

nos  io^  11  et  12,  année  1894).)  Maestricht;  in-8. 
Maison  de  Campagne  [La],  Journal  horticole  et  agricole  illustré  des 

châteaux,  villas,  propriétés  rurales,  n°s  13  à  24  inclusivement, 

année    1894.  Bergerac;  in-8. 
Mémoires  de  la  Société  d'Agriculture,  Commerce,  Sciences  et  Arts  du 
département  de    la    Marne,   année    1893.    Chàlons-sur-Marne  ; 
in-8. 
Monat^schrift  d<s  Garleuhauvereins  zu  Darm>t.idt  (Bulletin  mensuel  de 

la  Société    d'Horticulture  de  Darmstailt,  n^^   11  et  12,  année 

1894).  Darmstadt;  in-8. 
Moniteur]  d'HorticuUure  (Le),  n°M3  à  24  inclusivement,  année  1894. 

Paris;  in-8. 
Fomologie  française  (La),    Bulletin   de   la   Société    pomologique    de 

France,  n°^  8  à  12  inclusivement,  année  1894.  Lyon;  in-8. 
Progrès  [Le),  Journal  du  Syndicat  horlicole  de  Seine-et-Oise,  n^^  31 

à  33  inclusivement,  année  1894.  Versailles;  in-2. 
Provence  agricole  {La),  Bulletin  mensuel  de  la  Société  d'Agriculture, 

d'Horticulture  et  d'Acclimatation  du  Var,  h°s  lo  à  18,  année 

1894.  Toulon;  in-8. 
Revue  de  VHorticulture  belge  et  étrangère,  n''^  7  à  12  inclusivement, 

année  1894.  Gand;  in-8. 
Revue  des  Eaux  et  Forêts,  n°s   20  à  24   inclusivement,  année  1894. 

Poitiers;  in-8. 
Revue  des  Sciences  naturelles  appliquées,  n°*   14  à  24  inclusivement 

année  1894.  Paris;  in-8. 
Revue  horticole  des  Boaches-du-Rhône,  Journal  des  Travaux  de  la  So- 
ciété d'Horticulture  et  de  Botanique  de  Marseille,  n°«  482,  483 

et  484,  année  1894.  Marseille;  in-8. 
Revue  horticole,  Journal  d'Horticulture  pratique,  n»»  8  à  24  inclu- 
sivement, année  1894.  Paris;  in-8. 
Rivista  agricola  romana  (Revue   agricole    romaine,    publication  du 


38  BULLETIN   BIBLIOGRAPHIQUE. 

Comice  agricole  de  Rome,  dirigée  par  M.  Aug.  Pocor,  11°^  18  et 

19,  année  1894).  Rome;  in-8. 
Royal  Garde,, s,   Keii\  Bulletin  of  miscellaneous  Information    (Jardins 

royaux  de  Kew.  Bulletin  d'informations  variées,  n°*  91  à  95. 

Londres  ;  in-8. 
Sempervirejis,  GeiUustreerd  Weekblad  voor  den  Tidnbouw  in  ISederland 

(Sempervirens,  Bulletin  hebdomadaire  illustré  pour  l'Horti- 
culture aux  Pays-Bas,  n°s  27  à  52  inclusivement,  année  1894). 

Amsterdam;  gr.  in-8. 
Société  horticole  Dauphinoise,  octobre,  novembre  et  décembre  1894. 

Grenoble;  in-8. 
Sud-Eiit  (Le),  Balletin  du  Conseil  départemental  d'Agriculture  et  des 

Associations  agricoles  de  l'Isère,  n"**  181,  182  et  183,  année 

1894.  Grenoble;  in-8. 
Syndicat  horticole  [Le],  Organe  du  Syndicat  de  Saint-Fiacre,  n^^  34 

et  36,  année  1894.  Paris;  in-8. 
TheGarden  (Le  Jardin,  Journal  hebdomadaire  illustré  d'Horticulture 

et  d'Arboriculture,  'n"'  1181  à  1206,  juillet  à  décembre  1894). 

Londres;  in-4. 
The  Gardeners'  Chronicle  (La   Chronique   des   jardiniers,  fondée   en 

1841,  n"^  393  à  418,  juillet  à  décembre  1894).  Londres;  in-4. 
Viestnik  irnperatorskago  rossiiskago  ohchtchestva  Sadovodstva  (Messager 

[Bulletin]  de  la  Société  impériale  russe  d'Horticulture,  n°  0, 

année  1894).  Saint-Pétersbourg;  in-8. 
Wiener   illustrirte    Garten-Zeitung    (Gazette    horticole    illustrée    de 

Vienne,  n°*  7  à  12,  année   1894).  Vienne;  in-8. 
leitschrift  des  Landwirthschaftlichen  Vereins  in  Bayern  (Bulletin  de  la 

Société  d'Agriculture  de  Bavière,  cahiers  de  septembre,  oc- 
tobre et  novembre  1894).  Munich;  in-8. 


NOTICE    BIOGRAPHIQUE  39 

-NOTICE     BIOGRAPHIQUE 

SUR   PIERRE   DUCHARTRE 

MEMBRE   DE   i/aCADÉMIE    DES    SCIENCES,    SECRÉTAIRE-RF.DACTEL'R    DE  LA    SOCIÉTÉ 

par  M.  H.  L.  de  Vilmorin. 

Ce  sera  toujours  pour  notre  compagnie  un  honneur  et  un 
titre  de  gloire  que  de  s'être  assuré  la  collaboration  constante 
et  assidue  d'un  savant  tel  que  M.  Duchartre,  et  ce  sera  pour 
le  plus  grand  nombre  d'entre  nous  un  cher  et  précieux  souve- 
nir que  de  l'avoir  connu  et  d'avoir  pu  profiter  de  ses  leçons. 

Le  récit  de  ses  premières  années,  de  ses  études  si  rapides  et 
si  brillantes,  de  ses  débuts  si  rudes  et  si  féconds  dans  la  science, 
ont  été  dits  bien  des  fois  déjà;  j'y  reviendrai  cependant  briève- 
ment, pour  montrer  en  lui  la  formation  précoce  du  savant 
consciencieux,  à  l'esprit  net  et  précis,  et  pour  faire  voir  par 
quels  exercices  et  quelles  recherches,  il  avait  accumulé  un  tel 
trésor  de  connaissances  et  d'idées  générales,  que  peu  de  temps 
après  avoir  accepté  dans  notre  Sociélé  les  fonctions  de  Secré- 
taire-rédacteur, il  devenait,  dans  l'espace  de  quelques  mois, 
membre  de  l'Académie  des  Sciences,  et  professeur  de  Botanique 
à  la  Sorbonne. 

C'est  à  Portiragnes  dans  l'arrondissement  de  Béziers  (Hérault) 
que  Pierre  Duchartre  naquit,  le  27  octobre  1811.  Son  père, 
avocat,  était  chargé  d'une  famille  nombreuse;  sa  mère,  Mar- 
guerite Gay,  était  une  femme  courageuse  et  énergique,  qui 
survécut  longuement  à  son  mari  et  à  la  plupart  de  ses  enfants, 
et  que  son  fils  entoura  jusqu'à  son  dernier  jour  de  la  plus  tendre 
vénération.  Elle  dut,  dès  le  plus  jeune  âge,  former  son  enfant  à 
des  habitudes  de  travail  sérieux  et  opiniâtre,  car  nous  voyons  le 
jeune  Duchartre,  prêt  pour  les  épreuves  du  baccalauréat  dès 
l'année  1827,  alors  que  n'ayant  pas  seize  ans  révolus,  il  n'était 
pas  encore  en  droit  de  se  présenter  aux  examens. 

Pour  utiliser  ses  loisirs,  il  suivit  les  cours  de  sciences  de 
l'Université  de  Toulouse,  ville  où  sa  famille  s'était  établie, 
lorsqu'il  avait  environ  douze  ans.  L'ambition  de  remporter  un 


40  NOTICE   BIOGRAPHIQUE 

prix  de  botanique  lui  vint,  en  assistant  à  une  distribution  solen- 
nelle au  Gapitole.  Il  y  réussit,  et  comme  le  dit  justement 
M.  le  D""  Bornet,  «  il  gagna  du  même  coup,  et  pour  toujours, 
le  goût  de  la  botanique  ».  Les  conseils  et  les  encouragements 
de  Moquin-Taudon,  qu'il  connut  à  cette  époque,  furent  sans 
doute  aussi  pour  quelque  chose  dans  le  choix  d'une  direction 
d'études,  où  le  jeune  Duchartre  devait  trouver  le  succès  et  la 
gloire.  En  compagnie,  je  n'oserais  dire  sous  la  direction  de  Picot 
de  Lapeyrouse,  fils  de  l'auteur  de  la  Flore  de  Pyrénées,  il  se 
livra  à  l'étude  des  plantes  dans  la  campagne,  et  sur  les  plantes 
des  montagnes,  aussi  bien  que  dans  les  herbiers  et  dans  les 
livres.  Ses  premières  publications  dénotent  déjà  les  qualités 
d'esprit  et  de  méthode,  qui  caractérisent  toute  sa  carrière,  et 
en  particulier  ses  travaux  publiés  dans  notre  journal  :  la  con- 
naissance approfondie  et  lumineuse  de  son  sujet,  la  clarté  et  la 
simplicité  de  l'exposition,  et  la  précision  parfaite  des  conclu- 
sions. De  cette  époque  qui  marque  son  début  dans  la  carrière 
botanique,  date  la  publication  de  fascicules  de  plantes  des 
Pyrénées  accompagnées  de  noies,  et  celles  d'observations  sur 
les  Saxifraga  stellar'is  et  Clusii. 

Les  difficultés  de  l'existence  matérielle  se  joignent  pour  lui, 
en  ce  temps-là,  aux  préoccupations  de  son  avancement  scienti- 
fique, et  il  se  résigne,  pour  acccroître  ses  ressources,  à  accepter 
un  emploi  de  professeur  dans  une  institution  située  en  pleine 
campagne  à  Monsempron,  près  de  Libos  (H^-ute-Garonne).  Là, 
grâce  à  son  activité  et  à  son  énergie,  le  temps  ne  lui  manque  pas 
pour  poursuivre  ses  études,  et  sa  préparation  aux  grades  uni- 
versitaires; mais  ce  qui  l'afflige  c'est  la  pénurie  complète  de 
ressources  en  livres  et  en  instruments  de  recherche,  pénurie 
telle  qu'il  regrette  cruellement  la  bibliothèque  de  Toulouse, 
bien  pauvre  cependant  à  l'époque  où  il  en  faisait  usage. 

Mais  un  esprit  et  une  volonté  de  la  trempe  des  siens  ne  se 
rebutent  pas  par  les  difficultés;  ils  y  trouvent  au  contraire  un 
ressort  nouveau  et  passent  par-dessus  les  obstacles,  qui  auraient 
arrêté  des  hommes  moins  énergiques.  Non  seulement  le  jeune 
professeur  travaille  seul  et  passe  sa  licence  es  sciences  natu- 
relles (1839),  mais  il  commence  même  sa  carrière  de  naturaliste 


PIERRE    DUCHARTRE 


42  iNOTICE    BIOGRAPHIQUE 

en  préparant  et  en  passant  à  Toulouse,  en  1841,  ses  examens  de 
doctorat,  pour  lesquels,  suivant  l'usage  local,  il  présente  deux 
thèses,  l'une  de  botanique  sur  le  développement,  soit  relatif, 
soit  absolu  des  organes  floraux,  l'autre  de  zoologie  sur  le  Tro- 
chus  Tessonii,  mollusque  curieux  des  côtes  de  la  Méditerranée. 
Cherchant  dans  la  nature  même  les  sujets  d'étude  qui  lui  man- 
quent par  ailleurs,  il  commence  seul,  sans  maître  et  presque 
sans  livres  ni  instruments,  ses  recherches  sur  l'organogénie  des 
parties  florales  des  plantes,  et  son  étude  sur  la  Clandestine,  qui 
doit  devenir  le  sujet  de  son  premier  grand  mémoire  scientifique. 

Non  seulement  ce  travail  a  marqué  la  place  de  son  auteur 
parmi  les  botanistes  d'avenir,  mais  il  a  eu  l'avantage  de  le 
mettre  en  relations  personnelles  avec  les  maîtres  de  la  science 
dont  l'amitié  et  les  conseils  devaient  lui  faciliter  peu  après  ses 
débuts,  sur  une  scène  plus  vaste  et  plus  digne  de  lui,  que  Mon- 
sempron,  je  veux  dire  Paris. 

Ce  fut  en  \  843  qu'il  y  vint,  déjà  licencié  et  docteur  es  sciences, 
prêt  à  subir  les  épreuves  de  l'agrégation.  Mais  la  conquête  d'une 
situation  permanente  et  tant  soit  peu  lucrative  lui  fut  autre- 
ment difficile  que  celle  des  grades  universitaires.  Un  emploi  de 
professeur  dans  quelque  lycée  de  province  était  l'unique  ambi- 
tion du  nouveau  docteur,  mais  il  ne  lui  fut  pas  offert,  et  il  dut 
demander  à  sa  plume  les  ressources  nécessaires  pour  vivre  et 
continuer  ses  recherches  scientifiques.  C'est  alors  que  l'amitié 
de  J.  Decaisne  et  ses  relations  avec  Ad.  Brongniart  lui  furent 
précieuses  :  grâce  à  eux,  il  fut  admis  comme  collaborateur  dans 
quelques  bureaux  de  rédaction,  fournit  des  articles  à  VEcho  du 
Monde  savant^  au  Dictionnaire  d'Histoire  naturelle,  de  d'Orbi- 
gny,  à  V Encyclopédie  du  XIX^  Siècle. 

Pour  traiter  une  si  grande  variété  de  sujets,  dont  beaucoup 
étaient  nouveaux  pour  lui,  il  trouvait  des  éléments  bien  utiles 
dans  la  Bibliothèque  Delessert,  fondation  privée  de  Benj.  Deles- 
sert,  libéralement  ouverte  à  tous  les  botanistes  et  centre  pré- 
cieux de  relations  pour  ceux  qui  directement  ou  indirectement 
s'occupaient  de  l'étude  des  plantes.  Par  sa  bonne  installation,  ses 
richesses  en  ouvrages  de  toute  sorte  et  de  tous  les  pays,  par  les 
rencontres  auxquelles  elle  donnait  lieu  entre  botanistes  jusque- 


SUR    PIERRE    DUGHARTRE.  ià 

là  étrangers  les  uns  aux  autres,  la  bibliothèque  Delesserta  joué 
un  rôle  des  plus  importants  pendant  tout  le  milieu  de  ce  siècle 
et  a  répondu  largement  aux  intentions  généreuses  de  son  fonda- 
teur. 

M.  Duchartre  y  a  passé  pendant  de  longues  années  de  quatre 
à  cinq  heures  par  jour,  et  l'on  conçoit  qu'avec  sa  puissance  de 
travail,  sa  facilité  d'assimilation,  sa  connaissance  des  langues 
étrangères  qui  lui  permettait  de  faire  usage,  sans  avoir  à  les  tra- 
duire, des  ouvrages  anglais  et  allemands,  espagnols  et  italiens, 
il  ait  amassé  une  érudition  aussi  étendue  que  variée,  dont  son 
excellente  mémoire  lui  permettait  de  faire  toujours  usage  à 
point  nommé. 

Dès  1845,  par  Tinfluence  de  J.  Decaisne,  il  fut  choisi  pour  le 
poste  de  directeur-rédacteur  de  la  Bévue,  de  Botanique,  organe 
fondé  par  Benjamin  Delessert,  et  il  trouva  là  un  nouveau  débou- 
ché pour  la  publication  de  ses  travaux  en  même  temps  qu'un 
motif  nouveau  d'étendre  ses  recherches  et  ses  études.  La  mort 
du  fondateur  devait  malheureusement  limiter  à  deux  ans  la 
carrière  de  la  Bévue.  De  cette  époque  datent  d'importants  tra- 
vaux sur  l'organisation  des  fleurs  dans  différentes  familles,  fai- 
sant suite  aux  premières  recherches  commencées  avant  sa  venue 
à  Paris. 

C'est  encore  vers  le  même  temps  qu'il  se  présenta  au  con- 
cours pour  l'agrégation  ;  il  obtint,  en  1848,  après  des  épreuves 
des  plus  brillantes,  le  titre  très  honorable,  mais  dépourvu  de 
tous  émoluments,  d'agrégé  des  Facultés  des  Sciences. 

Bientôt,  heureusement,  allait  se  produire  un  événement  qui 
marque  une  date  importante  de  sa  carrière,  sa  nomination 
après  un  nouveau  et  brillant  concours,  aux  fonctions  de  profes- 
seur de  botanique  à  Tlnstitut  agronomique  de  Versailles. 

C'avait  été  une  des  heureuses  inspirations  du  Gouvernement 
de  la  seconde  République  que  de  créer  sur  la  proposition  de 
Tourret  (de  l'Allier)  un  établissement  d'instruction  supérieure 
au  profit  de  ceux  qui  se  destinaient  à  la  pratique  ou  à  l'ensei- 
gnement de  l'agriculture. 

Largement  et  même  luxueusement  installé  à  Versailles,  comp- 
tant des  professeurs  tels  que  Becquerel,  Baudement,  Léonce  de 


44  NOTICE   BIOGRAPniQUE 

Lavergne,  Wiirtz,  Boitel,  Duchartre,  il  a  brillé  pendant  sa  courte 
carrière  du  plus  vif  éclat. 

Le  cours  dont  M.  Duchartre  était  chargé  comprenait,  outre 
l'étude  des  végétaux  utiles  et  nuisibles,  des  notions  sur  les 
maladies  dont  ils  peuvent  être  affectés  :  c'était  là  une  branche 
d'étude  assez  nouvelle,  et  toute  la  partie  de  son  enseignement 
traitant  ce  sujet,  nécessita  des  recherches  très  étendues  et  très 
spéciales.  On  doit  se  souvenir,  en  effet,  que  la  Pathologie  végé- 
tale, devenue  aujourd'hui  une  science  à  elle  seule  entre  les 
mains  des  Prillieux,  des  Hartig,  des  Sorauer,  des  Berkeley,  était 
alors  seulement  dans  l'enfance.  Tout  était  à  faire  pour  la  prépa- 
ration d'un  cours  sur  des  questions  encore  si  peu  étudiées.  Or, 
justement,  l'apparition  de  maladies  nouvelles,  importées  des 
pays  lointains  par  suite  de  l'accélération  des  moyens  de  trans- 
port préoccupait  alors  le  vieux  monde.  Il  y  avait  trois  ans  que 
la  maladie  de  la  pomme  de  terre  avait  fait  son  apparition, 
réduisant  parfois  à  rien  une  production  dont  quelques  parties 
de  l'Europe  avaient  fait  la  base  de  leur  alimentation,  et  tout 
récemment  VOidium  Tucker'i  avait  commencé  d'envahir  les  vi- 
gnobles, menaçant  plus  ou  moins  gravement  les  vendanges  du 
continent  européen  et  réduisant  le  fameux  vin  de  Madère  à 
n'être  plus  qu'une  simple  dénomination  commerciale.  C'est  un 
des  plus  hauts  titres  de  M.  Duchartre  à  la  reconnaissance  de 
l'Horticulture  française  et  européenne,  que  d'avoir  conduit  et 
publié  les  expériences  qui  ont  démontré  d'une  façon  irréfutable 
l'action  curative  du  souffre  contre  l'oïdium. 

Il  avait  comme  chef  de  culture  au  potager  de  Versailles  qui 
servait  de  jardin  expérimental  à  l'Institut  agronomique,  M,  A. 
Hardy  avec  qui  il  devait,  pendant  de  longues  années,  se  trouver 
plus  tard  en  collaboration  et  en  communauté  de  dévouement  au 
service  de  notre  Société,  laquelle  n'existait  pas  encore  à  cette 
époque  sous  sa  forme  actuelle. 

Un  autre  champ  d'essais  restait  à  organiser  pour  l'étude  des 
plantes  de  la  grande  culture.  Mon  père  fut  assez  heureux  pour 
pouvoir  l'y  aider  par  ses  conseils  et  ses  dons  de  graines  et  de 
plantes;  des  collections  importantes  y  furent  bientôt  réunies 
mais  pour  disparaître  presque  aussitôt. 


SUR    PIERRE    DUCHARTRE.  45 

En  effet,  les  jours  de  l'Institut  Agronomique  de  Versailles 
étaient  comptés.  Dès  1852,  par  une  mesure  d'économie  peu 
réfléchie  et  non  justifiée,  rétablissement  était  brusquement 
supprimé.  Les  professeurs  ne  reçurent  pas  plus  d'avertissement 
du  décret  qui  allait  les  frapper  que  de  compensation  lorsqu'ils 
se  virent  du  jour  au  lendemain  privés  de  leur  emploi.  De  non- 
veau  M.  Ducharlre  se  trouva  sans  place  et  à  la  recherche  de 
travaux  à  faire.  Mais  les  circonstances  n'étaient  déjà  plus  les 
mêmes,  sa  répulation  avait  grandi,  et  les  corps  savants  comme 
les  ministres  avaient  déjà  les  yeux  sur  lui. 

Son  premier  grand  travail  après  la  cessation  de  ses  fonctions 
de  professeur  à  Versailles  fut  l'achèvement  du  Manuel  des 
Planles,  dont  la  publication  avait  été  commencée  par  MM.  Jac- 
ques et  Hérincq.  Le  quatrième  volume  de  l'ouvrage  est  à  peu 
près  en  entier  dû  à  la  plume  de  M.  Duchartre,  quelques  articles 
seulement  ayant  été  rédigés  par  M.  Carrière  ou  M.  Naudin.  Cette 
quatrième  partie  qui  forme  largement  un  tiers  de  l'ouvrage 
entier,  renferme  les  familles  de  plantes  dont  M.  Duchartre  s'est 
particulièrement  occupé,  les  Aristolochiées,  les  Orchidées^  les 
Iridées  et  les  Liliacées. 

Déjà  la  réputation  du  professeur  était  assez  bien  établie  pour 
qu'en  1853  il  fut  appelé  à  suppléer  Adrien  de  Jussieu  dans  la 
chaire  de  botanique  de  la  Sorbonne.  11  y  fit  donc  ses  débuts 
longtemps  avant  de  devenir  à  son  tour  professeur  en  titre. 

C'est  à  cette  époque  de  sa  vie  que  se  place  une  série  d'expé- 
riences et  de  recherches  très  ingénieuses  et  très  patientes  sur 
les  rapports  des  plantes  avec  l'humidité  atmosphérique,  ten- 
dant principalement  à  déterminer  l'importance  et  les  procédés 
de  l'absorption  de  l'eau  condensée  sur  les  tissus  exposés  à 
l'air  et  sur  l'évaporation  par  les  diverses  surfaces  des  végé- 
taux. 

Il  seiait  trop  long  d'entrer  dans  le  détail  des  observations 
faites  pendant  des  semaines  et  des  mois  de  suite,  au  moyen 
d'appareils  tout  à  fait  inédits  et  construits  par  M.  Duchartre 
lui-même  suivant  les  besoins  de  ses  expériences;  non  seulement 
en  effet  il  était  un  dessinateur  remarquable,  mais  il  savait  se 
livrer  aussi  avec  un  goût  très  vif  et  une  grande  habileté  aux 


46  NOTICE    BIOGRAPHIQUE 

travaux    manuels   les  plus  divers,    se    faisant  suivant    les   cass 
menuisier  et  serrurier,  peintre  ou  relieur. 

La  conclusion  de  ces  longues  et  délicates  recherches  c'est  que 
les  parties  aériennes  des  plantes  n'absorbent  pas  dans  une  pro- 
portion appréciable  la  pluie  ni  la  rosée  qui  se  déposent  à  leur 
surface,  qu'au  contraire  les  stomates  sont  des  organes  servant 
plutôt  à  l'émission  de  l'eau,  soit  à  Tétat  liquile  comme  dans  la 
Colocase,  soit  plus  généralement  à  l'état  de  vapeur. 

Vers  le  même  temps,  la  fondation  de  la  Société  Botanique  de 
France,  à  laquelle  il  prit  une  part  active  avec  Antoine  Passy, 
Decaisne  etBrongniart,  donnait  à  M.  Duchartre  de  nouvelles  occa- 
sions de  faire  apprécier  la  variété,  la  solidité  et  l'étendue  de  ses 
connaissances.  Nommé  secrétaire  conjointement  avec  W.  de 
Schoenefeld,  il  fut,  dès  le  premier  jour,  l'un  des  collaborateurs 
les  plus  assidus  et  les  plus  féconds  du  Bulletin  de  la  nouvelle 
Société,  mais  il  ne  réservait  pas  tous  ses  travaux  à  cet  organe  et 
en  donnait  une  part  au  journal  de  notre  Société,  car  dès  avant 
l'époque  où  il  accepta  chez  nous  les  fonctions  de  secrétaire- 
rédacteur,  il  y  avait  publié  déjà  une  dizaine  de  communications 
dont  plusieurs  fort  importantes  et  d'un  haut  intérêt,  entre  autres 
le  compte  rendu  de  ses  expériences  sur  l'absorption  de  l'eau  par 
les  feuilles,  sur  l'influence  de  l'humidité  sur  la  direction  des 
racines,  sur  l'Igname  Batate  récemment  importée  en  Europe, 
enfin  sur  diverses  questions  de  physiologie  et  de  classification. 

Le  moment  approchait  où  par  une  heureuse  destinée  la  science 
et  le  talent  de  M.  Duchartre  allaient  être  enrôlés  pour  le  reste  de 
sa  vie  au  service  du  progrès  horticole  par  l'établissement  de 
liens  intimes  entre  lui  et  la  Société  Impériale  et  Centrale  d'Hor- 
ticulture de  France  fondée  en  1855. 

De  même  que  souvent  les  grands  fleuves  ne  sortent  pas  d'une 
source  uniquj  mais  se  forment  de  la  réunion  de  plusieurs  cours 
d'eau,  de  même  la  Société  à  laquelle  nous  appartenons  s'est 
constituée  par  l'union  de  deux  associations  distinctes  qui,  à 
partir  du  1^'  janvier  1855,  n'en  ont  plus  formé  qu'une  seule, 
laquelle  s'est  appelée  d'abord  Société  Impériale,  puis  Nationale 
d'Horticulture. 

L'une  d'elles,  fondée  en  1827  par  Héricart  de  Thury,  était  une 


I 


SUR    PIERRE    DUCBARTRE.  47 

émanation  de  la  Société  Centrale  d'Agriculture,  une  société  de 
caractère  scientifique,  fort  active  et  publiant  régulièrement  un 
bulletin  riche  de  faits  et  de  travaux  intéressants.  A  côté  d'elle 
existait  une  société  plus  jeune,  fondée  par  le  D' Andry,  sous  le 
nom  de  Cercle  Horticole  de  la  Seine  changé  bientôt  en  celui  de 
Sociélé  d'Horticulture  de  la  Seine,  association  nombreuse,  très 
vivante  et  très  remuante,  faisant  appel  par  ses  expositions  aux 
sympathies  du  grand  public.  C'est  de  leur  union, provoquée  par 
le  duc  de  Morny  et  le  maréchal  Vaillant,  que  s'est  formée  la 
Société  actuelle. 

Presque  dès  le  début  de  son  existence  la  nouvelle  association 
fît  appel  au  concours  de  M.  Duchartre  en  le  chargeant  de  faire 
dans  son  journal  une  revue  des  publications  botanico-horticoles 
de  l'étranger.  Messieurs  J.  Decaisne  et  Ad.  Brongniart,  qui 
étaient  au  nombre  des  membres  les  plus  influents  et  les  plus 
actifs  de  la  Société,  attachaient  la  plus  grande  importance  à  sa 
collaboration  et  comptaient  tcut  particulièrement  sur  lui  pour 
donner  à_ l'organe  de  la  Société  de  l'intérêt  et  de  la  valeur  scien- 
tifique. Nous  savons  tous  que  leur  confiance  ne  fut  pas  trompée. 

Le  secrétaire  rédacteur  de  la  Société  était  alors  M.  Rousselon, 
Bientôt  l'état  de  sa  santé  le  mit  hors  d'état  de  remplir  ses  labo- 
rieuses fonctions.  Toujours  prêt  au  travail,  M.  Duchartre  se 
chargea  d'abord  de  le  suppléer,  puis  le  1 1  juin  1857  il  consentit 
à  accepter  le  titre  de  la  fonction  qu'il  remplissait  déjà. 

C'est  là  une  date  mémorable  pour  la  Société  d'Horticulture, 
car  si  elle  ne  marque  pas  absolument  les  débuts  de  la  collabo- 
ration de  M.  Duchartre  à  ses  travaux,  elle  correspond  à  un 
redoublement  d'assiduité  et  de  valeur  dans  cette  collaboration 
qui  devait  se  continuer  plus  de  trente-sept  ans,  sans  interruption 
ni  ralentissement,  et  à  laquelle  la  mort  seule  a  mis  un  terme, 
puisque  deux  jours  à  peine  avant  de  s'éteindre,  notre  éminent 
secrétaire-rédacteur  écrivait  encore  de  sa  main  le  compte  rendu 
de  la  précédente  séance. 

L'idée  qu'il  se  faisait  de  l'organe  de  la  Sociélé  était  fort  élevée 
car,  s'adressant  à  ses  collègues,  il  disait  :  «  Notre  journal 
embrasse  dans  son  vaste  cadre  l'art  horticole  tout  entier:  il  est 
riche  à  la  fois  de  votre  propre  fonds  et  de  celui  de  tous  les  horti- 


48  NOTICE    BIOGRAPHIQUE 

culteiirs  européens.  Il  est  impossible  de  citer  une  publication 
dont  le  plan  soit  aussi  large  et  tracé  avec  une  entente  aussi 
parfaite.  » 

A  quoi  le  savant  secrétaire  perpétuel  de  la  Société  nationale 
d'Agriculture,  M.  Louis  Passy,  ajoute  bien  justement  :  «  Il  est 
impossible  de  citer  une  publication  dont  toutes  les  parties  aient 
été  conduites  avec  une  sûreté  plus  savante.  L'exactitude  des 
descriptions,  des  noms  des  plantes,  des  citations  bibliographi- 
ques, en  un  mot  la  correction  parfaite  du  texte  imprimé,  a  cer- 
tainement rendu  les  plus  grands  services  à  la  science  de  l'Hor- 
ticulture. » 

Ce  n'était  pas  une  mince  besogne  que  celle  dont  se  chargeait 
M.  Duchartre  en  devenant  secrétaire-rédacteur  de  la  Société 
d'Horticulture.  On  peut  s'en  convaincre  en  parcourant  les 
quarante  volumes  qui  composent  la  collection  de  notre  Journal 
et  dont  la  matière  a  été  fournie  pour  un  quart  environ  par  sa 
plume  infatigable.  Les  rapports  annuels  sur  les  travaux  de  la 
Société,  sur  ses  expositions,  ceux  de  la  Commission  des  récom- 
penses ;  la  revue  des  publications  horticoles  et  botaniques  de 
l'étranger,  bientôt  les  comptes  rendus  des  séances  publiques  et 
de  celles  du  Conseil  d'administration,  en  forment  une  part  aussi 
étendue  que  riche  en  renseignements  de  toute  sorte.  Mais  à  côté 
de  ces  contiibutions  périodiques  et  régulières,  M.  Ducharlre  a 
fourni  à  notre  Bulletin,  dans  l'espace  de  ces  quarante  années, 
plus  de  quatre-vingts  mémoires  inédits  ou  notes  plus  ou  moins 
développées  sur  les  sujets  les  plus  variés,  attestant  à  la  fois  sa 
prodigieuse  puissance  de  travail  et  l'activité  incessante  de  son 
esprit. 

Il  serait  impossible,  dans  une  notice  de  développe  ment  res- 
treint comme  doit  être  celle-ci,  non  seulement  d'analyser,  mais 
même  d'énumérer  les  publications  si  diverses  de  M.  Duchartre 
dans  notre  Journal;  je  me  bornerai  à  rappeler  quelques-unes 
des  plus  importantes  en  les  groupant  autant  que  possible  par 
nature  de  sujet. 

Plusieurs  de  ces  articles  se  rapportent  à  la  question  déjà 
mentionnée  plus  haut  des  relations  des  plantes  avec  l'humidité 
de  l'atmosphère;  question  doublement  intéressante  au  point  de 


SUR    PIERRE   DUCHARTRE.  49 

vue  de  la  physiologie  et  à  celui  des  indications  cuiturales  qui 
découlent  de  la  connaissance  précise  de  ces  relations.  Un  des 
plus  importants  de  ses  travaux  sur  ce  sujet,  fut  publié  par  lui 
dès  l'année  1856  sous  le  titre  d'  «  Expériences  sur  la  végétation 
des  plantes  épiphytes  ».  Il  y  est  démontré  par  des  exemples 
absolument  concluants  que  les  plantes  épiphytes  telles  que  cer- 
taines Orchidées  et  Broméliacées  n'absorbent  la  vapeur  d'eau  ni 
par  leurs  feuilles  ni  parleurs  racines  adventives,  quelque  saturé 
d'humidité  que  soit  le  milieu  atmosphérique  dans  lequel  elles 
se  trouvent,  et  que  Teau,  pour  être  absorbée  par  elles,  doit  leur 
être  fournie  à  l'état  liquide,  en  pluie  ou  en  rosée  dans  la  nature, 
par  arrosement  ou  seringage  dans  les  cultures  sous  verre. 

D'autres  points  de  physiologie  végétale  sont  traités  par  lui 
dans  notre  Journal  avec  cette  profondeur  de  science  et  cette 
force  de  bon  sens  qui  rendait  ses  articles  si  remarquables, 
notamment  l'influence  de  la  lumière  sur  l'enroulement  des  tiges 
des  plantes  volubiles  (1)  et  la  mesure  de  la  croissance  des 
plantes  pendant  le  jour  et  pendant  la  nuit  (2). 

Par  de  nombreux  exemples  (3)  choisis  aux  sources  les  plus 
sûres,  il  établit  la  réalité  d'un  fait  curieux,  c'est  l'inoculation 
par  la  greffe  de  la  panachure  des  feuilles  à  un  sujet  à  feuilles 
entièrement  vertes  et  la  réapparition  de  la  panachure  sur  des 
rameaux  nouveaux  après  la  mort  ou  l'enlèvement  du  grefl'on. 

La  question  toujours  posée  et  jamais  définitivement  résolue 
de  l'influence  des  verres  colorés  sur  la  végétation  est  traitée  par 
lui  à  l'occasion  d'une  publication  du  général  américain  Plea- 
sonton  (4).  Il  ne  se  prononce  qu'avec  la  réserve  la  plus  prudente, 
mais  laisse  bien  voir  qu'à  son  jugement  la  coloration  de  la 
lumière  n'agit  que  dans  le  sens  de  l'atténuation  de  la  lumière 
blanche,  autrement  dit  que,  sous  son  influence,  les  plantes  se 
comportent  comme  sous  celle  d'une  lumière  aff'aiblie. 

Une  expérience  fort  intéressante  relatée  dans  le  volume  de 


(1)  Journal  de  la  Société  d'Hort.,  1865,  p.  723. 

(2)  Ibid.,  1866,  p.  2!'I2. 

(3)  Ibid.,  1870,  p.  117. 

(4)  Ibid.,  1871,  p.  515. 


50  NOTICE   BIOGRAPHIQUE 

4865  (1),  a  trait  au  développement  individuel  des  bourgeons  de 
la  Vigne.  Elle  a  été  exécutée  au  jardin  du  Luxembourg  avec  le 
concours  de  M.  Auguste  Rivière.  Plusieurs  pieds  de  Yigne  ont 
été  plantés  les  uns  à  l'extérieur,  les  autres  à  l'intérieur  d'une 
serre  fortement  chauffée.  Par  des  ouvertures  pratiquées  dans  le 
vitrage,  des  sarments  ont  été  conduits  à  l'extérieur,  quand  les 
pieds  étaient  plantés  dans  la  serre  et  réciproquement.  Quelque- 
fois les  sarments  ont  été  disposés  de  telle  sorte  que  la  base  et 
l'extrémité  se  trouvaient  d'un  même  côté  du  vitrage,  tandis 
que  la  partie  intermédiaire  était  de  l'autre  côté.  Dans  tous  les 
cas  l'évolution  des  bourgeons  a  suivi  rigoureusement  les  condi- 
tions de  température  du  milieu  où  chacun  se  trouvait  placé,  ceux 
des  parties  situées  dans  la  serre  se  développant  en  plein  hiver, 
pendant  que  ceux  de  l'extérieur  restaient  encore  plongés  pen- 
dant trois  mois  dans  le  repos  le  plus  absolu,  et  la  différence  se 
manifestant  dans  toute  son  étendue  même  entre  deux  bourgeons 
immédiatement  consécutifs  lorsqu'une  extrémité  d'un  entre-nœud 
se  trouvait  à  l'intérieur  et  l'autre  en  plein  air.  On  voyait  de  la 
sorte  des  rameaux  dont  la  base  et  le  sommet  étaient  garnis  de 
pousses  vertes  et  feuillées,  tandis  que  la  partie  intermédiaire  ne 
donnait  aucun  signe  de  végétation. 

L'éternelle  et  irritante  question  du  vieillissement  des  variétés 
d'arbres  fruitiers  lui  inspire,  en  réponse  à  une  réclamation  de 
M.  de  Bouteville,  un  de  ses  plus  éloquents  articles  (2)  :  «  Dès 
rinstant  où  une  partie  isolée  d'une  plante...  s'est  enracinée  de 
manière  à  pouvoir  vivre  pour  son  propre  compte,  grâce  à  ses 
rapports  avec  le  sol  et  l'atmosphère,  elle  doit  être  regardée 
comme  une  plante  bien  distincte  de  la  première...  En  d'autres 
termes,  elle  forme  un  nouvel  individu  physiologique  qui  végé- 
tera vigoureusement  s'il  est  dans  de  bonne  conditions,  faiblement 
si  le  contraire  a  heu,  et  je  ne  puis  admettre  que,  même  dans 
les  meilleures  conditions  pour  végéter,  cet  individu  soit  con- 
damné à  languir  et  dépérir,  par  cela  seul  que  l'arbre-mère, 
qui  est  la  souche  de  tous  les  arbres  provenant  de  lui  par  divi- 
sion, sera  parvenu  au  terme  de  son  existence.  )> 

(1)  Journal  de  la  Société  ifHorL,  1865,  p.  287. 

(2)  Ibid.,  1869,  p.  67. 


SUR    PIERRE    DUCHARTRE.  51 

Une  étude  sur  les  plantes  dites  carnivores  publiée  en  1890  (1) 
prouve  qu'à  cette  date,  âgé  de  quatre-vingts  ans,  il  n'avait  rien 
perdu  de  sa  force  de  raisonnement  ni  de  sa  verve  de  composi- 
tion. En  des  termes  d'une  précision  et  d'une  vigueur  remarqua- 
bles, il  établit  que  le  liquide  sécrété  par  ces  plantes,  notamment 
par  les  Nepenthes  et  les  Sarraceyiia,  n'est  aucunement  digestif  et 
que  si  les  insectes  et  petits  animaux  qui  y  tombent  subissent  une 
décomposition,  c'est  sous  l'action  des  microorganismes  flottant 
dans  l'atmosphère  et  qui  y  ont  pénétré  de  leur  côté.  S'appuyant 
sur  les  admirables  études  de  M.  Pasteur,  il  établit  que  le  liquide 
renfermé  dans  les  réceptacles  de  ces  plantes  est,  aussi  longtemps 
qu'il  demeure  isolé  de  l'atmosphère,  complètement  dépourvu 
d'action  sur  les  corps  organisés. 

Le  genre  Lis  a  été,  de  sa  part,  surtout  dans  le  dernier  tiers  de 
sa  vie,  l'objet  d'études  suivies  et  minutieuses.  Il  a  donné  lieu  à 
une  publication  des  plus  importantes  s'étendant  sur  deux  années 
du  journal  (2)  et  constituant  une  véritable  monographie  horti- 
cole du  genre  Lis  dépourvue,  il  est  vrai,  de  descriptions  en  latin, 
mais  remplie,  par  contre,  de  détails  historiques,  critiques  et  cul- 
turaux  du  plus  haut  intérêt.  C'est  un  travail  capital  qui  suffirail 
à  lui  seul  à  donnera  notre  Journal  une  valeur  de  premier  ordre 
pour  les  bibliothèques  scientifiques. 

Ailleurs  (3)  il  raconte  les  tribulations  et  la  perte  presque  entière 
de  sa  chère  collection  de  Lis  par  le  feu  des  batteries  d'artillerie 
pendant  le  siège  de  Paris.  Des  dons  généreux  réparent  ses  pertes, 
mais  par  une  nouvelle  épreuve,  une  caisse  de  bulbes  de  Lis  est 
égarée  durant  un  mois  dans  une  gare  de  Paris,  sans  protection 
et  par  un  froid  de  40  degrés  au-dessous  de  zéro.  Aucun  des 
oignons  ne  périt  et  il  en  prend  occasion  de  constater  et  d'expli- 
quer la  résistance  au  froid  des  bulbes  des  différentes  espèces.  La 
germination  et  la  formation  première  des  bulbes  de  Lis  lui  fournit 
encore  (4)  la  matière  d'un  article  des  plus  intéressants  et  des 
plus    originaux ,    ainsi    que    la   description    de    formes    nou- 

(1)  Journal  de  la  Société  d'Hort.,  1890,  p.  582. 

(2)  Ibid.,  1870,  p.  212,  274,  34i,  472,  542;  1871,  p.  89,  87,  265,  318. 

(3)  Ihid.,  1872,  p.  107. 

(4)  Ibid.,  1874,  p.  554. 


52  NOTICE    BIOGRAPHIQUE 

velles  (1)  et  l'organisation  des  fleurs  doubles  du  Lilium  tigrinum 
flore  pleno  (2). 

Le  genre  Bégonia,  si  nouveau  dans  les  jardins  et  déjà  si  riche 
en  formes  artificielles  obtenues  par  la  culture  et  l'hybridation, 
lui  fournit  la  matière  de  plusieurs  articles.  Tantôt  (3)  il  décrit 
une  espèce  nouvelle  (le  B.  socolrana)  et  les  formes  horticoles 
qui  en  sont  issues,  tantôt  (4),  reprenant  sa  loupe  et  son  scalpel, 
il  dissèque  les  fleurs  doubles,  monstrueuses  ou  prolifères  de 
diverses  variétés  cultivées  et  énumère  les  nombreuses  et  bizarres 
déviations  du  type  normal  que  ces  fleurs  présentent  à  l'observa- 
teur. Il  voit  les  fleurs  simples  à  l'état  naturel  et  unisexuées 
devenir  doubles  par  multiplication  quelquefois,  toujours  par 
pétalisation  des  organes  reproducteurs.  Il  constate,  chose  tout 
à  fait  étrange,  le  passage  plus  ou  moins  complet  de  ces  fleurs  au 
type  hermaphrodite  et,  autre  bizarrerie  de  la  nature,  observe 
un  Bégonia  cultivé  dans  lequel  les  inflorescences  se  produisent 
non  seulement  aux  aisselles  des  feuilles,  mais  à  la  base  du 
limbe  et  même  sur  les  nervures  principales  comme  dans  les 
jRuscus  (5). 

La  raaùlle  des  Orchidées  a  tenu  presque  autant  de  place  que 
celle  des  Lis  dans  ses  recherches  morphologiques.  Notre  Journal 
est  plein  de  descriptions  d'espèces,  de  discussions  critiques  sur 
des  formes  douteuses,  d'études  anatomiques  sur  des  anomalies 
de  végétation  et  de  floraison  que  je  suis  forcé  de  mentionner 
seulement  au  passage  de  peur  d'allonger  indûment  cette  notice. 
Elles  méritent  d'autant  plus  d'être  consultées  (6)  et  relues  que 
la  faveur  des  amateurs  et  du  public  s'attache  de  plus  en  plus  à 
ces  belles  plantes  si  étranges,  si  élégantes  et  si  infiniment  variées 
de  formes  et  de  couleurs. 

Je  ne  puis  non  plus  passer  sous  silence  les  observations  (7) 

(t)  Journal  de  la  Société  d'Hort.,  1873,  p.  326  et  o3G. 
(2)  Ibid.,  '1877,  p.  643. 


(3)  Ibld.,   1885,  p.  08. 

(4)  Ibid.,   1880,  p.  434;  1887,  p.  804;  1888,  p.  392. 

(5)  Ibid,,   1886,  p.  153. 

(6)  Ibid.,  1859,  p.  97;  1860,  p.  369;  1862,  p.  49  et  609. 

(7)  Ibid.,  1879,  p.  568;  1880,  p.  492. 


SUR   PIERRE    DUCHARTRE.  53 

qu'il  a  faites,  en  pliysiologiste  et  en  Parisien,  sur  la  feuillaison 
de  plusieurs  Marronniers,  rivaux  de  celui  du  20  mars.  De  ces 
remarques  poursuivies  avec  exactitude  pendant  plusieurs  années 
résulte  cette  double  conclusion  :  1*^  que  l'époque  où  le  feuillage 
se  développe  n'a  pas  de  liaison  constante  avec  celle  où  l'arbre 
le  perd  ;  2°  que  la  rigueur  plus  ou  moins  grande  de  l'hiver 
n'exerce  pas  d'influence  sur  la  précocité  de  la  feuillaison  au 
printemps. 

Vingt  autres  articles  devraient  être  signalés  ;  je  me  fais  vio- 
lence pour  limiter  ici  mes  citations  et  mes  extraits. 

Mais  en  rappelant  les  publications  de  M.  Duchartre  dans  le 
Journal  de  notre  Société,  j'ai  longuement  anticipé  sur  l'ordre 
des  temps;  je  reviens  donc  en  arrière  pour  rappeler  maintenant 
la  période  la  plus  brillante  et  la  plus  glorieuse  de  sa  carrière. 

Jusqu'à  l'époque  de  son  entrée  dans  notre  Compagnie,  ses  tra- 
vaux et  ses  écrits  lui  avaient  valu  l'estime  et  l'admiration  des 
savants,  mais  à  part  son  temps  de  professorat  à  l'Institut  agro- 
nomique de  Versailles,  ne  lui  avaient  apporté  ni  grand  bien-être 
matériel  ni  procuré  de  fonctions  honorifiques.  Bientôt  après,  au 
contraire,  la  destinée  jusque-là  plutôt  sévère  à  son  égard,  semble 
se  laisser  désarmer  par  son  courage,  son  ardeur  au  travail  et 
son  extrême  modestie. 

L'année  1861  lui  apporte  coup  sur  coup  les  succès  et  les  hon- 
neurs qui  étaient  le  mieux  faits  pour  contenter  ses  désirs. 

Le  10  janvier,  il  était  nommé  membre  de  la  Société  centrale 
d'Agriculture,  en  remplacement  de  mon  père,  M.  Louis  Lévêque 
de  Vilmorin.  Le  21  janvier,  il  était  élu  membre  de  l'Académie 
des  sciences;  et  deux  mois  après,  il  était  nommé  professeur  de 
botanique  à  la  Sorbonne,  en  remplacement  de  Payer  à  qui  il 
avait  également  succédé  à  l'Institut. 

C'est  comme  professeur  de  Faculté  que  M.  Duchartre  put 
pleinement  donner  sa  mesure.  Pendant  vingt-six  ans  jusqu'à  ce 
qu'il  fut  atteint  par  la  limite  d'âge,  il  fît  son  cours  avec  un 
talent  supérieur  et  une  étonnante  ponctualité,  attirant  autour 
de  sa  chaire,  non  seulement  les  jeunes  étudiants,  mais  les  méde- 
cins, les  botanistes  et  même  les  professeurs. 

Tous  ceux  qui  l'ont  entendu  s'accordent  à  louer  la  parfaite 


54  NOTICE   BIOGRAPHIQUE 

ordonnance  de  son  enseignement,  l'élégance  et  la  clarté  de  sa 
parole  et  ce  talent  d'exposition  qui  lui  permettait  de  faire  saisir 
et  comprendre  toutes  les  questions  par  les  auditeurs  même  les 
plus  novices  dans  les  choses  de  la  botanique. 

Heureusement  pour  ceux  qui  n'ont  pu  le  suivre  à  la  Sorbonne, 
ce  cours  a  été  résumé  et  publié  par  son  auteur  lui-même  dans 
son  ouvrage  magistral,  les  Eléments  de  botanique,  livre  aussi 
remarquable  par  l'étendue  de  l'érudition  que  par  l'ordre  admi- 
rable des  matièi'es,  la  limpidité  du  style  et  l'enchaînement  par- 
fait des  détails.  Par  une  innovation  des  plus  heureuses,  un  précis 
historique  des  progrès  successifs  de  la  science  est  donné  à 
propos  de  chaque  division  importante  des  connaissances  bota- 
niques, montrant  par  quelles  séries  de  travaux  et  de  décou- 
vertes, les  idées  se  sont  fixées  et  précisées  sur  les  divers  points 
de  l'organisation  et  du  fonctionnement  des  plantes. 

Pas  à  pas,  le  cours  public  comme  les  éditions  successives  du 
livre  ont  suivi  et  enregistré  les  progrès  de  la  science  botanique 
et  en  ont  présenté  un  fidèle  résucné. 

Désormais,  la  vie  de  M.  Duchartre  n'est  plus  marquée  par 
aucun  événement  saillant.  Homme  de  devoir  et  d'intérieur,  il  se 
partage  entre  l'alfection  des  siens  pour  lesquels  il  a  eu  toujours 
une  très  vive  tendresse  et  ses  travaux  scientifiques  qui  gardent 
pour  lui  jusqu'au  dernier  jour  tout  leur  intérêt  et  tout  leur 
attrait. 

Aussi  modeste  que  savant,  il  se  renferme  strictement  dans  son 
intérieur  studieux,  fuyant  toute  ostentation  comme  toute  in- 
trigue et  forçant  par  un  labeur  acharné  et  un  mérite  éclatant 
l'admiration  et  le  respect  que  du  reste  ses  contemporains  ne  lui 
ont  pas  ménagés. 

Jamais  dans  nos  réunions  il  n'a  manqué  de  remplir  ses  mul- 
tiples et  délicates  fonctions,  donnant  à  tous  l'exemple  de  la  plus 
fidèle  exactitude.  Soit  qu'il  descendît  seulement  de  son  cabinet 
de  travail  situé  dans  l'hôtel  même  de  la  Société,  soit  qu'il  vînt 
de  son  jardin  de  Meudon,  séjour  d'été  favori  de  sa  studieuse 
vieillesse,  nous  le  voyions  toujours  paraître  à  l'heure  précise  de 
nos  séances  avec  ses  documents  toujours  prêts,  toujours  rédigés 
de  la  manière  la  plus   élégante  et  la  plus  fidèle.  Sa   plume 


SUR   PIERRE    DUCHARTRE.  55 

exercée  semblait  se  jouer  au  milieu  des  difficultés,  des  discus- 
sions techniques,  comme  son  tact  merveilleux  la  guidait  parmi 
les  écueils  des  questions  personnelles  et  des  susceptibilités  des 
amours-propres. 

Nous  ne  pourrons  jamais  oublier  son  affabilité  exquise,  son 
inépuisable  complaisance  à  faire  profiter  tous  ses  collègues  des 
trésors  de  son  érudition,  l'empressement  avec  lequel  il  saisissait 
toute  occasion  de  mettre  en  lumière  ce  qui  pouvait  faire  hon- 
neur à  la  Société  et  à  ses  membres,  l'indulgence  avec  laquelle  il 
atténuait  ou  passait  sous  silence  certaines  faiblesses  de  langage 
ou  de  conduite  qui  n'échappaient  point  à  son  sens  très  fin  du 
ridicule  sous  toutes  ses  formes.  Devenu  un  des  doyens  de  notre 
Société,  il  en  possédait  si  bien  les  traditions  que  chacun  était 
prêt  en  toutes  choses  à  le  consulter  comme  un  oracle. 

Et  ce  n'est  pas  seulement  dans  cette  Compagnie  que  la  véné- 
ration de  ses  collègues  lui  faisait  une  place  tout  à  fait  hors  rang. 
A  la  Société  Nationale  d'Agriculture,  où  il  était  le  doyen  de  la 
section  des  cultures  spéciales,  son  autorité  était  des  plus  grandes 
et  des  plus  respectées,  et  il  a  été  vice-président  en  1888  et  prési- 
dent en  1889. 

La  Société  de  Botanique  fa  appelé  sept  fois  à  la  Présidence  et 
l'a  honoré  jusqu'à  son  dernier  jour  comme  le  plus  illustre  et  le 
plus  laborieux  de  ses  membres. 

A  l'Académie  des  sciences,  qui,  elle  aussi,  lui  a  décerné  les 
honneurs  de  la  Présidence,  il  était  entouré  du  respect  et  de  la 
sympathie  de  ses  collègues  et  se  servait  surtout  de  sa  grande 
situation  scientifique  pour  faire  connaître  et  apprécier  les  tra- 
vaux des  jeunes  botanistes  fju'il  savait  présenter  et  faire  valoir 
avec  une  bienveillance  toute  patei'nelle. 

Userait  injuste  de  passer  sous  silence  les  notices  biographiques 
qu'il  a  publiées  sur  divers  collègues  et  entre  autres  sur  Ad.  Bron- 
gniart,  sur  J.  Decaisne,  surE.  Boissier,  l'auteur  du  Flora  orien- 
tal'is,  sur  L.  R.  Talasne,  sur  Alph.  de  Gandolle.  C'est  en  particu- 
lier pour  moi  un  devoir  de  reconnaissance  et  de  piété  filiale  que 
de  mentionner  la  notice  si  pleine  de  cœur  et  de  sympathie  qu'il 
a  consacrée  dans  le  Journal  de  la  Société  à  la  vie  et  aux  tra- 
vaux de  mon  père. 


56  NOTICE   BIOGRAPHIQUE    SUR    PIERRE    DUGHARTRE. 

Dans  toutes  ces  biographies,  il  s'est  montré  juste  apprécia- 
teur du  mérite  des  autres,  juge  impartial  et  clairvoyant  :  s'éle- 
vant  toujours  au-dessus  des  mesquineries  de  l'esprit  de  coterie 
ou  du  parti  pris,  il  a  su  embrasser  d'un  regard  la  carrière  des 
hommes  de  science  et  rendre  loyalement  à  chacun  ce  qui  lui 
était  dû,  et  a  mérité  par  là  comme  par  l'intégrité  d'une  vie 
irréprochable  et  féconde,  toute  consacrée  à  la  famille  et  au 
travail,  de  jouir  de  l'estime  et  de  la  vénération  do  tous  ceux  qui 
l'ont  connu  et  de  laisser  le  plus  beau  renom  d'homme  et  de 
savant  qu'il  soit  possible  de  souhaiter. 

Sa  fin  calme  et  sereine  a  été  le  couronnement  d'une  si  belle 
vie.  Il  est  pour  ainsi  dire  mort  debout  devant  la  page  com- 
mencée, entouré  de  ses  enfants  qui  l'aimaient  comme  il  les 
aimait  et  préoccupé  jusqu'au  dernier  moment  des  travaux  et 
des  études  qui  avaient  fait  la  consolation  et  l'honneur  de  son 
existence  tout  entière. 

Pour  nous,  membres  de  la  Société  Nationale  d'Horticulture, 
son  souvenir  restera  comme  celui  d'un  des  patriarches  de  notre 
Société.  Son  œuvre  imposante  contient  les  monuments  de  notre 
vie  et  de  nos  travaux  pendant  près  d'un  demi-siècle,  et  son 
exemple  nous  guidera  dans  la  voie  laborieuse  où  nous  l'avons  vu 
marcher  tant  d'années  devant  nous  à  la  poursuite  de  la  justice, 
du  progrès  et  de- la  vérité. 


SUR    UN   MEMOIRE    MANUSCRIT    DE    M.    COUDEYRAS. 


RAPPORTS 


Sur  un  mémoire  manuscrit  de  M.  Goudeyras,  instituteur  a  Pan- 
tin, INTITULÉ  :  «  L'Horticulture  et  la  Botanique,  a  l'école 
primaire  »; 

M.  MussAT,  Rapporteur. 

M.  Goudeyras,  instituteur  à  Pantin,  a  adressé,  pour  être  sou- 
mis à  l'appréciation  de  la  Société,  un  mémoire  manuscrit  sur 
l'enseignement  de  la  Botanique  et  de  l'Horticulture  à  l'école 
primaire. 

Se  tenant  dans  les  limites  d'une  sage  sobriété  relativement 
aux  considérations  générales  (toujours  plus  ou  moins  vagues, 
et  si  faciles  à  développer)  sur  l'utilité  de  cet  enseignement, 
l'auteur  a  préféré  exposer  sans  prétention,  d'une  façon  nette  et 
précise,  les  procédés  qu'il  emploie  au  regard  des  enfants  qui 
fréquentent  l'école  dont  il  a  la  direction,  et  aussi  les  résultats 
qu'il  en  obtient. 

M.  Goudeyras  estime  à  juste  titre  que  l'enseignement  de  l'Hor- 
ticulture doit  être  précédé  de  celui  de  la  Botanique,  la  connais- 
sance au  moins  sommaire  de  l'organisation  et  de  la  physiologie 
des  plantes  lui  parait  indispensable  pour  comprendre  et  mettre 
en  pratique  les  procédés  de  culture  auxquels  on  les  soumet. 

D'après  ce  qu'il  nous  dit  dans  le  mémaire  dont  il  est  question, 
sa  méthode  est  presque  exclusivement  objective,  ce  dont  on  ne 
saurait  trop  le  louer.  Toutes  les  leçons  sont  données  les  élèves 
ayant  à  la  main  ou  sous  les  yeux  les  objets  dont  il  est  traité. 
Ainsi,  c'est  par  l'analyse  sommaire  de  la  fleur  et  des  autres  par- 
ties de  la  plante  faite  par  les  élèves  eux-mêmes,  sous  sa  direc- 
tion, qu'ils  arrivent  sans  peine  à  acquérir  des  notions  exactes 
sur  la  forme,  la  consistance,  la  position  relative  des  organes, 
leur  nombre,  etc.  Par  ce  moyen  les  enfants  se  familiarisent  vite 


1)  Déposé  le  27  décembre  1894. 


58  RAPPORTS. 

avec  les  espèces  indigènes,  au  point  de  pouvoir  bientôt  herbo- 
riser avec  fruit.  Un  résumé  des  leçons  orales  en  fixe  le  souvenir, 
auquel  viennent  se  joindre  le  dessin  des  organes,  dans  la  limite 
du  possible,  et  la  conservation  en  herbier  des  sujets  d'étude. 

Un  tableau  synoptique  des  familles  végétales  les  plus  connues 
nous  montre  le  système  de  classification  suivi  par  l'auteur.  C'est 
un  abrégé  du  système  classique.  Il  y  aurait  sans  doute  quelques 
réserves  à  faire  à  ce  sujet;  mais,  comme  il  le  dit  lui-même,  il  ne 
s'agit  pas  ici  de  faire  des  botanistes  de  profession. 

A.UX  notions  d'organographie  élémentaire  succèdent  bientôt 
des  renseignements  appropriés  à  l'intelligence  des  enfants  sur 
la  structure  et  le  fonctionnement  des  organes.  C'est  ainsi  que 
l'absorption  par  les  racines,  la  circulation,  la  respiration,  la 
reproduction  passent  successivement  sous  leurs  yeux,  en  ce 
qu'elles  ont  d'essentiel.  Ici  encore  des  expériences  simples  ten- 
dent à  faciliter  la  compréhension  des  phénomènes. 

C'est  seulement  à  ce  moment  que,  munis  de  connaissances 
précises,  les  élèves  passent  à  l'étude  de  l'Horticulture  propre- 
ment dite.  L'influence  du  sol,  de  l'humidité,  de  la  lumière, 
l'usage  des  engrais  et  leur  utilité  sont  alors  enseignés,  ainsi  que 
les  procédés  de  culture  appliqués  aux  plantes  les  plus  usuelles. 
Les  opérations  principales,  semis,  bouturage,  grefl'e,  taille,  etc., 
sont  exécutées  par  tous,  et  c'est  plaisir,  dit  l'auteur,  de  voir  les 
enfants  s'escrimer  à  qui  mieux  mieux  pour  bien  réussir. 

En  résumé,  la  méthode  préconisée  et  mise  en  œuvre  par 
M.  Coudeyras  paraît  bien  conçue,  bien  adaptée  aux  jeunes 
intelligences  auxquelles  il  a  aff'aire,  et  il  n'est  point  douteux 
que,  judicieusement  appliquée,  elle  doive  donner  d'excellents 
résultats.  On  sent  d'ailleurs,  en  lisant  le  mémoire  en  question, 
que  l'auteur  aime  la  science  dont  il  parle,  ce  qui  sera  toujours 
le  meilleur  moyen  de  conquérir  son  auditoire. 

J'ai  l'honneur  de  proposer  le  renvoi  du  travail  de  M.  Cou- 
deyras à  la  Commission  des  récompenses. 


SUR   LE    CONCOURS   d'ORCHIDÉES.  59 

Sur  le  Concours  d'Orcuidées 

DE    LA    séance    du    26    NOVEMBRE    1894    (1); 

L.  Morin,  Rapporteur.* 

Guidé  par  M.  Savoye,  le  Jury  se  composait  de  MM.  Bergman 
père,  Président;  Isoré,  Chenu;  L.  Morin,  Secrétaire. 

Neuf  concurrents  ont  pris  part  à  ce  Concours,  un  des  plus 
intéressants  qu'ils  nous  ait  été  donné  de  voir. 

En  première  ligne  nous  citerons  M.  Du  val,  horticulteur  à  Ver- 
sailles, quia  obtenu  une  grande  médaille  d'argent  pour  un  lot 
important  d'Orchidées  parmi  lesquelles  nous  avons  remarqué  : 
une  très  belle  variété  du  Cattleya  Pinelli,  de  Cattleija  labiata,  le 
charmant  Cypripediimi  Charlesivorthu,  un  bon  pied  d'Odonto- 
glossum  grande  d'une  floraison  remarquable,  etc. 

Une  grande  Médaille  d'argent  a  été  accordée  à  M.  Niisson, 
fleuriste,  rue  Auber,  à  Paris,  pour  un  magnifique  pied  de  Vanda 
cœrulea,  d'une  végétation  luxuriante,  portant  deux  hampes  et 
des  fleurs  d'une  rare  beauté. 

M.  Driger,  jardinier  chef  au  château  du  Monastère,  à  Ville- 
d'Avray,  a  obtenu  une  grande  Médaille  d'argent  pour  un  lot 
important  d'Orchidées  bien  choisies,  parmi  lesquelles  nous 
citerons  les  Cattleya  Loddigesii,  labiata  autumnalis,  Leopoldi, 
prsestans^  etc;  un  très  bon  pied  de  Cypripedium  callosum,  les 
Oncidium  Rogersi  et  crispum,  etc. 

M.  Doin,  amateur  à  Paris,  avait  apporté  quelques  plantes  très 
remarquables  comme  variété,  et  comme  floraison^  lesquelles  lui 
ont  valu  une  grande  Médaille  d'argent.  Nousàvons  remarqué  dans 
ce  lot  :  un  très  bon  pied  de  Cymbidium  Hookerianum,  le  Cym- 
bïdium  grandiflorum,  un  magnifique  pied  de  Catasetum  Bun- 
gerotlii^  les  Oncidium  tigrinum  et  Forbesii,  un  superbe  Sophro- 
nitis  grandiflora,  un  Saccolabium  et  enfin  un  Miltonia  atrorubens. 

Une  collection  importante  de  Cypripedium  était  exposée  par 
MM.  Cappe  père  et  fils  qui  ont  obtenu  une  Médaille  d'argent. 
Nous  avons  noté  les  Cypripedium  xnanthum  superbum,  Leeanum, 
superciliare,  etc. 


(1)  Déposé  le  27  décembre  1894. 


L 


60  COMPTE  RENDU 

Une  Médaille  d'argent  a  été  donnée  à  M.  Piret,  horticulteur  à 
Argenteuil,  pour  quelques  très  beaux  pieds  de  Cattleya  labiata 
aiitn77inalis ,  de  couleur  très  foncée. 

M.  Maron  a  obtenu  une  Médaille  de  bronze,  pour  quelques  pieds 
de  son  Cattleya  corbeilensis,  bien  présenté. 

Une  Médaille  de  bronze  a  été  également  obtenue  par  M.  Faroult, 
horticulteur  à  Argenteuil,  pour  un  très  joli  petit  lot  d'Anœcto- 
chilus,  dans  lequel  on  remarquait  les  Anœctochilus  Petola, 
elegans.  etc.  Un  pied  de  Goodyera  discolor. 

Enfin  des  remerciements  ont  été  accordés  à  M.  Servy  pour  un 
petit  lot  composé  exclusivement  de  fleurs  coupées.  Le  Jury  a  ex- 
primé ses  regrets  à  M.  Servy  de  n'avoir  pas  eu  les  plantes  à  juger. 

Tel  a  été,  Messieurs,  le  résultat  du  concours,  qui  nous  a  paru 
intéressant  et  très  réussi. 


COMPTES  RENDUS  D'EXPOSITIONS 


Compte  rendu  de  l'Exposition  d'horticulture  de  Coulommiers, 

tenue  en  septembre  1894, 

par  M.  Emile  Gappe,  Délégué. 

Désigné  par  la  Société  Nationale  d'Horticulture  de  France 
pour  la  représenter  à  l'Exposition  d'horticulture  de  Coulom- 
miers, je  me  suis  rendu  en  cette  ville  le  22  septembre,  pour 
prendre  part  aux  délibérations  du  jury  qui  était  ainsi  composé  : 
MM.  L.  Chauré,  directeur  du  Moniteur  d'Horticulture', 

Opoix,  jardinier-chef  au  Jardin  du  Luxembourg; 

A.  Testart,  délégué  de  la  Société  de  Senlis; 

Caillet,  délégué  de  la  Société  de  Vincennes; 

Bécheret,  délégué  de  la  Société  de  Meaux  ; 

Duclos,  délégué  de  la  Société  de  Gorbeil; 

Plaisant,  délégué  de  la  Société  de  Melun  et  Fontainebleau  : 

P.  Rain,  délégué  de  la  Société  de  Villemonble; 

Dervins  (Jules),  délégué  de  la  Société  de  Provins; 

Saint-Pée,  professeur  d'apiculture  à  Paris; 


(1)  Déposé  le  27  décembre  1804. 


DE  l'exposition  d'horticulture  de  coulommiers.  61 

et  de  votre  délégué,  à  qui  les  honneurs  de  présider  aux  opéra- 
tions du  Jury  ont  été  confiés;  M.  L.  Ghauré  remplissait  les  fonc- 
tions de  secrétaire  du  Jury,  qui  était  en  outre  accompagné  par 
M.  Josseau,  président  de  la  Société;  M.  Mie,  vice-président; 
MM.  Delamarre  et  Durocher,  secrétaires  et  de  MÎVI.  Plaisant, 
Heuzé,  Maréchal,  Lefèvre  et  Testard,  membres  de  la  commis- 
sion d'organisation. 

L'Exposition  que  nous  avions  à  examiner  était  installée  au 
rez-de-chaussée  de  l'Hôtel  de  Yille,  et,  sous  deux  spacieuses 
tentes  qui  abritaient,  l'une  les  fruits  et  les  fleurs  coupées,  l'autre, 
les  plantes  et  légumes;  le  tour  de  l'Hôlel  de  Ville  avait  été  dis- 
posé pour  recevoir  les  arbres  fruitiers,  arbres  d'ornement  et 
Conifères;  dans  le  vestibule,  la  place  d'honneur  était  réservée 
aux  Orchidées  et  plantes  de  serre  ;  la  salle  de  la  Justice  de  Paix 
contenait  les  collections  pour  l'instruction  horticole  et  les  pro- 
duits de  l'Apiculture,  très  développée  dans  la  région.  En  somme, 
cette  exposition  était  complète  sous  tous  les  rapports  ;  mais  nous 
avons  cependant  remarqué  que  la  culture  fruitière  et  maraî- 
chère, ainsi  que  la  culture  du  Rosier  y  tenait  la  place  la  plus 
considérable;  les  fruits  étaient,  en  eff'et,  très  nombreux  et 
d'une  beauté  remarquable^  comme  développement;  les  collec- 
tions de  Roses  étaient  aussi  nombreuses,  et  les  fleurs  étaient 
d'une  grandeur  et  d'une  fraîcheur  surprenantes. 

Après  un  minutieux  examen  des  lots  exposés,  le  Jury  a  classé 
les  exposants  dans  l'ordre  suivant  : 

Grand  Prix  d'honneur,  offert  part  M.  le  Président  de  la  Répu- 
blique à  M.  Gochet,  horticulteur  à  Suisnes,  pour  l'ensemble  de 
son  exposition  comprenant:  plantes  de  serre  chaude,  Orchidées, 
collections  de  Roses,  collections  de  fruits  et  arbres  fruitiers. 

Prix  d'honneur:  Médaille  d'or,  offerte  par  M.  le  Ministre  de 
l'Agriculture,  à  l'École  Fénelon,  de  Vaujours  (îSeine-et-Oise), 
pour  l'ensemble  de  ses  collections  de  fruits,  légumes  et  collections 
servant  à  l'instruction  horticole. 

Médaille  d'or,  avec  félicitations  du  Jury,  à  MM.  Vilmorin- 
Andrieux  et  G's  à  Paris,  pour  un  magnifique  apport  de  Glaïeuls, 
Dahlias  et  Bégonias  tubéreux  en  fleurs  coupées; 

Médaille  d'or;  à  M.  Louis  Cartier  fils,  jardinier  au  château  de 


6  COMPTE    RENDU 

Neufmoutiers  pour  plantes  de  serre  variées;  Glaïeuls  et  collec- 
tions de  fruits. 

Médaille  d'or  à  M.  l'abbé  Bédé,  curé  à  Mouroux,  pour  l'en- 
semble de  son  exposition  apicole,  produits,  outillage,  matériel. 

Les  autres  médailles  d'or  ont  été  attribuées:  aux  plantes 
fleuries  et  fruits  de  M.  Gazonnois,  jardinier  au  château  de 
Ghailly;  aux  arbres  fruitiers  et  Clématites  de  M.  Georges  Bou- 
cher, pépiniériste  à  Paris; 

Aux  collections  de  fruits,  produits  apicoles  et  métier  à  pail- 
lassons de  M.  Plaisant,  arboriculteur  h  Voisins-de-Mouroiix  ; 

Aux  fruits  et  fleurs  coupées  de  M.  Giverne,  jardinier  à  Cou- 
lommiers  ; 

Aux  corbeilles  de  fruits  divers  de  xM.  Brochard,  propriétaire  à 
Tournan ; 

Enfin,  aux  collections  de  fruits  de  MAL  Sarget,  jardinier  à 
Goulommiers;  Gautier,  pépiniériste  à  Vitry  (Seine);  Lecouvreur, 
propriétaire  aux  Chapelles-Bourbon. 

M.  Grémy,  apiculteur  à  La  Houssaye,  a  également  obtenu  une 
Médaille  d'or,  pour  ses  produits  et  outils  apicoles,  ainsi  que 
M.  Floucaud,  65,  rue  de  Bagnolet,  à  Paris,  pour  ses  divers  appa- 
reils d'arrosage. 

Parmi  les  autres  lots  de  moindre  importance,  mais  également 
méritants,  des  Médailles  de  vermeil  ont  été  décernées  : 

A  M.  Chevalier,  arboriculteur  à  Montreuil,  pour  trente-quatre 
variétés  de  pèches,  et  un  plan  relief  figurant  les  cultures  de 
Montreuil  ; 

A  M.  C.  Vilcot,  pépiniériste  à  Bel-Air-de-La-Ghapelle-sur- 
Crécy,  pour  une  belle  collection  d'arbres  fruitiers  formés,  arbres 
d'agrément  et  Chrysanthèmes; 

A  M.  Toulon,  jardinier  à  Mouroux,  pour  collection  de  fruits 
et  corbeilles  de  fleurs; 

A  MM.  Forgeot  et  C^®,  à  Paris,  pour  collection  de  deux  cents 
variétés  de  Dahlias; 

A  M.  J.  Denis,  àMontanglaust,  avec  félicitations  pour  son  her- 
bier. 

De  nombreuses  Médailles  ont  été,  en  outre,  décernées  à  divers 
apports  comprenant  des  fruits  en  quantité,  des  légumes,  et  aux 


DE   L  EXPOSITION    1)  HORTICULTURE    DE   COULOMMIERS.  63 

collections  servant  à  l'instruction  horticole,  exposées  par 
MM.  Deshayes,  instituteur  à  Ferrières-en-Brie;  Faugé,  institu- 
teur à  Marolles-en-Brie;  Marcou,  instituteur  à  Pontcarre'  ;  Nicolas, 
instituteur  à  Brou,  etc.,  etc. 

Avant  de  terminer,  je  ne  manquerai  pas,  Messieurs,  de  men- 
tionner un  prix  décerné  par  la  Société  d'Horticulture  de  Gou- 
lommiers,  bien  que  ce  prix  ne  paraisse  pas  absolument  la  récom- 
pense d'un  travail  horticole;  mais  l'originalité  de  l'idée  mérite 
d'être  rapportée. 

11  s'agit  d'une  prime  de  100  francs  offerte  par  un  généreux 
membre  de  la  Société,  pour  être  décernée  à  la  mère  de  famille 
habitant  l'arrondissement  et  ayant  le  plus  grand  nombre 
d'enfants  vivants. 

Comme  le  faisait  spirituellement  remarquer  M.  Mie,  vice-pré- 
sident de  la  Société,  «  ce  généreux  collègue  estime  sans  doute, 
que  la  plus  intéressante  des  cultures  est  la  culture  humaine,  et 
c'est  pour  cette  raison  qu'il  a  choisi  l'Exposition  d'Horticulture 
pour  offrir  sa  prime.  » 

12  candidates  se  sont  présentées  ayant  de  six  à  douze  enfants. 
La  douzième,  M™®  Mangin,  laborieuse  ouvrière  des  champs, 

pouvant  en  compter  seize,  a  naturellement  obtenu  la  prime  de 
100  francs. 

Je  termine,  Messieurs,  en  vous  faisant  part  de  l'accueil  cor- 
dial qui  a  été  fait  à  votre  délégué,  et  j'en  remercie  vivement 
M.  le  Président  Josseau,  M.  Mie,  Vice-Président,  et  les  membres 
de  la  Société  de  Coulommiers,  notamment  notre  collègue 
M.  E.  Delamarre,  qui  y  remplit  avec  un  zèle  infatigable  les  fonc- 
tions de  Secrétaire. 

Rectification 

On  a  omis  de  citer,  dans  le  procès-verbal  de  la  séance  du  23  oc- 
tobre 1894,  la  présentation,  par  M.  Hatret,  de  fleurs  des  variétés 
de  Dahlia  :  Perle  de  la  Tête  d'or,  le  Colosse,  le  Siam  ou  Grand 
Alexis,  Gloriosa  et  Charles  Hubert. 


Le  Secrétaire-rédacteur-gérant  y 
D.  Bois. 


Paris.  —  Imprimerie  L.  Maretheux,  1.  rue  Cassette. 


64 


JANVIER    1895 


Observations  météorologiques  faites  par  M.  F.  Jamin,  a  Bourg-la-Reine, 
PRÈS  Paris  (altitude  :  63™). 


TEMPÉRATURE 

HAUTEUR 

Ka*— 

a 

H 

-^ — ■ 

du  baromètre 

VENTS 

ÉTAT   DU   CIEL 

Q 
1 

Min. 

Max. 

Matin 

Soir 

dominants 

0,5 

3,9 

756,5 

761 

NO. 

Pluie  dans  la  nuit,  auageux,  un  peu  de 

neige. 

2 

—  i,6 

2,3 

761,5 

756 

NO. 

Couvert,  neige  assez  abondante  l'apr.- 
midi,  éclaircies  le  soir. 

3 

—  1,6 

2,2 

744,5 

747,5 

NE. 

Neige  dans  la  nuit,  couvert,  il  voltige 
de  la  neige,  éclaircies  le  soir. 

4 

-  1,0 

1,4 

753,5 

754,5 

N. 

Couvert,  un  peu  de  neige  l'après-midi. 

5 

—  1,0 

1,9 

750 

756,5 

N. 

Couvert  le  matin,  nuageux,  il  voltige 
de  la  neige. 

6 

-  5,0 

0,2 

756,5 

753,5 

N. 

Couvert. 

7 

—  ^,6 

-  1,3 

749,5 

752,  5 

NNE.  NE. 

Nuageux. 

8 

—  3,0 

1,3 

754 

754,5 

N.  NE. 

Nuageux. 

9 

—  2,3 

—  0,1 

756 

758,5 

E.  ENE.  E. 

Couvert    et    très    sombre    le    matin, 
nuageux. 

10 

—  4,6 

1,4 

758,5 

757 

N. 

Couvert  et  neige  le  matin,  clair. 

11 

—  11,6 

0,5 

757,5 

757 

N.  NO. 

Légèrement  brumeux  le  matin,  nua- 
geux l'après-midi,  clair  le  soir. 

12 

—41,2 

—  4,3 

755 

745 

SE. 

Givre,  nuageux  le  matin,  couvert  le 
soir,  grésil. 

13 

—  6,1 

5,7 

742,5 

744,5 

so. 

Pluie  dans  la  nuit  et  dans  la  matinée, 
verglas,  nuageux. 

l'i 

0,4 

7,0 

742 

741,5 

s. 

Nuageux  le  matin,  couvert. 

15 

0,1 

8,0 

741 

741,5 

s. 

Couvert   le  matin,  nuageux,  pluie  le 
soir. 

16 

-  0,1 

9,2 

740,5 

744 

so. 

Pluie  abondante  dans  la  nuit,  nuageux. 

n 

3,1 

8,1 

745,5 

751 

so. 

Couvert  le  matin,  nuageux. 

18 

-    l,^i 

8,2 

757,5 

760 

s. 

Nuageux,  petite  pluie  l'après-midi. 

19 

—  1,6 

5,2 

760 

754 

s. 

Nuageux  le  matin,  couvert  et  pluvieux. 

20 

3,6 

14,3 

753,5 

751 

s. 

Pluie    dans    la  nuit,    très    nuageux, 
légèrement  pluvieux  l'après-midi. 

21 

6,3 

10,4 

754 

753 

0.  NO. 

Pluie  dans  la  nuit,  couvert,  pluie  de 
nouveau  dans  la  plus  grande  partie  de 
la  soirée. 

22 

—  2,3 

3,4 

759 

758 

N. 

Presque  clair. 

23 

-  0,4 

7,0 

750,5 

754 

N. 

Couvert   et  pluvieux,    gelée  et  neige 
l'après-midi,  nuageux,  clair  le  soir. 

24 

-  2,8 

3,5 

756,8 

744 

ONO. 

Très  nuageux,  pluie  mêlée  de  neige. 

25 

1,1 

4,0 

747,  5 

751,5 

NO. 

Tempête  dans  la  nuit,  couvert  et  lé- 
gèrement pluvieux,  quelques  éclaircies, 
un  peu  de  neige  le  soir. 

20 

—  3,7 

l."? 

755,5 

754,5 

0. 

Clair  de  grand  matin,  nuageux,  il  vol- 
tige de  la  neige  qui,   le   soir,  devient 
plus  abondante. 

27 

-  5,0 

—  1,8 

754,5 

758 

NO.  NE. 

Nuageux,  clair  le  soir. 

28 

-12,9 

-  0,9 

760 

764 

N.  0. 

Clair    de    grand   matin ,    légèrement 
nuageux,  le  matin,  couvert,  puis  neige 
abondante. 

29 

-  7,5 

1,3 

766 

765,5 

ONO. 

Couvert  le  matin,  nuageux,  il  voltige 
de  la  neige  qui,   le  soir,  devient  plus 
abondante. 

30 

—  12,8 

—6,3  1 

766 

764,5 

E.  N. 

Nuag.  le  matin,  couv.,  bise  glaciale. 

31 

—  4,7 

—  0,5 

761 

759,5 

NNE. 

Couvert,   grésil,  neige  presque  toute 
l'après-midi. 

1.  Dans 

l'après-midi  le  thermc 

mètre  est  descen 

du  à  —  9  degrés. 

AVIS    DIVERS 

Médaille  du  Conseil  d'Administration.  —  Pour  rintroduclion 
ou  l'obleniion  de  Plantes  ornemenlales  reconnues  méritantes 
après  culture  en  France. 

Les  Horticulteurs  français,  obtenteurs  ou  introducteurs  de 
Plantes  reconnues  méritantes,  peuvent  adresser  au  Comité  com- 
pétent leur  demande  en  vue  de  prendre  part  au  concours  pour 
ce  prix.  De  leur  côté,  les  Membres  des  Comités  peuvent  propo- 
ser les  Plantes  qu'ils  jugent  dignes  du  même  prix.  A  la  fin  de 
chaque  année,  il  sera  désigné,  s'il  y  a  lieu,  dans  le  sein  de 
chaque  C')mité  compétent,  un  Membre  chargé  de  faire  nn 
Rapport  circonstancié  sur  la  ou  les  plantes  qui  sont  de  nature  à 
déterminer  l'attribution  de  la  médaille. 

Médaille  d'or  du  Comité  de  Floriculture.  —  Le  Comité  de 
Floriculiure  a  décidé  d'oiïrir  une  médaille  d'or  à  l'Exposition 
internationale  de  mai  189o.  Celte  médaille  sera  attribuée  à  une 
culture  spéciale,  celle  du  r-aclisin,  qui  semble  un  peu  aban- 
donnée de  nos  jours. 

Le  Comité  de  l'Art  des  Jardins  a  décidé,  dans  sa  séance  du  14  fé- 
vrier 1895,  d'ouvrir  une  souscription  parmi  ses  membres,  pour 
offrir  une  récompense  à  rArchitecte-Paysagiste  qui  présentera  à 
l'Exposition  de  lS9o  un  projet  de  Parc  le  plus  parfait,  exécuté  ou  non. 


La  Société  nationale  d'Horticulture  de  France  a  décidé  de  tenir 
une  Exposition  iiiteriiatioiialc  du  22  au  28  mai  I8Î>5. 
Un  Congrès  înîci'nalional  horticole  aura  lieu  à  la  même 
époque. 


OFFRES    ET   DEMANDES    D'EMPLOI 

Un  registre  est  ouvert  aux  bureaux  de  l'Agence  de  la  Société  pour 
l'inscription  des  offres  et  des  demandes  d'emploi. 

Le  Conseil  d'administration  prie  les  sociétaires  qui  auraient 
besoin  de  jardiniers  pour  maisons  bourgeoises  ou  d'employés  pour 
maisons  de  commerce  horticoles  de  bien  vouloir  consulter  ce  registre. 


^VIS  RELATIF  AUX  CONCOURS  EN  SÉANCE 
Des  Concours  spéciaux  pour  les  Orcliidées  ont  lieu  à  la 
seconde  séance  des  mois  de  février,  avril,  juin  et  novembre. 
Les  personnes  qui  désirent  y  prendre  part  sont  tenues  d'a- 
dresser, huit  jours  à  l'avance,  à  l'Agent  de  la  Société,  rue  de 
Grenelle,  84,  l'expression  de  leur  int<ntion. 

. ■^- 

CONCOURS  OUVERTS   DEVANT  LA  SOCIÉTÉ  EN  1895. 

Concours  permanent. 

Prix  Laisné.  Pour  l'élève  le  plus  méritant  de  l'École  d'Horticulture 
des  Pupilles  de  la  Seine.  (V.  le  Journal,  3«  série,  IV,  1882.  pp.  G31 
et  753.) 

Série  IIL  T.  XVU.  Gabier  de  février,  publié  le  10  mars  1895.  5 


66  PROCÈS-VERBAUX. 

Concours  annuels. 
Médaille  Veiller.  Pour  le  plus  beau  lot  de  Pentslemon. 
Prix  Joiibert  de    VHiberderie.  —   Le    JO   janvier   1889,   le    Conseil 
d'Administration,  se  conformant  au  vœu  émis  par  le  D'"  Joubert 
de  l'Hiberderie,  dans  son  testament,  a  ouvert  un  Concours  pour 
un  prix  de  deux  mille  cinq  cents  francs  à  décerner  au  nom  de 
ce  généreux  donateur.  Ce  prix  est  destiné  à  un  ouvrage  publié 
récemment  et  imprimé  ou  manuscrit,  sur  Fflorticulture  maraî- 
chère, l'Arboriculture    et    la*  Floriculture  réunies,    considérées 
dans  leurs  usages  journaliers  et  les  plus  pratiques.   Le  concours 
est  permanent  et  le  prix  peut  être  décerné  chaque  année. 
Si  l'ouvrage  présenté  au  concours  est  manuscrit,  il  devra   être  aussi 
succinct  que  possible  et,  si  son  auteur  obtient  le  prix,  il  sera 
tenu  d'en  faire  la  publication  dans  le  délai  d'un  an  (Voyez  le 
Journal,  3«  série,  XI,  1889,  p.  o  et  81). 


PROCES -VERBAUX 


SÉANCE  DU  14  FÉVRIER  1895. 

Présidence  de  M.  Cil.  Joly,  Vice-Président  de  la  Société. 

La  séance  est  ouverte  à  deux  heures  et  demie. 

164  membres  titulaires  et  20  membres  honoraires  ont  signé 
les  registres  de  présence. 

Le  procès-verbal  de  la  dernière  séance  est  lu  et  adopté. 

M.  le  Président  proclame,  après  un  vote  de  l'Assemblée, 
l'admission  de  23  nouveaux  membres  titulaires  dont  la  présen- 
tation, faite  à  la  dernière  séance,  n'a  pas  rencontré  d'opposition. 

En  l'absence  de  M.  le  Secrétaire  général,  M.  le  Secrétaire 
général-adjoint  informe  la  Société  des  pertes  qu'elle  vient 
d'éprouver  par  les  décès  de  MM.  Beaume  père,  de  Boulogne 
(Seine),  et  Boulât  (Louis),  de  Troyes  (Aube),  31embres  titulaires. 

Il  procède  au  dépouillement  de  la  correspondance  qui  com- 
prend : 

A.  —  Correspondance  manuscrite  : 

Une  lettre  de  M.  Moltetqui  adresse  le  deuxième  volume  broché 
de  sa  traduction  du  Dictionnaire  d'Horlicullure  de  M.  Nichol- 
son,  et  qui  rappelle  la  demande  d'examen  pour  le  prix  Joubert 
de  l'Hiberderie  qu'il  a  faite  en  remettant,  l'an  dernier,  le  pre- 

]\r^  j5.  —  La  Gommissiou  de  Rédaction  déclaie  laisser  aux  auteurs 
des  articles  admis  par  elle  à  Tinserlion  dans  le  Journal  la  responsa- 
bihté  des  opinions  qu  ils  y  expriment. 


SÉANCE  DU  14  FÉVRIER  1895.  67 

mier  volume.  M.  Mottet  a  joint  à  cet  envoi  un  exemplaire  du 
Guide  de  multiplication  des  végétaux,  qu'il  vient  de  publier  et 
qu'il  prie  de  faire  examiner  par  une  Commission  spéciale. 

B.  —  Correspondance  imprimée  : 

1°Une  circulaire  annonçant  que  la  Société  centrale  d'Horti- 
culture de  Caen  et  du  Calvados  tiendra  une  Exposition  interna- 
tionale d'Horticulture  à  Caen,  dans  la  première  semaine  de 
novembre  1895, 

2°  Le  règlement  et  le  programme  d'une  Exposition  de  Roses 
et  de  plantes  ornementales  que  la  Société  Royale  d'Horticulture 
de  la  province  de  Namur  (Belgique)  tiendra  au  Kursaal,  à 
Namur,  les  30  juin  et  1^^' juillet  1895. 

3°  Une  circulaire  de  la  Société  des  Agriculteurs  de  France, 
émanant  de  la  Commission  monétaire  permanente,  qui  sollicite 
des  adhésions  pour  la. création  d'une  Ligue  nationale  bimétal- 
lique dont  le  but  serait  l'institution  du  «  Bimétallisme  universel  ». 

G.  —  Ouvrages  destinés  a  la  bibliothèque  : 

La  Bouillie  tanno-cuprique  appliquée  au  traitement  dumildew 
de  la  Vigne  et  des  maladies  de  la  Tomate,  Pomme  de  terre,  etc. 
Communication  présentée  à  la  Société  nationale  d'Agriculture 
et  à  l'Académie  des  Sciences  par  MM.  Joué  et  Crouzel.  La  Réole 
(Gironde),  décembre  1894. 

Promenades  horticoles  au  Parc  de  Gand,  par  M.  Hubert  van 
Huile.  Gand,  1893,  1  vol.  in-8%  127  pages. 

Notice  sur  rétablissement  d'Horticulture  de  M.  Ed.  Pgnaert 
mm  Geert,  nouvelle  édition,  par  M.  Ch.  de  Bosschere,  Membre 
correspondant  de  la  Société  nationale  d'Horticulture  de  France, 
Gand,  1893,  in-8%  16  pages. 

La  situation  de  Vindustrie  horticole  en  Belgique,  par  M.  Ed. 
Pynaert  van  Geert,  Membre  correspondant  de  la  Société  natio^ 
nale  d'Horticulture  de  France,  Gand,  1894,  in-8°,  11  pages. 

Du  Jute,  de  sa  culture  et  de  son  acclimatation  dans  nos  colonies, 
par  M.  Jules  Grisard.  Extrait  de  la  Bévue  des  Sciences  natu- 
relles appliquées,  in-8°,  14  pages. 

Bapport  sur  la  participation  de  la  Belgique  à  VFxposition 
universelle  de  Pomologie,  à  Saint-Pétersbourg,  par  M.  Pynaert, 
in-8*',  14  pages, 


68  PROCÈS-VERBAUX. 

34®  livraison  du  Dictionnaire  pralique  d^ Horticulture,  par 
M.  Nicholson,  traduit  par  M.  Mottet. 

Informations  et  renseignements  publiés  par  le  ministère  de 
l'Agriculture,  n°«  4,  5  et  6,  26  janvier,  2  et  9  février  1895. 

Il  est  fait  dépôt  sur  le  bureau  des  documents  suivants  : 

Rapport  sur  le  forçage  des  Azalea  de  M.  Debille,  horticulteur 
à  Versailles,  par  M.  Georges  Truffant. 

Rapport  sur  VExposition  horticole  de  Cannes  (Alpes-Mari- 
times), par  M.  H.-L.  de  Yilmorin. 

Sur  un  lot  de  Pommes  rapportées  de  r Exposition  fruitière  de 
Saint-Pétersbourg,  rapport  fait  par  M.  Michelin  au  nom  du 
Comité  d'Arboriculture  fruitière. 

Les  objets  suivants  ont  été  présentés  pour  être  soumis  à  l'exa- 
men des  Comités  compétents  : 

i°  Par  M.  Louvet,  jardinier  chez  M.  Provot,  à  Domont  (S. -et-0). 
six  pots  de  Fraisiers  (plants  de  Tannée)  :  un  de  la  variété 
D""  Morère,  mis  en  végétation  première  quinzaine  de  novembre  ; 
quatre  de  la  variété  Marguerite  Lebreton,  portant  des  fruits 
mûrs,  mis  en  végétation  fm  novembre  ;  un  de  cette  dernière 
variété  avec  fruits  en  bonne  voie  de  maturation,  mis  en  végéta- 
tion vers  le  io  décembre.  Une  prime  de  1'"  classe  est  accordée 
pour  cette  présentation. 

2°  Par  M.  Congy,  chef  potagiste  au  domaine  de  Ferrières-en- 
Brie  (Seine-et-Marne),  une  botte  de  superbes  Asperges.  Dans 
une  note  jointe  à  son  apport,  M.  Congy  expose  le  procédé  de 
culture  qui  lui  a  permis  d'obtenir  les  produits  dont  il  montre  un 
échantillon  :  «  Le  18  mars  1893,  sur  une  couche  préparée  à  cet 
effet,  j'ai,  dit-il,  planté  des  griffes  d'un  an,  de  la  maison  Godefroy- 
Lebœuf,  d'Argenteuil,  A.  Belin,  successeur.  Voici  le  mode  de 
plantation  que  j'ai  mis  en  pratique  :  j'ai  ouvert  deux  tranchées 
de  1  m.  40  de  largeur  sur  une  longueur  de  22  m.  10  et  1  mètre 
de  profondeur,  ce  qui  m'a  permis  de  placer  deux  rangées  de 
34  châssis  séparées  par  un  sentier  de  0  m.  60. 
'  «  J'ai  fait,  en  même  temps,  un  semblable  travail  pour  ma 
deuxième  saison.  Ensuite  j'ai  mis  dans  le  fond  des  tranchées, 
sur  une  épaisseur  de  0  m.  30  environ,  des  fagots  que  j'ai  recou- 
verts d'une  couche  de  fumier  de  0  m.  60  et  enfin  du  terreau. 


SÉANCE  DU  li  FÉVRIER  1895.  69 

((  Cette  couche  a  été  faite  six  semaines  avant  la  plantation  pour 
qu'elle  n'ait  plus,  à  ce  moment,  qu'une  chaleur  douce. 

«  Pendant  Tannée  1893,  j'ai  donné  tous  les  soins  ordinairesque 
réclame  l'Asperge  :  arrosages,  engrais,  binages,  etc. 

«  La  deuxième  année,  en  1894,  j'ai  répandu  sur  mes  griffes  du 
bon  terreau  ;  j'ai  donné  aussi  des  arrosages  quand  le  besoin  s'en 
est  fait  sentir.  Il  est  sorti  des  turions  de  toute  beauté.  C'est  ce 
qui  m'a  décidé  à  forcer  mes  griffes  une  année  plus  tôt  que  je 
n'en  avais  l'intention  :  les  résultats  ont  été  au  delà  de  mes  espé- 
rances. 

«  J'ai  commencé  à  forcer  ma  couche  de  première  saison  d'As- 
perges, le  15  novembre  1894  ;  elle  a  donné  pendant  deux  mois. 
Ma  seconde  saison  est  forcée  depuis  le  15  janvier  et  j'ai  commencé 
à  cueillir  des  Asperges  huit  jours  après.  » 

Sur  la  proposition  du  Comité  de  Culture  potagère,  l'Assemblée 
accorde  à  M.  Congy  une  prime  de  1'-  classe,  avec  félicitations. 

3°  Par  M.  Berthault  (Jean),  horticulteur  à  Saint-AIard,  près 
Dammartin-en-Goële  (Seine-et-Marne),  un  lot  de  Witloof  ou 
Endives  d'une  remarquable  beauté.  Pour  cette  présentation, 
M.  Berthault  reçoit  un  rappel  de  prime  de  l'^  classe,  avec  félici- 
tations. 

4°  Par  la  maison  Vilmorin-Andrieux  et  C'%  20  variétés  de 
Primevères  de  Chine  appartenant  aux  groupes  des  frangées,  à 
feuilles  de  Fougère,  géantes  et  à  fleurs  doubles.  L'Assemblée 
ratifie  la  proposition  du  Cotnité  de  Floriculture  consistant  à 
accorder  uno  prime  de  l''®  classe  avec  félicitations  pour  cette 
belle  présentation,  faite  en  vue  de  montrer  les  progrès  qui  se 
réalisent  dans  l'amélioration  de  l'une  de  nos  plantes  d'ornement 
les  plus  recherchées. 

5°  Par  M.  Touret  (Pierre),  jardinier  à  la  Yarenne-Saint-Hilaire 
(Seine),  au  nom  de  M.  Labarrière,  de  Charleville  (Ardennes), 
6  fruits  d'une  Poire  nouvelle,  de  semis,^  nommée  par  le  pré- 
sentateur Alexandre  III  e\.  pour  lesquels  il  lui  est  accordé  des 
remerciements.  L'arbre  n'a  pas  été  taillé; il  a  donné  cette  année, 
comme  première  récolte,  250  fruits.  Le  Comité  d'Arboriculture 
fruitière  a  trouvé  ces  fruits  beaux,  à  chair  fondante,  sucrée,  peu 
parfumée.  Ils  méritent  d'être  étudiés.  • 


70  PROCÈS-VERBAUX. 

6°  Par  M.  Pichon(S.),  39,  rue  Saint-Denis,  à  Lagny  (Seine-et- 
Marne),  des  Pommes  appartenant,  les  unes  à  la  variété  nommée 
Faro,  fruit  de  marché,  pas  de  première  qualité,  mais  néanmoins 
recommandable,  les  autres  à  une  variété  obtenue  de  semis.  Ces 
dernières  assez  grosses,  à  chair  ferme,  sucrée,  pourraient  être 
cultivées  pour  le  marché.  Sur  la  proposition  du  Comité  d'Ar- 
boriculture fruitière,  l'Assemblée  vote  des  remerciements  à 
M.  Pichon. 

M.  le  Président  remet  les  primes  aux  personnes  qui  les  ont 
obtenues.  L'un  de  MM.  les  Secrétaires  annonce  de  nouvelles 
présentations. 

La  séance  est  levée  à  trois  heures. 


SÉANCE    DU    28    FÉVRIEn     1895. 
Présidence  de  M.  Ch.  Joîy,  Vice-Président  de  la  Société 

La  séance  est  ouverte  à  deux  heures  et  demie. 

Les  registres  deprésence  ont  reçu  les  signatures  de  1 69  membres 
titulaires  et  28  honoraires. 

Le  procès-verbal  de  la  dernière  séance  est  lu  et  adopté. 

M.  le  Président  proclame,  après  un  vote  de  l'Assemblée, 
l'admission  de  22  nouveaux  membres  titulaires. 

M.  le  Secrétaire  général  annonce  que  la  Société  a  subi  quatre 
pertes  regrettables  par  les  décès  de  M.  Battaille  (Charles),  ingé- 
nieur civil,  à  Saint-Maur-les-Fossés  (Seine),  membre  titulaire  de- 
puis 1891  ;  de  M.  le  comte  Yigier  (Joseph),  de  Paris,  membre  de 
la  Société  depuis  1862;  de  M.  Berger  (Auguste),  horticulteur  à 
Yerrières-le-Buisson  (Seine),  membre  honoraire,  qui  faisait 
partie  de  la  Société  depuis  Tannée  1853;  de  M.  Leroy  (André), 
négociant  à  Dammartin  (Seine-et-Marne). 

Il  apprend  ensuite,  qu'à  l'occasion  de  son  voyage  à  Nevers, 
M.  le  Ministre  de  l'Agriculture  a  nommé   chevalier  du  Mérite 
agricole  un  de  nos  collègues,  M.  Pathouut,  jardinier  à  Gorbigny. 
Il  procède  au  dépouillement  de  la  correspondance  qui  com- 
prend : 


SÉANCE    DU    28    FÉVRIER    1895.  71 

A.  —  CoRilESPO.NDANCE    MANUSCRITE  l 

Lettre  de  la  Société  d'horticulture  du  canton  de  Dammartin 
(Seine-et-Marne),  annonçant  qu'une  Exposition  horticole  et  agri- 
cole aura  lieu  à  Dammartin,  au  mois  d'août  prochain,  à  une 
date  correspondant  avec  la  fête  patronale  du  pays. 

B.  —  Ouvrages  destinés  a  la  Bibliotdèoue  : 

Note  de  M.  le  D"^  Trabut,  membre  correspondant  de  la  Société  : 
Les  vieilles  questions  en  matière  d'acclimatation,  in-S",  4  p. 
(Extrait  du  Bulletin  de  la  Société  cV Horticulture  à' k\^Qv.) 

Informations  et  renseignements  publiés  par  le  Ministère  de 
l'agriculture  n°  7  (16  février  1895)  et  n°  8  (23  février  1893). 

M.  le  Secrétaire  général  fait  ensuite  connaître  les  résultats  du 
concours  d'Orchidées  qui  a  eu  lieu  avant  la  séance  et  qui  a  été 
très  remarquable  (1).  Le  Jury,  composé  de  MM.  Savoye,  Opoix, 
Bergman  (F.),  Bullier,  Boizard  (E.),  Leroy,  a  décerné  les  récom- 
penses suivantes  : 

Grandes  médailles  de  vermeil  à  M.  Page,  jardinier  chez 
M.  Robert  Lebaudy  et  à  MM.  Cappe,  père  et  fils; 

Médaille  de  vermeil,  à  M.  Mantin  ; 

Grandes  médailles  d'argent,  à  M.  Bert  (Etienne)  et  à  M.  Dallé; 

Médailles  d'argent  à  M.  Élie  (Alfred)  et  à  M.  Duval  ; 

Médailles  debronze,'à  M.  Courmontagne  et  à  M.  Piret  (Louis). 

Remerciements  à  MM.  Leroy  (François)  et  Driger. 

Les  objets  suivants  ont  été  déposés  sur  le  bureau  pour  être 
examinés  par  les  Comités  spéciaux  : 

1"  Par  MM.  Forgeot  et  G'%  horticulteurs  grainiers,  8,  quai  de 
la  Mégisserie,  à  Paris,  une  collection  de  Cinéraires  (Gineraria 
cruenta)  comprenant  de  nombreuses  variétés  et  pour  laquelle  il 
leur  est  décerné  une  prime  de  3^  classe. 

2°  Par  M.  Millet,  horticulteur  à  Bourg-la-Reine  (Seine),  des 
potées  de  Muguet  à  grande  fleur.  Le  présentateur  fait  observer 
que  la  floraison  de  cette  belle  plante  a  été  obtenue  par  une 
culture  sur  couche  avec  une  température  variant  entre  12 
et    15  degrés  alors  que,  jusque  dans  ces  derniers  temps^  on 


(1)  Un  compte   rendu    de    ce    concours   sera  publié   ultérieure- 
ment. 


72  NOMINATIONS. 

prélendait  qirune  température  de  25  di  grés  était  nécessaire. 
Une  piinie  de  3"  classe  avec  félicitations  Ini  est  accordée. 

M.  Millet  montre,  en  outre,  une  superbe  série  de  vaiiétés  nou- 
velles de  Violettes  pour  lesquelles  il  reçoit  une  prime  de 
1'"°  classe. 

Sur  la  demande  de  MM.  Besnard  père,  fils  et  gendi-e,  rue  Geof- 
froy-Lasnier,  28,  à  Paris,  une  Commission  composée  de  MM.  Gar- 
not,  Lebœuf  (Henri),  Gennari,  Blanquier.  Bourrette,  a  été  nommée 
par  le  Comité  des  Industries  horticoles,  à  l'edet  d'examiner  un 
Pulvérisateur  perfectionné  pour  l'emploi  de  l'acide  sulfurique. 
MM,  Besnard  ont  imaginé  cet  appareil  en  vue  du  traitement  de 
l'anthracnose  de  la  Vigne,  qui  consiste  à  badigeonner,  en  hiver, 
avant  le  bourgeonnement,  la  partie  aérienne  de  la  Yigne  avec 
une  dissolution  d'acide  sulfurique  à  6°  Baume. 

11  est  fait  dépôt  sur  le  bureau  du  document  suivant  : 

Notice  biographique  sur  M.  Larivière,  par  M.  Lavoivre. 

L'un  de  MM.  les  Secrétaires  annonce  de  nouvelles  présentations 
et  la  séance  est  levée  à  trois  heures. 


NOMINATIONS 


SÉANCE    DU    14    FÉVRIER    189o. 

MM. 

1.  Alluard  (G.),  12,  place  Daupliinc,  à  Paris,  présenté  par  MM.  de 

Vilmorin  et  A.  ïhéry. 

2.  Anfroy  [(Henri),  fabricant   de   claies,  de   paillassons,  à  Andiily, 

près  Montmorency  (Seine-et-Oise),  présenté  par  MM.  Anfroy 
et  Pradiues. 

3.  Besnier  (Eugène),   fabricant  de   chariots  à    déplanter  les   gros 

arbres,  quai   de    SainL-Cloud,  à   Saint  Cloud    (Seine-et-Oise), 
présenté  |>ar  MM.  Deny  et  Marcel. 

4.  BuRi'EE  (NV.   Allée),  475,  Norlh  Fifth  Street,  à  Phiiadelpbia  Pa 
-    (États-Unis),  présenté  par  MM.  H.  L.  de  A'ilmorin  et  Bois  (D.). 

5.  Del.ujarre    (E."!,   jardinier    chez  M.    Oriol,   à   Épuiay-sur  Seine 

(Seine),  présenté  par  MM.  Francin  et  Gorion. 

6.  EsPAULLARD  (H.),   ruc  Béthésy,   24,  à  Noisy-le-Sec,  (Seine),  pré- 

senté par  MM.  Hibert  (J.)  et  EspauUard  (N.). 


SÉANCE   nu   14   FÉVRIER    1895.  73 

7.  Tlament,   propriétaire,  à    lîièvres    (Seine- el-Oise),  présenté   par 

MM.  Huard  et  Chatenay  (A.). 

8.  FiNOT  (Louis-Rodolphe),   ex-Gommissaire-expert    du  Gouverne- 

ment, 44,  boulevard  Saint-Germain,  Paiis,  et  à  Maisse,  Villa 
Ribetle  (Seine-et-Oise),  présenté  par  MM.  Opoix  (0.)  et 
Geibel  (A.). 

9.  Gaudoin  (Félix),  dessinateur  paysagiste,  chez  M.  Deny,  rue  Spon- 

lini,  30  (Paris),  présenté  par  MM.  Deny  (E.)  et  Marcel  (G.). 
10.  Gentil  (Alfred  le),  3,   place  de  la  Madeleine,  à   Arras  (Pas-de- 

Galais),  présenté  par  M.  Bois  (D.). 
il.  GiBAULT,  o."i,  quai  Bourbon  (Paris),  présenté  par  MM.  Bois  et  Gha- 

tcnay  (A.). 

12.  Jeau  (Jules),  jardinier  clk^z   M.  Salleron,   M,   rue  Saint-Barlhé- 

lemy,  à  Melun  (Seine-et-Marne),  présenté  par  MM.  Ausseur- 
.Serlier  et  Ghatenay  (A.). 

13.  JussAUME  (J.-B.),   2,   Une  Pavée,  Bagneux  (Seinei,   présenté  par 

MM.  Hoïbian  et  Francin. 
1^.  Lansezeur,  horticulteur,  6,  rue  d'Inkermann,  à   Rennes  (llle-et- 
Viluine),  présenté  par  MM.  Huard  et  Ghatenay  (A.). 

15.  Lepetit  (Martial),  horticulteur,  109,   boulevard  Bineau,  Neuilly- 

sur-Seine  (Seine),  présenté  par  MM.  L.  Gappe  et  Gayeux. 

16.  Ligner  (Daniel),   horticulteur,   rue   Ménilmontant,   12,  Bagnolet 

(Seine),  présenté  par  MM.  Durand  (A.)  et  Eve  (E.). 

17.  Mariotti  (le  baron  André),  Président  du  Gomité  de  direction  de 

l'Union  corse.  Président  de  la  réunion  départementale  corse. 
Membre  de  la  Société  des  Agriculteurs  de  France,  10,  rue 
Marbeuf  (Paris),  présenté  par  MM.  Huard  et  Ghatenay  (L.). 

18.  MouRMt:s.  propriétaire,  214,  rue   de  Gharenton  (Patis),  présenté 

par  MM.  Hébrard  (A.)  et  Hébrard  (L.). 

19.  Ravel  (A.),  constructeur  de  kiosques  et  chalets,   27,  boulevard 

Bessières  ;Paris),  présenté  par  MM.  Deny  (E.)  et  Marcel  (Gti.). 

20.  Robinet  (Gaston),  jardinier,  château  de  Patimesnil,  par  les  Thil- 

liers-en-Vexin  (Eure),  présenté  par  MM.  Anfroy  et  Pradines. 

21.  Rossignol  (François),  jardinier  au    château  de   la  duchesse  do 

Galliéra,  1 ,  rue  de  Ghàtillon,  (-laniart  (Seine),  présenté  par 
MM.  Beudin,  Urbain  et  Drev^iu. 

22.  Wladimir  de   Voyeikow,    lieutenant    aux    Ghevaliers-gardes   Za- 

chkariewskaia,  Saint-PélersLourg,  (Russie),  présenté  par 
MM.  Maxime  Gornu,  Martinet,  Ghatenay  (A.)  et  Yitry  (D.). 

23.  Warner,  jardinier-chef   chez   M,    Rodocanachi,  à  Anddly,  près 

Montmorency  (Seine-et-Oise),  présenté  par  MM.  Anfroy  et 
Pradines. 


7'f  NOMINATIONS. 

SÉANCE    PU    28    FÉVRIER    1895. 

MM. 

1.  Bataille  (Jules),  jardinier  cliez  M.  Binder,  maire  de  Choisv-au- 

Bac,  par  Compiègne  (Oise),  présenlé  par  MM.  Ducerf  et  Cha- 
tenay  'A.). 

2.  Benoist    i^Gervais),  horticulteur,    à    Estrées-Saint-Deuis   (Oise), 

présenté  par  MM.  Bergman  (E.)  et  Roger. 

3.  BorcoT  (Louis),  horticulteur,  rue  de  la  Boissière,  à  Montreuil- 

sous-Bois  (Seine),  présenté  par  MM.  Emile  Eve  et  Ligner. 

4.  Carré  (Auguste-Alexandre),  fleuriste,  81,  rue  du  Bac,  à  Paris. 

présenté  par  MM.  Delang  et  Chemin. 
0.   Dantin  (Martin),  fahricant  de  mastic  liquide  à  gretîer,  Grande  Rue 
Guillotière,  à  Lyon  (Rhône),  présenté  par  MM.  Crozy  aine  et 
Chatenay  (A.). 

6.  DuvAL  (Albertl,  17  rue  d'Anjou-Saint-Honoré,  à  Paris  présenlé 

par  MM.  Michelin  et  L.  de  Vilmorin. 

7.  GÉROME,   chef  de  l'Ecole   de  botanique,  au  Muséum  d'histoire 

naturelle,  rue  Poliveau,  2,  à  Paris,  présenté  par  MM.  Cornu 
et  D.  Bois. 

8.  Henny  (Henry),  jardinier  chez  M.  Octave  Mirbeau,  à  Carrières- 

sous-Boissy    (Seine-et-Oise),   présenté   par  AIM.   Chouvet  et 
Sallier  fils^. 

9.  Henry  (Charles)  tils,  avenue  Sainte-Marie,  46,  Saint-Maudé  (Seine), 

présenlé  par  MM.  Thiébaut-Legendre  et  Thiébaut. 

10.  Hocquart  (Hippolyte),  jardinier-chef,  à  l'École  normale  d'institu- 

teurs, à  Nancy  (Meurthe-et-Moselle),  présenté  par  MM  .Picoré 
et  Crousse. 

11.  Lachesnais- (Edmond  de),  propriétaire,  chemin  de  la  Corniche, 

château  Talabot,  à  Marseille  (Bouches-du-Rhône),  présenté 
par  MM.  Huard  et  Chatenay  (A.). 

12.  Lécot  (Benoist),  horticulteur,  à  Estrées-Saint-Denis  (Oise),  pré- 

senté par  MM.  Bergman  (Ernest)  et  Roger. 

13.  Lenoble    (Justin-Henri)    horticulteur,    94    rue    Sadi-Carnot,    cà 

Bagnolet  (Seine),  présenté  par  MM.  Girardot  et  Legrand. 

14.  Mangin  (Louis),  docteur  es  sciences,  professeur  au  Lycée  Louis- 

le-Grand,  2,  rue  de  la  Sorbonne,  à  Paris,  présenté  par  MM.  le 
D""  Bornet  et  Guignard. 

15.  Martin  (Charles),  avenue  de  l'Aima,  12  his,  à  Paris,  présenté  par 

MM.  Trufîaut  et  Lebeuf  (Paul). 

16.  Mouraud  (Henri),  81,  rue  des  Hauts-Pavés,  à  Xantes  (Loire-Infé- 

rieure), présenté  par  MM.  Boucher  et  Lefièvre. 

17.  Perraud,  horticulteur,  place  des  Terreaux,  22,  à  Lyon  (Rhône), 

présenté  par  MM.  Caillaud,  Debac  et  Delaville  (L.). 


LISTE   DES   RÉCOMPENSES.  75 

18.  PiNCHEMAiL  (Alfred),  horticulteur  à  Albert  (Somme),  présenté  par 

MM.  Roger  et  Ghatenoy  (A.). 

19.  Raquet  h.  professeur  d'agriculture  de  la  Somme,  2,  rue  d'Heilly, 

à  Amiens  (Somme),  présenté  par  MM.  Rergraan  (E.)  et  Roger. 

20.  Tabernat  (Henri),  jardinier,  boulevard  delà  Villette,  140,  à  Paris, 

présenté   par  MM.  Delaville  (L.)  et  Hariot. 

21.  Varlet  iMyrtil),  à  Bulles   (Oise),   présenté  par  MM.  Coulon  et 

Delaville  (L). 

22.  VÉDiÉ  (Arthur),  pharmacien,  à  Cloyes   'Eur^^-r-t-Loir},  présenté 

par  MM.  Boucher  et  Nivert. 


EXPOSITION   DE   CHRYSANTHEMES 

DU    li    AU    18   NOVEMBRE    1894. 

Liste  complète  des  récompenses  accordées  (1). 

Prix  d'honneur.  —  Objet  d'art  offert  par  M.  le  Président  de  la 
République,   à  M.   Nonin,    14,  route  de  Paris,  à  Chàtillon-sous- 
Bagneux  (Seine),  pour  l'ensemble  de  son  exposition. 

Médaille    d'honneur    de    M.    le    ministre    de   l'Agriculture,    à 
MM.  Vilmorin-Andrieux  et  C'-,  4,  quai  de  la  Mégisserie,  pour  l'en- 
semble de  leur  exposition. 

Plantes  en  'pots. 

i^''  concours.  —  La  plus  belle  collection  de  150  variétés. 

Médaille  d'or.  —  M.  Nonin,  déjà  nommé. 

Grande  médaille  de  vermeil.  —  MM.  Forgeot  et  C'%  8,  quai  de 
la  Mégisserie,  à  Paris. 

Grande  médaille  de  vermeil.  —  MM.  Vilmorin-Andrieux  et  C'% 
déjà  nommés. 

Médaille  de  vermeil.  —  M.  Boutreux,  89,  rue  de  Paris,  à  Mon- 
treuil-sous-Bois  (Seine). 

Médaille  de  vermeil.  —  M.  Dallé,  29,  rue  Pierre-Charron,  à 
Paris. 

Médaille  de  vermeil.  —  MM.  Lévèque  et  fils,  69,  rue  du  Liégat,  à 
Ivry-sur-Seine. 

Grande  médaille  d'argent.  —  M.  Gérand,  horticulteur,  91,  route 
de  Montrouge,  à  MalakofF  (Seine). 

2^  concours.  —  La  plus  belle  collection  de  100  variétés. 

Médaille  d'or.  —  M.  Yvon,  horticulteur,  44,  route  de  Châtillon,  à 
Malakoff  (Seine). 

(1)  Des  omissions  ayant  été  signalées  dans  la  liste  des  récom- 
penses publiée  dans  le  cahier  de  décembre  1894,  le  Conseil  d'admi- 
nistration de  la  Société  a  décidé  l'impression  de  cette  liste  rectiliée. 


76  EXPOSITION    DE  CHRYSANTHÈMES. 

Médaille  de  vermeil.  —  M.  Boulreiix,  déjà  nommé. 

Médaille  de  vermeil.  —  M.  Gérand,  déjà  nommé. 

Grande  médaille  d'argent.  —  MM.  Lévêque  et  fils,  déjà  nommés. 

S"  concours.  —  La  plus  belle  collection  de  50  variétés. 

Grande  médaille  d'argent.  —  MM.  Fori^eot,  déjà  nommé. 

Médaille  d'argent.  —  M.  Bertrandus  (frère),  directeur  de  l'éta- 
blissement horticole  dlgny. 

Médaille  de  bronze.  —  MM.  Lévèqae  et  fils,  déjà  nommés. 
4^  concours.  —  La  plus  belle  collection  de  25  variétés. 
Médaille  d'argent.  —  MM.  Lévêque  et  fils,  déjà  nommé--. 

Belle  Culture.  —  Culture  spéciale  en  pofs. 

8®  concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  50  variétés. 
Médaille  de  vermeil —  MM.  Forgeot,  déjà  nommés. 
Médaille  de  vermeil.  —  MM.  Vilmorin,  déjà  nommés. 
Médaille  de  vermeil.  —  MM.  Vilmorin,  déjà  nommés. 
Grande  médaille  d'argent.  —  M.  Boutreux,  déjà  nommé. 

9*^  concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  30  variétés. 

Médaille  d'or.  —  M.  Nonin,  déjà  nommé. 

Médaille  d'or.  —  M.  Boulreux,  déjà  nommé. 

Grande  médaille  d'argent.  —  MM.  Vilmorin-Andrieux  et  O^, 
déjà  nommés. 

10*^  concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  Chrysanthèmes  greffés. 

Grande  médaille  d'argent.  —  M.  Bernard,  jardinier  chez 
M™°  Tesson,  19,  rue  du  Ponceau,  Chàtillon-sous-Bagneux  (Seine). 

Fleurs  coupées. 

12^  concours.  —  La  plus  belle  collection  de  200  variétés. 

Médaille  de  vermeil.  —  MM.  Lévêque  et  fils,  déjà  nommés. 

13^  concours.  —  La  plus  belle  collection  de  150  variétés. 

Grande  médaille  d'argent.  —  M.  Ïorcy-Vannier,  horticulteur, 
12,  rue  de  la  Juiverie,  à  Meluu  (Seine-et-Marne). 

14®  concours.  —  La  plus  belle  collection  de  100  variétés. 

Médaille  de  vermeil.  —  M.  Nonin,  déjà  nommé. 

Grande  médaille  d'argent.  —  M.  Boutreux,  déjà  nommé. 

Médaille  d'argent.  —  M.  Delimoges,  horticulteur,  43,  rue  de 
Paris,  Petit-Ivry  (Seine). 

Médaille  d'argent.  —  M.  Launay,  horticulteur,  6,  rue  des  Ché- 
neaux.  Sceaux  (Seine). 

Médaille  de  bronze.  —  M.  Lavaux(A.),  jardinier-chef  chez  M.  E. 
Dagonet,  à  Chàlons-sar-Marne. 


LISTE    DES   RÉCOMPENSES.  i  i 

15®  concours.  —  La  plus  belle  collection  de  50  variétés. 

Grande  médaille  d'argent.  —  M.  Couillard  (F.),  28,  rue  Saint- 
Loup,  Rayeux  (Calvados). 

Médaille  d'argent.  —  M.  Moreau  (Ludovic),  86,  rue  Lecourbe,  à 
Paris. 

Médaille  de  bronze.  —  M.  Sadarnac  (Emile),  jardinier  au  châ- 
teau de  Saint-Vrain  (Seiue-et-Oise). 

16^  concours.  —  La  plus  belle  collection  de  25  variétés. 

Médaille  d'argent.  —  M.  Coulon  (N.),  51,  avenue  de  la  Motte- 
Piquet,  à  Paris. 

Médaille  de  bronze..  —  M.  Gamichon,  amateur,  à  Pouan,  par 
Arcis-sur-Aube  (Aube). 

Médaille  de  bronze.  —  M.  Legrand,  à  Vincennes. 

Mention.  —  M.  Lovis  (T.),  amateur,  40,  avenue  des  Mouliueaux, 
Billancourt  (Seine). 

Fleurs  coupées.  —  CulLure  spéciale. 
Les  plus  beaux  spécimens. 

17®  concours.  —  La  plus  belle  collection  de  100  variétés. 

Médaille  d'or.  —  M.  Rosette  (E.),  horliculteur,  88,  rue  de  Vau- 
celles,  Caen  (Calvados). 
Grande  médaille  de  vermeil.  —  MM.  Lévéque  et  fils,  déjà  nommés. 
Grande  médaille  de  vermeil,  —  MM.   Vilmorin,  déjcà  nommés. 
Médaille  de  vermeil.  —  M.  Gérand,  déjà  nommé. 

18®  concours.  —  La  plus  belle  collection  de  75  variétés. 

Grande  médaille  de  vermeil.  —  MM.  Lévêque  et  fils,  déjà 
nommés. 

Grande  médaille  de  vermeil.  —  M.  Rosette,  déjà  nommé. 

Grande  médaille  de  vermeil.  —  MM.  Yilmorin-Andrieux  et  C''=. 
déjà  nommés. 

Grande  médaille  d'argent.  —  M.  Yvon,  déjà  nommé. 
19®  concours  —  La  plus  belle  collection  de  50  variétés. 

Grande  médaille  de  vermeil.  —  M.  Rosette,  déjà  nommé. 

Grande  médaille  de  vermeil.  —  MM.  Yilmorin-Andrieux  et  Ci*", 
déjà  nommés. 

Grande  médaille  de  vermeil.  —  M.  Yernier  (Clodomir),  chef  de 
culture  chez  M.  Rose  Charmeux,  à  Thomery  (Seine-et-Marne). 

Médaille  de  vermeil.  —  M.  de  Reydellet,  à  Yalence  (Drôme). 

Grande  médaille  d'argent.  —  M.  Santelli  (Dominique),  horticul- 
teur à  Orly  (Seine). 


78  EXPOSITION   DES   CORYSANTHÈMES. 

20®  concours.  —  La  plus  belle  collection  de  25  variétés. 

Grande  médaille  de  vermeil.  —  M.  G.  Debrie  (Maison  Lachaiime), 
10,  rue  Royale,  à  Paris. 

Grande  médaille  de  vermeil.  —  M.  Calvat,  à  Grenoble  (Isère). 

Médaille  de  vermeil.  —  M.  Coiiillard,  déjà  nommé. 

Grande  médaille  d'argent.  —  M,  Germent,  jardinier-chef,  rue 
Brétigny,  Ghampigny  (Seine). 

21  ®  concours.  —  La  plus  belle  fleur  présentant  le  plus  grand 
développement. 

Orande  médaille  de  vermeil.  —  M.  G.  Debrie  (Maison  Lachaume), 
déjà  nommé. 
Médaille  de  vermeil.  —  M.  Rosette,  déjà  nommé. 
Grande  médaille  d'argent.  —  M,  Calvat,  déjà  nommé. 
Médaille  d'argent.  —  M.  Santelli,  déjà  nommé. 

Variétés  nouvelles. 

22®  concours.  —  Les  plus  belles  variétés  non  encore  au  com- 
merce, ne  dépassant  pas  25. 

Médaille  de  vermeil.  —  M.  Calvat,  déjà  nommé. 

Grande  médaille  d'argent  du  ministre.  —  MM.  Forgeot  et  C'% 
déjà  nommés. 

Médaille  d'argent.  —  M.  Parent  (Aug.),  amateur,  82,  place 
Saint-Léger,  à  Ghambéry. 

Médaille  d'argent.  —  M.  Chantrier,  à  Rayonne. 

Médaille  de  bronze.  —  M.  Reydellet  (de),  déjà  nommé. 

Médaille  de  bronze.  —  M.  Paillet  (L.),  horticulteur,  vallée  de 
Chatenay  (Seine). 

Remerciements.  —  M.  Héraud,  villa  Brimborion,  Pont  d'Avi- 
gnon (Gard). 

Remerciements.  —  M.  Gamichon,  déjà  nommé. 

Bouquets  et  garnitures  d'appartements. 

24^  concours.  —  Pour  les  plus  beaux  bouquets. 

Médaille  d'argent.  —  M.  G.  Debrie  (Maison  Lachaume),  déjà 
nommé. 

25°  concours.  —  Pour  les  plus  beaux  bouquets  ou  ornemen- 
tations diverses  faites  avec  des  Chrysanthèmes. 

Médaille  d'argent.  —  M.  Debrie  (Maison  Lachaume),  déjà 
nommé. 

26*  concours.  —  Pour  les  plus  beaux  motifs  d'ornements  en 
fleurs  et  fruits  réunis. 


OKSEOLES    DE    M.    CO.    TRUFFAUT.  /9 

Médaille  de  vermeil.   —  M.  Debrie  (Maison   Lacliaurae),    déjà 
nommé. 

Plantes  nouvelles. 

Médaille  d'argent.  —  M.  Régnier  (A.),  44,  avenue  de  Maripçny, 
Fontenay-sous-Bois  (Seine). 

Remerciements.  —  M.  Régnier,  déjà  nomme. 


NOTES  ET  MEMOIRES 


Allocution  proxonciîe  aux  obsèques  de  M.  Gn.  Truffaut, 
LE  23  janvier  1895, 

par   iM.   F.   Jamin  (I). 

Messieurs, 

Avant  que  cette  tombe  se  referme^  permettez-moi,  au  nom  de 
la  Société  nationale  d'Horticulture  de  France,  de  dire  quelques 
mots  d'adieu  à  l'homme  de  bien,  au  collègue  éminent  que  la 
mort  vient  de  ravir  à  l'affection  des  siens,  à  l'affection  de  tous. 

Ch.  Truffaut  faisait  partie  de  notre  Association  depuis  1852. 
Il  a  donc  été  nôtre  pendant  quarante-trois  ans,  période  que 
nous  avions  le  légitime  espoir  de  voir  grandir  encore.  Il  a  été 
l'un  de  nos  Yice-Présidents  et  à  diverses  reprises  il  a  fait  partie 
de  notre  Conseil  d'Administration,  où  sa  grande  compétence  et 
la  rectitude  de  son  jugement  étaient  fort  appréciés. 

Fils  d'un  horticulteur  émérite  que  les  plus  anciens  d'entre 
nous  ont  eu  l'honneur  de  connaître  et  qu'ils  n'ont  pas  oublié, 
Gh.  Truffaut  a,  de  même  que  ses  contemporains,  les  Bertin  et 
les  Thibaut,  été  une  des  gloires  de  l'Horticulture  française.  La 
nature  n'avait  pas  de  secrets  pour  lui  et  au  plus  haut  degré  il 
possédait  les  aptitudes  horticoles.  Qui  de  nous  ne  se  rappelle 
ses  succès  dans  la  culture  forcée  des  Fraisiers,  culture  à  laquelle 
pendant  longtemps  il  s'était  livré  sur  une  grande  échelle  ;  dans 
celle  des  Ananas,  dans  celle  encore  des  diverses  plantes  deserre 
et  d'autres  de  pleine  terre.  Certains  bulbes  étaient  également 
pour  lui  l'objet  de  résultats  non  moins  satisfaisants,  notamment 

(1)  Déposé  le  24  janvier  189o. 


80  NOTES    ET    MÉMOIRES. 

les  Glaïeuls  et  plus  encore,  peut-êlre,  les  Amaryllis  qu'il  aimait 
avec  passion  et  qui  entre  ses  mains  ont  fait  un  pas  immense. 
J'allais  oublier  plusieurs  races  de  Reine- Marguerite,  et  des  plus 
intéressantes,  dont  il  a  été  le  créateur,  qui  portent  son  nom  et 
qui  sont  depuis  longtemps  répandues  dans  les  deux  mondes. 

Gh.  Truffant  n'était  pas  seulement  un  grand  horticulteur, 
c'était  aussi  un  écrivain  de  valeur.  Les  nombreux  articles  et 
mémoires  qu'il  a  publiés  dans  les  bulletins  de  notre  Société  et 
de  celle  de  Seine-et-Oise,  en  font  foi  et  dénotent  le  praticien 
éclairé,  consciencieux  et  habile. 

De  nombreuses  récompenses,  soit  à  la  suite  de  rapports  juste- 
ment laudatifs,  soit  à  l'occasion  d'expositions  brillantes,  ont  été 
la  récompense  bien  méritée  de  ses  travaux.  N'oublions  pas  qu'il 
fut  aussi  un  des  grands  lauréats  de  l'Exposition  Universelle 
de  1855.  Beaucoup  s'étonneront  que  notre  regretté  collègue 
n'ait  pas  été  l'objet  de  distinctions  plus  grandes  encore,  distinc- 
tions que  souvent  des  amis  puissants  lui  avaient  fait  entrevoir 
comme  certaines,  mais  sa  grande  modestie  avait  toujours  opposé 
un  refus  absolu  à  ces  ouvertures. 

Personne  n'apportait  plus  d'ordre,  de  méthode,  plus  de  soins 
méticuleux  dans  les  travaux,  ni  plus  de  délicatesse  dans  les  rap- 
ports commerciaux.  Il  était  des  plus  affables  avec  ses  confrères 
et  toujours  aimable  et  sympathique  dans  ses  relations.  Gh.  Truf- 
fant laisse  une  grande  réputation  d'honorabilité  et  de  savoir, 
qualités  qui  sont  l'apanage  de  cette  famille.  Déjà  il  en  avait 
hérité  et  nous  les  retrouvons  dans  les  générations  qui  lui  succè- 
dent, de  même  qu'on  les  retrouvera  encore,  ce  n'est  pas  douteux 
dans  celles  qui  suivront. 

Puisse  le  souvenir  d'une  existence  si  bien  remplie  apporter 
quelque  adoucissement  à  la  profonde  douleur  d'une  famille  uni- 
versellement considérée  et  aimée. 

Adieu,  cher  collègue,  jamais  nous  n'oublierons  v^otre  belle 
âme  et  ce  sera  toujours  avec  une  profonde  déférence  que  nous 
prononcerons  votre  nom  et  nous  rappellerons  vos  grandes 
qualités,  votre  modestie  et  votre  caractère  doux  et  bienveillant. 


OBSERVATIONS  SUR  LA  CULTURE  DU  CRAMBE. 


81 


Observations  sur  la  culture  du  Grambé  (1), 

par  iM.  Auguste  Ducerf, 
Jardinier  chef  au  château  du  Francport. 

Nos  collègues  de  la  Société  nationale  d'Horticuilure  de 
France,  voudront  bien  nous  permettre  de  leur  donner  notre 
appréciation  sur  la  culture  et  les  avantages  d'un  légume  qu'ils 


connaissent  assurément  de  longue  date,  mais  dont  beaucoup, 
parmi  eux,  n'ont  peul-êlre  pas  été  à  même  d'apprécier  les 
grandes  qualités. 

Dans  un  long  mémoire  publié  par  le  journal  de  la  Société 
nationale  d'Horticulture  de  France,  volume  de  1892,  page  7o3  et 
volume  de  1893,  pages  36  et  84,  nous  avons  fait  connaître  d'une 
manière  aussi  détaillée  que  possible,  la  marche  que  nous  avons 
suivie  dans  la  culture  forcée  de  l'Asperge  pendant  près  de  vingt 

(1)  Déposé  le  22  novembre  1894. 

N.  B.  —  Nous  tenons  à  remercier  ici  MM.  de  Vilmorin  et  O",  qui 
nous  ont  gracieusement  prèle  le  cliché  qui  accompagne  cet  article, 

6 


82  NOTES    ET    MÉMOIRES. 

années,  avec  l'espoir  qu'un  plus  grand  nombre  d'amateurs 
comprendraient  mieux  l'importance  qu'il  y  a  d'avoir  chez  soi, 
dans  son  potager,  en  hiver,  un  légume  frais  d'une  quaUté  tout 
à  fait  exceptionnelle. 

Estimant  que  c'est  rendre  un  grand  service  que  de  contribuer 
à  propager  le  goût  d'une  culture  tombée  dans  l'oubli,  bien  que 
les  produits  en  soient  cependant  reconnus  de  première  qualité, 
nous  allons  aujourd'hui,  nous  efforcer  de  mettre  en  lumière 
la  marche  que  nous  suivons  également  dans  la  culture  forcée  du 
Crambé,  culture  non  moins  utile  que  celle  des  Asperges  dans 
les  jardins  potagers. 

Le  Crambé,  que  nous  nommons  vulgairement  Chou-marin, 
Crambe  maritima  L.,  appartient  comme  l'on  sait,  à  la  famille  des 
Crucifères.  Il  est  vivace  dans  sa  partie  souterraine  et  annuel 
dans  ses  parties  aériennes.  Sa  tige  meurt  après  avoir  mûri  une 
partie  des  graines  qu'elle  portait;  nous  disons  une  partie,  parce 
que  les  graines  de  Crambé  ne  sont  pas  toutes  fertiles  comme  on 
pourrait  le  croire,  c'est  même  ce  qui  explique  leur  cherté  rela- 
tive chez  tous  nos  principaux  marchands  grainiers.  Il  croît 
spontanément  sur  les  côtes  de  l'Océan,  vers  le  nord,  et  dans 
les  sables  de  la  Méditerrannée. 

En  Angleterre,  le  Chou-marin  ou  Crambé,  est  communément 
appelé  Sea-Kale;  ce  légume  y  est  cultivé  depuis  bien  des  siècles 
et  il  y  fait  l'objet  d'un  commerce  assez  important;  c'est,  sous  ce 
rapport,  une  des  principales  cultures  de  ce  pays  et  il  est  apprécié 
comme  il  mérite  de  l'être,  par  toutes  les  classes  de  la  société. 
Il  est  infiniment  regrettable  que  nous  soyons,  chez  nous,  tribu- 
taires des  cultivateurs  anglais  pour  ce  légume  qui,  on  le  sait, 
nous  est  expédié,  chaque  année,  sur  nos  marchés  parisiens,  par 
quantités  considérables. 

Il  nous  semble  cependant  que  cette  culture,  pratiquée  chez 
nous,  comme  on  la  pratique  en  Angleterre,  donnerait  d'excel- 
lents résultats. 

Semis, 

Avant  de  mettre  en  pratique  la  culture  du  Crambé,  il  faut, 
comme^pour  toute  autre  culture  potagère  en  général,  si  on  n'a 


OBSERVATIONS    SUR   LA    CULTURE    DU    CRAMBÉ.  83 

pas  le  plant  nécessaire  à  sa  disposition,  commencer  par  le  semis 
qui  est  la  première  base  de  cette  culture  :  aussi  est-il  indispen- 
sable de  se  procurer  de  bonne  graine.  On  doit  se  procurer 
60  ou  100  grammes  de  graines  de  Grambé  suivant  l'importance 
du  jardin  que  l'on  cultive.  Aussitôt  reçues,  ces  graines  seront 
mises  en  stratification,  soit  en  pot,  soit  dans  une  grande  ter- 
rine à  bouture,  dans  du  sable  bien  frais,  pendant  quelque 
temps,  en  attendant  l'époque  du  semis.  La  terrine  contenant  les 
graines,  sera  enterrée  dans  un  endroit  sain  du  jardin,  et  par 
précaution  on  la  recouvrira  d'une  feuille  de  verre  pour  éviter 
que  les  graines  ne  se  trouvent  enlevées  par  les  souris  ou  les  rats. 

Les  semis  de  Crambé  se  font  de  deux  manières  différentes  : 
sur  couche  ou  en  pleine  terre.  Sur  couche,  on  les  fait  préféra- 
blement  de  février  en  mars.  Dans  les  premiers  jours  de  ces  mois 
on  prépare  une  petite  couche  composée  de  bon  fumier  et  forte- 
ment additionnée  de  bonnes  feuilles^  de  façon  à  ce  qu'elle  puisse 
produire  une  chaleur  régulière,  douce  et  soutenue  de  15  degrés 
environ,  puis  on  la  charge  de  terre  douce  de  jardin  addi- 
tionnée de  bon  terreau  et  on  la  recouvre  d'un  châssis.  Ordinaire- 
ment pour  ce  semis,  un  ou  deux  châssis  suffisent  pour  élever  le 
plant  nécessaire  à  un  grand  jardin.  Lorsque  la  température  de 
la  couche  commence  à  s'élever  et  qu'elle  se  trouve  à  point  pour 
recevoir  les  graines,  on  trace  plusieurs  rayons  à  10  centimètres 
de  distance  sur  5  de  profondeur,  puis  on  y  place  les  graines  une 
à  une  à  la  distance  des  rayons.  Ces  graines  non  décortiquées 
sont,  on  le  sait,  de  la  grosseur  d'un  pois;  en  raison  de  leur 
volume,  elles  demandent  à  être  enterrées  assez  profondément. 

Si  les  courtilières  sont  en  grand  nombre  dans  le  jardin,  comme 
cela  se  présente  encore  assez  souvent,  il  sera  nécessaire  de  faire 
les  semis  directement  en  pots  de  9  à  10  centimètres,  au  lieu  de 
les  faire  en  plein  châssis,  car  on  sait  que  ia  chaleur  de  la  cou- 
che fait  remonter  de  leurs  galeries  souterraines  ces  insectes  qui, 
en  cherchant  leur  nourriture  à  la  surface  du  sol  coupent  et  bou- 
leversent tout  sur  leur  passage. 

Mais,  quelle  que  soit  la  façon  dont  le  semis  aura  été  fait  sur 
couche,  lorsque  les  graines  seront  bien  levées,  on  donnera 
un  peu  d'air,  en  soulevant  le  châssis  à  l'aide  d'une  crémaillère, 


84  NOTES    ET    MÉMOIRES. 

sur  une  hauteur  de  8  à  10  centimètres  environ,  calculée  suivant 
la  température  extérieuî'e.  Tous  les  autres  soins  seront  les 
mêmes  que  ceux  donnés  à  tous  les  semis  en  général. 

Quelque  temps  plus  tard,  lorsque  les  jeunes  plants  auront 
acquis  assex  de  force  et  auront  poussé  leurs  premières  feuilles, 
il  sera  nécessaire  de  procéder  au  repiquage  en  pépinière  d'attente, 
dans  une  bonne  terre  bien  préparée  à  cet  effet.  Ces  plants  seront 
repiqués  à  la  distance  de  15  à  20  centimètres  en  tous  sens,  et 
resteront  dans  leur  pépinière  jusqu'à  l'époque  de  leur  mise  en 
place,  qui  aura  toujouis  lieu  de  février  en  avril  de  l'année  sui- 
vante, selon  la  nature  plus  ou  moins  favorable  du  sol.  Les  soins 
de  culture  que  les  plantes  recevront  dans  leur  pépinière,  consis- 
teront à  entretenir  une  certaine  fraîcheur,  au  moyen  d'arrosages 
donnés  suivant  les  besoins. 

On  peut  aussi  semer  en  pleine  terre,  de  mars  en  avril,  dans 
une  terre  bien  préparée  à  l'avance.  Les  semis  seront  également 
faits  en  lignes,  ou  rayons,  mais  à  la  distance  de  20  à  25  centi- 
mètres et  sur  la  ligne  à  10  on  15  centimètres  au  plus. 

Les  semis  sur  place  sont  larement  mis  en  usage  dans  cette 
culture  pour  la  simple  raison  qu'ils  nécessiteraient  beaucoup 
trop   de   graines  et   ne  seraient  pas  d'un   avantage   marquant. 

Mullrpl'icai\on  par  houivrc  de  t<He. 

Le  mode  de  multiplication  que  pous  dénommons  ainsi,  con- 
siste à  détacher  ou  à  couper  de  la  souche  des  pieds  mères,  un 
certain  nombre  de  racines  présentant  un  bourgeon  conique  très 
apparent  au  centre  de  l'extrémité  supéi-ieure  de  la  partie  déta- 
chée. Ce  systèm(3  de  multiplication  du  Crambé  par  bouture  de 
tête  est  infiniment  préférable  à  celui  que  l'on  fait  [)ar  graines, 
par  la  raison  qu'il  donne  toujours  des  résultats  plus  prompts  et 
absolument  certains,  car  les  plantes  provenant  de  ce  genre  de 
multiplication  peuvent  être,  au  besoin,  livrées  au  forçage  Tannée 
même  de  leur  plantation,  tatidis  que  ceux  piovenant  directe- 
ment de  semis,  n'y  seront  souvent  qu'api-ès  trente  ou  trente-deux 
mois  de  culture. 

La  multiplication    par   le  semis  n'est  souvent  usitée  qu'une 


OBSERVATIONS    SUR    LA    CULTURE    DU    CUAMBÉ.  85 

première  fois,  dans  le  but  de  se  procurer  le  plant  nécessaire  à 
établir  une  plantation,  ou  parfois  pour  régénérer  une  plan- 
tation dont  les  sujets  tendraient  à  s'afTaiblir. 

Le  bouturage  présente  cet  avantage  particulier,  qu'avec  une 
certaine  quantité  de  souches  on  peut  obtenir  une  multiplication 
considérable.  C'est  donc  ce  mode  de  multiplication  que  nous 
recommandons. 

Voici  du  reste  commen»t  Ton  opère  :  En  février,  mars  ou  avril, 
suivant  que  le  soi  du  potager  est  plus  ou  moins  froid,  on 
déchausse  les  pieds  ^ de  Crambé  qui  ont  une  certaine  force  et 
qui  présentent,  à  la  surface  du  sol,  plusieurs  bourgeons  très 
apparents,  puis  à  l'aide  de  la  serpette,  on  détache  un  ou 
plusieurs  de  ces  bourgeons,  munis  de  racines,  sur  une  lon- 
gueur de  dix  centimètres  environ.  Les  parties  que  Ton  aura 
détachées  du  pied  mère  devront  toujours  présenter,  munies 
de  leurs  bourgeons,  la  forme  et  la  grosseur  d'une  bougie,  mais 
sans  jamais  dépasser  la  longueur  indiquée  plus  haul.  Ceux 
des  bourgeons,  dont  la  grosseur  sera  supérieure  à  celle  que  nous 
indiquons,  seront  fendus  longitudinalement  en  deux  ou  quatre 
parties  égales,  suivant  leur  grosseur,  puis  on  les  exposera  pen- 
dant quelques  heures,  à  Pair  et  au  soleil,  pour  sécher  la  coupe 
et  éviter  ainsi  que  la  pourriture  ne  ks  attaque  une  fois  plantés. 
Cela  fait,  on  les  mettra  en  place,  dans  une  lionne  terre,  pré- 
parée selon  les  indications  que  nous  donnons  d'autre  part. 

Cependant  nous  ferons  observer  que  fendre  les  grosses  racines 
munies  de  leurs  bourgeons,  ne  constitue  pas  une  chose  absolu- 
ment obligatoire.  Cette  pratique  n'est  mise  en  usage  (jue  lors- 
qu'on prévoit  un  manque  de  plant. 


MuUiplicnlion  par  (roucons. 

La  multiplication  du  Crambé,  par  fragments  ou  par  tronçons 
est  aussi  parfois  usitée.  Ce  système  ne  diflere  du  précédent  que 
par  la  façon  dont  il  est  pratiqué.  Ainsi  au  lieu  de  couper  en  long 
les  fragments  de  souche  présentant  un  bourgeon  central  et  bien 
apparent,  on  les  coupe  transversalement  par   petits  tronçons, 


86  NOTES   ET   MÉMOIRES. 

d'une  longueur  de  trois  ou  quatre  centimètres  environ,  mais  en 
ayant  bien  soin  de  conserver  une  partie  extérieure  du  tronçon 
fractionné,  laquelle  donnera  naissance  à  un  bourgeon  destiné 
à  former  la  plante.  Cette  manière  d'opérer  permet  de  faire  aussi 
un  très  grand  nombre  de  sujets,  parfois  nécessaires  à  une  aug- 
mentation de  culture. 

Mais,  dans  ce  genre  de  multiplication,  on  repique  chaque 
portion  divisée,  dans  des  petits  pots  de  6  à  8  centimètres, 
que  l'on  enfonce  ensuite  dans  le  sol  d'une  bonne  couche  tiède 
que  l'on  aura  préparée  à  l'avance.  Cette  opération  se  fera  de 
février  en  mars  au  plus  tard.  Ces  fragments  de  racines  repiqués 
comme  nous  venons  de  le  dire,  ne  tarderont  pas  à  se  développer 
sous  l'influence  de  la  douce  température  produite  par  la  couche 
et  constitueront  à  leur  tour  des  jeunes  plants,  bons  à  mettre  en 
place  quelques  mois  après,  c'est-à-dire  en  mai  ou  juin.  Mais  en 
raison  de  leur  faible  constitution^  les  plantes  obtenues  par  ce 
mode  de  multiplication  ne  pourront  être  livrées  au  forçage  que 
seize  ou  vingt  mois  après  la  plantation,  suivant  le  procédé  de 
forçage  ou  d'étiolage  que  l'on  aura  adopté. 

Pendant  le  développement  des  jeunes  boutures,  sur  couche,  on 
donnera  de  l'air  tous  les  jours  le  plus  longtemps  possible,  pour 
empêcher  l'étiolement  des  plantes  et  pour  combattre  l'humidité. 
L'air  que  l'on  donnera  aux  plantes  sera  toujours  gradué  suivant 
la  température  extérieure. 

Préparation   du   sol  et  plantation  des  Crambés. 

A  l'approche  de  la  mise  en  place  des  plantes  provenant  de 
semis  ou  de  boutures,  on  prépare  et  on  dresse,  suivant  l'usage, 
une  ou  plusieurs  planches  dans  un  des  carrés  les  plus  sains  du 
potager,  ou  si  l'on  aime  mieux,  un  carré  plein,  sans  séparation 
d'aucun  sentier,  suivant  en  cela  la  façon  dont  on  désire  faire  sa 
culture,  soit  forcée  sous  châssis,  ou  simplement  par  étiolage  ou 
par  buttage.  Mais  dans  les  deux  cas,  les  planches  ou  le  carré, 
seront,  s'il  y  a  lieu,  défoncés  convenablement  à  la  bêche  à  la 
profondeur  de  40  centimètres,  puis  le  sol  sera  engraissé  avec  du 
fumier  de  bonne  qualité  et  bien  réduit  de  façon  à  éviter  les  tas- 
sements inégaux  du  sol. 


OBSERVATIONS  SUR  LA  CULTURE  DU  CRAMBÉ.         87 

Une  fois  le  sol  bien  fumé  et  bien  préparé,  la  plantation  des 
Crambés  sera  disposée  sur  trois  rangs  dans  chaque  planche; 
celles-ci  seront  séparées  entre  elles  par  des  sentiers  de  60  cen- 
timètres de  largeur  si  le  forçage  doit  se  faire  sur  place  avec 
des  châssis,  comme  celui  des  Asperges.  Les  planches  seront 
toujours  de  la  même  largeur  que  les  châssis,  soit  1™,30  de 
large.  Les  lignes  de  plantation  devront  être  tracées  à  la  dis- 
tance de  45  centimètres;  mais  contrairement  à  la  règle  suivie 
dans  les  jardins,  la  plantation,  au  lieu  d'être  faite  en  quinconce, 
sera  faite  en  carré.  Cette  disposition  permettra  de  placer  plus 
facilement  les  coffres.  De  cette  façon,  chaque  châssis  pourra 
abriter  neuf  pieds  de  Grambé,  quantité  absolument  suffisante 
pour  obtenir  de  beaux  produits. 

Mais  si  pour  une  cause  ou  pour  une  autre,  le  forçage  ou  l'étio- 
lage  des  Crambés  devait  se  faire  à  l'aide  de  cloches  brouillées  ou 
avec  de  grands  pots  renversés,  ou  encore  par  buttage  comme  cela 
se  pratique  dans  certaines  grandes  maisons  ou  établissements 
de  TAngleterre,  la  plantation  pourrait-étre  faite  en  plein  carré 
et  en  quinconce;  dans  ce  cas  les  lignes  et  les  plantes  seraient 
à  70  centimètres  les  unes  des  autres.  Cette  disposition  permettra 
de  placer  les  pots  avec  plus  d'aisance  pour  l'étiolage  et  donnera 
aussi  plus  de  facilité  pour  le  buttage.  Ce  système  de  plantation 
à  grande  distance  a  donc  sa  raison  d'être  dans  la  culture  en 
grand,  mais  il  ne  peut  être  mis  en  pratique  dans  les  petits 
jardins  potagers. 

Soins  à  donner  aux  Crambés.  . 

Pendant  la  végétation  ordinaire  de  l'été,  tous  les  soins  cultu- 
raux  se  résument  ainsi  :  donner  aux  plantes  quelques  arro- 
sages si  cela  est  nécessaire  ;  empêcher  par  tous  les  moyens 
connus,  les  Attises  de  dévorer  les  jeunes  pousses  des  plantes  ; 
tenir  les  plantations  dans  le  plus  grand  état  de  propreté.  On 
devra  également  empêcher  le  développement  des  bourgeons  à 
fleurs. 

A  l'automne  de  chaque  année,  lorsque  les  feuilles  des  plantes 
commencent  à  jaunir,  on  les  coupe  à  quelques  centimètres  de 


88  NOTES    KT    MÉMOIRES. 

leur  insertion,  ea  laissant  un  bout  de  pétiole  qui  se  détachera 
lui-Fîiême  de  la  plante  quelque  temps  après;  on  procèJe  au 
nettoyage  de  toute  la  plantation,  puis  on  répand  sur  les  planches 
une  bonne  épaisseur  de  fumier  bien  gras  et  bien  consommé;  en 
un  mot,  on  fume  en  couverture. 

Dans  le  cours  de  Thiver,  toutes  les  parties  solubles  de  Pengrais 
que  l'on  a  donné  aux  plantes,  se  trouveront  entraînées  dans  le 
sol  et  pénétreront  jusqu'aux  racines.  L'effet  de  cette  pénétration 
se  fera  sentir  dans  le  cours  de  la  végétation  suivante  qui  sera 
d'autant  plus  vigoureuse  que  les  engrais  auront  été  de  bonne 
qualité  et  bien  appropriés. 

Au  printemps  de  chaque  année,  on  donnera  un  bon  croche- 
tage aux  plantes  pour  ameublir  le  sol  et  faire  entrer  le  peu  de 
fumier  qui  couvre  encore  la  terre.  Cette  opération  étant  ter- 
minée on  répandra  des  cendres  de  bois,  lessivées  ou  non,  sur  les 
planches. 

Les  Engrais. 

Pour  bien  prospérer,  le  Crambé  demande,  comme  l'Asperge, 
une  terre  bien  meuble  et  des  engrais  en  abondance.  Sa  nature 
et  sa  manière  de  végétera  l'état  spontané  dans  les  sables  mari- 
times de  rOcéan  et  de  la  Méditerranée,  indiquent  suffisamment 
que  les  engrais  salins  lui  sont  très  favorables.  Aussi,  indépen- 
damment du  fumier  nécessaire  chaque  année,  lui  donnerons- 
nous  des  engrais  appropriés  à  sa  nature  et  composés  des 
éléments  suivants  pour  une  culture  d'un  are  :  Sel  dénaturé, 
3  kilogrammes;  chlorure  de  potassium,  3  kilogrammes;  nitrate 
de  soude,  1  kilogramme  ;  cendres  de  bois,  20  kilogrammes. 
Ces  diverses  matières,  dont  l'efficacité  a  depuis  longtemps  été 
confirmée  par  l'expérience,  seront  convenablement  mélangées, 
pour  être  répandues  dans  les  premiers  jours  de  février  au  plus 
tard. 

En  raison  de  leur  nature,  ces  engrais  seront  de  préférence 
mis  en  usage  dans  les  terrains  froids,  bien  que  l'on  puisse  les 
employer  dans  tous  les  sols  indistinctement.  On  les  donnera 
supplémenlairement  à  la  fumure  d'automne. 


OBSERVATIONS  SUR  LA  CULTL'Ri:  DC  CRAMBÉ.         89 

Forçage  des  Crambés  sur  couche,    en  arrachis. 

Le  forçage,  on  le  sait,  est  l'art  d'obtenir  des  produits  de 
culture  potagère,  fruitière  ou  florale,  avant  l'époque  où  ils  se 
montrent  dans  les  cultures  ordinaires,  grâce  à  la  chaleur  arti- 
ficielle qui  en  hâte  le  développement. 

La  chaleur  artificielle  peut  être  produite  soit  par  la  fermenta- 
tion du  fumier  ou  autre  substance  analogue,  soit  par  un  thermo- 
siphon. Le  thermosiphon,  on  le  sait,  fut  découveit  en  1777,  par 
un  Français  nommé  Bonnemain;  mais  il  ne  fut  réellement  mis 
en  application  dans  les  cultures  françaises  que  vers  1830,  par 
Maxime  Grison  et  F.  Gantier,  tous  deux  horticulteurs  de  très 
grand  mérite;  on  n'en  fait  usage  pour  la  production  des  côtes 
blanchies  de  Grambé  qu'à  de  très  rares  exceptions;  le  fumier  pur 
ou  additionné  de  feuilles  est  seul  d'un  usage  pratique. 

Examinons  les  divers  procédés  de  culture  applicables  au 
Crambé. 

Le  premier  procédé  consiste  à  arracher  les  pieds  de  Grambé 
dans  les  pépinières  établies  pour  cet  usage,  ou  dans  les  carrés 
de  culture  et  de  les  réunir  près  à  près  dans  un  ou  plusieurs 
châssis,  sur  une  couche  préparée  à  cet  efl'et.  Deux  châssis 
par  saison  peuvent  amplement  suffire  pour  les  besoins  d'une 
grande  maison.  Les  châssis  sont  alors  entourés  d'un  bon  réchaud, 
d'après  la  règle  ordinairement  suivie  en  celte  saison.  La  couche 
sera  assez  épaisse  et  confectionnée  avec  du  fumier  et  des  feuilles 
pour  produire  pendant  un  temps  assez  long  une  chaleur  sou- 
tenue de  ^20  à  25  degrés  centigrades. 

Cette  chaleui-  est  absolument  nécessaire  pour  arriver  à  une 
bonne  solution.  Dans  ce  cas,  trois  semaines  ou  un  mois  au 
plus  suffiront  pour  obtenir  les  pousses  bien  blanclies  des 
Grambés. 

Ge  procédé  que  nous  avons  préconisé  est  certainement  très 
bon,  mais  nous  avons  dû  renoncer  à  le  mettre  en  pratique  parce 
qu'il  nous  obligeait  à  détruire  en  une  année  une  plantation  régu- 
lière ayant  exigé  deux  ou  trois  années  de  préparation  et  de 
laquelle  il  est  possible,  par  d'autres  procédés,  de  tirer  des 
récoltes  plus  abondantes. 


90  NOTES   ET   MÉMOIRES. 

Forçage  des  Crambés  en  arrachis  mis  pots. 

Ce  procédé  de  forçage  que  nous  avons  également  mis  en  pra- 
tique dans  nos  cultures,  consiste  aussi  à  arracher  les  souches  de 
Crambé  dans  le  carré  en  culture,  puis  de  raccourcir  les  racines 
qui  sont  trop  longues,  ensuite  de  réunir  les  pieds  par  deux,  ou 
trois,  suivant  leur  grosseur,  dans  des  pots  assez  grands,  ou  dans 
des  baquets,  en  ayant  bien  soin  de  faire   glisser  de  la  bonne 
terre  fine  ou  du  sable  entre  les  racines  et  jusqu'au   collet  des 
plantes.  Dans  certains  cas,  la  mousse  bien  fraîche  pourrait  éga- 
lement servir  à  cet  usage.  Apres  avoir  bien  arrosé  ces  racines, 
on  les  recouvre  d'un  objet  de  même  forme  et  de  même  grandeur 
que  le  récipient  qui  les  contient,  puis  on  les  place  dans   une 
bonne  serre  chaude  près  des  tuyaux  de  chauffage,  s'il  est  pos- 
sible,  partout  enfin    où  la    température   peut  atteindre   30   à 
35  degrés   et  plus.  Dans  ces  conditions,  quinze    à   vingt  jours 
suffiront  pour  obtenir  également  des  pousses  bien  blanches  et 
bien  tendres  de  Crambé. 

Forçage  des   Crambés  sur  place  et  sous  châssis. 

Le  procédé  qui  consiste  à  forcer  les  Crambés  sur  place  est 
absolument  identique  à  celui  que  l'on  pratique  pour  le  forçage 
des  Asperges  ;  aussi  c'est  celui  auquel  nous  donnerons  toujours  la 
préférence  comme  produisant  les  plus  beaux  résultats. 

Dans  les  premiers  jours  de  novembre,  nous  ouvrons  dans 
chaque  planche  à  forcer,  des  tranchées  larges  de  60  centimètres 
de  côté  sur  autant  de  profondeur.  Ces  tranchées  sont  rem- 
plies de  bon  fumier  bien  chaud  fortement  additionné  de  feuilles 
de  Chêne  ou  de  Hêtre;  le  tout  est  convenablement  mélangé, 
arrosé  et  bien  tassé,  de  manière  à  donner  la  chaleur  nécessaire 
au  développement  des  pousses  blanches  de  Crambé  ;  cela  fait, 
on  pose  les  coffres  sur  les  planches  à  forcer  et  on  les  recouvre 
de  châssis;  ensuite  on  continue  à  monter  les  réchauds  jusqu'à  la 
hauteur  des  coffres  en  suivant  toujours  les  règles  qui  ont  trait  à 
la  construction  des  couches.  On  couvre  ensuite  les  châssis  de 
paillassons  sur  lesquels  on  ajoute  une  épaisseur  de  30  à  40  cen- 


OBSERVATIONS    SUR   LA    CULTURE    DU    CRAMBÉ.  91 

timètres  de  feuilles  sèches  ou  de  litière,  pour  conserver  plus 
facilement  la  chaleur  et  empêcher  aussi  la  lumière  de  pénétrer 
à  l'intérieur  des  coffres.  Dès  lors,  si  tout  a  été  bien  compris,  on 
sera  certain  de  faire  une  première  récolte  trente  ou  quarante 
jours  après  le  commencement  du  forçage,  c'est-à-dire  du  1®""  au 
15  décembre,  suivant  la  date  de  la  mise  en  marche.  A  cette 
époque  de  l'année,  la  récolte  des  pousses  blanches  de  Crambé, 
coïncidera  avec  celle  des  Asperges  forcées,  ce  qui  permettra  de 
fournir  la  cuisine  plusieurs  fois  la  semaine,  de  deux  excellents 
plats  de  légumes. 

Les  coffres  dont  nous  nous  servons  pour  le  forçage  des 
Grambés  sont  ceux  qui  sont  ordinairement  en  usage  pour  les 
autres  cultures,  c'est-à-dire  hauts  de  30  à  40  centimètres,  ce 
qui  donne  avec  la  profondeur  des  tranchées,  des  réchauds 
d'une  épaisseur  totale   de  SO  centimètres  à  1  mètre. 

Dans  le  cours  du  forçage  et  des  récoltes  dont  la  durée  peut 
atteindre  près  de  trois  mois,  les  réchauds  ne  seront  renouvelés 
à  fond  que  deux  ou  trois  fois;  mais  ils  seront  rechargés  chaque 
fois  qu'un  vide  se  produira  autour  des  coffres,  de  manière  que 
ceux-ci  soient  toujours  couverts.  Cette  opération  est  absolu- 
ment indispensable  au  maintien  de  la  chaleur. 

Dans  ce  système  de  forçage,  des  panneaux  en  bois  peuvent 
remplacer  les  châssis. 

Forçage  sur  place  et  sous  pots  renversés. 

Cette  manière  d'obtenir  les  pousses  blanches  de  Crambé  est 
à  peu  près  la  même  que  celle  que  nous  venons  d'indiquer,  avec 
celte  différence,  qu'au  lieu  de  faire  usage  de  châssis  de  couches, 
on  ne  se  sert  que  de  grands  pots  ou  autres  vases,  voire  même 
de  vieux  tonneaux  coupés  en  deux  que  l'on  renverse  sur  les 
souches  de  Crambé  comme  on  le  fait  dans  la  saison  ordinaire. 
Mais  indépendamment  des  réchauds  que  l'on  doit  faire  comme 
dans  le  système  de  forçage  sous  châssis,  on  doit  couvrir  complète- 
ment les  pots  ou  autres  objets  mis  en  usage  ^  d'une  forte 
épaisseur  de  bonnes  feuilles  ou  de  fumier  bien  cliaud  dépassant 
au    moins  de    30  centimètres   le   sommet  des  pots,    en  ayant 


92  NOTES    ET  MÉMOIRES. 

bien  soin  de  lasser  fortement  les  entre-deux,  de  manière  à 
maintenir  Ja  chaleur  que  les  réchauds  çiéveloppent. 

En  cas  de  neige,  on  jettera  s'il  est  possible,  quelques  paillassons 
sur  la  couverture  des  pots  et  des  réchauds  pour  empêcher  celle-ci 
de  tomber  directement  sur  le  fumier. 

Si  toutes  les  précautions  que  nous  venons  d'indiquer  ont  été 
bien  prises,  la  récolte  des  produits  ne  se  fera  pas  plus  attendre 
que  si  Ton  s'était  servi  de  châssis. 

Ftiolage  des  Crambés  en  pots  cl  par  butlage. 

Cette  manière  de  faire  blanchir  les  pousses  de  Grambé  presque 
sans  fiais  est  certainement  la  plus  simple  de  toutes.  C'est  donc  à 
ces  deux  derniers  moyens  que  devront  s'arrêter  tous  ceux  des 
amateurs  qui  n'ont  à  leur  disposition  que  peu  ou  point  de 
châssis. 

Ces  deux  derniers  sysièmes  se  mettent  en  pratique  au  moment 
du  réveil  normal  de  la  végétation  de  la  plante,  c'est-à-dire  en 
février,  époque  à  laquelle  les  jardins  tout  à  fait  dépourvus  de 
matériel  ne  produisent  pour  ainsi  dire  aucun  légume  frais. 

Voici  comment  on  opère  l'étiolage  des  Grambés  à  celle 
époque. 

Au  moment  du  départ  de  la  végétation  qui  s'annonce  par  le 
gonflement  des  bourgeons  et  par  la  teinte  rougeâtre  qu'ils 
prennent,  on  renverse  de  grands  pots  à  fleurs  ou  autres  vases 
sur  les  toufl*es  qui  ont  acquis  assez  de  force  pour  être  soumises 
à  l'éliologie,  puis  on  les  fait  tourner  plusieurs  fois  sur  eux- 
mêmes,  de  manière  à  faire  entrer  les  bords  de  quelques  cenli- 
mètres  dans  le  sol.  Ensuite,  on  bouche  les  trous  des  pots  avec  des 
petits  bouchons  de  liège  ou  avec  un  tesson  quelconque,  de  façon 
à  empêcher  le  jour  et  l'air  de  pénétrer  à  l'intérieur.  On  laisse 
ensuite  les  choses  dans  cet  état  jusqu'à  ce  que  les  Crambés 
soient  complètement  blancs,  ce  qui  a  lieu  au  bout  d'enviion 
trois  semaines  ou  un  mois  au  plus  tard. 

Cependant,  si  pour  une  cause  ou  pour  une  autre,  on  n'avait 
pas  de  pots  à  sa  disposition,  on  procéderait  au  buttage  des 
souches  de  Crambés  avec  la  terre  que   l'on   ramasserait   à  l'aide 


OBSERVATIONS    SL'R    LA    CULTURE    DU    CRAMRi:.  93 

d'une  binette,  tout  autour  des  plantes,  en  ajoutant  par-dessus 
les  butles  une  légère  couverture  de  fumier  court  ou  autre  sub- 
stance analogue. 

Recolle  et  rendement. 

Dans  les  diiïérenls  systèmes  de  forçage  ou  d'éliolage  que 
nous  venons  de  passer  en  revue,  la  cueillette  se  fait  exactement 
de  la  même  manière.  Ele  consiste  à  couper  toutes  les  pousses 
blanches  qui  se  sont  développées  sous  l'aclion  de  la  chaleur,  et 
qui  ont  atteint  une  longueur  de  20  à  25  centimètres,  ni  plus,  ni 
moins.  Le  bourgeon  ou  pousse  d'extrémité,  que  nous  nommons 
bourgeon  central,  sera  coupé  net  à  2  ou  3  centimètres  au- 
dessous  de  son  point  d'insertion,  c'est-à-dire  avec  un  petit 
bout  du  collet,  de  façon  à  former  une  réunion  adiiérentede  sept 
à  huit  côtes  blanches;  ceux  qui  se  développeront  à  la  seconde 
pousse  par  suite  de  l'enlèvement  du  premier  bourgeon,  sei'ont 
tous  décollés  au  ras  de  la  souche,  leurs  pousses  seront  bien 
blanches.  Cette  nouvelle  cueillette  peut  se  (aire  trente  jours 
e«iviron  après  la  première  récolte,  sans  autres  soins  que  de  tenir 
toujours  les  souches  dans  une  complète  obscurité  jusqu'à  épui- 
sement ;  apiès  quoi,  les  souches  seront  découvertes  de  leurs 
pots  ou  débuttées  pour  êti'e  soumises  au  traitement  annuel. 

Quel  que  soit  le  mode  de  forçage  que  l'on  adopte,  les  pousses 
de  Grambé  présenteront  toujours  à  leur  hase  et  au  sommet, 
indépendamment  de  leur  blancheur,  une  légère  teinte  vio- 
lacée semblable  à  celle  des  Asperges,  ce  ([ui  augmente  encore 
davantage  leur  belle  apparence.  Mais,  tandis  que  pour  les 
Asperges,  cette  teinte  ne  s'ootient  qu'en  donnant  un  peu  de 
lumière  aux  plantes,  ici,  au  contraire,  la  coloration  se  produit 
dans  l'obscurité. 

D'après  les  expériences  et  les  remarques  que  nous  avons 
faites  à  ce  sujet  dans  les  jardins  potagers  de  M""®  la  maïquise 
de  l'Aigle,  nous  affirmons  que,  dans  une  culture  bien  compiise, 
chaque  pied  de  Crambé  peut  produire,  en  moyenne,  cintj  à  six 
fortes  pousses,  ayant  l'hacune  4  à  5  centimètres  de  diamètre  à  la 
tête.  Chaque  première  pousse,  on  le  sait,  donne  facilement  sept  à 


94  NOTES    ET   MÉMOIRES. 

huit  belles  côtes  bien  bianclies^  ayant  chacune  de  20  à  25  centi- 
mètres de  longueur;  ces  côtes  peuvent  peser  ensemble  plus  de 
200  grammes,  soit  une  production  de  1,000  à  1,200  grammes 
par  pied  en  première  récolte.  Donc,  si  nos  châssis  contiennent 
neuf  pieds,  la  récolte  sera,  dans  chacun  d'eux,  de  9  à  1 0  kil.  800 
pour  les  premières  pousses.  Les  secondes  pousses  blanches  qui 
se  développeront  en  grand  nombre  à  chaque  pied,  après  la 
suppression  des  premières  pousses,  donneront  certainement  un 
produit  égal,  s'il  n'est  pas  supérieur  à  celui  des  premières 
pousses,  ce  qui  portera  le  poids  total  des  produits  récoltés  dans 
chaque  châssis,  de  18  à  20  kilogrammes  environ. 

La  récolte  d'une  année,  pour  quinze  châssis,  ou  pour  1  are  de. 
terrain  en  culture,  sera  donc  de  270  à  300  kilogrammes. 

Les  Anglais  ont  su,  en  gens  pratiques^  créer  des  établisse- 
ments spéciaux  pour  ce  genre  de  culture,  et  ils  envoient  à  Paris, 
chaque  année,  des  quantités  considérables  de  Crambé  que  nous 
payons,  suivant  la  saison,  3,  4  et  5  francs  le  kilogramme.  Pour- 
quoi ne  pas  chercher  à  récolter  chez  nous,  un  produit  qui 
représente  une  valeur  assez  importante^  ainsi  qu'on  va  le  voir? 
Nous  avons  dit  plus  haut  qu'une  culture  de  Crambé  faite 
dans  de  bonnes  conditions  pouvait  donner  environ  270  à  300  kilo- 
grammes de  produit  pour  quinze  châssis  ou  pour  1  are  en  cul- 
ture. Nous  prendrons  ce  chiffre  pour  base  de  nos  calculs  et  nous 
répartirons  cette  quantité  d'une  façon  bien  égale  pour  chaque 
saison,  c'est-à-dire  pour  les  récoltes  faites  de  décembre  en  mai, 
dont  la  moyenne  sera  de  45  â  50  kilogrammes;  et  nous  en  éta- 
blirons les  prix  d'après  ceux  des  marchands  de  comestibles, 
suivant  les  époques  de  vente. 

En  décembre,  les  produits  récoltés  étant  de  45  à  50  kilo- 
grammes peuvent  être  vendus  facilement  5  francs  le  kilo- 
gramme, ci    ...     , 225^  »  à  250^ 

En  janvier,   la    même   quantité  pourra  être 

vendue  4  francs  le  kilogramme,  ci 180    »  à  200 

En  février,  même  quantité,  3  fr.  le  kil.,  ci.  135  »  à  150 
En  mars,  même  quantité,  2  fr.  le  kil.,  ci.  .  90  »  à  100 
En  avril,  même  quantité,  1  fr.  le  kil.,  ci.  .  45  »  à  50 
En  mai,  même  quantité,  50  cent,  le  kil.,  ci.       22  50  à    25 


OBSERVATIONS    SUR   LA   CULTURE   DU   CRAMBÉ.  95 

Ainsi  qu'il  est  facile  de  s'en  rendre  compte,  les  270  à  300  kilo- 
grammes de  Crambé,  vendus  au  prix  moyen  de  2  fr.  50,  de 
décembre  en  mai,  représentent  une  valeur  de  675  à  750  francs, 
pour  un  are  de  terrain  en  culture  forcée  et  ordinaire. 

On  sait  aussi  par  expérience,  qu'une  culture  de  Crambé  bien 
conduite  et  établie  dans  un  sol  favorable,  peut  donner  des  pro- 
duits égaux  en  beauté  pendant  dix  années,  terme  moyen  de 
l'existence  d'une  plantation  de  ce  genre.  C'est  donc  également 
sur  cette  base  que  nous  établirons  la  valeur  des  récoltes. 

Pendant  la  période  des  dix  années  de  rapport,  on  aura  récolté 
2,700  à  3,000  kilogrammes  de  produits,  représentant  une  valeur 
de  6,750  à  7,500  francs,  soit  une  moyenne  par  année  de  675  à 
750  francs,  comme  on  l'a  vu  plus  haut. 

La  production  par  châssis,  ou  son  équivalent,  étant  de  18  à 
20  kilogrammes,  la  valeur  moyenne  sera  de  45  à  50  francs,  ce 
qui  fait  ressortir  le  Crambé  au  prix  moyen  de  2  fr.  50  le  kilo- 
gramme. 

Frais  généraux. 

Nous  venons  de  donner,  le  produit  d'une  culture  de  Crambé 
sur  1  are  de  terrain,  en  nous  basant  sur  dix  années  de  rap- 
port, tant  en  culture  forcée  que  par  étiolage  sous  pots  renversés. 

Nous  allons  maintenant  indiquer,  le  plus  brièvement  possible, 
les  frais  généraux  qu'une  plantation  de  Crambé  peut  compor- 
ter pendant  treize  années  de  culture,  c'est-à-dire  à  partir  de 
l'année  du  semis. 

Ces  renseignements  démontreront  suffisamment  les  avantages 
de  cette  culture,  comparativement  au  peu  de  frais  qu'elle  en- 
traîne; ils  permettront  peut-être  à  un  plus  grand  nombre  de 
jardiniers-primeuristes  d'en  tenter  l'essai. 

Achat  de  graine  ou  de  plant 20  fr. 

Défonçage  de  1  are  de  terrain,  3  journées  à  3  francs 
lune 9 

Plantation,  arrosage  et  paiilage 6 

Engrais  divers,  pour  13  années  de  culture.     .     .  100 
Travaux  d'entretien  pour  13  années  de  culture.     .       52 

A  reporter 187  fr. 


96  NOTES    ET   MEMOIRES. 

Report 187  h\ 

Travaux  préparatoires  pour  10  années  de  forçage.     1G9 

Matériel  de  culture,  tel  que  châssis,  coffres  et  pail- 
lassons pour  10  années  de  forçage 78() 

Entretien  du  matériel  de  culture,  pour  10  années 
de  forçage 80 

Fumier  nécessaire  au  forcago  pour  10  années,  soi! 
300  mèlres  cubes 900 

Main-d'œuvre  pour  la  confeclion  des  réchauds,  et 
les  rechargements  pour  10  années  de  forçage.     .     120 

Pois  pour  l'étiolage  des  Crambés  en  cullure  ordi- 
naire,  50  de  35  cenlimètres 75 

Outils  divers,  pour  une  durée  de  13  années  de 
culture =     100 

Location  du  sol,  puur  culture  maraîchère,  terme 
moyen  priur  l  are,  et  pour  13  ;innées  de  cul- 
ture  •■'O 

Piécoile,  neltoyage  et  bottelage,  pour  10  années 
de  forçage -i50 

Frais  de  vente  à  .5  p.  100,  pour  In  ainu'os  de  for- 
çage  375  ' 

Frais  de  transport  pour  10  années  de  foiçage.     .     500 

Frais  imprévus  pour  13  années  de  culture   ...       65 

11  résulte  de  celte  élude  que  les  frais  gén('^ranx 
de  toutes  sortes  s'élèvent,  pour  un  are,  et  pour 
13  années  de  culture,  approximativement  à  la 
somme  totale  de 3.037  fr. 

Ces  frais  liiveis,  répartis  sur  la  même  période  d'années, ^nons 
donneront  une  moyenne  par  année  de  302  fr.  85,  soit  par 
châssis  20  fr.  1.5. 

La  production  des  dix  années  de  ra[)port  étant  de  2,700  à 
3,000  kilogrammes,  et  représentant  une  valeur  de  6,751  fr.  89 
à  7, .500  flancs,  il  restera,  déduction  faite  des  frais  généraux  de 
culture,  un  bénéfice  net  variant 'entre  2,814  fr.  89  et  3,563  fr.  40. 

Ce  bénéfice  l'éparti  sur  les  treize  années  de  culture,  donne 
une  moyenne  p.ir  année,  vaiiant  de  216  fr.  53,  à  274  fr.  80,  et 
pour  chaque  châssis  ou  leur  équivalent,  de  14  fr.  43  à  18  fr.  27. 

Les  bénéfices  que  cette  culture  peut  donner,  valent  donc  la 
peine  d'être  examinés  par  tous  nos  maraîchers-primeuristes. 


OBSERVATIONS  SLR  LA  CULTURE  Dfc'  i.RAMBÉ.         97 

Le  Crambé  est  un  légume  de  venle  facile;  c'est  ce  qui  explique 
les  nombreux  envois  qui  nous  viennent  de  l'Angleterre.  Cepen- 
dant, bien  que  l'on  puisse  conserver  ce  légume  quelque  temps 
après  la  récolte,  il  convient  de  dire  qu'il  e^-t  préférable  de  le 
manger  fraîchement  récolté,  pour  en  apprécier  les  précieuses 
qualités.  C'est  pourquoi  il  y  a  là  encore  un  grjnd  avantage  de 
l'avoir  sous  la  main  dans  son  jardin,  où  on  peut  le  récolter  au 
moment  de  l'utiliser. 

Aussitôt  la  récolle  faite,  les  produits  sont  passés  à  l'eau,  s'il 
y  a  lieu,  puis  on  les  met  en  bottes,  de  l  ou  de  '2  kilogrammes, 
pour  être  livrés  aux  marchands  de  comeslibles. 

En  maison  bourgeoise,  le  chef  cuisiniei*  fait  ôter  tout  ce  qui 
ne  lui  paraît  pas  utile;  ensuite  il  les  fait  lier  en  petits  bottillons 
pour  être  jetés  dans  l'eau  bien  bouillante,  dans  laquelle  on  a 
mis  préalablement  une  forte  poignée  de  sel. 

On  les  laisse  bouillir  ainsi  pendant  environ  '20  à  30  minutes. 
Pour  s'assurer  de  la  cuisson,  on  prend  quelques  côles  entre  le 
pouce  et  l'index,  et  on  leur  imprime  une  légère  pression  ;  si  elles 
sont  tendres  et  qu'elles  s'a[ilatissent  ou  s'écrasent  facilement 
sous  les  doigts,  c'est  un  indice  certain  de  leur  cuisson;  alors 
dans  ce  cas,  les  boitillons  sont  retirés  de  l'eau,  pour  être  mis  à 
égouter  sur  un  tamis  ou  sur  une  serviette,  puis  on  les  dispose 
sur  un  plat  pour  les  servir  chauds,  avec  une  bonne  sauce  blanche. 

Le  Crambé  se  mange  également  au  jus  avec  le  rùti;  mais  c; 
mode  de  préparation  est  moins  usité.  Dans  les  deux  cas,  il  l'orme 
un  mets  ûei  plus  fins,  très  recherché  et  très  apprécié  dont  la 
saveur  est  intermédiaire  entre  celle  de  rAs[)erge  et  du  Choi- 
fleur. 

Insfctes  nuisibles  au  Crambé. 

Bien  que  nous  soyons  peu  à  l'aise  pour  parler  d'entomologie, 
nous  dirons  cependant  quelques  mots  d'un  insecte  très  redo  i- 
table  pour  la  culture  du  Cramb<^,  et  en  général  pour  toutes 
les  plantes  de  la  famille  des  Crucifères;  nous  voulons  parler  de 
TAllise. 

Les  Altises,  Allica  ofnracea  (Linné)  et  ÏA/ttca  nemoruin  (Fa- 


98  RAPPORTS. 

bricius)  vulgairement  connus,  sous  le  nonn  de  Tiquets  ou  Puces 
des  jardins,  sont  deux  espèces  communes,  qui  vivent  au  grand 
détriment  de  nos  cultures  de  Choux,  et  autres  plantes  pota- 
gères ou  florales.  Ils  appartiennent  toutes  deux,  ainsi  que  leurs 
nombreux  congénères,  à  la  famille  des  Coléoptères. 

il  faut,  pour  s'en  préserver  le  plus  possible,  semer  le  Crambé 
de  préférence  sur  couche,  comme  nous  l'avons  dit,  ensuite  faire 
les  repiquages  en  pépinière,  à  mi-ombre  s'il  est  possible,  les 
poudrer  souvent,  soit  avec  des  cendres  de  bois,  soit  avec  de  la 
suie  de  cheminée  réduite  en  poussière.  Ce  sont  les  seuls  moyens 
pratiques,  en  usage  jusqu'à  ce  jour. 

Co72chision. 

Dans  notre  étude,  nous  avons  cherché  à  faire  comprendre 
l'importance  de  la  culture  du  Crambé,  soit  en  culture  forcée, 
soit  en  culture  ordinaire  dans  tous  les  jardins  potagers,  où  on 
peut  l'obtenir  à  peu  de  frais. 

Nous  terminerons  en  disant  aux  jardiniers  maraîchers,  aux 
cultivateurs,  à  tous  ceux  qui,  de  près  ou  de  loin,  alimentent  les 
halles  et  les  marchés  de  notre  grande  capitale  :  N'oubliez  pas 
que  l'Asperge  a  fait  la  fortune  de  plus  d'un  de  nos  compa- 
triotes, de  ceux,  surtout,  qui  en  ont  entrepris  les  premiers  la 
culture;  le  Crambé  peut  donner  des  résultats  analogues,  ce 
légume  ayant,  de  l'avis  même  des  personnes  compétentes,  une 
grande  partie  des  qualités  de  l'Asperge. 


RAPPORTS 


Sur  les  cultures  de  M.  Driger,  jardinier-chef 

AU    CHATEAU  DU  MONASTÈRE,  A  ViLLE-d'AvRAY  (SeINE-ET-OiSE)  (1)  ; 

M.  YiCTOR  Faroult,  Rapporteur. 

Sur  la  demande  de  M.  Driger,  jardinier-chef  au  château  du 
Monastère,  à  Yille-d'Avray,  la  Société  nationale  d'Horticulture 


;i)  Déposé  le  27  décembre  1894. 


RAPPORTS  SUR  LES  CULTURES  DE  M.  DRIGER.         99 

de  France  nomma,  dans  sa  séance  da  13  de'cembre  dernier,  une 
Commission  chargée  d'aller  visiter  les  cultures  de  plantes  de 
serres  et  spécialement  des  Orchidées. 

La  Commission  se  réunit  à  deux  heures  et  demie;  elle  était 
composée  de  M.  Michel,  Président;  MM.  Massé,  Bauer,  Vacherot, 
Lionnet,  Urbain  père,  Urbain  fils,  Welker  fils,  Page,  Fortin, 
Chenu  et  Y.  Faroult,  rapporteur. 

S'étaient  fait  excuser  :  MM.  Duval  (Léon)  et  Sallier  fils. 

Sous  la  conduite  de  M.  Driger,  la  Commission  visita  d'abord 
le  magnifique  parc  anglais,  très  bien  entretenu.  De  plusieurs 
endroits  des  points  de  vue  superbes  ont  été  ménagés,  notam- 
ment de  la  maison  d'habitation  d'où  l'on  découvre  toute  la 
vallée  de  Meudon  jusqu'à  Paris.  Dans  une  des  extrémités  du 
parc,  se  trouve  le  jardin  potager  et  fruitier;  un  carré  est  spé- 
cialement aiïecté  aux  bâches  chauffées  et  châssis  de  couches 
pour  la  culture  des  primeurs,  tout  y  est  très  bien  disposé,  et  les 
légumes  de  saison  sont  de  toute  beauté. 

Une  allée  longeant  le  mur  de  clôture  et  bordée  de  deux 
grandes  plates-bandes  de  [plantes  vivaces  et  d'OEillets,  conduit 
du  potager  au  carré  des  serres. 

Les  serres,  disposées  sur  une  seule  ligne,  sont  de  construction 
tout  à  fait  primitive.  Elles  consistent  en  une  charpente  sur 
laquelle  sont  posés  des  châssis,  ce  qui  n'empêche  pas  M.  Driger 
d'obtenir  d'excellents  résultats.  Dans  la  première  serre  se  trou- 
vent des  Géraniums  en  collection  et  en  variétés  par  la  pleine 
terre,  Agératums,  Anthémis,  etc.,  devant  servir  à  l'ornementa- 
tion estivale  de  la  propriété,  et  un  lot  d'Azalées  préparées  pour 
le  forçage. 

La  seconde  serre,  séparée  de  la  première  par  un  passage  où 
se  trouve  le  chauffage,  est  divisée  en  deux  compartiments  dont 
un  tempéré  froid  et  l'autre  chaud. 

En  entrant  dans  cette  serre,  la  Commission  remarque  une  très 
belle  collection  d'OEillets  remontants  disposés  sur  le  gradin  du 
milieu  et  dont  bon  nombre  sont  en  pleine  floraison.  Sur  la 
bâche  de  gauche,  un  lot  de  splendides  Cyclamens  très  bien 
fleuris  et  dont  quelques  variétés  sont  reconnues  extra. 

A  la  suite  de  ces  Cyclamens,  des  Orchidées  variées  de  serre 


100  -  RAPPORTS. 

froide,  remarquables  surtout  par  leur  belle  et  abondante 
floraison.  Un  certain  nombre  de  très  bonnes  plantes  étaient  en 
fleurs,  entre  autres  un  magnifique  Odonloglossum  Insleayi 
hopardnmm,  portant  une  quinzaine  de  fleurs  sur  une  seule  lige; 
un  lot  de  Lcelia  auiumnalis  splendida,  avec  des  tiges  portant 
une  moyenne  de  six  à  huit  fleurs;  ces  plantes,  réputées  diffi- 
ciles à  faire  fleurir  font  l'admiration  des  membres  de  la  Commis- 
sion; un  MasdevaUia  militaris  splendens,  fleurissant  régulière- 
ment deux  fois  par  an,  porte  actuellement  une  quinzaine  de 
fleurs  sur  le  point  de  s'épanouir;  un  Odontoglossinn  grandp  au 
coloris  très  vif,  est  également  remarqué. 

Des  Cymbidiwn  Lowi  annoncent  une  très  belle  floraison  ;  les 
plantes^  relativement  faibles,  portent  chacune  quatre  et  cinq 
tiges  florales. 

Dans  la  serre  chaude,  le  rare  Cattleya  gutiala  phœmcoptera 
porte  une  tige  avec  douze  fleurs  :  cette  variété  est  recomman- 
dable  sous  tor-s  les  rappoits:  un  Zggopeialum  crhntum  est 
remarqué  pour  la  grandeur  de  la  fleur  et  l'intensité  du  coloris; 
un  CaitleyaPineUi,  de  forme  parfaite  est  bien  coloré  ;  un  Dendro- 
bium  Phalœ?iopsis  au  coloris  très  foncé,  fait  l'admiration  de 
tous  les  membres  de  la  Commission,  cette  variété  est  certaine- 
ment une  des  plus  belles  que  l'on  ait  vues  jusqu'à  présent.  Les 
Miltoma  spectabilis  et  Morelliana  ont  dans  cette  serre  une 
végétation  extraordinaire,  ainsi  que  les  Aerides,  Saccolabium  et 
Vanda.  En  général  toutes  les  Orchidées  cultivées  sont  de  très 
belle  venue,  et  il  est  à  remarquer  que  M.  Driger  a  reçu  toutes 
ou  presque  toutes  ses  plantes  d'importation  depuis  1891,  soit 
trois  ans. 

Dans  une  autre  seire  adossée  et  formant  jardin  d'hiver,  se 
trouvent  de  magnifiques  spécimens  de  Grotons  très  bien  cul- 
tivés, et.  suspendus  près  du  vitrage,  un  fort  lot  de  Cattleya 
variés  en  grosses  plantes  d'une  végétation  extraordinaire;  puis 
des  plantes  à  garnitures.  Fougères,  Dracœnas,  Palmiers, 
Asparagus,  etc.;  et  enfin  dans  une  orangerie  communiquant 
avec  le  jardin  d'hiver,  des  plantes  en  caisses  et  principalement 
quelques  magnifiques  exemplaires  de  Chamarops  exceha. 
Dans    une  autre   petite   serre  située  dans    le   bas   du  parc, 


SOCIÉTÉ    POMOLOGIQUE    DE    FRANCE.  101 

M.  Driger  conserve  ses  Cannas,  Bégonias  divers,  etc.;  il  utilise 
le  chauffage  de  celle  serre  pour  le  forçage  du  Lilas,  qu'il  réussit 
très  bien. 

A  quatre  heures,  la  Commission  termine  ses  opérations; 
M.  Driger  dit  que  de  nouvelles  serres  sont  projetées  et  cela  prin- 
cipalement pour  les  Orchidées;  il  est  à  souhaiter  que  ce  projet 
se  réalise  à  bref  délai,  car  les  serres  existant  actuellement  ne 
sont  pas  du  tout  favorables  pour  ce  genre  de  culture  et,  par  suite, 
les  difficultés  sont  plus  grandes. 

Après  une  courte  délibération,  la  Commission,  à  l'unanimité, 
adresse  de  vives  félicitations  à  M.  Driger,  et  le  remercie  de  son 
bon  accueil. 

Eu  outre  elle  demande  l'insertion  du  présent  rapport  au 
Bulletin  de  la  Société  et  son  renvoi  à  la  Commission  des  récom- 
penses. 


Société  pomologi,jue  de  France,  trente-sixième  Congrès 
TENU  A  Lyon,  et  ouvert  le  12  septembre  1894    1). 

M.  Michelin,   Rapporteur. 

La  Société  pomologique  de  France  a  tenu  son  trente-sixième 
Congrès  à  Lyon,  sous  les  auspices  de  la  Société  d'Horticulture 
pratique  du  Rhône,  du  12  au  16  sej)tembre  1894. 

J'ai  pris  part  aux  travaux  du  Congrès  comme  membre  de 
l'Association,  et,  d'autre  part  comme  délégué  par  M.  le  Président 
et  par  le  Bureau  de  la  Société  Nationale  d'Horticulture  de 
France.  C'est  à  ce  litre  que  j'ai  rédigé  le  présent  rapport. 

La  circonstance  toute  particulière  de  l'Exposition  internatio- 
nale de  Lyon,  qui  avait  lieu,  on  le  sait,  au  parc  de  la  Tète-d'Or, 
a  motivé  une  grande  Exposition  horticole  dans  la'juelle  la 
Pomologie  a  pris  une  place  importante;  pour  cette  branche, 
j'ai  été  nommé  membre  du  Jury.  L'exercice  de  mes  fonctions 
m'a  mis  à  même  d'apprécier  des  lots  très  intéressants  fournis 
par  les  horticulteurs  de  la  région. 

(I)  Déposé  le  ii'  décembre  1894. 


102  RAPrORTS. 

Le  vaste  et  superbe  parc  de  la  Tête-d'Or  procurait  un  empla- 
cement peu  éloigné  et  digne  de  la  grande  cité  dont  il  est  un  des 
ornements. 

Le  beau  lac  qu'il  renferme  formait  un  centre  remarquable, 
autour  duquel  se  développaient  les  établissements  des  expo- 
sants; néanmoins,  le  point  principal  qui  appelait  l'attention 
était  une  grande  coupole  ou  dôme,  construction  hardie  en  fer  et 
agencée,  avec  élégance,  sous  l'abri  de  laquelle  étaient  groupés 
les  articles  d'art,  de  luxe  et  ceux  exigeant  des  soins  particuliers 
pour  leur  conservation.  11  n'est  pas  dans  mon  sujet  d'entrer 
dans  les  détails  de  cette  grandiose  exhibition;  après  cet  exposé 
très  sommaire  et  l'indication  que  la  riche  floriculture  lyonnaise 
avait  donné  du  charme  à  l'ensemble,  en  répandant  partout  ses 
merveilles,  j'arrive  au  Congrès  pomologique,  but  de  ma  déléga- 
tion et  sujet  indiqué  de  mon  rapport. 

La  séance  d'inauguration  eut  lieu  à  l'Hôtel  de  Ville,  grand  et 
bel  édifice  datant  de  Henri  IV,  le  12  septembre,  à  neuf  heures  et 
demie  du  matin,  dans  la  superbe  salle  des  Fêtes;  sous  la  prési- 
dence de  M.  Alfred  Faure,  membre  du  conseil  municipal, 
délégué  par  M.  le  maire,  pour  représenter  la  municipalité, 
auprès  de  la  partie  agricole  de  la  Grande  Exposition. 

M.  René  Gérard,  Président  de  la  Société  d'Horticulture  pra- 
tique du  Rhône,  professeur  à  la  Faculté  des  Sciences,  présenta, 
au  délégué  de  l'administration  municipale,  les  membres  de  la 
ville  et  étrangers  réunis  dans  la  salle,  en  vue  de  prendre  part 
aux  travaux  du  Congrès,  qui,  invités  par  la  Société  horticole, 
dont  il  est  Président,  avaient  désiré  tenir  les  assises  du  Congrès 
de  l'année  4894,  à  eôté  de  la  grande  Exposition  dans  laquelle  la 
ville  de  Lyon  avait  voulu  exhiber  les  produits  des  industries 
françaises. 

M.  Gérard,  donna  quelques  détails  sommaires  sur  la  fonda- 
tion de  la  Société  pomologique,  fondée  à  Lyon,  grand  centre 
de  production  fruitière,  sous  les  auspices  de  la  Société  d'Horti- 
culture pratique  du  Rhône,  et  dont  le  premier  Congrès  remonte 
à  l'année  1856;  cita  les  services  que  rend  aujourd'hui  l'Associa- 
tion et  les  hommes  qui -se  dévouent  aux  études  pomologiques  et 
travaillent  pour  en  répandre  Içs  bienfaits. 


SOCIÉTÉ    POMOLOGIQLE    DE   FRANCE.  i03 

La  Sociélé  pomologique  est  reconnaissante  de  l'intérêt  que  la 
municipalité  lui  témoigne  et  de  la  protection  qu'elle  veut  bien 
lui  accorder. 

M.  Alfred  Faure,  comme  Directeur  de  la  section  agricole  et 
horticole  de  l'Exposition,  fait  l'éloge  de  la  Société  pomologique 
et  fait  ressortir  les  services  qu'elle  a  rendus  dans  la  pomoiogie, 
depuis  nombre  d'années,  et  la  remercie  du  précieux  concours 
qu'elle  a  apporté  à  la  Yil'ie  dans  son  exhibition;  c'est,  dit-il, 
s'adressant  à  ses  membres,  un  rôle  beau  et  ulile  qu'ils  rem- 
plissent, contribuant  à  accroître  la  richesse  de  la  France;  au 
nom  de  la  Ville  de  Lyon,  il  souhaite  à  la  Sociélé  la  bienvenue 
et  la  continuation  de  ses  succès. 

A  mon  tour,  messieurs^  j'ai  dû  prendre  la  parole,  ayant  été,  à 
titre  de  Doyen  de  l'Association,  chargé  par  mes  collègues  de 
remercier  les  représentants  de  la  Yille,  de  l'accueil  que  l'admi- 
nistration municipale,  voulait  bien  faire  à  celte  Société,  née  il 
y  a  près  de  quarante  ans  dans  son  sein;  qui,  grâce  à  la  protec- 
tion qu'elle  accorde  à  toutes  les  branches  de  l'Horticulture,  a 
été  encouragée  à  poursuivre  ses  études,  a  acquis  une  notoriété 
qui  la  rend  puissante  et  l'a  amenée  à  un  point  où  elle  a  pu 
obtenir  la  lumière  dans  la  rédaction  des  nomenclatures  et  des 
choix  mieux  entendus  qui,  sur  l'ensemble,  ont  produit  de  l'amé- 
lioration dans  les  qualilés.  J'ai  terminé  mon  allocution  par  cette 
phrase  :  «  Yoilà  notre  œuvre;  elle  est  digne  de  la  bienveillante 
attention  que  lui  témoigne  la  municipalité  lyonnaise;  la  Société 
d'Horticulture  pratique  du  Rhône,  doit  être  fière  de  l'enfant 
qu'elle  a  produit.  » 

Ces  trois  allocutions  sont  la  mise  en  œuvre  du  Congrès; 
M.  Faure  déclare  la  36''  session  ouverte  et  invite  la  réunion  à 
constituer  son  bureau. 

A  la  suite  de  celle  invitation,  le  Bureau  pour  la  session  est 
composé  comme  suit  : 

MM.  Alfred  Faure,  René  Gérard,  Léon  de  la  Basile,  présidents 
d'honneur. 

M.  Ferdinand  Jamin,  président  titulaire. 

MM.  Charles  Ballet  (de  Troyes),  Joseph  Daurel  (de  Bordeaux), 


104  RAITORTS. 

Marc  Luizet  (d'Ecully),  Edmond  Vaucher  (de  Genève),  vice- 
présidents. 

M.  R.  de  Veyssière  (d'EcuUy),  trésorier. 

M.  J.  Bizet,  trésorier-adjoint. 

M.  Louis  Ciisin,  secrétaire  général. 

MM.  Abel  Chatenay  (de  Paris),  Félix  Sahut  (de  Montpellier), 
Henri  Michelin  (de  Paris),  Gliabanne  (de  Lyon),  secrétaires. 

Le  Bureau  définilif  étant  constitué,  M.  Faure  invite  les 
membres  à  montera  leur  place  sur  l'estrade. 

M.  Jamin,  en  prenant  la  présidence,  remercie  ses  collègues  du 
nouveau  témoignage  de  sympatliie  qu'ils  viennent  de  lui 
donner;  ils  pourront  compter  sur  son  dévouement. 

MM.  Ernest  Baltet  et  Félix  Sahut,  présideront  les  commis- 
sions de  dégustation,  le  premier  pour  les  fruits  à  pépins,  le 
second  pour  les  autres  fruits. 

MM.  Allemand,  Treyve  (Marie)  et  Pusterle,  composeront  la 
commission  de  vérification  des  comptes. 

M.  de  la  Baslie,  président  du  Conseil  d'administration  a  la 
parole,  pour  faire  son  rapport  administratif  annuel. 

En  premier  lieu,  M.  le  président  annonce  la  mort  récente, 
après  une  longue  et  cruelle  maladie,  de  M.  Yarenne,  l'un  des 
membres  les  plus  compétents,  les  plus  dévoués,  les  plus  sym- 
pathiques, aimé  de  tous,  enlevé  dans  la  force  de  l'âge  au  cours 
d'une  inléressanle  carrièi'e  qu'il  s'est  ouverte  par  son  travail,  et 
qui  laissera  d'amers  regrets  au  sein  de  la  Société,  dont  il  fut  un 
des  lauréats. 

En  second  lieu,  il  s'agit  d'une  lettre  du  vice-président  de  la 
Société  de  culture  fruitière  de  Russie,  le  prince  Gagarine,  q^ii 
remercie  la  Société  pomologique  de  France,  de  la  médaille 
d'or,  qu'elle  a  décidé  d'envoyer  par  son  délégué,  M.  ïreyve 
(Marie). 

Enfin,  d'airès  les  décisions  prises  dans  les  précédentes 
assemblées,  le  lauréat  de  chaque  année  sera  nommé  par  les 
membres  de  la  Société  présents,  sur  une  liste  de  deux  ou  trois 
noms  dressée  par  les  membres  déjà  lauréats  de  ladite  médaille. 

Les  candidats  présentés  devront  être  membres  sociétaires 
depuis  au  moins  tiois  ans. 


SOCIÉTÉ    POMOLOGIQUE    DE    FHANCE.  105 

L'Assemblée  décide  par  un   vole  que    celte    disposition  de- 


viendra un  article  du  règlement. 


M.  le  président  informe  ses  collègues  que  le  Congrès  ouvrira 
la  série  de  ses  travaux,  le  lendemain  à  huit  heures  du  matin, 
au  paie  de  la  Tète-d'Or,  dans  le  bâtiment  du  Conservatoire  de 
bolanique. 

Dans  l'après-midi,  par  un  temps  splendide,  a  eu  lieu,  pour  le 
Congrès,  la  visite  de  rExposiiion  avec  les  autorités  civiles  et 
militaires  de  la  ville  de  Lyon. 

Après  la  séance,  onze  lauréats  présents,  MM.  de  la  Basile, 
Charles  Baltet,  Ernest  Baltel,  Cusin,  Daurel,  Defarges,  Jamin, 
Lapierre,  Marc  Luizet,  xMichelin  et  Treyve  père,  ont  été  réunis 
sous  la  présidence  de  M.  de  la  Bastie  et  ont  décidé  de  présenter 
les  trois  noms  de  MM.  Arsène  Saunier,  Jules  Nanot  et  Félix 
Sahut. 

SÉANCES  DES  13  ET  14  SEPTEMBRE 

Le  13  septembre,  à  neuf  heures  du  matin,  ainsi  que  l'indiquait 
l'ordre  du  jour  annoncé,  le  Congrès  s'est  réuni  au  parc  de  la 
Tète-d'Or  dans  le  bâtiment  du  Conservatoire  de  botanique. 

M.Gérard,  président  de  la  Société  d'horticulture  du  Rhône, 
dans  une  allocution  des  plus  cordiales,  au  nom  de  la  Société 
lyonnaise  exprime  la  satisfaction  qu'éprouvent  ses  collègues, 
en  voyant  au  sein  de  leur  ville,  leurs  confrères  venus  nombreux 
et  venus  de  si  loin  et  de  régions  si  diverses  ;  il  émet  le  vœu  que  le 
Congrès,  pour  étendre  son  action  réformatrice,  répande  dans 
les  campagnes  des  listes  destinées  à  faire  connaître  les  variétés 
fruitières  qui  remplaceraient  avec  avantage  un  bon  nombre 
dont  on  se  contente  aujourd'hui  souvent,  faute  de  connaître  les 
moyens  d'améliorer  les  cultures. 

M.  Jamin  prend  la  présidence  et  donne  la  parole  à  M.  le  pré- 
sident de  la  Bastie  qui  commence  par  faire  connaître  les  pertes 
que  la  Société  a  éprouvées  depuis  l'année  dernière.  Au  nom  de 
M.  Varenne,  dont  il  a  déjà  été  question,  il  faut  ajouter  ceux  de 
MM.  Paul  de  Mortillet,  Paul  Giraud,  Antoine  Besson,  Gaston 
Bazille,  Louis  Lyand,  André  Neyron,  Delavier,  tous  connus  par 
leur  utile  coopération  à  l'œuvre  commune.  M-.  le  président  fait 


106  RAPPORTS. 

appel  aux  efforts  des  membres  pour  concourir  d'une  manière 
efficace  à  la  rédaction  du  journal;  l'élévation  de  la  dépense  qui 
serait  exigée  empêche  la  publication  de  dessins  coloriés  de 
fruits;  la  situation  financière  est  bonne;  le  prochain  Congrès, 
en  1895,  se  tiendra  à  Versailles,  et  nous  avons  reçu,  pour  l'an- 
née 1896,  une  invitation  de  la  Société  de  Rouen. 

M.  Treyve  (Marie),  de  Moulins,  est  chargé,  par  le  Conseil 
d'administration,  de  porter  une  médaille  d'or  à  l'Exposition 
fruitière  de  Saint-Pétersbourg. 

La  Société  de  culture  fruitière  de  Russie  a  adressé  à  M.  le 
président  de  la  Bastie  une  lettre  en  date  du  31  août  dont  il  est 
donné  lecture;  elle  est  signée  du  prince  Anatole  Gagarine,  vice- 
président;  elle  est  rédigée  dans  des  termes  d'une  cordialité  très 
caractérisée. 

D'une  communication  venue  de  M.  Chauffin,  de  Bourgoin,  il 
résulte  que  la  Reinette,  connue  sous  le  nom  d'Anthésieux,  doit 
être  appelée  Reinette  de  Demptézieu,  section  de  la  commune 
de  Saint-Savin,  son  lieu  d'origine. 

COMMISSION    DES    DÉGUSTATIONS 
APPRÉCIATIOAS     DE     LA     COMMISSIOX 

Rapports  de  MM.  Félix  Sahut  et  H.  Michelin. 

Pêckes. 

Clarisse.  —  Pêche  présentée  par  M.  Jusseau.  Fruit  moyen,  joli, 
bien  coloré,  arrondi,  un  peu  déprimé.  La  chair  est  filandreuse, 
juteuse  et  parfumée,  bonne  ou  assez  bonne. 

Clémence  Aubert.  —  Pèche  à  l'étude,  exemplaire  présenté 
par  M.  Troubat,  l'obtenteur.  Fruit  d'un  joli  aspect;  peau  à  fond 
jaune  orange  frappée  de  rouge.  On  dit  qu'elle  est  très  tardive  et 
la  meilleure  des  Pêches  à  chair  jaune.  Le  fruit  n'était  pas  assez 
mûr. 

Globe.  —  Présentée  par  M.  Jusseau.  Fruit  gros,  arrondi,  bien 
coloré.  Chair  un  peu  adhérente,  jaune  rouge  autour  du  noyau, 
fine,  juteuse,  acidulée,  manquant  un  peu  de  sucre  et  de  parfum, 
de  qualité  insuffisante. 

Late  admirable.  —  Apportée  par  M.  Michelin.  Cette  variété,  qui 


SOCIÉTÉ    POMOLOGIQUE    DE    FRANCE.  107 

est  à  l'étude,  est  comparée  à  la  Bourdine  cultivée  à  Ecully,  dont 
eile  a  l'appai'ence  extérieure,  mais  le  noyau  est  plus  gros.  La 
chair  plus  pourprée  autour  du  noyau,  est  moins  bonne  que  celle 
de  la  Bourdine.  C'est  un  fruit  à  revoir,  bon  néanmoins. 

Madame  Pynaert,  — Présentée  par  M.  Luizet.  Fruit  moyen, 
bien  coloré,  à  chair  manquant  de  sucre,  de  qualité  insuffisante. 

Rochon  (Rochon  de  Bourg).  —  Présentée  par  M.  de  la  Baslie. 
Fruit  gros,  à  chair  manquant  un  peu  de  sucre,  bonne  ou  assez 
bonne.  A'ariélé  à  Tétude,  déjà  décrite.  Maturité  fin  août. 

Semis  n°  \  (Corot).  —  Présentation  par  l'obtenteur.  Fruit  do 
grosseur  au-dessus  de  la  moyenne,  arrondi,  bien  coloré,  de 
bonne  qualité. 

iSemi^n"  2  (Jusseau),  — Présentée  par  l'obtenteur.  Fruit  moyen, 
bien  coloré^  d'un  joli  aspect;  arrondi,  un  peu  déprimé,  à  chair 
fine,  juteuse,  sucrée,  relevée,  de  bonne  qualité. 

Semis  de  M.  Pépin,  d'Eculbj.  —  Présentée  par  l'obtenteur. 
Fruit  gros,  bien  coloré,  un  peu  trop  mûr.  Il  paraît  avoir  de  la 
qualité  et  mérite  d'être  revu. 

Semis  71"  2  (Troubat).  —  Présentée  par  l'obtenteur.  Fruit  assez 
gros,  récolté  en  plein  air,  coloré,  à  chair  dense,  fine,  parfumée, 
manquant  un  peu  de  sucre. 

Pèche  nectarine. 

Semis  de  M.  Paoiot,  de  Marcilly  d'Azergues.  —  Présentation 
par  M.  Cusin.  Fruit  gros,  bien  coloré,  trop  mûr;  annonce  de  la 
qualité  et  demande  à  être  revu. 

Plusieurs  pêches  manquant  de  maturité  sont  renvoyées  à  la 
Commission  permanente  des  études. 


Pu 


ires. 


Belle  cV Ecully.  —  Fruit  très  gros,  rappelant  la  belle  Ange- 
vine piriforme,  rouge  sur  un  côté,  à  chair  grosse,  blanche,  demi 
cassante;  peu  sucrée,  légèrement  acidulée,  passable;  cette 
variété  avait  été  rayée  à  la  Session  de  Nancy. 

Bijou.  —  Présentée  par  M.  Bottero,  de  Chambéry.  Fruit  petit, 
fortement  turbiné,  à  peau  bien  jaune,  de  qualité  assez  bonne. 

Comte  de  Lambertye  (Tourasse).  —  Admise  à  l'étude  et  pré- 


108  RAPPORTS. 

senLéeparM.  Cbaiies  Ballet.  Fruil  gros,  arrondi,  conique,  nn  peu 
bosselé,  à  peau  jaune.  Chujp  jugée  très  bonne,  bonne  réputation. 

Docteur  Drp07ies(Tveywe).  —  A  Tétude  et  présentée  par  i'obten- 
teur.  Fruit  gros,  un  peu  bosselé,  à  pédoncule  court  et  enfoncé. 
Quoique  n'étant  pas  encore  arrivé  à  son  époque,  ce  fruit  paraît 
l)ien  mûr 

Sa  chair  est  jugée  jni-fine,  assez  juteuse,  mi-fondante,  assez 
bonne.  Celte  Poire  devra  être  revuedans  de  meilleures  conditions. 

Docteur  Dentier  [Grégoive).  — Présentée  par  M.  Boltero.  Fruit 
moyen,  piriforme  turbiné;  à  chair  fondante,  juteuse,  sucrée, 
bonne,  mais  astringente.  Celte  variété  depuis  longtemps  a  été 
rayée  par  le  Congrès. 

Dorothée  Couvreur  (Hugué).  — Présentée  par  M.  de  la  Bastie. 
Fruit  belge  qui  date  de  1871,  est  de  grosseur  moyenne,  arrondi; 
à  peau  d'un  vert  pâle,  lavé  de  fauve.  La  chair  est  jugée  fine, 
très  fondante,  très  juteuse,  sucrée,  acidulée,  et  agréablement 
parfumée.  Très  bon  fruit  à  revoir. 

Joyau  de  Septembre  (Hérault).  —  Envoyée  par  l'obtenteur. 
Celte  variété  a  été  rayée  à  la  Session  de  Bordeaux  1888;  on  n'a 
pas  contesté  sa  bonne  qualité  ;  mais  on  avait  reconnu  que  Farbre 
est  défectueux  et  que  ses  fruits  ne  sont  pas  toujours  sains.  La 
Commission  juge  le  fruit  très  bon;  mais,  pour  les  mêmes  rai- 
sons, maintient  la  décision  prise. 

Lucien  Chauré  (Sannier)^  présentée  par  l'obtenteur.  Fruit 
assez  gros,  piriforme,  bosselé,  chair  fondante,  juteuse,  acidulée, 
bonne. 

Mad cane  Antoine  Lorniier  (Sdinnler),  présentée  par  l'obtenteur. 
Fruit  assez  gros,  ovoïde;  chair  fondante,  acidulée,  juteuse, 
sucrée,  de  bonne  qualité,  a  été  rayée  à  la  Session  de  Bourg  en 
1885. 

Sannier  père  (Sannier).  —  Fruit  de  bonne  moyenne  grosseur 
turbiné;  à  peau  jaune.  Chair  fine,  fondante,  juteuse,  sucrée,  de 
bonne  qualité.  Cette  Poire  a  été  rayée  à  la  session  de  Bourg  en 
'1885. 

Secrétaire  Vigneau  (Sannier).  —  Variété  à  Tétude.  Ce  fruit  a 
des  dispositions  à  blettir;  sa  chair  est  demi  fine,  fondante, 
juteuse,  sucrée,  relevée,  bonne. 


S(3CIÉTÉ    POMOLOGIQL'E    DE    FRANCE.  109 

'/ hf'rèse  (de  Morlillet),  présentée  par  M.  Botlero.  Fruit  assez 
gros,  sphérique;  à  peau  d'un  jaune  vif  voilé  de  fauve.  Chair  mi- 
fine,  fondante,  assez  juteuse,  sucrée,  agréabiemenl  parfumée, 
assez  bonne  ou  bonne. 

Semis  tf  Wl  \  (Ernest  Baltet),  f)résentée  par  l'obtenteui'.  Fruit 
gros,  de  forme  de  Bon  Chrétien  Williams;  à  peau  d'un  jaune 
-vif.  Chair  jaunâtre,  assez  fine,  fondante,  juteuse,  relevée,  par- 
fumée, bonne  ou  très  bonne. 

Semis  n'  20  (Lamberet),  présentée  par  M.  Barbier  de  Monlluel. 
Fruit  gros,  turbiné  obtus  à  peau  jaune  et  pédoncule  moyen. 
Chair  grossière,  sucrée,  manquant  de  jus  par  excès  de  maturité, 
à  revoir. 

Semis  n"  312  (Sannier),  présentée  par  i'obtenteur.  Fruit  de 
petite  moyenne  grosseur,  turbiné,  ventru  ;  à  peau  jaune  citrin^ 
ponctuée  de  gris.  Chair  mi-fine,  mi-fondante,  assez  juteuse, 
assez  sucrée,  musquée,  assez  bonne. 

De  nombreuses  Poires  qui  n'ont  pas  une  maturité  convenable 
sont  renvoyées  à  la  Commission  permanente  des  études. 

Pommes. 

fraise.  —  Pomme  patronée  par  M.  Gloriot  et  présentée  par 
M.  Bey-Rozet,  horticulteur  à  Marnay  (Haute-Saône).  Ce  fruit 
atteint  ordinaiiement  le  mois  de  mars.  La  chair  en  est  rouge 
tendre,  quand  elle  est  mûre  ;  mais  elle  est  ferme  aujourd'hui  et 
déjà  mangeable,  c'est  un  fruit  de  marché  et  de  table  à  revoir. 

Moss's  incomparable.  —  Fruit  très  gros,  arrondi,  un  peu 
conique;  à  peau  verdoyante,  colorée  et  rayée  de  rouge  terne. 
Chair  grossière,  cassante,  acidulée,  de  médiocre  qualité.  On 
croit  que  cette  variété  est  d'origine  anglaise  ;  mais  elle  ne  répond 
pas  à  l'appréciation  de  nombreux  auteurs  qui  la  disent  de  pre- 
mière qualité  et  mûrissant  en  hiver. 

Semis  n°  i  (Richaux),  présentée  par  l'obtenteur.  Fruit  de 
bonne  moyenne  grosseur,  sphérique  un  peu  déprimé,  côtelé  ;  à 
peau  amplement  teintée  et  stiûée  de  carmin.  Chair  blanche  peu 
juteuse,  peu  sucrée,  peu  parfumée,  de  qualité  passable. 

Semis  n°  7  (Richaux).  — Fruit  de  moyenne  grosseur,  ariondi, 


11()  RAPjr'L'RT?. 

élevé;  à  peau  jaune  un  peu  striée  de  rouge  ;  à  pédoncule  excessi- 
vement court. 

Chair  un  peu  jaune,  fine,  sucrée,  parfumée,  un  peu  relevée, 
bonne. 

Raisins. 

Chasselas  Lacène,  présenté  par  M.  Brun.  Ce  Raisin  paraît  plus 
lâche  que  le  Chasselas  de  Fontainebleau,  il  en  a  les  autres 
caractères  et  la  même  qualité.  On  dit  seulement  que  sa  maturité 
est  un  peu  plus  précoce.  C'est  à  étudier. 

Gamay  Biton  (Riton,  d'Ecully),  présenté  par  Tobtenteur. 
Raisin  noir,  parfois  ailé,  ayant  les  caractères  des  Gamays  de 
Bourgogne.  Sa  grappe  et  ses  grains  paraissent  plus  gros.  Sa 
qualité  est  bonne,  mais  ne  surpasse  pas  celle  du  Gamay. 

En  terminant,  la  Commission  mentionne  les  essais  d'hybrida- 
tion entrepris  par  M.  l'abbé  Marmand,  de  Nancy,  pour  féconder 
la  Poire  japonaise  Mikado  par  le  Beurré  d'Hardenpont.  Deux 
Poires  dissemblables  ont  été  produites;  mais  elles  ne  sont  pas 
assez  mûres  pour  qu'on  puisse  les  déguster. 

Après  la  lecture  des  procès-verbaux  de  la  Commission  de 
dégustation,  M.  le  Président  entreprend  l'appel  des  fruits  qui 
ont  été  mis  à  l'étude  dans  les  années  précédentes  et  sur  lesquels 
la  Société  n'a  pas  encore  statué. 

Chaque  fruit  donne  lieu  à  des  observations  qui  vont  être  ici 
résumées. 

FRUITS  A  l'Étude 

Abricots. 

Corot  Corot).  —  Fruit  très  hàtif,  mais  petit  et  dont  la  chair 
est  adhérente. 

La  Commission  des  études  l'a  jugé  seulement  bon  le  23  juin 
dernier.  La  radiation  en  est  prononcée. 

De  Boulbon.  —  M.  Baltet  dit  que  cet  Abricot  est  très  beau, 
très  bon  et  très  sain  en  plein  air;  la  Commission  des  études 
ajoute  qu'il  est  très  bon  et  le  meilleur  parmi  les  précoces,  il  est 
maintenu  à  l'étude. 

De  Curis,  —  On  dit  que  sa  qualité  n'est  pas  remarquable,  et 


SOCIÉTÉ    POMOLOGIQUE   DE    FRANCE.  ili 

que  son  aspect  n'est  pas  satisfaisant  :  il  n'est  connu  que  dans  le 
canton  de  Neuville-sur-Seine.  Sa  radiation  est  décidée. 

Du  Chancelier  (Luizet).  —  Variété  belle,  très  bonne,  un  peu 
tardive.  L'arbre  est  vigoureux  et  fertile.  L'Assemblée  prononce 
l'adoption. 

Pav'iot  (Paviot).  —  Fruit  très  gros,  a  été  jugé  très  bon  cette 
année,  fin  juillet  et  \  I  août.  Il  est  maintenn  à  l'étude. 

Sucré  de  Holub  (Holub).  —  Les  renseignements  manquent 
sur  celte  variété  ;  la  Commission  des  études  paraît  seule  le  con- 
naître :  elle  le  juge  très  beau  et  très  bon.  A  ce  titre,  il  est  main- 
tenu à  l'étude. 

Pêrlie<^. 

Du  Randin  ^Brun).  —  La  Commission  des  études  signale  cette 
variété  comme  belle,  bonne,  bien  colorée,  mûrissant  fin  d'août. 
Maintenue  à  l'étude  comme  n'étant  pas  répandue. 

Belle  Henri  Pinaut  (Guyot).  —  Pêche  originaire  de  Montreuil 
(Seine)  avantageusement  connue  à  Paris,  comme  étant  grosse, 
excellente  et  succédant  à  la  grosse  Mignonne:  maintenue  à 
l'étude. 

Blondeau.  —  Pèche  belle,  très  bien  colorée,  très  bonne;  arbre 
très  fertile,  fruit  de  septembre,  originaire  de  Montreuil,  très 
répandu  dans  le  département  de  la  Seine. 

On  objecte  qu'elle  n'a  été  mise  à  l'étude  qu'en  1892;  on  peut 
répondre  que  si  elle  a  été  négligée,  sa  valeur  bien  éprouvée  la 
dispense  d'un  long  stage.  Après  une  discussion  sérieuse  et  les 
vives  instances  des  délégués  de  la  Seine,  elle  est  adoptée. 

Clémence  Aubert  (Troubat).  —  Considérée  comme  une  très 
bonne  Pêche,  jaune,  tardive,  par  la  Commission  permanente; 
maintenue  à  l'étude. 

Gladstone  (Rivers).  — Fruit  gros  ou  moyen,  tantôt  bon,  tantôt 
très  bon.  Maintenu  à  l'étude. 

Late  Admirable  (Motteur).  —  Se  reporter  aux  appréciations 
de  la  Commission  des  dégustations.  Maintenue  à  l'étude. 

Madame  Bernède  ^Bernède).  —  Pèche  jaune,  à  chair  un  peu 
filandreuse.  Maintenue  à  l'étude. 

Marguerite.  —  M.  de  la  Bastie  dit  queje  vrai  nom  est  Sainte- 


11^  RAPPORTS. 

Marguerile,  et  que  Ja  Pêche  mûrit  à  la  même  époque  que  la 
Pèche  Haies  Earh',  à  laquelle  elle  est  inférieure  en  qualité. 
Maintenue  à  l'étude. 

Pourprée  Josrjthhie  (Girard).  —  Point  de  renseignernenls  sur 
cetle  Pêche  d'origine  marseillaise;  elle  tombera  dans  l'oubli.  Sa 
radiation  est  volée. 

Saille  Worrel.  —  Variété  américaine  de  bonne  moyenne  gros- 
seur; n'est  que  bonne.  M.  Boucher  dit  qu'habituellement  elle  est 
plutôt  petite.  Maintenue  à  l'étude. 

Vilmorin  (L'  père).  —  Fruit  de  belle  apparence,  pas  encore 
très  répandu.  Maintenu  à  l'élude. 

Pèches  nectarines.  —  Pêches  lisses. 

Ananas  (Rivers).  —  Nectarine  à  chair  jaune  réputée  bonne. 
Maintenue  à  l'étude.  Sous  son  vrai  nom  d'origine,  Pine-Apple. 

Cusin  (Gusin).  —  Getle  variété  s'est  montrée  variable  dans  sa 
maturité  comme  dans  ses  dimensions.  Sa  qualité  est  généi'ale- 
ment  bonne,  et  sa  maturité  est  contemporaine  de  celle  de  la 
précoce  de  Groncels.  Maintenue  à  l'élude. 

De  Coosa.  —  Très  belle  et  1res  bonne,  plus  tardive.  Maintenue 
à  l'étude,  avec  recommandation. 

Précoce  de  Cronceh  (Ballet).  —  Fruit  gros,  bon,  précoce. 
M.  de  la  Bastie  le  trouve  moins  bon  que  la  Neclarine  Gusin. 

Il  a  été  aiuai  apprécié  à  Lyon  fin  juillet  cl  en  août.  Il  est  suf- 
fisamment connu  aujourd'hui;  l'Assemblée  prononce  l'adoption. 

Poires. 

Alexandre  Chômer  (Liabau  i).  —  Fruit  d'hiver,  beau  et  fin; 
il  serait  très  bon,  s'il  avait  plus  de  relevé;  l'arbre  est  ferlile  et 
vigoureux.  Maintenu  à  l'étude. 

Anne  de  Bretagne  (Vigneron  de  la  Jousselaudière).  —  Poire 
assez  grosse,  généralement  mûrissant  en  novembre,  3t  bonne. 
Maintenue  à  l'étude. 

Anversoise  (Daras  de  Naghin).  —  Maturité  novembre,  grosseur 
moyenne,  passant  pour  bonne  ot  très  bonne.  Maintenue  à  Tétude. 

Bergamotle  de  Jodoigne  (Grégoire).  —  Fruit  petit  et  seule- 
ment bon.  Est  rayé  de  la  liste. 


SOCIÉTÉ    POMOLOGIQUE    DE    FRANCE.  113 

Bergamotte  la  Gantoise  (Gaujard).  —  Maturité  fin  d'hiver, 
arbre  très  fertile.  Maintenu  à  l'étude. 

Bergamotte  Saunier  (Sannier).  —  La  Commission  des  études 
n'est  pas  favorable  à  ce  fruit;  il  y  a  des  avis  contraires.  La 
maturité  vient  en  plein  hiver  et  M.  Sannier  dit  Tarbre  très  fertile 
dans  le  genre  de  la  Bergamotte  Esperen.  Maintenu  à  l'étude. 

Besi  de  Saint-Agil  —  Manque  de  renseignements.  M.  Jamin 
enverra  des  fruits  à  la  Commission  des  études  cet  hiver.  Maintenu. 

Beurré  Auguste  (Marau).  —  Fruit  gros,  allongé,  passant  pour 
bon,  maturité  fin  septembre.  Maintenu. 

Beurré  des  Caiinélites  [Mardin).  —  Aucun  renseignement  nou- 
veau. Maintenu. 

Beurré  Fouqueray  (Fouqueray).  —  Beau  fruit  de  septembre, 
considéré  comme  bon  et  très  bon;  on  lui  reproche  seulement  de 
blettir.  Maintenu. 

Comtesse  de  Paris  (Fourcine).  —  Fruit  de  grosseur  moyenne, 
de  forme  de  Louise  Bonne,  peu  connu.  Maintenu  à  Tétude. 

Charles  Ernest  (^Baltet).  —  Maturité  décembre.  On  est  peu 
d'accord  sur  le  degré  de  la  qualité.  Manque  de  relevé.  Maintenu 
à.  l'étude. 

De  la  Foresterie  (d'Ambrière).  —  Variété  d'hiver  sur  laquelle 
on  n'est  pas  suffisamment  renseigné.  Maintenu  à  l'élude. 

Docteur  Déportes  (Treyve).  —  La  Commission  de  dégustation 
l'a  jugé  maintenu  à  l'étude. 

Doyenné  Gabriel  (Simon).  —  Les  renseignements  manquant 
sur  cette  variété  tardive,  elle  est  maintenue  à  l'étude. 

Doyenné  Guillard  (Guillard).  —  Gros  fruit  de  novembre,  sur 
lequel  les  renseignements  manquent.  Maintenu  à  l'étude. 

>  Ferdinand  Gaillard  (Gaillard).  —  Beau  fruit  de  novembre- 
décembre,  de  bonne  qualité,  mais  manquant  un  peu  de  relevé. 
L'arbre  est  vigoureux  et  fertile.  Maintenu  a  l'élude. 

Fondante  Fougère  (Fougère).  —  Très  bonne  Poire  d'hiver: 
arbre  peu  vigoureux.  Malgré  quelques  objections  sur  cette  der- 
nière observation,  l'adoption  est  prononcée. 

La  Gracieuse,  —  Bergamotte  de  grosseur  moyenne,  mûrissant 
vers  la  fin  de  septembre  et  qu'on  dit  très  bonne  et  ne  blettissant 
pas.  Maintenue  à  l'étude. 

S 


114  RAPPORTS. 

Laure  Gilbert  (T.  de  Latin).  —  Les  renseignements  manquent. 
Elle  est  maintenue  à  l'étude. 

Le  Lectier.  —  Fruit  d'hiver,  considéré  comme  beau  et  très 
bon.  On  ne  donne  pas  de  nouveaux  renseignements.  Maintenue 
à  l'étude. 

Madame  Sannier  (Saunier).  —  Demande  à  être  encore  étudiée. 
Maintenue  à  l'étude. 

Madame  Lyé  Ballet  (Baltet).  —  Maintenue  à  l'étude,  avec 
observation  que  le  fruit  est  jugé  seulement  bon  et  que  l'arbre 
passe  pour  être  un  peu  défectueux. 

Orpha  (Sansaud).  —  Bonne  qualité,  maturité  de  novembre- 
décembre.  Arbre  très  fertile.  Maintenue  à  l'étude. 

Petite  Marguerite  (André  Leroy).  —  Fruit  petit,  très  précoce  : 
commencement  d'août;  seulement  bon.  Maintenu  à  l'étude. 

Président  de  la  Bastie  (Boisselot).  —  Beau  fruit  de  fin  d'hiver, 
jugé  très  bon.  Maintenu  à  l'étude. 

Rousselet  de  Meylan  (de  Morlillet).  —  Petit  fruit  très  précoce, 
de  bon  goût,  à  étudier.  Maintenu  à  l'étude. 

Souvenir  de  VÉvcque.  —  Apparence  peu  engageante,  à  étu- 
dier. Maintenue  à  l'étude. 

Secrétaire  Vigneau  (Sannier).  —  Maturité  octobre,  un  des 
meilleurs  gains  de  M.  Sannier,  suivant  l'indication  de  M.  de  la 
Bastie.  Maintenu  à  l'étude. 

Triomphe  de  Nantes  (Maran).  —  Cette  variété  passe  pour  ie 
meilleur  des  gains  de  M.  Maran,  Maintenue  à  l'élude. 

Pommes. 

Antonowka.  —  Pomme  russe,  assez  grosse  et  jolie.  On  dit  que 
c'est  un  bon  fruit  de  cuisine,  mûrissant  en  hiver.  Maintenue  à 
l'étude. 

Bulls  Golden  pippin.  —  Variété  anglaise,  mûrissant  en 
décembre-janvier,  fruit  de  table  de  bonne  qualité.  Maintenue  à 
l'étude. 

Calville  Duquesne  (Duquesne).  —  Joli  fruit  de  décembre, 
ayant  l'apparence  du  Calville  blanc  dont  il  n'a  pas  la  qualité 
tout  en  étant  bon.  Maintenue  à  l'étude. 


SOCIÉTÉ   POMOLOGIOUE    DE    FRANCE.  Uo 

DWrcij  Spice  oa  Pépin  de  Baddoue.  —  Pomme  anglaise  de 
qualité  bonne;  mais  non  transcendante;  rayée  de  la  liste. 

Lawer.  —  Pomme  américaine  de  longue  conservation,  qualité 
insuffisante. 

La  radiation  est  votée. 

Non-pareille  blanche.  —  Grosseur  moyenne,  qualité  très 
bonne;  maturité  décembre-janvier.  Maintenue  à  l'étude. 

Pearmain  de  Lambe  Abbey.  —  Petit  fruit  sans  valeur  suffisante  ; 
radiation  votée. 

Pierre  le  Grand;  Karolkocoskl  de  son  vrai  nom.  — -  Petite 
Pomme  précoce  de  bonne  qualité  dont  l'arbre  est  défectueux. 
La  radiation  en  est  votée. 

Reinette  de  Wilkenhourg.  —  Fruit  de  grosseur  moyenne  assez 
précoce.  Aucun  renseignement  nouveau  n'est  venu  confirmer 
l'indication  qu'elle  est  de  très  bonne  qualité.  Maintenue  à 
Tétude. 

Reinette  Sanguine  du  Rhin.  —  On  ne  donne  pas  de  nouveaux 
renseignements;  fruit  d'hiver,  moyen.  Maintenue  à  l'étude. 

Reinette  Simlrenko  (Simirenko).  —  Pomme  russe,  d'hiver,  à 
étudier.  Maintenue  à  l'étude. 

Sykehouse  Riisset.  —  Fruit  d'hiver,  d'origine  anglaise,  assez 
petit  mais  de  très  bonne  qualité.  Maintenue  à  l'étude. 

The  Queen,  —  Pomme  assez  grosse  et  de  jolie  apparence,  de 
qualité,  seulement  assez  bonne  et  qualifiée  de  fruit  à  cuire, 

La  radiation  en  est  votée. 

Titowka.  —  Variété  russe  assez  précoce,  encore  peu  connue. 
Maintenue  à  l'étude. 

Volay  (Volay).  —  Variété  sans  mérite  suffisant  sous  le  rap- 
port de  la  qualité  aussi  bien  que  sous  celui  de  l'aspect.  La  radia- 
tion est  décidée. 

Prunes. 

Des  Béjonnières  (André  Leroy).  —  On  ne  soulève  pas  la  ques- 
tion desavoir  si  cette  variété  est  identique  avec  celle  Ageyi  Doré, 
mais  on  s'accorde  à  dire  qu'elle  est  d'excellente  qualité.  Elle  est 
maintenue  à  l'étude. 

Reine  Claude  Latinois  (Latinois).  —  Variété  présentant  une 


116  RAPPORTS. 

grande  analogie  avec  Ja  Reine  Claude;  mais  dont  la  maturilé 
est  beaucoup  plus  tardive,  soit  de  dix  à  quinze  jours.  Maintenue 
à  l'étude. 

fi  ai  s  ni  s. 

Chasselas  Lacène.  — Sélection  ou  mieux  dérivation  du  Glias- 
selas  de  Fontainebleau  dont  il  ne  devance  la  maturiié  que  de- 
quelques  jours.  A  étudier  encore.  Maintenu  à  l'étude. 

Long  noir  d'Espagne.  —  La  Commission  des  études  en  propo- 
serait la  radiation  parce  qu'il  a  de  la  difficulté  à  mûrir  sous 
notre  climat;  l'Assemblée  décide  qu'il  sera  encore  maintenu  à 
l'étude. 

Noir  liât if  de  juillet.  — Aucune  observation,  si  ce  n'est  qu'on 
ne  doit  pas  le  confondre  avec  le  Gamay  précoce  ou  Gamay  de- 
juillet.  Maintenu  à  l'étude. 

Schaous,  —  La  Commission  permanente  des  études  considère 
que  ce  Raisin  n'est  pas  d'une  qualité  supérieure  et  ne  mûrit  pas 
facilement  en  plei»  air;  néanmoins  l'Assemblée  le  maintient 
encore  à  l'étude. 

Fruits  locau.t. 

Les  Pommes  Bouque,  Preuve  et  Croque  sont  maintenues  a- 
l'étude,  la  seconde  dit  M.  de  la  Bastie  n'est  pas  originaire  de 
l'Ain;  elle  est  répandue  dans  diverses  régions  où  elle  porte  des^ 
noms  différents. 

fruits  de  Pressoir. 

Je  ne  cite  pas  les  Poires  et  Pommes  à  cidre  qui  ne  sont  pas 
mangeables.  Il  me  semble  qu'elles  ne  seraient  pas  ici  à  leur 
place:  quant  aux  Raisins  de  cuve  dont  les  conditions  ne  sont 
pas  identiques,  je  suis  moins  éloigné  d'en  rendre  compte. 

Le  Riessling  a  été  adopté. 

Le  Castets,  V'Etraire  de  VAdui,  le  Terret  gris,  le  Terret  noir 
ont  été  rayés;  le  Gamay  précoce  et  le  Gamay  rouge  ont  été 
maintenus  à  l'étude,  ce  dernier  sous  le  nom  de  Gamay  noir  à  jus 
rouge. 


SOCHhT:    POMOLOGIQL'E    DE   FRANCE.  117 

NOUVEAUX     FRUITS     A    METTRE     A    l'ÉTUDE 

Appel  fait  par  M,  le  Préside.xt. 

Abricot. 

Gros  Pplissier  (Pélissier).  —  Gros,  très  bon,  maturité  milieu 
de  juin. 

Cerise. 

Bigarreau  Pélissier  (Pélissier).  —  Gros  fruit,  tiès  bon,  mû- 
rissant fin  de  mai.  propre  aux  expéditions  dans  le  midi. 

Pèches. 

Condor  (K{\eY?>).  —  Assez  grosse,  très  bonne,  du  milieu  d'août. 
Falcon  (Flivers).    -  Assez  grosse,  très  bonne,  du  milieu  d'août. 
Général  Lee.  —  Mô^-enne,  très  bonne,  du  milieu  d'août. 
Rochon  (llochon).  —  Très  grosse,  très  bonne,  de  la  fin  d'août. 

Pommes. 

Ponùlka.  —  Variété  russe,  très  belle,  très  bonne,  du  milieu 
d'août. 

Non-pareille  ancienne.  —  Moyenne,  très  bonne,  de  février- 
avril. 

Serinka.  —  Variété  russe,  grosse,  très  bonne,  de  fin  de  juillet. 

Raisins  de  Table. 

Gamay-Riton  (Hiton,  d'Ecully).  —  Apprécié  par  la  Commis- 
sion des  dégustations  et  présenté  par  l'Association  borlicole 
lyonnaise. 

Perle  Impériale  (JMoreau  Robert  1858;.  —  Maturité  commen- 
cement de  septembre,  proposition  de  la  Commission  des  études. 

Terrel  Bourre t  et  Terre t  noir. 

Deux  fruits  abandonnés  comme  Raisius  de  cuve,  mais  estimés 
comme  Raisins  de  tabie  dans  la  région  méditerranéenne  dont  ils 
ont  besoin  pour  bien  mûrir. 

Leur  peau  dure  facilite  leur  conservation  jusqu'en  mars  :  ils 
sont  mis  à  l'étude.  • 


418  RAPPORTS. 

La  Société  pomologiqne  de  France  s'est  préoccupée  des  indi- 
cations qu'il  serait  à  propos  de  publier  sur  le  surchoix  à  faire 
parmi  les  meilleures  variétés  fruitières  sur  la  valeur  relative  des 
fruits  au  point  de  vue  exclusif  du  goût,  de  la  saveur,  abstraction 
faite  des  autres  conditions;  elle  a  voulu  déterminer  les  qualités 
comme  les  défauts  des  variétés  destinées  aux  petits  jardins,  aux 
grandes  cultures,  aux  commerces  de  luxe,  aux  marchés  des 
villes.  Des  listes  ont  été  fournies  de  divers  points  de  la  France  ; 
il  est  des  localités  d'où  il  n'a  pas  encore  été  répondu  à  l'appel. 

M.  le  président  de  la  Bastie  insiste  pour  signaler  à  l'attention 
des  membres  de  la  Société,  l'utilité  des  listes  demandées  depuis 
au  moins  deux  ans  et  fait  ressortir  l'intérêt  qu'offrirait  la  publi- 
cation du  travail  résumé  et  complet.  L'Assemblée  décide  la  pu- 
blication des  listes  qui  ont  été  reçues  à  ce  jour. 

D'après  une  décision  de  l'Assemblée,  le  procbain  Congrès  aura 
lieu  à  Versailles  et  le  suivant  se  tiendra  probablement  à  Rouen, 
pour  répondre  à  une  gracieuse  invitation  qui  a  été  faite  par  la 
Société  d'Horticulture  de  cette  ville. 

Dans  une  séance  particulièrement  administrative,  la  Commis- 
sion des  finances  a  fait  connaître  les  résultats  de  sa  vérification, 
et  les  comptes  du  trésorier  ont  été  approuvés;  enfin  l'Assem- 
blée procède  à  l'élection  des  membres  du  Conseil  d'administra- 
tion. MM.  Bied,  Charreton,  Brun,  Fougère,  Liabaud,  membres 
ortants  sont  réélus. 

Le  Congrès,  pour  compléter  ses  travaux,  devait  accomplir 
l'élection  du  lauréat  auquel  devait  être  décernée  la  Médaille 
destinée  à  la  personne  qui  était  jugée  avoir  rendu  le  plus  de 
services  à  la  Pomologie. 

Il  a  été  procédé  suivant  les  mesures  réglementaires  récem- 
ment arrêtées. 

L'Assemblée  avait  à  choisir  entre  les  trois  noms  de  M.  Arsène 
Saunier,  Nanot  et  Félix  Sabut.  A  une  forte  majorité  les  suffrages 
se  sont  portés  sur  M.  Saunier  l'infatigable  semeur  rouennais 
bien  connu.  Soixante  membres  titulaires  ont  pris  part  à  l'élec- 
tion. Comme  semeur,  M.  Sannier,  avec  une  persévérance  rare,  a 
fait  ses  preuves  pendant  une  longue  carrière  :  il  a  mis  au  com- 
merce un  nombre  considérable  de  Poires  auxquelles  manquait 


SUR   l'ouvrage    DR    M.    COQUEUGNIOT.  119 

trop  souvent,  il  est  vrai,  le  volume,  mais  qui  ne  faisaient  jamais 
défaut  sous  le  rapport  de  la  qualité.  M.  Sannier  recevra  en  outre 
un  exemplaire  de  laPomologie  générale  de  M.  Mas  que  M"""  Mas 
a  généreusement  déposé  au  siège  de  la  Société,  le  destinant 
au  lauréat  de  l'année  1894.  M.  Sannier  a  exprimé  à  ses  collè- 
gues la  satisfaction  que  leurs  suffrages  lui  avaient  causée;  chacun 
d'eux  a  été  pénétré  de  la  conviction  qu'il  les  avait  bien  mérités. 

RÉSUMK    DES    DÉCISIONS    PRONONCEES   PENDANT    L.V    30'-^    SESSION 

Fruits  adoptés. 

Abricot  :  du  Chancelier. 

Pêche  :  Blondeau. 

Pèche  nectarine  :  Précoce  de  Croncels. 

Poire  :  Fondante  Fougère. 

Fruits  rayés. 

Abricot  :  Corot. 

Abricot  :  de  Curis. 

Poire  :  Bergamotte  de  Jodoigne. 

Pommes  :  d'Arcy  spice,  Lawer,  Pearmain  de  Lamb  Abbey, 
Pierre  le  Grand^  The  Queen,  Volay. 

Raisins  de  cuve  :  Castets,  Etraitre  (de  l'Adui),  Terret  gris, 
Terret  noir. 


Sur  l'ouvrage  de  M.  Coqueugniot,  avocat  a  la  Cour  d'appel, 

INTITULÉ  : 

«   l'avocat   des    AGRICULTEURS    ET    DES    VITICULTEURS    »    (1); 

M.  Barre,  Rapporteur, 

Le  Conseil  d'administration  de  la  Société  nationale  d'Horti- 
culture de  France  a  reçu  l'envoi,  par  MM.  Maurice  Dreyfous  et 
Dalsace,  éditeurs  à  Paris,  d'un  volume  In-S**  contenant  436 
pages,  et  intitulé  :  V Avocat  des  agriculteurs  et  viticulteurs,  dont 

(1)  Déposé  le  27  décembre  1894. 


120  RAPPORTS. 

l'auteur  est  M®  Coqueugniot,  avocat  à  la  Cour  d'appel  de  Paris. 

Chargé  par  le  Conseil  d'apprécier  les  mérites  ot  l'utilité  de  cet 
ouvrage,  et  de  lui  en  rendre  compte,  ce  qui  nous  frappe  d'abord 
c'est  qu'à  son  titre  on  pourrait  y  ajouter  aussi  exactement;  «  et 
l'avocat  des  horticulteurs.  »  Mais  plus  pusitif  est  le  second  intitulé 
du  livre:  «  Guide  pratique  contenant,  par  ordre  alphabétique, 
toutes  les  questions  juridiques,  lois,  décrets  et  règlements  inlé- 
ressant  les  agriculteurs  et  viticulteurs,  et  concernant  la  propriété 
rurale,  sa  jouissance  et  son  exploitation  «.Tel  est  en  effet  le  but 
de  l'ouvrage,  et  il  réalise  sous  ce  rapport  une  œuvre  essentielle- 
ment utile  et  pratique. 

Et  en  premier  lieu,  l'idée  de  l'ordre  alphabétique  est  heureuse, 
appliquée  à  un  livre  de  doctrines  mis  le  plus  souvent  au  service 
d'une  intelligence  parfois  peu  exercée  aux  choses  juridiques,  il 
simplifie  et  facilite  les  recherche^';  on  parvient  de  suite,  à  l'aide 
du  mot  substantiel  et  alphabétique  à  la  région  à  explorer, et  l'on 
touche  sans  peine  au  point  désiré,  c'est-à-dire  à  la  solution  de  la 
(jucstion  à  résoudre. 

Très  étendu  dans  les  matières  qu'il  embrasse,  ce  seul  volume, 
facilement  portatif,  contient  une  doctrine  sommaire  des  points 
de  droit,  des  questions  juridiques  et  administratives  d'un  intérêt 
usuel  pour  tout  habitant  des  campagnes,  propriétaires,  agricul- 
teurs^ simples  cultivateurs  des  champs  ou  des  jardins,  fermiers, 
locataires,  artisans,  ou  modestes  ouvriers  et  journaliers;  il  est 
destiné  à  rendre  des  services  à  tous. 

Rien  qu'à  parcourir  les  rubriques  sous  chaque  lettre  alphabé- 
tique, on  y  voit  figurer  les  lois,  règlements  d'administration 
publique  et  autres,  décrets  et  ordonnances  comprenant  l'ensemble 
des  matières  rurales,  et  leurs  contraventions.  Il  y  est  traité  par 
exemple,  de  la  chasse,  de  la  pèche,  des  routes  et  voies  de  com- 
munications des  eaux  en  général;,  du  régime  forestier,  de  l'ensei- 
gnement primaire,  des  syndicats  agricoles,  de  la  viticjlture  et  de 
ses  produits,  de  phylloxéra,  des  animaux  et  de  leurs  maladies, 
de  leurs  vices  rédhibitoires,  des  applications  en  province  du 
régime  militaire,  des  terrains  de  montagne  et  de  leur  conserva- 
tion, etc.,  etc;  et  à  chacun  des  textes  législatifs  ou  réglemen- 
taires, l'auteur  a  joint  de  judicieuses  observations,  des  formules 


SUR  l'ouvrage  de  m.  coqueugniot.  121 

d'actes  et  engagements  qui  évitent  recherches  et  embarras  en 
déterminant  à  la  fois,  quand  il  y  a  lieu,  Tétat  le  plus  récent  des 
arrêts  de  la  jurisprudence;  précieux  documents  complémentaires. 

S'il  nous  était  permis  toutefois  une  observation  et  l'expression 
d'un  regret,  ce  serait  celui  de  ne  pas  voir  le  bail,  d'un  usage  si 
fréquent,  si  universel,  traité  dans  ce  volume  avec  un  peu  plus  de 
développements,  sans  être  obligé,  comme  l'indique  l'auteur, 
d'avoir  recours  à  un  autre  ouvrage  édité  par  lui  et  intitulé  : 
L Avocat  des  propriétaires^  locataires,  usiniers,  etc.,  etc. 

On  comprend  l'impossibilité  d'analyser  ce  que  contient  chacune 
des  lettres  alphabétiques,  ce  serait  résumer  le  livre  en  entier; 
mais  afin  de  donner  une  idée  de  sa  méthode  organique,  nous 
nous  bornerons,  à  litre  d'exemple,  à  faire  connaître  le  contenu 
seulement  de  la  rubrique  «  Viticulture  et  produits  viticoles  » 
comme  se  rattachant  à  l'horticulture  d'une  manière  plus  spéciale. 

C'est  d'abord  le  texte  de  la  loi  du  14  août  1880,  indiquant  au 
consommateur  la  nature  des  produits  délivrés  à  la  consomma- 
tion sous  le  nom  de  vivres,  et  prévenant  les  fraudes  dans  la  vente 
de  ces  produits.  Puis  la  loi  du  29  juillet  1884,  celle  du  24  juillet 
1888  sur  les  sucres  et  leur  régime,  par  suite  du  décret  du  22  juil- 
let 1885  déterminant  l'emploi  des  sucres  bruts  ou  raffinés  pour 
le  sucrage  des  vins,  cidres  et  poirés,  et  un  décret  modifîcatifdu 
26  novembre  1890.  Ces  lois  et  décrets  sont  suivis  d'un  modèle  de 
demande  pour  le  sucrage  des  vins,  et  d'observations  instructives 
sur  le  mode  de  procéder,  et  sur  divers  points  essentiels  à  cette 
législation  particulière. 

Ce  seul  exemple  fournira  une  indication  suffisante  de  ce  que 
renferme  chacune  des  rubriques  alphabétiques  du  livre. 

L'ouvrage  oflVe  donc  un  réel  avantage,  non  seulement  au 
profit  de  ceux  auxquels  son  titre  semble  plus  directement  le 
destiner,  mais  par  sa  classification  simple  et  méthodique,  sa  briè- 
veté, la  modicité  de  son  prix,  il  devient  un  auxiliaire  indispen- 
sable à  tout  habitant  des  campagnes  afin,  comme  le  proclame 
si  exactement  M.  le  premier  Président  Mazeau  dans  une  lettre  à 
l'auteur,  qui  sert  de  préface  «  que  tous  les  citoyens  aient 
d'exactes  notions  sur  leurs  droits  et  sur  leurs  obligations,  c'est- 
à-dire  sur  le  droit  des  autres,  qui  est  la  limite  de  leur  liberté  ». 


d22  COMPTE    RENDU 

Ce  volume  pourra  donc  être  consulté  par  tous,  et  non  moins 
efficacement  par  ceux  voués  aux  nobles  travaux  des  produits  de 
la  terre,  que  par  ceux  que  leur  profession  libérale  destine  sur- 
tout en  province  ;  à  l'influence  et  aux  conseils,  l'avoué,  le  notaire, 
l'buissier,  et  même  le  juge  de  paix. 

Enfin,  il  n'est  pas  douteux  que  l'attentif  examen  d'une  ques- 
tion qui  s'y  trouve  traitée  n'ait  pour  effet  la  reconnaissance 
facile  d'un  droit  contesté  d'abord,  et  que  par  là,  des  difficultés, 
des  procès  même,  causes  fréquentes  de  haines  et  de  ruines,  ne 
soient  préventivement  conjurés. 

Concluons  donc  que  cet  ouvrage  est  digne  de  l'entière  appro- 
bation et  des  éloges  de  la  Société  d'Horticulture  de  France,  puis- 
qu'il est  destiné  à  rendre  de  signalés  services,  tout  spécialement 
aux  horticulteurs,  dont  les  établissements  sont,  par  leur  nature, 
généralement  en  dehors  de  Paris  ou  des  grands  centres. 


COMPTES  RENDUS  D'EXPOSITIONS 


Exposition  de  Nanteuil-le-Haudouin,  en  juillet  1894  (1), 
par  M.  Massé,  Délégué. 

Le  28  juillet  la  Société  d'Horticulture  de  l'arrondissement  de 
Sentis  nous  conviait  à  nous  rendre  à  Nanteuil-le-Haudouin  pour 
examiner  la  charmante  Exposition  qui  allait  s'y  ouvrir. 

Rendez-vous  était  donné  aux  membres  du  Jury  dans  la  salle 
de  la  mairie  où  un  accueil  sympathique  leur  était  réservé. 

Le  Jury  était  ainsi  composé  : 
MM.  Chevalier,  de  la  Société  de  Versailles,  président  du  Jury  ; 
Damian,  de  la  Société  d'Argenteuil; 
Domage,  de  la  Société  de  Saint-Germain-en-Laye; 
Terrier,  de  la  Société  de  Montreuil; 
Hardret,  apiculteur  à  Sentis; 
Et  votre  délégué. 

(t)  Déposé  le  27  décembre  1894. 


DE    l'exposition    DE    NANTEUIL-LE-HAUDOUIN.  123 

En  eiilrant  nous  sommes  très  agréablement  attirés  par  un 
splendide  massif  dû  au  bon  goût  e-t  à  la  bonne  culture  de 
M.  Moussart.  Ce  massif  se  composait  d'Anthuriums,  Araucarias, 
Crotons,  DaciDenas,  Pleris,  Bégonia  Rex,  etc.  Le  tout  d'une 
culture  irréprochable  et  bien  présenté.  Le  premier  prix  d'hon- 
neur, objet  d'art,  a  été  décerné  à  M.  Moussart. 

Deuxième  prix  d'honneur  (ex  œqiw),  Médaille  d'or  offerte  par 
M.  Thiénard,  conseiller  d'arrondissement,  à  M.  Lemerle,  jardi- 
nier-chef, au  château  de  Ghaalis,  plantes  de  serres  chaudes  et 
Fougères. 

Médaille  d'or  offerte  par  M.  Moquet,  conseiller  général,  à 
M.  Hennebieq,  chef  jardinier,  au  château  de  Betz;  pour  un  lot 
d'ensemble,  légumes,  plantes  et  fleurs  coupées. 

Médaille  de  vermeil,  offerte  par  M.  Franck-Ghauveau,  séna- 
teur, à  M.  Despierres,  jardinier- chef,  chez  M.  Charpentier. 

Médaille  de  vermeil,  offerte  par  M.  Corbon,  conseiller  d'ar- 
rondissement, à  M.  Jolibois,  propriétaire,  à  Silly-le-Long;  fruits 

et  légumes. 

Horticulteurs  marchands. 

Premier 'prix  d'honneur,  objet  d'art  offert  par  M.  Gaillard, 
député,  à  M.  Garnotel,  maraîcher,  à  Nanteuil-le-Haudouin;  pour 
l'ensemble  de  son  exposition. 

Deuxième  prix  d'honneur,  médaille  d'or  offerte  par  la  ville  de 
Nanteuil-le-Haudouin,  à  M.  Garnet,  pépiniériste,  à  Mesnil-Amelot, 
pour  arbres  fruitiers,  Gonifères,  fruits  et  roses. 

Deuxième  prix  d'honneur,  médaille  offerte  par  M.  le  prince 
de  Radziwil,  à  MM.  Sebire  frères,  pépiniéristes,  à  Ussy  (Galvados) 
collection  de  végétaux  d'ornement  et  forestiers. 

Deuxième  prix  d'honneur,  médaille  d'or  offerte  par  M.  le 
baron  de  Rothschild,  à  M.  Loron,  pépiniériste,  à  Dammartin, 
pour  collection  de  fruits. 

Médaille  de  vermeil,  à  M.  Yaudier,  horticulteur  à  Senlis, 
pour  Bégonias,  fleurs  coupées  et  bouquets. 

Médaille  de  vermeil,  à  M.  Ernult,  pépiniériste  à  Mesle-sur- 
Sarthe,  pour  arbres  fruitiers  greffés  et  aigrins. 

Médaille  de  vermeil  offerte  par  M.  Rosin,  conseiller  d'arron- 
dissement, à  M.  Rudin,  horticulteur  à  Senlis,  jardinières  garnies. 


1:24    COMPTE    RENDU    DE    l'eXPOSITION    DE    NANTEUIL-LE-DAUDOUIN. 

Médaille  de  vermeil  offerte  par  M.  Ghapinet,  conseiller 
général,  à  ^\.  Féry,  instituleur-apicuiteur. 

Médaille  de  vermeil  offerte  par  M.  (Uiauvet,  sénateur,  à 
M.  Sonnier,  apiculteur  à  Charny  (Seine-el-Oise) ,  pour  ses 
apports  de  produits  d'apiculture. 

Médaille  de  vermeil,  à  M.  Lavallée,  instituteur  à  Borest,  pour 
herbier. 

Médaille  de  vermeil,  à  M.  Gréiez,  instituteur  à  Nanteuil-le- 
Haudouin,  pour  ses  travaux  d'élèves. 

Médaille  de  vermeil,  à  M.  Pachot,  instituteur  à  Ognes,  pour 
ses  herbiers  d'élèves  et  collections  d'insectes. 

Médailles  de  vermeil,  à  M.  Lavasier,  taillandier  à  Nanteuil- 
le-Haudouin,  pour  ses  outils. 

De  nombreuses  médailles  d'argent  ont  ensuite  été  décernées  à 
d'autres  exposants. 

11  a  été  décerné  en  récompense  de  longs  services,  une  Mé- 
daille d'argent  de  r*'  classe,  offerte  par  M.  Dupuis,  conseiller 
général,  à  M.  Boujonnier;  vingt  ans  de  services,  chez  M.  Vin- 
cent, à  Senlis. 

Médaille  d'argent  de  I"  classe  offerte  par  M.  Turquet,  con- 
seiller d'arrondissement,  à  M.  Gorenflot;  vingt  ans  de  services, 
chez  M.  Fremindity,  à  Valgençeuse. 

Médaille  d'argent  de  ^"^  classe  offerte  par  M.  Berdin,  con- 
seiller général,  à  M.  Pecquet;  dix  ans  de  services  à  l'hôpital 
général  de  Senlis. 

A  l'unanimité,  le  Jury  a  demandé  qu'une  médaille  d'or  fût 
décernée  à  M.  Lozet,  jardinier-professeur  pour  sa  belle  et  bonne 
organisation  de  l'Exposition. 

La  Société  a  décerné  une  médaille  d'or,  offerte  par  M.  le 
baron  de  Morell,  à  M.  Hardret,  apiculteur  à  Senlis,  pour  le 
zèle  qu'il  a  apporté  dans  les  conférences  qu'il  a  faites  dans 
chacune  des  sections. 

A  sept  heures,  un  banquet  réunissait  les  membres  du  Bureau, 
les  exposants  et  les  membres  du  Jury.  J'ajouterai  que  votre 
délégué  a  reçu  un  accueil  des  plus  sympathiques. 


PUBLICATIONS    FHANÇAISES.  i25 

REVUE 

DES  PUBLICATIOiNS  FRANÇAISES  ft  ÉTRANGÈRES  ^^^ 


1"  Publicsitions  françaises, 
par  M.  D.  Bois. 

Bulletin  de  la  Société  d'Horticulture  et  de  Viticulture  d'Eper- 
nay,  numéro  de  janvier,  1895. 

Nouveau  traitement  du  Rameau  Chiffon  du  Pêcher,  sa  trans- 
formation en  rameau  mixte,  par  M.  A.  Delaville  aîné.  —  Le 
rameau-chiffon  grêle  et  souvent  d'une  longueur  démesurée, 
garni  de  boutons  à  fruit  de  la  base  au  sommet,  sans  autres  yeux 
de  remplacement  que  le  terminal,  produit  une  seule  fois,  se 
dénude,  se  dessèche  aussitôt  la  récolte  des  Pèches,  et  finale- 
ment meurt.  M.  Delaville  aîné  arrive  à  transformer  le  rameau- 
chiffon  en  un  rameau  muni  d'yeux  à  la  base  et  produisant  les 
plus  beaux  fruits,  grâce  à  l'opération  suivante:  Ces  rameaux  sont 
palissas  en  vert  comme  les  autres  productions.  «  Aussitôt  après 
la  récolte  des  Pêches,  M.  Delaville  passe  dans  l'aubier,  la  lame 
acérée  d'un  greffoir,  et  cela  au-dessus  de  la  deuxième  grande 
feuille  de  la  base  du  bourgeon.  Le  taillant  du  greffoir  entaille 
obliquement  l'écorce  et  Taubier,  pénètre  graduellement  jusqu'à 
l'étui  médullaire,  près  et  à  la  hauteur  de  la  deuxième  feuille 
inférieure.  La  longueur  de  la  plaie  est  de  5  millimètres. 
Cette  petite  plaie,  se  recouvrant  promplement  avec  la  végétation 
automnale,  agit  sur  les  yeux  de  la  base,  constitue  ces  derniers 
et  les  prédispose  pour  l'année  suivante  en  autant  de  bourgeons 
de  remplacement,  aux  lieu  et  place  des  boutons  fruitiers  souvent 
incomplètement  formés.  » 


(1)  La  responsabilité    des   descriptions  et  des    appréciations    est 
aissée  aux  auteurs   dont  les  articles  se  trouvent  ici  simplement 
^inalvsés. 


1:>6  REVUE   DES   PUBLICATIONS. 

Bulletin  des  séances  de  la  Société  Nationale  d'Agriculture  de 
France.  Année  1894,  n°  8. 

Maladie  du  gros  pied  ou  Hernie  du  Chou,  par  M.  Prillieux, 
Travaux  de  M.  Seltensperger  (page  577).  —  La  maladie  du 
Chou,  aujourd'hui  bien  connue,  grâce  aux  beaux  travaux  de 
M.  Woronine,  est,  on  le  sait,  due  à  un  Champignon  parasite,  le 
Plasmodiophora  brassicx,  qui  vit  dans  l'intérieur  des  cellules 
des  racines  et  du  bas  de  la  tige  du  Chou.  Jusqu'ici  on  n'a  indiqué, 
contre  ce  mal,  d'autre  remède  que  la  destruction  des  pieds  ma- 
lades et  l'alternance  des  cultures. 

M.  Seltensperger,  professeur  spécial  d'agriculture  de  Charolles, 
annonce  avoir  obtenu  les  meilleurs  résultats  du  traitement  sui- 
vant : 

«  Après  ou  pendant  le  repiquage,  on  dépose  au  pied  de  chaque 
plant,  dans  une  sorte  de  cuvette  de  6  à  1 0  centimètres,  pratiquée 
à  cet  effet,  une  forte  poignée  de  chaux  vive  que  l'on  recouvre 
de  terre  jusqu'au  niveau  du  sol. 

«  Sur  600  Choux-fleurs  ou  Choux  ordinaires  qui  ont  été 
traités,  aucun,  assure  M.  Seltensperger,  n'a  été  atteint  par  la 
maladie,  tandis  que  le  reste  de  la  plantation,  un  millier  de 
plants  environ,  a  été  sérieusement  compromis  ;  le  quart  des 
Choux-fleurs  et  la  moitié  des  Choux  ordinaires  restèrent  rabou- 
gris, séchèrent  et  restèrent  invendables.  Ils  portaient,  sur  leurs 
racines,  des  tubérosités  de  la  grosseur  d'une  noix  ou  d'un  œuf, 
excroissances  caractéristiques  de  la  maladie.  » 

La  quantité  la  plus  convenable  de  chaux  à  employer  est  de 
30  à  40  grammes. 

Comptes  rendus  des  séances  de  l'Académie  des  sciences,  nu- 
méro du  28  janvier  1895. 

La  Maladie  du  Mûrier.  —  Note  de  M.  A.  Prunet,  présentée 
par  M.  Chauveau.  —  Dans  le  midi  de  la  France,  les  Mûriers  sont 
atteints  d'une  maladie  qui,  par  son  aggravation  continue  dans 
ces  dernières  années,  est  devenue  un  redoutable  danger  pour  le 
Sériciculture. 

La  Maladie  présente  une  grande  variété  d'aspects;  elle  appa- 
raît d'ordinaire  de  mai  à  juillet.  Elle  peut  se  reproduire  chaque 


PUBLICATIONS   FRANÇAISES.  127 

année  avec  des  variations  dans  son  intensité,  sans  qu'il  en  ré- 
sulte autre  chose  qu'un  affaiblissement  lent  de  l'arbre,  ou  bien 
elle  s'aggrave  rapidement.  Les  pousses  deviennent  de  plus  en 
plus  chétives;  les  feuilles  tombent  de  bonne  heure;  çà  et  là, 
dans  le  tronc,  les  maîtresses  branches  ou  les  racines,  des  massifs 
cellulaires  prennent  une  teinte  brune  ;  des  branches  entières  se 
dessèchent,  les  racines  pourrissent,  et  la  mort  de  l'arbre  survient 
au  bout  de  peu  d'années. 

Cette  maladie  présente  de  grandes  analogies  avec  la  Chytri- 
diose  de  la  Vigne,  elle  est  aussi  due  à  un  Champignon  de  la 
famille  des  Chylridinées,  que  M.  Prunet  nomme  provisoirement 
Cladochytrium  Mori. 

Le  traitement  consistera  à  faire  pénétrer  dans  l'arbre  une 
quantité  de  sulfate  de  fer  aussi  grande  que  possible.  Pour  cela, 
immédiatement  après  la  taille,  on  badigeonnera  copieusement 
les  plaies  détaille  et  les  parties  voisines  avec  une  solution  de 
sulfate  de  fer  de  ^20  à  40  p.  100  de  concentration;  on  pourra 
étendre  les  badigeonnages  aux  maîtresses  branches  et  au  tronc 
et  employer  le  sulfate  de  fer  au  pied  des  arbres.  Ce  traitement 
sera  complété  par  des  fumures,  et  l'on  devra,  en  outre,  éviter 
d'effeuiller  les  arbres  jusqu'à  ce  qu'ils  aient  repris  leur  vigueur. 

—  Numéro  du  28  janvier  1895. 

Du  Mildeiv.  Son  traitement  par  un  procédé  nouveau:  le  hjso- 
lage.  Dans  une  note  présentée  à  l'Académie  par  M.  Chatin, 
M.  Louis  Sipière  soumet  ses  observations  sur  les  effets  du  Lysol 
contre  le  Mildew.  Il  a  eu  l'idée  de  l'emploi  du  Lysol,  à  cause: 
1°  de  sa  puissance  antimicrobicide  et  anticryptogamique;  2°  de 
sa  solubilité  dans  Teau;  Z"  de  son  innocuité  (il  en  a  bu  plusieurs 
fois  à  la  dose  de  1/1 OO*'  ,sans  en  avoir  ressenti  la  moindre  indis- 
position ;  4°  de  son  prix  modique  surtout. 

Les  expériences  faites  ont  fourni  la  preuve  de  l'efficacité  du  ly- 
solage  qui,  bien  que  pratiqué  dans  des  conditions  défavorables, 
a  donné  un  résultat  qui  s'est  montré  égal  à  celui  de  la  bouillie 
bordelaise. 

A  partir  de  la  dose  de  4/1 000^,  lespulvérisations  au  lysol  ont  la 
propriété  de  débarrasser  les  feuilles  de  tous  les  parasités,  insectes 


lîS  REVUE    DES    PUBLICATIONS. 

OU  larves  qui  y  pullulent.  M,  Sipière  a  même  vu  des  pyrales  tuées 
par  l'action  du  lysol. 

Quant  au  côté  économique,  le  lysolage  procurerait  aux  vigne- 
rons une  économie  annuelle  de  28  p.  100.  En  effet,  l'hectolitre 
de  bouillie  bordelaise,  à  la  dose  usuelle  de  3  kilogrammes  de 
sulfate  de  cuivre  pour  1  kilogramme  d'eau,  lui  revient,  chaux 
comprise,  à  1  fr.  40;  tandis  que  l'hectolitre  de  solution  de  lysol 
(0  lit.  o  de  lysol  pour  1  kilogramme  d'eau)  ne  lui  coûterait  que 
1  franc.  Cette  économie  pourrait^  dit  l'auteur,  s'élever  de 
28  p.  '100  jusqu'à  50  et  60  p.  100,  si  des  expériences  ultérieures 
démontrent  que  le  lysol  peut  agir  efficacement  contre  VOidhim, 
comme  il  le  suppose. 

Le  nouveau  traitement  du  Mildew  consiste,  en  résumé,  à  des 
pulvérisations,  à  répandre  dans  les  Vignes,  comme  pour  le  sul- 
fatage. Le  lysolage  doit  comprendre  trois  opérations  par  an, 
chacune  à  la  dose  de  5  p.  100  (500  grammes  de  lysol  par  hec- 
tolitre d'eau  ordinaire).  Les  époques  de  chaque  opération  se- 
raient: la  première,  du  20  au  30  avril;  la  deuxième,  du  'P'"  au 
8  mai)  ;  la  troisième,  du  1*^''  au  8  juin. 

Informations  et  Renseignements,  publiés  par  le  Ministère  de 
l'Agriculture.  Année  1894,  29  décembre. 

Autorisation  d'introduire  des  plants  de  Vigne  de  toutes  prove- 
nances à  Foix  (Ariège).  Par  arrêté  préfectoral  en  date  du  8  dé- 
cembre 1894,  l'introduction  des  plants  de  Vigne  de  toutes  pro- 
venances est  autorisée  dans  l'arrondissement  de  Foix  (Ariège). 

Libre  circulation  de  tous  plants  de  Vigne  dans  les  arrondisse- 
ments de  Condom  et  Mirande.  Par  arrêté  préfectoral  en  date 
du  7  novembre  1894,  la  libre  circulation  des  plants  de  Vigne  de 
toutes  provenances  est  autorisée  dans  toutes  les  communes  des 
arrondissements  de  Condom  et  de  Mirande. 

Nouvelle  maladie  de  la  Vigne.  Il  a  été  constaté,  pendant  les 
mois  d'août,  de  septembre  et  d'octobre  dans  l'Italie  septen- 
trionale, une  nouvelle  maladie  de  la  Vigne,  la  brunissure.  Cette 
maladie  est  due  à  un  Champignon  parasite  de  la  famille  des 
Myxomycètes^  le  Plasmodiophora    Vitis  ;  elle  a  été  décrite  en 


PUBLICATIONS    FRANÇAISES.  129 

1892  par  MM.  Viala  et  Sauvageau  et  a  déjà,  causé  de   notables 
dommages  en  France,  en  Algérie  et  en  Allemagne. 

—  Année  1895,  n°  1 ,  5  janvier. 

Ouverture  à  l'importation  de  toutes  plantes^  sauf  la  Vigne,  du 
bureau  de  douane  de  Gendringen  (Hollande).  Le  Ministre  des 
Pays-Bas  à  Paris  vient  d'informer  le  Gouvernement  français 
que  le  bureau  de  douane  de  Gendringen  (Hollande)  a  été  ouvert 
à  l'importation  et  au  transit  de  tous  les  produits,  plantes,  ar- 
bustes, etc.,  n'appartenant  pas  à  la  Vigne,  indiqués  dans  l'ar- 
ticle 3  de  la  Convention  internationale  du  Phylloxéra  et  prove- 
nant de  pépinières,  jardins  ou  serres,  etc. 

—  N'2,  12  janvier  1895. 

Arrêtés  préfectoraux  relatifs  à  la  circulation  des  cépages.  Par 
arrêtés  préfectoraux  en  date  des  16,  17  et  "âl  décembre  1894,  la 
libre  circulation  des  cépages  de  toutes  provenances  est  auto- 
risée dans  les  communes  de  Luceau,  canton  de  Château-du-Loir, 
arrondissement  de  Saint-Calais  (Sartlie),  de  Savigné-sous-le- 
Lude,  canton  de  Lude,  arrondissement  de  La  Flèche  (Sarthe), 
de  Durtai  et  de  Huillé,  canton  de  Durtal,  arrondissement  de 
Beaugé  (Maine-et-Loire). 

Envoi  de  Vignes  chiliennes  à  l'Ecole  nationale  d'Agriculture 
de  Montpellier.  Le  Directeur  de  l'École  nationale  d'Agriculture 
de  Montpellier  vient  de  recevoir  trois  caisses  de  plants  de  Vignes 
chiliennes.  Dès  leur  réception,  ces  boutures  furent  désinfectées 
au  sulfo-carbonate  de  potassium,  afin  de  détruire  les  cochenilles 
souterraines  [Margarodes  viticum)  qu'elles  auraient  pu  contenir. 
L'importation  de  Vignes  chiliennes,  par  suite  de  la  présence  au 
Chili  du  Margarodes  viticum,  est  un  danger  pour  notre  vignoble 
français. 

—  N*^  3,  19  janvier  1895. 

Réception  de  M.  Wladimir  de  Voyeikoiv,  envoyé  par  le  gouver- 
nement russe.  M.  Viger,  ministre  de  l'agriculture,  a  reçu  le 
16  janvier,  M.  Wladimir  de  Voyeikow,  lieutenant  au  régiment 
des  Chevaliers-Gendes,  membre  du  Conseil  d'administration  de 

9 


130  REVUE    DES    PUBLICATIONS. 

la  Société  fruitière  de  Russie,  qui  était  envoyé  par  le  Gouverne- 
ment russe  pour  lui  remettre  la  grande  médaille  d'or  qui  a  été 
décernée  par  Sa  Majesté  feu  l'empereur  Alexandre  III  au  Minis- 
tère de  Fagriculture  pour  les  lots  et  Torganisation  exemplaire  de 
la  section  française  à  l'exposition  de  Saint-Pétersbourg.  Cette 
médaille  est  la  seule  qui  ait  été  frappée  à  l'effigie  de  l'Empereur 
pour  récompenser  les  mérites  d'exposants  dans  une  exposition. 
Arrondissements,  cantons  et  communes  de  France  déclarés 
phylloxérés.  Décret  du  31  décembre  1894. 

Jardin  (Le),  1895,  numéro  du  5  janvier. 

Fleurissons  7ios  murailles,  par  M.  H.  Gorrevon.  —  Plantes  que 
Ton  peut  cultiver  dans  les  fentes  des  vieux  murs. 

Les  Anthurium,  par  Albert  Maumené.  —  Multiplication  du 
Pécher,  par  P.  Teissonnier.  —  Du  jus  de  Tabac,  par  Albert 
Maumené.  —  Ses  applications  en  horticulture.  —  Le  Palmier  à 
liuile^  par  E.  Chalot.  —  Étude  sur  VEUeis  guineensis,  ses  pro- 
duits. 

—  Numéro  du  20  janvier  '1895. 

Nouveau  procédé  de  conservation  du  Raisin.   < —  M.  A.  Petit. 

—  Tout  local  à  température  basse  et  régulière  pourra  servir  de 
chambre  de  conservation.  Il  suffira  d'y  enfermer  des  Raisins, 
dès  la  cueillette,  dans  des  compartiments  clos  aussi  bien  que 
possible,  où  l'on  maintien  ^ha  une  atmosphère  chargée  de  vapeurs 
alcooliques  en  y  exposant  de  Talcool  dans  des  récipients  à  large 
ouverture.  La  quantité  d'alcool  nécessaire  est  relativement  très 
faible.  Les  vapeurs  alcooliques  empêchent  le  développement 
des  moisissures. 

Les  Anthurium  (suite).  —  A.  Maumené.  Leur  culture.  — 
Éducation  du  bourgeon  du  Poirier  et  du  Pommier  pour  obtenir  la 
lambourde.  M.  L,  Bonnet.  —  Les  Lilas  au  point  de  vue  horticole 
(suite).  M.  L.  Henry.  —  Espèces  et  variétés.  Description.  Gul- 
ture.  —  La  Chicorée  à  grosse  racine  ou  Witloof.  M.  J.  Gérome. 

Journal  d'Agriculture  pratique,  numéro  du  3  janvier  1895. 

Les  Kakis  de  la  Chine  et  du  Japon.  —  M.  Ch.  Naudin.  —  Il 
est  bon  d'encourager  la  culture  de  ces  arbres  dans  nos  départe- 


PUBLICATIONS   FRANÇAISES.  131 

ments  méridionaux,  dans  la  prévision  que  leurs  fruits  deviendront, 
dans  un  avenir  peu  éloigné,  un  article  courant  du  commerce 
de  la  fruiterie  et  s'expédieront  vers  le  nord  de  la  France  et  vers 
l'étranger.  Le  Kaki  du  Japon,  dit  M.  Naudin,  est  connu  en  Pro- 
vence  depuis  trente  ans;  il  en  a  été  souvent  question;  cepen- 
dant ce  fruit,  presque  le  seul  de  valeur,  jusqu'ici,  qui  nous  soit 
arrivé  de  l'Extrême-Orient^  est  encore  loin  d'avoir  conquis  la 
place  qu'il  devrait  occuper  dans  l'horticulture  fruitière.  Selon 
M.  Naudin,  la  variété  la  plus  remarquable  et  pour  laquelle  il 
propose  le  nom  de  Kaki  impérial,  serait  celle  qui  a  été  envoyée 
de  Tokio,  par  M.  Sarazin;  son  fruit  mesure  10  centimètres  de 
diamètre  transversal. 

—  Numéro  du  17  janvier  1895. 

Le  Bibacier  ou  Néflier  du  Japon  {Eriobothrya  japonica)  est 
connu  depuis  longtemps  comme  arbre  fruitier.  M.  Gustave  Heuzé 
recommande  sa  culture  dans  le  Midi  de  la  France.  Les  drupes 
sucrées  et  un  peu  acidulées  du  Bibacier  sont  recherchées  sur  les 
marchés  de  la  Provence,  du  Languedoc,  du  comté  de  Nice. 
L'arbre  peut  produire,  en  plein  rapport,  en  moyenne  30  kilo 
grammes  de  fruits  qui  sont  vendus  de  20  à  50  centimes  le  kilo 
gramme. 

—  24  janvier  1895. 

Le  Pistachier.  —  M.  Gustave  Heuzé.  —  Résumé  de  l'histoire 
et  de  la  culture  du  Pistachier  {Pistacia  vera)^  petit  arbre  dioïque 
qui  est  cultivé  en  France,  spécialement  dans  les  Bouches-du 
Rhône,  et  aussi  dans  le  Var,  à  Toulon  et  à  Nice.  En  Sicile  sa 
culture  a  une  certaine  importance.  La  variété  à  petit  fruit  ou 
Pistachier  de  Tunis  est  la  plus  estimée.  Les  sujets  doivent  être 
es pacés  de  5  à  6  mètres;  il  est  indispensable  de  planter  un  Pis- 
tac  hier  mâle  pour  10  Pistachiers  femelles.  Les  pistaches  mon 
dées  se  vendent  à  Marseille,  de  8  à  10  francs  le  kilogramme. 

Lyon  horticole,  1895,  numéro  du  15  janvier. 

La  taille  des  racines.  M.  Viviand  Morel.  —  Lart  de  bouturer. 
M.  Séb.  Gryphe.  —  Le  Rubus  fruticosus.  M.  Leandre  Pire  t.  — 
La  Ronce  considérée  comme  essence  fruitière. 


132  REVUE    DES    PUBLICATIONS. 

—  Numéro  du  31  janvier  1895. 

Chrysanthèmes  en  culture  retardée^  par  AI.  Viviand  Morel.  — J'ai 
actuellement,  dit  i'auteur_,  plusieurs  Chrysanthèmes  en  fleurs 
très  remarquables,  variétés  connues,  fleurissant  habituellement 
en  novembre.  Le  procédé  employé  pour  retarder  la  floraison 
est  le  suivant:  au  15  juillet,  bouturer  des  sommités  de  Chrysan- 
thèmes (non  des  rejetons).  Ces  boutures,  fortes  et  vigoureuses, 
de  10  à  12  centimètres  de  longueur,  sont  plantées  séparément 
dans  un  petit  godet  et  mises  sous  cloche,  en  plein  air  et  à 
l'ombre.  Reprise  en  août.  Rempotage  immédiat  en  pots  de  15 
à  18  centimètres  de  diamètre  dans  d'excellente  terre  (sable  1/4, 
terreau  de  fumier  1/2,  terre  franche  1/4).  Enterrer  les  pots  en 
plein  soleil  à  50  centimètres  de  distance  en  tous  sens.  Arroser 
fréquemment.  Ne  pas  pincer  les  plantes  qui  se  ramifient  toutes 
seules  et  donnent  cinq  à  huit  rameaux  floraux.  Arroser  deux  ou 
trois  fois  à  l'engrais  liquide  (matière  des  fosses  diluée  dans 
quatre  fois  son  \olume  d'eau). 

Quand  les  boutons  sont  bien  formés,  en  conserver  seulement 
de  5  à  8.  Ébourgeonner  tous  ces  bourgeons  anticipés  qui  se 
développent  à  l'aisselle  des  feuilles. 

Au  15  octobre,  mettre  les  plantes  contre  un  mur  au  nord.  Les 
rentrer  en  novembre  dans  une  serre  froide,  bien  aérée,  bien 
éclairée,  mais  ne  recevant  que  très  peu  le  soleil.  En  janvier,  les 
passer  dans  une  serre  tempérée.  Par  ce  moyen  on  a  de  jolies 
petites  plantes  fleuries  dans  cette  saison  où  les  fleurs  sont  si  rares. 

L Art  de  boutuy^er  {su'ûe).  M.  Séb.  Gryphe.  —  Irh  de  Naza- 
reth. MM.  Rivoiie  père  et  fils. 

Moniteur  de  rhorticulture  (Le),  numéro  du  10  janvier  1895. 

Les  Orchidées.  —  M.  OttoBaUif.  Note  mv]esLœUa  Gouldiana, 
Cypripedium  Charlesworthi,  etc.  —  Architecture  des  jardins, 
MM.  E.  Deny  et  C.  Marcel.  —  Le  jardin  régulier,  ses  caractères, 
son  origine,  son  histoire  dans  l'antiquité  et  dans  les  temps 
modernes.  Le  jardin  paysager. 

—  Numéro  du  25  janvier  1895. 

Les  Orchidées.  M.  0.  Ballif.  —  Observations  sur  la  culture  des 


PUBLICATIONS    FRANÇAISES.  133 

Dendrobium.  —  Architecture  des  jardins  (suite),  MM.  E.  Deny  et 
Marcel.  —  Le  jardin  paysager,  sa  définition,  son  origine,  son 
iiistoire. 

Pomologie  française  (La).  Année  1893,  n"  1  da  1"'  janvier. 

La  Poire  Charles-Ernest,  par  M.  Ch.  Chevallier.  —  C'est,  dit 
l'auteur,  un  fruit  méritant  et  infiniment  supérieur  au  Beurré 
Ciairgeau,  au  Curé,  au  Beurré  Diel,  même,  que  cette  poire 
égale  en  grosseur  et  surpasse  en  qualité.  Elle  ressemble  à  une 
bonne  Duchesse  comme  goût,  et  elle  est  plus  tardive  d'un 
mois.  Son  volume  atteint  parfois  celui  de  cette  variété.  M.  Che- 
vallier proposera  l'adoption  de  cette  poire  au  prochain  Congrès 
pomologique. 

Quelques  fruits.  —  M.  L.  Cusin.  —  Etude  de  fruits  divers  : 
Pèche  noire,  Pèche  tardive  de  Toulouse,  Poire  Bési  de  Saint- 
Agil,  Poire  Charles-Ernest,  Poire  Doyenné  Guillard,  Poire 
Doyenné  Hérault,  Poire  Ferdinand  Gaillard,  jPoire  de  Semis 
de  M.Guillot. 

//  ne  faut  pas  laisser  aux  arbres  plus  de  fruits  quils  nen  peu- 
vent nourrir.  —  M.  Marc  Luizet. 

Revue  générale  de  botanique,  15  janvier  1895,  p.  ^7. 

-  La  greffe,  en  horticulture,  est  connue  et  pratiquée  depuis 
l'antiquité,  cependant  on  ignore  presque  complètement  les  règles 
générales  qui  président  aux  différents  phénomènes  de  cette 
opération.  Comment  se  fait  la  soudure  des  tissus  artificiellement 
rapprochés?  Pourquoi  une  plante  se  greffe-t-elle  facilement  sur 
une  autre  et  ne  réussit-elle  pas  sur  une  troisième? 

M.  Henri  Jumelle  analyse  les  travaux  scientifiques  sur  la  greffe, 
publiés  par  M.  Vôchtingà  Tiibingen,  et  les  recherches  entreprises 
par  M.  L.  Daniel. 

Ces  expériences  ont  été  faites,  en  général,  sur  des  racines  char- 
nues ou  des  tubercules,  dont  les  cellules  contenant  une  forte 
proportion  de  matière  nutritive,  peuvent  entretenir  la  végétation 
du  greffon. 

D'après  M.  Daniel,  si  l'on  greffe,  sur  racines  ou  sur  tubercules, 
des  plantes  appartenant  à  des  familles  très  éloignées,  la  sou- 


13i  REVUE    DES   PUBLICATIONS. 

dure  des  parties  n'a  presque  jamais  lieu  ;  cependant,  la  plupart 
du  temps,  le  greffon  survit;  alors  plusieurs  cas  peuvent  se  pré- 
senter : 

1°  Le  greffon  vit  aux  dépens  du  sujet  jusqu'à  ce  que  des 
racines  adventives  se  produisent;  alors  il  se  développe  en  for- 
mant bouture.  Il  en  est  ainsi  pour  le  Chou  et  la  Lampsane 
greffés  sur  des  tubercules  de  Renoncule  bulbeuse;  pour  le  Persil 
sur  la  Valériane. 

2°  Le  greffon  se  développe  encore  un  certain  temps  à  l'aide 
des  réserves  du  sujet  ;  mais  ce  sujet  venant  à  périr,  le  greffon 
meurt  sans  avoirformé  de  racines  adventives.  Ainsi  se  comportent 
les  pousse<4  du  Muguet  et  les  yeux  de  Primevère  sur  les  tuber- 
cules de  Crocus, 

S°  Le  greffon  à  œil  poussant  devient  ligneux  et  achève  son 
développement  normal  en  digérant  les  réserves  du  sujet,  ainsi 
l'Epicéa  et  le  Cèdre  sur  tubercules  de  Pomme  de  terre. 

M.  Daniel  cite  une  greffe  en  écusson  réussie,  de  la  Saponaire 
sur  YQEnothera  biennis  ;  il  a  greffé  aussi  le  Fenouil  sur  la  Carotte  ; 
la  Giroflée  sur  l'Alliaire  et  le  Chou.  Le  plus  souvent  c'est  le 
sujet  qui  influe  sur  le  greffon,  au  point  de  la  rendre  moitié  plus 
petit  que  dans  les  conditions  normales. 

En  greffant  une  plante  cultivée  sur  une  sauvage  de  même 
espèce,  on  affaiblit  et  même  on  détruit  ses  qualités  potagères . 
Les  plantes  vivaces  greffées  sur  les  plantes  annuelles  ou  bisan- 
nuelles meurent  avec  le  sujet.  Enfin  on  peut  implanter,  avec 
succès,  des  racines  munies  de  leurs  rosette»  et  de  feuilles  et 
formant  greffon,  sur  des  tiges  qui  constituent  le  sujet  ;  autre  - 
ment  dit,  greffer  le  système  descendant  sur  le  système  ascen- 
dant. 

Revue  Horticole,  1895,  1"  janvier, 

UEchinocyslis  lobata.  M.  Ed.  André.  —  Cucurbitacée  grim- 
pante, ornementale  (Voir  Plantes  nouvelles  ou  peu  connues)  .  — 
Du  semis  des  jilayites  alpines.  M.  H.  Correvon.  —  Taille  et  fruc- 
tificafioii  des  arbres.  M.  G.  Bellair.  —  Carnet  d'un  vieux  jardi- 
nier. —  Les  Phyllocactus.  M.  S.  Mottet.  —  Note  accompagnée 
d'une  planche  coloriée  représentant  le  P.  Souvenir  du  Président 


PUBLICATIONS   FRANÇAISES.  135 

Garnot.  —  Les  Poirées  M.  G.  AUuard.  —  Procédés  divers  de 
défoncement  du  sol  pour  la  plantation  des  arbres  fruitiers, 
M.  Numa  Schneider.  —  Notes  sur  VHorticuture  en  Russie, 
M.  L.  Paillet. 

Numéro  du  16  janvier   1895. 

Chrysanthèmes  à  fleurs  simples.  M.  G.  Bellair.  — Aristolochia 
arhorea.  M.  Ed.  André.  —  (Voir  Plantes  nouvellesou  peu  con- 
nues.) —  Les  Richardia  nouveaux.  M.  S.  Motlet. 

Les  Melons  Russes  Toutma.  M.  L.  Vilbouciievitch.  —  Melons 
célèbres  en  Transcaucasie,  par  leurs  qualités  «  exquises  ». 
Curieux  détails  sur  les  procédés  de  culture  employés  pour  leur 
obtention.  Lorsque  les  jeunes  fruits  ont  atteint  la  grosseur  d'un 
œuf  de  pigeon,  on  les  couvre  de  terre  en  ménageant  une  petite 
ouverture  pour  la  circulation  de  l'air.  Le  développement  est 
rapide.  On  ne  découvre  le  fruit  que  lorsqu'il  a  atteint  un  beau 
Volume  et  qu'il  co.mmence  à  prendre  de  la  couleur.  Exposé  à  l'ar- 
deur du  soieil,  il  achève  sa  maturité  en  deux  ou  trois  semaines. 

Le  Lathyrus  puhescens.  i\L  Ed.  André.  —  Article  accompa- 
gné d'une  planche  coloriée.  (Yoir  Plantes  nouvelles  ou  peu  con- 
nues.) —  L'Agrostide  naine.  M.  Ed.  André.  —  Utilisation  du 
Mibora  verna  (Graminées),  en  petites  bordures,  dans  les  petits 
parterres  et  pour  la  culture,  en  pot.  —  Culture  en  grand  de  la 
Tomate  aux  environs  de  Paris.  M.  G.  AUuard.  —  Transfert  du 
fleuriste  de  la  Muette  au  bois  de  Boulogne.  M.  R.  Ed.  André.  — 
Procédés  de  défoncement  du  sol  pour  la  plantation  des  arbres 
fruitiers.  M.  Numa  Schneider  (2^  article). 

Revue  Scientifique,  numéro  du  5  janvier  1895. 

Géographie  botanique.  —  M.  Flahault,  Professeur  de  Bota- 
nique à  la  Faculté  des  Sciences  de  Montpellier,  a  pensé  qu'une 
carte  indiquant  la  distribution  de  la  végétation  spontanée  ren- 
drait des  services,  en  fournissant  des  indications  sur  les  limites 
au  delà  desquelles  il  est  inutile  de  tenter  certaines  cultures.  La 
carte  de  la  France  comprendra  82  feuilles.  L'auteur  se  propose 
d'en  publier  des  réductions  au  500,000«  etaa  millionième. 


i36  REVUE    DES    PUBLICATIONS. 

2"  Publications  étrangères, 

par  M.  P.  Hariot. 

The  Garden.  —  Sous  le  titre  de  <ï  The  Bamhoo  Garden  »  le  Gar- 
den  consacre  dans  ses  numéros  des  o  et  12  janvier  dernier,  deux 
articles  aux  Bambous  cultivables  ou  cultivés  dans  les  jardins  en 
Europe.  D'intéressants  renseignements  sont  donnés  sur  bon 
nombre  d'espèces  et  une  liste  renferme,  groupées  d'après  leur 
origine  géographique,  toutes  celles  qui  peuvent  intéresser  l'hor- 
ticulture. 50  Bambusées  sont  ainsi  énumérées  appartenant  aux 
genres  :  Arundinaria,  Thamnocalamus^  Phylloslachys^  Bambusa, 
Cephalostachyum,  Dinochloa^  Nastus^  Chusquea^  Arthrostyli- 
dium,  Guadua. 

Il  serait  trop  long  de  prendre  par  le  menu  la  quantité  de 
notes  relatives  aux  diverses  branches  de  Thorticulture  insérées 
dans  ce  recueil.  Signalons  seulement  celles  qui  ont  trait  à  la 
culture  et  au  choix  des  Glaïeuls,  à  la  culture  des  plantes  sub- 
tropicales à  Torquay,  à  quelques  variétés  de  Chrysanthèmes,  au 
genre  d'Orchidées  Platyclinis.eih  un  certain  nombre  de  plantes 
de  cette  famJUe  telles  que  VOdonioylossum  Cervantesi  et  ses 
variétés,  les  Myrica  sur  le  littoral  américain,  la  culture  du 
Lilium  speciosum  et  des  AWuea,  etc. 

Mentionnons  aussi  un  article  qui  mérite  d'être  lu  sur  les 
Chrysanthèmes  pour  le  marché,  leur  meilleur  mode  de  culture, 
les  variétés  tardives  susceptibles  d'être  en  fleurs  vers  le  jour  de 
l'an. 

Empruntons  encore  à  la  même  publication  un  renseignement 
qui,  sans  être  d'une  importance  majeure,  pourra  intéresser  les 
curieux.  Il  a  trait  au  bois  qui  sert  à  confectionner  les  caisses  qui 
servent  au  transport  des  oignons  de  Lis  du  Japon.  Ce  bois  serait 
fourni  par  le  Cryptomeria  japomca. 

Gardener's  Chronicle.  —  Le  numéro  du  5  janvier  signale 
parmiies  plantes  nouvelles  le  C y pripedïum  insigne  citrinum  dont 
la  Société  Nationale  a  eu  la  primeur,  le  Pteris  regia  Fougère 
de  la  Jamaïque  voisine  du  P.  gigantea^  le  Cineraria  nlbicans  de 


PUBLICATIONS   ÉTRANGÈRES.  137 

l'Australie.  Les  Orchidées  ne  sont  pas  oubliées  avec  le  Stauropsis 
gigantea,  le  Cattler/a  cilrlna,  VOdontoglossum  grande  figuré 
avec  une  fleur  monstrueuse.  Le  Furcrœa  Selloa,  le  Broivnea 
Crawfordii,elc.  ont  fleuri  à  Kew  dans  le  Palmarium.  N'oublions 
pas  la  note  relative  au  Sleplianotis  floribunda  dont  la  culture, 
malgré  la  valeur  réelle  de  la  plante,  est  à  peu  près  inconnue 
chez  nous. 

Dans  le  numéro  du  12  janvier  à  signaler  un  article  sur  le  jar- 
dinage dans  le  nord  delà  Russie;  parmi  les  plantes  nouvelles 
Y Asplenium  Harrisi  de  la  Jamaïque,  voisin  des  A.  viride  et  Tr'i- 
chomanes^  plusieurs  variétés  d'Orchidées. 

Le  numéro  du  49  janvier  recommande  la  culture  du  Cleyera 
Fortunei  Hook.  f.  plus  connu  sous  le  nom  d'Eurya  latlfolia  varie- 
gata.  Le  Gardeners  chronicle  a  parlé  de  cette  jolie  plante  pour  la 
première  fois,  en  1861,  année  où  Fortune  venait  de  l'introduire 
du  Japon  et  oi^i  elle  reçut  delà  Société  royale  d'Horticulture  un 
certificat  de  mérite  de  première  classe.  Les  Allamanda  font  le 
sujet  d'une  note  intéressante  :  culture,  multiplication,  taille, 
variétés,  ravages  causés  par  les  insectes. 

Le  jour  de  Van  au  Japon  :  ce  titre  peut  paraître,  à  première 
vue,  étranger  à  l'Horticulture,  mais  il  s'y  rapporte  par  les  détails 
donnés  sur  l'ornementation  extérieure  des  maisons,  à  cette 
époque  de  l'année.  La  décoration  est  particulièrement  empruntée 
aux  rameaux  des  Pinus  densiflora  et  Thunberyi,  aux  Bambous, 
au  Melia  japonica^  à  quelques  Fougères,  etc. 

Les  arbres  à  Londres  et  leur  traitement  :  tel  est  le  titre  du  pre- 
mier article  du  numéro  du  2ô  janvier.  Les  Orchidées  apparaissent 
avec  un  nouveau  Cypripedhim  issu  du  croisement  du  C. 
Hookerœ  avec  le  C.  Harrlsianum.  Cet  hybride  a  été  obtenu  par 
M.  Yuylsteke  qui  lui  a  donné  le  nom  de  C.  Loochrisllanum. 

Garden  and  Forest.  —  Nous  ne  trouvons  à  y  signaler  (numéro 
du  2  janvier  1895)  qu'un  article  assez  court  d'ailleurs,  accom- 
pagné d'un  dessin,  sur  le  Streplocarpus  Dyeri,  hybride  des  S. 
Dunnii  et  Wendlandii.  C'est  la  plus  belle  espèce  du  genre, 
remarquable  par  l'élégance  et  la  singularité  de  sa  floraison  et  de 
son  feuillage. 


138  REVUE    DES    PUBLICATIONS. 

Revue  de  l'horticulture  belge  et  étrangère.  —  Klle  donne 
dans  son  numéro  du  1"  janvier  1895,  sous  ]a  signature  de 
M.  Pynaert  des  renseignements  sur  les  Odontoglossum  crispum 
qui,  depuis  1841,  époque  où  Hartweg  rencontra  cette  belle 
Orchidée  dans  la  province  de  Bogota,  a  fourni  de  nombreuses 
variétés.  L'auteur  de  cette  note  signale  comme  une  des  plus 
brillantes  V Odontoglossum  crispum  Franz  Masereel.  Il  ne  sera 
pas  sans  intérêt  d'apprendre  que,  d'après  M.  Marschalk  qui 
importa,  en  1877;,  le  Ken  Ha  Lindeni,  la  station  néo-calédonienne 
de  cette  plante  serait  détruite  actuellement,  le  ravin  dans  lequel 
elle  se  rencontrait  ayant  été  comblé  par  les  eaux.  Peut-être, 
paraît-il,  y  a-t-il  confusion  avec  le  K.  Luciani  aurea. 

A  lire  une  petite  note  sur  les  Carex  cultivés.  Le  Garex  appelé 
habituellement  japonica,  doit  porter  le  nom  de  C.  brunnea 
Thunb.  ou  C.  gracliis  Br. 

Neuberts'  Garten  Magazin.  —  Ce  journal  nous  apprend  que 
les  Cactées  prospèrent  tout  particulièrement  si  leurs  racines 
peuvent  tapisser  les  parois  intérieures  du  pot.  Il  ne  serait  pas 
trop  utile  de  s'attacher  au  drainage,  et  l'emploi  de  pots  de  petite 
dimension  serait  préférable. 

Le  même  recueil  signale  le  Dendrocalamus  giganteus  du  jardin 
botanique  de  Ceyian,  comme  un  des  plus  beaux  spécimens 
connus.  Il  a  30  mètres  de  haut  et  sa  couronne  présente  une  cir- 
conférence égale.  Le  tronc  mesure  70  centimètres  de  tour  à  un 

mètre  du  sol. 

. ^ . 

PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES 

DÉCRITES    ou    FIGURÉES 
DANS   LES   PUBLICATIONS    FRANÇAISES    ET    ÉTRANCÈRES 

1.  Publications  françaises. 
par  M.  D.  Bois. 

Aristolochia  arborea  Lind.,  Revue  Horticole,  16  janvier 
(2  figures  noires),  p.  36  (Aristolochiées).  Mexique.  Plante  décou- 


PUBLICATIONS   FRANÇAISES.  139 

verte  dans  les  forêts  de  Chiapas  par  M.  Ghiesbreght,  qui  l'en- 
voya vivante  à  M.  Linden,  horticulteur  à  Bruxelles.  Elle  fut 
décrite  à  Kew,  par  W.  Hooker,  en  1862,  et  figurée  dans  le  Bota- 
nical  Magazine,  t.  529o.  Cette  Aristoloche  peut  atteindre 
plusieurs  mètres  de  hauteur  ;  sa  tige,  dressée,  peu  ramifiée 
porte  des  feuilles  alternes,  longues  de  30  centimètres  ou  plus, 
sur  7  à  8  centimètres  de  large,  glabres  dessus,  pubescentes  au- 
dessous,  à  pétiole  court,  renflé.  Le  port  en  est  élégant  et  rap- 
pelle quelque  peu  celui  d'un  Magnolia.  Les  fleurs,  caulinaires, 
très  étranges,  naissent  au  bas  du  tronc,  en  petites  panicules; 
leur  corolle  est  d'un  brun  roux  terne  très  foncé,  éclairé  seule- 
ment de  violàtre  et  plus  intense  au-dedans  avec  une  partie  pâle 
au  bas  :  elle  comprend  à  la  base  un  lube  renflé,  plié  et  réfracté, 
qui  s'ouvre  ensuite  obliquement  en  entonnoir  large,  réticulé, 
infléchi  au  sommet. 

Cette  curieuse  plante,  dit  M.  Ed.  André,  est  vraiment  digne 
de  la  culture  en  serre  tempérée  chaude.  La  fermeté  de  son  feuil 
lage  coriace  permettrait  peut-être  de  l'essayer  en  plein  air  dans 
le  midi  de  la  France,  sur  le  littoral  méditerranéen. 

Echinocystis  lobata  Torr.  et  Gray.,  Revue  Horticole,  V'  jan- 
vier (figure  noire)  p.  9  (Cucurbitacées).  Amérique  septentrio- 
nale. Plante  annuelle,  grimpante  que  M.  Marc  Micheli  cultive 
depuis  plusieurs  années  au  château  du  Crest,  en  Suisse.  Cette 
plante  est  monoïque  ;  ses  tiges  qui  atteignent  de  5  à  10  mètres 
de  hauteur,  portent  des  feuilles  alternes,  lobées  comme  celles  du 
Platane,  mesurant  de  6  à  12  centimètres  de  diamètre.  Les  fleurs 
sont  petites,  blanc  crème,  peu  voyantes;  les  mâles  en  grappes 
composées,  dressées,  de  15  à  20  centimètres  de  largeur;  les 
femelles,  dans  la  même  aisselle,  solitaires  ou  en  petits  bouquets. 
Le  fruit  est  cylindracé,  obtus  aux  deux  extrémités,  long  de  4  à 
5  centimètres,  large  de  3  à  4  ;  il  est  glabre  et  hérissé  de  pointes 
molles,  vertes.  Cette  plante  est  ornementale  par  son  feuillage 
et  par  les  fleurs  qu'elle  produit  en  grand  nombre  ;  ses  fruits 
sont  en  outre  très  curieux.  On  devra  en  semer  la  graine  en  mars, 
sur  couche,  comme  celles  des  Melons. 


140  PLANTES   iNOUVELLES    OU   PEU   CONNUES. 

Lathyrus  pubescens  Hook.  et  Arn.,  Revue  Horticole^  i6  jan- 
vier (figure  coloriée),  p.  40  (Légumineuses).  Uruguay.  Plante 
trouvée  par  J.-D.  Hooker  à  Goncepcion,  au  Chili  et  retrouvée 
en  1890  au  Cerro  d'Arequita  (Uruguay),  par  M.  Ed.  André  qui  a 
réussi  à  l'introduire  vivante  dans  sa  propriété  de  La  Croix,  en 
Touraine.  Le  Lathyrus  pubescens  est  une  plante  vivace  de  3  à 
5  mètres  de  hauteur.  Ses  tiges  sont  ailées,  mollement  pubes- 
centes  dans  le  jeune  âge,  puis  glabres,  ainsi  que  les  feuilles  qui 
ont  des  vrilles  assez  développées  et  une  ou  deux  paires  de  folioles 
oblongues  lancéolées,  deux  fois  plus  longues  que  le  pétiole.  Les 
stipules  sont  ovales,  semi  sagittées,  du  double  plus  courtes  que 
le  pétiole.  Les  pédoncules,  plus  longs  que  les  feuilles,  portent 
des  grappes  dressées,  multiflores.  Les  corolles  sont  grandes, 
d'un  beau  bleu  lavé  de  blanc  et  de  violacé;  elles  sont  très  élé- 
gantes par  leur  forme  et  par  leur  nuance  rare.  M.  André  pense 
que  cette  plante  sera  vivace  et  rustique  sons  le  climat  de  la 
France  moyenne.  Un  pied  planté  le  long  d'un  mur,  à  La  Croix,  a 
bien  passé  l'hiver. 

2.  Publications  étrangères 

par  M.  G.  Harioï. 

Peraphylliim  ramosissimum  Nuttal.  —  P.  très  rameux.  — 
Neuberti  Garten  Magazine,  'l89o,  n"  1.  —  Etats-Unis  (Rosacées 
—  Pomacées). 

Arbrisseau  d'une  grande  beauté,  d'environ  6  pieds  de  hau- 
teur ;  branches  généralement  pendantes  ;  feuilles  étroites, 
oblongues,  brièvement  pétiolées,  acuminées,  spinescentes, 
entières  et  légèrement  dentées,  glanduleuses,  d'abord  pubes- 
centes,  puis  glabres  ;  fleurs  d'un  rose  pale,  rappelant  celles  de 
l'Amandier,  mais  plus  petites;  calice  et  corolle  à  5  divisions; 
étamines  au  nombre  de  20  ;  3  à  4  pistils  allongés  et  pubescents; 
fruit  arrondi,  couronné  par  le  calice  persistant,  non  comestible. 

Le  Peraphyllum  appartient  à  un  genre  monotype  voisin  de 
l'Amélanchier.  La  floraison  a  lieu  de  mai  à  juin,  elle  est  très 
abondante.  Les  fruits,  qui  paraissent  en  août,  sont  très  nom- 


PUBLICATIONS    ÉTRANGÈRES.  141 

breux,  jaunes,  acerbes,  ayant  la  saveur  de  ceux  du  Sorbiiii 
aucuparia. 

La  culture  est  celle  des  Cercocarpus  et  des  Fendlera. 

L'aire  d'habitation  de  cet  arbrisseau  s'étend  au  sud-ouest  du 
Colorado  à  travers  l'Utah,  la  Californie  jusqu'à  TOrégon.  On  le 
rencontre  jusqu'à  l'altitude  de  7,000  à  7,400  pieds. 

Talauma  Hodgsoni  Hook.  f.  et  Thoms.  —  T.  de  Hodgson. 
Botanical  Magazine,  tab.  7392.  —  Himalaya  (Magnoliacées). 

Arbre  de  50-60  pieds,  à  feuilles  persistantes,  larges,  obovales 
ou  oblongues,  obtuses  ou  cuspidées,  glauques  en  dessous,  mar- 
quées d'un  réseau  très  serré,  pétiolées  ;  fleurs  larges,  solitaires, 
terminales,  à  pédoncule  épais,  à  sépales  au  nombre  de  3-5,  obtus, 
colorés  en  pourpre,  bleuâtres  à  l'intérieur;  pétales  au  nombre 
de  6,  blancs;  fruit  ovoïde  formé  de  carpelles  tétragones. 

D'après  M.  Hooker  le  T.  Hodgsoni  forme  un  des  plus  beaux 
ornements  des  forêts  de  l'Himalaya.  Les  fleurs  d'abord  blanches, 
passent  au  jaune  crème  et  iinalement  brunissent.  Cette  plante 
demande  la  serre  tempérée. 

Lonicera  Alberti  Regel.  —  Chèvrefeuille  d'Albert.  Bota- 
nical  Magazine,  t.  7394.  —  Turkestan  Oriental  (Caprifoliacées). 

Arbrisseau  raide,  bas,  très  rameux,  très  glabre,  à  feuilles 
sessiles,  linéaires,  obtuses,  blanchâtres  en  dessous,  souvent 
marquées  à  leur  base  de  deux  dents  aiguës;  fleurs  naissant  sur 
des  rameaux  latéraux  disposés  deux  par  deux,  entourées  d'un 
involucre  court  et  stipité  ;  calice  à  5  dents  inégales  et  obtuses  ; 
corolle  de  couleur  rose,  a  tube  cylindrique,  à  lobes  poilus  inté- 
rieurement. 

D'après  jM.  Regel,  le  L.  Alberti  sQVdÀl  la  plus  ornementale  de 
toutes  les  espèces  connues,  grâce  à  l'abondance  et  au  coloris  de 
ses  fleurs  qui  sont  cependant  peu  odorantes. 

Acacia  spadicigera  Cham.  et  Schl.  —  A.  à  spadices.  Bota- 
nical  Magazine,  t.  7395.  —  Amérique  centrale  et  Cuba  (Légumi- 
neuses. Acaciées). 

Arbrisseau  raide,  rameux,  à  stipules  épineuses  très  dévelop- 


142  PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES. 

pées,  renflées  en  forme  de  cornes,  hrunes,  dressées  ou  recour- 
bées, réunies  à  la  base;  leuilles  à  49-20  paires  de  folioles 
linéaires,  obtuses,  pubescentes,  munies  ou  non  d'un  appendice 
charnu  et  caduc  qui  forme  un  prolongement  du  sommet  ;  inflo- 
rescence en  épis  axillaires,  solitaires  ou  géminés_,  cylindriques, 
obtus,  composés  de  fleurs  très  serrées  ;  fleurs  très  petites  de 
couleur  jaune  d'or,  mélangées  de  petites  écailles  longuement 
pédonculées. 

Cet  Acacia  est  remarquable  par  ses  bractées  qui  prennent  la 
forme  et  la  consistance  de  cornes  ;  il  a  été  souvent  désigné  sous 
ie  nom  d'Acacia  cornïgera. 

Cyrtopodium  virescens  Reich.  f.  et  Warm.  —  Cyrtopode 
verdâtre.  Botanical  Magazine,  tab.  7396.  —  Brésil  (Orchidées). 

Pseudo-bulbes  fusiformes  annelés,  portant  des  feuilles  étroites, 
lancéolées,  acuminées;  hampe  florale  élevée,  marquée  de  gaines 
aiguës  et  peu  nombreuses;  inflorescence  en  panicule  mulliflore  ; 
fleurs  accompagnées  de  bractées  tachées  de  pourpre,  brièvement 
pédicellées,  à  divisons  de  même  couleur,  ovales,  arrondies 
"jaune-verdâtre,  marquées  de  pourpre;  labelle  plus  court  que  les 
sépales,  un  peu  charnu,  de  forme  quadrangulaire,  crénelé, 
ondulé  aux  bords,  trilobé  ;  lobes  latéraux  pourpre-rougeâtre,  le 
terminal  doré,  taché  de  rouge;  gynostèmepeu  développé,  pâle, 
tacheté. 

Cette  jolie  Orchidée  a  été  découverte  par  M.  Warming  à 
Lagoa  Santa  (Brésil).  Tous  les  Cyrtopodium  sont  américains  et 
on  en  connaît  environ  30  espèces,  terrestres,  à  pseudo-bulbes.  Il 
ne  faut  pas  confondre  ce  genre  avec  le  genre  Cyrtopera  auquel 
on  Ta  quelquefois  assimilé  et  qui  doit  être  rapporté  aux  Eulo- 
phia, 

Acidanthera  œquinoctialis  Baker.  A.  équinoxial.  —  Botani- 
cal Magazine,  tab.  7393.  —  Sierra  Leone  (Iridées). 
"  Bulbe  de  fortes  dimensions,  globuleux-déprimé,  à  écailles 
i3runes  ;  tige  raide,  dressée,  élevée,  portant  des  feuilles  engai- 
nantes longues  d'un  pied  et  plus;  fleurs  en  épis  disposés  sur 
deux   rangs,   très  lâches,   simples,  peu   nombreuses   (3-6),  à 


PUBLICATIONS   ÉTRANGÈRES.  143 

spathe  allongée,  foliacée  ;  périanthe  à  tube  cylindrique,  re- 
courbé au  sommet,  à  divisions  ovales,  cuspidées,  imbriquées, 
blanches  tacliées  de  pourpre  à  la  base,  étalées  lors  de  la  com- 
plète floraison. 

Cette  espèce  est  la  plus  remarquable  et  la  plus  grande  de 
toutes  celles  du  genre  Acidanthera.  Ce  dernier  genre  est  inter- 
médiaire entre  les  Ixia  et  les  Glaïeuls.  La  plante  dont  nous 
venons  de  parler  a  été  recueillie  en  1892  par  M.  Scott  Elliot 
dans  les  fentes  des  rochers  de  gneiss  au  sommet  du  Sugarloaf  à 
Sierra  Leone  et  introduite  à  Kew  en  1893  par  le  capitaine  Dono- 
van.  Tous  les  Acidanthera  sont  africains,  originaires  du  Kili- 
manjaro,  de  rAb3^ssinie,  de  la  région  du  Zambéze  et  surtout  du 
Cap  où  on  en  rencontre  13  espèces. 


RECTIFICATIONS 

Dans  le  cahier  de  décembre  1894,  il  est  dit  (Procès-verbal  de 
la  séance,  du  27  décembre)  qu'une  prime  de  1'^'^  classe  a  été  accordée 
à  M.  Landry  \)Out  w.i\- Cypripedium  insigne  venustum.  C'est  Cijpripe- 
dium  insigne  citrinum  qull  faut  lire. 

M.  Opoix,  jardinier  en  chef  du  Luxembourg,  a  présenté  dans  cette 
séance,  un  Cypripedium  portant  le  nom  de  Madame  Elysée  Descombes, 
issu  du  C.  villosum,  croisé  par  C.  Spicerianum  et  non  par  C.  spe- 
ciosum,  comme  cela  a  été  imprimé  par  erreur. 

Dans  le  cahier  de  janvier,  page  26,  ¥  hgne,  on  annonce  le  décès 
de  M.  Coubert,  c'est  Caubert  qu'il  faut  lire. 


Le  Secrétaire-rédacteur-gérant^ 
D.  Bois. 


Paris.  —  Imprimerie  L.  Maretheux,  1,  rue  Cassette. 


144 


OBSERVATIONS  METEOROLOGIQUES. 


FEVRIER    1895 

Observations  météorologiques  faites  par  M.  F.  Jamin,  a  Bourg-la-Reine, 
PRÈS  Paris  (altitude  :  (J3^]. 


TEMPERATURE 


Min. 

Max. 

—16,7 

-  3,.^ 

-18,7 

—  0,1 

-  9.1 

0,3 

—  11,7 

0 

—11,6 

—  1,5 

-14,0 

—  .5.4 

—13,3 

—  -4,3 

-12,.^ 

—  0,5 

—16,2 

0 

-11,8 

0,2 

—  i,~' 

-  1,3 

-43,2 

0,8 

—14,6 

0 

—15,7 

—  5,0 

—13,7 

—  1,5 

—  6, "7 

0,8 

—  8,6 

0,8 

—  8,4 

2,0 

-  0,8 

2,8 

—  6,8 

1.3 

—  7.6 

5,8 

—  3,8 

3,0 

0,2 

3.0 

-  5,6 

5,0 

-  4,2 

5,2 

—  3,7 

5,0 

-  3,0 

4,4 

-  1,2 

6,3 

HAUTEUR 

du  baromètr( 


Matin     Soir 


760,5 
760,5 

737 
762 
760 
753 
754,5 

756 

764 
757 
744 

756 

764 

766,5 
763,5 


763 
770 
768 
765,5 

767,5 

767 

766 

769 

762 

7.52 

755, 5 

7.53,5 

7GÛ 


761 
760,5 

760 

761,0 

756 

753 

756 

758,5 

763 
749 
751 ,5 

762,0 

766,5 

765,5 
761,5 


765,5 
770 
763,5 
766 

767 

766,5 

768,5 

765 , 5 

755 

755 

754,5 

755 

764.5 


VENTS 

dominants 


E. 
ENF. 

ENE. 

NE. 
N.  E. 

NE. 

E. 

EXE.  NE. 

NE. 

E. 

NNE. 

N. 

N. 

NE. 
ENE.  NE. 


NE. 

NNE. 

N. 

NE. 

NNE. 

NE.  E.  NE. 

NE. 

NE. 

NE. 
E.  NE. 
NE.  N. 

N. 
NNO.NO.ONO 


ETAT   DU   CIEL 


Couvert  le  matin,  clair. 

Légèrement  nuageux  le  matin  ef  1( 
soir,  clair  dans  la  journée. 

Nuageux,  clair  le  soir. 

Brumeux  le  matin,  clair. 

Nuageux  le  matin,  presque  clair. 

Légèrement  brumeux  le  matin,  clair 

Clair,  le  soleil  se  couche  dans  les 
nuages. 

Très  nuageux  le  matin,  couvert,  un 
peu  de  neige. 

Presque  clair,  clair  le  soir. 

Nuageux  le  matin,  couvert. 

Neige  abondante  dans  lanuit,  moindre 
dans  la  matinée,  couvert  et  grésil. 

Légèrement  brumeux  le  matin,  nuaj 
eux) 

Légèrement  brumeux  le  matin,  nua 
geux. 

Clair. 

Clair  le  matin,  légèrement  nuageux 
l'après-midi,  puis  couvert,  éclaircies  le 
soir,  bise  glaciale. 

Couvert  de  grand  matin,  clair. 

Clair. 

Couvert,  quelques  éclaircies  le  soir. 

Neige  peu  abondante  dans  la  nuit, 
nuageux  le  matin,  clair. 

Couvert  le  matin,  clair. 

Nuageux  le  matin,  clair. 

Petite  pluie  très  fme,  couvert. 

Couvert. 

Clair  le  matin,  nuageux 

Couvert. 

Clair,  nuageux  le  soir. 

Nuageux,  clair  le  soir. 

Couvert,  éclaircies  le  soir. 


AVIS    DIVERS 

Médaille  du  Conseil  d'Administration.  —  Pour  l'introduclion 
ou  l'obleniion  de  Planles  ornementales  reconnues  mérilanles 
après  culture  en  France. 

Les  Horticulteurs  français,  obtenteurs  ou  introducteurs  de 
Plantes  reconnues  méritantes,  peuvent  adresser  au  Comité  com- 
[)éLent  leur  demande  en  vue  de  prendre  part  au  concours  pour 
ce  prix.  De  leur  côté,  les  Membres  des  Comités  peuvent  propo- 
ser les  Plantes  qu'ils  jugent  dignes  du  même  prix.  A  la  fin  de 
chaque  année,  il  sera  désigné,  s'il  y  a  lieu,  dans  le  sein  de 
chaque  Comité  compétent,  un  Membre  chargé  de  faire  un 
Rapport  circonstancié  sur  la  ou  les  plantes  qui  sont  de  nature  à 
déterminer  l'attribution  de  la  médaille. 


La  Société  nationale  d'Horticulture  de  France  a  décidé  de  tenir 
une  Exposition  internationale  du  22  au  28  mai  1895. 
Un  Congrès  international  horticole  aura  lieu  à  la  même 
époque. 


OFFRES  ET   DEMANDES  D'EMPLOI 

Un  registre  est  ouvert  aux  bureaux  de  l'Agence  de  la  Société  pour 
l'inscription  des  offres  et  des  demandes  d'emploi. 

Le  Conseil  d'administration  prie  les  sociétaires  qui  auraient 
besoin  de  jardiniers  pour  maisons  bourgeoises  ou  d'employés  pour 
maisons  de  commerce  horticoles  de  bien  vouloir  consulter  ce  registre. 


AVIS  RELATIF  AUX  CONCOURS  EN  SÉANCE 

Des  Concours  spéciaux  pour  les  Orchidées  ont  lieu  à  la 
seconde  séance  des  mois  de  février,  avril,  juin  et  novembre. 
Les  personnes  qui  désirent  y  prendre  part  sont  tenues  d'a- 
dresser, huit  jours  à  l'avance,  à  l'Agent  de  la  Société,  rue  de 
Grenelle,  84,  l'expression  de  leur  intention. 


CONCOURS  OUVERTS  DEVANT  LA  SOCIÉTÉ  EN  1895. 

Concours  permanent. 

P'ix  Laisné.  Pour  l'élève  le  plus  méritant  de  l'École  d'Horticulture 
des  Pupilles  de  la  Seine.  (V.  le  Journal,  3«  série,  IV,  1882.  pp  631 
et  753.) 

Série  IIL  T.  XVII.  Cahier  de  mars,  publié  le  10  avril  ISo;;.  m 


146  CHRONIQUE. 

Concours  annuels. 
Médaille  Pellier.  Pour  le  plus  beau  lot  de  Pentstemon. 

Prix  Joiihert  de  Vfliberderie.  —  Le  JO  janvier  1889,  le  Conseil 
d'Administration,  se  conformant  au  vœu  émis  par  le  D^  Joubert 
de  l'Hiberderie,  dans  son  testament,  a  ouvert  un  Concours  pour 
un  prix  de  2,o00  francs  à  décerner  au  nom  de  ce  généreux 
donateur.  Ce  prix  est  destiné  à  un  ouvrage  publié  récemment 
et  imprimé  ou  manuscrit,  sur  THorticulture  maraîchère,  l'Arbo- 
riculture et  la  Floriculture  réunies,  considérées  dans  leurs 
mages  journaliers  et  les  plus  pratiques.  Le  concours  est  perma- 
nent et  le  prix  peut  être  décerné  chaque  année. 

Si  l'ouvrage  présenté  au  concours  est  manuscrit,  il  devra  être  aussi 
succinct  que  possible  et,  si  son  auteur  obtient  le  prix,  il  sera 
tenu  d'en  faire  la  publication  dans  le  délai  d'un  an  (Voyez  le 
Journal,  .3«  série,  XI,  1889,  p.  5  et  81). 


CHRONIQUE 


Leçons  pour  les  voyageurs  naturalistes.  ~  Comme  les 
années  précédentes,  des  leçons  pour  les  voyageurs  naturalistes 
auront  lieu  au  Muséum  en  1895.  Elles  commenceront  le  mardi 
23  avril,  à  10  heures  du  matin,  dans  l'amphithéâtre  de  la 
Galerie  de  Zoologie,  par  une  leçon  d'ouverture  de  M.  A.  Milne 
Edwards,  directeur  du  Muséum.  Le  16  mai,  M.  Cornu  parlera  de 
la  récolte  et  de  l'expédition  des  plantes  vivantes;  le  18  mai. 
M.  Bureau  traitera  des  collections  botaniques  (Phanérogames); 
le  21  du  même  mois,  M.  Morot  fera  une  leçon  sur  les  collections 
botaniques  (Cryptogames  et  Bois).  Le  l'''"  juin,  M.  Gréhant  par- 
lera de  l'hygiène  des  voyageurs. 

Dans  des  conférences  pratiques,  faites  dans  les  laboratoires 
ou  sur  le  terrain,  les  auditeurs  seront  initiés  à  la  récolte  ou  à  la 
préparation  des  collections. 

Destruction  des  nids  de  guêpes.  —  En  conformité  d'une 
délibération  du  Conseil  général  de  la  Seine  en  date  du  29  dé- 
cembre 1894,  un  arrêté  du  préfet  de  police  alloue  une  prime  de 
1  franc,  dans  les  communes  du  département,  à  toute  personne  qui 
apportera,  à  la  mairie  ou  dans  un  lieu  désigné  par  le  maire,  un 
nid  de  guêpes.  Dans  une  circulaire  indiquant  la  teneur  de  cet 
arrêté,  M.  Lépine  ajoute  que  la  Station  entomologique  de  Paris 


CHRONIQUE.  147 

ayant  besoin  de  nids  de  guêpes  pour  études,  le  directeur  de 
l'Institut  agronomique  donnera,  à  la  place  de  cette  prime  de 
1  franc,  une  prime  de  3  francs  lorsqu'il  s'agira  d'un  nid  de 
guêpes  aérien,  en  bon  état  de  conservation  avec  un  certain  nom- 
bre de  guêpes  vivantes.  La  même  prime  sera  accordée  pour  les 
nids  aériens  ou  souterrains  au  début  de  leur  formation,  encore 
de  toute  petite  taille  et  ne  présentant  qu'une  seule  guêpe,  la 
mère,  qui  devra  être  vivante.  Adresser  les  demandes  au  directeur 
des  travaux  de  la  Station  entomologique,  16,  rue  Claude-Bernard , 
Paris. 

Les  froids  dans  le  midi.  —  Les  froids  qui  ont  sévi  sur  toute 
la  France  ont  gravement  éprouvé  nos  départements  méri- 
dionaux. A  Toulon  et  à  Hyères,  on  parle  de  —  8  degrés  el  — 
9  degrés  et  Ton  cite  de  grands  ravages  parmi  les  plantes  tropi- 
cales, surtout  les  Palmiers.  A  Cannes,  Antibes,  au  golfe  Jouan, 
il  est  tombé  1  o  à  18  centimètres  de  neige  le  28  décembre,  et  cinq 
jours  plus  tard  une  nouvelle  couche  de  8  à  10  centimètres  a 
recouvert  la  première.  Du  29  janvier  au  1^'  février,  le  thermo- 
mètre descendait  à  —  5  degrés  et  —  6  degrés  au  golfe  Jouan  et 
dans  quelques  vallons  très  foids  on  aurait  constaté  jusqu'à  —  9*^. 
La  neige  a  causé  de  grands  dommages  en  faisant  briser  par  son 
poids  de  grosses  branches  d'Eucalyptus  et  autres  arbres. 

Les  vallées  qui  entourent  Menton  où  la  culture  des  Citronniers 
constitue  la  principale  richesse  du  pays,  ont  été  très  éprouvées  et 
la  récolle  est  perdue.  [Revue  horticole.) 

Le  Phylloxéra  au  Chili.  —  Des  premières  investigations 
ordonnées  par  le  Gouvernement,  il  résulte  que,  si  l'insecte  qui 
s'est  attaqué  aux  Vignes  du  sud  du  Chili  n'est  pas  le  Phylloxéra 
vastatrixy  c'est  un  insecte  de  même  caractère,  d'une  variété  diffé- 
rente, inconnue  jusqu'à  ce  jour,  mais  qui  lui  ressemble  beaucoup, 
dont  la  puissance  dévastatrice  est  la  même,  et  qui  mériterait 
(l'être  appelé  du  nom  technique  de  Phylloxéra  Ckilensis.  (Informa- 
tions et  renseignements  publiés  par  le  ministère  de  l'agriculture.) 

Fruits  des  Colonies  importés  en  Ang-leterre.  —  A  la  fin 
de  la  semaine  dernière,  il  est  arrivé  en  Angleterre  trois  navires 
avec  un  chargement  de  fruits  du  Cap  ;  mais  ces  fruits  :  Raisins, 


148  CHRONIQUE. 

Tomates,  Pèches,  Pommes  et  Poires,  incomplètement  mûrs,  se 
sont  vendus  à  des  prix  dérisoires;  ceci  servira  de  leçon,  pour 
l'avenir,  aux  producteurs  et  aux  expéditeurs.  (Gardeners\  Chro- 
7iic/e,  2  mars). 

L'Horticulture  gantoise.  —  D'après  une  statistique  due  à 
M.  H.  Morris,  consul  des  Etats-Unis  d'Amérique  à  Gand,  le  com- 
merce horticole  avec  les  Etats-Unis  a  progressé  constamment  et 
sensiblement  pendant  les  dix  dernières  années.  En  1885,  le  centre 
gantois  a  expédié  à  New-York  pour  21^,000  francs  de  plantes.  En 
1894  il  en  a  expédié  pour  495,000  francs.  Les  principaux  chiffres 
ont  été  atteints  par  les  plantes  suivantes  :  Azalées,  200,000  francs  ; 
Palmiers,  125,000  francs;  Araucarias,  65,000  francs;  Bégonias, 
35,000  francs.  [L' Illustration  horticole.) 

Serres  roulantes.  —  M.  Rodigas  décrit,  dans  Vllbistration 
horticole,  un  genre  de  serres  mobiles  sur  roulettes,  à  comparti- 
ments démontables  inventé  par  M.  Delecœuillerie,  horticulteur 
à  Blandain,  près  de  Tournai  (Belgique).  Ces  serres,  qui  se  dé- 
plasent  sur  des  rails,  sous  la  poussée  d'un  ou  de  deux  hommes, 
se  transportent  à  volonté  dans  telle  ou  telle  partie  du  jardin, 
sur  tell-es  ou  telles  cultures  que  l'on  veut  avancer.  On  peut  ainsi 
mettre  à  l'air  libro,  selon  le  besoin,  les  arbres  fruitiers  et  autres 
végétaux  plantés  à  demeure  dont  on  veut  faire  mûrir  le  bois. 
L'inventeur  attache  un  appareil  de  chauffage  à  l'un  des  compar- 
timents de  la  serre  et  le  déplace  avec  elle  à  volonté. 

Importations  de  Pommes  de  Tasmanie.  —  Steamers,  se 
rendant  de  Tasmanie  en  Angleterre,  avec  un  chargement  de 
Pommes  pour  la  saison  de  1895;  dates  des  départs  et  nombre 


matif  d( 

îs  caisses  embarqi 

lé 

Bs  : 

Février, 

25, 

par  Cuzco 11.245  boîtes. 

Mars, 

4, 

—  Home    . 

.       12.447       — 

11, 

—  Amtral 

23.782       — 



18, 

—  Parramatt 

a 

22.979       — 

— 

25, 

—  Ophir   .    , 

23.. 396      — 

Avril, 

1°% 

—  Oceana.   . 

9.906       — 

8, 

—  Orizaba 

.       11.025       — 



15, 

—  Australia 

9.229       — 

. 

22, 

—  Oroya    . 

14.175       — 

„ 

29, 

—  Massilia 

22.390       — 

Total.   . 

160.574  boîtes. 

CHRONIQUE.  149 

Aux  chiffres  ci-dessus  on  peut  ajouter  le  chargement  probable 
de  trois  autres  steamers  qui  apporteront  environ  30,000  caisses; 
soit  190,574  boîtes  de  Pommes  importées  de  Tasmanie  pour  la 
saison  de  1895.  [Gnrdemrs  Chroniclp,  t  mars.) 

Les  jardins  et  les  conférences  de  la  Société  royale 
d'Horticulture  de  Londres.  —  Les  jardins  de  la  Société,  éta- 
blis en  18S2,  à  Chiswick,  près  de  Londres,  ont  largement  con- 
tribué aux  progrès  de  l'Horticulture.  Quantité  de  plantes  culti- 
vées d'abord  à  Chiswick,  se  sont  ensuite  répandues  en  Angleterre 
et  sur  le  Continent. 

On  y  trouve  une  collection,  pour  ainsi  dire  unique  au  monde, 
des  meilleures  variétés  de  fruits.  La  Société  désirant  que  son 
jardin  devienne  une  véritable  école  théorique  et  pratique  d'Horti- 
culture, se  propose  de  le  consacrer  plus  spécialement  : 

1"  A  la  culture  des  fruits,  légumes,  plantes  de  serre,  fleurs  et 
végétaux  les  plus  généralement  cultivés  pour  leur  utilité  ou  leur 
agrément;  2"  aux  essais  nécessaires  pour  établir  la  valeur  des 
nouvelles  variétés;  3°  à  des  expériences  sur  les  différents  modes 
de  culture  ;  4  à  l'examen  et  à  l'essai  des  instruments  et  de  tout 
matériel  horticole  qui  seront  soumis  à  la  Société. 

Dans  les  serres,  la  culture  des  Raisins  est  établie  sur  une  grande 
échelle.  La  grande  serre  de  180  pieds  de  longueur  sur  30  de 
large  et  26  de  hauteur  est  une  des  plus  belles  constructions  de 
ce  genre  de  l'Angleterre.  La  serre  n°  5  est  consacrée  aux  Pêchers» 
dont  une  partie  est  palissée  sur  le  mur  du  fond,  tandis  que 
d'autres  Pêchers  nains  garnissent  le  devant  de  la  serre.  Une  des 
plus  grandes,  n°  6,  est  spéciale  aux  Figuiers  en  pots  qui  forment 
certainement  la  plus  belle  collection  de  la  contrée.  On  expéri- 
mente avec  soin  les  différents  systèmes  pour  tailler  et  former  les 
arbres  fruitiers;  on  fait  également  des  essais  sur  un  grand 
nombre  de  Poiriers  et  de  Pommiers  greffés  sur  des  sujets  d'espèces 
variées.  Dans  la  partie  consacrée  aux  fleurs,  on  remarque  parti- 
culièrement les  collections  d'Asters  vivaces  et  de  Soleils  [Helian- 
ihus).  Une  collection  de  Phlox,  une  de  Pivoines  herbacées,  et  une 
grande  variété  de  Clématites.  A  tous  ces  éléments  d'instruc- 
tion offerts  à  ses  membres,  et  même  aux  étrangers  moyennant 


150  CHRONIQUE.. 

certaines  conditions,  la  Société  ajoute  de  nombreuses  conférences 
fort  intéressantes,  si  l'on  en  juge  par  le  programme  publié 
pour  1895. 

Gomme  exemples  des  sujets  traités,  nous  citerons  :  en  mars 
((  les  maladies  des  Tomates  et  des  Yignes;  sur  l'élevage  des 
grands  arbres  et  des  arbrisseaux  ». 

En  avril,  importante  conférence  sur  iCS  Primevères  et  les  Au- 
ricules,  dans  laquelle  trois  orateurs  traiteront  des  nouvelles 
variétés,  de  la  culture,  de  la  classification  des  Primevères,  etc.  — 
En  mai,  «  Plantes  et  jardins  des  îles  Ganaiies  ».  En  juin,  «  Cul- 
ture sous  verre  des  Roses  ».  En  juillet,  <(  les  effets  de  l'obscurité 
sur  les  formes  des  plantes  ».  En  août,  «.  L'OEillet  en  Ecosse, 
Bambous  rustiques,  Crotons  et  Dracœnas  ».  En  novembre,  «  les 
Pommes  de  terre,  culture  de  l'Asperge  ». 

Des  expositions  suivent  assez  souvent  ces  conférences  instruc- 
tives. 

L'Industrie  de  l'essence  de  Roses  en  Bulgarie.  — 
La  Bulgarie  est  le  grand  pays  producteur  de  l'essence  de 
roses;  toutes  les  autres  cultures  ne  sont  que  bien  secon- 
daires. C'est  dans  l'ancienne  province  turque  de  Roumélie,  au 
pied  des  grands  Balkans,  et  on  peut  dire  sur  les  deux  chaînes 
que  poussent  les  Roses  pour  la  production  de  l'essence.  Les 
centres  de  l'exploitation  sont  Kezanlyk  et  Carlova.  En  1891,  on 
évaluait  à  2,400  hectares  environ  la  superficie  des  champs  de 
Roses  répartis  entre  150  villages.  D'après  M.  Blondel,  la  Rose 
qui  est  généralement  exploitée  et  qui  représente  à  elle  seule 
90  p.  100  des  pieds  en  culture  est  une  variété  rameuse  du  Rosa 
Damasc.ena  que  les  paysans  bulgares  appellent  tout  uniment 
Rose  rouge.  Un  champ  de  30  ares  fournit,  dans  les  meilleures 
circonstances  de  1,860  à  2,300  kilogrammes  de  Roses  desquelles 
on  peut  extraire  600  à  750  grammes  d'essence  valant  environ 
1  franc  le  gramme.  {Journal  des  Roses.) 


SÉANCE  DU  14  MARS  1895.  151 

PROCÈS -VEHBAUX 


SÉANCE    DU    14    MARS     1895. 

Présidence  de  HI.  Truffaut  (Alb.),  Vice-Président  de  la  Société. 

La  séance  est  ouverte  à  trois  heures  un  quart. 

Les  registres  de  présence  ont  reçu  les  signatures  de  178  mem- 
bres titulaires  et  de  14  membres  honoraires. 

Le  procès-verbal  de  la  dernière  séance  est  lu  et  adopté. 

Après  un  vote  de  l'Assemblée,  M.  le  Président  proclame  l'ad- 
mission de  8  membres  titulaires  nouveaux. 

M.  le  Secrétaire  général  annonce  les  décès  de  M.  Niobey,  pré- 
sident de  la  corporation  des  jardiniers,  et  maire  de  Bayeux  (Cal- 
vados), membre  de  la  Société,  depuis  1879;  de  M.  Chevalier 
(Benjamin),  jardinier  au  château  de  la  Vallée-au-Loup,  à  Aulnay 
près  Sceaux  (Seine),  membre  de  la  Société  depuis  1835;  de 
M.  le  baron  de  Moracin  (Fernand),  de  Paris  ;  de  M.  Barillon, 
horticulteur  à  Vincennes;  de  M.  Hivert,  de  Paris,  membre  hono 
raire,  qui  faisait  partie  de  la  Société  depuis  l'année  1857;  de 
M.  Léo  d'Ounous,  de  Saverdun  (Ariège),  membre  honoraire, 
qui  faisait  partie  de  la  Société  depuis  l'année  1837. 

Il  apprend  que  le  Comité  de  Culture  potagère  a  décidé,  dans 
la  séance  de  ce  jour,  d'offrir  une  médaille  de  vermeil  pour 
l'Exposition  internationale  du  mois  de  mai. 

Il  procède  au  dépouillement  de  la  correspondance  qui  com- 
prend : 

A.  —  Correspondance  manuscrite  : 

1°  Lettre  de  M.  le  ministre  des  Travaux  publics  autorisant  la 
Société  à  installer  son  exposition  du  mois  de  mai  dans  le  jardin 
des  Tuileries. 

2°  Programme  du  concours  pour  le  chauffage  des  grandes 
serres  de  l'établissement  horticole  du  Fonds  des  Princes.  Ce 
programme,  communiqué  par  M.  le  Préfet  de  la  Seine,  est  par- 

N.  B.  —  La  Commission  de  Rédaction  déclare  laisser  aux  auteurs 
des  articles  admis  par  elle  à  l'insertion  dans  le  Journal  la  responsa- 
bilité des  opinions  qu'ils  y  expriment. 


152  PROCÈS-VERBAUX. 

venu  trop  tard  pour  être  inséré  dans  le  dernier  cahier  du  Jour- 
nal. M.  le  Secrétaire-général  en  donne  lecture  en  appelant  par- 
ticulièrement Tatienlion  des  nnenabres  que  cela  peut  intéresser 
sur  ce  fait  qu^^  les  demandes  pour  prendre  part  au  concours 
doivent  être  adressées  à  l'Administration  (Direction  des  Tra- 
vaux) à  l'Hôlel  de  Ville,  avant  le  5  avril  1895.  Un  plan  indi- 
quant respectivement  les  emplacements  des  diverses  serres  à 
chau [Ter,  ainsi  que  leurs  coupes,  leurs  volumes  approximatifs  et 
les  températures  à  y  maintenir,  est  tenu  à  la  disposition  des 
intéressés  à  l'Hôtel  de  Ville,  bureau  de  la  voie  publique. 

3°  Lettre  de  la  Société  générale  de  Fîulbiculture,  de  Haarlem 
(Hollande),  annonçant  que  la  cinquième  de  ses  grandes  floralies 
quinquennales  aura  lieu  du  "22  au  26  mars  à  Haarlem,  sous  la 
présidence  de  S.  M.  la  reine  régente  des  Pays-Bas. 

B.  —  Correspondance  imprimée  : 

i°  Circulaire  de  la  Société  d'Horticulture  et  de  Viticulture  de 
la  Côte-d'Or.  Règlement  et  programme  d'une  exposition  géné- 
rale de  Chrysanthèmes,  qui  aura  lieu  à  Dijon,  les  13,  14,  15,  16 
et  17  novembre  1895. 

"2°  Communication  du  laboratoire  de  Parasitologie  de  la  Bourse 
du  commerce  de  Paris,  relative  à  la  destruction  des  rongeurs  : 
soui'is,  mulots,  campagnols,  rats,  au  moyen  d'un  virus  dont  la 
propriété  est  de  propager,  parmi  ces  animaux,  les  germes  d'une 
maladie  spéciale  et  toujours  mortelle. 

I!  résulterait  des  essais  faits  dans  le  courant  de  l'année  der- 
nière et  au  commencement  de  cette  année,  qu'à  de  très  rares 
exceptions  près,  attribuées  à  une  manière  défectueuse  de  pro- 
céder, le  virus  a  donné  les  résultats  attendus.  Contrairement  à 
certaines  substances  jusqu'ici  employées  à  la  destruction  des 
rongeurs  et  qui  contiennent  des  poisons  actifs,  le  virus  est  com- 
plètement inofTensif  pour  l'homme  et  les  animaux  domestiques. 

La  Société  de  la  Bourse  du  commerce  de  Paris  (Palais  de  la 
Bourse,  rue  du  Louvre)  se  tient  à  la  disposition  des  personnes 
qui  désireraient  avoir  des  renseignements  plus  complets. 

C.  —  Ouvrages  destinés  a  la  bibliotuèoue  : 

1"  Informations  et  renseignements  publiés  par  le  ministère  de 
l'Agriculture,  n°  9,  samedi  7  mars  1895. 


SÉANCE  DU  14  MARS  1895.  153 

2"  Les  Azalées,  historique,  multiplication,  culture,  forçage, 
emplois,  etc.,  par  M.  L.  Duval,  membre  honoraire  de  la  Société 
nationale  d'Horticulture  de  France.  Un  volume  de  !  1 1  pages  avec 
figures.  Paris,  Octave  Doin,  éditeur,  8,  place  de  l'Odéon.  Don  de 
l'auteur.  (AI.  Debille  a  été  désigné  pour  en  faire  Texamen). 

3°  Dictionnaire  latin,  yrec,  français,  allemand,  hollandais,  des 
principaux  termes  employés  en  Botanique  et  en  Horticulture, 
par  M.  A.  M.  C.  Jongkindt  Goninck,  horticulteur  à  Bussum,  près 
Amsterdam,  un  volume  de  83  pages.  Don  de  l'éditeur,  ^212,  rue 
de  Rivoli,  Paris. 

4°  i\otice  sur  les  vers  gris  en  général,  atténuation  de  leur 
extension  par  le  procédé  désigné  sous  le  nom  de  papillonnage, 
par  M.  Fallou  (J.),  brochure  de  27  pages  Extrail  du  journal 
V Apiculteur.  Don  de  l'auteur. 

5°  Les  jardins  du  château  de  Rouvres  au  xiv"  siècle,  par 
xM.  Picard  (E.),  secrétaire  de  la  Société  d'Horticulture  de  la 
Gôle-d'Or.  Brochure  de  23  pages. 

D.  —  Notes  et  Rapports  a  publier  dans  le  Journal. 

1°  Note  sur  la  jaunisse  du  Pécher,  par  M.  Gh.  Joly. 

2^  Rapport  sur  le  concours  d'Orchidées  de  la  séance  du  28  fé- 
viier  \^^h,  par  M.  Opoix  (0.). 

3**  Rapport  sur  un  ouvrage  de  M.  Mottet  (S.),  intitulé  :  Guide 
élémentaire  de  multiplication  des  végétaux,  par  M.  Jamin  (F.). 

Les  objets  suivants  ont  été  déposés  sur  le  bureau  pour  être 
examinés  par  les  Comités  compétents  : 

1"  Par  M.  Lefièvre  (Jules),  jardinier  chez  M™^  Lefebvre,  au 
château  de  Gonches  par  Lagn^^  (Seine-et-Marne),  huit  pieds  de 
Fraisier  appartenant  à  la  variété  D"*  Morère  (plants  de  l'année), 
cultivés  sur  les  tablettes  de  bâches  servant  à  la  culture  forcée  de 
Haricots.  Gctte  présentation,  faite  en  vue  de  montrer  combien 
les  bâches  peuvent  rendre  de  services  lorsqu'elles  sont  bien  uti- 
lisées vaut  à  M.  Lefièvre  une  prime  de  première  classe. 

2°  Par  M.  Doin,  amateur,  château  de  Semont,  près  Dourdan 
(Seine-et-Oise),  les  Cypripedium  Lathamianum ,  Sallieri  Hyanum^ 
villosum  aureum,  villosum^  Boxalli  QiHarrisianum  polychromum^ 
ce  dernier  présentant  sur  le  même  pied  deux  fleurs  de  différentes 


loi  PROCÈS-VERBAUX. 

couleurs.  Ces  plantes  sont  remarquables  par  leur  beauté  et,  sur 
la  proposition  du  Comité  de  FloricuUure,  une  prime  de  première 
classe  est  accordée  à  leur  présentateur. 

M.  Doin  montrait  en  outre  un  superbe  exemplaire  d'Ionopsis 
paniculata,  Orchidée  rare  dans  les  collections,  d'une  culture 
difficile  et  pour  laquelle  il  lui  est  voté  une  prime  de  première 
classe. 

3°  Par  MM.  Chantrier  frères,  horticulteurs  à  Mortefontaine, 
par  Plailly  (Oise),  un  Eulophiella  Flisabethœ,  Orchidée  origi- 
naire de  Madagascar.  Dans  une  note  qui  accompagne  la  présen- 
tation, MM.  Chantrier  frères  disent  que  les  sujets  qu'ils  pos- 
sèdent leur  sont  parvenus  en  mars  1894;  ils  furent  placés  près 
des  vitres,  dans  une  serre  dite  Indienne  où  ils  ne  tardèrent  pas  à 
pousser  rapidement.  Aujourd'hui  iis  sont  tous  en  boutons.  La 
hampe  florale  de  l'exemplaire  présenté,  longue  de  0™, 30,  portait 
25  boutons  au  début  de  sa  floraison.  Sur  la  proposition  du 
Comité  de  FloricuUure,  une  prime  de  première  classe  est 
accordée  à  MM.  Chantrier  frères. 

4°  Par  M.  Maron,  jardinier-chef  au  château  de  Saint-Germain- 
lès-Corbeil  (Seine-et-Oise)^  un  Eulophiella  Flisabethœ  pour 
lequel  il  lui  est  décerné  une  prime  de  deuxième  classe. 

5°  Par  M.  Duval,  horticulteur,  rue  de  l'Ermitage  à  Versailles, 
un  très  beau  Cypripedium  Rothschildianum,  qui  lui  vaut  une 
prime  de  première  classe;  le  rare  Cattleija  velutiyia,  un  Cattleya 
Trianœi,  un  Odontoglosswn  Pescatorei  panclalum^  un  Odonto- 
glossum  Alexandre ^  un  beau  Cypripedium  Lathamianum,  variété 
de  choix,  pour  lesquels  il  lui  est  accordé  une  prime  de  deuxième 
classe. 

Le  même  présentateur  montre  encore  :  un  Tillandsia  Lindeni 
vera^  var.  superba  qui  diffère  du  type  connu  par  la  couleur 
accentuée  en  rose  pourpré  des  bractées  qui  ont  une  très  longue 
durée  (prime  du  deuxième  classe)  ;  trois  types  distincts  d'An- 
thurium  Scherzerianum,  savoir  :  \°  A.  S.  var.  vexillarium,  semis 
de  M.  Duval  et  qui  n'a  jamais  été  présenté  ;  la  spathe  en  est 
large,  rouge,  perpendiculaire;  2°  A.  S.  Rubis,  h.  spathe  rouge, 
ronde  ;  3". 4.  S.  var.  nibropunctatissimum,  type  nouveau  à  spathe 
pointillée  à  la  face  supérieure  et  sanguinolente  à  la  face  infé- 


SÉANCE  DU  14  MARS  1895.  155 

Heure;  plantes  pour  lesquelles  une  prime  de  deuxième  classe 
est  accordée. 

M.  Duval  soumet  enfin  à  l'appréciation  du  Comité  de  Flori- 
culture  deux  Broméliacées  de  semis  :  le  Vriesea  Ben?'ici,  déjà 
présenté  en  1894,  issu  du  croisement  du  V.  splendida  (Duval) 
par  le  V.  splendens  ;  ce  bel  hybride  tient  du  V.  splendida  par 
la  couleur  des  bractées,  modifiée  cependant,  mais  surtout 
du  V.  splendens  par  le  port  de  la  plante  et  par  la  forme 
de  son  épi  floral.  Gomme  toujours,  dans  les  hybrides  obtenus 
avec  le  V.  splendens,  les  belles  zébrures  noires  du  feuillage 
disparaissent  complètement  ou  ne  laissent  d'autres  traces 
qu'une  coloration  légère  ou  un  sablé  très  fin  à  la  face 
inférieure  des  feuilles.  2°  un  hybride  inédit,  présenté  pour  la 
première  fois  et  auquel  M.  Duval  a  donné  le  nom  de  Vriesea 
Elmireana  (dédié  à  M"'^  Duval  dont  le  prénom  est  El  mire).  Cette 
plante  est  issue  du  croisement  du  Vriesea  cardinalis  (Duval)  par 
le  V.  splendens;  elle  est  tout  à  fait  intermédiaire  entre  ses 
parents  :  elle  possède  en  effet  l'épi  floral  du  Vriesea  cardinalis, 
très  allongé  et  modifié  par  l'influence  du  V.  splendens  dont  elle 
a  le  faciès  moins  les  zébrures  noires  du  feuillage.  Cette  plante, 
remarquable,  par  son  port,  par  l'ampleur  et  le  brillant  coloris 
de  ses  bractées,  vaut  une  prime  de  première  classe  à  son  pré- 
sentateur. 

6°  Par  M.  Opoix,  jardinier  en  chef  au  jardin  du  Luxembourg 
un  Cypripedium  Boxalli  superbum,  monstrueux,  dont  la  fleur 
présente  le  sépale  supérieur  biparti.  Des  remerciements  sont 
adressés  à  M.  Opoix. 

7°  Par  M.  Gorion,  propriétaire  à  Epinay  (Seine),  un  panier  de 
Poires  Galillac,  Bergamotte  Esperen,  Doyenné  d'Alençon,  Colmar 
des  invalides,  etc.  ;  Pommes  Reinette  du  Canada,  Reinette  de 
Caux,  pour  montrer  le  bon  état  de  conservation  de  ces  fruits. 
Une  prime  de  troisième  classe  est  accordée  à  M.  Gorion. 

M.  Maxime  Cornu,  professeur  au  Muséum,  fait  à  la  Société  la 
communication  suivante  : 


156  procès-verbaux, 

Sur  le  bouturage  d'été. 

Les  dégâts  nombreux  ranse's  dans  les  pépinières  par  les  froids 
intenses  et  prolongés  du  dernier  hiver,  ramèneront  sûrement 
l'attention  générale  sur  les  méthodes  de  reconstitution  des  col- 
lections. C'est  pour  cette  raison  que  je  crois  intéressant  de  signa- 
ler à  nos  confrères  de  la  Société  nationale  d'Horticulture  les 
résultats  obtenus  depuis  quelque  temps  dans  cette  voie  au 
Muséum.  J'avais  tenté,  en  188i,  d'obtenir  pendant  l'été  l'enraci- 
nement de  boutures  de  Lierre;  on  m'avait,  dans  le  service, 
annoncé  que  le  temps  choisi  pour  cette  opération  était  généra- 
lement l'automne;  que  le  bouturage  se  faisait  sous  châssis,  au 
nord  et  qu'on  ne  réussit  jamais  dans  une  autre  saison. 

A  ce  moment,  il  est  vrai,  le  Lierre  entre  en  sève  ei  les  racines 
naissent  aisément.  Le  bouturage  pendant  l'été  fut  unanimement 
jugé  impraticable  et  impossible;  du  reste  cela  ne  se  faisait  pas. 
L'enracinement  ne  se  produisit  pas,  ce  qui  confirma  les  dires  de 
tous.  Il  est  à  remarquer  que  les  parties  herbacées  pourrirent; 
les  racines  développées  le  long  du  mur  et  qui  sont  adaptées  au 
rôle  de  crampons  ne  donnent  lieu  à  aucun  développement. 

En  1885,  au  cours  d'une  tournée  en  Belgique  et  en  Hollande,  je 
fus  très  frappé  d'une  opération  culturale  installée  à  l'Ecole 
d'Horticulture  «  Linnœus  »  à  Amsterdam.  Le  directeur  de  l'École 
était,  à  cette  époque,  M.  Redeker  Bisdom  dont  la  fille  avait 
épousé  un  ingénieur  français;  il  fut  extrêmement  gracieux  et  il 
eut  la  bonté  d'autoriser  une  visite  assez  minutieuse  de  l'établis- 
sement. Là,  le  jardinier-chef  multipliait  les  Rosiers  par  boutu- 
rage, en  plein  soleil,  au  mois  d'août,  d'une  manière  continue  et 
régulière. 

J'essayai  de  faire  expérimenter  cette  manière  d'opérer,  quand 
je  revins  à  Paris,  mais  je  me  heurtai  à  une  certaine  inertie, 
composée  en  grande  partie  d'incrédulité.  Les  Rosiers  cepen- 
dant, notamment  la  Gloire  de  Dijon  et  divers  Thés,  s'enraci- 
nèrent aisément  en  quelques  jours.  A  l'Ecole  Linneeus,  une  série 
de  châssis  (huit  ou  dix)  se  vidaient  une  fois  le  bouturage  ter- 
miné et  se  remplissaient  de  nouvelles  boutures  d*Knp  manière 
régulière,  et  couramment. 


SÉANCE  DU  li  MARS  1895.  157 

C'est  plus  lard  seulement  que  l'opération  put  réussir  au 
Muséum;  elle  a  été  relatée  ailleurs  (1);  nous  l'employons  désor- 
mais couramment  nous-mêmes  pour  la  multiplication  des 
Hybrides,  des  Thés  et  même  des  Provins  si  difficiles  à  enraciner. 

Par  ce  moyen  on  gagne  une  année. 

Poussé  par  les  nécessités  de  nos  garnitures  des  terrains  secs, 
en  1894,  je  revins  sur  mon  ancien  projet  de  faire  faire  des  bou- 
tures de  Lierre  pendant  Tété. 

L'ordre  fut  donné  avec  l'indication  de  se  conformer  à  la  mé- 
thode employée  pour  l'enracinement  des  Rosiers.  Un  premier  essai 
réussit  assez  médiocrement  ;  mais,  dans  une  seconde  série,  le  suc- 
cès fut  éclatant  et  complet,  il  porte  sur  un  nombre  considérable 
de  jeunes  plantes. 

Douze  mille  boutures  furent  préparées  et  elles  s'enracinèrent 
sans  exception.  L'enracinement  fut  obtenu  au  bout  de  huit  à 
dix  jours,  et,  depuis  cette  époque,  la  végétation  a  été  assez  active 
pour  donner  un  bon  chevelu  :  on  a  ainsi,  de  même  que  pour  les 
Rosiers,  gagné  une  année. 

La  manière  d'opérer  est  assez  simple;  le  choix  des  boutures 
est  assez  indifférent,  il  faut  que  le  bois  ne  soit  ni  par  trop  dur 
ni  par  trop  herbacé;  les  boutures  sont  placées  sous  châssis  en 
plein  soleil,  dans  de  la  terre  légère  et  très  favorable  à  la  reprise; 
elle  est  recouverte  de  5  centimètres  de  sable  de  Loire  ou  de 
sable  d'argent  (sable  blanc  de  Fontainebleau). 

Il  faut  absolument  empêcher  le  dessèchement  des  feu  Jes;  là 
est  l'échec  à  craindre;  et  pour  celait  faut  arroser  constamment, 
tous  les  quarts  d'heure,  quand  il  fait  grand  soleil. 

Que  l'on  ne  se  récrie  pas  devant  une  pareille  obligation  ;  beau- 
coup d'opérations  horticoles  sont  aussi  assujettissantes,  et  elles 
ne  portent  pas  sur  un  nombre  aussi  grand  de  sujets  à  enraciner  ; 
du  reste,  un  seul  ouvrier,  soigneux,  peut  suffire  à  entretenir  un 
bon  nombre  de  châssis. 

J'ai  la  conviction  que  cette  méthode  pourra  rendre  les  plus 
grands  services  en  raccourcissant  beaucoup  la  période  nécessaire 


(1)  M.  Grosdemange.  Bull,  des  anciens  Élèves  de  VEcole  nationale 
d'Horticulture  de  Versailles,  année  1800,  p.  S9. 


158  PROCES-VERBAUX. 

pour  la  multiplication  des  végétaux  en  diminuant  d*une  année 
l'intervalle  entre  l'enracinement  et  l'utilisation  du  plant  chevelé. 

Le  succès  de  l'opération  rapportée  plus  haut  et  qui  fut  com- 
mencée sans  grande  confiance,  engagea  à  faire  des  essais  sem- 
blables sur  d'autres  plantes.  Parmi  les  résultats  obtenus  il  en 
est  de  très  remarquables  et  tout  à  fait  dignes  d'être  retenus. 

Disons  d'abord  que  la  liste  des  végétaux  mis  en  expérience  le 
fut  sans  aucun  parti  pris  de  choisir  tel  ou  tel. 

Les  plantes  furent  bouturées  au  hasard  de  la  rencontre, 
dans  les  groupes  les  plus  divers,  et  dans  des  catégories  très 
dissemblables.  Il  y  eut  une  très  remarquable  série  dans  laquelle 
on  réussit  100  p.  100  des  boutures;  dans  d'autres  cas  on  fut 
moins  heureux,  mais  là,  dans  des  conditions  dont  on  n'était 
pas  maître,  on  opéra  trop  tard  ou  bien  à  l'aide  de  rameaux 
médiocres.  Les  espèces  à  bois  mou  et  dont  la  reprise  était 
facile  et  assurée  furent  délaissées,  Solanum,  Cestrum,  Fusains 
du  Japon,  etc.  Somme  toute  on  peut  donner  de  premières  in- 
dications qui  seront  consultées  avec  intérêt  par  les  spécialistes. 

Pourquoi  cette  méthode  n'est-elle  pas  appliquée,  j'oserai 
même  dire,  pourquoi  n'a-t-elle  pas  été  tentée  auparavant  ?  La 
raison  me  paraît  simple. 

L'été  est  la  période  où  les  travaux  d'entretien  et  darrosage 
sont  les  plus  pressants  ;  il  convient  de  concentrer  ses  soins  sur 
les  plantes  déjà  établies  ;  à  l'automne  au  contraire,  le  travail 
est  moins  intense,  on  a  plus  de  loisirs  ;  d'ailleurs  le  bouturage 
d'automne  est  exempt  de  toute  difficulté  ;  et  une  méthode  où  les 
soins  à  donner  sont  presque  nuls  (ou  du  moins  très  faibles)  sera 
instinctivement  préférée  à  celle  qui  exige  du  soin,  de  la  vigi- 
lance et  une  grande  main-d'œuvre  au  moment  où  cette  main- 
d'œuvre  est  le  plus  nécessaire  ailleurs.  On  reconnaîtra  cepen- 
dant que  l'économie  d'une  année  pour  la  mise  en  valeur  d'un 
lot  de  plantes  est  une  considération  qui  n'est  pas  négligeable 
dans  certaines  circonstances  faciles  à  imaginer  ;  et  en  particulier 
dans  les  cas  où  l'augmentation  du  prix  de  vente  est  en  jeu  ;  où 
l'on  sera  sûr  d'écouler  toute  la  série  de  plantes  multipliées. 

Voici  quelques  exemples  de  plantes  bouturées  dans  les  con- 


SÉANCE  DU   14  MARS   1895.  159 

ditions  citées  plus  haut  et  qui  donnent  grand  espoir  pour  un 
bon  nombre  d'espèces  encore  difficiles  à  bouturer. 

Boutures  toutes  reprises  sans  exception  :  Rosiers  variés  (Hy- 
brides, Thés,  Noisettes).  Caryopteris  Mastacanthus  (1  ),  très  remar- 
quable introduction  de  M.  Ch.  Baltet;  Ligustrum  Sinense,L.  Mas- 
salongianum  (espèce  très  florifère  cultivée  en  Italie  sous  un  autre 
nom),  Lippia  citriodora^  Tecoma  radicans,  Vitis  riparia,  Deutzia 
discolor^  Elœagnusreflexa,\aii\  aurea,Actinidia  arguta,  Coronilla 
Emerus,  etc.,  etc. 

2°  Boutures  ayant  repris  dans  une  grande  proportion  :  Abelia 
rupestris,  Choisya  ternata,  etc. 

3°  Boutures  de  reprise  extrêmement  difficile  par  les  méthodes 
ordinaires f  et  qui  ont  donné  une  assez  bonne  proportion  d'enracine- 
ments: Rasa  Hardyi  (Hybride  dont  l'un  des  parents  est  le  R.  berbe- 
rifolia),  [R.  Gallica^  Geblera  suffruticosa,  Ehretia  serrata. 
Cette  dernière  espèce  extrêmement  intéressante  et  belle  ne 
s'est  pas  répandue  sans  doute  à  cause  de  la  difficulté  excessive 
de  la  multiplication.  Elle  fut  mise  au  commerce  sous  le  nom 
de  Cardiandra  (qui  n'est  pas  exact). 

i°  Certaines  espèces  ont  émis  des  bourrelets  sans  s'enraciner  com- 
plètement: Corylopsisspicata^Euptelea  polyandra,  ParrotiaPer- 
sica,  Malus  Kaido,  Poirier  commun,  Cratœgustanaceti  folia,  etc. 

Ces  essais  nouveaux  furent  faits,  sur  les  plantes  qu'ils  choi- 
sirent, par  MM.  Henry,  chef  de  culture  au  Muséum  et  Grosde- 
mange,  chef  des  pépinières,  auxquels  il  convient  d'en  laisser 
l'honneur  et  le  mérite. 

Leurs  essais  feront  l'objet  d'une  publication  spéciale  qui  sera 
donnée  ultérieurement. 

M.  le  Président  remercie  M.  Cornu  de  son  intéressante  com- 
munication ;  il  regrette  qu'il  ne  se  trouve  dans  la  salle  aucun 
rosiériste   ou   pépiniériste  ;   il    aurait    été    intéressant   d'avoir 

(1)  Cette  plante  ne  paraît  pas  avoir  souffert  des  froids  prolongés  de 
cette  année  au  Muséum.  M.  le  capitaine  Parisot  m'a  confirmé  ce 
fait  qu'il  a  observé  de  même  chez  lui  ;  cette  espèce  est  une  acqui- 
sition très  précieuse  pour  rornementation  d'été.  M.  Bellair  en  a  fait 
un  excellent  emploi  dans  Je  Parc  de  Versailles  en  1894. 


160  PROCÈS-VERBAUX. 

l'opinion  des  spécialistes  sur  le  procédé  de  bouturage  qui  vient 
d'être  recommandé.  Il  ajoute  que  le  bouturage  d'été  en  serre 
donne  les  meilleurs  résultats  pour  la  multiplication  des  Azalées 
et  que  depuis  une  dizaine  d'années  il  n'emploie  pas  d'autre 
procédé  dans  son  établissement. 

M.  Chargneraud  dit  que  le  bouturage  d'été  est  déjà  employé 
pour  un  certain  nombre  de  végétaux  de  plein  air  ;  ce  procédé 
est,  dit-il,  mis  en  pratique  par  les  pépiniéristes  du  centre  de  la 
France  et  de  l'Anjou  pour  multiplier  les  Spirées  et  autres  plantes 
à  végétation  herbacée. 

L'un  de  MM.  les  secrétaires  annonce  de  nouvelles  présenta- 
tions et  la  séance  est  levée  à  quatre  heures. 


SÉANCE     DU     28     MARS     1895. 

Présidence  de  M.  Ch.  Joly,  Vice-Président  de  la  Société 

La  séance  est  ouverte  à  3  heures. 

Les  registres  de  présence  ont  reçu  les  signatures  de  171  mem- 
bres titulaires  et  de  17  membres  honoraires. 

Le  procès- verbal  de  la  dernière  séance  est  lu  et  adopté. 

Après  un  vote  de  l'Assemblée,  M.  le  Président  proclame  l'ad- 
mission de  9  membres  titulaires  nouveaux. 

Monsieur  le  Secrétaire  général  annonce  les  décèsde  M.  Halphen, 
membre  de  la  Société  depuis  1868;  de  M.  Rousseau-Debon, 
sociétaire  depuis  1875;  de  M.  le  D'^  Marjolin  et  de  M.  Henri- 
Philippe  Bourgaut,  tous  deux  sociétaires  depuis  1853. 

Il  apprend  que  le  Comité  d'Arboriculture  fruitière  offre  une 
médaille  d'or  pour  l'exposition  de  mai. 

La  correspondance  comprend  : 

1"  Une  lettre  de  M,  Mesureur,  vice-président  du  Comité  pour 
élever  une  statue  à  M.  Alphand,  accusant  réception  de  la  somme 
de  783  fr.  50  représentant  la  souscription  des  membres  de  la 
Société  et  transmettant  les  remerciements  du  Comité. 

2°  Une  lettre  de  M.  Fallou  accompagnant  le  dépôt  d'une  bro- 
chure sur  les  vers  gris  en  général  et  l'atténuation  de  leur  exten- 
sion par  le  procédé  désigné  sous  le  nom  de  papillonnage.  M.  Fallou 


SÉANCE  DU  28  MARS  1895.  161 

ayant  demandé  un  rapport  sur  sa  brochure,  M.  Mussat  est  dési- 
gné comme  rapporteur. 

Les  documents  suivants  ont  été  déposés  sur  le  bureau  : 

4  °  Rapport  de  M.  Debiile  horticulteur  à  Versailles,  sur  Touvrage 
de  M.  Léon  Duval  :  Les  Azalées.  Les  conclusions  du  rapport 
demandant  l'insertion  au  Journal  et  le  renvoi  à  la  Commission 
des  Récompenses  sont  adoptées. 

2°  Rapport  de  M.  Henri  Lebœuf,  sur  un  perfectionnement 
apporté  par  M.  Besnard  à  son  pulvérisateur  pour  combattre 
l'anlhracnose  par  Tacide  sulfurique.  Les  conclusions  demandant 
le  renvoi  à  la  Commission  des  Récompenses  et  Finsertion  au 
Journal  sont  ratifiées  par  l'Assemblée. 

S**  Compte  rendu  des  travaux  du  Comité  de  Floriculture  pen- 
dant Tannée  1894,  par  M.  L.  Cappe,  secrétaire  du  Comité. 

4°  Annuaire,  compte  rendu  de  l'année  1894  de  la  Société  des 
Jardiniers-Horticulteurs  du  département  de  la  Seine. 

ô°  Un  extrait  du  bulletin  de  la  Société  vigneronne  de  l'arron- 
dissement de  Beaune  :  instructions  pour  la  destruction  des  han- 
netons et  des  vers  blancs. 

6°  Une  notice  sur  la  Vigne,  de  sa  naissance  à  sa  mort.  Com- 
munication faite  le  11  juin  1894  aux  membres  de  la  Commission 
du  Congrès  viticole  de  Lyon. 

7"  Programme  de  l'exposition  organisée  par  la  Société  d'Hor- 
ticulture de  Dammartin,  et  qui  aura  lieu  du  17  au  20  août  pro- 
chain. 

S**  Programme  de  l'exposition  que  la  Société  d'Horticulture  de 
Valognes  tiendra  du  31  août  au  3  septembre  prochain  à  l'occa- 
sion du  cinquantenaire  de  sa  fondation. 

90  Programme  de  la  163^  exposition  (Chrysanthèmes  et 
Plantes  diverses)  qui  aura  lieu  à  Anvers,  du  17  au  19  novembre» 

10°  Règlement  et  programme  de  l'exposition  de  Plantes, 
Fleurs  et  Fruits,  Raisins,  Légumes  et  Objets  d'Art  et  d'Industrie 
à  l'usage  de  l'Horticulture  et  de  la  Viticulture,  qui  se  tiendra  à 
Lyon  (cours  du  Midi),  du  12  au  16  septembre  prochain. 

Les  ouvrages  suivants,  destinés  à  la  Bibliothèque,  ont  été 
envoyés  à  la  Société. 

\°  La  35'  livraison  du  Dictionnaire  pratique  d'Horticulture  et  dé 

11 


162  PROCÈS-VERBAUX. 

Jardinage  de  Nichole^on,  traduit,  mis  à  jour  et  adapté  à  notre 
climat,  nos  usages,  etc.,  par  M.  Mottet.  Cette  livraison  va  de 
Laitue  à  Ligularia. 

2°  Compte  rendu  des  travaux  des  Comités  de  la  Société 
néerlandaise  d'Horticulture  et  de  Botanique. 

3"  Trois  ouvrages  envoyés  par  un  de  nos  nouveaux  collègues, 
M.  W.  Atlee  Burpee,  de  Philadelphie  : 

Les  Insectes  nuisibles. 

Les  plus  belles  Fleurs  de  nos  jardins. 

Les  Engrais. 

4"  L'ouvrage  de  M.  Ch.  Baltet,  VHorticuUure  dans  les  cinq 
parties  du  inonde.  Cet  ouvrage  qui  a  obtenu  le  prix  Joubert  de 
l'Hyberderie  sera  adressé  gratuitement  par  la  Société,  è.  nos 
sociétaires,  et  son  envoi  commencera  dans  quelques  jours. 

Les  objets  suivants  ont  été  présentés  aux  Comités  : 

Au  Comité  de  Floriculture  : 

1°  Par  M.  Dallé,  horticulteur,  rue  Pierre-Charron,  à  Paris,  un 
lot  d'Orchidées  :  Cypripedium  Boxolli  et  Sedeni;  Vanda  suavis 
et  tricolor ;  Phalœnopsis  Schiller'iana^  etc.,  pour  lesquelles  le 
Comité  propose  une  prime  de  deuxième  classe. 

2°  Par  MM.  Vilmorin-Andrieux  et  C'**,  des  collections  de  Ciné- 
raires hybrides  à  grandes  fleurs  variées,  des  Cinéraires  hybrides 
pyramidales,  des  Primevères  de  Chine  à  feuilles  crispées,  etc., 
pour  lesquelles,  le  Comité,  à  l'unanimité,  propose  une  prime  de 
première  classe,  et  des  Cinéraires  hybrides  striées^  pour  lesquelles 
il  est  demandé  une  prime  de  deuxième  classe. 

M.  Maurice  de  Yilmorin  prend  la  parole  à  propos  de  cette 
présentation.  Il  fait  remarquer  que,  par  suite  de  bonnes  sélec- 
tions, leurs  races  de  Cinéraires  s'améliorent  toujours.  Appelant 
ensuite  l'attention  de  ses  collègues  sur  les  Cinéraires  hybrides 
striées,  il  dit  que  depuis  plusieurs  années  ces  plantes  sont  sui- 
vies avec  soin  et  qu'on  peut  aujourd'hui  les  considérer  comme 
fixées.  Il  entretient  ensuite  la  Compagnie  des  variations  du  feuil- 
lage des  Primevères  de  Chine. 

M.  le  Président  remercie  M.  Maurice  de  Yilmorin  de  ses  inté- 
ressantes communications. 


SÉANCE  DU  28  MARS  1895.  163 

3°  Par  M.  Page,  jardinier,  chez  M.  Lebaudy,  à  Bougival,  un 
Cypripedium  Lathamianum  tenebroswn,  hybride  du  C.  Spire- 
rianum  croisé  par  C.  villosum,  semis  de  1891,  et  trois  hybrides 
du  C.  Spicerianum  croisé  par  villosum,  semis  de  1891  et 
1892.  Pour  ces  plantes,  le  Comité  propose  une  prime  de 
première  classe. 

4°  Par  M.  Bleu,  un  Selenipedium  M '«//isi/,  remarquable  plante 
de  la  Cordillère  de  l'Ecuador.  Un  Cypripedium  La/crenceano- 
Hookerœ,  métis  fleurissant  pour  la  première  fois,  remarquable 
par  le  bon  coloris  de  l'ensemble  de  sa  fleur,  le  maintien  relevé 
de  l'extrémité  de  ses  pétales  qui  rappellent  une  moustache  à  la 
Russe  et  ses  deux  hampes  sorties  d'une  pousse  unique. 

Un  Cypripedium  X  Augustum,  métis  du  deuxième  degré  issu 
des  C.  harhato-Veitckianum  et Laivrenceanum.  Très  remarquable 
par  l'ampleur  de  sa  fleur,  la  beauté  de  son  ensemble  ainsi  que 
par  son  coloris.  Cette  variété  extrêmement  florifère  est  très 
vigoureuse  et  de  culture  facile. 

Enfin  un  Cypripedium  Iris,  métis  du  deuxième  degré  issu  des 
C.  Javanico  sujjerbum  et  ciliolare.  Très  remarquable  par  la 
grandeur  et  l'ensemble  des  divisions  de  sa  fleur,  la  beauté  et 
la  richesse  des  couleurs  et  du  dessin.  Cette  plante  est  en  fleurs 
depuis  le  20  décembre  1894.  Le  Comité  propose  un  certificat  de 
mérite  pour  le  Cypripedium  Iris  et  une  prime  de  première  classe 
pour  les  trois  autres  plantes. 

5°  Par  M.  Duval,  horticulteur  à  Versailles,  un  Cattleya  Duvali 
présenté  comme  nouveauté,  paraissant  être  un  hybride  naturel 
entre  le  Cattleya  Loddigesii  et  le  C.  lahiata  Warneri.  Pour  cette 
belle  plante,  le  Comité  propose  une  prime  de  première  classe. 

6°  Par  M.  Millet,  horticulteur  à  Bourg-la-Reine,  vingt  pots  de 
Violettes,  variétés  anciennes  et  nouvelles  pour  lesquelles  il  est 
proposé  une  prime  de  première  classe. 

T**  Par  M.  Opoix,  jardinier  en  chef  au  Luxembourg,  un  Cypripe- 
dium de  semis  issu  du  C,  Laivrenceanum  croisé  par  C.  ciliolare 
auquel  il  donne  le  nom  de  Cypripedium  Lairrenreano-ciliolare 
superbum.  Pour  cette  plante,  le  Comité  propose  une  prime  de 
première  classe. 

M.  le  Président  met  aux  voix   le  certificat  de  mérite  et  les 


164  PROCÈS-VERBAUX. 

primes  proposées  par  le  Comité.  Sur  l'avis  unanime  de  l'Assem- 
blée, les  primes  sont  accordées. 

Présentations  au  Comité  de  Culture  potagère  : 

1°  Par  M.  Lefort,  amateur  à  Meaux,  deux  variétés  de  Pommes 
de  terre  greffées,  pour  lesquelles  le  Comité  propose  des  remer- 
ciements. 

2°  Par  iM.  Jules  Lefièvre,  jardinier  au  château  de  Couches,  par 
Lagny  (Seine-et-Marne),  un  lot  de  Haricots  verts  pour  lequel  le 
Comité  propose  une  prime  de  deuxième  classe. 

Dans  une  notice  jointe  à  sa  présentation  M.  Lefièvre  indique 
le  procédé  de  culture  qu'il  a  emploj/é  : 

Il  a  semé,  le  27  décembre,  des  Haricots  de  Chalandray  et  les  a 
cultivés  comme  à  l'ordinaire.  Dès  qu'il  a  vu  que  ses  Haricots 
allaient  finir  de  donner,  il  a  supprimé  les  2/3  des  feuilles 
en  les  pinçant  à  moitié  du  pédoncule,  puis  il  a  mis  un  paillis 
de  bon  fumier.  Les  Haricots  ont  reverdi  et  bien  refleuri. 

3°  Par  iM.  Hédiard,  place  de  la  Madeleine,  à  Paris,  des  Choux 
caraïbes^  des  Calladiums  et  des  racines  de  Curciima  ou  Safran 
indien,  pour  lesquels  le  Comité  propose  des  remerciements. 
M.  Hédiard  prenant  la  parole  sur  sa  présentation,  donne  à  l'As- 
semblée des  renseignements  intéressants  sur  l'origine  et  l'emploi 
des  tubercules  qu'il  a  présentés. 

Après  un  vote,  M.  le  Président  remet  la  prime  accordée  à 
M.  Lefièvre  et  adresse  des  remerciements  à  MM.  Lefort  et  Hédiard. 

M.  Louis  Mangin,  professeur  au  lycée  Louis-le-Grand,  fait 
à  l'Assemblée  la  communication  suivante  : 

Sur  l'emploi  du  naphtolate  de  soude  dans  le  traitement  des 

MALADIES   parasitaires. 

L'emploi  des  sels  de  cuivre  si  efficaces  contre  la  propagation 
de  certaines  maladies  des  plantes  de  grande  culture  (Mildiou, 
Black  rot,  Peronospora  de  la  Betterave  ;  Phytophtnora  de  la 
Pomme  de  terre,  etc.),  présente  dans  la  culture  maraîchère  et 
l'Horticulture  quelques  inconvénients.  D'une  part,  les  pulvérisa- 
tions faites  avec  les  diverses  compositions  cuivriques  laissent, 
sur  les  plantes  à  feuillage  ornemental,  des  taches  qui  nuisent  à 
leur  aspect  décoratif  et  diminuent  leur  valeur  marchande;  d'autre 


SÉANCE  DU  28  MARS  1895.  16o 

part,  lorsqu'il  s'agit  de  plantes  alimentaires,  les  sels  de  cuivre 
constituent,  sinon  des  poisons,  tout  au  moins  des  vomitifs  éner- 
giques, et  leur  emploi  se  trouve  restreint. 

Il  n'est  donc  pas  inutile  de  signaler  des  composés  antisep- 
tiques n'offrant  pas  les  inconvénients  que  je  viens  de  signaler. 

Le  nombre  des  substances  capables  de  tuer  les  Champignons 
pai'asites  est  considérable,  et  tous  les  jours  on  signale  parmi 
les  composés  aromatiques  dérivés  du  goudron  de  houille,  de 
non  veaux,  produits. 

Parmi  ceux-ci,  je  signalerai  les  substances  désignées  sous  le 
nom  de  naphtols,  dérivés  de  la  naphtaline,  qui  servent  à 
préparer  un  certain  nombre  de  matières  colorantes  azoïques  et 
qui  sont  entrées,  depuis  quelques  années,  dans  la  thérapeutique 
comme  stérilisants,  à  cause  de  leur  innocuité. 

Les  naphtols  a  et  S  sont  très  peu  solubles  dans  l'eau  froide  et, 
bien  que  les  essais  que  j'ai  entrepris  il  y  a  quelques  années  avec 
ces  corps,  aient  montré  leur  efficacité  réelle  dans  la  lutte  contre 
les  maladies  parasitaires,  cette  faible  solubilité  s'opposait  à  la 
vulgarisation  de  leur  emploi. 

La  combinaison  de  ces  corps,  et  notamment  du  naphtol  ?»  avec 
la  soude,  a  fourni  des  sels  neutres  doués  d'une  grande  solubilité 
dans  l'eau. 

Les  solutions  de  naphtolate  de  soude,  claires,  légèrement 
fluorescentes,  sont  décomposées  par  l'acide  carbonique  de  l'air 
et  le  naphtol,  mis  en  liberté,  se  précipite  de  sa  dissolution  et 
forme,  sur  la  paroi  des  vases  qui  la  contiennent,  un  enduit  très 
adhérent. 

Donc,  si  l'on  prépare  une  solution  de  naphtolate  de  soude  à 
10  ou  20  grammes  par  litre  et  que  l'on  pulvérise  cette  solution 
sur  des  plantes,  l'acide  carbonique  de  l'air  ne  tarde  pas  à  favo- 
riser, sur  la  surface  des  feuilleS;,un  enduit  de  naphtol  qui  résiste 
même  à  des  pluies  prolongées,  tant  son  adhérence  est  grande. 

Ainsi  le  naphtolate  de  soude  présente  déjà  un  certain  nombre 
de  qualités  qui  le  distinguent  parmi  les  composés  aromatiques  : 
1°  il  est  inoffensif;  2°  il  forme  sur  les  feuilles  un  enduit  très 
adhérent  ;  3°  sa  fabrication  industrielle  est  assez  importante 
aujourd'hui  pour  que  sa  valeur  soit  faible. 


166  PROCÈS-VERBAUX. 

Ces  avantages  m'ont  engagé  à  reprendre,  avec  le  naphtolate  de 
soude,  les  essais  que  j'avais  entrepris  avec  les  naphtols. 

J'ai  expérinienté  son  action  sur  la  germination  des  spores 
d'un  certain  nombre  de  parasites;  tels  que  les  diverses  Rouilles: 
rouille  de  l'ortie,  de  l'oseille,  du  blé  ;  le  charbon  (Ustilago)  des 
céréales;  diverses  Péronosporées,  telles  que  le  Bremia  lactucœ, 
qui  cause  la  maladie  du  Me  unie?'  des  Laitues;  le  Peronospora  du 
Pavot;  le  Peronospora  du  Chou,  etc.;  ÏHeterosporium  echinu- 
lalum  de  la  maladie  des  Œillets  ;  le  Nectria  cinnahcQnna  qui 
produit  sur  les  Marronniers,  les  Tilleuls,  les  Érables,  les 
Ormes,  etc.,  la  maladie  connue  sous  le  nom  de  rouge,  etc. 

Pour  ces  divers  essais,  j'ai  placé  les  spores  dans  des  solutions 
de  concentration  variable,  depuis  1  gramme  par  litre  jusqu'à 
i  gramme  pour  1,000  litres  et  j'ai  toujours  comparé  l'action  du 
naphtolate  à  celle  des  sels  de  cuivre. 

Les  spores  des  Péronosporées  sont  les  plus  sensibles  à  l'action 
de  ce  produit,  car  elles  sont  tuées  à  la  dose  de  \  gramme  pour 
lO  litres  (Meunier  des  Laitues,  Peronospora  des  Pavots,  du 
Chou,  etc.).  Il  en  est  de  même  de  V Heterosporium  echinulatum, 
parasite  des  OEillets. 

Les  spores  des  diverses  Rouilles  sont  plus  résistantes,  car  il  faut 
au  moins  une  solution  à  5  grammes  par  10  litres  pour  les  tuer. 

Pour  ces  diverses  espèces,  le  naphtolate  est  plus  énergique  que 
les  sels  de  zinc,  mais  moins  actif  que  les  sels  de  cuivre. 

Avec  le  Nectria  cinnabarina  et  les  espèces  voisines,  c'est  le 
contraire  qui  a  lieu,  le  naphtolate  de  soude  est  plus  énergique 
à  la  dose  de  1  gramme  pour  10  litres,  tandis  que  dans  une  solu- 
tion de  8  grammes  de  sulfate  de  cuivre  pour  10  litres,  la  germi- 
nation des  spores  a  encore  lieu. 

Le  naphtolate  de  soude  est  donc  un  puissant  destructeur  des 
spores  de  parasites,  à  une  dose  qui  n'est  jamais  supérieure  à 
\  gramme  par  litre  et  qui  souvent  n'atteint  pas  1  gramme  pour 
10  litres. 

Il  est  d'ailleurs  et  à  l'étal  neutre^  absolument  inoffensif  pour 
les  végétaux;  pulvérisé  à  la  dose  de  2  et  même  5  p.  100  (20  et 
50  grammes  par  litre),  il  n'exerce  aucune  action  sur  les  tissus,  et 
je  n'ai,  jusqu'à  présent,  jamais  observé  détaches  ou  de  brûlures 


SÉANCE  DU  ^8  MARS  1895.  167 

produites  par  ceréactif.D'ailleursiln'est  pas  nécessaire  de  l'em- 
ployer aune  dose  aussi  considérable,  la  proportion  de  1/2  p.  100 
ou  5  grammes  par  litre  me  paraît  être  la  plus  convenable,  elle 
est  suffisante,  d'après  les  résultats  que  j'ai  indiqués  plus  haut, 
pour  stériliser  complètement  la  surface  des  feuilles  et  pour  em- 
pêcher la  germination  des  spores  qui  s'y  trouvent.  J'ai  déjà 
institué  des  essais,  sur  des  cultures  restreintes,  pour  détruire  le 
Meunier  des  Laitues  ou  pour  débarrasser  les  Œillets  de  la  ma- 
ladie qui,  aux  environs  de  Paris  et  dans  le  Midi,  a  causé,  depuis 
quelques  années,  de  si  grands  ravages.  Les  résultats  favorables 
que  j'ai  obtenus,  m'ont  engagé  à  faire  connaître  à  nos  confrères 
un  produit  peu  coûteux,  très  maniable,  inofTensif,  et- je  serai 
très  heureux  de  provoquer  ainsi  de  nouvelles  observations  sur 
des  surfaces  plus  étendues. 

La  préparation  des  solutions  à  employer  est  facile;  néanmoins 
la  facilité  avec  laquelle  l'acide  carbonique  de  l'air  précipite  le 
naphtol  de  ses  solutions  nécessite  quelques  précautions. 

Le  produit  désigné  sous  le  nom  de  naphtolate  de  soude  (1)  se 
présente  en  tablettes  d*une  odeur  rappelant  faiblement  celle  de 
la  naphtaline  ;  on  les  dissout  dans  l'eau  tiède  à  raison  de 
50  grammes  par  litre,  et  l'on  conserve  les  solutions  dans  des 
bouteilles  bien  bouchées.  On  peut  ainsi,  avec  1  kilogramme  du 
produit,  préparer  20  litres  de  solution  concentrée. 

Au  moment  de  l'emploi,  on  mélange  1  litre  de  solution  con- 
centrée à  9  litres  d'eau,  et  on  pulvérise  aussitôt  la  solution; 
chaque  kilogramme  de  naphtolate  peut  donc  fournir  200  litres 
de  liquide  à  pulvériser. 

Quand  la  pulvérisation  a  lieu  dans  les  serres,  dans  les  châssis 
à  multiplication  ou  dans  les  cloches,  on  devra  pulvériser  toutes 
les  parois  en  même  temps  que  les  plantes,  car  il  arrive  sou- 
vent que  les  spores  des  parasites,  retenues  aux  parois,  servent  à 
propager  la  maladie. 

L'un  de  MM.  les  secrétaires  annonce  de  nouvelles  présentations. 
La  séance  est  levée  à  4  heures. 

(IJ  Pour  répondre  au  désir  exprimé  par  quelques-uns  de  nos 
confrères,  je  donne  ici  l'adresse  du  fabricant  de  naphtolate  de 
soude  :  M.  Bang,  G,  rue  de  l'Yvette,  Paris. 


168  NOMINATIONS. 

NOMINATIONS 


SÉANCE   DU    14   MARS    1895. 

MM. 

1.  Bruneau-Biette  (E.),  propriétaire,  à  Touchebrault  par  Mur^de- 

Sologiie  (Loir-et-Cher),  présenté  par  MM.  Battut  et  Bertrand, 

2.  Cazin  (Charles),  propriétaire,  route  d'Orléans,  à  Antony  (Seine), 

présenté  par  MM.  A.  Xonin  el  Casimir  Fortin. 

3.  DE  Lairesse,  horiiculleur,  63  quai  de  la  Fragnée,  à  Liège  (Belgi- 

que), présenté  par  MM.  Lavignasse  et  A.  Noniu. 

4.  DucROT  (Félix-Ernest),  jardinier-chef,  Maison  Clause,  à  Bel-Air 

près  Arpajon  (Seine-et-Oise),  présenté  par  MM.  L.  Clause  et 
Hoïbian. 

5.  Lecomte,  maire   de  Bornel  (Oise),  présenté  par  MM.  Tétart   et 

Hariot. 

6.  Marmy  (Paul),  directeur  du  jardin  des  plantes,  à  >'antes  (Loire- 

Inférieure),  présenté  par  MM.  Léon  Bourgette  et  H.  de  Vilmo- 
rin. 

1.  Priet  (Emile),  jardinier,  10,  rue  Montebello,  à  Vitry,  (Seine), 
présenté  par  MM.  Paul  Martin  et  A.  Chalenay. 

8.  ToucHON  (Pierre),  chef  de  culture  de  la  Maison  Clause,  20,  quai 
de  la  Mégisserie,  à  Paris,  présenté  par  MM.  L.  Clause  et 
Hoïbian. 


Séance  du  28  mars  1895. 
MM. 

1.  Association  des  maraîchers  de  Genève,  12,  rue  Chemin-Dancet,  à 

Genève  (Suisse),  présenté  par  M.  Ch.  Joly. 

2.  Beraneh  (Charles),  horticulteur,  109,  boulevard  Bineau,  à  Neuilly- 

sur-Seine  (Seine),  présenté  par  MM.  L.  Cappe  et  Ch.  Page. 

3.  Bois  (Léon),  horticulteur,  à  Thiais  (Seine),  présenté  par  M.  San- 

telli. 

4.  Chollet  (Rémy),  jardinier  chez  M.  Doin,  château  de  S^mont  près 

Dourdan  (Seine-et-Oise),  présenté  par  MM.  L.  Cappe  et  Ch.  Page. 

5.  CoLMAN,  horticulteur,  chemin  du  Mesnil,  1,  à  Asnières  (Seine), 

présenté  par  MM.  A.  Hébrard  et  A.  Duvillard. 

6.  Fabre  (Albert),  20,  rue  des  Ecoles,  à  Paris  et  à  Pacy-sur-Eure 

(Eure),  présenté  par  MM.  A.  Opoix,  Geibel  et  Damerval. 

7.  FÉVRIER  (Albert),  rue  d'Assas,  41,  à  Paris,  présenté  par  MM.  A. 

Opoix,  Geibel  et  Damerval. 


NOTE    SUR   LA    JAUNISSE   DU    PÊCHER.  169 

8.  Lecerf  (Hippolyte),  château  de  la  Faisanderie,  91,  rue  de  Saint- 

Germain,  à  Chatou  (Seine-et-Oise),  présenté  par  MM.  E.  Mous- 
seau  et  Anfroy. 

9.  Lemare  (Emile),  place   Sainte-Opportune  à  Paris,  présenté  par 

MM.  0.  Opoix,  A.  Geibel  et  Damerval. 


NOTES  ET  MEMOIRES 


Note  sur  la  Jaunisse  du  Pêcher, 
par  M.  Ce.  Joly  (1). 

Une  maladie  étrange,  la  «  Peach  Yellows  »  ou  Jaunisse  du 
Pêcher,  dont  j'ai  déjà  entretenu  mes  collègues  (numéro  de 
février  1892),  continue  à  étendre  ses  ravages  aux  États-Unis  eL 
à  causer  des  pertes  énormes  aux  propriétaires  des  vergers 
immenses  qu'on  y  a  plantés. 

Si  j'appelle  une  deuxième  fois  l'attention  sur  cette  maladie, 
c'est  que  nous  avons  importé  des  États-Unis  plusieurs  variétés 
de  Pêches  précoces,  et  que  nos  pépiniéristes  peuvent  être  tentés 
de  continuer  leurs  essais  d'introduction  en  France  de  variétés 
américaines.  N'y-a-t-il  pas  lieu,  dans  ce  cas,  comme  on  l'a  fait 
lors  de  l'importation  d'animaux  malades,  de  veiller  à  l'intro- 
duction en  France  de  boutures  ou  de  plantes  qui  pourraient 
répandre  chez  nous  une  maladie  dont  le  remède  est  jusqu'à  pré- 
sent inconnu  et  qui  peut  compromettre  une  de  nos  plus  pré- 
cieuses cultures? 

Le  ministère  de  l'Agriculture,  à  Washington,  a  déjà  publié, 
en  1888,  un  rapport  très  complet  sur  ce  qu'on  avait  observé  à 
cette  époque  sur  la  maladie  du  Pêcher. 

Il  vient  de  publier  un  nouveau  rapport  sur  ce  sujet,  rapport 
rédigé  par  M.  Erwin  F.  Smith,  spécialement  chargé  de  recueillir 
tous  les  faits  relatifs  à  cette  grave  question  par  M.  Galloway, 
chef  de  la  division  de  Pathologie  végétale. 

(i)  Déposé  le  14  mars  1895. 


170  NOTES   ET   MÉMOIRES. 

Je  vais  résumer  les  remarques  et  les  conclusions  de  ce  dernier 
rapport. 

La  jaunisse  attaque  spécialement  la  Pèche  à  l'exclusion  des 
Abiicotiers,  des  Amandiers  et  des  Pruniers  ;  elle  existe  aujour- 
d'hui clans  tous  les  États  du  nord-est  des  Etats-Unis  comme 
l'indique  la  figure  1 ,  et  elle  est  inconnue  dans  les  Etats  de  l'ouest, 
sur  les  côtes  du  Pacifique,  aussi  bien  qu'en  Europe.  Elle  sévit 


FiG.  1,  —  Étendue  de  la  maladie  du  Pêcher  aux  États-Unis. 


surtout  dans  les  États  du  Maryland,  du  Delaware,  de  la  Penn- 
sylvanie et  du  Michigan,  où  des  fermes  immenses,  plantées 
exclusivement  en  Pêchers,  ont  diminué  de  moitié,  aux  trois 
quarts  de  leur  valeur.  La  ruine  des  propriétaires  est  égale  à  celle 
qu'a  causée  le  Phylloxéra  en  Europe. 

En  général,  dix  à  douze  ans  suffisent  pour  détruire  complè- 
tement un  verger  et  jamais  on  n'a  pu  guérir  la  maladie  dans  les 
lieux  où  elle  a  fait  ses  ravages.  Les  caractères  principaux  sont 
les  suivants  :  Sur  les  arbres  malades,  les  fruits  mûrissent  avant 
l'époque  ordinaire,  la  peau  est  couverte  de  taches  nombreuses, 
comme  l'indique  la  figure  2,  et  l'intérieur  est  fortement  coloré  en 


NOTE    SUR    LA   JAUMSSE    DU    l'ECHEK. 


171 


rouge  ;  le  goût  du  fruit  est  insipide  et  amer.   La  maladie  se 
manifeste  quelquefois  seulement  sur  quelques  parties  de  l'arbre, 


Fio.  2.  —  Vue  de  la  Pêche  malade. 


Fi( 


3.  —  Vue  d'un  Pêcher  malade. 


puis  l'année  suivante,  l'arbre  et  souvent  le  verger  en  entier  sont 
envahis;  quelquefois,  comme  on  le  voit  dans  la  figure  3,  il  reste 


172  NOTES    ET    MÉMOIRES. 

dans  l'intérieur,  la  quatrième  année,  quelques  branches  donnant 
à  peine  signe  de  vie. 

On  a  cherché  la  cause  du  mal  dans  le  climat,  dans  la  nature 
du  sol,  dans  l'abondance  des  pluies,  dans  la  présence  de  para- 
sites animaux  ou  végétaux.  On  a  fait  des  essais  comparatifs  avec 
tous  les  engrais  ou  les  insecticides  connus;  jusqu'à  présent,  on 
ne  connaît  aucun  remède,  et  on  se  borne  à  arracher  les  arbres 
malades  pour  les  brûler  avec  leurs  racines. 

Les  divers  États  envahis  ont  passé  des  lois  très  sévères  pour 
forcer  les  propriétaires  des  vergers  à  brûler  les  arbres  qui  avaient 
des  signes  de  la  maladie.  Dans  le  Gonnecticut  surtout  et  dans  la 
Pennsylvanie,  on  a  nommé  des  commissaires  spéciaux  chargés  de 
visiter  les  plantations  et  de  faire  arracher  et  détruire  tous  les 
arbres  atteints.  Les  acheteurs  ou  vendeurs  de  fruits  malades 
sont  frappés  d'une  amende  de  50  à  500  francs. 

Comme  conséquence  des  faits  ci-dessus,  il  est  inutile  d'ajouter 
que  l'importation  des  Pêchers,  Amandiers  ou  Abricotiers  améri- 
cains, doit  être,  jusqu'à  nouvel  ordre,  complètement  interdite  en 
France. 


Allocution  prononcée  sur  la  tombe  de  M.  Larivière  (1), 
par  M.  Lavoivre. 

La  Société  d'Horticulture  vient  de  perdre,  en  la  personne  de 
M.  Larivière,  un  de  ses  membres  les  plus  zélés. 

Entré  dans  la  Société  en  1876,  M.  Larivière  a  depuis  cette 
époque,  toujours  déployé  le  plus  grand  zèle  au  Comité  des 
Arts  et  Industries. 

Il  avait  su  conquérir,  par  sa  complaisance  et  le  désir  de 
rendre  service  à  ses  collègues,  les  sympathies  de  tous,  et  dans  sa 
partie,  l'estime  et  l'affection  de  ses  confrères,  qui  lui  avaient 
témoigné  leur  reconnaissance,  en  le  nommant  Président  de  la 
Chambre  syndicale  des  couteliers  de  France,  fonctions  qu'il  a 
remplies  pendant  près  de  quarante  ans. 

(d)  Déposé  le  ^8  février  1895^ 


NOTICE   NÉCROLOGIQUE    SUR   M.    CHARLES    TRUFFAUT.  173 

D'un  caractère  doux  et  conciliant,  d'humeur  gaie,  M.  Lari- 
vière,  était  le  conseil  de  beaucoup  de  ses  collègues  qui  venaient 
demander  avis  à  sa  vieille  expérience. 

Il  a  été  enlevé  à  l'affection  des  siens  et  à  l'estime  de  tous  ceux 
qui  le  connaissaient. 

Le  Comité  des  Industries  de  la  Société  nationale  d'Horticul- 
ture de  France  prend  une  large  part  à  la  douleur  de  sa  veuve, 
de  son  fils  et  de  toute  sa  famille. 

Si  les  sympathies  de  ceux  qui  ont  connu  ce  regretté  col- 
lègue peuvent  adoucir  cette  légitime  douleur,  nous  leur  affir- 
mons qu'ils  les  possèdent  entièrement. 


Notice  nécrologique  sur  M.  Charles  Truffaut, 
par  M.  F.  Jamin. 

Né  à  Saint-Brice(Seine-et-Oise),en  1818,  Ch.  Truffaut  vint  avec 
ses  parents  habiter  Versailles  vers  1830.  Son  père  fonda  à  cette 
époque,  rue  de  Noailles,  un  établissement  d'horticulture  où  l'on 
s'occupait  surtout  du  forçage  des  légumes  et  des  fruits. 

Dès  son  jeune  âge,  Ch.  Truffaut  fit  preuve  d'aptitudes  spéciales 
pour  l'histoire  naturelle  et  d'un  goût  prononcé  pour  les  plantes. 
Après  quelques  années  passées  à  travailler  avec  son  père,  nous 
le  trouvons  déjà  en  1840,  à  l'âge  de  vingt-deux  ans,  membre  fon- 
dateur de  la  Société  d'horticulture  de  Seine-et-Oiseet  Secrétaire- 
adjoint  de  cette  association.  En  1843,  l'établissement  de  M.  Truf- 
faut père  fut  exproprié  pour  le  passage  du  chemin  de  fer  de 
Paris  à  Versailles,  et  transféré  rue  des  Chantiers  n**  40,  à  son 
emplacement  actuel. 

A  ce  moment,  il  fallut  toute  l'activité  de  Ch.  Truffaut  pou 
surmonter   les  difficultés  d'une   installation   dans   un    terrain 
sableux  et  infertile,  ainsi  que  le  désignent  non  sans  raison,  les 
rapports  de  l'époque.  Insensiblement,  il  donna  une  extension 
de  plus  en  grande  aux  cultures  des  plantes  en  délaissant  quelque 

(1)  Déposé  le  24  janvier  1895, 


174  NOTES    ET   MEMOIRES. 

peu  celle  des  primeurs.  L'horticulture  était  alors  à  Versailles, 
sinon  très  importante  du  moins  déjà  florissante,  et  l'on  produi- 
sait surtout  des  Gamellias,  des  Rhododendrons  et  des  Azalea  de 
plein  air.  Il  suffit  de  se  reporter  aux  bulletins  de  la  Société 
d'horticulture  de  Seine-et-Oise  pour  constater  les  nombreuses 
récompenses  dont  Gh.  Truffaut  fut  l'objet,  pour  ses  remarquables 
cultures  et  particulièrement  pour  ses  nouveaux  gains. 

Il  se  fit  une  grande  réputation  dans  la  culture  des  plantes 
bulbeuses:  Lilium,  Sparaxis,  Ixia,  Tigridia  et  Amaryllis,  un  cer- 
tain nombre  de  ses  obtentions  d'alors  figurent  encore  aujour- 
d'hui dans  les  catalogues  hollandais  et  français. 

Vers  1850,  la  culture  des  Glaïeuls  prenait  une  certaine  exten- 
sion ;  les  hybrides  issus  de  croisements  entre  les  espèces 
ramosus  et  gandavensis  que  Gh.  Trufi^aut  mit  au  commerce, 
firent  sensation  et  il  donna  alors  à  cette  culture  la  plus  grande 
partie  du  terrain  dont  il  disposait.  Mais  ce  fut  surtout  avec  les 
Reines-Marguerites  qu'il  acquit  sa  haute  réputation.  En  eff^et,  il 
porta  cette  culture,  déjà  commencée  du  reste  par  son  père,  à  sa 
perfection  et  aujourd'hui  encore,  malgré  cinquante  années  de 
recherches  et  de  progrès,  les  races  qu'il  créa  se  vendent  sous  son 
nom  dans  l'ancien  et  dans  le  nouveau  monde. 

Il  ne  se  contentait  pas  d'être  un  horticulteur  soigneux,  savant 
et  habile,  il  aimait  aussi  à  écrire  et  à  décrire  dans  tous  leurs 
détails  ses  procédés  de  culture.  Les  nombreux  articles  et 
mémoires  dont  il  est  l'auteur  dans  les  journaux  des  Sociétés 
d'Horticulture  de  Versailles  et  de  Paris  sur  les  genres  Amaryllis^ 
Cyclamen,  Sparaxis,  Reine-Marguerite.  Azalea  et  Rhododendron 
en  font  foi  et  resteront  des  modèles  de  netteté  et  d'exactitude. 

Tant  d'efforts  trouvaient  du  reste  leur  récompense,  chaque 
année,  nous  voyions  Gh.  Truffaut  obtenir  de  nombreuses 
médailles  et  en  1855,  il  fut  un  des  grands  lauréats  des  prix 
d'honneur  de  l'Exposition  universelle  et  c'est  à  partir  de  ce 
moment  qu'il  donna  une  plus  grande  extension  à  la  culture  des 
végétaux  de  serre  à  feuillage  ornemental;  le  goût  des  belles 
plantes  dans  les  genres  Dracœna,  Aralia,  Palmiers,  commençait 
à  se  répandre.  Gh.  Truffaut,  toujours  à  l'affût  de  ce  qui  pouvait 
contribuer  à  la  prospérité  de  l'Horticulture,  étudia  ces  genres,  et^ 


SUR    UN   LOT   DE   POMMES.  l7o 

en  peu  de  temps,  il  en  obtint  des  résultats  aussi  féconds  que 
ceux  qui  avaient  marqué  ses  premières  entreprises. 

En  dehors  de  ses  diverses  fonctions  dans  la  Société  d'Horti- 
culture de  Seine-et-Oise,  nous  le  trouvons  en  1852  membre  de 
la  Société  nationale  d'Horticulture  de  France,  puis  membre  de 
son  Conseil  d'administration,  enfin  et  à  diverses  reprises,  vice- 
président  de  cette  association. 

Plusieurs  fois  des  récompenses  d'un  ordre  supérieur  lui  avaient 
été  offertes  et  il  en  était  digne  à  tous  les  titres,  mais  sa  grande 
modestie  ne  permit  jamais  à  des  amis  influents  d'y  donner 
suite. 

Telle  a  été,  à  grands  traits  la  carrière  de  l'homme  qui  vient  de 
disparaître.  Notre  jeune  génération  d'horticulteurs  en  méditant 
une  existence  si  bien  remplie,  y  trouvera  un  précieux  enseigne- 
ment et  de  nombreux  exemples  à  suivre. 


Sur  un  lot  de  Pommes  rapportées  de  l'Exposition  fruitière 

DE  Saint-Pétersbourg  (1), 

par  M.  Michelin. 

Le  25  octobre  1894,  M.  Martinet^  architecte  de  Jardins,  a 
rapporté  de  l'Exposition  fruitière  de  Saint-Pétersbourg  à  laquelle 
il  venait  d'assister,  un  lot  de  Pommes  dont  l'aspect  séduisant 
avait  appelé  son  attention.  Elles  étaient  au  nombre  de  48  va- 
riétés, petites  ou  moyennes,  de  forme  généralement  élevées, 
mais  toutes  d'un  coloris  jaune,  frappées  d'une  teinte  rouge  ou 
carmin,  qui  en  rendait  l'aspect  agréable,  mais  leur  donnait 
entre  elles  une  analogie  très  caractéristique  :  pas  une,  sous  ce 
rapport,  n'était  disparate.  M.  Martinet  voulant  par  cet  apport 
fournir  à  notre  Société  un  sujet  d'études  comparatives,  avait 
choisi  ses  types  dans  les  lots  envoyés  de  pays  de  nature  tout  à 
fait  diverse. 

Ainsi  était  composé  l'assortiment  des  variétés  sous  le  rapport 

(1)  Déposé  le  14  février  1895. 


176  NOTES    ET   MÉMOIRES. 

de  la  provenance  :  Grimée,  12  variétés  ;  Smolensk,  2;  Gouver- 
nement de  Saint-Pétersbourg,  3;  Gouvernement  de  Kalouga,  4, 
Podolie,  1  ;  Courlande,  1  ;  Don,  3;  Finlande  12;  Tyrol,  9. 

Les  fruits  de  la  Finlande  ont  paru  médiocres  ou  passables; 
ceux  de  Crimée  ont  été  variés,  médiocres,  assez  bons  et  bons  ; 
dans  ceux  des  autres  provenances  il  y  a  eu  du  mélange; 
quelques  bons  accidentellement;  ceux  du  Tyrol  seuls  se  sont 
distingués  par  leurs  qualités;  il  y  en  a  eu  plusieurs  bons  et  très 
bons.  On  n'en  est  pas  surpris  en  considérant  les  avantages 
qu'offre  ce  pays  pour  la  production  des  fruits. 

Il  est  à  remarquer  qu'une  partie  des  Pommes  qui  se  mangent 
en  Russie  proviennent  de  pays  où  les  froids  dépassent  de  beau- 
coup ceux  que  nous  avons  à  supporter  en  France;  il  faut  dire 
tout  d'abord  qu'à  l'égard  de  ces  fruits  provenant  d'expositions, 
les  conditions  sont  telles  qu'il  est  très  difficile  de  les  juger  à 
coup  sûr. 

Les  fruits  expédiés  tous  ensemble  pour  une  date  déterminée 
ne  peuvent  être  cueillis  à  leur  point  de  maturité  comme  le  veut 
la  nature  ;  s'ils  sont  cueillis  trop  tôt,  ils  se  fanent,  et  leur  appa- 
rence de  maturité  est  anormale;  si  l'on  attend  leur  maturité 
vraie,  ils  ne  supportent  pas  une  longue  conservation  et  se  dété- 
riorent; enfm  on  sait  que  les  voyages,  les  changements  de  tem- 
pérature, les  emballages  leur  sont  défavorables  et  les  exposent 
à  des  altérations.  Il  faut  s'attendre,  en  outre,  à  voir  les  pays 
étrangers  ayant  des  goûts  et  des  habitudes  qui  diffèrent  des 
nôtres,  à  ne  pas  faire  le  même  cas  que  nous  de  nos  excellentes 
variétés. 

Nous  sommes  inévitablement  destinés,  dans  le  commerce  des 
fruits  à  rencontrer  de  la  concurrence  dans  nos  expéditions  en 
Russie;  surtout  de  la  part  du  Tyrol. 

M.  Martinet  accorde  à  nos  fruits  la  supériorité  en  beauté 
et  en  qualité;  il  insiste  néanmoins  sur  un  petit  côté  qui,  dit-il,  a 
son  importance  commerciale,  le  soin  à  donner  aux  emballages  : 
puisque  nous  savons  que  la  Pomme  qui  arrive  en  Russie 
entourée  d'un  papier  dentelle,  y  sera  accueillie  avec  plus  de 
faveur,  ne  négligeons  pas  cet  insignifiant  moyen  de  séduction 
s'il  doit  faire  valoir  nos  produits. 


CONCOURS   d'orchidées   DE    LA    SÉANCE    DU   28   FÉVRIER    1895.       177 

Au  résumé,  le  groupe  de  Pommes  de  M.  Martinet  était  remar- 
quable par  l'aspect  de  son  brillant  coloris,  nous  devons  lui  être 
reconnaissants  de  l'avoir  mis  sous  nos  yeux. 


RAPPORTS 


Rapport  sur  le  concours  d'orchidées  de  la  séance 
DU  28  février  1895(1), 

par  M.  0.  Opoix. 

Le  jury  chargé  déjuger  les  Orchidées  qui  avaient  été  appor- 
tées à  ce  Concours  se  composait  de  MM.  Savoye,  président  ; 
Bergman  père,  BuUier,  Leroy,  Boizard  et  votre  serviteur. 

Grâce  aux  onze  concurrents  qui  ont  pris  part  à  ce  magnifique 
Concours,  la  partie  de  la  salle  oii  étaient  disposées  les  Orchidées 
offrait  un  coup  d'œil  resplendissant. 

Les  personnes  qui  ne  connaissent  qu'imparfaitement  ces 
charmantes  plantes  ne  peuvent  se  figurer  qu'elles  n'exigent  pour 
vivre  et  fleurir  qu'une  température  maxima  variant  de  six  à 
dix-huit  degrés  centigrades,  selon  l'origine  de  chaque  espèce. 
L'effet  produit  par  l'ensemble  de  toutes  ces  variétés  de  fleurs 
était  d'autant  plus  remarquable  qu'à  l'époque  de  ce  concours 
l'on  subissait  depuis  quarante  jours  les  rigueurs  d'un  hiver  on 
ne  peut  plus  intense.  Aussi  sommes-nous  heureux  de  constater 
que  le  goût  des  Orchidées  prend  de  plus  en  plus  d'extension 
et  que  la  culture  de  ces  fleurs  offre  un  plaisir,  nous  dirons 
même  une  véritable  passion  à  tous  les  amateurs  et  horticul- 
teurs qui  s'en  occupent. 

Parmi  les  principaux  lauréats  nous  citerons  MM.  Cappe  père 
et  fils  du  Vésinet,  et  M.  Page,  jardinier  chez  M.  Robert  Lebaudy 
à  Bougival,  qui  ont  obtenu  chacun  une  grande  médaille  de  ver- 
meil. 

Dans  le  superbe  lot  de  M.  Cappe   nous  avons  remarqué  de 

(1)  Déposé  le  14  mars  jl89o. 

12 


178  RAPPORTS. 

très  beaux  Cattœya  Triayise'i  dont  un  C.  T.  Schrodene^  variété 
extra;  des  pieds  bien  fleuris  du  Dendrobium  nobile;  de  très  beaux 
OdontoglossumAlexandrœ;  un Phalœnopsis  Schilleriana;  les  Sac- 
colabium  illustre,  Lycaste  plana,  et  une  belle  collection  de  Cypri 
pedium  parmi  lesquels  nous  citerons  le  charmant  C.  Char- 
lesîvorthiij  à  large  pavillon  bien  coloré  ;  un  beau  C.  insigne 
montanum;  les  vaiviéiés  callosum  selligerum,  vernixium^  et  un 
grand  nombre  d'hybrides,  entre  autres  une  sorte  de  C,  Germi- 
nyanum,  issu  des  C .  hirsutisslmum  et  villosum,  un  heaiu Leeanuin ; 
un  hybride  d'Argus  et  de  callosum^  etc. 

Dans  la  magnifique  présentation  de  M,  Page  nous  avons  noté 
un  superbe  Cattleya  Trianseï;  un  Cattleya  Trianœi  delicata,  une 
forte  plante  du  Dendrobium  Wardianw)i;\e  q.uv'\qux  Dendrobium 
Brymerianum,  remarquable  par  son  labelle  frangé;  les  Phalœ- 
nopsis Schilleriana  et  amabilis.  Nous  avons  encore  remarqué 
dans  cette  présentation  :  le  Lœlia  harpophylla;  de  beaux 
Odontoglossum  pulchellum,  triumphans  et  [crispum;  un  beau 
groupe  de  Cypripedium  parmi  lesquels  les  Cypripedium  Chan- 
tini,  Haynaldianum  et  de  belles  touff'es  de  superbes  variétés 
du  Cypripedium  Leeanum  (semis  différents)  ;  à  noter  aussi 
le  C.  Nilssonii,  belle  variété  hybride  des  C.  Chantini  et 
Boxalli. 

M.  Mantin,  amateur  distingué,  avait  présenté  un  beau  lot  de 
Cypripedium  hybrides  pour  lesquels  il  lui  a  été  accordé  une 
petite  médaille  de  vermeil.  Parmi  ces  hybrides  il  en  est  qui 
ont  été  reconnus  vraiment  intéressants,  entre  autres  :  un 
hybride  des  C.  concolor  et  Lawrenceanum  ;  le  C.  Beloiseanum 
superbu7n  issu  des  C.  gemmiferum  et  villosum;  le  C.  Margaritœ, 
hybride  des  C.  Crossianwn  et  barbaium;  le  C.  Bœgnerianum,  hy- 
bride des  C.  insigne  et  Williamsii:  C.  Angelœ,  hybride  des  C.  callo- 
sum  et  Leeanum.  —  Dans  cet  apport  nous  citerons  aussi  le  C.  Vic- 
toria Marise,  plante  d'introduction  nouvelle  remarquable  par 
son  coloris  et  sa  forme  bizarre. 

Une  grande  médaille  d'argent  a  été  donnée  à  M.  Barre 
(Etienne)  pour  un  lot  important  d'Orchidées  variées.  Dans  le 
nombre  nous  avons  rerharqué  un  superbe  pied  d'Odoïitoglossum 
Edwardii  portant  une  hampe  florale,  rameuse,  de  plus  d'un 


CONCOUBS   d'orchidées   DE    LA    SÉANCE    DU    28    FÉVRIER    1895        179 

mètre  de  longueur,  garnie  de  petites  fleurs  vineuses.  Cette 
belle  Orchidée  offrait  le  plus  beau  contraste  parmi  ses  congé- 
nères. Nous  avons  aussi  noté  un  superbe  Odontoglossum  Alexan- 
drie, un  L<elia  harpophylla^  les  Oncidiuni  C avendlshïanum  et 
Forbesii;  les  Dendrobium  Wardianum,  Lycaste  Skinneri-alba, 
Lœlia  anceps  alba,  etc. 

M.  Dallé,  horticulteur  à  Paris,  présentait  un  magnifique 
Selenipedium  Schroderœ,  variété  ati^opurpureum  qu'il  a  nommé 
Selenipedium  Dallei.  Il  lui  a  été  accordé  pour  ce  superbe 
apport  une  grande  médaille  d'argent. 

M.  Duval,  horticulteur  à  Versailles,  a  obtenu  une  médaille 
d'argent  pour  sa  belle  collection  d'Orchidées  qui  a  été  aussi  très 
remarquée.  Que  peut-on  trouver  de  plus  joli  que  les  deux 
magnifiques  pieds  de  Cattleya  Schilleriana  qui  formaient  assu- 
rément le  bouquet  de  son  lut?  Nous  ne  devons  pas  oublier  non 
plus  les  Odontoglossum  crispum,  Pescatorei^  luteo-purpureum, 
maculatum^  Cervantesii  el  Rossi ;  un  Miltonia  Rœzli^Qi  de  remar- 
quables Cypripedium  parmi  lesquels  le  mignon  C.  Charleswor- 
thii,  le  ravissant  C.  Chamberlainianum,  importation  de  la  Nou- 
velle-Guinée, remarquable  par  ses  pétales  latéraux  tortillés  et 
garnis  de  cils  blancs,  tachetés  de  marron  foncé,  et  par  son  sabot 
rose  foncé,  tacheté  de  petits  points  rouge  violacé.  A  citer 
encore,  dans  cette  collection,  les  G.  Boxalli  superbairiy  nitenc, 
Barteil,  callosum,  etc. 

Une  médaille  d'argent  a  été  également  accordée  à  M.  Elie 
(Alfred),  horticulteur  à  Paris,  pour  sa  collection  de  Cypripedium. 
Nous  avons  remarqué  dans  l'ensemble  les  C.  Crossianum,  vil- 
losum  superbum^  Harrisianum  superbum^  ffaynaldianum,  Argus, 
Lawrenceanum,  etc. 

M.  Piret  (Louis),  à  Argenteuil,  a  obtenu  une  médaille  de  bronze 
pour  son  apport  de  superbes  Cattleya  Trianœi  et  d'un  C.  Tr. 
delicata. 

M.  Gourmontagne,  à  Passy,  avait  apporté  un  fort  pied  de  Cat- 
tleya ametkystoglossa,  un  Odontoglossum  Insleayi,  un  0.  Alexan- 
dre flaveolum  et  un  beau  Cattleya  IViansei.  Il  lui  a  été  accordé 
pour  cet  apport  une  médaille  de  bronze. 
Des  remerciements  ont  été  accordés   à  M.  Driger   pour   ^on 


180  RAPPORTS. 

Cattleya  genre  amethystoglossa,  ainsi  qu'à  M.  Servy   pour  sa 
présentation  il'Orchidées  variées,  en  Heurs  coupées. 

En  résumé,  ce  concours  d'Orchidées  était  magnifique  dans 
son  ensemble,  et  des  plus  intéressants  au  point  de  vue  des  nom- 
breuses variétés  qui  ont  été  présentées. 


Rapport  sur  un  ouvrage  de  M.  S.  Mottet  intitulé  :  «  Guide 

ÉLÉMENTAIRE   DE   MULTIPLICATION   DES   VÉGÉTAUX    »    (1). 

par  M.  J  A  MIN  (F.). 

Dans  un  livre  in-l'â  de  192  pages,  l'auteur  a  résumé  les  divers 
modes  de  multiplication  des  végétaux.  Cet  ouvrage  est  divisé  en 
trois  parties  :  1^  les  semis,  2°  les  boutures  et  marcottes,  3°  les 
greffes,  le  tout  exposé  avec  méthode  et  clarté.  De  nombreuses 
figures,  parfaites  d'exécution,  accompagnent  les  descriptions  et 
aident  encore  à  l'intelligence  du  texte. 

Nous  ne  partageons  pas  entièrement  l'opinion  de  l'auteur  sur 
la  circulation  de  la  sève  et  l'époque  la  plus  favorable  à  la  trans- 
plantation des  végétaux  ligneux,  notamment  de  ceux  dits  rési- 
neux, mais  en  somme,  ce  sont  choses  en  quelque  sorte  étrangères 
à  la  multiplication  et,  dans  tous  les  cas,  discutables. 

Dans  la  prochaine  édition,  et  nous  croyons  que  ce  sera  bien- 
tôt, car  la  première  devra  s'épuiser  vite,  nous  prenons  la  liberté 
d'engager  l'auteur  à  remanier  l'article  relatif  au  marcottage  en 
cépée  p.nir  ce  qui  concerne  les  essences  fruitières.  Nous  l'enga- 
gerions aussi,  à  propos  des  ligatures  pour  les  écussons,  à  men- 
tionner le  Rubanier  {Sparganium),  plante  qui  depuis  longtemps 
rend  à  ce  point  de  vue  des  services  importants  aux  horticulteurs 
pépiniéristes. 

Les  critiques  qui  précèdent  sont  bien  légères,  et  elles  ne  sau- 
raient empêcher  ni  retarder  l'expansion  d'un  travail  très  soigné 
et  fait  de  main  de  maître. 

Comme  conclusion,  messieurs,  nous  estimons  qu'il  y  a  lieu  de 
renvoyer  le  présent  rapport  à  la  Commission  des  récompenses. 

(1)  Déposé  le  14  mars  18f95. 


suk  le  forçage  des  a/alea  de  m.  debille.  j81 

Sur  le  forçage  des  Azalea 
DE  M.  Debille,  Horticulteur  a  Versailles  (1). 

M.  Georges  Truffaut,  Rapporteur. 

Sur  la  demande  de  M.  Debille,  horliculteur  à  Versailles,  une 
Commission,  composée  de  MM,  Christen,  David,  Duval,  Dallé, 
Drigger,  Gillard.  Isoré,  Moser,  E.  Poirier,  G.  Truffaut  et  Welker 
père,  s'est  réunie  le  20  décembre  dernier,  à  Versailles,  74,  rue  de 
Monlreuil. 

MM.  Duval  et  Drigger^  empêchés,  s'étaient  excusés  par  lettre. 
Après  avoir  nommé  M.  Moser  Président,  la  Commission  a  exa- 
miné avec  intérêt  les  cultures,  en  écoutant  les  observations  de 
M.  Debille. 

M.  Debille  cultive  à  peu  près  exclusivement  les  Azalea  indica  et 
en  possè  le  environ  30,000  plantes.  Leur  culture  est  faite  soit 
en  serre,  soit  en  bâches.  Dans  la  construction  des  serres,  nous 
n'avons  rien  de  remarquable  à  signaler.  Quand  aux  bâches,  elles 
sont  du  même  type  que  celles  employées  avec  succès  par  divers 
autres  cultivateurs  versaillais.  Elles  sont  chauffées  au  thermosi- 
phon. Les  tuyaux  de  chauffage  sont  soutenus  par  une  armature 
en  fer,  qui  supporte  au-dessus  deux  planches  formant  le  sentier 
de  service  des  bâches.  Sur  le  côté  de  ces  planches,  sont  fixées 
des  lisses  sur  lesquelles  viennent  se  placer  des  châssis  soit  de 
bois,  soit  de  fer.  Le  glissement  des  châssis  est  empêché  par  deux 
taquets  vissés  dans  la  lisse  inférieure  qui  est  toujours  plus  basse 
de  quelques  centimètres  pour  donner  au  châssis  une  inclinaison 
convenable  à  l'écoulement  des  eaux,  La  hauteur  totale  des 
bâches  au-dessus  du  sol  est  d'environ  0°^,45.  Il  n'y  a  d'autre 
perle  de  terrain  que  celle  des  sentiers  ;  on  se  rapproche  donc 
autant  qu'il  est  possible,  de  la  culture  en  plates-bandes  dans  les 
jardins. 

Toutes  ses  cultures  d'Azalea  sont  faites  dans  du  terreau  de 
feuilles  provenant  des  bois  des  environs  de  Versailles.  Nous  en 
avons  donné  la  composition  dans  une  précédente  étude  dans  le 
Journal  de  la  Société. 

(i)  Déposé  le  14  février  1893. 


182  RAPPORTS. 

M.  Debille  ne  produit  presque  exclusivement  que  des  Azalées 
greffées;  il  emploie  comme  porte-greffe  la  variété  A.  i.  'phœnicpa, 
qu'il  considère  comme  beaucoup  supérieure  à  la  variété  A.  i. 
cojicinna,  beaucoup  plus  sujette  à  pourrir  du  pied.  La  meilleure 
époque  pour  le  greffage  est  en  août-septembre.  On  greffe  le  plus 
souvent  en  fente,  mais  aussi  quelquefois  en  placage  ;  générale- 
ment, on  pince  l'extrémité  supérieure  du  greffon.  Nous  avons 
remarqué  que  la  ligature  des  greffes  était  opérée  d'une  manière 
à  peu  près  parfaite  et  très  régulière,  ce  qui  est  d'une  grande 
importance.  Après  la  reprise  des  greffes;  les  jeunes  Azalea  sont 
soigneusement  tuteurées,  les  bourgeons  axillaires  du  sujet 
enlevés  et  on  plante  dans  les  bâcbes  de  serres  assez  basses  en 
ayant  soin  de  ne  donner  d'air  que  progressivement. 

Un  certain  nombre  de  plantes,  destinées  sans  nul  doute  à 
fournir  des  fortes  plantes  à  baute  tige,  étaient  greffées  sur  des 
sujets  déjà  très  élancés,  c'est  une  excellente  façon  de  procéder. 
Pendant  les  premières  années,  les  plantes  ainsi  obtenues  sont 
invendables,  en  raison  de  la  disproportion  de  la  grosseur  de 
leur  tête  et  la  hauteur  de  leur  tige.  Puis  à  une  certaine  époque  le 
tout  devient  proportionné,  et  on  possède,  dès  lors,  un  bel  exem- 
plaire, alors  qu'on  ne  conserve  pas  facilement,  pour  faire  des 
fortes  plantes,  des  Azalea  immédiatement  vendables.  Les  plantes 
sont  en  général  mises  en  place  pour  une  année.  On  opère  le 
plus  souvent  deux  pincements  pendant  cette  période  et  cette 
opération,  qui  est  de  la  plus  haute  importance,  nous  arrêtera 
quelque  peu. 

Nous  pouvons  dire  hardiment  que  nul  ne  possède  le  secret  du 
pincement  comme  M.  Debille.  Il  forme  ses  plantes,  on  peut  pres- 
que dire  à  sa  guise  ;  il  sait  choisir  les  meilleures  pousses,  pour 
établir  ses  branches  charpentières,  et  ne  laisse  que  juste  le 
nombre  de  pousses  nécessaires  pour  former  une  tête  légère  et 
bien  équilibrée,  sans  vides,  mais  surtout  sans  paquets  de  bour- 
geons (paquets  obtenus  souvent  par  la  méthode  du  rabotage, 
qui  consiste  à  donner  une  forme  arrondie  à  une  tête,  et  ne  fai- 
sant aucun  cas  des  pousses  ni  des  branches). 

Il  sait  aussi  bien  se  servir  des  gourmands,  ces  pousses  à  bois 
qui  s'élancent  de  la  tige  principale,  et  les  utiliser,  qu'appliquer 


SUR  LE  FORÇAGE  DES  AZALEA  DE  M.  DEBILLE.       183 

différemment  ces  principes  de  pincements  aux  diverses  variéte's 
qui,  toutes,  demandent  un  traitement  un  peu  spécial. 

Après  être  restées  une  ou  deux  années  dans  les  serres,  les 
plantes  sont  cultivées  en  bâches  et  aussi,  en  été,  dans  les  plates- 
bandes  du  jardin.  M.  Debille  obtient  ses  plantes  de  commerce 
en  trois  années.  Il  lui  faut  quatre  et  cinq  ans  pour  avoir  de  forts 
sujets  d'un  diamètre  de  0"^,70  à  0"^,80. 

Votre  Commission  avait  spécialement  à  examiner  le  forçage 
des  Azalea.  Elle  a  été  unanime  à  constater  qu'il  était  admirable- 
ment réussi  et  l'aspect  de  trois  serres  de  plantes  si  heureuse- 
ment amenées  à  fleurir  en  plein  hiver,  était  des  plus  ravis- 
sants. Cette  floraison  hâtive  exige  un  travail  spécial.  Les  plantes 
que  l'on  destine  à  être  forcées  doivent  être  mises  en  pots  vers  le 
15  septembre,  et  rentrées  en  serre  au  commencement  d'octobre. 
Il  est  nécessaire  de  choisir  les  variétés  les  plus  hâtives,  Pauline 
Mardner,  Deutsche  Perl,  Sigismond  Rucker,  Vervaeneana,  Ver- 
sicolor,  et  de  prendre  une  bonne  précaution  contre  la  grise  et 
l'araignée  rouge,  en  trempant  les  plantes  dans  de  l'eau  conte- 
nant un  mélange  de  fleur  de  soufre  et  de  savon  noir. 

Il  faut  environ  trois  semaines  à  un  mois,  pour  faire  fleurir  ces 
plantes.  On  élève  progressivement  la  température  jusqu'à  avoir 
20  à 25  degrés  centigrades;  pendant  ce  temps,  il  faut  enlever  les 
bourgeons  axillaires  qui  se  développent  ;  secouer  de  temps  à 
autre  les  plantes,  pour  faire  tomber  les  enveloppes  florales  et 
les  feuilles  desséchées  et  faire  de  fréquents  bassinages  sur  les 
plantes  et  les  tiges.  A  mesure  que  la  floraison  avance,  il  faut  de 
plus  en  plus  diminuer  les  bassinages  et  modérer  la  température 
pour  rafl'ermir  les  tissus  et  permettre  de  sortir  les  plantes,  pour 
les  transporter  sans  danger. 

Au  moment  de  notre  visite,  nous  avons  surtout  admiré  les 
A.  I.  Pauline  Mardner,  de  0"",70  à  0"^,80  d-?.  diamètre,  hauts  sur 
tiges,  admirablement  bien  faits  et  bien  fleuris.  Chaque  plante 
formait  une  véritable  demi-boule  rose  tendre,  où  on  n'apercevait 
que  des  fleurs. 

Nous  avons  également  noté  :  A.  i.  Simon  Mardner  aux  fleurs 
plus  épaisses  et  d'un  rose  un  peu  plus  vif  ;  A.  i.  Deutsche  Perl, 
blanc  double  à  très  grande  fleur;  A.  i.   Elborina  plpna,  blanc 


184  COMPTE    RENDU 

double  à  ton  mat  lacté  très  beau  ;  une  nouvelle  variété  à'Elho- 
rina  plena,  à  fleurs  lavées  de  rose  et  non  encore  au  commerce  ; 
Président  Garfield,  fleurs  brillantes  d'un  rouge  très  vif,  mais  la 
plante  semble  assez  difficile  à  cultiver;  Comtesse  de  la  Torre, 
Sigismond  Rucker,  et  un  certain  nombre  d'autres  belles  variétés. 

L'ensemble,  en  somme,  était  merveilleux,  et  c'était  pour  nous 
un  véritable  plaisir  que  d'avoir  à  constater  d'aussi  beaux  résul- 
tats. Depuis  longtemps,  l'Horticulture  française  était  redevable 
à  la  Belgique  de  l'obtention  et  de  la  belle  culture  des  Azalea. 
Aujourd'hui,  Versailles  est  devenu  un  véritable  centre  de  pro- 
duction qui  livre  annuellement  environ  60,000  plantes  au  com- 
merce. 

La  perfection  de  la  culture  de  M.  Debille  n'a  pas  d'égale  même 
en  Belgique  et,  si  toutes  nos  matières  premières  n'étaient  pas 
d'un  prix  aussi  coûteux,  la  lutte  contre  la  concurrence  étran- 
gère deviendrait  plus  facile  qu'elle  ne  Test  actuellement. 

En  résumé  .votre  Commission  a  été  frappée  de  l'importance 
des  résultats  obtenus  et  a  vivement  félicité  M.  Debille  des  soins 
intelligents  qu'il  prodigue  à  ses  plantes.  Elle  exprime  le  vœu 
que  la  plus  haute  récompense  qui  puisse  être  mise  à  sa  disposi- 
tion lui  soit  accordée,  et  demande  l'insertion  du  présent  rap- 
port au  Journal. 


COMPTES  RENDUS  D'EXPOSITIONS 


Compte  rendu  de  l'Exposition  horticole  de  Cannes 
(Alpes-Maritimes), 

par  M.  H.-L.  de  Vilmorin  (1). 

Du  31  janvier  au  3  février  dernier,  la  Société  d'horticulture  de 
Cannes  et  de  l'arrondissement  de  Grasse  a  tenu  une  Exposition 
florale.  L'époque  inusitée  partout  ailleurs  et  les  circonstances 
exceptionnellement  défavorables  de  température,  en  1895, 
rendent  ce  fait  particulièrement  intéressant. 


(1)  Déposé  le  14  février  1895. 


DE    l'exposition    HORTICOLE    DE    CANNES.  185 

Une  chute  de  neige  considérable  pour  le  pays  (environ  O'^,^^ 
d'épaisseur),  survenue  trois  jours  avant  la  date  fixée  pour 
l'ouverture  de  l'Exposition,  ne  l'a  pas  empêchée  d'être  prête  à 
l'heure  dite  et  d'être  véritablement  bien  garnie  et  fort  belle.  11 
est  vrai  de  dire  que  ses  galeries  chaufFées  lui  permettaient  de 
recevoir  les  plantes  de  serre,  dont  deux  lots,  fort  beaux  et  nom- 
breux, faisaient  un  des  principaux  attraits  de  l'exposition. 

M.  Guillin,  jardinier  de  la  Yilla  Crombez,  exposait  surtout  des 
Crotons  et  des  Aroïdées.  Les  semis  obtenus  par  ses  soins  consti- 
tuaient une  partie  notable  de  son  apport;  on  remarquait  prin- 
cipalement les  Crotons  B.  Comte  et  Ch.  Naudin;  les  semis 
dAroïdées  comprenaient  un  grand  nombre  de  variations  et 
d'hybrides  &qY Anthurium  Andreanum. 

Les  plantes  de  serre  de  M.  Dupuy,  jardinier  de  la  Villa  Vic- 
toria, comprenaient  un  assortiment  nombreux  de  Dracaenas, 
Caladiums,  Pandanus,  Marantas,  etc.  Toutes  ces  plantes  étaient 
remarquables  par  leur  belle  culture,  et  plusieurs  d'entre  elles 
étaient  littéralement  couvertes  de  fleurs.  II  est  probable  que  la 
plus  grande  somme  dt  lumière  dont  ces  plantes  jouissent  dans 
le  Midi  favorise  le  développement  plus  hâtif  et  plus  abondant 
des  organes  floraux. 

M.  Mercier,  horticulteur  à  Cannes,  exposait  aussi  des  semis 
intéressants  di'Anthur'ium  Andreanum  et  Scherzerianum. 

LesPalmiers  étaient  peu  représentés  à  l'Exposition  :  la  neige  des 
jours  précédents  les  avait  fatigués  et  les  grands  faiseur^  avaient 
trop  de  travail  dans  leurs  plantations  pour  prendre  le  temps 
d'exposer.  MM.  Nabonnand  avaient  présenté  une  collection  assez 
nombreuse  d'arbustes  fleuris:  Correas,  Véroniques  frutescentes, 
Poiygalas,  Eupatoires,  Templetonia  et  divers  Acacias,  ainsi  que 
des  plantes  vivaces  à  floraison  hivernale  :  Sauges,  Agatheas  et 
Linum  trigyiium,  etc.  Par  une  innovation  intéressante,  ils 
avaient  exposé  en  rameaux  adultes,  portant  des  boutons,  des 
fruits^  et  parfois  des  fleurs,  environ  vingt-cinq  espèces  d'Euca- 
lyptus, de  celles  qui  réussissent  le  mieux  sur  la  côte  de  Pro- 
vence. Comme  espèces  fleurissant  en  hiver,  on  remarquait  sur- 
tout les  ^wca/î/Z^^i^s  Ipucoxylon,  robusta,  cosmophylla,  Andreana 
Ndn.,  et  même  le  Globulus.  Parmi  les  espèces  qui  font  de  beaux 


186  COMPTE    RENDU 

arbres  à  croissance  rapide  on  pouvait  remarquer  V Eucalyptus 
hotryoideSy  le  gomphocephala,  le  diversicolor  {cotossea  des 
horticulteurs);  parmi  les  espèces  relativement  rustiques  l'^rm- 
gera  et  le  viminalis;  enfin,  parmi  celles  qui  peuvent  avoir  un 
emploi  dans  l'industrie,  V Eucalyptus  citriodora  dont  les  feuilles 
exhalent  une  odeur  très  forte  de  Verveine  citronelle. 

MM.  Vilmorin-Andrieux  avaient  envoyé  de  leur  établissement 
d'Empel,  au  cap  d'Antibes,  une  collection  très  nombreuse  de 
Primevères  de  Chine,  simples  et  doubles,  d'une  variété  extrême 
de  coloris  et  d'une  culture  très  soignée.  La  variété  rouge  vif  se 
faisait  principalement  remarquer  par  l'intensité  de  son  coloris. 

Les  plantes  bulbeuses  de  M.  Sansoldi  étaient  belles  et  bien  cul- 
tivées, surtout  ses  Freesia  et  ses  Lachenalia  pendulay  var.  Aure- 
liana. 

Les  fleurs  coupées  et  montées  formaient  une  part  fort  impor- 
tante de  l'Exposition.  Parmi  les  fleurs  exposées  sans  aucun 
apprêt,  les  CBEillets  de  MM.  Fulconis  et  E.  Perrin  occupaient  les 
premiers  rangs;  chacun  de  ces  lots  provenait  entièrement  des 
semis  obtenus  par  l'exposant:  les  fleurs  étaient  plus  fortes  et 
plus  larges  chez  M.  Fulconis,  mais  celles  de  M.  Perrin  étaient 
d'une  fraîcheur  et  d'une  vivacité  de  coloris  peu  ordinaires. 

Les  bouquets,  corbeilles,  décorations  de  tables  et  de  miroirs, 
bouquets  de  main  et  de  corsage  étaient  nombreux,  variés  et  pour 
la  plupart  très  réussis;  cette  partie  de  l'Exposition  aurait  certai- 
nement soutenu  la  comparaison  avec  ce  qui  se  fait  de  mieux  à 
Paris.  Les  apports  de  MM.  A.  Bourreau.  J.  Maissa,  Pachke  et 
Morton,  et  Visser  avaient  tous  leur  mérite  et  leur  intérêt  parti- 
culier, mais  les  premiers  l'emportaient  incontestablement  par  la 
beauté  des  éléments  employés,  et  par  l'art  de  la  disposition.  Il 
serait  désirable  qu'on  introduisît,  dans  nos  Expositions,  quelque 
chose  de  la  variété  de  concours  pour  fleurs  montées,  qui  carac- 
térise cette  spécialité  dans  les  Expositions  du  littoral. 

L'impression  qui  reste  au  visiteur  après  avoir  parcouru  cette 
jolie  Exposition  de  Cannes,  c'est  que  le  climat  du  littoral  est 
merveilleusement  favorable  à  l'horticulture  puisqu'au  milieu 
d'intempéries  exceptionnelles  on  a  pu  tenir,  à  jour  flxe,  une 
Exposition  aussi  importante  et  dont  les  éléments  provenaient 


ASSOCIATION    POMOLOGIQUE   DE   L  OUEST.  187 

pour  les  trois  quarts  au  moins  de  la  pleine  terre,  soit  à  l'air 
complètement  libre,  soit  sous  simples  abris  de  verre  ou  de  toile. 
L'énergie  et  le  dévouement  de  M.  Demôle,  Président,  et  de 
M.  RiffauU,  Vice-Président  de  la  Société,  et  le  concours  intelli- 
gent de  leurs  divers  collaborateurs  ont  aussi  contribué  à  ce 
beau   succès    que  les   circonstances  rendent   particulièrement 

méritoire. 

_ 4. 

Sur  le  onzième  Concours  général  et  le  douzième  Congrès 
DE  l'Association  pomologique  de  l'Ouest,  tenu  a  Laigle 
(Orne),  du  9  au  14  octobre  1894  (1); 

M.  Michelin,  Rapporteur. 

J'ai  été  délégué  au  douzième  Congrès  de  la  Société  pomolo- 
gique de  l'Ouest  avec  M.  Joret,  mon  collègue  au  Comité  d'arbo- 
riculture fruitière.  Avant  d'entrer  dans  le  vif  de  mon  sujet  qui, 
au  fond,  doit  être  technique  et  scientifique,  j'ai  besoin  de  vous 
faire  savoir  dans  quelle  disposition  favorable  nous  trouvions  la 
ville  normande  qui  avait  invité  notre  Société  à  venir  tenir  ses 
assises  en  1894  dans  son  sein. 

L'invitation  adressée  à  notre  honorable  Président  M.  Lechar- 
lier  était  provoquée  par  M.  Clouet,  le  maire  sympathique  de  la 
ville  et  membre  du  Conseil  général  de  l'Orne.  M.  Clouet  avait 
assisté  comme  amateur  à  l'un  des  derniers  Congrès  dans  une 
ville  normande  voisine  ;  il  s'était  rendu  compte  du  bien  que 
pourrait  faire  dans  sa  ville  l'enseignement  auquel  se  consacre  la 
Société  pomologique  en  vue  de  l'amélioration  du  cidre,  un  des 
éléments  de  la  richesse  de  la  Normandie.  M.  le  maire  prépara 
le  terrain,  obtint  du  Conseil  général  et  de  la  ville  de  Laigle  le 
vote  des  fonds  nécessaires  pour  subvenir  aux  frais  d'une  Exposi- 
tion de  fruits;  enfin,  grâce  à  l'intérêt  qu'il  excita  pour  l'œuvre 
objet  de  son  entreprise,  il  en  assura  la  réussite,  et  le  Congrès  de 
1894  dut  se  tenir  en  pleine  Normandie,  à  Laigle. 

Mais  ce  qu'il  y  a  de  particulier  dans  cette  affaire  qui,  au  fond, 

(1)  Déposé  le  27  décembre  1894. 


188  ONZIÈME    CONCOURS    GÉNÉRAL    ET    DOUZIÈME    CONGRÈS. 

n'a  rien  que  de  fort  simple,  c'est  que  ce  maire,  dont  l'influence 
doit  être  immense,  inspira  à  ses  administrés  des  sentiments  si 
sérieux  de  satisfaction  qu'ils  en  poussèrent  la  manifestation 
jusqu'à  l'extrême. 

Les  maisons,  les  boutiques,  tout  fut  orné  de  fleurs^  enguir- 
landé, décoré,  illuminé  le  soir  de  lanternes  vénitiennes,  garni 
de  couronnes,  animé  par  de  gracieuses  inscriptions,  et  cette 
transformation  de  la  ville  en  une  sorte  de  salle  de  festin  se 
maintint  intacte  pendant  une  semaine  entière,  comprenant  deux 
dimanches,  l'un  d'ouverture,  l'autre  de  clôture.  Cette  longue 
fête  ne  fut  aucunement  un  sujet  de  distiaction  nuisible  aux 
études  que  devait  provoquer  la  présence  de  notre  Congrès;  les 
séances  pour  les  conférences  furent  suivies  avec  assiduité,  même 
par  un  bon  nombre  de  dames  de  la  ville.  On  peut  juger,  en  sui- 
vant le  détail  ci-contre,  de  la  sérieuse  direction  qui  a  été  donnée 
à  l'ensemble,  pour  l'emploi  de  chaque  jour  de  la  semaine. 

Le  dimanche  7  octobre,  deux  ballons  sont  élevés  à  trois 
heures  et  à  cinq  heures  ;  ils  atterrissent  à  peu  près  au  même 
lieu;  le  soir,  retraite  aux  flambeaux. 

Le  lundi  8,  les  exposants  installent  leurs  lots. 

Le  mardi  9,  ouverture  du  Congrès  à  deux  heures  dans  la  salle 
des  fêtes,  achevée  pour  la  circonstance,  et  qui  est  inaugurée 
par  cette  première  assemblée. 

M.  le  maire,  dans  une  allocution  très  cordiale  et  au  nom  de 
ses  concitoyens,  remercie  l'association  d'avoir  obtempéré  au 
désir  bien  vif  qu'il  avait  de  faire  profiter  les  habitants  de  Laigle 
des  renseignements  qu'ils  peuvent  trouver  dans  les  conférences 
et  les  conseils  que  leur  prodigueront  les  hommes  compétents 
que  renferme  l'association. 

M.  le  Président  Lechartier,  au  nom  de  ses  collègues,  remercie 
M.  le  maire  d'avoir  fourni  au  Congrès  l'occasion  de  remplir  sa 
mission  dans  un  pays  riche  par  la  production  des  Pommes  et  où 
les  habitants  ne  manqueront  pas  de  s'intére«ser  aux  études 
auxquelles  l'Association  pomologique  a  pour  objet  de  s'adonner. 

Ses  collègues  et  lui  sont  profondément  touchés  de  l'accueil 
cordial  qui,  dès  leur  arrivée,  leur  est  fait  par  la  ville  de  Laigle 
et  qui  leur  laissera  un  précieux  souvenir.  Il  ne  doute  pas  que 


ASSOCIATION    POMOLOGIQUE   DE    L'oUEST.  189 

dans  les  conditions  de  l'excellente  organisation  qui  s'annonce  et 
avec  l'aide  du  bon  vouloir  des  habitants  du  département  agricole 
qui  entoure  la  ville  deLaigle,  les  efforts  du  Congrès  n'obtiennent 
des  résultats  efficaces.  Conformément  au  programme,  l'assem- 
blée se  rendit  à  l'Exposition  des  fruits  organisée  avec  beaucoup 
d'ordre  sous  une  tente  dressée  dans  le  jardin  dépendant 
de  l'Hôtel  de  Ville.  Il  y  avait  54  exposants  présentant 
2,300  lots. 

Les  producteurs  normands  étaient  en  majorité,  on  le  com- 
prend, pour  une  exposition  qui  se  faisait  dans  le  département 
de  l'Orne. 

Les  étiquetages  étaient  faits  avec  soin  et  entente;  l'ensemble 
avait  un  aspect  qui  dénotait  que  l'exhibition  était  destinée  à 
d'importantes  études  et  émanait  pour  le  plus  grand  nombre  de 
praticiens  expérimentés.  Les  fruits  réputés  les  meilleurs  com- 
mençaient à  se  classer;  on  en  retrouvait  quelques  échantillons 
dans  presque  tous  les  lots.  Les  collections  de  MAL  Osmont,  de 
Bourgtheroulde  et  Ragaine  de  Tameille  se  distinguaient  parmi 
les  autres,  celle  de  M.  Raquet,  professeur  d'Agriculture  à 
Amiens,  était  un  véritable  sujet  d'enseignement;  partout  avaient 
été  signalés  les  fruits  de  meilleure  qualité. 

Le  même  jour,  à  huit  heures  du  soir,  dans  la  salle  des  fêtes  a 
en  lieu  la  réunion  du  Congrès.  Les  dames  étaient  nombreuses 
dans  la  galerie  du  premier  étage. 

La  séance  devait  avoir  pour  objet  l'ouverture  des  travaux  du 
Congrès  et  être  présidée  par  M.  Ghristophle,  Président  du  Con- 
seil général;  mais  comme  il  se  fit  excuser  pour  cause  d'empê- 
chement, il  fut  remplacé  par  M.  Clouet,  le  maire,  membre  du 
Conseil  général  de  l'Orne. 

M.  Lechartier  rendit  compte  sommairement  de  la  situation  de 
l'Association,  fît  connaître  les  décès  survenus  depuis  l'année 
dernière  et  engagea  les  membres  à  recruter  de  nouveaux  asso- 
ciés pour  combler  les  lacunes  et  donner  plus  de  force  à  l'œuvre 
commune. 

M. Lechartier  fît  connaître  qu'un  des  Vice-Présidents,  M.  Cornu 
Professeur  de  culture  au  Muséum  d'histoire  naturelle,  avait  été, 
délégué  auprès  de  l'Exposition  de  fruits  de  Saint-Pétersbourg; 


190  ONZIÈME   CONCOURS   GÉNÉRAL   ET   DOUZIÈME   CONGRÈS. 

qu'un  autre,  M.  Albert  Duval,  avait  été  délégué  au  Congrès  inter- 
national de  Berne,  institué  en  vue  de  la  protection  des  petits 
oiseaux  insectivores  qui  sont  utiles  à  l'Agriculture.  Une  confé- 
rence sur  les  maladies  et  les  Parasites  du  Pommier  est  annoncée 
par  le  programme;  elle  est  faite  par  le  savant  M.  Lecœur,  phar- 
macien à  Vimoutiers,  qui  s'attaquant  énergiquement  à  la  chéma- 
tobie,  a  indiqué  des  moyens  efficaces  pour  la  détruire  et  princi- 
palement l'application  sur  le  tronc  des  arbres  de  bandes  de 
papier  enduites  de  substances  gluantes,  telles  que  le  gou- 
dron, sur  lesquelles  l'insecte  reste  collé  quant  il  veut  monter 
pour  gagner  la  partie  haute  des  arbres  ;  un  Pommier  peut 
donner  asile  à  8,000  chenilles;  on  peut  juger  du  dégât  que  ces 
chenilles  peuvent  causer;  le  nettoyage  des  arbres  est  une  pré- 
caution recommandée  en  première  ligne. 

Les  arbres  demandent  des  soins  intelligents  et  assidus  :  il  faut 
encore  les  nourrir  par  les  engrais;  e'est  à  cette  condition  seule- 
ment qu'on  entretiendra  leur  vitalité  et  qu'on  obtiendra  leur 
fructification  soutenue. 

La  journée  du  mercredi  a  été  consacrée  aux  opérations  des 
jurés  appelés  à  juger  les  lots  de  toute  nature  exposés. 

Dans  la  réunion  du  soir,  M.  Albert  Duval,  dans  une  conférence 
qu'il  a  su  rendre  intéressante  et  même  attrayante,  a  fait  valoir 
l'utilité  des  petits  oiseaux  comme  puissants  auxiliaires  de 
l'homme  pour  la  destruction  des  insectes  nuisibles  à  l'agricul- 
ture, qui  au  lieu  d'être  protégés  comme  utiles,  sont  impitoya- 
blement détruits,  comme  gibiers  de  chasse.  Le  conférencier  non 
seulement  s'applique  à  faire  ressortir  l'importance  des  services 
que  rendent  ces  petits  oiseaux,  qui,  pour  se  nourrir  et  nourrir 
leurs  couvées,  détruisent  des  quantités  innombrables  d'insectes 
nuisibles;  mais  il  demande  des  lois  et  règlements  pour  assurer 
leur  conservation. 

Il  voudrait  qu'on  en  proscrivît  la  vente  sur  les  marchés 
d'où  ils  sont  enlevés  non  seulement  pour  l'alimentation,  mais 
encore  pour  la  garniture,  par  leurs  plumes,  des  chapeaux  des 
dames. 

L'orateur  a  un  franc  succès  dans  l'auditoire,  et  est  l'objet 
d'applaudissements   sincères,    mais  il    provoque   une    certaine 


ASSOCIATION   POMOLOGIQUE  DE   l'oUEST.  191 

hilarité  lorsqu'il  proscrit  l'emploi  des  plumes  d'oiseaux  pour  la 
parure  des  chapeaux  de  dames. 

M.  Simon,  propriétaire  à  Kermaria-en-Allaire,  dénonce  les 
pertes  nombreuses  qu'il  fait  dans  ses  arbres,  Pommiers  et  Châtai- 
gniers, sans  qu'il  ait  pu  découvrir  de  causes  apparentes  de  ce 
désastre. 

Des  membres  attribuent  cette  maladie  au  manque  de  nourri- 
ture que  subissent  les  arbres.  M.  Lechartier  partage  cet  avis,  et 
pense  que  ces  arbres  sont  victimes  d'une  anémie  qu'on  éviterait 
en  leur  donnant  par  des  engrais  la  nourriture  qui  manque  à  la 
terre. 

Le  jeudi  arrive,  et  la  ville  est  en  pleine  fête;  l'animation  n'en 
est  que  plus  grande  autour  de  l'Exposition  des  fruits,  des  cidres 
et  eaux-de-vie  et  des  instruments  de  fabrication. 

M.  Raquet,  professeur  d'agriculture  du  département  de  la 
Somme,  qui  lui-même  a  exposé  un  lot  des  plus  importants,  fait 
une  conférence-promenade  sous  la  tente  où  les  fruits  sont 
exposés.  Il  passe  en  revue  tous  les  lots,  signale  les  meilleurs 
fruits  qui  s'y  trouvent,  en  fait  ressortir  les  qualités  et  est  suivi 
par  un  grand  nombre  de  personnes  avides  d'acquérir  de  l'ins- 
truction auprès  d'un  praticien  que  la  notoriété  désigne  comme 
des  plus  érudits  dans  toutes  les  matières  qui  se  rattachent  à  la 
culture  des  fruits  et  à  la  fabrication  des  boissons. 

On  a  remarqué,  étalées  sur  près  de  ^,000  assiettes,  les  expo- 
sitions de  MM.  Renard  de  Saint-Martin  d'Aspres  ;  Baron,  de 
l'Ecole  communale  de  Laigle  ;  Marais,  aux  Haies  ;  Alphonse 
Lanoe,  Gouyer,  Osmont,  Bisson,  de  Godisson;  Ragaine,  à  ïan- 
ville;  Pélu,  à  Boucé;  Trude,  à  Francheville.  De  nombreux  insti- 
tuteurs ont  apporté  les  spécimens  des  fruits  de  leurs  localités 
ainsi  que  des  établissements  d'instruction  agricole.  M.  Raquet  a 
fait  valoir  les  qualités  des  Pommes  Médaille  d'Or ,  Reine  des 
Pommes,  Amère  de  Berthecourt,  Martin  Fessard,  Reine  des 
Hâtives,  d'autres  encore  classées  parmi  les  meilleures  et  pro- 
duites par  les  territoires  normand,  breton,  picard  et  quelques 
autres,  M.  Raquet  a  conclu  par  ce  conseil  pratique,  donné  à  ses 
auditeurs  et  que  nous  savons  inspiré  par  ses  propres  convictions  : 

«  Lorsque  vous  choisirez  une  Pomme^  prenez-la  revêtue  d'une 


192  ONZIÈME   CONCOURS   GÉNÉRAL    ET   DOUZIÈME    CONGRÈS. 

robe  de  bure  et  non  d'une  robe  de  soie;  c'est  à  une  paysanne  et 
non  à  une  grande  dame  que  vous  avez  affaire.   » 

Les  confrères  de  M.  Raquet  ne  contrediront  pas  sa  doctrine, 
sous  condition  de  ne  pas  lui  donner  une  application  trop  absolue. 

Le  jeudi  donc,  après  avoir  travaillé  le  matin  dans  leurs  com- 
missions, les  membres  du  Congrès  se  sont  réunis  l'après-midi  en 
séance  plénière,  sous  la  présidence  de  M.  Lechartier.  M.  Michelin, 
Vice-Président,  le  doyen  de  l'Association,  formule  le  vœu  suivant 
qui  est  adopté  par  acclamation  :  «  Les  membres  de  l'Association 
pomologique  de  l'Ouest,  réunis  en  Congrès  dans  la  ville  de 
Laigle,  adressent  à  la  municipalité  et  à  la  ville  de  Laigle  leurs 
sincères  félicitations  pour  l'accueil  bienveillant  qu'ils  reçoivent 
dans  cette  ville  et  dont  ils  garderont  longtemps  le  profond  sou- 
venir. » 

M.  Lechartier  remettant  la  présidence  à  M.  Michelin,  prend  la 
parole  sur  la  question  des  ferments  et  la  fermentation  du  cidre 
qu'il  s'est  rései'vé  de  traiter. 

Le  sujet  de  la  fermentation  du  cidre  a  été  l'objet  d'études 
sérieuses  aux  précédents  Congrès  d'Evreux  et  de  Vannes  en  1892 
et  en  1893.  La  résolution  de  cette  question  intéresse  tous  les 
producteurs.  On  ne  touche  pas  encore  à  la  conclusion.  Les 
vignerons  et  les  brasseurs  de  bière  ont  à  leur  disposition  des 
ferments  connus  et  appréciés,  qu'ils  n'ont  plus  qu'à  employer 
d'une  manière  judicieuse. 

Le  ferment  nécessaire  à  tel  ou  tel  cidre  est  bien  difficile  à 
déterminer,  le  cru  changeant  non  seulement  de  la  Normandie  à 
la  Bretagne,  mais  encore  d'une  localité  à  l'autre,  d'une  propriété 
à  la  voisine,  sur  une  même  propriété. 

Pour  le  cidre,  on  est  encore  dans  la  période  des  tâtonnements, 
des  expériences.  Une  de  celles-ci  a  eu  lieu  pendant  le  Congrès  de 
Vannes  à  TEcole  normale  du  Morbihan;  mais  les  résultats  acquis 
ne  peuvent  satisfaire  les  hommes  compétents  qui  cherchent  à 
produire  la  boisson  la  meilleure  dans  les  conditions  les  plus 
favorables. 

Il  ne  faut  pas  désespérer,  ce  qui  s'est  produit  pour  les  vins 
peut  aussi  se  produire  pour  les  cidres;  il  faudra  compter  avec  la 
composition  du  moût  et  la  nature  de  la  levure. 


PUBLICATIONS    FRANÇAISES.  193 

Il  n'y  a  pas  lieu  d'abandonner  les  études,  il  faut,  au  contraire, 
les  continuer  sans  relâche,  chercher  ks  levures  qui  peuvent  êlre 
propres  à  telle  ou  telle  région.  Il  faut  examiner  le  genre  de  fer- 
ment propre  à  la  fermentalion  que  l'on  veut  obtenir.  Il  ne  faut 
pas  changer  les  crus,  mais  il  faut  les  améliorer  en  cherchant  les 
bons  ferments  qui  conviennent  aux  Pommes  que  l'on  possède. 

Il  y  a  un  lien  intime  enire  le  fruit  et  le  ferment,  c'est  ce  lien 
qu'il  faut  découvrir.  11  y  a  lieu  d'espérer  qu'on  y  parviendra  à  la 
suite  d'expériences  faites  dans  de  bonnes  conditions. 

C'est  le  rôle  des  sociétés  d'agriculture,  des  comices  agricole.^. 
Les  cultivateurs  eux-mêfues,  dans  la  mesure  de  leurs  moyens, 
peuvent  aider  à  ces  recherches. 

Cette  conférence  du  savant  professeur  a  été  accueinie  par  <le 
chaleureux  applaudissements,  et  elle  sera  pour  les  auditeurs  un 
puissant  encouragement  à  s'attacher  aux  études  qui  ont  pour 
but  l'amélioration  du  cidre. 

[A  suivre.) 


REVUE 

DES  PUBLICATIOlNS  FRANÇAISES  H:  ÉTRANGÈRES 


V  Publications  françaises, 
par  M.  D.  Bois. 

Comptesrendus  des  séances  de  TAcadémie  des  sciences,  numéro 
du  4  février  'I89o. 

Influence  de  l'état  climatérique  sur  la  croissance  des  arbres, 
note  de  M.  Emile  Mer  (p.  275).  —  Si  les  accidents  climatériques 
agissent  de  diverses  manières  sur  la  végétation  des  arbres,  c'esf, 
on  le  comprend,  parce  qu'ils  influencent  difl'éremment  leurs 
fonctions.  Ainsi  la  sécheresse  a  pour  résultat  de  les  priver  d'eau 

(l)  La  responsabilité  des  descriptions  et  des  appréciations  est 
laissée  aux  auteurs  dont  les  articles  se  trouvent  ici  simplement 
analysés, 

13 


194  REVUE   DES    PUBLICATIONS. 

et  des  matières  azotées  du  sol;  les  pluies  prolongées  ralentissent 
la  formation  de  l'amidon  par  les  feuilles  à  cause  de  l'abaisse- 
ment de  température  et  de  l'affaiblissement  de  la  radiation 
solaire  qui  en  sont  les  conséquences,  du  moins  dans  les  régions 
montagneuses. 

Il  convient,  dans  l'interprétation  des  résultats,  de  faire  la 
part  de  l'époque  à  laquelle  surgissent  ces  accidents  au  cours 
d'une  période  végétative.  Les  effets  de  la  sécheresse  varieront 
suivant  qu'elle  se  fera  sentir  au  commencement  où  à  la  fin  de 
cette  période.  Dans  le  premier  cas,  l'accroissement  de  l'arbre  en 
hauteur  sera  principalement  ralenti,  c'est  ce  qui  a  eu  lieu  en  \  888, 
1892  et  surtout  1893;  dans  le  second  cas,  ce  sera  plutôt  son 
accroissement  en  diamètre,  puisque  l'évolution  des  pousses  est 
terminée  :  c'est  ce  qui  est  arrivé  en  1887.  Réciproquement  des 
conditions  météorologiques  presque  opposées,  mais  survenant 
à  différents  stades  de  la  saison  végétative,  peuvent  produire  des 
effets  analogues.  Ainsi  le  régime  pluvieux  qui  a  signalé  l'été  de 
1888  a  ralenti  l'accroissement  en  grosseur  presque  autant  que 
la  grande  chaleur  de  1893,  survenant  au  printemps  et  au  com- 
mencement de  Tété. 

Jardin  (Le),  numéro  du  5  février  1895. 

Les  limaces  et  les  Orchidées  en  boutons  (p.  31).  — De  nombreux 
procédés  sont  employés  par  les  cultivateurs  d'Orchidées  pour  se 
mettre  à  l'abri  des  attaques  des  limaces  qui,  dans  les  serres 
à  Odontoglossum  surtout,  exercent  des  ravages  considérables 
en  mangeant  toutes  les  parties  tendres  des  plantes,  de  préfé- 
rence les  jeunes  tiges  florales. 

M.  Georges  Truffaut  passe  en  revue  les  différents  procédés 
employés  et  recommande  parlicuhèrement  le  suivant,  qui  lui  a 
donné  les  meilleurs  résultats  au  point  de  vue  de  la  protection 
des  inflorescences.  «  Nous  avons,  dit-il,  imaginé  de  placer 
autour  de  chaque  tige,  et  même  autour  de  la  feuille  engainante, 
un  tampon  de  ouate  que  nous  attachons  au  moyen  de  coton 
souple;  puis,  nous  enduisons,  ces  tampons  d'une  solution  de 
naphtaline  dissoute  dans  l'alcool  méthylique  (esprit  de  bois)-. 


PUBLICATIONS   FRANÇAISES.  195 

L'esprit  de  bois  s'évapore  très  rapidement,  et  la  naphtaline  se 
cristallise  en  petites  tablettes  dans  tous  les  interstices  du  coton. 
Ce  corps  doué  d'une  odeur  particulière  et  répulsive  semble  par- 
faitement désagréable  aux  limaces  qui  ne  franchissent  plus  le 
tampon.  De  plus,  il  est  insoluble  dans  Teau,  et  son  odeur  per- 
siste pendant  une  semaine. 

Journal   de  la  Société  d'horticulture  pratique   du   Rhône, 
numéro  de  février  1895. 

Maladie  des  Cinéraires,  par  M.  J.  Ghifflot,  aide-naturaliste  au 
parc  de  la  Tète  d'Or  (p.  46).  Le  di[)tère  qui  attaque  les 
Anthémis,  le  Phytomyza  gemculata,  attaque  également  les  Ciné- 
raires. M.  Chifflot  a  pu  constater  l'identité  de  la  maladie  dans 
les  cultures  florales  du  parc  de  la  Tête  d'Or.  Il  a  laissé  s'opérer, 
dans  des  feuilles  coupées  de  Cinéraires,  les  transformations  de 
l'insecte,  et  il  a  obtenu  une  mouche  semblable  à  celle  qui  est  la 
cause  destructive  des  Anthémis. 

La  propagation  de  la  maladie  s'est  faite  par  suite  de  la  pré- 
sence dans  la  même  serre  et  placés  directement  au-dessus  les 
uns  des  autres  de  pieds  d'Anthémis  et  de  Cinéraires,  les  pre- 
miers étant  déjà  atteints,  les  seconds  sains.  La  contagion  a  été 
si  rapide  qu'il  a  fallu  enlever  de  suite  les  Anthémis.  Il  importe 
donc  de  ne  jamais  mettre  en  contact  ces  deux  plantes. 

Le  traitement  des  plantes  contaminées  a  été  indiqué  par 
Sorauer,  qui  recommande  d'arracher  et  de  brûler  les  individus 
atteints  ;  il  en  est  un  autre  moins  radical^  préconisé  par  M.  Mohr, 
et  qui  consiste  à  combattre  l'insecte  avec  une  solution  composée 
d'eau  pure  ou  savonneuse  contenant  par  litre  50  grammes  de 
teinture  alcoolique  ou  ammoniacale  de  fleurs  de  Pyrèthre  de 
Dalmatie,  solution  que  l'on  emploie  en  pulvérisations. 

Journal  des  Roses,  numéro  de  février  1895. 

Rose  Souvenir  de  Madame  Eugène  Verdier  (figure  coloriée). 
Obtenue  en  1891,  par  M.  Pernet  Ducher,  de  la  Rose  Lady  Mary 
Fitz  William,  fécondée  par  la  Rose  Madame  Chédane  Guînois-' 


196  REVUE    DES    PUBLICATIONS. 

seau,  elle  est  classée  dans  la  série  des  hybrides  de  thé.  C'est  un 
arbuste  vigoureux.  La  fleur,  portée  sur  un  pédoncule  ferme,  est 
grande,  très  pleine,  de  forme  ovale  avec  les  pétales  recourbés 
en  arrière.  Le  coloris  est  blanc  électrique  avec  fond  jaune  safran 
parfois  ombré  de  jaune  plus  foncé.  Cette  belle  Rose  a  obtenu 
avec  trois  autres  variétés  inédites,  un  premier  prix  à  l'Expo- 
sition universellede  Lyon,  concours  temporaire  de  juin  1894. 

Revue  générale  de  botanique,  15  janvier  et  15  février  1895. 

Résultats  des  expériences  faites  au  Laboratoire  de  Biologie 
végétale  de  Fontainebleau  sur  laction  de  Veau  du  sol  dans  ta 
végétation  des  plantes,  par  M.  Edmond  Gain. 

Le  sous-sol  est  un  réservoir  qui  absorbe  les  excédents  d'humi- 
dité dans  les  temps  de  grande  pluie  et  fournit  l'eau  dans  les 
époques  de  grande  sécheresse.  Le  sol  tassé  perd  plus  d'eau  par 
évaporation  que  le  sol  meuble.  L'humidité  favorise  la  fixation 
de  l'ammoniaque  ;  les  ferments  ne  travaillent  que  dans  les  sols 
aérés  et  humides.  Les  tubercules  à  bactéries  des  Légumineuses 
qui  jouent  aussi  un  rôle  dans  la  fixation  de  l'azote,  sont  infini- 
ment plus  nombreux  et  plus  développés  dans  un  sol  humide  que 
dansune  terre  non  arrosée.  Des  expériences  faites  sur  le  Haricot, 
Y  Eriger  on  et  le  Lupin,  cultivés  en  pots  pour  éliminer  l'influence 
du  sous-sol,  dans  les  six  types  de  terre  arable  :  sable,  argile, 
calcaire,  terre  de  bruyère,  terre  de  jardin)  afin  de  connaître  la 
résistance  des  plantes  à  la  sécheresse,  il  résulte  que  dans  l'argile 
il  a  fallu  plus  de  10  p.  100  d'eau  pour  empêcher  le  Lupin  de 
succomber;  il  suffit  dans  le  sable  de  0,8  p.  100.  Il  existe  donc 
une  énorme  différence  entre  l'eau  nécessaire  à  un  sol  argileux  et 
celle  qui  est  nécessaire  à  un  sol  sablonneux  pour  empêcher  les 
plantes  de  périr  par  la  sécheresse. 

Revue  horticole,  numéro  du  1*^'  février  1895. 

Pavot  d'Orient  vivace  varié ,  par  M.  S.  Mottet,  p.  58.  — Les  Pa- 
paver  orientale  et  6rac^e«/ww,  plantes  superbes,  très  recherchées 
pour  rornement  des  jardius,  n'avaient,  jusqu'à  ce  jour,  produit 


PUBLICATIONS    ÉTRANGÈRES.  197 

aucune  varialion  sensible  dans  le  coloris  de  leurs  tleurs.  D'après 
l'auteur,  la  maison  Vilmorin  et  C  aurait  obtenu  toute  une 
série  de  métis  aux  coloris  les  plus  inattendus,  pour  la  plupart 
fort  remarquables,  allant  du  blanc  presque  pur  en  passant  par 
le  rose,  le  rouge  clair,  l'écarlate,  le  rouge  amarante,  leponceau, 
le  rouge  brun,  pour  arriver  au  lilas,  au  mauve,  au  lie  de  vin  et 
jusqu'au  violet  rougeâtre. 

l""  Publications  étrangères, 

par  M.  P.   Hariot. 

The  Gardeu.  —  Les  numéros  du  mois  de  février  contiennent 
entre  autres  articles  intéressants  une  liste  des  arbres  et  des 
arbustes  qui  ont  reçu  en  1894  des  certificats  de  mérite  de  la 
Société  royale  d'horticulture.  Nous  y  remarquons  parmi  beau- 
coup d'autres  les  végétaux  suivants  nouveaux  ou  peu  connus  : 
Loropelalurn  chinense  (Hamamélidée),  ^Azalea  albirans,  Bhodo- 
(kndron  rhomhicum  (Japon),  Lilas  Madame  Lemoine^  Pieris  for- 
niosa  du  Népaul,  Magnolia  parviflora^  Fagus  rotundifolia^  Rubus 
japonicus  frirolor,  Vitis  Coignetix,  Veronica  cupressoides  et 
lycopodioides.  A  signaler  encore  un  nouveau  Lychnis  auquel  on 
a  donné  le  nom  de  L.  fias  Cuculi plenissima ^  une  variété  élégante, 
à  fleurs  très  doubles  du  vulgaire  Lychnis  de  nos  prairies. 

The  Gardener's  Chronicle.  —  Parmi  les  plantes  nouvelles 
toujours  assez  abondamment  signalées  ou  décrites,  il  nous  faut 
citer:  Aspldium  basi  attentiatiim ,  de  la  Jamaïque;  Lycaste 
Sk'mneri  Madame  Steinmetz^  qui  a  fleuri  chez  M.  Steinmetz,  à 
Bruges  ;  Cypripedium  Wolterianum^  voisin  de  C.  Loivii  qui  paraît 
être  un  hybride  naturel  entre  C.  Loivii  et  une  autre  espèce 
restée  inconnue.  Ses  fleurs  ont  la  dimension  de  celles  du  C.  Lowli 
dont  elles  ont  la  grâce  et  la  beauté.  Parmi  les  hybrides  auxquels 
le  CLowii  3i  donné  naissance,  c'est  du  C.  macvopterum  (G.  Lo- 
wii  X  superbiens)  que  le  C.  Wolterianum  se  rapprocherait  le 
plus  ;  C.  Magdalena,  dont  l'origine  n'est  pas  exactement  connue  ; 
C.  y^Félix  Faure  (G.  Godefroypp  X  callosum) auquel Tobtenteur, 
M.  Dallemagne  a  donné  le  nom  du  Président  de  la  République. 


198  REVUE    DES    PUBLICATIONS. 

Revue  de  l'horticulture  belge  et  étrangère.  —  Le  Lilium 
auratum  flore  semipleno  dont  il  est  question  dans  le  numéro  de 
février,  a  été  remarqué  par  M.  Pynaert,  dans  la  collection  de 
M.  Mechelynck  et  étudié  par  M.  Baker.  Les  divisions  du  pé- 
rianthe  sont  au  nombre  de  neuf,  tandis  que  les  étamines  sont 
réduites  à  trois,  les  trois  autres  a3ant  été  remplacées  par  des 
segments  floraux.  A  bientôt  le  Lis  doré  à  fleurs  tout  à  fait 
doubles. 

Le  même  journal  donne  quelques  renseignements  sur  Y Aris- 
tolochia  gigantea^  var.  Sturtevanti^  dont  les  fleurs  sont  les  plus 
grandes  du  genre  Aristoloche.  L'inflorescence  mesure  jusqu'à 
1™,04,  et  le  bouton  floral  n'a  pas  moins  de  56  centimètres  de 
circonférence;  la  fleur  épanouie,  27  centimètres  de  diamètre,  et 
la  longueur  du  limbe,  32  centimètres. 

A  lire  une  note  sur  l'utilisation  de  ta  vase  des  étangs,  qu'il  faut 
préparer  avant  de  l'employer  mélangée  par  lits  successifs  avec 
de  la  chaux  vive,  qui  en  se  dilatant  communique  au  compost 
une  certaine  porosité. 

Gartenflora.  —  Le  numéro  du  1®^"  février  donne  la  description 
et  le  mode  de  culture  du  lulipa  Sprengeri,  petite  espèce  d'Anato- 
lie  où  elle  fut  découverte  par  M.  MuhlendorfP.  La  bulbe  est  petite, 
brun  foncé  presque  noir,  la  hampe  est  élancée,  haute  d'environ 
30  centimètres;  les  feuilles,  trois  à  quatre  fois  plus  longues  que 
larges,  étroites  et  linéaires,  d'un  vert  gris  marqué  à  la  face 
supérieure  d'une  teinte  bleuâtre  à  peine  sensible;  la  tige  est 
lisse;  la  fleur  est  grande,  à  divisions  aiguës,  étoilées,  d'un  rouge 
écarlate  éclatant,  ne  présentant  de  taches  d'aucune  sorte.  Le 
lulipaSprengeri  est  sans  contredit  la  plus  belle  des  nombreuses 
espèces  décrites  en  ces  dernières  années  et  dont  elledifl'ère  par 
sa  hampe  mince,  ses  fleurs  écarlates  très  tardives.  A  Naples,  le 
T.  Gesneriana,  cultivé  à  côté  ou  dans  les  mêmes  conditions,  est 
déjà  défleuri  depuis  près  d'un  mois,  quand  le  T.  Sprengeri  entre 
en  fleurs.  D'après  M.  Sprenger,  il  serait,  en  raison  de  ses  fleurs 
consistantes  et  qui  se  succèdent  pendant  longtemps,  très  avanta- 
geux pour  la  fleur  coupée. 

D'un  article  de  M.  Kretschmann-Pankow  relatif  à  des  expé- 


PUBLICATIONS    ÉTRANGÈRES.  199 

riences  culturales,  entreprises  sur  le  Primula  sinensis^  il  résul- 
terait que  «  Crimson  Model  »  est  la  variété  qui  fleurit  la  pre- 
mière, puis  viennent  :  Double  prince  de  Galles,  Lillac  Queen, 
Holhorn  rose.  D'après  ie  même  expérimentateur,  New  Holborn 
Magenta  serait  une  des  meilleures  variétés  obtenues  jusqu'à 
ce  jour,  grâce  à  ses  fleurs  très  larges,  d'un  pourpre  foncé  écla- 
tant et  toujours  uniformes. 

Neuberts  Garten  Magazin  (1895,  n°  8)  contient  un  long 
article  de  M.  Fleisckack,  horticulteur  à  Wormbrun  (Silésie),  sur 
les  Cactées  rustiques.  Jusqu'à  ces  dernières  années  on  ne  cul- 
tivait guère  comme  espèces  rustiques  que  :  Opuntia  conian- 
chica,  Rafinesquei  et  missouriensis.  Depuis,  l'explorateur  Pui'pus 
a  rapporté  des  montagnes  du  Colorado  plusieurs  plantes  nou- 
velles, qui  varient  depuis  le  jaune  clair  jusqu'au  pourpre 
intense,  en  passant  par  l'orangé  et  le  rose  tendre.  En  outre  des 
Opuntia,  il  existe  dans  la  même  région  des  Cereus,  des  Echina- 
cactus  et  des  Mamillaria.  Les  espèces  introduites  par  Purpus 
sont  les  suivantes,  qui  sont  mises  au  commerce  :  Cereus  pkœnir 
cens  Engelm.,  à  fleur  orangé  écarlate  foncé,  avec  reflets  bru- 
nâtres; Echinocactus  glaucus  Schum.,  fleur  d'un  beau  rose  et 
très  grande;  Mamillaria  Purpusii  Schum.,  globuleux,  allongé, 
à  épines  serrées  et  à  fleurs  roses;  M,  Spathiana  Schum..  plus 
globuleux  et  aplati;  M.  mtssou7iensis  Sv^eet.,  iplanle  gUuH|ue,  à 
coussinets  oblongs;  fleurs  grandes,  jaune  paille  verdâlre. 

Il  existe  encore  six  autres  Opuntia,  qui  n'ont  pas  encore  été 
déterminés,  à  fleurs  jaunes,  roses  et  rouge  foncé. 

Il  est  probable  que  d'autres  Cactées  rustiques  seront  encore 
signalées,  principalement  dans  l'ouest  des  États-Unis  qui  n'a 
encore  été  exploré  que  d'une  manière  très  incomplète.  . 


200  PLANTES   NOUVELLES    OU    PEU    CONNUES. 

PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES 

DÉCRITES    OU,  FIGURÉES 
DANS    LES    PUBLICATIONS    FRANÇAISES    ET    ÉTRANGÈRES 

1.  Publications  françaises. 
par  M.  D.  Rois. 

Catalpa  speciosa  Warder  (Bignoniacées),  Revue  horticole, 
numéro  du  16  mars  1895,  planche  coloriée,  p.  136. 

Remarqué  pour  la  première  fois,  par  M.  le  W  J.  A.  "Warder, 
de  Cincinnati,  dans  les  rues  de  Dayton  (Ohio),  où  Ton  en  avait 
planté  quelques  pieds. 

Cet  arbre  superbe  mérite  une  place  d'honneur,  dans  les  parcs 
et  les  jardins.  Il  est  remarquable  par  sa  haute  taille,  la  préco- 
cité de  sa  floraison,  l'ampleur  de  ses  corolles,  presque  du  dou- 
ble plus  grandes  que  celles  du  Catalpa  bignomoides  (Catalpa 
commun).  Des  exemplaires  déjà  beaux  fleurissent  chaque 
année  à  Segrez,  l'arbre  ne  craint  rien  des  hivers;  M.  André  Ta 
vu  supporter  sans  broncher  26  degrés  centigrades  en  Touraine. 

Les  différences  entre  cette  espèce  et  le  C.  bignoyiioldes  ressor- 
liront  par  la  comparaison  des  diagnoses  ci-dessous  données 
par  M.  le   professeur   Sargent  : 

C.  bignomoides  (C.  syringsefolia).  Fleurs  en  panicules  serrées, 
multiflores;  corolle  fortement  ponctuée  à  l'intérieur.  Fruit  grêle. 
Feuilles  légèrement  acuminées. 

C.  speciosa.  Fleurs  en  panicules  lâches,  pauciflores;  corolle 
moins  ponctuée.  Fruit  gros.  Feuilles  acuminées  cuspidées. 

Clerodendron  splendens  G.  Don  (Verbénacées).  Le  Jardin, 
numéro  du  5  février  1895,  figure  noire^  p.  30. 

Originaire  de  l'Afrique  occidentale,  cette  plante  a  été  intro- 
duite en  Angleterre  et  décrite  pour  la  })remière  fois  en  1842; 
elle  n'est  donc  pas  nouvelle;  sa  floraison  dans  les  serres  du 
Muséum  a  donné  à  M.  Gérome  l'idée  d'appeler  une  fois  de  plus 
l'attention  sur  elle. 

C'est  un  arbrisseau  sarmenteux,  glabre,  à  feuillage  persis- 


PUBLICATIONS    FRANÇAISES.  201 

tant,  d'un  beau  vert,  à  fleurs  écarlate  éblouissant,  disposées  en 
panicules;  on  l'emploie  avec  avantage  pour  garnir  les  piliers  ou 
les  chevrons  des  serres  chaudes. 

Deutzia  discolor  HemsI.,  var.  puhpurascens  Franch.  (Phila- 
delphées).  Revue  horticoh,  numéro  du  1"  février  1895,  planche 
coloriée,  p.  64. 

M.  Marc  Micheli  décrit  cette  charmante  plante  dont  le  Muséum 
reçut  les  graines  de  M.  l'abbé  Delavay,  missionnaire  au  Yunnan. 
Ces  graines,  arrivées  en  France  en  1888,  donnèrent  naissance  à 
des  individus  dont  la  première  floraison  fut  observée  en   1889. 

Le  D.  discolor  purpurascens  est  un  arbuste  de  \  mètre  de 
hauteur  environ,  à  rameaux  grêles,  cylindriques;  les  feuilles, 
brièvement  pétiolées,  longues  de  "2  à  3  centimètres,  sont  ovales, 
finement  dentelées,  d'un  vert  plus  clair  en  dessous,  couvertes 
surtout  à  la  face  inférieure,  de  petites  écailles  blanchâtres.  Les 
grappes  axillaires  sont  lâches,  pauciflores,  longues  de  4  à  5  cen- 
timètres. Les  fleurs  ont  environ  1o  millimètres  de  diamètre;  les 
lobes  du  calice,  lancéolés  aigus,  sont  persistants  ;  le?  pétales  lar- 
gement ovales-obtus,  sont  blancs,  lavés  de  rose  à  l'intérieur, 
rosés  et  écailleux  à  l'extérieur.  Les  étamines  ont  le^filel  très 
large,  pétaloïde.  largement  bilobé  au  sommet.  La  capsule  qua- 
driloculaire  a  de  2  à  4  millimètres  de  diamètre  et  reste  cou- 
ronnée des  lobes  du  calice. 

Cette  petite  espèce  se  prête  à  la  décoration  des  parterres  ou 
des  premiers  rangs  des  bosquels;  elle  a  supporté  un  gel  dépas- 
sant 14  degrés  chez  M.  Marc  Micheli. 

Pseudotsuga  Douglasii,  var.  glaucescens  (Conifères).  Revue 
horticole,  numéro  du  16  février  1893,  planche  coloriée,  p.  88. 

Arbre  découvert  par  Rœzl,  vers  1856,  dans  les  montagnes  de 
Las  Crucès  (Mexique)  et  auquel  il  a  donné  les  noms  Âhies 
glauca.A.  glaucescens,  A.  Tlapalcatuda. 

L'auteur  de  la  note,  M.  le  D^  Em.  Bailly,  dont  l'horticulture 
déplore  la  perte  récente,  ne  voit  dans  cette  plante  qu'une  variété 
du  Sapin  de  Douglas,  le  Pseudotsuga  Douglasii^  dont  elle  ne  dif- 
fère en  définitive  que  par  la  couleur  de  son  feuillage  et  par  celle 


202  PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES. 

de  son  cône  encore  jeune.  Quoi  qu'il  en  soit,  elle  possède  au  plus 
haut  degré  les  dons  faits  pour  charmer  l'œil  et  pour  plaire: 
noblesse  du  port,  amples  proportions,  feuillage  d'une  teinte  aussi 
étrange  que  belle,  rusticité  à  toute  épreuve.  Ce  qui  fait  surtout 
son  mérite,  c'est  cette  teinte  incomparable  d'argent  mat,  à  peine 
nuancée  de  bleuâtre,  dont  on  ne  peut  se  faire  une  idée  juste 
qu'en  la  voyant. 

Rhododendron  ciliicalyx  Franch.  (Ericacées).  Le  Jardin, 
numéro  du  5  mars  1895,  figure  noire,  p.  51. 

Espèce  nouvelle  récoltée  au  Yunnan  par  M.  l'abbé  Delavay,  qui 
en  a  envoyé  les  graines  au  Muséum.  Elle  a  fleuri  cette  année 
pour  la  première  fois,  et  a  été  présentée  à  la  séance  du  24  janvier 
de  notre  Société,  par  M.  Maxime  Cornu.  , 

Le  R.  ciliicalyx  est  voisin  du  B.  Veitchianum\  c'est  un  petit 
arbrisseau  à  feuilles  coriaces,  lépidotes,  revêtues  de  poils  roux 
dans  le  jeune  âge.  Les  Qeurs  sont  remarquables  par  leur  calice  à 
divisions  bordées  de  longs  cils  blancs,  et  par  leur  corolle  de 
6  centimètres  de  longueur  sur  10  centimètres  de  diamètre,  d'abord 
d'nn  rose  très  pâle,  puis  blanche  après  l'épanouissement  com- 
plet, à  divisions  ondulées  crispées  sur  les  bords,  exhalant  une 
suave  odeur  rappelant  celle  du  Jasmin.  Cette  espèce  exige  la 
serre  froide  sous  le  climat  de  Paris  ;  comme  les  R.  de  l'Hima- 
laya elle  sera  rustique  dans  l'ouest  et  dans  le  midi  de  la  France. 

Robinia  neo- mexicana  Asa  Gray  (Légumineuses-Papiliona- 
cées).  Revue  horticole^  numéro  du  1^^  mars  1895,  planche  colo- 
riée, p.  112. 

Croît  depuis  le  Colorado,  dans  la  vallée  [de  la  Purgatory  River, 
jusqu'au  Mexique  du  Nord  et  aux  montagnes  de  Santa  Catalina  et 
de  Santa  Rita  dans  l'Arizona,  à  des  altitudes  variant  entre 
1,200  et  2^000  mètres  au-dessus  du  niveau  de  la  mer;  on  l'a 
retrouvé  aussi  dans  l'Utah,  près  de  Kanak,  au  Mont  Zion  Canon 
et  sur  les  bords  du  Rio  Virgen. 

Découvert  en  1851  dans  le  Nouveau  Mexique,  par  le  D""  Thur- 
ber,  ce  n'est  qu'en  1882  qu'il  fut  introduit  dans  les  cultures, 
grâce  aux  soins  de  l'Arnold  Arboretum.  Il  paraît  avoir  fleuri 


PUBLICATIONS   ÉTRANGÈRES.  203 

pour  la  première  fois  en  Europe  à  Zoeschea  (Allemagne), 
dans  i'Arboretum  du  D''  Dieck,  au  printemps  1891.  Deux  ans 
plus  tard,  il  fleurissait  aux  Barres  (Loiret),  dans  le  parc  de 
M.  Maurice  de  Vilmorin,  où  il  prospère. 

C'est  un  petit  arbre  de  8  à  10  mètres  de  hauteur  ou  parfois 
un  arbrisseau  peu  élevé,  à  écorce  brun  clair,  à  feuilles  très 
longues  relativement  à  leur  largeur,  atteignant  jusqu'à  30  centi- 
mètres de  longueur,  à  pétiole  pubescent,  portant  8  à  10  paires 
de  folioles  écartés,  oblongues  elliptiques,  obtuses  mucronées  ou 
un  peu  échancrées  au  sommet,  pubescentes,  brunes  en  dessous, 
d'abord  blanchâtres  en  dessus,  puis  vert  pâle,  glabres,  de 
contexture  molle,  à  côte  et  pédicelle  pubérulents.  Stipules  par- 
cheminées, couvertes  de  longs  poils  soyeux,  de  25  à  30  milli- 
mètres de  long,  et  passant  à  la  consistance  d'aiguillons  robustes 
ou  d'épines  rouges  ou  brunes.  En  mai-juin^  grappe  serrée, 
courte,  multiflore,  à  rafle  hispide  glanduleuse  comme  les  pédi- 
celles  courts  et  le  calice.  Corolle  rose  pâle  ou  très  pâle,  à  large 
étendard. 

1.  Publications  étrangères 
par  M.  P.  Hariot. 

Richardia  Pentlandii  R.  Whyte.  —  R.  de  Pentland.  —  Bota- 
nical  Magazine,  tab.  7397.  —  Basutoland  (Aroïdées). 

Plante  dressée,  à  feuilles  ovales-cordiformes  acuminées,  pro- 
longées au  sommet  en  appendice  caudiforme,  à  sinus  basilaire 
ouvert,  à  lobes  arrondis,  à  côte  épaisse,  à  spathe  safranée 
largement  disposée  en  entonnoir  (infundibuliforme),  lâchement 
enroulée  dans  un  tiers  de  son  étendue,  légèrement  rugueuse  inté- 
rieurement, à  orifice  dilaté,  à  sommet  recourbé  subulé  à  bords 
recourbés,  marquée  à  la  base  et  à  l'intérieur  d'une  tache  pourpre 
foncé,  feuilles  non  maculées. 

Cette  nouvelle  espèce  du  pays  des  Basutos  appartient  avec  le 
Richardia  œthiopica  à  un  groupe  caractérisé  par  ses  feuilles 
cordiformes  à  la  base.  Un  second  groupe  à  feuilles  hastées 
renferme  les  R.  albo  maculata,  hastala  et  melanoleuca.  Les 
R.  angustiloba  d'Angola,  Rehmaniana  et  Elliottiana  sont  encore 


:204  PLANTES   NOUVELLES    OU   PEU    CON.NUES. 

imparfaitement   connus.    Il   pourrait  se   faire  que  la  dernière 
espèce  ne  fût  qu'une  variété  du  R.  albo-maculata. 

Le  B.  Pentlandii  a  été  introduit  par  M.  Whyte  et  a  fleuri  en 
mai  1892. 

Aloe  brachystachys  Baker.  —  A.  à  épi  court.  —  Botanical 
Magazine,  lab.  7399.  —  Zanzibar  (Liliacées). 

Tronc  allongé,  simple;  feuilles  formant  une  rosette  serrée, 
ensiformes,  longues  de  un  pied  et  demi  à  deux  pieds,  d'un  vert 
pâle,  non  tachées,  parsemées  sur  les  bords  d'aiguillons  deltoïdes, 
concolores,  de  dimensions  moyennes;  pédoncule  floral  flexueux 
allongé;  grappe  florale  simple,  compacte,  à  pédicelles  allongés 
ascendants,  articulés  au  sommet;  bractées  rondes,  petites; 
pérlanthe  cylindrique  d'un  rouge  pâle  et  vert  au  sommet,  à  lobes 
lingulés  plus  courts  que  le  tube;  étamines  légèrement  saillantes 
à  la  fin. 

Cette  nouvelle  espèce  a  été  envoyée  de  Zanzibar  par  sir 
J.  Kirk  en  1884  et  a  fleuri  pour  la  première  fois  à  Kew  en  jan- 
vier 1894.  Elle  est  étroitement  alliée  aux  Aloe  abyssïnka  et 
lïttoralis. 

Musa  Hillii  F.  Mueller.  —  Bananier  de  Hill.  --  Botanical  Ma- 
gazine, tab.  7401.  —  Queensland  (Scitaminées  —  Musées). 

Tronc  élancé,  robuste,  stolonifère;  feuilles  assez  longuement 
pétiolées,  linéaires,  oblongues,  étalées,  cunéiformes  à  la  base; 
épi  robuste,  dressé,  chargé  de  fleurs  serrées;  bractées  ovales, 
disposées  en  corymbe,  d'un  jaune  verdâtre,  brunes  et  obtuses  au 
sommet;  fleurs  mâles  très  nombreuses,  à  dents  du  calice 
recourbé,  courtes  et  obtuses,  les  latérales  plus  développées  et 
pourvues  d'un  appendice  fusiforme  un  peu  rugueux,  à  corolle 
linéaire-oblongue  légèrement  aiguë;  fleurs  femelles  à  ovaire 
ovoïde  Irigone  plus  court  que  le  périanthe  des  fleurs  mâles; 
stigmate  assez  développé,  trilobé  ;  fruits  bacciformes  très  serrés 
ovoïdes^  trigones,  tronqués;  graines  très  nombreuses,  petites, 
anguleuses,  fortement  déprimées. 

Quatre  espèces  de  Bananiers  sont  actuellement  connues  dans 
l'Australie  tropicale  :  les  M.  Banksii,  Fitzalani,  Charlioi  et 
Hilln.  Peut-être,  quand  on  les  connaîtra  mieux,  s'apercevra-t-on 


FURLICATIONS    FRANÇAISES.  205 

que  quelques-unes  sont  identiques    à  des  espèces  malaises  ou 
des  îles  du  Pacifique. 

Le  M.  Hillii  a  été  envoyé  à  Kew  eu  1889,  par  M.  Bailey, 
botaniste  colonial,  et  y  a  fleuri  en  décembre  1893. 

Catasetum  Lindeni  Cogniaux.  —G.  de  Linden.  —  Lindenla 
janvier-février  1895,  tab.  cdliii  —  Sine  loco  ^Orchidées). 

Pseudobulbes  robustes,  allongés,  coniques;  feuilles  lancéo- 
lées; grappes  multiflores;  fleurs  larges  ;  sépales  membraneux^ 
obovales-oblongs,  brièvement  acuminés,  le  dorsal  dressé,  les 
latéraux  divergents  à  angle  droit,  arqués  en  avant;  pétales 
semblables  aux  sépales,  un  peu  divergents,  rapproches  du  sépale 
dorsal;  Libelle  infère,  épais,  charnu  et  rigide,  largement  subor- 
biculaire-réniforme,  à  bord  légèrement  ondulé,  légèrement 
échancré  au  sommet_,  en  forme  de  sac  large  profond  très  obtus 
au  fond;  colonne  allongée,  marquée  d'un  long  bec  à  sa  pai'lie 
supérieure,  à  antennes  allongées  divergentes  et  lisses. 

Les  pétales  et  les  sépales  sont  jaunâtres  ou  jaune  blanchâtre, 
maculés  de  pourpre  vif;  le  labelle  est  d'un  jaune  nuancé  de  vert 
extérieurement  et  plus  vif  à  l'intérieur  maculé  également,  la 
colonne  est  blanchâtre  et  couverte  de  petites  macules  pourpre 
très  vif. 

Catasetum  Luciani  Cogniaux.  —  G.  de  Lucien  Linden.  — 
Lindenia,  id.  tab.  cdliv  —  Sine  loco  (Orchidées). 

Sépales  oblongs-lancéolés,  assez  longuement  acuminés,  le 
dorsal  dressé,  les  latéraux  divergents  à  angle  presque  droit 
arqués  en  avant;  pétales  semblables  aux  sépales_,  un  peu  diver- 
gents, rapprochés  du  sépale  dorsal;  labelle  infère,  épais, 
charnu,  rigide,  sémiorbiculaire  à  angles  de  la  base  obtus,  à  bords 
très  entiers  et  légèrement  ondulés,  presque  en  sac  large  peu 
profond  largement  arrondi  au  fond  ;  colonne  allongée  à  long  bec 
supérieur,  à  antennes  allongées,  divergentes  et  lisses. 

Sépales  pourpre  foncé  nuancé  de  vert  ;  pétales  vertblanchàtre, 
lavés  de  pourpre  et  pourprés  au  sommet,  maculés  dans  la  moitié 
inférieure;  labelle  blanchâtre  nuancé  vert  d'eau  tendre  ver? 
la  cavité  du  sac;  colonne  blanche, 


206  PLANTES    NOUVELLES    OU    PEU    CONNUES. 

Peut-être  comme  le  C.  Lmdenï  un  hybride  naturel  des 
C.  Bungerothi  et  macrocarpum. 

Catasetum  splendens  Gogniaux. 

Variétés  :  1°  \lbum  Gogniaux  Ziwrfewia  id.  tab.  cdlv.  Sépales 
blanc  verdàtre;  pétales  plus  longuement  acuminés  que  dans 
le  type,  blancs  à  peine  nuancés  de  vert;  labelle  très  finement 
denticulé,  fimbrié  aux  bords,  à  sac  jaunâtre  au  fond,  d'un  beau 
blanc  laiteux  dans  les  autres  parties. 

2°  Atropurpureum,  id.  tab.  cdlvi.  Pétales  étroits,  obovés  et 
sépales  très  courtement  acuminés  etd'un  pourpre  foncé;  labelle 
un  peu  plus  petit  que  dans  le  type,  suborbiculaire,  pourpre  foncé, 
à  sac  large  et  arrondi  au  fond,  jaunâtre  et  légèrement  maculé 
de  pourpre;  colonne  jaunâtre  supérieurement,  pourpre  foncé 
dans  le  bas. 

3°  Aliciœ,  id.  tab.  cdlvii.  Fleurs  un  peu  plus  grandes;  sépales 
et  pétales  longuement  acuminés,  entièrement  teintés  de  rose  vif; 
labelle  subréniforme,  partiellement  et  très  finement  denticulé, 
lacéré  aux  bords,  d'un  beau  blanc,  à  bords  légèrement  nuancés 
de  rose  en  avant,  à  sac  légèrement  jaunâtre  au  fond. 

Catasetum  mirabile  Gogniaux.  —  G.  admirable  —  Lindeiiia, 
id.  tab.  CDLvni  —  Sine  loco  (Orchidées). 

Pseudobulbes  robustes,  allongés,  coniques;  feuilles  lancéolées; 
grappes  mulliflores  ;  fleurs  larges  ;  sépales  membraneux,  étroits, 
oblongs,  assez  longuement  acuminés,  marqués  de  nombreuses 
nervures,  un  peu  divergents,  rapprochés  du  sépale  dorsal; 
labelle  infère,  épais,  charnu,  rigide,  presque  semi-orbiculaire  à 
angles  de  la  base  arrondis,  à  bords  très  entiers  ou  insensible- 
ment denticulés,  un  peu  échancrés  au  sommet,  en  forme  de  sac 
large,  profond,  arrondi  au  fond;  colonne  allongée  marquée  au 
sommet  d'un  long  bec,  a  antennes  allongées,  divergentes  et  lisses. 

Sépales  jaune  ^^erdâtre;  pétales  très  minces,  jaune  très  pâle, 
nuancés  de  vert  et  maculés  de  poupre  foncé;  labelle  jaune  d'or 
vif  à  l'intérieur,  à  peine  nuancé  de  vert  extérieurement;  colonne 
luisante,  jaune  pâle  supérieurement  et  rouge  foncé  inférieu- 
rement. 


AVIS. 


207 


Nous  nous  empressons  de  porter  à  la  connaissance  des 
membres  de  la  Société,  la  communication  suivante,  qui  vient  de 
nous  être  adressée  et  qui  peut  intéresser  certains  d'entre  eux. 

Le  27  avril  1895,  à  une  heure  et  demie  après  midi,  il  sera 
procédé  publiquement,  dans  une  des  salles  du  Conseil  de  Préfec- 
ture (Palais  du  Tribunal  de  Commerce),  par  le  Préfet  de  la  Seine 
ou  son  délégué,  en  présence  de  deux  Conseillers  municipaux,  du 
Receveur  municipal  et  de  l'Ingénieur  en  chef  des  Promenades,  à 
l'adjudication  en  treize  lots,  au  rabais,  sur  soumissions  cache- 
tées, de  l'entreprise  des  Travaux  à  exécuter  pour  le  transfère- 
ment  du  Fleuriste  de  la  Muette  au  Fonds-des-Princes ,  savoir  ; 


des 

LOTS 


NATURE   DES  TRAVAUX 


Pavage  en  grès  et  en  bois,  granit,  as- 
phalte, bitume  et  égouts 

Peinture,  vitrerie  et  tentures  (y  compris 
les  serres 

Parquetage 

Menuiserie 

Canalisation  pour  le  gaz 

Couverture,  plomberie  et  fontaiucrie  .    . 

Charpente 

Terrasse,  maçonnerie  et  carrelage.    .    .    . 

Ferronnerie,  serrurerie  et  soimérie  ordi- 
naire des  bâtiments  à  l'exclusion  des 
serres  

Ferronnerie,  serrurerie  et  sonnerie  ordi- 
naire des  serres  à  Pélargonium  (mesu- 
rant 3m,10i 

Ferronuerie,  serrurerie  et  sonnerie  ordi- 
naire, serre  de  4°»,90  dite  à  Orchidées, 
orangerie  et  serre  adossée 

Ferronnerie,  serrurerie  et  sonnerie  ordi- 
naire, serres  à  Azalées  et  Ficus  (mesu- 
rant 12m, 12) 

Ferronnerie,  serrurerie  et  sonnerie  ordi- 
naire, grandes  serres  à  Palmiers  (15™, 60 
de  largeur! 


MONTANT 

de  la 

DÉPENSE 


tr.       0. 
22.480  63 


18.204  89 

12.832  36 

44.626  59 

25.000  » 

59.775  50 

72.285  18 

712,129  08 


100.978  75 
213.888  » 
133.357  .. 
162.936  18 
101.726  80 


CAUTlilN- 
NEMENT 


800 

700 

500 

1.500 

800 

2.000 

2.400 

24.000 


4.000 
7.000 
4 .  500 
5.500 
3.500 


FRAIS 


450 

380 
310 
710 

460 

900 

1 .  060 

9.080 


1.440 
2  830 
1.820 
2.190 
1.510 


Le  cahier  des  charges  et  le  bordereau  des  prix  sont  déposés  à 
l'Hôtel  de  Ville  (Bureau  de  la  Voie  publique,  des  Promenades, 
des  Plantations  et  de  l'Eclairage),  où  l'on  pourra  en  prendre 
connaissance  tous  les  jours  (les  dimanches  et  fêtes  exceptés),  de 
\\  heures  à  4  heures. 


Le  Secréiaire-rédacteur-gérant^ 
D.  Bois. 


Paris.  —  Imprimerie  L.  Marethrux,  1,  rue  Cassette. 


208 


OBSERVATIONS  MÉTÉOROLOGIQUES. 

MARS  1895 


Observations  météorologiques  faites  par  M.  F.  Jamin,  a  Bourg-la-Relne, 
PBÈs  Paris  (altitude  :  63™). 


TEMPERATURE 


Min. 


—  3.9 


U.6 
—  1,^ 


-  4,9 

-  2,9 

—10,-2 

-  6,5 

—  î,9 

—  0.7 

0.5 

—  0,1 

0,5 

2;i 

1,0 

-  4,2 

—  2,2 

—  Û.i 

-  3;o 

-  1,3 
6,2 
6,6 

8,6 
4,9 
8,3 


6,1 


6,0 

3,9 

1,? 

0,3 


Max. 


:,6 

6,1 
3,0 


3  1 


4.0 
5,0 
9,0 
8,2 

6,1 

8,3 

i4,3 
3,4 
8.2 
10.6 
12,7 
12,2 
14,0 
12,0 
10,0 
13,3 

10,2 
15.2 
13,1 

10,2 

12.2 

15,2 

15,1 


11,1 
12  2 

12,3 


HAUTEUR 

du  baromètre 


763 


755 
750 


753 


761 
761 
758 
754 

751,5 
750,5 

748 

745 

768,5 

772,5 

770,5 

767,5 

765,5 

764,  5 

759 

761,5 

761 
763 
756,5 

750,5 

745 

748 

7i3 

745 
745 

751 


754.5 
752' 


756,5 

760,  5 

760.5 
760 
755,5 
751 

751,5 
749 

741 

763,5 

771,5 

771,5 

768,5 

766 

765 

752,5 

761,5 

760,5 

762 
760,5 

755,5 

744 
749 
743 
744,5 

749 
749,5 

752.5 


VENTS 

dominants 


XO.  0.  nSO. 

N.  XO.  X. 
NO.  X. 


XNO.  X. 

XO.  N. 

E. 

SSE    F.  0. 

S.  SE. 

SE.  S. 

S.  SSE. 
E. 

NE. 

X.  NNE. 

XE. 

XXE. 

iNE. 

E. 

S. 

0. 

NXO. 

ENE. 

XO. 
SE. 

so. 
oso. 

0, 

s.  so.  0. 

0. 

<). 

S(>. 


ÉTAT   DU   CIEL 


Clair  lie  grand  malin,  nuageux,  cou- 
vert le  soir. 

Couv.  quelques  éclaircies  l'apr.-midi. 

Neige  dans  la  nuit  et  dans  la  mati- 
née, couvert,  nuageux  laprès-midi  e! 
le  soir. 

Neige  dans  la  nuit,  giboulées  de  neige 
toute  la  journée,  nuageux  le  soir. 

Xeige  daus  la  nuit,  nuageux,  il  vol- 
tige cfe  la  neige. 

Nuageux  le  matin,  clair. 

Très  nuageux  le  matin,  couvert. 

Nuageux. 

Couvert,  pluie  laprès-midi,  quelques 
éclaircies,  nuageux  le  soir. 

Couvert. 

Brumeux  le  matin,  couvert  et  légi'*- 
remeut  pUiv.  rapr.-midi,  nuag.  le  soir. 

Xuageux. 

Couvert. 

Nuageux,  clair  le  soir. 

Légèrement  brumeux,  ciel  voilé. 

Légèrement   nuageux,  clair  le   suir. 

Légèrement  nuageux,  clair  le  soir. 

Légèrement  brumeux  le  matin,  clair. 

Couvert. 

Couvert  et  pluvieux. 

Pluie  dans  la  nuit,  couvert,  quelques 
éclaircies,  légèrement  pluvieux  le  soir 

Couv.,  légèrement  pluvieux  le  matin 

Couvert  le  matin,  nuageux. 

Couvert  et  pluvieux,  quelques  éclair 
cies  le  soir. 

Pluie  dans  la  nuit  et  presque  toute  la 
journée,  quelques  rares  éclaircies. 

Pluie  dans  la  nuit  et  dans  la  matinée 
nuageux. 

Pluie  assez  abondante  dans  la  nuit  el 
une  partie  de  la  matinée,  très  nuageux 

Pluie  presque  touts  la  nuit,  nuageux 
plusieurs  grains  Taprès-midi,  dont  ur 
avec  grêle,  grand  vent. 

Nuageux,  plusieurs  grains,  dont  un 
avec  grêle. 

Presque  clair  le  matin,  nuageux,  quel 
ques  grains  et  coups  de  tonnerre  l'apr. 
midi. 

Couvert  de  grand  matin,  nuageux  el 
légèrement  pluvieux. 


AVIS    DIVERS 

Médaille  du  Conseil  d'Administration.  —  Pour  i'introduclion 

ou  l'obloniion  de   Plantes  ornementales  reconnues  méritanles 
après  culture  en  Fran3e. 

Les  Horticulteurs  français,  obtenteurs  ou  introducteurs  de 
Plantes  reconnues  méritantes,  peuvent  adresser  au  Comité  com- 
pétent leur  demande  en  vue  de  prendre  part  au  concours  pour 
ce  prix.  De  leur  côté,  les  Membres  des  Comités  peuvent  propo- 
ser les  Plantes  qu'i.s  jugent  dignes  du  même  prix.  A  la  fin  de 
chaque  année,  il  sera  désigné,  s'il  y  a  lieu,  dans  le  sein  de 
chaque  Comité  compétent,  un  Membre  chargé  de  faire  un 
Rapport  circonstancié  sur  la  ou  les  plantes  qui  sont  de  nature  à 
déterminer  Taltribution  de  la  médaille. 


La  Société  nationale  d'Horticulture  de  France  a  décidé  de  tenir 
une  Exposition  iiilernatioiiale  du  22  au  28  mai  1895. 
Un  Congrès  international  horticole  aura  lieu  à  la  même 
époque. 


OFFRES   ET  DEIVIANDES  D'ElVIPLOi 

Un  registre  est  ouvert  aux  bureaux  de  l'Agence  de  la  Société  pour 
l'inscription  des  offres  et  des  demandes  d'emploi. 

Le  Conseil  d'adniini^^lration  prie  les  sociétaire>  qui  auraient 
besoin  de  jardiniers  pour  maisons  bourgeoises  ou  d'employés  pour 
maisons  de  commerce  horticoles  de  bien  vouloir  consnller  ce  ref^istre. 


AVIS  RELATIF  AUX  CONCOURS  EN  SÉANCE 

Des  Concours  spéciaux  pour  les  Orchidées  ont  lieu  à  la 
seconde  séance  des  mois  de  février,  avril,  juin  et  novembre. 
Les  personnes  qui  désirent  y  prendre  part  sont  ténues  d'a- 
dresser, huit  jours  à  l'avance,  à  l'Agent  de  la  Société,  rue  de 
Grenelle,  84,  l'expression  de  leur  intention. 


Série  III.  ï.  XVII.  Cahier  d  avril,  publié  le  10  mai  189o 


210  CHRONIQUE. 

CONCOURS  OUVERTS  DEVANT  LA  SOCIÉTÉ  EN  1895. 

Concours  permanent. 

Prix  Laisné.  Pour  l'élève  le  plus  méritant  de  l'École  d'Horticulture 
des  Pupilles  de  la  Seine.  (V.  le  Journal,  3^  série,  IV,  1882,  pp.  631 
et  753.) 

Concours  annuels. 

Médaille  Pellier.  Pour  le  plus  beau  lot  de  Pentslemon. 

Prix  Jouhert  de  VHiberderie.  —  Le  10  janvier  1889,  le  Conseil 
d'Administration,  se  conformant  au  vœu  émis  par  le  D'"  Joubert 
de  l'Hiberderie,  dans  son  testament,  a  ouvert  un  Concours  pour 
un  prix  de  2,500  francs  à  décerner  au  nom  de  ce  généreux 
donateur.  Ce  prix  est  destiné  à  un  ouvrage  publié  récemment 
et  imprimé  ou  manuscrit,  sur  THorticulture  maraichère,  l'Arbo- 
riculture et  la  Floriculture  réunies,  considérées  dans  leurs 
usages  journaliers  et  les  plus  pratiques.  Le  concours  est  perma- 
nent et  le  prix  peut  être  décerné  chaque  année. 

Si  l'êuvrage  présenté  au  concours  est  manuscrit,  il  devra  être  aussi 
succinct  que  possible  et,  si  son  auteur  obtient  le  prix,  il  sera 
tenu  d'en  faire  la  publication  dans  le  délai  d'un  an  (Voyez  le 
Journal,  3^  série,  XI,  1889,  p.  5  et  81). 


CHRONIQUE 


Exemption  des  droits  d'octroi  pour  les  produits  des- 
tinés à  l'Exposition  internationale  d'Horticulture.  —  Un 
décret  paru  dans  le  Journal  officiel,  n°  du  3  avril  et  dont  le 
texte  est  reproduit  p.  220  constitue  en  entrepôt  réel  des  douanes 
l'emplacement  affecté  à  l'Exposition  internationale,  au  jardin  des 
Tuileries.  Les  produits  seront  expédiés  directement  sur  les 
locaux  de  l'Exposition,  sous  le  régime  du  transit  international 
ou  du  transit  ordinaire,  par  tous  les  bureaux  ouverts  à  ces 
transits.  Les  expéditions  auront  lieu  sans  visite  à  la  frontière. 
Toutefois,  l'introduction  des  plantes  et  arbustes  ne  pourra  avoir 
lieu  que  par  les  bureaux  spécialement  désignés  à  cet  effet,  et 
sous  les  conditions  stipulées  par  le  décret  du  28  août  1882. 

Rusticité  de  quelques  plantes  ligneuses  ou  suffrutes- 
centes  nouvelles  ou  peu  répandues.  —  Il  était  intéressant 


CHRONIQUE.  2U 

de  savoir  comment  se  sont  comportées,  cet  hiver,  les  plantes  de 
plein  air  d'introduction  récente  ou  encore  rares  dans  les  cultures. 
Voici,  pour  le  Muséum,  où  l'on  a  relevé  des  températures  de 
i  6  ou  18  degrés  au-dessous  de  zéro,  les  constatations  qui  ont 
été  faites. 

Lqs  Syringa  pvbescens^  Fmodirosea,  Llgustrina  pekinensis  et 
L.  japonica  ont  parfaitement  résisté. 

Le  Deutzia  discolor  s'est  tout  à  fait  bien  maintenu  en  plein 
air,  sans  aucun  abri. 

Le  Caryopteris  Mastacanthus  ne  paraît  pas  s'être  ressenti  des 
gelées. 

Le  Polygonum  baldschuankum^  présenté  à  la  Société  natio- 
nale d'Horticulture  en  septembre  1894,  serait  encore  plus  résis- 
tant qu'on  ne  le  pensait  :  les  tiges  principales  suffisamment 
durcies,  ne  paraissent  nullement  gelées. 

Le  Buddleia  variabilis^  présenté  à  la  même  séance,  a  très  bien 
passé  l'hiver  en  pleine  terre,  simplement  abrité  d'un  coffre  et 
d'un  châssis. 

VEhretia  serrata  a  été  gelé  jusqu'au  ras  du  sol. 

Le  Spirœa  mille folium  a  bien  résisté  sous  un  simple  capuchon 
de  paille. 

Le  Phillyrea  décora  (P.  Vilmoriniana)  (P.  laurifoUa)  a  con- 
servé son  beau  feuillage;  il  s'est  montré  aussi  rustique  que  le 
Houx  et  le  Buis  communs  (L.  Henry,  Le  Jardin), 

La  culture  de  la  Pomme  de  terre  au  dix-huitième 
siècle.  —  Dans  son  numéro  du  30  mars,  la  Revue  scientifique 
publie  un  document  établissant  que  la  culture  de  ce  précieux 
tubercule  avait  pris  un  très  grand  développement  dans  le  pays 
de  Liège,  sous  le  nom  de  «  Poire  de  terre  »  dès  la  première 
moitié  du  xviii^  siècle. 

Le  commerce  des  Perce-neige  à  Londres.  —  Le  départe- 
ment de  Loir-et-Gher  expédie  tous  les  ans  de  grandes  quantités 
de  Perce-neige  en  Angleterre,  où  cette  plante  est  recherchée. 
Les  marchands  de  Perce-neige  consentent  à  payer  une  indemnité 
de  5  à  10  francs  par  hectare,  aux  propriétaires  des  bois  où  se 
cueillent  ces  fleurs.  La  cueillette  se  fait  à   la  tâche  et  se  paie  à 


^12  CHRONIQUE. 

raison  de  5  centimes  le  bouquet  de  la  grosseur  d'un  bouquet  de 
Violettes  ordinaire  [Journal  d'Agriculture  pratiqué). 

Exposition  printanière  à  Londres.  —  L'Exposition  prin- 
tanière  qui  se  tient  annuellement  dans  les  jardins  de  la  Société 
royale  de  Botanique,  Regent's  Park,  Londres,  est  toujours  d'un 
attrait  considérable.  L'emplacement,  la  qualité  des  lots  exposés 
font  que  les  visiteurs  y  affluent  à  chaque  occasion.  Cette  Société 
tient  régulièrement  deux  Expositions  chaque  année,  une  en  été, 
où  les  Roses  cultivées  en  pots  forment  généralement  le  «  clou  » 
de  la  cérémonie,  et  celle  qui  vient  d'avoir  lieu  et  qui  est  plus 
spécialement  consacrée  aux  plantes  bulbeuses.  Vu  la  rigueur  de 
l'hiver  dernier,  celles-ci,  quoique  nombreuses,  étaient  moins 
bien  représentées  que  de  coutume.  On  y  remarquait  cependant 
de  superbes  Amaryllis  et  Cyclamen,  ainsi  que  les  magnifiques 
Rhododendron  de  Java,  de  la  maison  Veitch,  et  comme  toujours, 
une  certaine  quantité  d'Orchidées  venant  des  meilleures  collec- 
tions anglaises. 

Il  y  a  également  eu  exposition  au  Palais  de  Cristal  et  au  siège 
de  la  Société,  et  il  est  à  noter  que  dans  chaque  cas  les  visiteurs 
étaient  nombreux  (G.  Schneider). 

L'Œuvre  des  orphelins  de  jardiniers  en  Angleterre.  — 

Le  vendredi  5  avril  a  eu  lieu  le  banquet  annuel  de  l'institutiou 

du  Gardener's  Orphan  fimd  ayant  pour  but  de  venir  en  aide  aux 

orphelins  des  jardiniers  privés  et  des  directeurs  d'établissements 

horticoles,  maraîchers,  etc. 

Cette  institution  fut  fondée  en  commémoration  du  jubilé  de  la 
reine  Victoria  en  1887,  par  M.  Penny,  alors  jardinier  du  prince 
de  Galles  qui,  dit-if,  est  heureux  de  voir  «  la  bouture  enracinée 
et  bien  établie  ».  M.  H.-J.  Veitch  qui  présidait  la  cérémonie, 
eut  la  bonne  fortune  de  recueillir  à  la  fin  du  banquet  et  par 
quête  la  modique  somme  de  800  livressterling,  soit  10,000  francs. 
C'est  une  bonne  œuvre  bien  soutenue  (G.  Schneider). 

La  production  des  fruits  en  Californie.  —  Après  la 
période  de  l'or,  est  venue  pour  la  Californie  la  période  des 
céréales  ;  maintenant  la  production  des  fruits  forme  sa  principale 
richesse.  Vers  le  milieu  de  ce  pays  s'étend  une  immense  région 


CHRONIQUE,  213 

favorisée  par  la  nature  et  jouissant  d'une  température  moyenne 
de  16  à  18  degrés  centigrades.  On  y  voit  avec  surprise  les  fruits 
de  la  zone  tempérée  croître  à  côté  des  produits  de  régions 
presque  tropicales;  l'Oranger  avec  le  Pommier  et  le  Cerisier; 
telles  sont  les  riches  vallées  de  «  Sacramento  »  et  de  «  San 
Joaquin  ».  Il  faut  noter  aussi  comme  centres  de  production  les 
vallées  de  «  Santa  Rosa,  Pajaro  et  Santa  Gruz  ».  En  raison  des 
différences  de  situation  et  d'altitude,  les  procédés  de  culture 
sont  fort  variés;  mais,  en  général,  l'irrigation  est  une  des'con- 
dilions  du  succès;  pour  cet  objet,  un  admirable  système  de 
canalisation  couvre  le  pays. 

L'extrême  production  a  produit  une  grande  baisse  des  prix  ; 
il  y  a  quelques  années,  paraît-il,  on  pouvait  réaliser  un  béné- 
fice annuel  de  100  à  500  livres  sterling  par  acre  (40  ares),  sur 
une  plantation  de  Pruniers,  Poiriers  ou  Abricotiers.  Dans  tous 
les  centres  de  production,  de  puissantes  Sociétés  se  sont  établies 
pour  remballage  et  l'exportation  de  ces  fruits,  qui,  achetés  aux 
producteurs,  sont  soigneusement  emballés  dans  des  boîtes  et 
assortis  par  variétés  et  par  grosseur. 

Dans  un  établissement,  à  San  José,  on  prépare  jusqu'à 
300  tonnes  de  fruits  séchés,  par  jour,  surtout  des  Poires, 
Prunes,  Abricots  et  Cerises. 

Les  Oranges,  Limons  et  Olives  se  trouvent  surtout  dans  les 
régions  du  sud  de  la  Californie;  leurs  nombreuses  variétés 
donnent  des  produits  remarquables.  On  cultive  également  sur 
une  grande  échelle,  l'Amandier,  le  Grenadier,  etc. 

La  culture  des  graines  prend  aussi  beaucoup  d'extension,  de 
même  la  culture  de  la  Betterave,  Pomme  de  terre  et  Haricot. 
(Extrait  du  rapport  de  M.  Berkmans  présenté  à  la  Société 
d'Agriculture  du  comté  de  Richmond,  États-Unis.) 

L'hiver  1894-1895  en  Suisse.  —  Les  Rosiers  thés  sont  perdus 
dans  presque  tous  les  jardins  où  ils  n'ont  pas  été  abrités.  Les 
Magnolias,  les  Laurelles,  les  Bambous,  les  Laurier  d'Apollon, 
les  Fusains,  ont  le  feuillage  grillé  mais  repousseront  sans  doute. 

La  neige,  qui  a  recouvert  le  sol,  a  préservé  toutes  les  plantes 
vivaces  et  quant  aux  plantes  alpines  elles  se  portent  merveil- 


214-  CHRONIQUE. 

leusement,  En  somme  s'il  a  été  long  et  particulièrement  rigou- 
reux, cet  hiver  n'aura  pas  tué  beaucoup  de  plantes  et  il  ne  faut 
pas  trop  en  médire  (H.  Gorrevon). 

L'Exposition  horticole  de  Genève  en  1896.  —  L'horticul- 
ture suisse  se  prépare  à  fêter  dignement  la  grande  solennité  de 
sa  seconde  Exposition  nationale,  à  Genève  en  1896.  A  cette 
occasion,  il  a  été  établi  un  concours  de  plantes  nouvelles  et  cela, 
grâce  à  un  legs  fait  à  la  Société  d'Horticulture  de  Genève  par 
M.  R .  Estalla,  membre  fondateur  de  la  dite  Société  :  ce  concours 
portant  le  nom  de  Concours  Estalla. 

Un  emplacement  très  favorable  a  été  affecté  à  cette  partie  de 
l'Exposition  nationale  et  sera,  du  1*^'  mai  afin  octobre,  un  parc 
richement  fleuri  comptant  son  parterre  français,  son  jardin  alpin 
avec  chalet  du  club  alpin  suisse  au  sommet,  ses  cours  d'eau,  sa 
pépinière,  son  vignoble,  ses  serres,  ses  plantes  aquatiques,  etc. 
(H,  Gorrevon). 

Les  Haricots  verts  à  Paris.  —  Le  mois  de  mars  a  été  pro- 
pice aux  cultivateurs  de  Haricots  verts.  Aux  Halles  centrales  de 
Paris  cette  primeur  s'est  vendue  jusqu'à  34  francs  le  kilogramme. 
De  petites  caisses  de  100  grammes,  expédition  de  la  Belgique, 
ont  été  adjugées  de  3  fr.  50  à  4  francs  chaque.  [Moniteur  de 
V  horticulture.) 

L'hiver  1894-1895  en  Belgique.  —  En  attendant  que  nous 
puissions  communiquer  des  résultats  certains,  signalons  quel- 
ques faits  qui  sont  à  notre  connaissance.  Les  Rosiers,  Rhododen- 
drons, Aucubas,  Lauriers-cerises,  Houx,  la  plupart  des  Conifères 
[Ciipressus  Laivsoni,  Biota  orientalis,  Thuja  Lobbi  Thuyopsis 
dolabrata,  Abies  canadensis,  Taxus  hibernica,  Abies  Nordman- 
niana)  sont  fort  endommagés  dans  les  régions  de  l'est.  Ge  sont 
les  Aucubas,  Lauriers-cerises,  Rhododendron  ponticum^  Evonymus 
qui  ont  le  plus  souffert  dans  tout  le  pays.  Toutes  les  parties  des 
Conifères  et  des  Rosiers  qui  ont  été  recouvertes  par  la  neige  sont 
naturellement  assez  bien  sinon  bien  conservées.  Il  y  a  des  choses 
singulières  à  relever.  Dans  rétablissement  Jacob-Makoy  et  G^% 
de  Liège,  se  trouvent  des  planches  de  Lauriers-cerises  placées 
côte  à  côte,  c'est-à-dire  séparées  entre  elles  par  de  petits  sentiers. 


CPRONTOUE.  215 

Toutes  les  planches  ont  été  couvertes,  le  même  jour,  de  nattes 
d'emballage  et  l'on  constate  aujourd'hui  que  presque  toutes  les 
plus  fortes  plantes  sont  abîmées  ou  gelées,  tandis  que  les  plan- 
ches de  petites  plantes  (30  à  40  centimètres  de  hauteur)  sont 
restées  parfaitement  saines,  n'ont  pas  une  feuille  touchée. 

De  Rosiers  à  tige,  il  n'en  faut  plus  parler  chez  nous,  tout  ou 
presque  tout  est  gelé. 

Les  Bignonia,  Pêchers,  Prunus  Pissa7'di  sont  très  fortement 
atteints.  Les  boutons  des  Azalea  pontica,  mollis  et  rustica  fl.  pi. 
sont  presque  tous  gelés  ;  il  en  est  de  même  pour  les  Rhododen- 
drons ;  ont  échappé,  ceux  qui  étaient  bien  couverts.  Les  variétés 
déhcates  de  Rhododendron  sont  complètement  détruites. 

Les  arbres  fruitiers  ont  souffert  beaucoup,  sauf  dans  le  Tour- 
naisis  où  cependant  les  Rosiers  et  les  Artichauts  sont  perdus, 
ainsi  que  les  Houx  et  les  Aucubas;  le  Tournaisis  n'a  pas  trop  à 
se  plaindre  de  l'hiver  (Ch.  de  Bosschere). 

Semis  d'Odontoglossum.  — Pour  la  première  fois,  en  Bel- 
gique, nous  avons  à  consigner  les  heureux  effets  de  l'hybridation 
des  Odontoglossufn;  à  la  fois,  chez  un  amateur,  M.  A.  van 
Imschoot,  et  un  horticulteur,  M.  Ch.  Vuylsteke,  tous  deux  des 
environs  de  Gand.  Le  premier  a  hybride  1*0.  luteo-purpureum 
par  rO.  Harryanum;  de  jeunes  plants  ont  levé;  un  d'eux  a 
déjà  formé  une  troisième  feuille;  la  graine  a  levé  trois  ou  quatre 
mois  après  le  semis.  Le  second  a  fécondé  entre  eux  les  0.  1ns- 
leayi  leopardinum  et  crispuni,  dont  vingt  jeunes  sujets,  et  VO. 
crispum  et  Harryanum,  dont  un  seul  plant  a  continué  à  pousser; 
il  a  formé  sa  quatrième  feuille.  Ces  deux  heureux  obtenteurs  ont 
fait  des  observations  intéressantes.  M.  van  Imschoot  avait  placé, 
sous  le  fruit  mûr  de  la  plante-mère,  un  grand  exemplaire 
d'Odontoglossum,  dans  l'espoir  de  recueillir  les  graines,  au 
moment  de  leur  dispersion;  il  n'a  rien  récolté  sur  ce  pot,  mais 
bien  sur  un  premier  placé  à  1  mètre  de  distance,  et  sur  un  second 
placé  à  5  mètres  de  là.  Chez  M.  Vuylsteke,  les  graines  ont  germé 
au  bout  de  deux  mois;  il  avait  semé  un  peu  partout  dans  ses 
serres  et  de  toutes  les  façons  imaginables  sans  obtenir  le  moindre 
résultat;  un  jour,  il  a  pris  une  feuille  de  papier  sur  laquelle  il  a 


216  CnRONIQlK. 

réuni  ses  graines;  il  Ta  secouée  au-dessus  de  ses  Odordoglossuni, 
à  la  volée  pourrait-on  dire;  il  a  obtenu  les  21  sujets  susmen- 
tionnés! (Ch.  de  Boeschere). 

Cattleya  maxima  grandiflora.  —  A  rtiorticulture  Inteina- 
tionale  de  Bruxelles,  nous  avons  vu  une  inflorescence  séchée  de 
ce  beau  Cattleya  comptant  vingt  et  une  fleurs!  Elle  avait  été 
envoyée  du  pa3's  d'origine.  Une  trè^  importante  importation  en 
est  faite  par  cette  Société.  (Ch.  de  Bosscbere). 

Canna  La  France.  —  Nouvelle  variété  présentée  par  M.  Grozy 
à  la  Société  d'Horticulture  pratique  du  Rhône.  C'est  le  premier 
sujet  d'une  nouvelle  série  de  Canna  à  fleurs  régulières  rappe- 
lant celles  des  Imatophyllum.  Dans  le  C.  La  France  les  pétales 
au  nombre  de  6  ou  7  (rarement  5),  mesurent  8  centimètres  de 
long  sur  4  de  large;  ils  sont  colorés  en  rouge  minium  vif, 
veiné  et  nuancé  de  vermillon  devenant  plus  clair  sur  les  bords. 
{Journal  de  la  Soc.  d'Hort.  pratique  du  Rhône). 

L'hiver  1894-1895  en  Alsace -Lorraine,  —  Les  effets  de  la 
gelée  sur  les  végétaux,  pendant  l'hiver  que  nous  venons  de  tra- 
verser ont  été  désastreux  dans  nos  contrées  ainsi  que  l'on  peut 
s'en  rendre  compte  par  l'examen  des  tableaux  ci-dessous. 

Dans  la  province  Rhénane,  le  Palatinat,  la  Bavière  les  pertes 
sont,  paraît-il,  encore  plus  grandes. 

Végétaux  gelés  complètement  : 

Ahelia^  Azara  rnicrophylla,  Bridgeda  spicata,  Coriaria,  Car- 
diandra  aiterni/olia,  Elxagnus  à  feuilles  persistantes,  Diplo- 
pappus  chrysopJiyllus,  Evonymus  japonicus  et  ses  variétés, 
Garrya,  Bydrangea  Hortensia^  Lavrus  nobilis,  Leycesteria  for- 
mosa,  Ligusirwn  japonicum  et  ses  variétés,  Olea  ilicifolia, 
Olearia  Hastii,  Olearia  deniata,  Othera  japonica,  Phlomis,Podo- 
cytisus  caramanicus,  Raphiolepis  ovata,  Skimmia,  Thermopsis 
nepalensis^  Viburnum  Tinus. 

Gelées  jusqu'au  niveau  de  la  neige  :  Deutzia,  beaucoup  de 
Spirœa,  Weigelia,  Amygdalus^  Armeniaca,  Bignonia^  Jasminum, 
Aucuha,  Berheris  à  feuilles  persistantes,  Broussonetia,  Wistaria, 
Cercis,  Ceanothm,  Cydoniajaponica^  Genista,  Cor?//ws  (atteints  au 
collel),  Cotoneaster,  Cytisus,  Forsythia,  Hedera,  Hibiscus,  Hypc- 


CHRONIQUE.  -m 

ricuniy  Ilex,  Laurocerasus,  Ligustrum  ovalifoUum,  L'igustruin 
chineuse,  Morus,  Pieonia  arb<yrea,  Persica,  Phillyrea,  Pholinia, 
Platanus  (jeunes  sujets  en  pépinière),  Pterocarya,  Rhamnus  à 
feuilles  persistanles,  Ihiscus,  Rhododendron,  Rihes  sanguineum, 
Tamarix,  Rosiers. 

Pêchers,  Abricotiers,  Amandiers,  beaucoup  de  variétés  de 
Poiriers  et  de  Pruniers. 

Feuilles  persistantes  légèrement  atteintes  du  côté  du  soleil  : 
Mahonia,  Buxus. 

Magnolia  à  feuilles  caduques  ont  perdu  les  boutons,  mais  le 
bois  et  les  yeux  sont  intacts. 

Ont  résisté  :  Hydrnngea  panicidata,  Philadelphus,  beaucoup 
de  Spiriea,  et  Rihes,  Phellodendron  amurense,  Acer,  excepté 
colchiciim  ruhrwn,  ^sculus,  Ainus,  Amelanchier,  Arnorpha, 
Prnnns  triloba,  Asimina,  Retula,  Caragana^  Clematis,  Cratfegus, 
Evonymus  europ.^rus  et  ses  variétés,  Fagus,  Fraxinns^  Gledits- 
chia,  Liriodendron,  Negundo,  Parrotia  persica,  Pavia,  Popnlus, 
Quercus,  Robinia,  Salix,  excepté  S.  babylonicaj  Sorbus,  Sophora^ 
Syringa,  Tilia^  Ulmus. 

Pommiers,  beaucoup  de  variétés  de  Pruniers  et  de  Cerisiers. 

Conifères. 

Ont  résisté  :  Abies  concolor,  A.  sibirica,  A.  Fraseri. 

Chamœcyparis  obtusa,  C.pisifera,  C .  plumosa,  C .  sphcrroidea, 
et  leurs  variétés. 

Juniperus,  Larix,  Picea^  Pinus  (presque  toutes  les  espèces  et 
variétés),    Thuya^    Thuyopsis,    Torreya,    Tsuga    (forts    sujets). 

Ont  souiïert  :  La  plupart  des  Abies,  Cedrus,  Cephalotaxus, 
Chamipcyparis  Boursieri  et  ses  variétés,  Cryptomeria,  Taxns, 
Tsuga  (jeunes  sujets),  Wellingtonia. 

(Y.  Jouin,  Planlières,  près  Metz.) 

Le  jardin  royal  de  Laeken  (Belgique).  —  L'hiver  rigou- 
reux a  détruit  en  grande  partie  les  Rhododendrons,  Aucubas, 
Lauriers-cerises, ^^er/^'?W5,  Mahonia  et  Rosiers  du  domaine  royal 
de  Laeken.  Les  Houx  ont  assez  bien  résisté  ;  les  Rhododendrons 
du  Caucase  n'ont  pas  souffert;  le  directeur  des  parcs  et  des 


218  PROCÈS-VERBAUX. 

jardins  royaux,  M.  H.  Knight  est  d'avis  que  seuls,  ceux-là 
méritent  d'être  cultivés  dans  les  grands  jardins;  selon  lui,  le 
Rhododendron  Prince-Camille  de  Rohan  est  condamné  à  dispa- 
raître des  cultures. 

Les  gigantesques  Palmiers  qui  ornent  le  grand  jardin  d'hiver 
du  roi  Léopold  II  ont  été,  l'an  dernier,  déplantés  et  changés  de 
place.  Ce  travail  très  hasardeux  et  chanceux,  a  été  mené  à 
bonne  fin  sous  la  direction  de  M.  Knight;  les  résultats  obtenus 
sont  brillants  et  dignes  d'être  consignés.  (Ch.  de  Bosschere). 

Conservation  des  Lauriers  en  Belgique.  —  MM.  Desmet 
frères  de  Ledeberg-Gand,  ont  parfaitement  conservé,  l'hiver  der- 
nier, leurs  Lauriers,  sous  un  simple  abri  couvert  de  toile  gou- 
dronnée et  chauffé  au  moyen  du  vieux  système  des  tuyaux  à 
fumée.  Plusieurs  Todpci  africnna  ont  de  même  victorieusement 
résisté  aux  assauts  redoutables  de  la  température  sibérienne. 

Avant  de  livrer  les  boutures  enracinées  de  Lauriers  à  l'air 
libre,  ces  mêmes  horticulteurs  les  font  passer  par  des  bâches 
formées  de  briquettes  qui  serviront  plus  tard  à  alimenter  les 
foyers  des  chaudières.  Ils  les  couvrent  de  simples  nattes  jusqu'à 
ce  qu'elles  soient  bien  aoûtées.  Yoilà  une  ingénieuse  utilisation 
des  briquettes  qu'il  ne  faut  plus  mettre  en  tas  en  attendant  le 
moment  de  leur  emploi  normal,  c'est  donc  de  la  place  gagnée. 
(Ch.  de  Bosschere). 


PROCES -VERBAUX 


SÉANCE     GÉNÉRALE     DU     11     AVRIL     1895 

Présidence  de  HI.  Henri  de  Vilmorin,  premier  Vice-Président. 

La  séance  est  ouverte  à  trois  heures.  On  y  compte  150  mem- 
bres titulaires  et  15  honoraires. 

Le  procès-verbal  de  la  dernière  séance  est  lu  et  adopté. 

iV.  B.  —  La  Commission  de  Rédaction  déclare  laisser  aux  auteurs 
des  articles  admis  par  elle  à  l'insertion  dans  le  Journal  la  responsa- 
bilité des  opinions  qu'ils  y  expriment. 


SÉANCE  DU  11  AVRIL  1895.  219 

M.  Huard,  Trésorier,  donne  lecture  de  son  rapport  sur  les 
comptes  de  l'exercice  1894.  Par  un  vote  unanime  TAssemblée 
donne  son  approbation  à  cet  important  document  rédigé  avecla 
plus  grande  clarté. 

Au  nom  de  la  Société  tout  entière  M.  le  Président  adresse  de 
vifs  remercimenls  à  M.  Huard. 

Il  donne  ensuite  la  parole  à  M.  Delessard,  rapporteur  de  la 
Commission  de  contrôle.  Dans  son  rapport,  cette  Commission 
constate  l'excellente  gestion  financière  de  la  Société  ;  elle  adresse 
de  chaleureux  éloges  à  l'honorable  Trésorier  si  bien  secondé 
par  son  Trésorier-adjoint.  Par  des  applaudissements  unanimes, 
l'Assemblée  montre  qu'elle  associe  ses  éloges  à  ceux  de  la  Com- 
mission de  contrôle. 

M.  le  Président  remercie  M.  Delessard  et  tous  les  membres  de 
la  Commission  qu'il  représente.  La  Société  nationale  d'Horticul- 
ture de  France  est,  dit-il,  heureuse  de  compter  dans  son  sein 
des  personnes  si  compétentes  et  si  dévouées. 

M.  Huard,  Trésorier,  donne  ensuite  lecture  du  projet  de  budget 
pour  l'année  1895,  déjà  approuvé  par  le  Conseil  d'administra- 
tion :  mis  aux  voix,  ce  projet  est  adopté  à  l'unanimité  : 

M.  le  Président  proclame  l'admission  de  sept  nouveaux  mem- 
bres titulaires  présentés  dans  la  séance  précédente.  11  annonce 
que  le  Conseil  d'administration  a  admis  deux  nouvelles  dames 
patronnesses. 

Il  exprime  de  vifs  regrets  sur  une  perte  que  la  Société  vient 
d'éprouver  par  le  décès  de  M.  Finet  (Auguste-Alexandre-Fré- 
déric), de  Paris,  membre  titulaire. 

M.  le  Secrétaire  général  donne  lecture  de  la  correspondance 
qui  comprend  : 

A.  Correspondance  manuscrite  : 

Lettre  de  M.  le  Ministre  du  Commerce  et  de  l'Industrie  annon- 
çant  que   les   produits   destinés  à  l'Exposition   d'Horticulture 


220  PROCÈS-VERBAUX. 

seront  exempts  des  droits  d'octroi.  Le  décret  suivant,  paru  dans 
le  Ji^irnal  Officiel  du  2  avril,  sera  certainement  favorablement 
accueilli  par  nos  exposants  : 

«  Le  Président  de  la  République  française. 

Sur  le  rapport  du  Ministre  du  Commerce,  de  l'Industrie,  des 
Postes  et  des  Télégraphes,  et  d'après  l'avis  conforme  du  Ministra 
des  Finances  et  du  Ministre  de  l'Agriculture; 

Vu  les  articles  4  et  34  de  la  loi  du  17  décembre  1814  : 

Vu  l'article  4  de  la  loi  du  5  juillet  1836  ; 

Vu  les  articles  1  et  2  de  la  loi  du  15  juillet  1878  et  du  décret 
en  du  28  août  1882, 

Décrète  : 

Article  premier.  —  L'emplacement  affecté  à  l'Exposition 
internationale  d'Horticulture,  au  jardin  des  Tuileries,  est  cons- 
titué entrepôt  réel  des  douanes. 

Art.  2.  —  Les  produits  destinés  à  cette  exposition  seront  expé- 
diés directement  sur  les  locaux  de  l'exposition  sous  le  régime  du 
transit  international  et  du  transit  ordinaire  par  tous  les  bureaux 
ouverts  à  ces  transits.  Les  expéditions  auront  lieu  sans  visite  à 
la  frontière. 

Toutefois  l'introduction  des  plants  et  arbustes  ne  pourra  avoir 
lieu  que  par  les  bureaux  spécialement  désignés  à  cet  effet,  et 
sous  les  conditions  stipulées  par  le  décret  du  28  août  1882. 

Art.  3.  —  Le  Ministre  du  Commerce,  de  l'Industrie,  des  Postes 
et  des  Télégraphes^,  et  le  Ministre  des  Finances  sont  chargés, 
chacun  en  ce  qui  le  concerne,  de  l'exécution  du  présent  décret, 
qui  sera  publié  au  Journal  officiel  et  inséré  au  Biillelin  des  lois. 

Fait  à  Paris,  le  1"  avril  1895, 

FÉLIX  Faure. 

Par  le  Président  de  la  République  : 

Le  Ministre  du  Commerce,  de  l'Industrie^ 
des  Postes  et  des  Télégraphes, 

André  Lebon. 


SÉANCE   DU    11    AVRIL    1895.  221 

B.  —  Correspondance  manuscrite  : 

40  Programme  d'une  exposition  générale  des  produits  de 
l'Horticulture  que  la  Société  régionale  d Horticulture  de  Vin- 
cennes  Wenàvdi  à  Gharenton  (Seine),  du  samedi  7  septembre  1895 
au  lundi  16  inclus. 

2©  Pi'ogramme  de  la  20®  exposition  internationale  de  produits 
de  l'Horticulture  que  la  Société  pour  l'amélioration  de  VHorti- 
culture  et  de  V Agriculture  dans  le  duché  de  JJmbourg  (Pays-Bas), 
tiendra  à  Maëstricht  les  21,  22,  23  et  24  mai  1895. 

C.  —  Ouvrages  destinés  a  la  Bibliothèque  : 

1°  Zé?5  Forêts  de  Chêne  vert,  leur  traitement,  leur  amélioration, 
leur  avenir,  par  M.  V.  de  Larminat,  garde  général  des  forêts. 
Troyes,  1893.  (M.  Maurice  de  Vilmorin  a  été  désigné  pour  en 
faire  l'examen.) 

2°  36^  livraison  du  Dictionnaire  pratique  d'Horticulture  et  de 
jardinage,  par  M.  G.  Nicholson,  traduit,  mis  à  jour  et  adapté  à 
notre  climat  et  à  nos  usages,  etc.,  etc.,  par  M.  S.  Mottet. 

D.  —  Notes  et  rapports  déposés  sur  le  bureau  : 

1°  Production  des  variétés  de  coloration  en  Horticulture  et 
nomenclature  des  principales  couleurs,  par  M.  Viviand  Morel, 
membre  correspondant  ; 

2°  Une  révolution  dans  la  plantation  des  parcs  et  des  jardins, 
par  M.  Ernest  Favret; 

3"  Manière  de  guérir  les  Pêchers  atteints  de  la  gomme,  par 
M.  Pierre  Landais  ; 

4°  Rapport  sur  une  brochure  de  M.  II.  de  Taillasson,  ancien 
inspecteur  des  forêts,  par  M.  Maurice  de  Vilmorin.  Les  conclu- 
sions de  ce  rapport,  demandant  le  renvoi  à  la  Commission  des 
Récompenses,  sont  mises  aux  voix  et  adoptées  par  l'Assemblée. 

M.  le  Secrétaire  général  fait  connaître  les  décisions  de  la  Com- 
mission du  prix  Joubert  de  l'Hiberderie,  qui  s'est  réunie  le 
14  mars  pour  examiner  les  ouvrages  envoyés  pour  concourir 
au  prix  qui  peut  être  décerné  chaque  année,  aux  termes  du 
testament  de  M.  Joubert. 

La  Commission  avait  à  juger  cinq  ouvrages  :  elle  a  attribué 


222  PROCES-VERBAUX. 

une  somme  de  500  francs  à  M.  Mottet,  pour  son  Petit  guide  pra- 
tique du  jardinage;  300  francs  à  M.  Nicolas,  instituteur,  pour 
son  manuscrit  de  Lectures  horticoles  devant  semir  à  un  cours 
d' Horticulture  à  l'Ecole  primaire,  et  enfin  une  grande  médaille 
d'or  à  M.  Gilbert,  pour  un  manuscrit  intitulé  :  L' Horticulture 
dans  ses  origines  sacrées  et  profanes. 

Les  objets  suivants  ont  été  présentés  pour  être  examinés  par 
les  Comités  compétents  : 

Par  M.  M.  de  Vilmorin,  deux  Rosiers  multiflores  nains ^  présen- 
tation très  intéressante  comme  exemple  d'une  précocité  extraor- 
dinaire. Les  deux  petits  sujets,  l'un  à  fleurs  blanches,  l'autre  à 
fleurs  rouges,  ont  été  semés  le  1^*"  mars  1895,  en  serre  chaude; 
ils  ont  été  repiqués  en  serre  chaude  et  ont  fleuri  sous  châssis 
froid  le  28  du  même  mois. 

Par  M,  Boucher,  pépiniériste,  avenue  d'Italie,  101,  à  Paris, 
des  rameaux  fleuris  de  Corylopsis  spicaia,  charmant  arbrisseau 
de  plein  air,  à  floraison  printanière,  encore  peu  répandu  en 
dehors  des  jardins  botaniques. 

Sur  la  proposition  du  Comité  d'arboriculture  d'ornement,  des 
remercimenls  sont  votés  pour  ces  deux  présentations. 

Une  prime  de  première  classe  est  accordée  à  M.  Jamet,  arbo- 
riculteur à  Chambourcy  (Seine-et-Oise),  pour  dix  Poires 
Doyenné  d'hiver,  très  belles  et  bien  conservées. 

M.  Trufl'aut  (Georges)  met  sous  les  yeux  de  l'Assemblée  des 
feuilles  de  Galax  aphylla,  petite  plante  de  la  famille  des 
Diapensiacées,  qui  croit  dans  certaines  parties  de  l'Amérique 
septentrionale;  ces  feuilles,  réniformes,  les  unes  vertes,  les 
autres  pourpres,  sont  recherchées  pour  les  garnitures  de  bou- 
quets et  de  couronnes,  grâce  à  leur  élégance  et  à  leur  longue 
conservation.  Il  s'en  exporte  déjà  des  quantités  considérables. 
Les  feuilles  présentées  par  M.  Truff'aut  ont  été  récoltées  il  y  a 
environ  deux  mois  et  sont  encore  dans  un  parfait  état  de  fraî- 
cheur :  il  est  à  présumer  qu'on  pourrait  les  conserver  pendant 
cinq  ou  six  mois  en  les  maintenant  dans  de  la  mousse  humide. 

L'ordre  du  jour  appelle  l'examen  des  modifications  à  apporter 
au  Règlement  de  la  Société. 


SÉANCE  DU  11  AVRIL  1895.  223 

M.  le  Président  donne  la  parole  à  M.  le  Secrétaire  géne'ral 
pour  faire  connaître  les  propositions  que  le  Conseil  d'administra- 
tion vient  soumettre  à  la  sanction  de  l'Assemblée. 

Une  proposition  tendant  à  ajourner  le  vote  des  modifications 
proposées  n'est  pas  adoptée. 

Suivant  le  désir  de  l'Assemblée,  M.  le  Secrétaire-général  lit 
l'ensemble  des  modifications  projetées  et  l'on  vote  ensuite  sur 
chaque  article. 

On  examina  ainsi,  successivement  : 

L'art.  2,  dont  la  nouvelle  rédaction  est  adoptée,  et  qui  se 
trouve  ainsi  modifié  : 

«  La  Société  se  compose  de  dames  patronnesses,  de  mem- 
bres bienfaiteurs,  de  membres  perpétuels,  de  membres  à  vie,  de 
membres  titulaires,  de  membres  honoraires,  et  de  correspon- 
dants français  et  étrangers. 

«  Les  dames  sont  admises  comme  dames  patronnesses.  Elles 
peuvent  également  faire  partie  de  la  Société  comme  membres 
bienfaiteurs,  membres  perpétuels  ou  à  vie,  membres  titulaires 
et  honoraires  et  membres  correspondants.  )) 

L'art.  9,  auquel  on  ajoute  le  paragraphe  suivant  : 

ce  Les  membres  titulaires  peuvent  racheter  la  cotisation 
annuelle,  soit  par  la  constitution  d'une  rente  de  vingt  francs 
sur  l'État:  dans  ce  cas  il  sont  nommés  membres  perpétuels, 
soit  par  un  versement  unique  de  deux  cent  cinquante  francs  : 
ils  deviennent  alors  membres  à  vie. 

«  Les  dames  patronnesses  peuvent  également  racheter  la  coti- 
sation et  devenir  dames  patronnesses  perpétuelles,  par  la  con- 
stitution d'une  rente  de  vingt-cinq  francs  sur  l'État,  ou  dames 
patronnesses  à  vie,  moyennant  le  versement  d'une  somme  de 
trois  cents  francs. 

«  Seront  nommées  membres  bienfaiteurs,  les  personnes  qui, 
soit  par  dons^  soit  par  legs,  auront  constitué,  au  profit  de 
la  Société,  une  rente  sur  l'Etat  de  cinquante  francs  au  mi- 
nimum. » 

L'art.  25,  dans  lequel  on  intercale  le  paragraphe  suivant. 

«  Toute  proposition  soumise  au  Conseil  et  de  nature  à  entraî- 
ner un  vote  de  crédits,  devra  être  au  préalable  étudiée  par  le 


±2i  PROCÈS-VERBAUX. 

Bureau,  et  mentionnée  expressément  sur  l'ordre  du  jour,  dans 
la  lettre  de  convocation.  » 

L'art.  29,  auquel  on  ajoute  un  nouveau  paragraphe  : 

«  Une  commission  permanente  de  quinze  membres,  délégués 
par  le  Comité  scientifique,  et  les  divers  Comités  de  Culture,  aura 
pour  attribution  :  l'examen  des  engrais  chimiques,  mastics  et 
insecticides,  ainsi  que  les  expériences  nécessitées  par  la  présen- 
tation de  ces  produits.  » 

L'art.  30,  dont  le  2"  paragraphe  se  trouve  modifié  ainsi: 

«  Chacun  des  Comités  peut  élire,  en  outre,  un  ou  deux  Yice- 
Présidents.  » 

L'art.  31,  dont  le  4®  paragraphe  est  maintenant  ainsi  conçu  : 

«  Tout  membre  de  la  Société  peut  assister  aux  séances  de 
chacun  des  Comités,  et  délibérer  sur  les  apports  qui  y  sont 
faits.  Mais,  en  matière  d'élections,  nul  n'a  droit  de  vote  que 
dans  le  Comité  où  il  est  régulièrement  inscrit.  » 

L'art.  32,  au  premier  paragraphe  duquel  on  ajoute  : 

«  Chacun  de  ces  rapports  doit  être  signé  avant  d'être  déposé 
en  séance,  par  le  délégué  ou  les  membres  de  la  Commission, 
ainsi  que  par  le  Président  du  Comité.  >) 

Pour  ce  même  article  32,  on  crée  les  deux  paragraphes  sui- 
vants : 

«  Le  Secrétaire  de  chaque  Comité  tient  note  des  commissions 
nommées  par  le  Comité  auquel  il  appartient  et  en  donne  avis, 
immédiatement,  au  Secrétaire  général  ». 

«  Toute  Commission  ne  pourra  déposer  un  rapport  que 
lorsque  trois  membres,  au  moins,  auront  pris  part  à  ses  travaux.  » 

Art.  nouveau.  —  L'Assemblée  juge  qu'il  y  a  lieu  de  créer  une 
Commission  de  Comptabilité  et  adopte  la  rédaction  d'un  article 
nouveau,  ainsi  conçu  : 

«  Le  Conseil  délègue,  chaque  année,  une  Commission  de 
quatre  membres,  pris  dans  son  sein,  qui  composent  la  Commis- 
sion de  comptabdité. 

«  Cette  Commission  nomme  son  Président  et  un  Secrétaire-Rap- 
porteur. Elle  doit,  chaque  trimestre,  procéder  à  l'examen  des 
comptes  du  Trésorier  et  déposer  un  rapport  au  Conseil  d'admi- 
nistration. 


SÉANCE    DU    11    AVRIL   1895.  225 

«  A  cet  effet,  le  Trésorier  met  à  sa  disposition  tous  les  livres 
ou  documents  dont  elle  peut  avoir  besoin.  » 

L'art.  30,  dont  le  cinquième  paragraphe  se  trouve  modifié 
comme  suit  : 

«  Elle  propose  en  outre  les  récompenses  ou  subventions  que 
lui  paraissent  mériter  les  auteurs  d'articles  insérés  dans  le 
journal  de  la  Société,  ainsi  que  toutes  les  publications  ou  tra- 
vaux horticoles  qui  paraissent  dignes  d'être  encouragés,  à  la 
condition  qu'ils  soient  d'origine  française.  » 

L'art.  40,  dans  lequel  on  intercale  le  paragraphe  suivant  : 

«  Les  auteurs  d'articles  originaux  admis  à  l'insertion  dans  le 
journal,  ont  droit  à  un  tirage  supplémentaire  gratuit  de  cent 
exemplaires  de  l'article  inséré.  Ils  doivent  en  faire  la  demande 
en  déposant  leurs  manuscrits. 

«  Les  rapports  ou  comptes  rendus  ne  peuvent  jouir  de  celte 
faveur  que  sur  un  avis  spécial  de  la  Commission  de  Rédaction.  » 

L'art.  44,  dont  le  commencement  du  premier  paragraphe  est 
ainsi  modifié  : 

Cl  Toute  demande  de  Commission  ne  peut  être  formulée  que 
par  un  membre  de  la  Société,  et  doit,  pour  être  admise,  etc..  » 

L'art.  46,  sur  les  deuxième  et  sixième  paragraphes  duquel 
portent  quelques  modifications  et  auquel  on  ajoute  deux  para- 
graphes nouveaux.  Par  suite  de  ces  modifications,  le  premier 
paragraphe  est  ainsi  conçu  : 

«  Des  primes  de  l'"^,  2°  ou  3^  classes,  composées  de  1  à  3  jetons 
d'argent  ou  des  rappels  de  ces  primes  peuvent  être  accordées, 
à  chaque  séance,  pour  les  objets  les  plus  méritants  parmi  ceux 
qui  ont  été  présentés. 

a  II  peut  être  attribué  des  primes,  pour  leur  présentation,  même 
aux  personnes  ne  faisant  pas  partie  de  la  Société.  Ces  personnes 
recevront,  sur  leur  demande,  un  diplôme,  mais  elles  ne  pour- 
ront recevoir  les  primes  en  nature.  » 

Au  paragraphe  6  :  «  La  Société  peut  encore  accorder  des 
récompenses  »,  on  ajoute  «  ou  des  subventions  ». 

Nouveaux  paragraphes  : 

«  Des  récompenses  sont  aussi  accordées  à  des  ouvriers  jardi- 
niers pour  longs  et  loyaux  services  accomplis  dans  la  même 

15 


226  PROCÈS-VERBAUX. 

maison.  Il  est  nécessaire  que  le  jardinier  ou  son  patron  fassent 
partie  de  la  Société  depuis  cinq  années  au  moins.  Le  nombre 
d'années  de  services  exigées  pour  l'obtention  d'une  récompense 
ne  doit  pas  être  inférieur  à  vingt,  comptées  seulement  à  partir 
de  l'âge  de  dix-huit  ans. 

«  Tous  les  engrais  qui  feront  l'objet  d'une  demande  de 
récompense  devront  être  accompagnés  d'une  notice  indiquant 
leur  composition  exacte.  Les  insecticides,  mastics  et  autres  corps 
composés  ne  pourront  être  récompensés  qu'après  expérimen- 
tation faite  par  les  soins  des  Comités  compétents.  » 

L'art,  52,  dont  le  3°  paragraphe  :  «  Une  seconde  assemblée 
générale  a  lieu  dans  la  deuxième  quinzaine  de  février...  ^), 
se  trouve  modifié  par  la  substitution  des  mots  d'avril  à  de 
février. 

L'art.  53,  auquel  on  propose  d'ajouter  un  paragraphe  établis- 
sant, pour  les  membres  qui  n'assistent  pas  aux  séances,  le  droit 
de  voter  par  correspondance. 

A  la  suite  d'une  discussion  assez  longue,  cette  proposition 
n'est  pas  adoptée. 

L'art.  57  dont  la  rédaction  actuelle  n'a  pas  encore  été  sou- 
mise à  l'administration  et  dont  la  première  partie  du  cinquième 
paragraphe  «  la  rédaction  du  projet  de  programme  »  se  trouve 
complétée  par^l'addition  de  la  phrase  suivante  :  «  Elle  convoque 
à  cet  effet,  dans  l'une  de  ses  séances,  les  exposants  habituels, 
dont  elle  prend  les  avis  »  : 

L'art.  60,  dont  le  dernier  paragraphe  se  trouve  ainsi  modifié  ; 

«  Les  membres  du  Jury  sont  admis  à  exposer,  mais  ne 
peuvent  être  jurés  de  la  section  dans  laquelle  ils  exposent.  Ils 
ne  peuvent  non  plus,  dans  ce  cas,  être  nommés  Présidents  de 
leur  section  »  ; 

Le  second  paragraphe  est  reporté  à  l'art.  59  ;  il  est  modifié 
comme  suit  : 

«  Le]  Jury  peut  être  divisé  en  sections,  qui  choisissent  alors, 
chacun  dans  leur  sein,  un  Président  et  un  Secrétaire. 

L'art.  62  qui,  désormais,  sera  ainsi  conçu  : 

«  Toutes  les  fonctions  de  la  Société,  sauf  celles  du  Secrétaire- 
Rédacteur   sont  gratuites,  mais,  le   Conseil   peut  affecter  une 


SÉANCE  DU  25  AVRIL  1895.  227 

rétribution  pour  des  travaux  de  rédaction   ou  de  toute  autre 
nature  non  prévus  dans  le  Règlement. 

M.  Albert  Truffaut  propose  la  création  d'un  nouveau  Comité, 
spécial  aux  Orchidées.  Il  développe  et  justifie  sa  proposition  qui 
est  adoptée  par  l'Assemblée  après  une  courte  discussion. 

M.  le  Secrétaire  général  fait  remarquer  que  les  modifications 
qui  viennent  d'être  votées  entraînent  quelques  changements  de 
rédaction  dans  plusieurs  articles  des  Statuts.  Il  donné  lecture  de 
ces  rectifications,  qui  concernent  les  art.  5,  10  et  20,  lesquelles 
sont  adoptées  à  Tunanimité. 

L'un  de  MM.  les  Secrétaires  annonce  de  nouvelles  présen- 
tations et  la  séance  est  levée  à  cinq  heures. 


SÉANCE    DU    25    AVniL    1895. 
Présidencr  de  m.  Ch«  Joly,  Vice-Présidext  de  la  Société. 

La  séance  est  ouverte  à  3  heures. 

Les  registres  de  présence  ont  reçu  les  signatures  de  155  mem- 
bres titulaires  et  17  honoraires. 

Le  procès-verbal  de  la  dernière  séance  est  lu  et  adopté. 

M.  le  Président  proclame  l'admission  de  9  nouveaux  membres 
titulaires. 

Il  annonce  la  nomination  de  M.  Bois,  Secrétaire-rédacteur  de 
la  Société,  au  grade  d'officier  de  l'Instruction  publique  et  celles 
de  MM.  Joseph  Rigault  et  J.  Tissot,  au  titre  de  chevaliers  dans 
l'ordre  du  Mérite  agricole.  L'Assemblée  accueille  ces  nouvelles 
par  des  applaudissements  répétés. 

M.  le  Président  exprime  ensuite  de  vifs  regrets  sur  les  pertes 
que  la  Société  vient  d'éprouver  par  les  décès  de  MM.  Gauthier 
(Emile),  jardinier-chef  au  Fleuriste  de  l'Orphelinat  Saint-Phi- 
lippe, à  Fleury-Meudon  (Seine-et-Oise)  ;  Blondeau  (A.),  inten- 
dant général,  membre  de  la  Société  depuis  1881  ;  de  M"'^  Chau- 


±2H  PROCES-VERBAUX. 

don,  6,  boulevard  Raspail,  à  Paris  ;  de  M.  l.emon  qui  faisait 
partie  de  la  Société  depuis  l'année  1845.  M.  Lemon  était  un  an- 
cien horticulteur  dont  la  spécialité  a  été  la  culture  des  Iris  ger- 
manica  et  des  Pivoines  herbacées  de  la  Chine.  Il  a  obtenu  un 
nombre  considérable  de  variétés  nouvelles  qui  constituent  encore 
la  pliipavl  des  h'is  gennanica  et  des  Pivoines  cultivées  aujour- 
d'hui. Il  annonce  enfin  le  décès  de  iM.  Tallué,  jardinier  en  chef 
au  château  de  Franconville  (Seine-et-Oise),  membre  titulaire 
depuis  1879. 

M.  le  Secrétaire  général  fait  connaître  le  résultat  du  concours 
d'Orchidées  qui  a  eu  lieu  avant  la  séance. 

Le  Jury  était  composé  de  MM.  Chenu,  Président;  Bauer,  Dri- 
ger,  Morin,  Landry.  Ce  dernier  a  été  désigné  comme  rappor- 
teur. 

Les  récompenses  suivantes  ont  été  accordées  : 

Une  grande  médaille  de  vermeil  à  M.  Doin,  amateur; 

Une  médaille  de  vermeil  à  M.  Bert  ; 

Une  grande  médaille  d'argent  à  M.  Bleu  ; 

Une  médaille  d'argent  à  M.  Elie; 

Une  médaille  de  bronze  à  MM.  Lepetit  et  Beraneck. 

Des  remerciements  ont  été  votés  à  M.  Uuval  pour  une  plante 
présentée  hors  concours. 

Il  donne  lecture  d'une  note  de  M.  Deschamps,  du  Ministère  de 
l'Agriculture,  qui  invite  les  membres  de  notre  Société,  lauréats 
ou  membres  du  Jury  du  Concours  général  agricole  de  1895,  à 
Paris,  à  passer  retirer  les  médailles  qui  sont  à  leur  disposition 
au  Ministère  de  l'Agriculture. 

La  correspondance  imprimée  comprend  deux  annonces  d'Ex- 
positionscjui  seront  tenues  :  l'une  à  Mâcon,  du  5  au  8  septembre; 
l'autre  à  Reims,  du  20  au  25  juin  1895. 

Ouvrages  destinés  a  la  biblioteèque  : 

Les  noms  des  plantes,  par  M.  J,  Gérome,  chef  de  l'Ecole  de 
botanique  au  Muséum   d'histoire    naturelle,   brochure   in-8°  : 


SÉANGK  DU  25  AVRTL  1895.  229 

«  lixlrait  du  Bulletin  de  l'association  des  anciens  élèves  de  r École 
d'horticulture  de  Versailles,  1894  ».  Don  de  Fauteur. 

Les  cultures  sur  le  littoral  de  la  Méditerranée,  par  le  D''  Emile 
Sauvaigo,  \  vol.  in-'l8  de  324  pages,  avec  figures,  librairie 
J.-B.  Baillière,  à  Paris.  Don  de  l'auteur. 

Traité  pratique  de  viticulture,  Y>diV  M.  J.  Daurel.  1  vol.  in-8. 
Don  de  l'auteur. 

Histoire phijsique,  naturelle  et  politique  de  Madagascar,  publiée 
par  M.  Alfred  Grandidier. 

—  Vol.  XXXV.  Histoire  naturelle  des  plantes,  par  M.  H.  Bâil- 
lon, t.  V,  Allas  m,  1'  partie,  36'  fascicule. 

—  Vol.  X.  Histoire  naturelle  des  Mammifères,  par  MM.  A. 
Milne-Edwards,  A.  Grandidier  et  H.  Filhol,  t.  V,  Atlas  II,  3^  par- 
tie, 37°  fascicule. 

Flora  Kopalna,  publié  par  l'Académie  de  Gracovie. 

Sprawozdani  Komisyi  Fizyograficznej ,  publié  par  l'Académie 
des  sciences  de  Gracovie. 

Catalogue  des  Orchidées  cultivées  dans  les  collections  euro- 
péennes, suivi  d'une  liste  de  leurs  principaux  synonymes,  publié 
par  le  Glub  orchidophile  néerlandais.  Exemplaire  précieux  par 
les  additions  et  indications  de  parents  d'hybrides  que  M.  P.  Du- 
chartre,  notre  regretté  Secrétaire-Rédacteur  y  a  faites.  Cet 
ouvrage  est  offert  à  la  Société  par  M.  Henri  Duchartre. 

L Instituteur  et  le  progrès  agricole  en  France,  par  M.  J.  Guenin, 
7^  édition  polycopiée,  Beaucourt  (Territoire  de  Belfort). 

H  a  été  déposé  sur  le  bureau  le  document  suivant  : 
Rapport  sur  une  tubulure  deM.  Mouillet.  présentée  au  Gomité 
des  industries  horticoles.  M.  Besnard,  rapporteur. 

Les  objets  suivants  ont  été  présentés  pour  être  examinés  par 
les  Comités  compétents  : 

1°  Par  MM.  Vilmorin  et  G'®,  4,  quai  de  la  Mégisserie,  Paris  : 
38  Cinéraires  hybrides  naines,  à  grandes  fleurs,  variées,  et  24  Ci- 
néraires hybrides  doubles,  variées.  Pour  ces  deux  présentations 
qui  dénotent  une  amélioration  constante  dans  le  sens  de  la 
forme  et  des  dimensions  des  fleurs  et  l'obtention  de  coloris  nou- 


230  PROCÈS-VERBAUX. 

veaux,  le  Comité  defloricuUure  propose  d'accorder  deux  primes 
de  première  classe, 

2°  Par  M.  Lambert,  chef  de  culture  potagère  à  l'hospice  de 
Bicêtre  (Seine),  13  variétés  de  Laitue  brune  d'hiver,  Gotte  dorée 
et  Georges  à  graine  blanche.  Ces  Laitues  ont  été  semées  fin  jan- 
vier, sur  couche  chaude,  puis  repiquées  à  froid,  sous  châssis  et 
mises  en  place  du  \l\  au  20  mars.  Avant  de  planter  les  Laitues 
Georges,  M.  Lambert  avait  semé  des  Radis  roses  hâtifs  à  châssis; 
quinze  jours  après  la  plantation,  il  a  contreplanté  des  Choux- 
fleurs  demi-durs  de  Paris  qui  sont  aujourd'hui  très  beaux  et  qui 
constitueront  une  troisième  récolte  sur  une  même  couche.  Les 
Laitues  brune  d'hiver  et  Gotte  sont  contreplantées  de  Romaines 
grise  et  blonde.  Une  prime  de  troisième  classe  est  proposée  pour 
cette  présentation. 

3®  Par  M.  Birot  (H.),  cultivateur  grainier,  17,  rue  de  Yiarmes, 
Paris^  trois  variétés  de  Radis  à  châssis  :  R.  demi-long  rouge  vif, 
à  bout  blatîc,  à  courte  feuille,  R.  demi-long  rouge  vif,  à  courte 
feuille  et/?,  rond  écarlate  à  bout  blanc,  à  courte  feuille ,  yiour  les- 
quels on  propose  de  voter  des  remerciements. 

4°  Par  M.  Chemin  (G.),  maraîcher  à  Gentilly  (Seine),  une 
botte  de  Carottes  courtes  à  châssis, semées  sur  couche  dans  la  pre- 
mière semaine  de  janvier;  une  botte  de  Navets  demi-longs  blancs, 
semés  sur  couche  le  10  mars  dernier  et  qui,  par  conséquent,  ont 
mis  six  semainespour  acquérir  leur  développement,  présentation 
pour  laquelle  une  prime  de  2^  classe  est  demandée. 

5"  Par  M.  Gorion  Toussaint,  amateur,  à  Epinay  (Seine),  une 
belle  botte  d'Asperges.  Le  présentateur  fait  remarquer  que  la 
variété  sur  laquelle  il  appelle  l'attention  est  très  lente  à  s'épa- 
nouir, ce  qui  lui  permet  de  la  montrer  forte  en  couleur  et  régu- 
lière comme  grosseur  de  tète.  Le  Comité  de  culture  potagère 
propose  d'attribuer  une  prime  de  2^  classe  à  cette  présentation; 
6°  Par  M.  Baltet  (Ch.),  horticulteur  à  Troyes,  une  Ampélidée 
[Vitis  ou  Ampelocissus),  indéterminée,  à  feuilles  persistantes, 
charnues,  digitées,  importée  directement  du  Tonkin  et  pour 
laquelle  le  Comité  d'arboriculture  forestière  et  d'ornement  de- 
mande qu'il  soit  accordé  une  prime  de  2^  classe. 

1"  ParM^^  Motte,  fabricante  de  pompes,  23,  rue  Vicq-d'Azir,  à 


NOMINATIONS.  231 

Paris,  un  modèle  de  raccord  à  bascules  pour  tuyaux  d'arrosage. 
Le  Comité  des  Industries  horticoles  a  nommé  une  Commission 
composée  de  MM.  Besnard,  Debray,  Grenlhe  et  Lavoivre,  qui 
examinera  ce  raccord  et  donnera  son  appréciation. 

M.  le  Président  met  aux  voix  les  propositions  des  Comités  rela- 
tives aux  présentations  faites  dans  cette  séance.  Elles  sont 
adoptées  à  Tunanimité. 

L'un  de  MM.  les  secrétaires  annonce  de  nouvelles  présentations 
et  la  séance  est  levée  à  3  h.  45. 


NOMINATIONS 


SÉANCE  DU  11  AVRIL  1895. 

MM. 

i.  Bellard  (Alfred),  constructeur  de   serres,  89,  boulevard  Diderot, 
à  Paris,  présenté  par  MM.  E.  Bergman  et  M.  de  Vilmorin. 

2.  Gangnon    (Ernest),    jardinier  chez   M.   Raphaël   Collin,   rue   des 

Châtaigniers,  à  Fontenay-aux-Roses  (Seine),  présenté  par 
M.  Billiard  (Alexandre). 

3.  Gauthier,  jardinier  en  chef  des  Parcs  et  Pépinières  de  Trianon,  à 

Versailles  (Seine-et-Oise),  présenté  par  MM.  E.  Mussat  et 
Bellair. 

4.  HoRNY  (Emile),  chez  M.  Grostête,  avenue   Faidberbe,   7,  à  Bois- 

Colombes  (Seine),  présenté  par  M.  Martinet. 

5.  Pelle  (Eugène),  entrepreneur  de  couvertures,  gaz  et  eaux,  15,  rue 

Saint-Simon,  à  Paris,  présenté  par  MM.  Detang  (E.)  et  Potier. 

6.  Teil  du  Havelt  (baron  du).  Président  de  la  Société  d'Horticulture 

de  Màcon  (Saône-et-Loire),  14,  rue  de  Berri,  à  Paris,  et  au 
château  de  Perthuis  de  Charnay,  par  Màcon  (Saône-et-Loire), 
présenté  par  MM.  le  Comte  de  Dorf.au,  Chouvet  (E.)  et  Cha- 
tenay  (Â.). 

7.  Vesseron    (Emile),  jardinier-chef    au    château    d'Offémont,    par 

Tracy-le-Mont  (Oise),  présenté  par  MM.  A.  Ducerf  et  J.  Ba- 
taille. 

dames  patronnesses. 

1.  Scheurer  (Oscar),  à  Bitschwiller  Thann  (Alsace),  présentée  par 

M"'«  Pillais  (Renée)  et  M.  Chatenay  (Abel). 

2.  Raffalwigk  (Arthur),  23,  avenue  Hoche,  à  Paris,  présentée  par 

MM.  Léon  Say  et  H.-L.  de  Vilmorin. 


232  RAPPORTS. 

SÉANCE  DU  2o  AVRIL  1895. 

MM. 

1.  DuLONG-ÏRESsE    (Heiiri),  à  Athis-Mons  (Selaie-et-Oise),   présenté 

par  MM.  Huard  et  Chatenay  (Abel). 

2.  FizEL,  33,  rue  de  1" Abbé-Grégoire,  à  Paris,  présenté  par  MM.  Opoix 

et  Robillard. 

3.  Lefèvre,  fabricant  d'étiquettes,  rue  de  Meudon,  22,  aux  Mouli- 

neaux  (Seine),  présenté  par,  MM.  Delaville  (Léon)  et  Hariot. 

4.  Marché  (Antoine),  avenue  de  Paris,  27,  à  Ghâtillon-sous-Bagneux 

(Seine),  présenté  par  MM,  Opoix  et  Simon  aîné. 

5.  Mercier  (Albert),  articles  pour   Parcs   et   Jardins,   16,    quai  du 

Louvre,  à  Paris,  présenté  par  M,  Lotte. 

6.  Nadeaud  (M°^«  V^'*^),  5,  rue   de  Paradis,   à   Paris,   présentée   par 

M.  Gh.  Joly. 

7.  Poulailler,  représentant    de   la   maison   Rrochard,   61   bis,   rue 

Planchât,  à  Paris,  présenté  par  MM.  Ghargueraud  et  Opoix. 

8.  Soyer  (Didier),  jardinier-chef  du  fleuriste,  chez  M.  Auban-Moët,  à 

Épernay  (Marne),  présenté  par  MM.  Ghartier  et  Jamin  (F.). 

9.  Thornton  (Léon),  général  en  retraite,  à  Gourmalou-Pornic  (Loire- 

Inférieure),  présenté  par  M.  Bourgette  et  H,  Lévêque  de  Vil- 
morin. 

-♦— 

RAPPORTS 


Commission   du  Prix  Joubert  de  l'Hiberderie  (1). 
M.   VerloT;  rapporteur. 

La  Commission  du  prix  Joubert  de  l'Hiberderie  s'est  réunie  le 
jeudi  15  mars.  Etaient  présents  :  MM.  Jamin,  Keteleêr,  Verlot  et 
de  Vilmorin.  M.  Mussat,  souffrant,  s'était  excusé  par  lettre. 

La  réunion  avait  pour  but  l'examen  des  ouvrages  envoyés  par 
divers  auteurs  pour  concourir  au  prix  qui  peut  être  décerné 
chaque  année  aux  termes  du  testament  de  M.  Joubert. 

Cinq  ouvrages  étaient  déposés  sur  le  bureau  : 

1°  Deux  volumes  du  Dictionnaire  pratique  dliorticulture  et  de 
jardinage,  de  G.  Nicholson,  traduit  et  adapté  à  notre  pays,  par 
M.  S.  Mottet. 

2*^  Le  petit  guide  pratique  du  jardinage,  du  même  auteur. 

(l)  Déposé  le  il  avril  1895. 


PRIX    JOUBERT    DE    l'uIBERDERIE.  233 

3°  Un  ouvrage, intitulé  yarf??//5  et  parcs  publics,  par  M.  Deny, 
architecte  paysagiste. 

A*"  Un  manuscrit  de  lecture  horticole  devant  servir  à  un  cours 
d'horticulture  à  l'École  primaire,  par  M.  Nicolas,  instituteur  à 
Brou  (Seine-et-Marne).  Cet  ouvrage  est  complété  par  un  recueil 
de  couvertures  pour  cahiers  scolaires,  illustré  au  moyen  de 
chromo-lithographies  de  légumes  et  de  fleurs. 

5°  Enfin,  un  manuscrit  de  M.  Gilbert  ayant  pour  titre  :  VHor- 
liculture  dans  ses  origines  sacrées  et  profanes. 

Après  avoir  procédé  à  l'examen  préliminaire  de  ces  ouvrages, 
la  Commission  a  été  d'avis  que  les  numéros  3  et  5  ne  traitant  pas 
directement  des  branches  de  Thorliculture  formellement  pré- 
vues par  les  termes  du  testament,  devaient  être  écartés  du  Con- 
cours au  prix  annuel,  la  Société  restant  libre  de  leur  attribuer,  si 
elle  le  jugeait  à  propos,  quelques  récompenses  à  titre  d'encou- 
ragement. 

Les  documents  déposés  par  M.  Nicolas,  instituteur,  rentrent 
mieux  dans  le  programme.  Ils  constituent  un  traité  élémentaire 
d'horticulture  à  l'usage  des  écoles  primaires,  mais  il  semble  à  la 
Commission  qu'en  présence  du  grand  nombre  d'ouvrages  simi- 
laires qui  existent  et  de  la  difficulté  extrême  de  reproduire  dans 
une  édition  imprimée  les  nombreuses  figures  coloriées  qui  font 
le  principal  mérite  du  travail  soumis  à  la  Commission,  et  en  pré- 
sence de  ce  fait  que  les  couvertures  de  cahier  proposées  ne 
pourraient  guère  être  publiées  —  une  grande  librairie  scolaire 
ayant  déjà  inauguré  ce  genre  de  publication  —  il  ne  paraît  pas  y 
avoir  lieu  de  rendre  obligatoire  par  l'attribution  d'un  prix  la 
publication  de  M.  Nicolas. 

Restent  les  deux  ouvrages  de  M.  Mottet.  En  ce  qui  concerne  le 
grand  dictionnaire  d'horticulture,  la  Commission  est  d'avis  qu'il 
rentre  absolument  et  mieux  qu'aucun  autre  ouvrage  soumis 
jusqu'ici  à  son  approbation  dans  les  conditions  du  concours; 
mais,  étant  donné  que  l'ouvrage  doit  se  composer  de  quatre 
volumes  sur  lesquels  deux  seulement  ont  paru  jusqu'ici,  la  Com- 
mission estime  qu'il  serait  encore  prématuré  d'accorder  cette 
année  le  prix  à  cet  ouvrage  qui  est  manifestement  destiné  à  le 
recevoir  un  jour. 


234  RAPPORTS. 

En  ce  qui  conceme  le  traité  du  même  auteur,  la  Commission 
est  d'avis  qu'il  remplit  bien  exactement  les  intentions  du  testa- 
teur, mais  qu'à  cause  de  ses  dimensions  restreintes  et  de  sa 
forme  très  condensée,  il  ne  traite  pas  des  différentes  matières 
embrassées  d'une  façon  complète  ni  suffisamment  approfondies 
pour  mériter  une  récompense  aussi  importante  que  le  serait  le 
prix  Joubert  dans  sa  totalité. 

En  résumé,  la  Commission  estime  qu'il  y  a  lieu  d'attribuer  une 
somme  de  500  francs  à  l'auteur  de  l'ouvrage  n»  2,  et  propose  en 
outre  de  donner  à  titre  d'encouragement  :  une  somme  de 
300  francs  à  l'auteur  du  manuscrit  n"  4,  et  enfin  une  grande 
médaille  d'or  à  celui  du  mémoire  n«  5. 


Sur  l'ouvrage  de  M.  Léon  Duval  «  Les  Azalées  », 
par  M.  Debille  (1  ). 

L'ouvrage  que  M.  Léon  Duval  vient  d'écrire  —  Les  Azalées  — 
et  que  nous  avons  été  chargé  d'examiner,  est  aussi  complet  et 
aussi  bien  traité  que  possible. 

L'auteur  fait  d'abord  l'historique  et  donne  une  notice  bota- 
nique sur  les  différentes  espèces:  Azalées  rustiques  de  Gand, 
Azalea  mollis,  Azalées  de  l'Inde,  mais  c'est  surtout  de  cette  der- 
nière, si  en  vogue  aujourd'hui,  qui  demande  une  culture  parti- 
culière comme  plante  de  serre,  dont  il  s'occupe  le  plus. 

M.  Duval,  dans  les  premiers  chapitres  de  son  livre,  traite  des 
principaux  procédés  de  multiplication,  du  bouturage,  de  la 
greffe;  il  indique  :  les  variétés  les  plus  propres  à  former  des  su- 
jets; le  traitement  des  boutures  et  des  greffes  après  leur  reprise  ; 
les  soins  à  donner  à  ces  premières  opérations.  Rien  n'est 
omis. 

Il  aborde  ensuite  la  culture  proprement  dite  :  l'outillage,  les 
serres  convenables  à  cette  culture  sont  bien  étudiés.  Il  compare 

(i)  Déposé  le  28  mars  1895. 


SCR   l'ouvrage   de    m.    DLVAL    «    LES   AZALÉES    ».  235 

les  différentes  constructions  employées  en  France  et  en  Belgique. 
Les  serres  qu'il  a  fait  construire  et  auxquelles  il  donne  le  nom 
de  serres  modèles  Duval  sont  assurément  ce  qu'il  y  a  de  plus 
pratique  et  de  meilleur.  Quelques  figures  intercalées  dans  le 
texte  en  donnent  une  idée.  — De  la  plantation,  des  soins  adon- 
ner aux  plantes  pendant  l'été. 

Un  chapitre  est  consacré  au  forçage  ;  ici  je  ferai  une  réserve  : 
est-il  bien  nécessaire  d'avoir  une  température  aussi  élevée  pour 
obtenir  de  bons  résultats?  Il  donne  une  liste  des  variétés  hâtives 
et  demi  hâtives,  c'est-à-dire  celles  qui  se  prêtent  le  mieux  au 
forçage. 

L'auteur  entretient  ensuite  le  lecteur  de  la  fécondation,  de  la 
manière  de  l'opérer  et  du  semis  dans  le  but  d'obtenir  des  va- 
riétés nouvelles. 

Il  donne  des  observations  sur  les  variations  des  Azalées,  dimor- 
phisme  ou  accidents,  duplicature,  et  une  liste  des  plus  jolies 
variétés  de  cette  belle  plante. 

Il  s'occupe  aussi  des  expéditions,  du  mode  d'emballage,  de  la 
préparation  des  plantes  pour  les  expositions,  des  insectes  et 
maladies,  des  moyens  de  les  combattre  ;  des  terres  qui  convien- 
nent le  mieux  aux  Azalées,  des  engrais  dont,  avec  raison,  il  n'est 
pas  partisan  et  qu'il  recommande  de  n'employer  qu'avec  pru- 
dence ;  de  l'eau  propre  aux  arrosages. 

Le  tout  est  traité  de  main  de  maître. 

Les  derniers  chapitres  sont  consacrés  aux  autres  espèces  : 
Azalées  rustiques  de  Gand,  Azalea  mollis,  Azalea  amœna;  la 
multiplication,  la  culture  et  le  forçage  de  ces  dernières  espèces  ; 

Ce  livre  est  l'œuvre  d'un  praticien,  d'un  cultivateur  émérite  ; 
il  rendra  de  réels  services  aux  amateurs  et  aux  jardiniers  peu 
initiés  à  cette  culture. 

Nous  concluons  en  adressant  nos  félicitations  h  M.  LéonDuval 
et  en  demandant  l'insertion  du  présent  rapport  dans  le  Journal 
de  la  Société  et  son  renvoi  à  la  Commission  des  récompenses. 


236  rapports. 

Sur  un  perfectionnement  apporté  au  Pulvérisateur  Besnard 
POUR  combattre  l'anthracnose  par  l'acide  sulfurique  (1). 

M.  Lebceuf  (H.),  rapporteur. 

Depuis  quelques  années  des  expériences  comparatives  et  pré- 
cises sont  faites  pour  traiter  l'anthracnose;  les  liquides  employés 
ont  été  :  1°  le  sulfate  de  fer  ;  2°  l'acide  sulfurique  additionné  de 
sulfate  de  fer,  et  enfin  l'acide  sulfurique  employé  seul  à  différentes 
doses. 

Les  expériences  faites  sur  des  Vignes  situées,  soit  en  France, 
soit  en  Algérie,  ont  toutes  donné  des  conclusions  en  faveur  de 
l'acide  sulfurique  à  la  dose  de  6  litres  d'acide  (acide  sulfurique 
du  commerce  à  66^  Baume)  par  100  litres  d'eau. 

Une  difficulté  s'est  alors  présentée  pour  l'emploi  de  cet  acide 
dans  les  pulvérisateurs.  Presque  tous  ces  appareils  sont  construits 
en  cuivre  rouge  et  par  conséquent  ne  pouvaient  convenir  à  ce 
traitement.  On  a  bien  essayé  de  construire  des  appareils  avec 
hotte  en  verre,  mais  c'est  trop  fragile  et  surtout  dangereux,  à 
cause  du  liquide  corrosif,  si  l'appareil,  par  un  choc,  venait  à  se 
briser. 

MM.  Besnard  père,  fils  et  gendres,  28,  rue  Geoffroy-Lasnier, 
à  Paris,  ont  eu  l'idée  de  se  servir  de  leur  pulvérisateur  en  cuivre 
rouge  ordinaire,  mais  en  lui  faisant  subir  une  certaine  prépara- 
tion pour  le  rendre  inattaquable  à  l'acide.  Toutes  les  parties  en 
cuivre,  en  contact  avec  le  liquide,  sont  trempées  dans  un  bain  de 
plomb  où  elles  se  recouvrent  d'une  couche  de  ce  métal.  Pour 
plus  de  sécurité,  et  aussi  pour  éviter  l'attaque  des  soudures 
dans  l'intérieur  de  l'appareil,  on  le  remplit  complètement,  à 
chaud,  d'un  vernis  spécial  anti-acide  à  base  de  goudron.  On  vide 
ensuite  le  récipient  en  laissant  égoulter  le  vernis  dans  une 
étuve.  Lorsqu'on  retire  l'appareil  de  Tétuve,  le  vernis  se  fixe  par 
l'action  de  l'air  et  devient  très  adhérent  au  plombage  et  forme 
ainsi  une  double  protection  contre  l'acide. 

Le  %S  février  dernier,  MM.  Besnard  père,  lils  et  gendres,  nous 

(1)  Déposé  le  28  mars  1895. 


TRAVAUX    DL     COMITÉ    DE   FLORICULTURE    EN    1894.  237 

présentaient  leur  pulvérisateur  inattaquable  à  l'acide  sulfurique 
dilué  et  demandaient  au  Comité  des  Industries  horticoles  de 
bien  vouloir  nommer  une  Commission  pour  juger  ce  nouveau 
perfectionnement. 

Cette  Commission, composée  de  MM.  Bourette, président,  Blan- 
quier,  Garnot,  Gennari  et  Henry  Lebœuf,  rapporteur,  se  réunit 
dès  le  lendemain  chez  ce  dernier  pour  commencer  ses  travaux. 

Après  avoir  fait,  dans  un  récipient  en  bois,  un  mélange  de 
14  litres  d'eau  pour  I  litre  d'acide  sulfurique  à  66°  Baume,  nous 
avons  rempli  l'appareil  et  mis  en  pression.  Ayant  pulvérisé  tout 
le  liquide,  nous  avons  ouvert  le  récipient  et  n'avons  rien  trouvé 
d'anormal  dans  l'intérieur.  Mais  comme  le  liquide  corrosif  n'était 
resté  qu'un  quart  d'heure  dans  l'intérieur  du  récipient,  nous 
avons  voulu  pousser  l'expérience  à  l'extrême.  Ayant  rechargé 
l'appareil  avec  la  même  quantité  de  liquide,  nous  l'avons  remis 
en  pression  et  tous  les  jours,  jusqu'au  25  mars,  jour  où  la  Com- 
mission s'est  de  nouveau  réunie,  l'appareil  a  été  maintenu  en 
pression. 

Après  avoir  rompu  les  scellé?,  nous  avons  tous  constaté  que 
le  plombage  intérieur  ainsi  que  l'enduit  spécial  n'étaient  aucu- 
nement détériorés  et  que  l'appareil  avait  résisté  à  une  pression 
variant  de  1  atmosphère  à  \  atmosphère  1/2  pendant  24  jours 
consécutifs.  Devant  ce  beau  résultat  très  concluant,  la  Commis- 
sion a  été  unanime  à  demander  l'insertion  du  présent 
rapport  au  Journal  de  la  Société  et  son  renvoi  à  la  Commission 
des  Récompenses.' 


Compte  rendu  des  Travaux  du  CoMrrÉ  de  Floriculture 

PENDANT    l'année    1894, 

par  M.  L.  Cappe,  Secrétaire  de  ce  Comité  (I). 

En  jetant  un  coup  d'œil  sur  l'ensemble  des  travaux  du 
Comité  de  Floriculture  pendant  l'année  1894,  il  est  facile  de  se 
rendre  compte  que  le  temps  y  a  été  bien  employé,  et  notre 

(1)  Déposé  le  28  mars  189o. 


238  RAPPORTS. 

Société  peut  constater  une  fois  de  plus  la  prospérité  de  ce  comité 
par  le  nombre  toujours  croissant  des  présentations  et  la  quan- 
tité de  plantes  nouvelles  de  plus  en  plus  nombreuses,  qui  sont 
soumises  à  son  jugement. 

Nous  n'avons  pas  l'intention  d'examiner  séparément  chacune 
des  familles  de  plantes  qui  ont  donné  lieu  à  des  présentations  ; 
mais  nous  croyons  cependant  devoir  faire  une  exception,  et 
classer  à  part  les  Orchidées  dont  la  culture  a  pris  un  tel  déve- 
loppement, que  l'on  trouverait  à  peine  une  séance  dans  Tannée 
où  elles  n'aient  été  représentées  au  Comité.  Nous  pourrions 
même  dire  que  les  présentations  d'Orchidées  ont  été  plus  nom- 
breuses que  toutes  les  autres  plantes  réunies  :  c'est  ce  qui  nous 
a  décidé,  toute  question  de  préférence  mise  à  part,  à  com- 
mencer notre  revue  par  les  Orchidées. 

Les  Orchidées  nouvelles  de  semis. 

C'est  par  les  semis  d'Orchidées  que  nous  débuterons,  en 
constatant  avec  satisfaction  que  si  nos  compatriotes  ont  été 
longs  à  se  mettre  à  semer,  ils  ont  bien  rattrapé  le  temps  perdu: 
bon  nombre  des  semis  présentés  cette  année  sont  en  effet  dignes 
de  rivaliser  avec  les  plus  beaux  produits  des  semeurs  étrangers. 

En  suivant  les  apports  par  ordre  de  date,  nous  signale- 
rons ceux  de  M.  Opoix,  jardinier-chef  au  Luxembourg,  qui  s'est 
fait  une  réputation  comme  semeur  de  Cypripedium,  et  qui  sou- 
tient hautement  cette  réputation  avec  le  C.  Dauthieri  violacea 
purpurea^  aux  riches  teintes  pourpre-violacé  ;  puis  avec  le 
magnifique  C.  Théodore  BuUier,  aux  fleurs  énormes  dans  les- 
quelles on  reconnaît  bien  l'influence  des  C.  tonsum  et  villosum. 

Le  joli  G,  Mademoiselle  Nancy  Descombes  =  C.  Argus  Y. 
C.  niveum  et  le  C.  Mademoiselle  Josée  Descombes  =  C.  œnan- 
thum  X  C.  Argus. 

Viennent  ensuite  les  Cypripedium  Julien  Coffigniez  =  C.  ver- 
nîxium  X  ^'  Laivrenceanum  ;  C.  Paul  Descombes  =  C.  Dauthieri 
X  Laivrenceanum  \  et  C.  Veitchi  X  C.  Dauthieri  ; 

Du  même  semeur  sont  venus  :1e  C.  Souvenir  de  Jules  Dupré 
=  C.  Harrisianum^  C.  Spiceriatium,  bien  supérieur  à  tout  ce 


TRAVAUX   DU   COMITÉ    DE   FLORICULTURE    EN    1894.  239 

qu'on  a  obtenu  dans  le  même  genre  ;  puis  le  G.  Madame  Elysée 
Descombes  =  C.  villosum  X  C-  Spicerianum^  qui  laisse  bien  loin 
derrière  lui  tous  les  C.  Lathamianum  et  autres,  obtenus  des 
mêmes  parents. 

Notre  habile  semeur  M.  Alfred  Bleu,  est  assez  connu  pour  que 
l'on  attende  de  lui  des  surprises  ;  chacun  sait  le  soin  tout  parti- 
culier qu'il  met  dans  le  choix  des  plantes  qui  devront  donner 
naissance  à  de  nouveaux  hybrides;  cette  année,  M.  Bleu  nous  a 
fait  admirer  : 

Le  Cyp7'ipedium  Iris,  hybride  de  C.  javanico- super  bien  s  X 
C,  ciliolare,  hybride  de  premier  ordre,  à  grande  fleur  d'un 
coloris  brillant  ; 

Le  C.  amethystinum  =  C.  barbalo-Veitchiy^  C.  Hookerœ  ; 
puis  les  Cypripedium  villoso  X  callosum  ;  Lawrenceano  X  Cwr- 
tisii;  Lawrenceano  X  superbiens;  et  le  C.  superbiens  X  ciliolare  ; 
Au  sujet  de  ce  dernier,  il  est  bon  de  faire  remarquer  que  le 
Cypripedium  Curtisii,  introduit  et  mis  au  commerce  il  y  a 
quelques  années  comme  espèce  nouvelle,  est  absolument  sem- 
blable au  résultat  de  ce  croisement.  M.  Bleu,  observateur  émé- 
rite,  avait  des  doutes  sur  la  véritable  origine  de  cette  nouvelle 
introduction  :  pour  être  fixé  à  ce  sujet,  il  résolut  de  croiser  entre 
elles  les  deux  espèces  les  plus  voisines  :  les  C.  superbiens  et 
C.  ciliolare;  le  résultat  lui  a  montré  que  ses  doutes  étaient 
fondés,  et  nous  avons  maintenant  la  preuve  que  le  C.  Curtisii 
n'est  autre  qu'un  hybride  naturel  et  non  une  espèce  ;  le  Comité 
a  félicité  M.  Bleu  d'avoir  fait  la  lumière  sur  ce  point. 

M.  Meunier,  jardinier  de  M.  Perrenoud,  le  regretté  amateur 
parisien,  nous  a  montré  le  Zygopetalum  Perrenoudi,  bel  hybride, 
intermédiaire  entre  les  Zy^o/9efa/w??i  intermedium  et  Z.  Gauthieri. 
M.  Jacob,  jardinier-chef  au  domaine  d'Armainvilliers  que 
dirige  notre  habile  collègue  M.  Isidore  Leroy,  est  en  train  de 
conquérir  une  des  premières  places  parmi  les  semeurs  d'Orchi- 
dées :  déjà  oblenteur  de  VOdontoglossmn  Leroyanum,  le  premier 
hybride  à' Odontoglossum  obtenu  dans  les  cultures  européennes, 
il  nous  a  montré  cette  année  le  Cymbidium  armainvilliense,  hybride 
d'une  grande  valeur  entre  les  Cymbidium  Lowianuni  et  ebur- 
neum  ;  la  hampe  florale  de  cet  hybride  est  légèrement  inclinée, 


:2iO  RAPPORTS. 

tandis  que  celles  des  parents  sont,  l'une  retombante  et  l'autre  éri- 
gée ;  ses  fleurs  sont  grandes,  d'un  jaune  prononcé.  Dans  une  autre 
séance,  M.  Jacob  nous  a  fait  admirer  un  bel  hybride  entre  Càt- 
tleya  Mendeli  et  Lœlia  furpurata^  lequel,  à  première  vue,  paraît 
avoir  la  végétation  et  le  port  de  Ladia  purpurata,  tandis  que  les 
fleurs  ressemblent  sensiblement  à  celles  du  Cattley a  Mendeli. 

M.  Maron,  jardinier-chef  chez  M.  Darblay,  au  château  de 
Saint-Germain-les-Gorbeil,  a  montré  un  hybride  entre  Catlleya 
Loddigesii  et  Lœlia  marginafa  qu'il  a  nommé  Lcclïo- Cattley  a 
corbeilensis ;  c'est  une  plante  naine,  très  intéressante,  qui  semble 
bien  florifère. 

M.  Georges  Mantin,  à  Olivet  (Loiret),  qui  est  déjà  connu 
comme  amateur  enthousiaste  d'Orchidées,  prend  aussi  un  bon 
rang  comme  semeur  ;  cette  année,  le  Comité  a  eu  à  juger  les 
hybrides  dont  les  noms  suivent  qui  ont  été  obtenus  par  lui  : 

Cypinpedium  Bœgnerianurii=  C.  insigne  Y^C,  Williamsii, 
très  joli , 

C.  Picardianum^^C.  Pageann7n  X  C.  Spicerianum  magni- 
fie um  ; 

C.  Memoria  Mousseti=z  C.  super  biens  X  C.  callosnm; 

C.  conco  X  Laivre  inversum  =  C.  Lawrenceanum  X  C.  concolor 
tonkinense  ; 

C.  Margaritœ  ^=  C.  Crossianum  X  C.  barbatum  Warneri; 

C.  acis  inversuni  =  C.  insigne  X  C.  Lawrenceanum  ; 

Mais  le  plus  méritant  des  hybrides  de  M.  Mantin  est,  sans  con- 
tredit, son  Cattley  a  Mantini  ;  c'est  un  des  plus  beaux  semis  d'Or- 
chidées obtenus  dans  l'année,  résultat  du  croisement  du  Cattleya 
Bowringiana  par  le  Cattleya  Dowlana  aurea. 

Indépendamment  des  hybrides  nouveaux  énumérés  ci-dessus 
le  Comité  a  eu  à  juger  quelques  autres  semis  obtenus  par  plu- 
sieurs de  nos  collègues,  mais  qui  se  trouvaient  déjà  dans  le  com- 
merce, ayant  été  nommés  et  décrits  précédemment  ;  cco  derniers 
n'ont  pas  cru  devoir  donner  des  noms  nouveaux  à  leurs  semis, 
afin  d'éviter  la  confusion  qui  ne  peut  manquer  de  se  produire 
quand  une  même  plante  porte  plusieurs  noms  ;  ces  hybrides 
n'en  sont  pas  moins  méritants,  et  leurs  oblenleurs  n'ont  eu  que  le 
tort  de  ne  pas  arriver  premiers. 


TRAVAUX   DU    COMITl':    DE    FLORICULÏURE   EN    i894.  241 

Parmi  ceux-ci,  le  Comité  a  hautement  apprécié  le  Cyprt- 
pedium  Youngianum  de  M.  Page,  jardinier-chef  de  M.  Robert 
Lebaudy,  à  Bougival.  C'est  un  bel  hybride  à  lige  pluriflore,  à 
grandes  fleurs,  dans  le  genre  du  C.  Morganœ ;  il  est  issu  des 
C .  superbiens  X  C  LvvigaUim. 

MM.  E.  Cappe  et  fils,  horticulteurs  au  Vésinet,  nous  ont  égale- 
ment montré  quelques  beaux  semis  parmi  lesquels  : 

Le  Cyprïpedium  In  grandis  =z  C.  Lawrencennum  X  C.  Argus; 

C.  Lepanvm  superbum  ===  C .  insigne  ChaniiniyC,  C.  Spicerianum 
roseum. 

Orchidées  nouvelles  d'introduction. 

Les  introductions  d'Orchidées  ont  été  relativement  peu  nom- 
breuses, nos  compatriotes  s'occupant  peu  d'introduire  direc- 
tement des  plantes  ;  nous  devons  cependant  signaler  quelques 
Orchidées  d'une  certaine  valeur  : 

C'est  d'abord  le  Dendrobium  Regnieri,  aux  fleurs  jaunes, 
introduit  du  Cambodge  par  M.  Régnier,  horticulteur  à  Fontenay- 
sous-Bois  ;  puis  le  Cypripediuni  insigne  citrinum  ,  reçu  par 
M.  Landry,  horticulteur  à  Paris,  dans  une  importation  de 
C.  insigne  montanum  ;  c'est  une  bien  jolie  forme,  aux  fleurs 
grandes,  d'un  coloris  pâle,  au  sépale  dorsal  très  grand,  large- 
ment marginé  de  blanc;  ce  Cypripediuni  est  bien  voisin  du 
C.  insigne  Dallemagneanum,  également  trouvé  par  M.  Landry 
dans  la  même  importation. 

Le  Cypripedium  Charlesioortlii^  qui  a  fait  sensation  dès  son 
apparition  en  Angleterre,  a  pu  être  apprécié  à  la  Société  par  la 
présentation  qu'en  ont  faite  AL\L  Cappe. 

M.  Chauré  présentait  également  cette  nouveauté  à  la  même 
séance,  au  nom  de  la  maison  Loir,  de  Clapton,  ainsi  que 
M.  L.  Duval,  horticulteur  à  Versailles,  qui  présentait  en  outre  le 
curieux  Cypripedium  T.  B.  Hayivood,  hybride  de  Veitch  en  Ire 
les  C.  Druryi  et  C.  Veitchi. 

M.  J.  Sallier,  horticulteur  à  Neuilly-sur-Seine,  nous  a  fait 
admirer,  au  nom  de  M.  Louis  Fournier,  le  grand  amateur  mar- 
seillais, le  joli  Angrœcum  Fournieri^  introduit  de  Madagascar  et 
fleurissant  pour  la  première  fois  en  Europe  ;  c'est  une  gracieuse 


2-42  RAPPORTS. 

forme  d''Angrxcum  aux  grappes  longues,  retombantes,  aux 
fleurs  petites,  dans  le  genre  de  ÏAngrœcum  Sanderianum.  Le 
spécimen  présenté  était  d'une  bonne  vigueur  et  la  floraison  fait 
honneur  aux  cultures  de  M.  Fournier. 

Plantes  nouvelles  diverses. 

Parmi  les  plantes  nouvelles  méritantes,  nous  avons  relevé  les 
suivantes: 

C'est  d'abord  un  joli  Imatophyllum^  présenté  par  M.  Landry  et 
nommé  Madame  Louis  Landry. 

Le  clou  des  présentations  de  l'année  est  sans  contredit  la  série 
des  Vriesea  hybrides  de  M.  Léon  Duval.  Cet  habile  horticulteur, 
persuadé  que  le  beau  trouve  toujours  un  bon  accueil  auprès  des 
vrais  amateurs,  n'a  pas  hésité  à  entreprendre  l'hybridation  des 
Vriesea  à  un  moment  où  les  Broméliacées  semblaient  être  aban- 
données partout,  par  suite  des  caprices  de  la  mode.  Nous  devons 
des  félicitations  toutes  spéciales  à  M.  Duval,  qui  a  su  tirer  de 
jolies  plantes  de  l'oubli  pour  produire,  par  ses  croisements  intel- 
ligemment combinés,  des  hybrides  encore  supérieurs  et  en  faire 
une  spécialité  toute  française  :  les  quelques  autres  hybrides 
obtenus  çà  et  là  à  l'étranger  n'étant  pas  assez  nombreux  et  assez 
groupés  pour  pouvoir  attribuer  le  principal  mérite  à  un  autre 
semeur.  Ces  nouveautés  ne  peuvent  que  donner  un  nouveau 
regain  de  faveur  à  la  famille  des  Broméliacées. 

Parmi  les  plus  beaux  hybrides  de  cette  série  nous  devons 
noter  les  suivants,  dont  plusieurs  ont  été  décrits  dans  le 
«  Journal  »  de  la  Société: 

Vriesea  Andreana  =  V.  fsittacina  X  V-  splendens  major; 

V.  Henrici  =  V.  splendida  X  V.  splendens; 

V.  Duckartrei^^  V.  Morreno-Barilleti  X  V-  splendida; 

V.  gloriosa  =  V.  Barilleti  X  V.  incurvaia; 

V.  fenestralo-fulgida  =  V.  fenestralis  X  V.  fulgida; 

V.  Cappei  =  V.  cardinalis  X  V-  species; 

V.  Wittei  =  V,  Morreno-Barilleti  X  V.  Davali; 

V.  cardinalis  superba  et  V.  Duvali  major; 

M.  Millet,  le  spécialiste  bien  connu  de  Bourg-la-Reine,  nous  a 


TRAVAUX  DU  COMITÉ  DE  FLORICULTURE  EN  1894.      243 

monlré  de  fort  jolies  Violettes  nouvelles  qu'il  a  mises  au  com- 
merce :  une  variété,  nommée  Princesse  de  Galles,  a  les  fleurs 
grandes,  d'un  bleu  très  foncé;  une  autre,  Amiral  Avellan,  a  la 
fleur  grande,  d'un  coloris  nouveau,  violet  rose;  enfin  la  variété 
Explorateur  Dybowski  se  distingue  par  sa  fleur  très  grande, 
bien  faite,  d'un  beau  violet,  très  parfumée. 

M.  J.  Sallier,  successeur  de  MxM.  Thibaut  et  Keteleêr,  qui  s'est 
fait  une  spécialité  de  plantes  nouvelles  et  rares,  soutient  sa 
qualité  de  véritable  amateur  par  le  bon  choix  des  nouveautés 
qu'il  présente: 

Notons  d'abord  le  Canna  Reine  Charlotte,  aux  fleurs  de  la  plus 
grande  dimension,  rouge  vif,  avec  une  large  bordure  jaune  d'or, 
qui  font  de  cette  nouveauté  une  variété  supérieure  au  populaire 
Canna  Madame  Grozy; 

Plus  tard,  il  nous  a  fait  admirer  une  jolie  Gesnériacée  nouvelle, 
le  Saintpaulia  ionantha,  au  port  compact,  couvert  de  fleurs 
bleues,  plante  rappelant  la  Violette  dans  son  ensemble  et  qui 
d'ailleurs,  pour  cette  raison,  a  été  surnommée  la  Violette  de 
rOuzambara  ;  cette  plante,  quoique  d'introduction  récente,  a 
déjà  su  faire  son  chemin  et  se  trouve  maintenant  dans  toutes 
les  serres. 

Le  Comité  a  eu  également  à  juger  le  bel  Antkurium  rex  de 
M.  Duval,  qui  se  distingue  des  autres  variétés  de  l'A.  Scherze- 
rianum  par  son  port  trapu,  la  texture  épaisse,  corsée  de  son 
feuillage  et  sa  spathe  d'un  beau  rouge  clair,  épaisse,  en  forme  de 
disque. 

M.  Dugourd,  de  Fontainebleau,  est  toujours  l'amateur  passionné 
des  Hellébores;  il  nous  a  montré  cette  année  quelques-uns  de 
ses  semis,  notamment  une  variété  à  fleurs  blanches,  fleurissant 
deux  fois  dans  l'année. 

Le  Myosotis  nouveau  de  M.  Welker,  horticulteur  à  la  Celle- 
Saint-Cloud,  est  curieux  par  la  disposition  de  ses  ramifications 
florales;  M.  Welker  nomme  cette  variété  M.  graàlis; 

M.  Bergman,  de  Ferrières,  a  excité  l'admiration  du  Comité  par 
son  superbe  Calla  Elliottiana^  nouveauté  anglaise  à  grande  fleur 
jaune  d'or. 

Bien  jolies   aussi   les  fleurs  de  Pelargonium  zonale  à   tleurs 


244  RAPPORTS. 

panachées  de  rose  et  de  blanc,  envoyées  par  M.  Bruant,  horti- 
culteur à  Poitiers;  le  Comité  regrette  toujours  d'avoir  à  juger 
des  nouveautés  sur  de  simples  fleurs  coupées;  mais  si  la  végéta- 
tion et  la  floribondité  de  ces  plantes  sont  en  rapport  avec  les 
coloris  des  fleurs,  ce  sera  certainement  une  belle  race  nouvelle 
de  Pélargonium. 

La  Pensée  nouvelle,  Coquette  de  Poissy,  obtenue  par  M.  Pelle- 
tier et  présentée  par  M.  Gravereau,  de  Neauphle-le-Ghâteau,  est 
tout  à  fait  gracieuse  :  ses  fleurs  sont  d'un  gris  de  lin,  avec  la 
gorge  violette. 

Viennent  ensuite  les  Capucines  hybrides  de  M"""  Gunther, 
envoyées  par  MM.  Yilmorin-Andrieux  et  C;  on  sait  quelajolie 
Capucine  Madame  Gunther  n'avait  pu, jusqu'à  ce  jour,  être  mul- 
tipliée que  de  boutures;  c'est  donc  une  bonne  fortune  que  d'être 
arrivé  à  en  obtenir  des  graines. 

MM.  Forgeot  et  G'%  à  Paris,  distinguent  leurs  apports  par  un 
certain  nombre  de  nouveautés  méritantes,  parmi  lesquelles  les 
Pétunias  doubles  : 

Mademoiselle  Marthe  Forgeot,  blanc  rosé; 

Madame  Walther,  rose,  fimbrié; 

Professeur  Yincey,  violet  pourpre  frangé; 

Puis,  y  Impatiens  aurïcoma,  aux  fleurs  jaunes;  celte  plante 
a  été  introduite  accidentellement,  à  l'état  de  graines,  sur  des 
troncs  de  Fougères  reçus  par  M.  Landry,  hQrticulteur  à  Paris: 
M.  Godefroy-Lebeuf  avait  été  chargé  de  la  mettre  au  commerce; 

Le  Bégonia  Madame  Charrat  est  une  plante  déjà  connue;  elle 
est  issue  du  B.  coraUina;  mais  il  est  bon  de  rappeler  ses  jolies 
fleurs  rouges,  en  grappes  retombantes,  et  surtout  l'avantage 
qu'il  a  de  se  mieux  ramifier  que  le  type.  M.  Georges  Boucher, 
horticulteur,  avenue  d'Italie,  à  Paris,  a  envoyé  des  fleurs  d'un 
Œillet  Souvenir  de  la  Malmaison,  à  fleurs  panachées. 

Les  Glaïeuls  de  MM.  Dupanloup  et  C'%  à  Paris,  sont  fort  jolis; 
nous  devons  surtout  mentionner  la  variété  Triomphe  de  Paris, 
à  fleurs  très  grandes,  d'un  jaune  crème,  possédant  jusqu'à  douze 
pétales.  Les  présentateurs  apprécient  cette  variété  comme  mar- 
quant un  pas  vers  la  duplicature.  Les  Glaïeuls  à  fleurs  doubles 
seront-ils  aussi  jolis  que  les  simples?  C'est  ce  qu'un  avenir  plu^ 


THAVAUX    DU    COMITÉ    DK    FLORIGLLTURK    EN    1891.  245 

OU  moins  rapproché  nous  apprendra  certainement;  leur  obten- 
tion aura  toujours  servi  à  ouvrir  un  horizon  aux  semeurs  et  fixé 
pendant  un  certain  temps  Tattention  des  chercheurs. 

Avec  les  mois  de  juillet  et  août  apparaissent  les  Bégonias  tubé- 
reux.  Après  avoir  cherché  à  obtenir  des  fleurs  énormes,  parfaites 
comme  forme  et  comme  tenue,  nos  spécialistes  semblent  mainte- 
nant s'attacher  à  l'obtention  de  plantes  naines,  trapues  et  très 
florifères  :  c'est  du  moins  ce  que  nous  avons  pu  juger  d'après  le 
Bégonia  Abondance  de  Boissy  de  M.  Henri  Vacherot,  horticul- 
teur à  Boissy-Saint-Léger.  Cette  plante  constitue  une  nouveaulé 
de  premier  mérite  par  sa  végétation  naine,  son  port  ramifié  et  la 
quantité  de  ses  fleurs  érigées,  de  moyenne  grandeur,  d'un  rouge 
écarlale  brillant. 

Dans  le  même  genre,  mais  à  fleurs  doubles,  étaient  les  nou- 
veautés de  M.  E.  Couturier,  horticulteur  à  Chatou.  Le  Comité  a 
surtout  apprécié  les  variétés  suivantes  : 

Souvenir  de  Madame  Couturier,  petites  fleurs  rouge  vermillon, 
très  abondantes;  Secrétaire  Duchartre,  fleurs  moyennes,  d'une 
bonne  tenue,  rouge  écarlate;  Edmond  Couturier,  coloris  jaune 
cuivré;  et  Madeleine  Couturier. 

M.  Urbain,  horticulteur  à  Glamart,  s'est  fait  depuis  long- 
temps une  réputation  avec  ses  Bégonias  multiflores  doubles  ;  nous 
le  retrouvons  cette  année  avec  une  nouvelle  série  de  Bégonias 
multiflores  doubles  croisés  avec  le  B.  Frœbeli;  les  nouveaux 
venus  sont  nains,  florifères,  et  les  pédoncules  ont  la  rigidité 
de  ceux  du  B.  Frœbeli,  De  plus,  le  feuillage  semble  prendre 
certaines  teintes  rougeâtres  et  jaunâtres  assez  ornementales. 
Aucune  variété  n'est  encore  bien  fixée,  mais  le  Comité,  voyant 
là  le  point  de  départ  d'une  nouvelle  race  très  intéressante,  a 
cru  devoir  encourager  notre  habile  collègue  dans  cette  voie. 

Du  même  présentateur  est  venu  un  curieux  hybride  de 
B.  Veitchi  à  fleur  verte. 

Les  plantes  nouvelles  ou  peu  connues  ont  été  représentées  par 
les  suivantes,  envoyées  par  le  Muséum  d'histoire  naturelle  de 
Paris  et  présentées  par  les  soins  de  M.  Maxime  Cornu; 

Clematis  Davidiana,  introduit  de  Chine  par  l'abbé  David; 

Clematls  slans^  du  Japon  ; 


246  RAPPORTS. 

Eucomu  punclata,  du  Gap; 

Chôme  (Gynandropsis)  speciosa. 

Ces  plantes  n'avaient  pas,  à  première  vue,  Tattrait  des  nou- 
veautés brillantes  obtenues  dans  les  cultures;  mais  combien  de 
merveilles  sont  sorties  de  plantes  regardées  comme  insigni- 
fiantes dès  leur  introduction.  Avec  le  besoin  de  nouveauté  qui 
se  fait  sentir  de  plus  en  plus,  le  Comité  doit  savoir  gré  à  M.  Cornu 
de  cette  présentation  et  lui  sera  toujours  reconnaissant  de  lui 
faire  connaître  les  espèces  nouvelles  reçues  par  le  Muséum. 

Nous  retrouvons  MM.  Vilraorin-Andrieux  et  G'^  avec  une  série 
de  Glaïeuls  qui  sont  certainement  le  ticc  plus  ultra  des  variétés 
obtenues  jusqu'à  ce  jour;  les  épis  sont  longs  et  présentent  bien 
leurs  fleurs  qui  sont  très  grandes  et  dont  on  peut  compter  jus- 
qu'à douze  et  quatorze  épanouies  à  la  fois  sur  chaque  épi. 

Les  mêmes  présentateurs  nous  ont  fait  aussi  admirer  une 
nouvelle  race  de  Reine-Marguerite  sortie  de  leurs  cultures  et 
qu'ils  nomment  Reine-Marguerite  Japonaise,  en  raison  de  sa 
forme  échevelée,  à  ligules  étroites,  très  allongées;  cette  nouvelle 
race,  qui  viendra  s'ajouter  à  celle  des  Comètes^  possède  deux 
variétés  :  l'une  rose,  l'autre  rose  chair,  qui  se  reproduisent  de 
semis; 

Une  autre  Reine-Marguerite,  nommée  Surprise,  plus  curieuse 
que  jolie,  a  les  fleurs  imbriquées  contenant  deux  teintes,  rose 
et  saumon,  dans  le  même  capitule. 

En  septembre,  ce  sont  les  Dahlias  qui  font  leur  apparition. 
Après  avoir  été  un  peu  abandonnés,  les  Dahlias  semblent  rentrer 
de  nouveau  en  faveur  auprès  des  amateurs,  surtout  la  superbe 
série  des  Cactus.  M.  Paillet,  horticulteur  à  Ghatenay,  nous  a 
montré  quelques  variétés  de  choix  provenant  des  cultures 
anglaises  ou  obtenues  par  lui,  de  semis,  et  appartenant  à  la  série 
des  Cactus  vrais,  c'est-à-dire  aux  ligules  allongées  en  étoile. 

En  octobre,  nous  retrouvons  encore  les  Bégonias  doubles  de 
M.  Plet,  horticulteur  au  Plessis-Piquet  :  l'un  à  fleur  rouge, 
nommé  «  Victor  Plet  »  ;  l'autre,  blanc  crème,  nommé  «  Gloire 
du  Plessis  ». 

En  octobre  et  novembre,  nous  voyons  apparaître  les  Chrysan- 
thèmes. Parmi  les  nouveautés,  les  variétés  en  fleurs  coupées  de 


TRAVAUX    DU    COMITÉ    DE    FLORICULTURE    EN    1894.  247 

M.  Rosette,  horliculleur  à  Gaen,  comprenaient  de  bien  jolies 
choses,  mais,  avec  le  Comité,  nous  regrettons  qu'elles  soient 
venues  sans  noms,  car  nous  ne  pouvons  que  féliciter  l'obtenleur 
sans  signaler  ses  variétés  les  plus  méritantes. 

M.  Ernest  Coûtant,  secrétaire-général  de  la  Société  d'Horti- 
culture de  Douai,  nous  a  envoyé  des  fleurs  d'une  variété  nou- 
velle nommée  «  M.  Achille  Dooze  »,  du  nom  de  l'obtenteur  : 
les  fleurs,  très  distinctes,  grandes,  sont  d'un  rose  lilacé,  rayé  de 
jaune,  et,  de  l'avis  des  spécialistes,  cette  variété  est  bien  l'une  des 
plus  distinctes  obtenues  dans  ces  dernières  années. 

Les  nouveautés  de  MM.  Forgeot  et  C'%  nommées  Léon  Leclerc 
et  Albatros,  sont  également  méritantes,  ainsi  que  la  variété 
nommée  l'Ami  Cayeux. 

Mais  c'est  avec  M.  Calvat,  le  chrysanthémiste  distingué  de 
Grenoble,  que  nous  voyons  apparaître  les  plus  grosses  fleurs; 
nous  signalerons  surtout  les  variétés  :  Président  Carnot;  Amiral 
Avellan;  M.  R.  Ballantyne,  Reine  d'Angleterre  et  Ville  de  Gre- 
noble. 

Nous  retrouvons  M.  Urbain,  cette  fois  avec  un  Bégonia 
BexyCdiscolornommé  Léon  Delaville,  qui  se  multiplie  au  moyen 
des  bulbilles  naissant  à  l'aisselle  des  feuilles,  caractère  parti- 
cuher  qu'il  tient  du  B.  dlscolor. 

M.  J.  Dybowski  a  fait  au  Comité  une  intéressante  communi- 
cation au  sujet  de  quelques  plantes  qu'il  a  rapportées  de  son 
dernier  voyage  d'exploration  au  Congo. 

Ces  plantes,  présentées  par  M.  J.  Sallier,  comprenaient  d'abord 
un  Anchomanes.kvoïàéQ  curieuse  qui  croît  au  Congo  en  abondance 
et  y  atteint  souvent  la  hauteur  de  3  mètres  ;  puis  un  Hœmanthus 
nouveau  en  comparaison  avec  un  Hœmmithus  multiflurus,  qui  se 
distingue  de  ce  dernier  par  quelques  caractères  particuliers, 
mais  dont  le  caractère  principal  est  de  croître  dans  les  endroits 
tourbeux,  marécageux  des  forêts  humides,  tandis  que  r^«??ia?2'. 
thus  multiflorus  végète  sur  les  côtes,  entre  les  rochers,  dans  une 
atmosphère  plutôt  aride. 

M.  Bultel,  jardinier  chef  an  château  de  Mello  (Oise),  nous  a 
apporté  quelques-uns  des  produits  des  belles  serres  de  M.  le 
baron  Frank  SeUière  : 


248  RAPPORTS. 

D'abord  un  Anthurium  nommé  Baronne  Frank  Seliière,  issu 
de  ia  fécondation  de  V Anthurium  Andreanum  par  V Anthurium 
carneum  ;  c'est  une  fort  belle  plante,  qui  possède  la  particularité 
de  donner  des  fleurs  blanches,  tandis  que  celles  des  parents  sont 
rouges  ou  roses  ;  les  fleurs  ne  prennent  une  teinte  rosé  rougeàtre 
que  sur  leur  déclin; 

Un  peu  plus  tard,  M.  Bultel  a  envoyé  un  bel  hybride  d'An- 
thuriiim,  nommé  A.  Melloiahun^  produit  de  VA,  Andreanum 
fécondé  par  VA.  Lawrenceanum ;  les  fleurs  de  cet  hybride  ont  la 
forme  de  VA.  Andreanum  et  la  couleur  rouge  sombre  de 
l'A.  Laivrenceanum. 

M.  Bergman,  de  Ferrières,  et  M.  Rodocanachi,  amateur  à 
Andilly,  nous  ont  montré,  à  deux  reprises,  une  fleur  du  curieux 
Aristolochki  gigas  Sturtevanli^  nouveauté  introduite  en  Angle- 
terre et  possédant  la  plus  grande  fleur  connue  dans  le  genre 
Aristoloche. 

M.  Maxime  Jobert  nous  a  présenté  une  nouvelle  race  de 
Cyclameyi  au  feuillage  zoné-panaché,  très  ornemental. 

MM.  Barbier  frères,  horticulteurs  à  Orléans,  nous  ont  envoyé 
des  fleurs  coupées  de  V Anémone  japonica  Whirlwind,  qu'ils  ont 
reçue  d'Amérique.  Cette  variété  n'est  qu'une  forme  de  l'A.  japo- 
nica Honorine  Jobert,  avec  ce  caractère  particulier  que  la  corolle 
est  formée  d'un  double  rang  de  pétales,  légèrement  ondulés, 
blanc  pur. 

Nous  avons  cru  devoir  nous  étendre  un  peu  sur  les  plantes 
nouvelles  afin  de  mieux  faire  ressortir  l'importance  de  l'hybri- 
dation dans  la  culture  française;  ce  compte  rendu  ne  peut  mal- 
heureusement que  donner  une  faible  idée  de  cette  importance, 
attendu  qu'un  grand  nombre  de  nouveautés,  introduites  ou 
obtenues  en  France,  ne  sont  pas  soumises  au  jugement  de  notre 
Société. 

Nous  nous  bornerons,  dans  le  compte  rendu  des  présentations 
diverses,  à  signaler  seulement  les  plantes  les  plus  méritantes. 
Mais  avant  de  commencer  cette  partie  de  notre  résumé,  nous 
devons,  de  suite,  signaler  une  importante  amélioration  apportée 
dans  l'attribution  des  récompenses  aux  plantes  nouvelles  :  nous 
voulons  parler  du  Certificat  de  mérite,  mis  à  la  disposition  des 


TRAVAUX    DU   COMITÉ    DE    FLORICULTl  RE    EX    1894.  249 

Comités  à  la  suite  d'une  délibération  du  Conseil  d'administration . 
Ce  Certificat,  tout  en  ne  supprimant  pas  la  prime  habituelle, 
permet  de  séparer  d'un  lot  de  plantes  nouvelles,  une  autre  plante 
dont  le  mérite  est  reconnu  supérieur  et  de  rehausser  encore  sa 
valeur  par  l'attribution  d'un  Certificat  de  mérite. 

Voici  la  liste  des  plantes  qui,  en  1894,  ont  obtenu  le  Certificat 
de  mérite  de  i'^''  classe  : 

Vi'iesea  Andreana,  présenté  par  M.  L.  Duval. 

Anthurium  Scherzerianum  rex,  présenté  par  M.  L.  Duval. 

Vriesea  fenestraloy^fulgkla,  présenté  par  M.  L.  Duval. 

Bégonia  double  Secrétaire  Duchartre,  présenté  par  M.  E.  Cou- 
turier. 

Cattîeya  Mantini  ,  présenté  par  M.  Georges  Mantin. 

Cyclamen  à  feuillage  panaché,  présenté  par  M.  Max.  Jobert. 

Cypripedium  Madame  Elysée  Descombes,  présenté  par 
iM.Opoix. 

Les  Orchidées  en  collections. 

Les  collections  d'Orchidées  ont  été  également  fort  nom- 
breuses. Indépendamment  des  concours  spéciaux  qui  ont  été, 
cette  année,  plus  suivis  que  l'année  précédente,  le  Comité  a  eu, 
presque  à  toutes  les  séances,  des  apports  d'Orchidées  à  exa- 
miner. 

Notons  d'abord  les  différents  lots  de  Cypripedium  de  M.  Opoix 
parmi  lesquels  brillaient  les  perles  de  la  fameuse  collection  du 
Luxembourg,  collection  qui  est,  on  peut  le  dire,  le  résultat  du 
travail  persévérant  des  directeurs  de  ce  Jardin  :  le  regretté 
M.  Roch  Jolibois  et  son  digne  successeur  M.  Opoix. 

L-e  même  présentateur  a  montré  à  plusieurs  reprises  des  Phajus 
Wallichii  d'une  végétation  luxuriante,  des  Lcelia  auiwnnalis 
abondamment  fleuris;  le  curieux  Dendrobium  speciosiwi,  réputé 
peu  florifère;  le  Cattîeya  Trianiei  delicata^  et,  ne  l'oublions  pas, 
le  rare  Cypripedium  Fairieanum,  véritable  bijou  du  genre. 
M.  L.  Dallé,  horticulteur,  rue  Pierre-Charron  à  Paris,  est  tou- 
jours un  des  plus  fidèles  présentateurs  d'Orchidées  et  ses  plantes 


250  RAPPORTS. 

sont  toujours  bien  choisies  et  abondamment  fleuries;  notons 
parmi  celles  qu'il  nous  a  montrées  :  un  beau  Saccolabium 
illustre,  Phaldenopsis  Schilleriana^  Cœlogyne  cristata  Lemoniana 
et  Phajus  grandiflorus  \  plus  tard  :  Odontoglossum  vexillarium, 
le  fameux  Cattleya  rex^  Cypripedium  superbiens  Demidoffi  ; 
puis,  à  une  autre  séance  :  Cypripedium  Baiteti,  Sophronitis 
grandiflora,  un  joli  Lxlia  anceps  alba,  etc. 

M.  Delavier,  horticulteur,  rue  Saussure  à  Paris,  a  exhibé 
également,  à  plusieurs  reprises,  quelques  Orchidées  dont  la 
végétation  et  la  floraison  ne  laissaient  rien  à  désirer;  signalons 
surtout  les  belles  formes  &' Odontoglossum  Alexandre ^  0.  pul- 
chellum  majusy  0.  luteo-purpureum,  et  des  variétés  superbes  de 
CaUleya  Trianœi  dont  un  spécimen  de  C.  Triansei  alba  avec 
treize  fleurs. 

On  peut  regretter  que  M.  Bleu  ne  nous  montre  pas  plus  sou- 
vent ses  préférées,  car  ses  présentations  sont  toujours  du  plus 
grand  intérêt.  En  outre  de  ses  semis,  mentionnés  plus  haut, 
M.  Bleu  nous  a  présenté  le  curieux  Vanda  Cathearti  de  l'Hima- 
laya, espèce  rare  dans  les  cultures  et  réputée  peu  florifère;  le 
spécimen  exhibé  avait  deux  inflorescences  aux  divisions  rayées 
de  lignes  brunes  et  au  labelle  mobile  très  distinct. 

M.  Nilsson,  horticulteur-fleuriste,  iO,  rue  Auber  à  Paris,  ne 
prodigue  pas  non  plus  ses  apports,  mais  ceux-ci  sont  toujours 
d'un  grand  mérite;  le  Comité  a  eu  à  juger  son  Dendrobium  spe- 
ciosum,  spécimen  monstre  ayant  1"',50  de  diamètre  et  portant 
vingt-quatre  inflorescences  bien  développées  :  qui  donc  >ose  dire 
que  le  Dendrobium  speciosum  ne  fleurit  pas? 

Du  même  présentateur,  est  venu  un  peu  plus  tard,  un  spécimen 
hors  ligne  de  Vanda  cœrulea  dénotant  une  culture  exemplaire; 
cette  belle  plante  possédait  toutes  ses  feuilles  intactes  depuis  la 
base  et  portait  deux  fortes  tiges  aux  fleurs  du  plus  beau  bleu. 

M.  Maron  semble  aussi  avoir  un  secret  pour  produire  des 
plantes  abondamment  fleuries  que  tout  le  monde  admire;  c'est 
ainsi  que  nous  devons  mentionner  son  magnifique  Vanda  San- 
deriana  et  un  Lycaste  Skinneri  avec  39  fleurs  épanouies  {trente- 
neuf).  Un  pseudo-bulbe  portait,  à  lui  seul,  12  fleurs.  Viennent 
ensuite  les  présentations    de  M.   Duval  dont  les  cultures  sont 


TRAVAUX   DU   COMITÉ    DE    FLORICULTURE    EN    1894.  2ol 

assez  réputées  pour  que  nous  n'ayons  pas  besoin  de  les  vanter; 
nous  mentionnerons  cependant  ses  beaux  Odontoglossum  en 
variétés  choisies  :  0.  sceptrum,  polyxanthum,  v.exillarium  super- 
èwm,  variété  très  rare;  puis  ses  Cattleya  superba,C.  Acklandiœ; 
une  forme  curieuse  du  C.  Trianœi  au  labelle  entièrement 
violet;  Dendrobium  Wardianum  giganteum,  Cochl'ioda  Nœtz- 
liatia,  etc.,  etc. 

MM.  E.  Gappe  et  fils  ont  pris  part  à  plusieurs  concours  d'Or- 
chidées et  ont  présenté  en  outre,  aux  séances,  de  nombreux 
Gypripèdes  parmi  lesquels  se  distinguaient  :  un  très  beau  C.Ar- 
thurianum,  C.  Lathamianum  splendidum ;  puis  un  Phaldenopsis 
amabiliSy  spécimen  avec  2  tiges  et  22  fleurs,  VOncidium  phymato- 
chilum,  le  curieux  Cycnoches  chlorochilon;  des  Cattleya  Iriamei 
et  C.  labiata  en  variétés  d'élite,  etc. 

De  M.  E.  Mousseau,  jardinier-chef,  23.  rue  de  Gonstantine,  à 
Paris,  sont  venues  quelques  belles  Orchidées  bien  fleuries,  no- 
tamment :  Oncidium  sarcodes^  0.  pulvmatum  et  Trïchopilia 
s     ua. 

MM.  Piret  et  fils,  horliculteurs  à  Argenteuil,  nous  ont  monlré 
le  curieux  E pidendrum  nocturnum  et  quelques  bonnes  formes  de 
Cattleya  labiata  autumnalis. 

M.  Bert,  horticulteur  à  Bois-Colombes,  s'est  présenté  avec  plu- 
sieurs lots  d'Orchidées  d'une  bonne  végétation;  nous  mention- 
nerons :  ses  Cattleya  aurea,  Lycaste  Skinneri  alba,  Odonto- 
glossum Uroskinneri;  d'excellentes  formes  de  Cattleya  labiata 
autumnalis  ;  V  E  pidendrum  Godseffianum  et  V  Odontoglossum  Cer- 
vantesii. 

M.  Lange,  horticulteur,  rue  de  Bourgogne,  30,  à  Paris,  nous 
a  présenté  un  beau  spécimen  de  Lcclia  Perrini  avec  33  fleurs. 

M.  Régnier  a  également  envoyé  quelques  plantes  dont  quelques 
beaux  Calanthe. 

M.  Henri  Vacherot,  de  Boissy-Saint-Léger,  prend  place  parmi 
les  cultivateurs  d'Orchidées,  et  le  peu  de  plantes  que  nous  avons 
eues  de  lui  dénotaient  une  culture  bien  comprise,  surtout  ses 
Odontoglossum;  l'un,  belle  forme  d'O.  Alexandrie,  l'autre,  0. 
Alexandrœ,  genre  fiueckeri,  possédaient  des  tiges  florales  bien 
développées. 


252  RAPPORTS. 

M.  Servy,  jardinier  au  château  de  Gorcelles,  près  Ghalon  sur- 
Saône, a  envoyé  12  variétés  d'Orchidées  en  fleurs  coupées. 

Enfin,  pour  terminer  cette  longue  liste,  nous  devons  signaler 
le  mérite  des  appoits  de  M.  Elie,  consistant  exclusivement  en 
Ci/prlpediiim  variés,  et  un  bel  Angrœcum  articulatum  Ellisii  de 
M.  Gourmontagne,  rue  Raynouard,  à  Paris. 

Les  plantes  diverses. 

Parmi  les  plantes  diverses  les  plus  remarquables,  nous  devoDS 
mentionner  la  collection  de  6>?/7Jf(2/î/Ai^s  présentée  par  M.  Opoix. 
Ces  Broméliacées,  au  feuillage  si  curieux  et  original,  offraient 
ceci  de  particulier  qu'elles  étaient  cultivées  en  paniers  suspen- 
dus près  du  vitrage.  Leur  vigueur  et  les  riches  coloris  de  feuilles 
faisaient  contraste  avec  les  plantes  chétives  que  l'on  rencontre 
habituellement  dans  les  serres,  le  plus  souvent  sous  les  tablettes, 
ou  abandonnées  dans  les  coins. 

En  février  nous  avons  admiré  les  Primevères  de  la  maison 
Forgeotet  G'®,  à  Paris;  nous  y  avons  relevé  9  variétés  de  Prime- 
vères de  Ghine,  particulièrement  une  variété  frangée-striée  ; 
puis  le  ](j\i  Primula  floribunda,  plante  très  florifère. 

Plus  tard,  ce  sont  les  Primevères  de  la  maison  Vilmorin- 
Andrieux  et  G'®,  également  bien  variées,  simples  et  doubles,  ne 
laissant  rien  à  désirer  comme  grandeur  de  fleurs  et  comme 
tenue. 

Nous  retrouvons  M.  Duval,  avec  une  collection  de  Vriesea  hy- 
brides datant  de  deux  ou  trois  années  d'obtention  ; 

Puis  i' Anthurium  Andreanum  album  de  MM.  LepetitetBeranek, 
horticulteurs  à  Neuilly-sur-Seine,  et  les  fleurs  coupées  de  Olivia, 
miniata,  appartenant  à  5  belles  variétés  envoyées  par  M.  Th. 
Viard,  horticulteur  à  Langres. 

En  mars,  nous  avons  eu  les  Cyclamen  de  M.  Billiard.  jardinier 
chez  M.  DaltrolT  à  Yille-d'Avray,  plantes  en  spécimens  énoi'mes 
qui  valent  au  présentateur  des  félicitations  toutes  spéciales  du 
Comité; 

Très  beaux  également  les  Horlensla  Thomas  Hogg  de 
M.  Bréauté,  horticulteur,  rue  de  la  Glacière,  à  Paris; 


TRAVAUX    DU   COMITh:    DE   FLORICULTURE    EN    1894.  2o3 

Avec  i\J.  Duval,  ce  sont  des  Anlfiurium  Scherzerianum,  varié- 
tés d'élite  aux  spathes énormes  et  d'une  tenue  parfaite; 

Que  dire  des  Bégonia  «  Triomphe  deLemoine»  et  «  Triomphe 
de  Nancy  »  présentés  par  M.  Aruoult  de  Savigny-sur-Orge  et 
disparaissant  littéralement  sous  les  fleurs? 

Au  même  moment,  les  Jipiphyllum  Russelianum  Gaertnerï  de 
M.  Berlin,  horticulteur  à  Grenelle,  étaient  aussi  bien  fleuris  et 
fort  jolis. 

En  avril,  M.  Lange  nous  présente  un  groupe  dWnlhurium  Scher- 
zerianum  en  beaux  spécimens  et  choisis  parmi  les  plus  belles 
formes;  l'un  surtout  se  distingue  par  des  spalhes  très  grandes, 
d'un  rouge  intense,  un  autre  par  ses  spathes  très  longues  d'un 
beau  blanc  moucheté  de  rouge; 

M.  Francin,  jardinier  au  château  d'Épinay-sur-Orge,  rappelle 
au  souvenir  du  Comité  le  charmant  Phlox  canadensls  divaricata, 
aux  jolies  fleurs  d'une  teinte  bleue  délicate,  que  le  présentateur 
dit  avoir  conservé  l'hiver,  sous  châssis,  et  en  plein  air  sans  aucun 
abri;  la  plante  n'a  pas  plus  souffert  dehors  que  sous  châssis; 

Nous  retrouvons  la  maison  Yilmorin-Andrieux  et  G'®,  cette  fois 
avec  un  groupe  de  Prlmula  obconica  aux  fleurs  très  grandes  et 
aux  ombelles  très  fortes.  Ges  types  perfectionnés  montrent  la 
grande  amélioration  que  les  présentateurs  ont  fait  subir  à  cette 
plante  et  font  ressortir  ses  brillantes  qualités  décoratives; 

L'apport  de  MM.  Yilmorin  comprenait  en  outre,  ce  même  jour  : 
des  Cinéraires  hybrides  doubles  variées,  Prlmula  Forbesl  à 
grande  fleur.  Pensées  parisiennes  à  grande  macule  et  Auhrlella 
deltoide,  charmante  plante  de  rocaille  aux  fleurs  bleu-violet  ; 

VHoteia  multiflora  compacta  de  M.  Birot  est  toujours  une 
bonne  plante  à  signaler; 

M.  Gillard,  horticulteur  à  Boulogne-sur-Seine,  nous  a  montré 
de  belles  potées  fleuries  de  Réséda  pyramidal  à  grande  fleur, 
fort  bien  cultivées. 

MM.  Forgeot  ont  aussi  présenté  :  des  Cinéraires  doubles  de 
semis,  une  Cinéraire  hybride  nommée  «  Lumière  bleue  »,  Prlmula 
Forbesiy  Bégonia  semperflorens  «  Bijou  »,  à  feuilles  jaunes,  et  des 
Capucines  de  Lobb  à  feuilles  panachées  : 

M.  Doin,  amateur  à  Dourdan,  nous  a  fait  admirer  une  superbe 


254  RAPPORTS. 

touffe  de  Pingu'icuh  cavdata,  fort  bien  cultivée  et  portant  dix 
fleurs; 

Avec  M.  Falaise,  le  spécialiste  réputé  pour  la  culture  des  Pen- 
sées, nous  avons  eu  sous  les  yeux  une  magnifique  collection  de 
ces  jolies  plantes,  comprenant  les  coloris  les  plus  variés  et  les 
formes  les  plus  parfaites  obtenues  jusqu'à  ce  jour  ; 

En  avril,  MM.  Vilmorin-Andrieuxet  G'°  nous  ont  présenté  10  va- 
riétés de  Galcéolaires  ligneuses,  hybrides  entre  les  G.  herbacées 
et  les  C.  rugosa  «  Triomphe  de  Versailles  »  et  a  Pluie  d'or  »,  et 
en  mai  une  belle  collecdon  de  Galcéolaires  herbacées  choisies 
parmi  les  plus  belles  variétés  et  au  milieu  desquelles  se  distin- 
guait particulièrement  le  variété  «  Le  Vésuve  »  ; 

Un  peu  plus  tard,  les  mêmes  présentateurs  mettaient  sous  les 
yeux  du  Gomilé  àQ?,  Pétunia  superhhsima  à  très  grande  fleur; 

M.  Delimoges,  horticulteur  au  Petit-Ivry  (Seine),  nous  a  pré- 
senté une  collection  à' Iris  comprenant  36  variétés  dont  quelques- 
unes  très  remarquables  ; 

Sont  venus  ensuite  les  Ghrysanthèmes  hâtifs  «  M.  Gustave  Gru- 
newald  »  de  M.  Lemaire,  horticulteur  à  Paris;  puis  les  Œillets 
de  M.  Legrand,  amateur  à  Vincennes;  une  fleur  monstrueuse  de 
Gloxima  de  MM.  Vallerand  frères,  horticulteurs  à  Bois-Golombes  ; 
les  Giroflées  grecques  et  OEillets  de  poète  de  MM.  Forgeot  et  G'° 
ainsi  que  les  Pétunia  superbisshna  à  très  grande  fleur  des 
mêmes  présentateurs;  enfin  les  Godetia  Whitneyien  variétés,  de 
MM.  Vilmorin,  comprenant  la  variété  «  écarlate  vif,  et  les  hns 
Kœnipferi  des  mêmes  présentateurs  ; 

M.  Régnier,  de  Fontenay-sous-Bois,  nous  a  aussi  montré  quel- 
ques belles  variétés  d'QEillets  remontants. 

(A  suivre.) 


ASSOCIATION   POMOLOGIQUE    DE     l'oUEST.  255 


COMPTES  RENDUS  D'EXPOSITIONS 


suh  le  onzième  concours  général  et  le  douzième  congrès  de 
l'Association  pomologique  de  l'Ouest,  tenu  a  Laigle 
(Orne),  du  9  au  14  octobre  1894; 

par   M.   Michelin. 

Suite  et  fin  (1). 

La  matinée  du  vendredi  a  été  consacrée  à  la  visite  de  l'usine 
de  M.  Paul  Bobin,  qui  a  permis  aux  membres  du  congrès,  étran- 
gers au  pays,  de  se  rendre  compte  par  la  vue  d'un  des  prin- 
cipaux établissements,  de  l'industrie  toute  spéciale  du  pays  :  la 
fabrication  des  épingles  et  des  aiguilles.  Celte  fabrique  est  à 
Saint-Sulpice,  dans  la  vallée,  sur  la  rivière,  au  sortir  de  la  ville  ; 
on  y  voit  exécuter  par  des  moyens  mécaniques  les  multiples  et 
minutieux  travaux  au  moyen  desquels  on  y  produit  les  épingles 
et  les  aiguilles,  plus  les  dés  à  coudre,  dont  la  fabrication  appar- 
tient presque  exclusivement  en  France  à  la  ville  de  Laigle.  Les 
visiteurs  y  ont  été  reçus  avec  une  courtoisie  et  une  obligeance 
qui  ont  donné  un  véritable  attrait  à  cette  intéressante  visite  qui 
avait  été  provoquée  par  une  délicate  attention  de  M.  le  maire 
Glouet. 

La  séance  de  l'après-midi  a  été  consacrée  à  la  continuation 
des  travaux  spéciaux  qui  étaient  à  l'ordre  du  jour  du  Congrès. 

Une  conférence  devait  être  faite  le  soir  par  M.  Raquet  sur  la 
plantation  des  Pommiers  et  le  choix  des  variétés  les  plus  conve- 
nables pour  obtenir  de  bonnes  boissons  de  leurs  fruits.  Les 
dames  ont  toujours  été  très  nombreuses  dans  la  galerie,  et  le 
conférencier  a  vivement  intéressé  toute  l'assistance.  Il  a  indi- 
qué les  modes  de  greffage  usités  pour  le  Pommier,  soit  au 
pied,  soit  en  tête  des  arbres,  selon  les  circonstances  où  ils  se 
trouvent  ;  il  a  conseillé  :  l'enlèvement  des  écorces  qui  nuisent  au 

(1)  Voir  Cahier  de  mars,  p.  187. 


^OG  ONZIÈME    CONCOURS    GÉNÉRAL   ET   DOUZIÈME    CONGRÈS. 

développement  des  arbres  et  logent  les  insectes  nuisibles;  les 
binages  légers  ;  les  fumures  qui  ont  pour  but  de  rendre  à  la  terre 
ce  qu'elle  a  dépensé  pour  la  végétation  et  la  fructification.  On 
ajouterait  encore  dans  les  recommandations,  la  plantation  à 
.30  ou  40  centimètres  seulement  de  profondeur,  point  sur  lequel 
M.  Raquet  est  d'accord  avec  la  généralité  de  ses  confrères,  con- 
trairement aux  enseignements  qui  se  donnaient  autrefois,  étant 
observé  qu'on  est  maintenant  beaucoup  plus  porté  à  rapprocher 
les  racines  de  l'influence  de  l'air  et  du  soleil,  tandis  qu'on  n'at- 
tend que  du  bien  de  la  fouille  du  terrain  sur  une  surface  étendue 
en  largeur.  Le  conférencier  a  en  outre  insisté  sur  l'utilité  des 
paillis  étalés  au  pied  des  arbres.  Il  a  inspiré  la  persuasion  à  ses 
auditeurs  qui  l'ont  applaudi  avec  enthousiasme. 

Les  instruments  de  fabrication  ont  eu  leur  tour.  M.  Jourdain, 
professeur  d'agriculture  du  Pas-de-Calais,  a  faif,  le  samedi,  une 
promenade-visite,  véritable  leçon  de  pratique  autour  des  instru- 
ments exposés  en  assez  grand  nombre.  Le  professeur  a  été 
suivi  par  de  nombreux  auditeurs,  avides  de  s'instruire  sur 
l'emploi  qui  peut  être  fait  utilement  de  cet  outillage  (instru- 
ments, machines  et  appareils)  que  des  fabricants  intelligents 
perfectionnent  de  jour  en  jour,  avec  un  grand  à-propos. 
M.  Jourdain  a  fait  ressortir  combien  l'application  des  meilleurs 
procédés  peut  concourir  à  l'amélioration  des  boissons. 

Les  cidres  en  fûts  et  en  bouteilles,  les  eaux-de-vie,  ont  été 
l'objet  d'examens  sérieux,  faits  par  des  Commissions  de  iMembres 
particulièrement  compétents;  les  cidres  en  fûts  n'ont  pas  donné 
toute  la  satisfaction  désirable;  on  a  pensé  qu'il  y  aurait,  sans 
doute,  à  modifier  la  réglementation  qui  concerne  la  présentation 
de  ces  boissons  :  c'est  une  question  signalée. 

Le  même  jour,  samedi,  à  trois  heures,  M.  Langlais,  professeur 
d'agriculture  du  département  de  l'Orne,  bien  connu  et  apprécié 
dans  sa  circonscription,  a  fait,  à  l'Hôtel  de  Yille,  une  conférence 
publique  sur  la  fabrication  du  cidre  et  des  sujets  accessoires  se 
rattachant  plus  particulièrement  aux  intérêts  du  département: 
il  a  été  fort  applaudi  comme  ses  collègues. 

Dans  le  programme  du  Congrès,  il  était  demandé  des  travaux" 
écrits,   théoriques,  aux  membres  de  l'Association  ;  l'appel  a  été 


ASSOCIATION    PROMOLOGIQUE    DE    l'oUESï.  257 

entendu,  et  des  récompenses  ont  été  accordées  aux  auteurs  des 
Mémoires  qui  ont  été  jugés  méritants. 

On  a  signalé  un  mémoire  de  M.  Morio,  sur  l'emploi  des 
levures  sélectionnées,  dans  les  essais  qui  ont  été  faits  à  Vannes 
(Morbihan). 

Un  mémoire  de  M.  Gaston  Lavergne,  sur  la  chématobie. 

Divers  mémoires  de  M.  Truelle,  de  Trouville,  et  notamment  un 
travail  intitulé  Verge?^  rationnel  et  pratique  du  pays  d'Auge.  Ces 
études  ont  valu  à  l'auteur  une  médaille  d'or. 

Un  mémoire  du  frère  Isaïe,  de  l'école  de  Tregaro  de  Gacé, 
intitulé  :  Pomone  du  canton  de  Gacé. 

M.  Rigaux,  professeur  départemental,  a  été  récompensé  de  ses 
efforts  pour  vulgariser,  par  des  conférences,  la  bonne  culture  du 
Pommier  et  la  bonne  fabrication  du  cidre. 

Des  médailles  d'argent  ont  généralement  été  décernées  aux 
auteurs  de  ces  intéressants  travaux. 

Par  la  liste  des  récompenses  dont  les  principales  vont  être 
indiquées  ci-après,  on  aura  une  idée  des  travaux  qui  ont  été 
accomplis  pendant  la  session,  et  de  la  valeur  qui  leur  a  été 
attribuée. 

En  tète,  figure  M.  Raquet,  professeur  d'agriculture  de  la 
Somme,  qui  a  reçu  un  vase  de  porcelaine  de  Sèvres,  à  titre  de 
prix  d'honneur,  pour  l'ensemble  de  son  exposition  de  fruits  de 
pressoir,  et  son  concours  essentiellement  efficace  aux  travaux  de 
l'Association. 

Pommes  et  Poires  de  pressoir 
(Normandie), 

Rappel  de  médailles   d'or,  à   M.   Omont  de  Bourgtheroude 
(Eure), 
Médaille  d'or,  à  M.  Ragaine,  à  Tanville  (Orne). 
Médaille  d'or,  au  frère  Amédée,  au  petit  séminaire  de  Séez. 
Médaille  de  vermeil,  à  M.  Loret,  au  Sap  (Orne). 
Médaille  de  vermeil,  au  Cercle  agricole  du  Sap. 

(Bretagne) 

Médaille  de  vermeil,  au  frère  Léophane,  à  Saint-Avé 
(Morbihan). 

17 


258  ONZIÈME    CONCOURS    GÉNÉRAL   ET    DOUZIÈME    CONGRÈS. 

Médaille  de  vermeil,  à  M.  Servin,  professeur,  comme  ayant 
présenté  des  collections  de  plusieurs  arrondissements  d'Ille-et- 
Vilaine. 

Concours  pour  les  départements  autres  que  ceux  de  Normandie  et 

de  Bretague. 

Médaille  d'or,  à  M.  Raquet,  pour  son  exposition. 
Tous  départements  autres  que  ceux  de  Normandie  et  de  Bretagne. 

Médaille  d'or,  M.  Gaulier,  pépiniériste,  à  Beau  vais  (Oise). 

Médaille  de  vermeil,  à  M.  Pol  Fondeur,  propriétaire,  à  Viry 

(Aisne). 

Collections  de   Poires  de  pressoir  exposées  par  des   Sociétés,  des 
Comices,  des  Amateurs. 

Médaille  d'or,  le  frère  Lémery,  instituteur,  à   Bain  (lUe-et- 

Vilaine). 

Collections  exposées  par  les  Instituteurs  et  recueillies  par  leurs  soins 
dans  les  communes  dont  ils  dirigent  l'école. 

Médaille  d'or,  M.  Loiseleur,  instituteur,  à  Autheuil  (Eure). 

Médaille  de  vermeil,  M.  Délavai,  instituteur,  à  Tournedos- 
Bois-Hubert  (Eure). 

Médaille  de  vermeil,  M.  Renard,  instituteur,  à  Saint-Martin- 

d'Aspre. 

Cidres  de  Normandie. 
Cidres  en  fûts. 
Médaille  d'or,  M.  Guérin  (Léon),  à  Quibou,  (Manche). 
Médaille  de  vermeil,  M.  le  baron  de  Fontenay,  à  Saint-Hilaire 

(Orne). 

Cidres  en  bouteilles. 

Médaille  de  vermeil,  M.  Pillu  (Désiré),  à  Boucé  (Orne). 
Médaille  de  vermeil,  M.  Maçon  (Louis),  à  Evrenx  (Eure). 
Médaille  de  vermeil,  M.  le  baron  de  Fontenay,  à  Saint-Hilaire 
(Orne). 

Le  même,  autre  médaille  de  vermeil  pour  cidres  en  fûts  pro- 
duits dans  l'arrondissement  de  Mortagne. 
Cidre  de  Bretagne. 
En  fûts. 
Médaille  d'or,  M.  Pilorgé,  à  Kermons,  près  Quimper  (Finistère). 


ASSOCIATION    POMOLOGIQUE   DE   L'oUEST.  259 

En  bouteilles. 
Médaille    de    vermeil,    M.    Lefaix,    à    Saint-Armel    (Ule-et- 
Vilaine). 

Cidres  en  bouteilles  du  déparlement  de  VOrne. 
Médaille  de  vermeil,  à  M.  Pillu  (Désiré),  à  Boucé  (Orne). 
Poirés  de  toute  provenance  en  fuis  et  en  bouteilles. 
Médaille  de  vermeil,  M.  Leblanc. 

Pour  les  eaiix-de-vie  de  cidre  et  de  poiré,  ont  eu  des  médailles 
d'or  : 

M.  Mercier,  à  Ballon  (Sarthe),  et  31.  Ghatel,  à  Saint-Georges- 
des  Groseilliers  (Orne). 

M.  Guérin,  à  Quibou  (Manche). 

M.  Doulay,  à  Bernay  (Eure). 

Instruments. 

MM.  Simon  et  ses  fils,  de  Cherbourg,  ont  eu  une  médaille 
d'or  pour  leurs  concasseurs  de  Pommes,  à  bras,  et  une  autre,  de 
même  nature,  pour  leurs  concasseurs  à  manège. 

M.  Garnier,  de  Redon,  a  eu  une  médaille  d'or  pour  ses 
pressoirs. 

M.  Deroy,  de  Paris,  a  reçu  une  médaille  d'or  pour  ses  appa- 
reils de  distillation. 

M.  Egrot,  de  Paris,  a  obtenu  une  médaille  de  vermeil  pour  le 
même  objet. 

Une  médaille  de  vermeil,  grand  module,  a  été  attribuée  à 
M.  Mercier,  à  Ballon  (Sarthe),  pour  les  Pommiers  sortant  de  ses 
pépinières  qu'il  a  apportés  au  concours. 

Des  médailles  d'argent  et  de  bronze  ont  été  attribuées  à 
d'autres  exposants. 

Une  remarque  qu'on  a  pu  faire,  c'est  que  l'attention  a  une 
tendance  à  se  porter  plus  particulièrement  qu'autrefois  sur  les 
poirés. 

Un  fait  intéressant  à  signaler,  c'est  que  la  Société  d'horticul- 
ture de  Rouen  qui,  on  le  sait,  a  fondé  un  verger-école  en  vue  de 
répandre  des  greffons  des  variétés  les  plus  recommandables, 
avait  affirmé  l'existence  de  ce  verger,  en  envovant  un  lot  com- 


:ibU  REVUE    DES    rLBLICATJONS. 

posé  de  fruits  qui  y  avaient  été  récoltés.  C'est  un  exemple  à 
suivre. 

Une  question  a  préoccupé  beaucoup  de  personnes  s'occupant 
de  la  fabrication  du  cidre,  c'est  la  question  de  savoir  s'il  était  à 
propos  de  faire  du  cidre  avec  une  seule  variété  de  fruits,  ou 
avec  un  mélange  raisonné  de  plusieurs  variétés  se  complétant 
l'une  par  l'autre.  M.  Hérissant,  le  directeur  de  la  ferme  des  Trois- 
Groix,  près  de  Rennes,  l'un  des  secrétaires  de  la  Société  pomo- 
logique  de  l'Ouest,  a  entrepris  des  études  sur  ce  sujet  dont  il  a 
produit  les  résultats  au  Congrès  de  1893.  De  son  travail,  il  avait 
acquis  que  certaines  variétés,  entrant  comme  les  meilleures  dans 
les  mélanges,  donnaient,  étant  employées  seules,  de  la  boisson 
qui  n'était  pour  ainsi  dire  pas  potable;  notre  collègue  avait  fait, 
avec  quelques  succès,  des  essais  sur  certains  mélanges  déter- 
minés. 

Ce  membre  zélé  a  continué  ses  études,  et  en  a  fait  connaître 
les  produits  à  une  commission  nommée  à  l'effet  de  les  apprécier  ; 
or,  de  ce  qui  a  été  obtenu  celte  année,  il  n'y  a  pas  eu  à  tirer  de 
solution  concluante.  L'attention  est  appelée  sur  ce  point. 
M.  Hérissant  se  propose  de  continuer  ses  expériences;  elles 
peuvent  conduire  à  des  observations  utiles  dans  la  pratique. 


REVUE 

DES  PUBLICATIONS  FRANÇAISES  ft  ÉTRANGÈRES  ^^^ 


1.  Publications  françaises, 
par  M,  D.  Bois. 

Bulletin  du  Cercle  horticole  du  Nord,  numéro  de  mars  1895. 

C allure  forcée  de  la  Tomote  à  Aice,  par  M.  Dercy,  directeur 
de  l'Etablissement  floral  de  Pessicard-Nice,  p.  63.  —  Depuis  quel- 
ques années  la  cuilure  forcée  de  la  Tomate  a  pris,  à  Nice,  au 
Golfe-Juan  et  surtout  à  Anlibes,  une   importance  considérable. 


(1)  La  responsabilité  des  descriptions  et  des  appréciations  est 
laissée  aux  auteurs  dont  les  articles  se  trouvent  ici  simplement 
analysés. 


PUBLICATIONS    FRANÇAISES.  261 

Deux  modes  de  culture  sont  usités  :  dans  le  premier,  ou  cul- 
ture de  haute  primeur,  le  cultivateur  a  recours  à  !a  chaleur 
artificielle  fournie  par  un  appareil  au  thermosiphon.  Dans  le 
second,  le  cultivateur  n'emploie  que  des  châssis,  le  soleil  seul 
fournissant  la  chaleur.  Dans  le  premier  cas,  on  sème  les  graines 
vers  la  mi-aoùt;  on  repique  les  jeunes  plantes  en  pleine  terre  ou 
de  préférence  en  pots,  dans  la  première  quinzaine  de  septembre, 
et  l'on  met  en  place,  du  15  au  20  octobre,  en  laissant  un  espace 
d'environ  40  centimètres  entre  les  plantes.  Lorsque  tout  va  bien 
les  premiers  fruits  mûrissent  les  premiers  jours  de  janvier,  et  la 
récolte  se  poursuit  successivement  jusqu'en  mars.  Dans  cette 
période  de  l'année,  les  Tomates  sont  très  demandées,  et  leur  prix 
atteints  et  4  francs  le  kilogramme.  La  Tomate  rouge  très  hâtive 
dite  T.  d'Antibes  est  la  variété  préférée. 

Dans  la  culture  sous  châssis,  le  semis  se  fait  dans  les  premiers 
jours  d'octobre,  sur  couche  demi-chaude.  On  repique  un  mois 
plus  lard  et  la  mise  en  place  s'effectue  en  décembre.  La  matu- 
rité des  premiers  fruits  arrive  vers  la  fin  d'avril,  et  la  récolte  se 
poursuit  jusqu'à  ce  que  les  Tomates  de  plein  air  donnent, 
c'est-à-dire  jusqu'à  fin  juin.  Durant  cette  période,  le  prix  du 
kilogramme  de  Tomates  varie  entre  2  francs  et  50  centimes. 
La  culture  des  Tomates  est  généralement  faite  par  des  paysans 
ou  des  petits  propriétaires  exploitant  eux-mêmes  leurs  terres, 
les  horticulteurs  méridionaux  préférant  la  culture  des  plantes  et 
des  fleurs  d'exportation. 

—  Jardin  (Le),  numéro  du  5  mars  1895. 

Forçage  des  arbustes  de  ptein  air  {p.  54).  Note  de  MM.  René  et 
Marcel  Moser. 

En  général,  tous  les  arbustes  à  floraison  printanière  se  prê- 
tent au  forçage.  Pour  obtenir  un  bon  résultat,  il  faut  que  les 
plantes  cultivées  en  pots  comme  les  Glycines  de  Gtiine  soient 
rempotées  un  an  à  l'avance,  de  même  que  les  Robinia  hispida 
que  l'on  arrache  de  pleine  terre.  Pour  toutes  les  autres  plantes 
se  levant  facilement  en  motte  ;  Magnolia^  Rhododendron, 
Azalées,  Lilas,  la  mise  en  pots  ou  en  paniers  doit  être  faite  dans 
le  courant  de  septembre  précédant  le  forçage.  Il  faut  soigneuse- 


262  REVUE    DES    PUBLICATIONS. 

ment  choisir  des  plantes  bien  saines  ayant  en  quantité  suffisante 
des  boutons  bien  formés.  Après  le  rempotage,  les  plantes  doi- 
vent être  placées  à  l'abri  des  intempéries,  dans  un  endroit 
éclairé  où  la  température  ne  descend  pas  au-dessous  de  zéro  ; 
serre,  orangerie,  châssis,  etc.,  ou  à  défaut,  enterrées  au  pied 
d'un  mur,  en  construisant  au-dessus  d'elles  un  abri  qu'on  couvre 
avec  de  la  paille  ou  de  la  fougère  sèche. 

L'époque  à  laquelle  on  doit  commencer  le  forçage  varie  selon 
les  genres  et  les  espèces  qui,  pour  être  amenées  à  fleurir,  exigent 
un  temps  plus  ou  moins  long.  Pour  un  lot  qu'ils  ont  exposé  le 
12  février  dernier  au  concours  agricole,  MM.  Moser  ont  com- 
mencé à  forcer  leurs  plantes  dans  des  serres  bien  éclairées,  avec 
une  température  de  12  à  15  degrés  centigrades,  graduellement 
augmentée  jusqu'à  20  et  25  degrés,  exception  faite  pour  les  An- 
cb'omedajaponica  qui  ne  peuvent  supporter  plus  de  10  à  12  degrés. 
Les  paillassons,  levés  le  jour,  étaient  abaissés  pour  la  nuit,  et 
Tair  de  la  serre  était  renouvelé  chaque  fois  que  le  temps  le 
permettait,  de  manière  à  faire  gagner  aux  fleurs  du  coloris  et  de 
la  consistance.  Jusqu'à  l'apparition  des  premières  fleurs,  on  a 
donné  des  arrosages  en  temps  utile  et  deux  bassinages  par  jour 
plus  ou  moins  abondants  selon  l'état  de  la  température  de  la 
serre.  Les  plantes  ont  été  tournées  de  temps  en  temps  pour 
exposer  successivement  toutes  leurs  faces  à  la  lumière.  Les  bas- 
sinages ont  été  supprimés  lorsque  les  fleurs  ont  commencé  à 
s'épanouir,  et  on  s'est  contenté  de  bassiner  les  sentiers  pour 
donner  à  l'atmosphère  de  la  serre  l'humidité  nécessaire.  Enfin, 
pour  donner  aux  plantes  plus  de  résistance,  quatre  ou  cinq  jours 
avant  leur  transport  à  l'exposition  on  a  ramené  la  température 
de  la  serre  graduellement  à  7  ou  8  degrés. 

Dans  ces  conditions,  les  Azalea  înoUis  et  linearifoîia  ont  fleuri 
au  bout  de  40  jours;  VA.  pontica  au  bout  de  50  jours; 
VA.  amœna  et  vittata  au  bout  de  30  jours;  l'A.  barhata,  li- 
liiflora,  au  bout  de  45  jours;  le  Rhododendron  caucasicum 
carmineum  a  exigé  10  jours;  le  R.  c.  roseum,  20  jours;  les 
R.  c.  Impératrice  Eugénie  et  niveum,  25  jours;  les  R.  Altacla- 
rens,  Madame  Emile  Rertin,  rubescens,  35  jours;  les  R.  Vesuvius, 
Sir  Robert  Peel,  Sir  John  Rrovght,  55jours;  le  R.  Roule  de  neige, 


PUBLICATIONS    FRANÇAISES  263 

60  jours;  les  R.  de  l'Himalaya,  Countess  of  Waddington  et  Fal- 
conp.ri^  25 jours;  formosum  grandiflorum,  Festeriamnn,  spectahile 
gy^ndiflorum^  35  jours;  )e  Wistaria  sinensis  a  montré  ses  fleurs 
au  bout  de  45  jours;  les  Lilas  à  fleurs  simples  au  bout  de 
25  jours,  ceux  à  fleurs  doubles  5  jours  plus  tard.  Les  Magnolia 
ont  fleuri  18  à  25  jours  après  avoir  été  rentrés  en  serre.  Le 
Rohinia  hispida  au  bout  de  50  jours;  le  Staphylea  colchica  au 
bout  de  30  jours.  Enfin  VAndromedn  japonica  cultivé  en  serre 
froide,  avec  une  température  de  8  à  10  degrés,  a  fleuri  50  jours 
après  la  mise  en  végétation. 

Journal  de  la  Société  d'Horticulture  pratique  du  Rhône, 
numéro  de  mars  1895. 

Raisins  de  table,  par  M.  V.  Puliiat,  directeur  de  l'Ecole  d'Agri- 
culture d'Ecully.  —  Lorsque  arrive  la  saison  froide  et  le  prin- 
temps, le  raisin  devient  rare  :  c'est  alors  un  fruit  de  luxe  soit 
qu'il  sorte  du  fruitier,  soit  qu'on  l'obtienne  dans  les  serres. 

Cette  dernière  culture  devient  de  plus  en  plus  importante 
dans  les  pays  du  Nord  où  le  Raisin  est  fort  recherché;  l'Angle- 
terre, la  Belgique  et  l'Allemagne  cultivent  la  Vigne  sous  verre 
sur  une  surface  que  l'on  n'évalue  pas  à  moins  de  200  hec- 
tares. Le  produit  de  ces  serres  est  exclusivement  réservé  aux 
tables  luxueuses. 

Les  cépages  cultivés  pour  la  consommation  ordinaire  sont 
peu  nombreux.  En  France,  le  Chasselas  peut  être  considéré 
comme  le  Raisin  de  table  spécialement  national. 

Tout  en  reconnaissant  les  hautes  qualités  du  Chasselas  qui 
doit  toujours  avoir  une  large  place  au  Jardin  fruitier,  M.  Pul- 
iiat pense  qu'il  y  a  grand  intérêt  à  cultiver  une  série  des 
meilleures  variétés  mûrissant  successivement  depuis  la  fin  de 
juillet  jusqu'aux  derniers  jours  d'octobre,  de  manière  à  jouir 
longtemps  de  sa  récolte.  On  oublie  trop  généralement  que  ce 
sont  les  premières  grappes  bien  mûres  que  l'on  savoure  avec  le 
plus  de  plaisir,  et  l'on  ignore  aussi  trop  généralement  que  parmi 
les  variétés  tardives  se  trouvent  quelques  Raisins  qui  se  con- 
servent au  fruitier  sans  se  flétrir  et  sans  se  rider. 
Voici  les  douze  variétés  qui,  selon  M.  Puliiat,  pourraient  suffire 


264  REVUE    DES    PUBLICATIONS. 

au  viticulteur  qui  n'a  que  quelques  ares  de  terrain  à  consacrera 
la  culture  du  Raisin  de  table  : 

Vignes  précoces  :  Madeleine  angevine,  raisin  blanc;  Agos- 
tenga;  Lignan.  —  Première  époque  :  Sicilien;  Pis  de  Chèvre 
rouge  \  Chasselas  doré.  —  Deuxième  époque  :  Calabrese;  Fév- 
rier noir;  Frankenthal.  —  Troisième  et  quatrième  époque  : 
Muscat  Hambourg,  considéré  comme  le  plus  beau  et  le  meilleur 
des  Raisins  noirs;  Schirndzouli^  très  beau  et  bon  Raisin,  mûris- 
sant en  septembre;  Dronkane,  très  beau,  fertile,  se  conserve  bien 
au  fruitier.  Suit  une  liste  de  douze  autres  variétés  pour  une  cul- 
ture plus  étendue. 

Les  variétés  de  troisième  et  quatrième  époque  demandent 
généralement  l'espalier  dans  les  régions  du  Centre  et  du  Nord. 

Pomologie  française  (La),  numéro  du  l^""  avril  1895. 

Les  fruits  de  choix,  p.  155.  La  Société  pomologique  de  France 
avait  inséré  au  programme  de  la  dernière  session  :  «  Le  sur- 
choix à  faire  parmi  les  variétés  fruitières.  »  Dans  un  tableau 
publié  dans  ce  journal  se  trouvent  résumées  les  listes  adressées 
par  seize  personnes  ou  Sociétés  qui  ont  répondu  à  la  première 
question  posée  :  «  Les  fruits  d'amateurs  de  la  meilleure  qualité 
intrinsèque.  »  Voici  quel  a  été  l'ordre  de  classement  des  variétés 
en  tête  de  liste  : 

Abricots. 

De  Nancy 11  poinfs. 

Royal 3       — 

etc. 

Cerises. 

Anglaise  hâtive 7  points;. 

Reine  Hortense 6       — 

Impératrice  Eugénie. 5      — 

Bigarreau  Jaboulay  .    ,    .    .^ 4       — 

etc. 

Pêches  au  Nectarines. 

Amsdem 11   points. 

Précoce  de  Haie *J       — 

Grosse  mignonne 8       — 

Bonouvrier 8       — 

Belle  Beausse 7       — 

etc. 


PUBLICATIONS   ÉTRANGÈRES.  265 

Poires. 

Bon  chrétien  William 12  points. 

Louise  bonne  d'Avranches d2  — 

Berfîamotte  Espéren 10  — 

Beurré  Giffard 10  — 

Doyenné  du  Comice 10  — 

Beurré  d'Hardenpont 9 

—       superflu 9  — 

Clapp's  favorite 9  — 

Duchesse  d'Angoulème 9  — 

Passe -Crassane 9  — 

Doyenné  d'hiver 8  — 

Doyenné  blanc 6  — 

Passe-Colmar 7  — 

Beurré  Hardy o  — 

Joséphine  de  Malines    . 5  — 

Olivier  de  Serres î)  — 

etc. 

Pommes. 

Calville  blanc 13  points. 

Reinette  du  Canada 12      — 

Reine  des  Reinettes 11  — 

Reinette  franche 10  — 

Grand  Alexandre 7  — 

Transparente  de  Croncels 6  — 

etc. 

Prunes. 

Reine-Claude  verte 13  points 

—      violette 8      — 

etc. 

Raisins. 

Chasselas  doré 13  points. 

—      rose 7      — 

Frankenthal <">      — 

etc. 

2.  Publications  étrangères 
par  M.  P.  Hariot. 

The  Garden.  —  Les  numéros  de  mars  renferment  de  nom- 
iireuses  petites  notes  relatives  à  la  culture  d'un  grand  nombre 
de  végétaux  non  pas  précisément  nouveaux,  mais  peu  connus  et 
qui  mériteraient  de  l'être  davantage.  Il  en  est  ainsi  de  VOrohus 
vernus,  charmante  Légumineuse  indigène  qui  ferait  bien  bonne 
figure  dans  les  jardins;  du  Spirf<'a  aria^folia.  la  plus  gracieuse 
espèce  du  genre,  introduite  depuis  1827;  de  VHyacinthus  ame- 
thystinus,  petite  Liliacée  originaire  des  Pyrénées,  etc.  A  signaler 
quelques  renseignements  intéressants  sur  des  Chrysanthèmes  et 


266  REVUE    DES   PUBLICATIONS. 

tout  particulièrement  un  article  très  bien  fait  de  M.  Emile 
Lemoine  sur  l'Anémone  du  Japon  et  ses  formes.  Les  types  de  ces 
deux  variétés,  connues  déjà  depuis  longtemps,  ont  récemment 
produit  quelques  modifications  :  Ladij  Ardilaum^  Whirlwind^ 
Coupe  d'argent.  Parmi  les  plantes  de  serre,  notons  le  Costus 
speciosus^  VBabenaria  carnea  et  sa  variété  à  fleurs  blanches 
auxquels  sont  consacrés  des  articles  accompagnés  de  planches. 
Rappelons  également,  dans  un  autre  ordre  d'idées,  qu'une 
Société  pour  l'étude  des  Pensées  et  des  Violettes  vient  d'être 
fondée  à  Glasgow. 

The  Gardeners'  Chronicle.  —  Quelques  Orchidées  nouvelles  : 
Dendrobium  Àpollo,  produit  du  croisement  du  D.  nobile  pulcker- 
rimum  avec  £>.  Ainsworthii  splendidissimwu,  qui  rappelle,  par  la 
disposition  de  ses  fleurs,  le  D.  Owenianum ;  D.  riibens  grandi flo- 
rum,  également  un  hybride  de  même  origine  que  la  plante  pré- 
cédente ;  Phajus  Rollingii,  qui  paraît  avoir  des  rapports  de 
ressemblance  avec  le  P.  Blumei  et  Wallichii,  etc.  Parmi  les 
autres  plantes  nouvelles  ou  peu  connues,  nous  signalerons  : 
Anthocercis  viscosa  de  l'Australie  occidentale  ;  Tulipa  vlolacea 
du  nord  de  la  Perse,  introduite  récemment  quoique  décrite  déjà 
depuis  longtemps;  Sternbergia  Fixcheriana,  d'Asie  Mineure; 
Eucharis  Stevensi^  superbe  Amaryllidée  obtenue  en  fécondant 
VE.  candida  par  YE.  Sanderi.  Les  segments  du  périanthe  sont 
plus  larges  et  le  tube  est  plus  long  que  dans  l'^'.  candida;  les 
autres  caractères  rappellent  VE,  Sanderi. 

D'intéressants  articles  qui  ne  peuvent  être  résumés  (étant 
eux-mêmes  quelquefois  déjà  des  résumés)  sont  consacrés  :  à 
l'hérédité  des  déformations  dans  le  Pi'nus  sylvestris;  à  l'horti- 
culture en  Amérique,  principalement  d'après  le  rapport  de 
M.  Maurice  de  Vilmorin  sur  la  section  française  à  l'Exposition 
de  Chicago;  à  la  grelTe  herbacée,  d'après  Y  Art  de  greffer,  qui 
y  est  qualifié  «  one  of  the  horticultural  classics  »,  un  des  clas- 
siques de  l'horticulture;  aux  forêts  du  Japon,  d'après  les  travaux 
et  les  publications  du  professeur  Sargent,  etc. 

A  lire  aussi  avec  profit  «  Ten  days  in  Lilyland  »,  Dix  jours  au 
pays  des  Lis  (c'est  le  nom  donné   à  l'enclos   Grayes   des  îles 


PUBLICATIONS   ÉTRANGÈRES.  267 

anglaises)  où  l'on  cultive  les  plantes  à  oignons  par  millions.  Le 
climat  privilégié  y  convient  admirablement  à  la  culture  des 
bulbes,  des  primeurs.  Les  Mesemhryanthemum,  les  Fscallonia, 
les  Véroniques  arborescentes  y  croissent  avec  luxuriance. 

Les  amateurs  de  biographie  y  verront  avec  intérêt  quelques 
lignes  consacrées  à  Boursault,  qui  a  donné  son  nom  à  un  groupe 
de  Rosiers  que  l'on  ne  rencontre  plus  guère  actuellement. 

Garden  and  Forest.  —  Nous  ne  trouvons  à  signaler  que  des 
notes  sur  les  Chênes  de  l'Amérique  du  Nord  :  Quercus  g?nsea, 
Durar.dii,  dumosa  et  une  espèce  nouvelle  Q.  Tourneyi  (figurée). 
Découvert  en  1894  dans  le  sud  de  TArizona,  le  Q.  Tourneyi  est 
un  grand  arbre  à  branches  étalées,  à  petits  feuilles  ovales  arron- 
dies à  la  base,  aiguës  au  sommet,  entières  et  persistantes.  Le 
fruit  est  de  petite  dimension  et  en  forme  d'olive.  Ce  nouveau 
Chêne  rappelle  le  Q.  undulata. 

Royal  Gardens  Kew  Bulletin.  —  Nous  trouvons  dans  le  nu- 
méro de  mars  un  article  sur  les  jardins  botaniques  dans  le  sud 
de  l'Afrique;  sur  des  plantes  nouvelles  de  l'herbier  de  Kew 
(10  fougères  du  Yunnan,  décrites  par  M.  Baker);  les  cultures 
dans  le  Caucase;  des  diagnoses  de  plantes  africaines  parmi  les- 
quelles quatre  nouveaux  Glaïeuls  du  lac  Tanganyika  (deux 
Impatiens^  un  Asclepias,  un  Clerodendron,  un  Ipomœa  de  la 
même  région),  etc. 

Revue  de  l'Horticulture  belge  et  étrangère.  —  «  Du  genre 
des  plantes  et  de  ses  difficultés  grammaticales.  »  Chrysanthème 
était  féminin  autrefois,  maintenant  il  est  masculin;  Iris  est 
féminin  pour  les  botanistes,  d'après  Littré;  l'Académie  le  fait 
masculin  ;  Pierre  Loti  dit  de  «  petites  Iris  ».  Euphorbe  a  été  suc- 
cessivement masculin  et  féminin  pour  l'Académie;  Taine  dit 
«  des  Euphorbes  pleins  de  lait  ».  Qui  doit-on  croire? 

A  lire  également  des  articles  sur  les  Orchidées  à  feuilles  colorées, 
sur  les  rempotages,  la  mosaïcuUure,  la  nouvelle  Violette  «  Prin- 
cesses de  Galles  »,  le  Manet/.ia  bicolor,  gracieuse  Rubiacée  à  fleurs 
rouges,  fleurissant  en  décembre. 

Gartenflora.  —  Le  numéro  du  premier  mars  attire  l'attention 
sur  le  Prunus  Davidiana  pore  albo,  arbre  de   grande   valeur 


268  PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES. 

ornementale  qui  a  été  introduit  au  Muséum  en  1865  par  l'abbé 
David.  On  y  trouve  également  la  description  du  nouveau  genre 
Pommereschea  appartenant  à  la  famille  des  Zingibéracées,  dont 
la  seule  espèce  connue  jusqu'à  ce  jour  a  reçu  le  nom  de 
P.  Lackneri  Wittmacket  est  originaire  de  Birmanie. 

Le  même  recueil  contient  encore  un  article  de  M.  C.  Mathieu, 
de  Charlottenbourg,  qui  énumère  avec  leur  description  les 
nouveautés  fruitières  mises  au  commerce  de  1887  à  1894  : 
33  Pommes,  1 8  Poires,  2  Prunes,  5  Pêches. 


PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES 

DÉCRITES    ou    FIGURÉES 
DANS   LES   PUBLICATIONS    FRANÇAISES    ET    ÉTRANGÈRES 

U  Publications  françaises, 
par  iM.  D.  Bois. 
Tillandsia  Duratii  Visiani,  (Broméliacées),  Hevue  horticole, 
Ruméro  du  16  avril  1895,  planche  coloriée,  p.  184. 

Originaire  de  l'Uruguay,  de  la  République  Argentine,  du 
Brésil,  de  la  Bolivie  et  du  Pérou  méridional,  cette  plante  a  été 
Técoltée  par  M.  Ed.  André  dans  les  parages  du  Salto  Uruguay 
d'où  il  l'a  rapportée  en  1890. 

Gomme  certains  autres  Tillandsia  de  la  région  de  la  Plata, 
cette  espèce,  peu  privilégiée  sous  le  rapport  de  la  beauté  du 
feuillage,  de  la  stature,  de  l'éclat  des  bractées  et  des  fleurs,  est 
par  compensation  délicieusement  parfumée. 

Les  tiges,  parfois  courtes,  peuvent  s'allonger,  se  coucher  ou 
se  tordre.  Les  feuilles,  linéaires  lancéolées,  étalées,  longues  de 
25  à  35  centimètres,  se  recourbent  en  spirale  au  sommet;  elles 
sontlépidotes  blanchâtres  sur  les  deux  faces.  La  hampe,  dressée, 
longue  de  30  à  70  centimètres,  porte  une  inflorescence  en  pani- 
cule,  formée  de  plusieurs  épillets  dressés,  distiques,  à  base 
munie  d'une  bractée  ovale  aiguë.  Les  fleurs  sont  sessiles.  Les 
bractées  florales  sont  ovales  lancéolées  aiguës.  Le  calice  a  les 
sépales  aigus,  longs  de  10  à  15  millimètres.  La  corolle,  à 
onglet  dépassant  beaucoup  le  calice,  a  le  limbe  obovale  cunéi- 
forme; elle  mesure    10    millimètres   de  diamètre,  et  est  violet 


PUBLICATIONS    ÉTRANGÈRES.  269 

mauve  pâle  avec  le  centre  blanc.  Le  style  et  les  étamines 
ne  dépassent  pas  la  gorge  de  la  corolle. 

Les  fleurs  persistent  fraîches  plusieurs  jours;  leur  odeur  est 
très  suave^  pénétrante,  et  tient  de  la  Giroflée,  de  la  Primevère  et 
du  Jasmin. 

En  Touraine,  M.  André  cultive  cette  plante  en  fixant  les 
toufl'es,  avec  du  fil  de  fer,  sur  des  bûchettes  de  bois  ou  de  liège, 
sans  terre  ni  mousse  et  en  les  suspendant  pendant  l'hiver  au 
vitrage  d'une  serre  tempérée,  près  du  vasistas  d'aération.  Au 
mois  de  mai,  les  plantes  sont  sorties  dans  le  jardin  et  accrochées 
à  des  branches  d'arbres  en  plein  soleil.  Aucun  arrosage  n'est 
nécessaire  pendant  la  belle  saison  jusqu'en  octobre,  époque  de 
la  rentrée  en  serre. 

2.  Publications  étrangères, 
par    M.    P.    Hariot. 

Disa  sagittalis  Sw.  —  D.  sagitté.  —  Botanical  Magazine, 
tab.  7403.  —  Afrique  australe.  (Orchidées). 

Feuilles  développées  en  même  temps  que  les  fleurs,  radicales, 
lancéolées- aiguës;  tige  dressée,  pourvue  de  gaines  aiguës, mem- 
braneuses; grappe  florale  oblongue,  cylindrique  ou  disposée  en 
corymbe;  fleurs  étalées,  légèrement  pubescentes,  de  nuance 
lilas  pâle;  bractées  plus  courtes  que  l'ovaire;  sépales  latéraux 
oblongs  aigus,  le  postérieur  dilaté  dans  sa  partie  supérieure  en 
une  lame  étalée,  bilobée,  recourbée,  à  lobes  cunéiformes,  con- 
tournés à  la  base  ;  éperon  droit,  allongé,  conique  ;  pétales  dressés, 
linéaires,  dilatés  antérieurement,  à  la  base,  en  oreillette;  labelle 
linéaire,  ondulé;  bec  court, arrondi,  concave;  glande  pollinique 
bilobée. 

Le  Disa  sagittalis  appartient  à  un  genre  exclusivement  afri- 
cain qui  ne  renferme  pas  moins  de  109  espèces.  Il  est  originaire 
des  régions  orientale  et  occidentale  de  l'Afrique  centrale.  C'est 
une  espèce  terrestre. 

Heptapleurum  venulosiim,  v.  erythrostachys  Hooker.  —  H. 
veiné,  v.  à  épis  rouges.  —  B.  Magazine,  tab.  7402.  —  Asie  tro- 
picale. (Araliacées). 


^70  PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES. 

Petit  arbre  dressé  ou  arbrisseau;  rameaux  robustes;  feuilles 
digitées,  longuement  pétiolées,  à  7-9  folioles  ovales  obtuses  ou 
aiguës,  prolongées  en  un  appendice  caudiforme,  très  glabres,  atté- 
nuées ou  arrondies  à  la  base,  d'un  vert  pâle  à  la  face  supérieure, 
fortement  nerviées  et  réticulées;  stipules  soudées  à  leur  base 
avec  le  pétiole  ;  panicule  florale  développée,  à  rameaux  verticillés, 
glabres  ou  pubérulents,  à  fleurs  disposées  en  capitules  plus  ou 
moins  longuement  pédicellés;  fleurs  à  4-5  divisions,  pédicellées 
polygames;  calice  à  limbe  à  peine  denté;  pétales  soudés  au 
sommet  et  formant  une  coifl'e  caduque;  étamines  4-5. 

Plante  très  polymorphe,  abondamment  répandue  dans  toute 
l'Asie  tropicale  d'où  elle  s'étend  dans  la  péninsule  malaise  et 
jusque  dans  l'Australie  tropicale.  La  variété  dont  nous  donnons  la 
description  et  dont  l'origine  spontanée  n'est  pas  connue  avec 
certitude,  est  cultivée  à  la  villa  Valetta,  à  Cannes. 

Schinus  dependens  Ortega.  —  S.  pendant.  —  B.  Magazine 
tab.  1406.  Amérique  méridionale  (Anacardiacées). 

Arbrisseau  à  rameaux  raides  ou  flexueux,  épineux  au  som- 
met; feuilles  petites,  courtement  pétiolées,  oblongues  ou  obo- 
vales,  très  glabres,  très  entières  ou  bien  quelquefois  dentées 
en  scie;  fleurs  polygames,  disposées  en  grappes  axillaires  qui 
égalent  presque  les  feuilles;  bractées  ovales,  petites,  pourvues 
de  quelques  cils,  portant  de  1  à  3  fleurs  à  leur  aisselle;  bou- 
tons floraux  globuleux;  lobes  du  calice  ovales,  ciliés;  pétales 
obovales,  onguiculés.  Cet  arbrisseau,  très  répandu  dans  l'Améri- 
que méridionale,  se  rencontre  depuis  Valdivia  jusqu'au  sud  de  la 
Bolivie;  on  le  trouve  aussi  au  Paraguay,  dans  l'Uruguay  et  dans 
la  République  Argentine  ainsi  que  dans  le  sud  du  Brésil.  Toutes 
les  parties  en  sont  usitées  au  Chili  au  point  de  vue  médical  et 
les  Indiens  de  Mendoza  en  retirent,  par  dislillation  des  fruits,  un 
liquide  toxique. 

Les  fleurs  sont  abondantes  et  d'un  beau  jaune  doré. 

Veronica  loganioides  Armstrong.  — V.  à  port  de  Logania.  — 
Botanical  Magazine^  tab.  7404. — Nouvelle-Zélande.  (Scrophula- 
riacées). 

Buisson  couché  à  la  base;  rameaux  dressés,  à  ramules  et  à  pé- 


PUBLICATIONS   ÉTRANGÈRES.  271 

doncules  poilus;  feuilles  imbriquées,  serrées,  élalées,  recour- 
bées, ovales,  acuminées,  carénées,  épaisses,  très  entières; 
fleurs  disposées  en  grappes  corymbiformes  au  sommet  des  ra- 
meaux, courtement  pétiolées;  bractées  ovales,  glabres;  sépales 
carénés,  ciliés;  corolle  blanche,  à  tube  très  court,  à  lobes 
arrondis,  à  étamines  de  longueur  moyenne. 

Le  V.  loganioides  paraît  être  une  plante  rare,  originaire  du 
sud  de  la  Nouvelle-Zélande.  L'ensemble  de  ses  caractères  le  rap- 
proche du  V.  epacridea,  de  la  même  région,  qui  est  également 
une  espèce  couchée  à  rameaux  tortueux. 

Weldenia  candida  Schult.  —  W.  blanche.  —  Botanical  Ma- 
gazine, tab.  7405.  —  Mexique  et  Guatemala.  (Gommélinacées). 

Plante  herbacée  dressée,  pubescente,  tubéreuse;  tige  simple, 
feuillée;  feuilles  linéaires  ou  oblongues,  aiguës,  marquées  de 
plusieurs  côtes  pubérulentes,  d'un  vert  pâle,  concaves  à  la  face 
supérieure,  parsemées  de  touffes  de  poils  blancs  peu  abondants; 
fleurs  terminales  fasciculées,  sessiles,  blanches;  calice  à  tube 
fendu  dans  le  haut;  corolle  à  tube  grêle,  allongé,  dépassant  deux 
fois  le  calice,  à  limbe  développé  formé  de  trois  divisions  orbicu- 
laires  étalées;  6  étamines  à  fllets  exserts. 

Remarquable  plante  très  ornementale;,  découverte  d'abord 
par  Ehrenberg  au  Mexique,  puis  retrouvée  par  Karwinsky, 
et  depuis  par  Hartweg  et  Donnell  Smith  au  volcan  de  Agua 
daiis  le  Guatemala.  Elle  ne  paraît  pas  difficile  aux  conditions 
de  température,  car  elle  croît  dans  des  régions  où  le  thermo- 
mètre marque  de  6  à  -j-  22  degrés  seulement. 
4     — . 

RECTIFICATION 

M.  Touret,  qui  a  présenté  dans  la  séance  du  H  février  dernier, 
six  Poires  de  semis,  au  nom  de  M.  Labarrière,  de  Charleville, 
demande  que  le  nom  de  Alexandre  III,  sous  lequel  ce  fruit  nou- 
veau figure  page  69,  cahier  de  février  du  Journal  de  la  Société,  soit 
changé  en  celui  de  Souvenir  d' Alexandre  III . 


Le  Secrétaire-rédacteur-gérant ^ 
D.  Bois. 


Paris.  —  Imprimerie  L.  Maretheux,  I,  rue  Cassette. 


272 


OBSERVATIONS   MÉTÉOROLOGIQUES. 


AVRIL  1895 

Observations  météorologiques  faites  par  M.  F.  Jamin,  a  Bourg-la-Helne, 
PRÈS  Paris  (altitude  :  63™). 


\ 


TEMPÉRATURE 

HAUTEUR 

î 

*^- 

.— ^ — - 

du  baromètre 

VENTS 

ÉTAT   DU   CIEL 

Q 

Min. 

Max. 

Matin 

Soir 

dominants 

1 

3,7 

10,7 

751,5 

754 

NE. 

Plaie  dans  la  nuit,  couvert  le  matin, 
nuageux,  clair  le  soir. 

2 

3,3 

14,7 

755 

755.5 

NE.  iNNE. 

Lég-èrement  brumeux  le  matin,  clair, 
pluie  dans  Taprès-midi  avec  grêle  et 
coups  de  tonnerre,  nuageux. 

3 

2,2 

13,7 

756 

759 

NNE. 

Légèrement  brumeux  le  matin,  clair. 

4 

2,5 

10,0 

761,5 

767,5 

NE. 

Couvert. 

5 

—  0,1 

12,1 

768,5 

763,5 

NE. 

Très  nuageux,  clair  le  soir. 

6 

1,2 

16,0 

761' 

750,5 

SO.  OSO. 

Nuageux,  couvert  le  soir. 

7 

7,2 

Î3,3 

748,5 

755 

OSO. 

Pluie  assez  abondante  dans  la  nuit, 
pluvieux  l'après-midi,  nuageux. 

8 

1,2 

15,9 

758 

761,5 

SO.  0. 

Nuageux, 

9 

3,3 

19, 

763 

763 

sso. 

Nuageux,  presque  clair  le  soir. 

10 

2,9 

24,7 

763 

765 

SO. 

Presque  clair,  nuageux  le  soir. 

U 

9,3 

19,0 

767 

708 

NNO.  NNE. 

Couvert  le  matin,  nuageux. 

12 

^,2 

16,9 

767 

706 

NE. 

Nuageux,  clair  le  soir." 

13 

1,1 

13,3 

765,5 

762,5 

ENE. 

Clair,  grand  vent. 

l'i 

1,0 

14.0 

764 

762 

E. 

Clair,  grand  vent. 

15 

2,0 

17,8 

760 

757 

NE.  E. 

Clair  le  matin  et  le  soir,  nuageux 
l'après-midi. 

16 

1,9 

24,9 

757 

765,5 

SSE. 

Nuageux. 

n 

4,4 

19,4 

755 

753,5 

ESE. 

Nuageux  avec  pluie  l'après-midi. 

18 

4,0 

22,0 

754 

754,5 

ESE. 

Brouillard  le  matin,  nuageux. 

19 

3,1 

24,0 

756 

759,5 

0. 

Nuageux. 

20 

8,6 

21,8 

762,5 

763 

NE. 

Nuageux. 

21 

6,2 

16,1 

763 

762 

S. 

Couvert  et  pluvieux. 

22 

•      5,6 

19,2 

763 

758,5 

S. 

Nuageux. 

23 

11,3 

20,9 

757,5 

756,0 

s. 

Très  nuageux,  quelques  averses. 

24 

9,3 

19,9 

757 

755,5 

s. 

Couvert  le  matin,  nuageux. 

25 

8,2 

20,2 

750 

752,5 

s. 

Nuageux,  averse  l'après-midi. 

26 

8,5 

17,6 

753 

732,5 

s.  SO.  o. 

Pluie  dans  la  nuit,  nuageux,  plu- 
sieurs averses  l'après-midi  dont  une 
plus  forte  avec  grêle  et  coups  de 
tonnerre. 

27 

6,0 

15,0 

754,0 

756 

0. 

Pluie  dans  la  nuit,  couvert  le  matin; 
très  nuageux  et  légèrement  pluvieux 
le  reste  de  la  journée. 

28 

7,4 

15,0 

758,0 

764 

E.  NE.  NNE. 

Nuageux  le  matin,  couvert  l'après- 
midi,  nombreuses  averses,  tonnerre, 
grêle,  presque  clair  le  soir. 

29 

6,6 

15,2 

764,5 

766 

N. 

Couvert  et  légèrement  brumeux  le 
matin,  couvert   l'après-midi,  nuageux 

le  soir. 

30 

0,2 

21,0 

767,5 

768 

N. 

Nuageux. 

AVIS    DIVERS 

Médaille  du  Conseil  d'Administration.  —  Pour  l'introduction 
ou  l'obleniion  de  Plantes  ornementales  reconnues  méritantes 
après  culture  en  France. 

Les  Horticulteurs  français,  obtenteurs  ou  introducteurs  de 
Plantes  reconnues  méritantes,  peuvent  adresser  au  Comité  com- 
pétent leur  demande  en  vue  de  prendre  part  au  concours  pour 
ce  prix.  De  leur  côté,  les  Membres  des  Comités  peuvent  propo- 
ser les  Plantes  qu'i.s  jugent  dignes  du  même  prix.  A  la  fin  de 
chaque  année,  il  sera  désigné,  s'il  y  a  lieu,  dans  le  sein  de 
chaque  Comité  compétent,  un  Membre  chargé  de  faire  un 
Rapport  circonstancié  sui*  la  ou  les  plantes  qui  sont  de  nature  à 
déterminer  l'attribution  de  la  médaille. 


OFFRES  ET  DEIYIANDES  D'EMPLOI 


Un  registre  est  ouvert  aux  bureaux  de  l'Agence  de  la  Société  pour 
riiiscription  des  offres  et  des  demandes  d'emploi. 

Le  Conseil  d'administration  prie  les  sociétaires  qui  auraient 
besoin  de  jardiniers  pour  maisons  bourgeoises  ou  d'employés  pour 
maisons  de  commerce  horticoles  de  bien  vouloir  consulter  ce  registre. 


AVIS  RELATIF  AUX  CONCOURS  EN  SÉA^NGS 

Des  Concours  spéciaux  pour  les  Orchidées  ont  lieu  à  la 
seconde  séance  des  mois  de  février,  avril,  juin  et  novembre. 
Les  personnes  qui  désirent  y  prendre  part  sent  tenues  d'a- 
dresser, huit  jours  à  l'avanee,  <à  l'Agent  de  la  Société,  rue  de 
Grenelle,  84,  l'expression   de  leur  inb  ntion. 


Série  III.  T.  XVII.  Cahier  de  mai,  publié  le  10  juin  1895.  IS 


Î274  CHRONIQUE. 


CONCOURS  OUVERTS  DEVANT  LA  SOCIÉTÉ  EN  1895. 

Concours  permanent. 

Prix  Laisné.  Pour  l'élève  le  plus  méritant  de  l'École  d'Horticulture 
des  Pupilles  de  la  Seine.  (V.  le  Journal,  3^  série,  IV,  1882.  pp.  631 
et  733.) 

Concours  annuels. 

Médaille  Pellier.  Pour  le  plus  beau  lot  de  Pentslemon. 

Prix  Jouhert  de  VHiberderie.  —  Le  10  janvier  1889,  le  Conseil 
d'Administration,  se  contormant  au  vœu  émis  par  le  D'"  Joubert 
(Je  l'Hiberderie,  clans  son  testament,  a  ouvert  un  Concours  pour 
un  prix  de  2,o00  francs  à  décerner  au  nom  de  ce  généreux 
donateur.  Ce  prix  est  destiné  à  un  ouvrage  publié  récemment 
et  imprimé  ou  manuscrit,  sur  THorticulture  maraîchère,  l'Arbo- 
riculture et  la  Floriculture  réunies,  considérées  dans  leurs 
usages  journaliers  et  les  plus  pratiques.  Le  concours  est  perma- 
iient  et  le  prix  peut  être  décerné  chaque  année. 

Si  l'ouvrage  présenté  au  concours  est  manuscrit,  il  devra  être  aussi 
succinct  que  possible  et,  si  son  auteur  obtient  le  prix,  il  sera 
tenu  d'en  faire  la  publication  dans  le  délai  d'un  an  (Voyez  le 
Journal,  3«  série,  XI,  1880,  p.  5  et  81). 


CHRONIQUE 


L'Horticulture  municipale  à  Paris.  —  Le  service  horticole 
municipal  qui  est  chargé  de  rornementalion  et  de  l'entretien 
des  parcs,  squares  et  jardins  de  Paris  dont  la  surface,  en  ne 
comptant  que  les  pelouses,  massifs,  corbeilles  et  plates-bandes, 
est  d'environ  75  hectares,  comprend  des  pépinières  situées,  les 
unes  au  bois  de  Boulogne,  les  autres  au  bois  de  Vincennes,  et  le 
Fleuriste,  actuellement  encore  à  la  Muette,  à  Pass}-,  et  dont  le 
transfert  au  Parc-aux-Princes  est  en  cours  d'exécution. 

Les  pépinières  fournissent  une  partie  des  jeunes  arbres  d'ali- 
i;nemeijt  et  d'ornement,  environ  '2,000  par  an,  destinés  aux 
[iromenades  et  voies  plantées  et  environ  50,000  sujets  de  végé- 
taux lign.Mix,  arbusles  ou  arbrisseaux  utiles  pour  l'entretien  et 
le  regarnissement  des  ipassifs. 


CHRONIQUE.  275 

Le  Fleuriste  de  la  Ville,  avec  ses  dépendances,  établit  des 
plantes  d'ornement  nécessaires  pour  les  garnitures  des  corbeilles 
et  des  plaies-bandes. 

La  production  annuelle  des  plantes  diverses,  livrées  pour  la 
décoration  des  jardins  municipaux,  s'élève  à  plus  de  un  million 
de  sujets  (A.  Chargueraud)  [Revue  horticole). 

Vieux  Orangers.  —  Le  journal  Sempervirens  ûgndAe  comme 
existant  dans  le  préau  du  couvent  de  Santa  Sabina,  à  Rome, 
un  Oranger  qui,  d'après  la  tradition,  fut  planté  vers  l'an  1200. 
Un  autre  exemplaire,  dans  Tabbayede  Todi,  fut  planté  en  1278. 
La  plantation  en  est  attribuée  à  saint  Thomas  d'Aquin.  Un 
autre  Oranger  qui  se  trouve  dans  l'Alcazar  mauresque  de 
Sévilie  aurait  été  planté  sous  le  règne  de  Pedro  P'',  vers  1360. 

Bouturage  des  Glaïeuls.  —  M.  Crozy  aîné  indique,  dans  le 
Moniteur  de  r Horticulture,  n"  du  10  mai,  page  112,  un  procédé 
de  multiplication  des  Glaïeuls  peu  connu.  Il  consiste  à  faire  déve- 
lopper, en  serre,  les  bulbes  de  Glaïeuls  et^  lorsque  les  tiges  ont 
atteint  15  à  20  centimètres  à  les  couper  très  près  de  leur  point 
d'attache  sans  cependant  attaquer  la  base  qui,  après  la  suppres- 
sion de  la  tige  principale  donnera  naissance  à  deux,  trois  ou 
même  quatre  nouvelles  tiges,  plus  faibles  que  la  première,  mais 
qui,  néanmoins,  fourniront  des  bulbes  pouvant  fleurir  l'année 
suivante. 

Quant  à  la  tige  coupée,  elle  s'enracine  parfaitement  sur 
couche  et  forme  à  l'automne  un  joli  bulbe  de  moyenne  gros- 
seur. M.  Crozy  a,  dit-il,  pratiqué  ce  genre  de  multiplication 
pendant  plusieurs  années  et  n'a  jamais  eu  de  déboires. 

Résistance  d'une  Moisissure  au  sulfate  de  cuivre.  — 
M.  L.  Trabut  a  consigné  dans  le  Bulletin  de  la  Socicté  botanique 
de  France,  page  33,  l'observation  qu'il  a  faite  d'un  Pénicillium 
végétant  dans  une  solution  concentrée  de  sulfate  de  cuivre. 

Pour  sulfater  des  semences  de  Blé,  il  avait  fait  préparer  une 
solution  de  sulfate  de  cuivre  à  2  p.  100-,  dans  laquelle  les  Blés 


276  CHRONIQUE. 

charbonnés  étaient  immergés.  En  quelques  jours,  le  vase  qui 
contenait  environ  2  litres  de  solution,  était  complètement 
occupé  par  une  masse  floconneuse  qui  couvrit  bientôt  toute  la 
surface  de  rameaux  aériens  blancs,  puis  apparurent  les  spores, 
par  îlots  d'un  rose  terne. 

Cette  végétation  vigoureuse  d'un  Penlcllliuin  dans  un  milieu 
contenant  2  p.  100  de  sulfate  de  cuivre,  poussa  M.  Trabut  à 
essayer  des  cultures  de  cette  Moisissure  dans  des  solutions  plus 
concentrées  et  il  prépara  un  liquide  rendu  nutritif  par  la  macé- 
ration pendant  vingt-quatre  heures  d'une  poignée  de  Blé.  A  ce 
liquide,  il  ajouta  successivement  3,  4,  5,  6,  7,  8  et  9  grammes 
pour  100  de  sulfate  de  cuivre.  Le  Pénicillium  végétait  encore 
très  bien  dans  un  liquide  à  9  gr.  50  p.  100  de  sulfate  ;  mais,  au 
delà,  les  ensemencements  ne  donnaient  rien. 

Cette  expérience  démontre  à  quel  point  certains  organismes 
inférieurs  peuvent  résister  aux  agents  que  nous  considérons 
trop  facilement  comme  des  désinfectants,  stérilisants  ou  parasi- 
ticides  généraux. 

Microbes  utiles  et  Microbes  nuisibles  à  la  culture.  —  Il 
est  aujourd'hui  bien  démontré,  grâce  aux  recherches  de 
MM.  Hellriégel  et  Wilfarth,  Schlœsing  fils  et  Laurent,  que  cer- 
tains microbes  ont  la  propriété  de  nitrifier  l'azote  gazeux  de 
l'air  et  de  le  rendre  assimilable  par  les  plantes.  La  Bactérie  qui 
vit  sur  les  racines  des  Légumineuses  où  elle  détermine  des  nodo- 
sités, le  Rhizobium  leguminosarum  a,  sous  ce  rapport,  une 
action  extrêmement  active  et  c'est  grâce  à  elle  que  les 
Légumineuses  dites  améliorantes  doivent  leurs  propriétés  bien 
connues  des  cultivateurs.  Malheureusement,  il  existe  des  Mi- 
crobes qui  ont  des  propriétés  tout  à  fait  opposées  :  tandis  que 
les  premiers  nitrifient  l'azote,  les  seconds  le  dénitrifient,  ceux-ci 
défont  ainsi  l'œuvre  si  utile  de  ceux-là.  C'est  ce  qu'ont  démontré 
les  récents  travaux  de  M.  P.  Wagner,  de  Darmstadt,  desquels 
il  résulte  que  les  excréments  des  animaux  de  ferme  contiennent 
des  quantités  de  Bactéries  qui,  agissant  avec  une  intensité  des 
plus  grandes  sur  les  nitrates,  les  décomposent  et  mettent  en 
liberté  l'azote  qu'ils  renferiuent.  Si  c'est,   comme  M.   AA'agner 


CURONIQUE.  277 

semble  l'avoir  établi,  aux  Bactéries  dénitrifiantes  qu'il  faut 
attribuer  la  faible  utilisation  de  l'azote  du  fumier,  il  y  aurait 
lieu  de  chercher  les  moyens  de  détruire  ou  de  paralyser  ces 
Bactéries,  en  un  mot  de  stériliser  le  fumier,  question  que 
M.  Wagner  étudie  en  ce  moment. 

Acte  de  générosité.  —  Un  philanthrope  anglais,  désireux 
de  rester  inconnu  du  public,  vient  de  faire  don  à  la  ville  de 
Liverpool  d'un  superbe  espace  de  terrain,  couvrant  108  acres 
(21  hectares),  disposé  en  parc  ou  «  récréation  ground^y  pour  les 
habitants  de  cette  cité.  Sur  ce  terrain  se  trouvent  quelques 
bâtisses  dont  la  location  suffit  pour  paver  presque  tous  les 
frais  d'entretien  du  dit  parc  (G.  Schneider). 

Cimetières  de  Londres  transformés  en  promenades 
publiques.  —  La  transformation  des  cimelières  se  trouvant 
dans  la  ville  même  en  lieux  de  récréation  pour  les  habitants  de 
la  métropole  anglaise  acquiert  chaque  année  des  proportions 
plus  importantes;  il  est  intéressant  de  noter  qu'à  la  dernière 
réunion  mensuelle  de  l'association  des  jardins  publics  de  la 
métropole,  il  a  été  décidé  d'ouvrir  au  public  sous  forme  de 
promenades  les  cimetières  condamnés  de  Walworth  ;  Saint- 
Mary's,  Woolwich  ;  Saint-Peter's,  Cornhill  ;  Hackney,  Stockwell 
et  plusieurs  autres  de  moindre  importance  (G.  Schneider), 

Destruction  des  vers  gris.  —  On  sait  combien  sont  nui- 
sibles à  la  plupart  des  cultures,  les  redoutables  vers  gris,  che- 
nilles de  VAgrotis  segetum  et  espèces  voisines,  qui  restent  cachées 
pendant  le  jour.  M.  le  D'A.  Laboulbéne  {Jou9'nal  de  l'agriculture, 
4  mai  1895,  p.  689)  recommande  d'appliquer  aux  vers  gris  le 
procédé  déjà  appliqué  à  certains  insectes  nuisibles,  notamment 
aux  vers  blancs,  consistant  à  s'attaquer  aux  animaux  sexués 
pour  réduire  le  plus  possible  leur  rt'pullulation.  De  même  que  le 
hannetonnage  empêche  l'arrivée  des  vers  blancs,  la  destruction 
des  papillons  du  genre  Agrotis  supprime  les  vers  gris.  Des  ento- 
mologistes  ont  vu  des  femelles   d'Agi^otis   pondre  de    150    à 


278  CHRONIQUE. 

200  œufs.  Chaque  femelle  supprimée  épargnerait  donc  à  la  cul- 
ture un  nombre  vraiment  considérable  de  chenilles  dévastatrices. 

Les  papillons  appartenant  au  genre  Agrotis  sont  nocturnes  et 
prennent  leurs  ébats  au  commencement  ou  à  la  fin  de  la  nuit, 
en  quête  pour  leur  alimentation  de  productions  sucrées  ou 
analogues. 

M.  Laboulbène  conseille,  en  se  basant  sur  les  mœurs  de  ces 
insectes,  de  placer  dans  les  chemins  et  les  sentiers,  dans  les 
localités  infestées,  des  planches  en  bois  blanc  ou  commun, 
plantées  debout  et  enduites  soit  de  cassonnade  délayée  dans  un 
peu  d'eau,  soit  de  miel  épais,  soit  de  mélasse.  La  nuit  venue,  il 
faudra  visiter  le  piège  sucré  avec  une  lanterne  n'éclairant  que 
sur  une  partie,  en  avant.  Les  papillons  accourus  dès  la  chute  du 
jour  attirés  par  l'appât,  ne  s'envolent  pas,  quoiqu'ils  reçoivent 
assez  de  lumière  pour  être  aperçus.  S'ils  restent  immobiles,  un 
coup  de  doigt  les  fait  choir  dans  un  récipient  quelconque.  D'autres 
fois,  les  papillons  surpris  par  une  clarté  soudaine,  contrefont  le 
mort  et  se  laissent  tomber;  il  convient  alors  de  les  écraser  vive- 
ment avec  le  pied.  On  peut  visiter  trois  à  quatre  fois  dans  la 
soirée  les  planches  emmiellées;  mais,  vers  onze  heures,  il  n'y  a 
plus  rien  à  espérer.  Le  temps  le  plus  favorable  est  la  nuit  obscure 
succédant  à  une  pluie  douce. 

Hand-List  of  Ferns  and  Ferns  Allies.  —  La  direction  des 
jardins  royaux  de  Kew  vient  de  publier,  sous  ce  titre,  le  cata- 
logue des  Fougères  et  des  Lycopodiacées  cultivées  dans  ce  grand 
établissement  anglais. 

1yM6  espèces  et  variétés  de  Fougères  et  97  espèces  et  variétés 
de  Lycopodium  et  de  Selaginella  figurent  dans  cette  liste  qui 
comprend  en  outre  586  variétés  horticoles  anglaises.  Chaque 
espèce  est  suivie  du  nom  de  l'auteur  qui  l'a  créée  et  d'indications 
sur  sa  distribution  géographique. 

Cours  de  géograpliie  botanique.  —  D'après  Y  Illustration 
horticole,  \\  serait  question  de  créer,  à  bref  délai,  un  cours  de 
géographie  botanique,  au  Jardin  botanique  de  l'Etat,  à  Bruxelles. 

L'horticulture  profiterait  certainement  beaucoup  de  cetensei- 


CURONIQUE.  '270 

gnement  utile  à  tant  de  titres.  On  ne  peut  que  féliciler  chautlL*- 
ment  l'administration  du  Jardin  botanique  de  Bruxelles  de  cette 
initiative. 

Surface  boisée  des  différentes  parties  de  l'Europe.  — 
La  région  la  plus  boisée  de  l'Europe  est  l'Autriche  qui,  par 
1,000  hectares,  compte  343  hectares  de  forêt.  Viennent  ensuite  : 
la  Russie,  avec  342  hectares;  l'Allemagne,  257;  la  Suède  et  la 
Norvège,  250;  la  France,  159;  l'Italie  145;  la  Belgique,  15~2;  la 
Hollande,  72;  le  Danemark,  60;  l'Angleterre,  où  la  surface  boi- 
sée est  seulement  de  39  p.  1,000  de  la  superficie  totale. 

Influence  du  sujet  sur  la  postérité  du  greffon.  — 
M.  Daniel  a  publié  dans  le  Monde  des  plantes,  une  étude  sur 
l'influence  du  sujet  sur  la  postérité  du  greffon  dont  voici  les  con- 
clusions :  «  L'opération  de  la  greffe,  comme  on  le  croit  généra- 
lement, n'a  pas  pour  résultat  exclusif  de  conserver  sans  modifi- 
cations, une  variété  déterminée.  Il  y  a  lieu  de  considérer  d'une 
part,  l'influence  immédiate  du  sujet  sur  le  greffon,  influence 
généralement  assez  faible;  d'autre  part,  l'influence  de  ce  même 
sujet  sur  la  postérité  du  greffon,  influence  beaucoup  plus  mar- 
quée que  la  précédente.  C'est  à  la  faiblesse  de  l'influence  immé- 
diate du  sujet  sur  le  greffon  que  l'on  doit  de  pouvoir  conserver 
facilement  les  variétés  créées  par  un  procédé  quelconque.  Mais, 
c'est  en  grande  partie  à  l'influence  du  sujet  sur  la  postérité  du 
greffon  que  l'on  doit  la  production  des  variétés  dans  les  plantes 
greffées.  Or,  cette  influence  variant  avec  les  sujets,  et  se  trou- 
vant d'autant  plus  marquée  que  l'influence  immédiate  est  plus 
assurée  elle-même,  la  méthode  à  suivre  pour  créer  des  variétés 
nouvelles  est  aussi  simple  que  facile.  Il  faut  placer  le  greffon 
sur  des  sujets  variés  qui  changent  sa  saveur,  sa  taille,  sa  rusti- 
cité, etc.,  recueillir  les  graines,  les  semer  et  sélectionner  dans 
les  plantes  nouvelles,  celles  qui  se  rapprochent  le  plus  de  la 
variété  que  l'on  désire  obtenir  ou  qui  se  distinguent  par  des 
qualités  particulières.   » 

Plante  curieuse.    —   Dans  une    communication    faite  à  la 


280  CHRONIQUE. 

troisième  réunion  des  naturalij^les  du  Muséum,  sur  quelques 
piaules  remarquables  de  Basse-Califoruie  observées  par 
M.  Diguel,  M.  J.  Poisson,  assistant,  au  Muséum,  a  appelé  tout 
parliculièrement  l'atlenliou  sur  le  Cirio  [Idria  columnarls  Kell), 
qui  se  renconti-e  dans  un  espace  restreint,  entre  les  ^8  et  29"  de- 
grés de  latitude  N.,  en  regard  du  Pacifique.  C'est  une  Fouquiéra- 
cée  gigantesque,  dont  le  tronc,  en  foruie  de  cierge  peut  atteindre 
jusqu'à  15  et  même  18  mètres  de  hauteur.  Jusqu'à  ce  jour  elle 
était  restée  inconnue  et  absente  des  grandes  collections  d'Europe. 
La  tige,  molle  a  l'état  vert,  du  Cirio,  peut  être  entamée  faci- 
lement avec  un  instrument  de  métal.  Tout  le  long  de  l'axe 
conique  sont  des  branches  ténues,  ligneuses,  de  0"",  25  à  0""  35, 
garnies  d'épines  alternes  ;  feuilles  avortées).  A  la  saison  humide, 
un  faisceau  de  feuilles  apparaît  à  leur  aisselle  et  tombe  à  la 
saison  sèche. 

LMnflorescence  terminale  ne  se  développe  qu'au  sommet  de 
la  tige,  sur  des  rameaux  ligneux  et  à  courtes  épines.  Les  fleurs 
ressemblent  à  celles  des  Fnaquiera,  elles  sont  de  couleur  jaune 
paille  et  disposées  en  panicule. 

Greffe  du  Chrysanthème  sur  tubercules  de  Dahlia.  — 
Dans  une  lettre  adressée  à  M.  Lambin  et  reproduite  dans  le 
Bulletin  mensuel  de  la  Société  d' Horticullure  de  Soissons,  numéro 
de  mars-avril  1895,  M.  E.  Lavidan,  de  Longpont,  recommande 
ce  mode  de  multiplication  du  Chrysanthème  :  «  L'époque  du 
bouturage  hâtif  pour  le  Chrysanthème  étant  arrivée,  dit-il,  je 
crois  devoir  vous  signaler  un  moyen  de  multiplication  qui  ne 
doit  pas  être  très  répandu.  Il  consiste  à  greffer  les  jeunes 
pousses  sur  tubercules  de  Dahlias,  ce  qui  donne  une  reprise 
assurée,  san^  arrêt  dans  la  végétation,  et  par  suite  donne  à  la 
plante  plus  de  vigueur  que  le  bouturage;  ce  mode  de  greffage 
est  plus  facile  à  faire  que  sur  Anthémis. 

«  Aussilôt  la  greffe  faite,  repiquer  à  plein,  sous  cloche,  ou 
mieux  mettre  en  petits  godets,  toujours  sous  ctoche.  » 

L'étiolage  des  Asperges  en  Autriche.  —  La  Belgique 
horticole   signale   deux   procédés   d'éliolage   employés    en   Au- 


SÉANCE    DU    9    MAT    1895.  S81 

triche.  Le  premier  consiste  à  couvrir  le  tiirion  de  l'Asperge 
d'une  sorte  d'étui  en  buis.  Le  second,  assez  bizarre,  consiste  à 
introduire  l'Asperge  dans  le  goulot  d'une  bouteille,  qui  est 
maintenue  le  fond  en  l'air.  L'Asperge  finit  par  remplir  la  ca- 
vité ;  on  la  coupe  alors  au  pied  et  Ton  casse  la  bouteille  ;  ainsi 
traitée,  elle  est,  paraît-il,  plus  volumineuse,  tendre,  exquise. 


PKOCES-VKnOAL 


SÉANCE     DU     9     MAI      1895. 

Présidenck  de  m.  cil.  Joly,  Vice-Président  de  la  Société. 


La  séance  est  ouverte  à  2  h.  45,  eu  présence  de  178  mem- 
bres :  16*2  titulaires  et  16  honoraires. 

Le  procès-verbal  de  la  dernière  séance  est  lu  et  adopté. 

M.  le  Président  annonce  qu'à  l'occasion  des  expositions  de 
Saint-Pétersbourg  et  de  Lyon,  des  promotions  dans  Tordre  de 
la  Légion  d'honneur  et  dans  celui  du  Mérite  agricole  viennent 
d'avoir  lieu.  Il  est  heureux  de  pouvoir  teliciter  ceux  de  nos  col- 
lègues qui  viennent  de  recevoir  ainsi,  au  grand  honneur  de  la 
Société,  la  juste  récompense  des  services  qu'ils  ont  rendus  et 
qu'ils  rendent  encore  à  l'Horticulture.  Ont  été  nommés  : 

Officier  de  la  Légion  cV honneur  :  Al,  Maxime  Cornu,  professeur 
au  Muséum  d'histoire  naturelle; 

Chevaliers  de  la  Légion  d'honneur  :  M.  YUry  (François-Désiré), 
horticulteur  à  Montreull-sous-Bois  (Seine); 

M.  Duval  (Léon),  horticulteur  à  Versailles; 


iV.  B.  —  La  CommissioQ  de  Kédactiou  déclare  laisser  aux  auteurs 
des  articles  admis  par  elle  a  Tinsertion  dans  le  Journal  la  responsa- 
bilité des  opinions  qu'ils  y  expriment. 


282  PROCÈS-VERBAL. 

Officiers  du  Mérite  agricole  :  MM.  Bruneau  (Désiré),  pépinié- 
riste à  Bourg-la-Reine  (Seine);  Ghauré  (Lucien),  directeur  du 
journal  le  Monileur  de  l'Horticulture,  s.  Faivls;  Barbier  (Albert), 
pépiniériste  à  Orléans;  Loiseau  (Léon),  arboriculteur  à  Mon- 
treuil-sous-Bois  (Seine);  Yiviand-Morel,  directeur  du  journal 
Li/on  horticole. 

Chevaliers  du  Mérite  agricole  :  MM.  Paillet  fils,  pépiniériste  à 
Ghatenay  près  Sceaux  (Seine)  ;  Jacquier  (Claude),  horticulteur 
pépiniériste  à  Lyon;  Jacquier  (Jean),  horticulteur-grainier  à 
Lyon  ;  Carie  (Laurent),  horticulteur  à  Lyon;  Guillot  (Pierre), 
rosiériste  à  Lyon  ;  Gérard,  directeur  du  Parc  de  la  ïête-d'Or, 
à  Lyon. 

M.  le  Secrétaire-général  proclame  l'admission  de  neuf  nou- 
veaux membres  titulaires. 

Il  exprime  de  vifs  regrets  sur  la  perte  que  la  Société  vient 
d'éprouver  par  les  décès  de  MM.  André  (Oscar),  et  Deligne  (Paul- 
Alexandre)  :  ce  dernier,  membre  honoraire,  faisait  partie  de  la 
Société  depuis  l'année  1857. 

Il  procède  au  dépouillement  de  la  correspondance  qui  com- 
prend : 

A.  —  Correspondance  manuscrite  : 

1"  Lettre  de  M.  le  Président  de  la  République  annonçant 
l'envoi  d'une  coupe  en  porcelaine  de  Sèvres,  pour  être  offerte  à 
titre  de  prix  à  l'exposition  internationale  d'horticulture  ; 

2"  Lettre  de  M.  le  ministre  de  l'Agriculture  qui  accorde  à  la 
Société  :  2  médailles  d'or  grand  module,  8  médailles  d'argent 
grand  module  et  4  médailles  d'argent  pelit  module  destinées  à  être 
décernées  lors  de  son  prochain  concours  international,  au  nom 
du  Gouvernement  de  la  République. 

3°  Lettre  de  M.  le  ministre  du  Commerce,  de  l'Industrie,  des 
Postes  et  des  Télégraphes,  par  laquelle  la  Société  est  informée 
qu'une  exposition  de  plantes  médicinales  et  utiles  aura  lieu  à 
La  Haye  du  8  au  16  juillet  1895.  Cette  exposition  sera  ouverte 
aux  étrangers. 


SÉANCE   DU   9   MAI   1895.  283 

Les  demandes  d'admission  doivent  être  adressées  à  M.  le 
D'"  Greshoff,  Laan  van  Meerdervoot,  n°  97,  à  La  Haye.  Les  inté- 
ressés peuvent  d'ailleurs  prendre  connaissance  du  programme 
de  ce  concours  au  3^  bureau  de  la  direction  du  Commerce  exté- 
rieur, 80,  rue  de  Varenne,  Paris. 

4°  Lettre  de  M.  le  Président  de  la  Société  centrale  d'apicul- 
ture et  d'insectologie  générale  informant  qu'une  exposition  d'in- 
sectologie  aura  lieu  au  Jardin  d'Acclimation,  au  Bois  de  Bou- 
logne, du  7  au  31  juillet  1895  et  demandant  le  concours  de  notre 
Société. 

5°  Lettre  de  M.  Guillaume,  directeur  de  TEcole  d'Horticulture 
de  Villepreux,  demandant  qu'il  soit  procédé  à  la  nomination  de 
la  Commission  qui  sera  chargée  de  l'examen  des  candidats  au 
prix  Laisné.  Le  Conseil  d'administration  de  la  Société  a  désigné 
pour  faire  partie  de  cette  Commission  :  MM.  Truffant,  Jamin, 
Michelin,  Chevallier  (Ch.),  Bellair.  L'examen  aura  lieu  au  com- 
mencement de  juin. 

B.  —  Correspondance  imprimée  : 

\o  Programme  de  l'exposition  que  la  Société  centrale  d'Horti- 
culture de  Caen  et  du  Calvados  tiendra  à  Caen  du  7  au 
10  novembre  1895. 

2"  Programme  de  lexposition  que  la  Société  d'Horticulture 
de  la  Meuse  tiendra  à  Verdun  du  21  au  23  septembre  1895. 

C.  —  Ouvrages  destinés  a  la  Bibliothèque  : 

1°  Un  voyage  en  Provence,  par  M.  Ernest  Baltet,  brochure 
in-8°,  8  pages. 

2''  La  tourbe  mousseuse,  son  emploi  industriel  et  commercial, 
par  M.  J.  Burke,  brochure  de  32  pages. 

D.  —  Note  déposée  sur  le  bureau  : 

Notice  nécrologique  sur  M.  Lémon,  par  M.  K.  Verdier. 


284  PROCES-VERBAL. 

Les  objets  suivants  ont  été  présentés  pour  être  examinés  par 
les  Comités  : 

1°  Par  MxM.  Yilmorin,  Andrieux  et  G'®,  4,  quai  de  la  Mégis- 
serie, Paris,  une  collection  de  15  variétés  de  Laitues  et  10  variétés 
de  Radis;  légumes  remarquables  autant  par  le  choix  des  variétés 
qiiC  par  leur  bonne  culture  et  pour  lesquels  il  est  accordé  une 
prime  de  première  classe, 

2°  Par  M.  Lambert,  jardinier  en  chef  à  l'hospice  de  Bicètre:  un 
Chou-peur  demi  dur  hontmne;  des  Carottes  grelot  à  châssis  et  la 
même  variété,  repiquée  sur  couche  chaude;  des  Carottes  courtes 
à  châssis  ayant  subi  l'opération  du  repiquage  ;  quatre  variétés 
de  Radis,  semés  le  30  mars,  en  pleine  terre,  à  bonne  exposition  ; 
présentation  qui  vaut  une  prime  de  troisième  classe  à  M.  Lam- 
bert. 

3"  Par  M.  E.  Piret  et  fils,  boulevard  de  Sannois  à  Argenteuil 
(Seine-et-Oise),  un  très  beau  Caitleya  Mossix  alba^  variété  nou- 
velle désignée  sous  le  nom  de  Madame  Cahiizac.  Sur  la  propo- 
sition du  Comité  de  Fioriculture,  une  prime  de  l'^  classe  est 
attribuée  au  présentateur. 

4*^  Par  MM.  Yilmorin  Andrieux  et  G''-  :  une  collection  de 
Myosotis,  pour  montrer'les  difterentes  variétés  aujourd'hui  cul- 
tivées; une  collection  de  Calcéolaires  herbacées  hybrides  naines, 
de  race  anylaise,  très  variées  et  d'une  culture  irréprochable, 
pour  laquelle  il  est  accordé  une  prime  de  l''  classe,  avec  félici- 
tations; enfin  un  lot  de  Primula  obconica,  variété  nouvelle  à 
grande  fleur  frangée,  pour  laquelle  une  prime  de  '2^  classe  est 
votée. 

5°  Par  M.  Deny  (Eug.).  Architecte  de  jardins,  30,  rue  Spontini, 
Paris,  des  inflorescences  àWnthurium  hybrides  à  très  belles 
spathes,  présentés  comme  issus  de  VA.  Andreanum,  croisé  par 
l'A.  Scherzerianum, 

6''  Par  M.  Bultel,  jardinier  au  château  de  Mello,  de  superbes 
gousses  de  Vanille,  très  parfumées,  récoltées  dans  les  serres  de 
Mello.  Ces  gousses,  qui  mesurent  jusqu'à  20  et  22  centimètres 


SÉANCE   DU   9   MAI    189o.  285 

de  longueur,  sont  restées  sur  la  plante  jusqu'à  ce  qu'elles  aient 
acquis  la  couleur  brun  chocolat  qu'elles  ont  au  moment  de  la 
présentation.  On  a  emi)êché  i'écartement  des  valves  par  une 
ligature  en  coton  faite  à  Textrémilé  inférieuie  de  ia  gousse,  au 
moment  où  elle  commençait  à  jaunir.  Ces  gousses  ont  été,  à  plu- 
sieurs reprises,  enduites  d'huile  d'olive,  à  laide  d'un  petit  pin- 
ceau, et  cela  jusqu'au  moment  où  elles  ont  commencé  à  brunir. 
La  maturation  a  demandé  une  année  entière.  Une  discussion 
s'élève  au  sujet  de  cette  présentation.  Certains  membres  consi- 
dérant qu'il  s'agit  là  d'un  fruit  colonial,  pensent  que  le  Comité 
d'arboriculture  fruitière,  qui  juge  les  fruits  des  colonies,  a  seul 
qualité  pour  l'apprécier,  tandis  que  d'autres  membres  ne  voient 
dans  cet  apport  qu'un  produit  de  la  culture  en  serres,  et,  à  ce 
titre,  demandent  qu'il  soit  examiné  par  le  Comité  de  Floricul- 
ture.  C'est  cette  dernière  opinion  qui  prévaut,  et,  après  un  vote, 
une  prime  de  l""®  classe  est  attribuée  à  M.  Bultel. 

7°  Par  M.  Delaville  (Léon),  cinq  pots  àii  Boromaheterophylla, 
charmante  plante  trop  peu  cultivée  et  pour  laquelle  une  prime 
de  2^  classe  est  accordée. 

8°  Par  M.  Trufiaut,  horticulteur  à  Versailles,  un  Rhododen- 
dron du  Yunnan,  que  le  présentateur  a  reçu  du  Muséum  d'his- 
toire naturelle,  à  l'état  de  jeune  plante,  sous  le  nom  de  R.  cilii- 
cahjx,  mais  qui  est,  en  réalité,  le  /i.  ynnnanense.  L'exemplaire 
est  littéralement  couvert  de  fleurs.  M.  Truffant  montre  encore  : 
un  Ariscvma  fimbriatum,  curieuse  Aroïdée,  qui  fleurit  pour  la 
première  fois  en  France^  remarquable  par  son  spadice  frangé; 
un  Hœmanthus  Kalbreyerl,  plante  qui  doit  être  rattachée  comme 
simple  forme  à  VU.  muliiflorus;  enfin  une  iervïne  d'Hippeastrum 
splendens ;  cette  superbe  Amaryllidée  est,  dit  M.  Truffant, 
considérée  comme  une  espèce  nouvelle  par  .Al.  Baker;  elle  rap- 
pelle quelque  peu  Y  H.  équestre:  elle  est  très  floribonde,  chaque 
bulbe  donnant  naissance  à  plusieurs  hampes  qui  portent  cha- 
cune deux  ou  trois  fleurs. 

Sur  la  proposition  du  Comité  de  Floriculture,  il  est  accordé  à 
M.  Truffant  :  une  prime  de  l""*^  classe  pour  son  Rhododendron; 
une  prime  de  r^  classe  pour  VArisxma;  une  prime  de  3®  classe 


286  PROCÈS- VERBAL. 

pour  V Hfemanthus :  enfin  une  prime  de  1'^  classe  pour  ïHip- 
peastrum. 

9°  Par  M.  Niisson,  fleuriste,  rue  Auber,  Paris,  un  Vriesea 
Lubbers'ti,  belle  Broméliacée,  d'une  culture  remarquable  et  pour 
laquelle  il  lui  est  attribué  une  prime  de  T®  classe. 

10°  Par  iM.  Boucher,  horticuUeur,  avenue  d'Italie,  164,  Paris, 
une  remarquable  série  de  Lilas,  comprenant  les  variétés  sui- 
vantes :  mnœna,  Béranger,  Bertlia  Dammann,  cœrulea  superba, 
Conseiller  Heyder,  Dark  blue,  de  Groncels,  Docteur  Regel, 
Gloire  de  La  Rochelle,  Gloire  de  Lorraine^  James  Booth,  Louis 
Van  Houtte,  Madame  Briot,  Madame  Moser,  Marie  Legray,  Mi- 
chel Buchner,  nigricans,  perdca  alùa,  rosea  grandiflora.  Lan- 
gius,  Saugeana  alba.  Souvenir  de  L.  Spath,  versaillensis, 
Ville  de  Troyes.  M.  Boucher  présente,  en  outre  une  collection 
de  Sureaux  :  Sambucus  racemosa  dentata^  el^gans,  laciniala^ 
ornala,  pteridifolia,  seiTalifolia,  tenidfoUa  et  le  Chamxcerasus 
(Lonicera)  rosea  grandiflora.  Une  prime  de  2<^  classe  est  accor- 
dée pour  l'ensemble  de  cette  présentation. 

irParM.  Maxime  Gorn'j,  professeur  au  Muséum:  X'^Lq  Deutzia 
discolor  HemsI.,  var.  purpura.scens  Franch.,  introduit  par  le 
Muséum  en  1888,  de  graines  envoyées  par  M.  l'abbé  Delavay, 
missionnaire  au  Yunnan.  La  première  floraison  a  eu  lieu  en 
1889.  D'après  une  note  qui  accompagne  la  présentation,  les 
rameaux  mis  sous  les  yeux  de  l'assemblée  ont  été  coupés  sur  un 
pied  qui  a  passé  l'hiver  en  plein  air,  sans  aucun  abri.  L'arbuste 
paraît  donc  absolument  rustique  sous  le  climat  de  Paris.  C'est 
une  espèce  fort  jolie,  très  florifère,  formant  des  touffes  basses 
très  ramifiées  et  régulières.  Les  inflorescences  sont  corymbi- 
(ormes  et  disposées  en  très  grand  nombre  le  long  des  rameaux. 
Les  boutons  sont  roses  ou  rouges  avant  l'épanouissement.  Les 
fleurs  sont  rosées.  La  nuance  rose  s'accentue  lorsque  la  fleur  est 
ouverte  depuis  quelque  temps.  La  floiaison  se  prolonge  pendant 
quinze  jours  à  trois  semaines.  Le  Deutzia  discolor  purpurascens 
paraît  devoir  être  une  très  bonne  plante,  tant  pour  la  pleine 
terre  que  pour  le  forçage. 


SÉANCE  DU  9  MAI  1895.  287 

2°  Le  Syrlnga  puhcsce/is  Turcz.  Introduit  par  le  Muséum  en 
1880,  de  graines  envoyées  par  M.  le  D'Brelschneider,  médecin  de 
la  Légation  russe  à  Pékin.  Cette  plante  a  été  présentée  plusieurs 
fois  à  la  Société  nationale  d'horticulture;  elle  est  parfaitement 
rustique  et  bien  distincte.  Elle  est  buissonnante  et  peut  atteindre 
3  mètres  de  hauteur.  La  floraison  en  est  très  précoce,  et  à  cause 
de  cela,  elle  est  quelquefois  un  peu  atteinte  par  les  gelées  tar- 
dives. Les  semis  ont  donné  des  formes  assez  distinctes  :  la 
grappe  est  soit  compacte  et  courte,  soit  plus  légère,  et  rap- 
pelant le  Lilas  de  Perse;  le  coloris  vai-ie  du  blanc  carné  au 
lilacin,  au  rose  violacé,  surtout  dans  les  fleurs  non  complète- 
ment épanouies. 

3°  Trois  variétés  de  Lilas  de  Perse  :  la  forme  à  feuilles  laciniées 
et  à  fleurs  bleues  très  répandue  sous  le  nom  de  L.  persil:  une 
forme  rosée  beaucoup  plus  rare  et  une  forme  à  fleurs  blanc  très 
légèrement  rosé  avec  gorge  bleuâtre. 

4°  Une  Pivoine  en  arbre  grefl'ée,  introduction  directe  du  Japon. 
Envoi  de  M.  Errington  de  la  Croix,  du  14  février  1893.  Les  fleurs 
semi-doubles,  grandes,  rouge  vif,  panaché  de  blanc  au  début. 

Une  prime  de  2®  classe  est  votée  pour  cette  présentation. 

\  2°  Par  M.  Launay,  horticulteur  à  Sceaux  (Seine),  des  rameaux 
fleuris  d'un  Lilas  indéterminé,  que  M.  Chatenay  croit  être  le 
Syringa  persica^  var.  nana  pinnata;  les  fleurs  en  sont  blanc  rosé. 

13°  Par  M.  Lecointe,  pépiniériste  à  Louveciennes  (Seine-et- 
Oise),  une  variété  de  Lilas  nommée  Mademoiselle  Fernande 
Viger,  k  fleurs  blanches,  très  belles. 

14°  Par  M.  Pichon,  39,  rue  Saint-Denis,  à  Lagny  (Seine-et- 
Marne),  6  Pommes  de  Faro,  fruit  de  grande  culture.  Des  remer- 
ciements sont  adressés  au  présentateur. 

IS'^  Par  M.  Gieveau,  de  Tours,  6  Poires.  Ces  fruits  ont  été 
envoyés  sans  note,  de  sorte  qu'on  ne  sait  ni  d'où  ils  proviennent 
ni  comment  ils  ont  été  obteniis.  Dans  ces  conditions,  le  Comité 
d'arboriculture  fruitière  ne  peut  émettre  aucune  opinion  sur 
leut  valeur,  il  est  instamment  recommandé  aux  pré-entateurs 


!288  NOMINATIONS. 

de  ne  soumettre  à  la  Société  que  des  objets  accompagnés  d'in- 
dications permettant  de  les  juger  en  connaissance  de  cause. 

L'un  de  MM.  les  Secrétaires  annonce  de  nouvelles  présenta- 
tions, et  la  séance  est  levée  à  trois  heures  vingt-cinq  minutes. 


NOMINATIONS 


SÉANCE    DU    0    MAI    1895. 

MM. 

1.  Championnère  (P.  Lucas-),  à  Brains,  par  Le  Pellerin  (Loire-Infé- 

rieure), présenté  par  MM.  H.  de  Vilmorin  et  A.  Chatenay. 

2.  Clercq  (Valéry),  horticulteur,  Grande-Rue  SaiiU-Germain,  à  Com- 

piè^ne  (Oise),  présenté  par  MM.  Cauchois  (A.)  et  Ducerf  (A.). 

3.  DelarçOxN,  horticulteur,  à  Bonneval   (Eure-et-Loir),  présenté  par 

MM.  Pinguet-Guindon  et  Martinet  (H.). 

4.  FouRCADE-ToMPKs,  horticulteur,  à  Tnrbes  (Hautes-Pyrénées),  pré- 

senté par  MM.  Forgeot  et  Gayeux. 
0.  Grapillarl»  (A.),  fleuriste,  5,  rue  de  la  Jonquière,  à  Paris,  pré- 
senté par  MM.  Delaville  (L.)  et  Hariot  (P.). 

6.  Imbryzek  (Alexandre),  d,  rue  Tillois,  à  Reims  (Marne),  présenté 

par  MM.  Huard  et  Chatenay  (Abel). 

7.  MxLAUD,  horticulteur,  o2,  rue  Alexis-Pesnon,  à  Montreuil-sous- 

Bois  (Seine),  présenté  par  MM.  TrufTaut  (Albert)  et  Debille  (A.). 

8.  Perrier  (Théophile),  coutellier,  57,  rue  de  Clichy,  à  Paris,  pré- 

senté par  MM.  Chatenay  (Abel)  et  Huard. 
0.  Rosenstiehl,  route  de   Saiut-Leu,  61,  à  Enghien  (Seine-et-Oise), 
présenté  par  MM.  Vilmorin  (H.  de)  et  Verlot  (B.). 


NOTES   ET   MÉMOIRES.  289 


NOTES  ET  MÉMOIRES 


Notice  nécrologique  sur  M.  Lémon, 
par  M.  E.  Verdier  (1). 

C'est  encore  un  doyen  de  rHorticulture  parisienne  qui  vient  de 
disparaître  II  était  peu  ou  point  connu  de  la  génération  actuelle, 
bien  qu'il  fit  partie  de  la  Société  nationale  d'Horticulture  de- 
puis 1842. 

Je  n'entreprendrai  pas  de  faire  la  biographie  de  M.  Lémon, 
n'ayant  pas  eu  l'honneur  de  le  connaître  assez  intimement,  et 
cet  honorable  et  ancien  horticulteur  ayant  toujours  vécu  isolé- 
ment depuis  qu'il  s'était  retiré  des  affaires;  il  habitait,  jusque 
dans  ces  derniers  temps,  un  immeuble  qui  lui  appartenait,  rue 
Desnoyers,  à  Belleville,  où  il  avait  eu  jadis  son  établissement 
d'Horticulture,  et  il  possédait,  à  Melun,  une  petite  propriété  de 
campagne  dans  laquelle  il  passait  une  partie  de  son  existence, 
au  milieu  dés  fleurs. 

M.  Lémon  fut  un  excellent  semeur  (et  c'est  à  ce  titre  que  j'ai 
l'honneur  de  lui  consacr.  r  ces  lignes)  et  un  loyal  commerçant. 
Il  s'occupa  surtout  de  Vh'is  germanica  et  des  Pivoines  herbacées 
de  la  Chine  [edulis,  Humei  et  sinensis).  Il  obtint  en  même 
temps  que  M.  Jacques,  le  savant  jardinier  en  chef  du  Domaine 
de  Neuilly,  une  belle  série  de  variétés  d'Iris  gei^manica  qu'on 
trouve  encore  cultivées  aujourd'hui,  et  parmi  lesquelles  se  fait 
toujours  remarquer  la  belle  et  unique  variété  à  fleurs  flammées 
et  panachées  à  laquelle  il  donna  le  nom  de  Victoire  Lémon. 

Quant  aux  Pivoines  herbacées  il  s'en  occupait  en  même  temps 
que  M.  Modeste  Guérin  et  il  dota  l'Horticulture  de  cette  magni- 
fique série  de  variétés  à  fleurs  blanches  qu'on  admire  encore 

(1)  Déposé  le  0  mai  d89o. 

19 


290  NOTES    ET   MÉMOIRES. 

maintenant,  qui  ne  sont  pas  dépassées  et  qui  portent  les  noms 
suivants  : 

Anemonœflora  alba,  bicolor,.  edidis  superba,  formopa  aîba, 
grandiflora  nivea  plena,  grandi flora  carnea  plena,  Humei  alba^ 
ligulata,  odorata^papaverlflora,  proliféra  tricolor,  sulfurea. 

M.  Lémon,  qui  avait  surtout  porté  son  attention  sur  le  Pceonia 
sinensis,  obtint,  comme  on  le  remarquera  par  cette  nomencla- 
ture, les  plus  belles  variétés  à  fleurs  blanches  qui  existent  encore 
actuellement.  Seule,  en  effet,  edulis  superba  est  à  fleurs  roses. 


Les  variétés  de  coloration  en  horticulture  et  nomenclature 

DES     principales     COULEURS     (1), 

par  M.  ViviAND-MoREL. 

La  production  des  variétés  de  coloration  chez  les  plantes 
soumises  à  la  culture,  est  une  question  qui  intéresse  Tart  horti- 
cole. Elle  mériterait,  pour  cette  cause,  d'être  étudiée  par  ceux 
qui  aiment  à  rechercher  les  lois,  encore  peu  connues,  qui 
régissent  la  variabilité  des  végétaux. 

La  question,  trop  vaste  pour  être  épuisée  dans  une  courte 
notice,  nous  a  paru  néanmoins  offrir  assez  d'utilité  pour  nous 
engager  à  en  présenter  un  résumé. 

Quoi  qu'en  dise  un  certain  proverbe,  qui  prétend  qu'on  ne 
peut  discuter  ni  des  goûts  ni  des  couleurs,  sur  la  valeur  des- 
quelles on  ne  s'entend  guère,  il  faut  bien  l'avouer,  quand  cela 
ne  serait  qu'au  point  de  vue  de  leur  nomenclature,  nous  pen- 
sons qu'on  pourrait  toutefois  essayer  de  noter  les  nuances 
dont  les  termes  sont  les  moins  controversés.  Un  groupement  des 
principales  métamorphoses  du  coloris  chez  les  variétés  présen- 
terait aussi  quelque  intérêt. 

C'est  envisagé  sous  ces  deux  points  de  vue  seulement  que 
nous  traiterons  ce  sujet. 


(1)  Déposé  le  11  avril  1895. 


LES  VAHIÉTËS  DE  COLORATION  EN  HORTICULTURE.      291 

Des  couleurs, 

La  lumière^blanche,  disent  les  physiciens,  est  composée  de 
sept  couleurs. 

La  couleur  blanche,  prétendent  les  naturalistes,  est  l'absence 
de  toute  couleur. 

Les  physiciens  démontrent,  en  recevant  sur  un  écran  un  fais- 
ceau lumineux  passant  par  un  prisme^  qu'on  obtient  une  image 
ou  spectre  qui  présente  les  couleurs  suivantes  :  rouge,  orange, 
jaune,  vert,  bleu,  indigo  et  violet. 

Parmi  ces  couleurs  du  spectre,  qu'on  observe  si  bien  sur  les 
arcs-en-ciel,  on  dislingue  des  couleurs  simples  et  des  couleurs 
composées. 

Une  couleur  est  dite  simple,  lorsqu'elle  est  impossible  à  décom- 
poser en  d'autres  couleurs. 

Une  couleur  est  composée  lorsqu'elle  résulte  du  mélange  de 
plusieurs  couleurs.  En  physique,  on  donne  le  nom  de  couleurs 
complémentaires  à  deux  couleurs  qui  par  leur  superposition 
produisent  du  blanc.  On  s'occupe  surtout  de  ces  couleurs  com- 
plémentaires dans  les  questions  qui  se  rattachent  à  l'harmonie 
des  nuances. 

Il  y  a  lieu  de  savoir  dans  l'étude  des  modifications  de  colora- 
tion qui  surviennent  chez  les  fleurs,  que  les  couleurs  naturelles 
des  corps  résultent  d'une  véritable  décomposition  de  la 
lumière  solaire,  ce  qui  prouve  qu'à  chaque  changement  de 
coloration  chez  les  plantes,  correspond  une  modification  du 
tissu  cellulaire  ou  de  son  contenu. 

■  Les  corps  blancs  sont  ceux  qui  renvoient  par  diffusion,  en 
proportion  égale,  toutes  les  couleurs  de  la  lumière  blanche  ;  les 
rouges  absorbent  les  couleurs  complémentaires  du  rouge  ;  les 
jaunes  les  couleurs  complémentaires  du  jaune.  Ceux  qui  sont 
noirs  absorbent  toutes  les  nuances  et  n'en  renvoient  aucune. 

En  botanique  et  en  horticulture  on  a  classé  les  couleurs  en 
deux  séries  :  la  série  des  couleurs  jaunes  et  la  série  des  couleurs 
bleues. 

La  série  des  couleurs  jaunes  est  appelée  série  oxydée  ou  série 


292  NOTES   ET   MÉMOIRES. 

xanthique  ;  la  série  des  couleurs  bleues  est  désignée  sous  le  nom 
de  série  désoxydée  ou  négative,  ou  encore  série  cyanique.  A 
l'automne,  un  peu  avant  la  chute  des  feuilles,  on  a  remarqué 
que  le  vert  passe  au  jaune,  au  rouge  et  au  brun.  Il  paraît  que 
c'est  à  l'oxygène  que  sont  dus  ces  changements  de  coloration. 
Elles  jaunissent  à  un  premier  degré  d'oxydation,  elles  rou- 
gissent ou  brunissent  au  second  degré. 
„ Selon  Schubler  et  Funk,  les  bractées,  les  calices,  les  corolles 
doivent  aussi  leurs  variétés  de  couleurs  à  la  quantité  d'oxygène 
qu'ils  absorbent. 

Il  en  est  de  même  pour  les  fleurs  et  les  fruits.  De  CandoUe 
pense  que  comme  il  se  produit,  pendant  la  végétation,  beaucoup 
d'actions  chimiques  différentes,  il  n'est  pas  prudent  d'attribuer 
les  diversités  de  coloration  à  la  seule  action  de  l'oxygène  et  du 
carbone. 

On  a  pris  le  vert,  teinte  commune,  comme  terme  de  compa- 
raison. 

Il  est  des  fleurs  dont  les  nuances  sont  plus  oxygénées  que  le 
vert,  et  des  fleurs  dont  les  teintes  sont  moins  oxygénées. 

Parmi  les  premières  est  le  jaune  ;  parmi  les  secondes,  le 
bleu. 

Chacune  d'elles  se  modifie  et  forme  une  série  qui  commence 
par  le  vert  et  se  termine  par  le  rouge. 

De  là  les  deux  séries  de  coloration  plus  haut  mentionnées. 
La  série  xanthique  (jaune),  comprend  le  jaune  vert,  le  jaune, 
le  jaune  orangé,  l'orange,  et  l'orange  rouge. 

La  série  cyanique  (bleue)  renferme  le  bleu  verdâlre,  le  bleu, 
le  bleu  violet  et  le  violet  rouge. 

Les  deux  séries  sont  reliées  entre  elles  par  le  vert  et  le  rouge, 
qui  peuvent  appartenir  aux  deux  séries. 

Chevreul  a  donné  une  classification  des  couleurs  dans  laquelle 
il  indique  toutesles  nuances,  en  distinguant  dans  chacune  d'elles 
trois  principes  de  modification  : 

1°  L'espèce  de  couleur  (rouge,  orange,  jaune,  vert,  bleu, 
violet  rouge),  formant  72  types;  i°  le  ton,  le  degré  d'inlen^^ilé 
(couleur  pâle,  tendre,  faible,  délicate  on  vive,  vigoureuse, 
sombre)  formant  âl   tons  ;  3**  le  degré  de  pureté  ou  de  mélange 


LES   VARIÉTÉS   DE   COLORATION    EN   HORTICULTURE.  293 

au  gris  et  au  noir  (couleur  franche,  fraîche,  fine,  pure  ou 
éteinte,  terne,  rabattue,  brune)  formant  10  degrés:  «  Supposons, 
dit-il,  72  couleurs  disposées  circulairement  sur  une  table  ronde, 
de  manière  qu'il  y  ait  23  couleurs  entre  le  rouge  et  le  jaune, 
23  entre  le  jaune  et  le  bleu,  32  entre  le  bleu  et  le  rouge  ;  suppo- 
sons, en  outre,  que  chaque  couleur  soit  à  égale  dislance  de  ses 
deux  voisines,  vous  aurez  les  72  types  suivants.  » 

Ces  types  de  couleurs  peuvent  être  évalués  à  l'aide  d'une 
notation  algébrique. 

Supposons,  par  exemple,  le  (cerise)  rouge  carmin,  il  sera  indi- 

24 
que  par  R  et  aura  une  valeur  de  —  rouge  ou  24  R. 

1 

Le  rouge  (T Andrinople  dans  lequel  le  jaune  entre  pour  —  sera 

23  1 

i  ndiqué  ainsi  R^,  — -  rouge  — -  jaune  =  23R  -f-  1  J,  et  ainsi  de 

suite. 

Le  Vert. 

La  couleur  verte  est  pour  ainsi  dire  la  couleur  normale  des 
végétaux  supérieurs  ;  très  peu  en  sont  privés.  Cependant,  comme 
il  n'y  a  pas  de  règles  sans  exception  on  voit  des  plantes,  princi- 
palement des  espèces  parasites,  comme  les  Orobanches,  les 
Cuscutes,  la  Lathrée,  le  Nid-d'oiseau,  qui  ne  sont  jamais  vertes. 

Cette  couleur  verte  est  attribuée  à  la  présence  d'un  corps  un 
peu  complexe  nommé  chlorophylle,  lequel  est  enfermé  dans  les 
cellules  épidermiques  ;  on  le  nomme  aussi  chromule. 

La  composition  de  cette  chromule  ou  chlorophylle  est  encore 
peu  connue. 

Les  uns  y  voient  un  principe  immédiat  vert;  d'autres  obser- 
vateurs la  considèrent  comme  un  mélange  de  jaune  ;  (phylloxan- 
tbine)  et  de  bleu  (phyllocyanine). 

La  chromule  extraite  des  plantes  par  des  procédés  chimiques 
est  d'un  vert  foncé. 

L'hydrogène  naissant  la  décolore,  ainsi  que  les  alcalis  qui  la 

ont  passer  au  jaune.  On  arrive  également  par  des  réactions  à 

obtenir  de  la  chlorophylle  deux  teintes  distinctes  :  le  jaune  et  le 


294  NOTES    ET    MÉMOIRES. 

hleu,  ce  qui  a  fait  dire  à  Frémy  que  la  chloropli3Mle  est  un 
mélange  de  jaune  et  de  bleu. 

D'après  Filhol,  la  chloropliyllô  en  solutions  alcooliques, 
traitée  avec  précaution  par  les  acides,  se  dédouble  en  quatre 
corps  : 

Un  corps  brun  azoté  insoluble  dans  l'alcool  ;  un  corps  jaune 
non  azoté,  soluble  dans  l'alcool  ;  un  corps  bleu  ne  se  formant 
que  par  l'emploi  d'un  excès  d'acide  chiorhydrique  ;  enfin  un  qua- 
trième corps  jaune  que  l'on  sépare  du  corps  bleu  par  l'éther. 

Pfaundler  suppose,  avec  Hlasiwelz,  que  les  couleurs  des 
plantes  sont  dues  à  la  présence  du  quercitrin,  de  l'esculine  et 
autres  principes  analogues  qui  produisent  diverses  nuances  sous 
l'influence  des  alcalis,  de  l'air  et  des  sels  de  fer. 

Suivant  Phipson,  les  feuilles  vertes  plongées  dans  l'acide  sul- 
furique  concentré  prennent  la  couleur  jaune  automnale;  après 
un  contact  prolongé  le  jaune  passe  au  vert  émeraude,  puis  il  se 
forme  des  matières  humiques.  Les  feuilles  jaunes  de  l'automne 
deviennent  vert  émeraude  après  quelques  secondes  d'immersion 
dans  l'acide  sulfurique,  puis  brunes. 

Sachs  dit  que  le  plasma  végétal  renferme  un  principe  possé- 
dant la  constitution  du  vert  de  feuille,  qui  n'attend  plus  qu'une 
dernière  impulsion  pour  devenir  chlorophylle  verte.  Cette 
impulsion  serait  moins  donnée  par  la  lumière  que  par  l'oxygène 
devenu  actif  sous  l'influence  de  la  lumière. 

Nous  avons  dit  que  les  feuilles  des  végétaux  sont  généra- 
lement vertes,  on  cultive  cependant  dans  les  serres  ou  les  jardins, 
des  plantes  à  feuillage  coloré  de  diverses  nuances  :  Les  Cala- 
diums,  les  Dracœnas,  les  Fougères,  les  Bégonias,  les  Géraniums 
zonales,  les  Betteraves,  etc.,  présentent  les  nuances  les  plus 
variées. 

Quoique  ces  plantes  soient  en  assez  bon  nombre  dans  les 
collections,  on  peut  cependant  dire  qu'elles  sont  rares  si  on 
considère  le  règne  végétal  dans  son  ensemble. 

En  dehors  des  colorations  naturelles  autres  que  le  vert,  les 
feuilles  sont  souvent  décolorées  partiellement  à  la  suite  d'acci- 
dents pathologiques  qu'on  a  désignés  sous  le  nom  de  panachures. 

Ces   accidents,  dont   un   bon  nombre  a  été  fixé,  sont  assez 


LES   VARIÉTÉS    DE    COLORATION   EN    HORTICULTURE.  295 

recherchés  par  les  horticulteurs,  parce  qu'ils  contribuent  pour 
leur  part  à  l'ornementation  des  jardins. 

Les  teintes  de  ces  panachures  sont  généralement  blanches  ou 
blanc  verdâtre,  jaunes,  ou  jaune  verdâtre  ou  roses. 

Elles  se  présentent  de  différentes  manières,  savoir:  l»  sous 
forme  de  liserés  ou  de  marges  extérieurs,  plus  ou  moins  larges 
et  souvent  irréguliers  et  érodés. 

2°  Sous  formes  de  lignes  ou  de  stries,  régulières  ou  irrégulières, 
partant  de  la  circonférence  pour  atteindre  la  nervure  médiane, 
ou  du  centre  et  se  dirigeant  vers  la  circonférence  qu'elles  n'attei- 
gnent pas  toujours; 

3°  Sous  formes  de  macules  et  de  ponctuations; 

4°  Sous  formes  de  zébrures  transversales. 

Les  panachures  les  plus  solides  et  les  plus  fixes  appartiennent 
à  la  première  catégorie. 

Quelques  panachures  se  reproduisent  par  le  semis;  c'est  le 
plus  petit  nombre. 

Le  Maïs  panaché,  la  Barbarée  vulgaire,  la  Renouée  d'Orient, 
la  Lavatère  en  arbre,  donnent  beaucoup  id'individus  panachés 
quand  on  sème  leurs  graines. 

D'autres  sortes  produisent  des  individus  tout  verts  ou  complè- 
tement blancs;  ces  derniers  ne  vivent  pas  facilement,  ils  périssent 
jeunes. 

Quelques  plantes  sont  naturellement  panachées  de  blanc;  on 
connaît  des  Arums,  une  Euphorbe,  des  Renoncules,  des 
Ficaires,  etc.,  qui  se  présentent  ainsi. 

Beaucoup  de  familles  végétales  comptent  dans  les  cultures,  et 
accidentellement  à  l'état  de  sauvage,  des  variétés  à  feuilles 
panachées. 

Les  catalogues  des  horticulteurs  en  mentionnent  un  assez  bon 
nombre. 

Voici  l'énumération  de  quelques-unes  : 

Acorus  g  r  aminé  us ,  y^gopodivm  j)odagraria,  Agapanthus 
umbellatus.  Agave  americana,  Althcva  syriaca,  Ahjssum  sa.xaiile, 
Avabis  albida,  Arundo  mauritanica,  Aspidistra  elatior. 


296  NOTES    ET    MÉMOIRES. 

Calamagrostis  arundinacea,  Carex  japonica,  Chrymnlhemum 
indicum,  Convallaria  maialis. 

Evonymus  japonicus. 

Farfugium  grande,  Fragarla  chiloensis ,  Fuchsia  (divers), 
Fankia  (divers), 

Hedera  (divers),  Hemerocallis  fulva,  Hgdrangea  (divers),  Iris 
fœtidissima. 

Ligustrum  japonicum . 

Molinia  cœrulea,  Mentha  (divers),  Myrtus  communis. 

Nerium  Oleander,  Nicoliana  colossea. 

Oronlium  japonicum. 

Pachysandra  procumbens,  P/ialaris  arundinacea^  Phormium 
ienax. 

Ranunculus  repens,  Ruta  graveolens. 

Salvia  offic'inalis,  Saxifraga  granulata^  Sedum  7'elephium, 
Solanum  Dulcamara.,  Spirea  Ulmaria,  Symphilum  officinale. 

Tanacetum  vulgare,  Thymus  (varii's). 

VeronïcaAndersomi^  Veronica  (variés),  Vinca  major  et  m'mor, 

Viola  odorata. 

Weigelia  amabilis. 

Yucca  aloœfolia,  etc.,  elc. 

PRINCIPALES   NUANCES    VERTES 

Le  vert  pur  résulte  d'un  mélange  du  jaune  et  du  bleu .  Lorsque 
le  jaune  domine  on  a  les  verts  pâles  ;  lorsque  le  bleu  est  en  excès 
on  obtient  les  verts  foncés.  Lorsque  d'autres  couleurs  entrent 
dans  !a  composition  du  vert,  elles  forment  les  verts  nuancés. 
Vert   d'émeraude.  —  Vert  pur  et  sans  mélange. 

—  de  chrome.  —  Le  même  que  le  précédent. 

—  dragon.  —  Le  même  que  le  précédent. 

—  de  Saxe.  —  Plus  clair  et  plus  brillant  que  le  vert-dragon. 

—  de  Scheele.  —  Vert  dur  et  éclatant. 

—  de  pré.  —  Vif  et  pur;  le  jaune  commence  à  dominer. 

—  jaunâtre.  —  Tirant  sur  le  jaune. 

—  pistache.  —  Vert  de  pré  clair,  mêlé  d'un  peu  de  brun, 

—  glauque.  —  Vert  clair,  blanchâtre,  mat. 


LES  VARIÉTÉS  DE  COLORATION  EN  HORTICULTURE.      297 

—  de  pomme.  —  Clair  et  tirant  au  blanc. 

—  d'asperge.  —  Vert  jaunâtre,  mêlé  de  brun  et  de  gris. 

—  de  serin.  —  Jaunâtre  claîr.   Passage  du   vert  au  jaune 

soufre. 

—  d'olive.  —  Vert  clair  tournant  au  brun. 

—  canard.  —  Vert  brillant,  foncé,  nuancé  rose. 

—  de  malachite.  —  Vert  tirant  au  bleu. 

—  de-gris.  —  Vert  un  peu  bleuâtre,  assez  vif.  comme  les  sels 

de  cuivre. 

—  céladon.   —   Comme    le  vert- de-gris,  mêlé   de   gris   de 

cendre. 

—  de  Brunswick.  — Couleur  du  protochlorure  de  cuivre. 

—  de  myrte.  —  Vert  très  foncé. 

—  de  bouteille.  —  Vert  très  foncé,  tirant  au  brun. 

—  poireau.  —  Vert  foncé  rembruni. 

—  noirâtre.  —  Vert  poireau  très  foncé. 

—  bronze.  —  Vert  d'eau  dans  lequel  le  jaune  domine,  bruni 

par  le  rouge. 

—  antique.  —  Vert  foncé  et  jaunâtre. 

JAUNE 

Le  jaune  est  une  couleur  simple  dans  son  état  de  pureté.  Mêlé 
au  bleu,  il  forme  le  vert  sur  la  palette  du  peintre. 

On  comprend  que  le  jaune  doit  se  rencontrer  dans  les  feuilles 
vertes  toutes  les  fois  que  le  bleu  s'atténue  ou  disparaît.  Aussi 
trouve-t-on  dans  les  panachures  des  feuilles  souvent  du  jaune 
pâle.  Un  grand  nombre  de  sortes  offrent,  en  effet,  ce  genre  de 
coloration. 

Le  jaune  est  très  commun  dans  les  fleurs.  On  a  remarqué  que 
les  espèces  â  fleurs  jaunes  à  l'état  sauvage  produisaient  très 
rarement  des  variétés  â  fleurs  bleues.  Cependant  il  y  a  quelques 
espèces  où  ces  deux  nuances  se  rencontrent,  mais  elles  sont  fort 
rares. 

L'Iris  d'Angleterre  {Iris  xyphioides)  se  présente  avec  des 
variétés  jaune  vif  et  des  variétés  bleu  pur  ;  on  connaît  des 
Jacinthes  jaunes  et  des  Jacinthes  bleues;  l'Auricule  des  jardins 


298  NOTES   ET   MÉMOIRES. 

montre    du  bleu  et  du  jaune;  la  Viola  sudelica  est  bleue  ou 
jaune 

Dans   le    même   genre,  mais  sur  des  espèces  différentes,  le 

jaune  et  le  bleu  se  voient  assez  fréquemment.  On  peut  citer  les 

genres   suivants   qui    sont   dans   ce    cas  ;   Anémone,   Aconitum. 

Viola,  Aquilegia,  Gentiana^  Linum,  Iris,  Lathynis,  Catananche, 

Pinguicula,  Myosotis,  Centaurea,  Salvia,  etc. 

Le  jaune  passe  au  rouge  plus  ou  moins  foncé  dans  plusieurs 
genres  bien  connus  comme,  les  Primevères  des  jardins  et  la 
Giroflée  des  murailles. 

Le  jaune  pur  est  une  des  couleurs  les  plus  solides  qui  nuancent 
les  fleurs;  il  passe  rarement  à  l'albinisme;  il  peut  s'atténuer, 
mais  les  variétés  blanc  pur  des  e&pèces  naturellement  jaunes 
sont  fort  rares  et  difficiles  à  obtenir.. Toutes  les  nuances  de  la 
série  xantliique  sont  dans  ce  cas  quand  elles  ne  sont  pas  d'origine 
métisse. 

Quoique  le  jaune,  ou  ses  dérivés  composant  la  série  xan- 
thique,  touchent  au  bleu  par  les  nuances  violettes  de  la  série 
cyanique,  on  peut  dire,  d'après  les  résultats  des  nombreux  essais 
qui  ont  été  faits  par  les  semeurs,  qu'il  ne  se  produit  que  très 
rarement,  pour  ne  pas  dire  jamais,  lorsque  l'espèce  semée  n'a 
pas  une  propension  naturelle  à  le  produire,  comme  c'est  le  cas 
pour  riris  d'Angleterre  ou  la  Pensée. 

Le  jaune  s'associe  plus  aisément  au  rouge  pour  former  ces 
merveilleuses  nuances  vermillon  on  orange,  qui  brillent  d'un  si 
vif  éclat  dans  les  Géraniums  zonales,  les  Capucines,  les  Bégonias, 
les  Tritoma,  les  Lis,  etc. 

Il  produit,  par  l'apport  d'une  partie  de  sa  nuance  avec 
d'autres  couleurs,  ces  innombrables  teintes  bronzées,  mordo- 
rées, Isabelle,  écaille,  etc.,  qu'on  rencontre  un  peu  partout. 
Associé  au  blanc  ou  au  vert  pâle,  il  donne  les  nuances  paille, 
soufre,  chrome. 

Mélangé  au  brun,  au  gris,  il  devient  livide. 
Dans  la  famille  des  Composées,  la  grande  tribu  des  Radiées  a 
souvent  les  fleurons  jaunes  et  les  ligules  d'une  autre  couleur, 
généralement  blanche  ou  rouge,  rarement  bleue.  Dans  les  trans- 
formations de  variétés  obtenues  par  le  semis,  soit  en  vertu  d'un 


LES   VARIÉTÉS   DE    COLORATION    EN    HORTICULTURE.  299 

polychromisme  naUirel,  eoil  à  la  suite  de  croisemenls  dus  à 
l'hybridité  ou  au  métissage,  on  ne  voit  guère  le  jaune  passer  aux 
nuances  bleu  pur.  On  ariive  au  rouge  sombre  violacé,  mais  il 
est  rare  d'éliminer  le  rouge  des  teintes  bleutées. 

Parmi  les  variétés  d'une  même  espèce  qui  présentent  du  jaune 
et  du  blanc,  on  peut  citer  :  Helichrysiun  hraclealwn,  Lupinus 
hybridus,  Lychnis  Haageana,  Narcissus  Pseudo -Narcissus. 
N.  Polyanthos,  Ranunculus  asiaticus.  Rose  Trémière,  Belle-de- 
Nuit,  Tropeolum  majus,  Brasslca  covslca,  Corydalis  lutea. 

JAUNES. 

Jaune  citrin.  —  Pur  et  vif  sans  luisant. 

—  jonquille.  —  Couleur  de  jonquille. 

—  pur.  —  Jaune  pur  de  la  gomme  gutte. 

—  d'or.  —  Jaune  vif^  foncé,  éclat  métallique. 

—  d'ambre.  —  Jaune  pâle,  hyalin. 

—  foncé.  —  Tirant  sur  le  sombre. 

—  orange.  —  Formé  de  jaune  citrin  et  de  rouge. 

—  abricot.  —  Plus  jaune  que  l'orange. 

—  chamois.  —  Moins  jaune  que  l'abricot. 

—  chrome.  —  Jaune  clair. 

—  d'œuf.  —  (jlair  tirant  à  l'orange. 

—  saumon.  —  Tirant  au  rose. 

—  d'Arménie.  — Jaune  d'ocre  orangé,  comme  le  bol  d'Ar- 

ménie. 
— ■    curcuma.  —  Nuance  du  curcuma. 

—  de  Naples. — Jaune  clair. 

—  de  soufre.  —  Jaune  verdâtre,  clair. 

—  paille.  —  Jaune  verdâtre  passant  au  blanc. 

—  miel.  —  Assez  vif,  qui  paraît  mêlé  de  jaune  soufre  et  de 

brun  rouge-verdâtre. 

—  bronzé.  —  Jaune  d'or,  mêlé  gris  d'acier. 

—  laiton.  —  Jaune  verdâtre,  avec  éclat  métallique. 

—  cassie.  —  Jaune  ternis. 

—  de  cire.  —  Jaune  de  miel  clair,  mêlé  de  gris  noirâtre. 

—  de  cuir.  —  Blanchâtre. 


300  NOTES   ET   MÉMOIRES. 

—  écaille.  — Jaune  bruni,  brillant. 

—  d'ocre.  —  Mêlé  de  citrin,  de  brun  et  de  rouge. 

—  Isabelle.  —  Tirant  sur  le  gris  et  le  rouge. 

—  de  vin.  —  Pelure  d'oignon  rouge. 

—  livide.  —  Jaune  sale;  mélangé  de  jaune,  de  gris,  de  brun 
et  de  bleu  gris;  vise  au  brun. 

ROUGE 

Le  rouge  se  rencontre  naturellement  sur  les  feuilles  de  quelques 
espèces  de  Caladiwn,  de  Dracdena,  de  Croton,  de  Bégonia,  etc.) 
Accidentellement  il  accompagne  les  panachures  de  quelques 
espèces,  comme  les  Sauges  {S.  officlnaUs),  les  Bugles  (Ajuga 
reptans),  le  Yucca  quadricolor  [Y.  aloifolia),  le  Lierre  terrestre 
(Glechoma  hederacea),  la  Saxifrage  sarmenteuse,  etc.  A  l'automne 
les  feuilles  vertes,  avant  de  tomber,  passent  au  rouge  quelque- 
fois intense.  A  citer  les  Sumacs,  qui  sont  dans  ce  cas.  Quelques 
Rosiers,  notamment  les  Roses  thé,  ont  les  jeunes  feuilles  roses 
avant  de  devenir  vertes.  Le  Rosa  rubrifolla  les  conservent  avec 
cette  teinte  un  peu  atténuée;  pendant  toule  l'année,  on  a  des 
Hêtres  et  des  Noisetiers  pourpres.  Le  revers  de  quelques  plantes 
de  serre  chaude  ont  les  feuilles  rubescentes  et  même  pourpre 
foncéj  pendant  que  la  page  supérieure  est  verte. 

Le  rouge  et  ses  dérivés  se  rencontrent  sur  un  grand  nombre  de 
fleurs.  Les  fleurs  rouges  passent  aisément  à  l'albinisme,  qui  est 
rare  chez  les  fleurs  jaunes.  Un  bon  nombre  d'espèces,  presque 
toujours  rouges,  donnent  des  variétés  blanches.  La  Digitale 
pourprée,  le  Gentranthe  rouge,  VOrchis  rubra,  le  Géranium 
zonale,  le  Lychnis  fulgens^  les  Pavots,  les  OEillets,  etc..  etc., 
sont  dans  ce  cas. 

Le  rouge  nuance  aussi  fréquemment  les  fleurs  blanches  sur  le 
point  de  terminer  leur  floraison;  il  colore  également  beaucoup 
de  fruits  sous  l'influence  de  la  radiation  solaire. 

Les  plantes  à  fleurs  rouges  ou  roses  qui  pâlissent  en  serre, 
reprennent  l'intensité  de  leur  coloris  si  on  les  replace  en  plein 
air.  Dans  les  croisements  de  variétés  ou  d'espèces  à  fleur  blanche 
avec  des  variétés  à  fleur  rouge,  on  obtient  souvent  des  pana- 


LES    VARIÉTÉS    DE    COLORATION    EN    HORTICULTURE.  301 

chures,  phénomène,  beaucoup  plus  rare  dans  les  croisements  de 
fleurs  jaunes  ou  bleues  avec  des  fleurs  blanches.  Avec  les  plantes 
mélisses  à  fleurs  rouges,  il  n'est  pas  rare  de  voir  des  rameaux 
entiers  donner  des  fleurs  de  difl'érents  coloris.  On  a  ainsi  (ixé  des 
Azalées,  des  OEiilets,  des  Roses,  des  Camélias,  etc. 

Le  rouge  et  le  jaune  s'associent  quelquefois  sur  la  même 
plante.  On  a  ainsi  des  Cannas,  des  Tritomas,  des  Calcéolaires,  etc. 

Jje  rouge  et  le  bleu  forment  le  violet;  le  rouge  et  le  jaune  pro- 
duisent l'orange  et  le  vermillon. 

PRmCTPALES   COULEURS   ROUGES 

Rouges  purs  tirant  sur  le  carmin 

Rouge  pur.  —  N'est  associé  à  aucune  autre  nuance. 

—  flamboyant.  —  Rouge  pur  avec  éclat  métallique. 

—  vif.  —  Rouge  pur,  moins  brillant  que  le  précédent. 

—  intense.  —  Plus  foncé  que  le  rouge  vif. 

—  faible.  —  Rouge  pur,  dégradé. 

—  pâle.  —  Plus  faible  que  le  précédent. 

—  .  Rose.  —  Rouge  atténué  par  le  blanc. 

ROUGES   CRAMOISIS    (TEINTÉS    DE   BLEU) 

Rouge  cramoisi.  —  Rouge  vif,  bleuâtre. 

—  cerise.  —  Rouge  carmin  bleuâtre. 

—  cochenille.  —  Rouge  carmin  nuancé  de  gris. 

—  groseille   —  Rouge  clair,  nuancé  violet. 

de  chair.  —  Cramoisi  mêlé  de  blanc  jaunâtre. 

—  fleur  de  pêcher.  —  Cramoisi  mêlé  de  blanc. 

—  incarnat.  —  Rouge  pâle,  mêlé  de  cochenille  et  de  blanc, 

plus  afl'aibli  que  le  précédent. 

—  amarante.  —  Rouge  cramoisi,  mêlé  d'orange. 

—  magenta.  —  Cramoisi  brillant. 

Les  rouges  de  fuchsine,  aniline,  roséine,  azaléine,  sont  des 
loijgt^s  vaiiables  de  nuances  et  d'intensité. 


302  NOTES  ET  MÉMOIRES, 


ROUGES  ORANGE 


Rouge  orange.  —  Couleur  bien  connue,  qu'on  peut  exprimer 
en  disant  qu'elle  résulte  d'un  mélange  à  parties  égales 
de  rouge  et  de  jaune. 
'- —      vermillon.  —  Rouge  orange  avec  un  peu  plus  de  rouge. 

—  minium.  —  Synonyme  de  vermillon. 

—  cinabre.  —  Un  peu  plus  de  rouge  que  dans  le  vermillon. 

—  d'Andrinople.  —  Plus  de  rouge  que  dans  l'alizarine. 

—  carthame.  —  Plus  de  jp.une  que  dans  le  précédent. 

—  écarlate.  —  Rouge  intense  dans  lequel  le  rouge  pur  est 

modifié  par  un  cinquième  de  jaune. 

—  ponceau.  —  Voisin  du  précédent,  un  peu  moins  intense. 

—  nacarat.  —  Chevreul   indique   le   nacarat   comme   un 

rouge  feu;  d'autres  le  font  connaître  comme  un  rouge 
clair,  tirant  sur  l'orange  et  le  placent  entre  le  cerise 
et  le  rose. 

—  feu.  —  Rouge  vif,  dans  lequel  le  rouge  pur  est  avivé 

par  deux  parties  de  jaune  sur  vingt-quatre. 

—  grenat.  —  Vermillon,  passant  au  pourpre. 

—  jujube.  —  Rouge  plus  jaune  que  l'écarlale,  moins  que 

le  grenat. 

—  garance.  —  Le  rouge  de  garance  est  pris   dans  deux 

acceptions;  dans  l'une  il  rappelle  la  couleur  rouge 
d'Andrinople  ;  dans  l'autre  c'est  du  vermillon  teinté 
de  rouge  brique. 

—  capucine.  —  Rouge  orange  affaibli  par  une  partie  de 

jaune. 

—  aurore.  —  Rouge  de  capucine  mêlé  de  jaune  clair. 

—  cuivre.  —  Rouge  jaunâtre,  clair,  à   éclat   métallique; 

rappelle  le  cuivre  rouge. 

—  brique.  —  Rouge  pâle  mêlé  de  gris  et  de  brun. 

ROUGES    SOMBRES 

Rouge  sanguin.  —  Rouge  visant  au  brun. 


LES   VARIÉTÉS   DE    COLORATION   EN    HORTICULTURE.  303 

anglais.  —  Rouge  obscur  mélangé  de  cochenille  et  de 
brun. 

pourpre.  —  Rouge  foncé,  bleuâtre.  Couleur  contro- 
versée. En  blason  le  pourpre  désigne  le  violet. 

sang-dragon.  —  Rouge  brun  foncé. 

hématite.  —  Rouge  brun  vif. 

rubigineux.  —  Rouge  mêlé  de  rouille. 

mordoré.  —  Rouge  obscur  mêlé  de  cramoisi  et  de  brun. 


BLEU 


La  couleur  bleue  formant  avec  la  couleur  jaune,  le  vert  qui 
est  la  nuance  la  plus  commune  du  règne  végétal,  se  présente 
beaucoup  moins  rarement  cependant  à  l'état  de  pureté.  Si  on 
rencontre  des  feuilles  jaunes,  blanches  ou  roses,  il  n'en  existe 
guère  qui  soient  bleu  pur. 

Les  fleurs  bleues  paraissent  également  moins  fréquentes  que 
les  fleurs  d'autres  nuances.  On  a  pu  voir,  toutefois,  que  si  le  bleu 
est  généralement  incompatible  avec  le  jaune,  il  y  a  cependant 
des  exceptions  à  la  règle. 

Le  bleu  passe  facilement  au  blanc,  comme  le  rouge  du  reste, 
et  les  albinos  ne  sont  pas  plus  rares  chez  les  espèces  à  fleurs 
bleues,  que  chez  les  espèces  à  fleurs  rouges. 

On  a  des  Salvia,  des  Aconits,  des  Dauphinelles,  des  Myosotis, 
des  Gentianes,  des  Scilles,  des  Anémones,  des  Agapanlhes,  etc. 
dont  le  type  est  bleu,  qni  ont  produit  des  variétés  blanches. 

Les  fleurs  bleues  peuvent  également  devenir  rouges  comme  par 
exemple  dans  la  Scille  à  deux  feuilles,  le  Muscari  bofryoides,  etc. 

Les  Delphinium  bleus  (D.  Consolida)  donnent  du  rouge  et  du 
blanc. 

Les  Jacinthes  bleues  donnent  du  rouge  et  du  blanc. 

L'Hysope  officinale  qui  est  bleue  passe  au  rose  pur  et  au  blanc. 

Le  Polemonium  c<eruleum  a  des  variétés  roses.  Les  Brunelles, 
Bugles,  Salvia^  Myosotis,  Borrago,  Syjnphytum,  et  beaucoup 
d'autres  produisent  des  variétés  roses. 

On  donne  souvent  le  nom  de  bleu  à  des  nuances  violettes. 
('  J'ai  dû,  dit  Alphonse  Karr,  à  ce  sujet,  faire  admettre  il  y  a 


304  NOTES   ET  MEMOIRES. 

longtemps  dans  la  langue  horticuUurale  une  couleur  qui  n'est 
pas  dans  le  prisme  et  que  ne  connaissaient  pas  les  peintres. 

Au  bleu  de  Prusse,  au  bleu  d'oulre-mer,  au  bleu  de  roi_,  devenu 
le  bleu  de  France,  j'ai  ajouté  le  bleu  de  jardinier;  c'est  une  cou- 
leur qui  commence  à  l'amarante  et  finit  au  violet  et  quelquefois 
au  brun.  » 

On  obtient  peu  de  plantes  striées  avec  les  plantes  à  fleurs 
bleues. 

Le  mélange  des  nuances  se  fait  plutôt  par  diminution  ou  ajg- 
mentation  de  ton  que  de  toute  autre  manière. 

Le  bleu  pur  passe  facilement  au  violet  bleuâtre,  mais  le  violet 
qui  est  la  résultante  du  bleu  et  du  rouge  ne  revient  pas  facilement 
au  bleu  pur:  il  semble  que  le  rouge  en  possession  d'une  teinte 
bleue  la  retient  prisonnière. 

PRINCIPALES   NUANCES    BLEUES 

Bleu  indigo.  —  Très  foncé  tirant  au  noir. 

—  d'enfer.  —  Très  foncé  tirant  au  noir. 

—  marine.  —  Très  foncé  tirant  au  noir. 

—  de  Prusse.  —  Bleu  parfait. 

—  cyalin.  —  Bleu  du  spectre  solaire. 

—  d'azur.  —  Clair  et  intense. 

—  d'outre-mer.  —  Bleu  tirant  un  peu  au  violet, 

—  de  ciel.  —  Tirant  au  vert-de-gris. 

—  de  smalte.  —  Azur  mêlé  de  blanc. 

—  d'évêque.  — Nuancé  de  rouge. 

—  violet.  —  Couleur  de  la  violette. 

—  rougeâtre.  —  Cramoisi  et  bleu  d'azur. 

—  lavande.  —  Bleu  violet  pâle  très  clair  avec  un  peu  de  gris 

bleuâtre. 

—  bleuâtre.  —  Un  peu  giis. 

—  faux.  —  Dégradation  du  violet. 

—  saphir.  —  Bleu  ayant  la  teinte  du  saphir. 

—  améthyste.  —  Bleu  très  pâle,  un  peu  blanchâtre. 

—  lilacé.  —  Bleu  tirant  au  violet  pâle. 

—  carminé.  —  Bleu  teinté  de  carmin. 


LES    V.ARIÉ1ÉS    DE    COLORATION    EX    IIORTICULTIRE.  305 


VIOLET 

Le  violet  résulte  du  mélange  du  bleu  et  du  rouge.  Il  appar- 
tient à  la  série  cyanique. 

Les  fleurs  violettes  passent  également  à  l'albinisme  avec 
facilité.  Les  violettes  blanches  ne  sont  pas  rares.  Elles  ne  par- 
viennent pas  aisément  à  éliminer  le  rouge;  mais  elles  éliminent 
quelquefois  le  bleu  et  passent  au  rouge  à  peine  teinté  de  bleu. 
Lorsque  les  fleurs  violettes  passent  au  bleu,  c'est  au  bleu  foncé 
qu'elles  ari'ivenl.  Cerlains  Ibcris  violets  donnent  du  rose  et  du 
blanc,  pas  de  bleu  pur. 

Le  violet  produit  très  rarement  le  jaune,  si  ce  n'est  chez  les 
plantes  d'origine  hybtide. 

On  a  du  jaune  et  du  violet  chez  les  Chrysanthèmes,  les 
Renoncules  d'Asie,  les  Pensées,  les  Giroflées  des  murailles,  les 
Primevères  des  jardins,  les  Iris.  Lorsque  le  type  d'une  espèce 
est  de  couleur  violette,  eil8  paraît  se  comporter  comme  le  bleu 
pour  les  changements  de  coloration. 

NUANCES    VIOLETTES 

Violet.  —  Couleur  de  la  violelîe. 

Amarante.  —  Cramoisi  violet  clair. 

Pensée.  —  Violet  foncé  tirant  au  bleu. 

Lie-de-vin.  —  Vio'et  rougeâlre  terni. 

Lilas.  —  Violet  1res  pâle  tirant  au  bleuâtre.  ... 

Mauve.  —  Violet  pâle,  tirant  au  rose.  . 

Améthyste.  — Clair  vif  et  bleuâtre.  ,  

On  donne  les  noms  de  violets  : 

d'aniline,  de  William,  de  Paris,  méthylaniline,  mauvani- 
Une,  impérial,  etc.,  à  de  beaux  violets,  de  nuances  varia_b[es, 
quoique  désignés  du  même  nom,  tirés  des  produits  du  goudron 
ou  de  corps  analogues. 

BLANC 

Le  blanc  est  une  couleur  que  nous  avons  définie  au  commen- 
cement de  cette  note. 

20 


306  NOTES    ET   MÉMOIRES. 

Elle  est  produite  par  les  corps  qui  renvoient  par  diffusion  en 
proportion  exacte,  toutes  les  nuances  composant  la  lumière 
blanche. 

Elle  s'observe  peu  sur  les  feuilles  bien  constituées,  si  ce  n'est 
chez  de  rares  espèces,  comme  quelques  Caladium  et  autres 
espèces  de  serre  chaude,  où  elle  se  montre  sous  forme  de  ponc- 
tuations, macules,  liserés,  etc. 

C'est  elle  qui  panache  accidentellement  la  plupart  des  feuilles 
des  espèces  qu'on  cultive  après  les  avoir  fixées. 

Le  blanc  jaunâtre  des  feuilles  étiolées  ou  chlorosées  se  ren- 
contre fréquemment. 

Les  fleurs  blanches  sont  très  fréquentes,  soit  qu'elles  se  mon- 
trent naturellement  sous  cette  teinte,  soit  qu'elles  y  arrivent  à 
la  suite  d'une  décoloration  accidentelle. 

Les  cas  d'albinisme  chez  les  fleurs  rouges  ou  bleues  ne  sont 
pas  rares.  On  ne  les  fixe  pas  toujours  très  facilement;  il  faut, 
dans  certains  genres,  beaucoup  de  persévérance  pour  y  arriver. 

Lorsque  le  type  d'une  espèce  est  de  couleur  blanche,  il  est 
difficile  de  l'ébranler. 

On  ne  connaît  pas  d'autres  couleurs  que  le  blanc  chez  un 
grand  nombre  d'espèces. 


NUANCES    PU    BLANC 

Blanc  de  neige.  —  Pur  et  clair. 

—  pur.  —  Moins  blanc  que  le  blanc  de  neige. 

—  d'ivoire.  —  Allant  au  jaune  pâle  légèrement  brillant, 

—  de  lait.  —  Légèrement  bleuâtre. 

—  de  chaux.  —  Légèrement  grisâtre. 

—  bleuâtre.  —  Blanc  avec  éclat  métallique. 

—  blanchâtre.  —  Blanc  terni. 

—  blanchissant.  —  Se  dit  d'une  couleur  qui  s'atténue. 

—  blanchi.  —  Couleur  recouverte  de  blanc. 

—  cendre.  —  Gris  un  peu  blanc. 

—  crème.  ~  Un  peu  jaunâtre. 

d'étain.  —  Eclat  métallique,  tirant  au  bleu  pâle. 


LES   VARIATES    DE    COLORATION    EN    HORTICULTURE.  307 

—  verdâtre.  —  Passage  au  vert  pomme, 

—  d'argent.  —  Éclat  métallique. 

—  rougeâtre.  —  Intermédiaire  enire  le  blanc  et  rincarnat. 

GRIS 

Le  gris  est  du  blanc  et  du  noir  mêlés.  C'est  une  couleur  peu 
commune  chez  les  plantes,  et  on  la  rencontre  rarement  pure  et 
bien  caractérisée.  Sur  les  feuilles  elle  nuance  quelquefois  le 
vert.  Les  fleurs  grises  ne  sont  pas  communes  non  plus,  et  ne  se 
montrent  que  très  accidentellement. 

NUANCES    DU    GRIS. 

Gris  lapis.  —  Nuancé  de  bleu  et  de  rouge. 

—  cendré.  —  Nuancé  de  blanc  et  de  noir. 

—  perle.  —  Gris  bleuâtre  clair  mêlé  de  violet. 

—  plombé.  —  Gris  bleuâtre  avec  éclat  métallique. 

—  souris.  —  Gris  teinté  de  rouge. 

—  enfumé.  —  Gris  brunâtre. 

—  noirâtre.  ^  Synonyme  de  gris  cendré. 

—  d'acier.  —  Noirâtre  avec  éclat  métallique. 

—  jaunâtre.  —  Gris  perle  mêlé  de  jaune. 

—  verdâtre.  —  Gris  perle  mêlé  de  vert. 

—  fumée.  —  Obscur,  mêlé  de  brun  et  de  bleu. 

NUANCES    FONCÉES 

Le  noir  pur  n'existe  pas  chez  les  végétaux  phanérogames;  les 
couleurs  très  assombries  qui  y  tirent  sont  toujours  nuancées  de 
brun  ou  de  bleu  foncé. 

Le  marron  et  le  brun  sont  plus  fréquents.  Il  y  a  des  feuilles 
noirâtres  chez  les  Bégonias,  les  Hêtres^  les  Noisetiers.  Les  fleurs 
brunes  et  marron  sont  communes  chez  les  Orchidées,  les  Sta- 
pelias,  les  Aristoloches,  les  Arums,  et  autres.  On  a  remarqué 
que  quelques-unes  des  plantes  nuancées  de  brun,  exhalaient 
une  odeur  très  désagréable. 


308  NOTES    ET    MÉMOIRES. 


QUALIFICATIFS   ATTRIBUES   AUX   NUANCES   BRUNES 

Marron.^ —  Brun  dans  lequel  le  rouge  se  trouve  en  excès  sur 

le  jaune  et  le  bleu. 
Bistre.  —  Brun  roussâlre. 
Acajou.   —  Couleur  du  bois  de  ce  nom. 
Rouille.   —  Nuance  de  la  rouille. 
Bois.  —  Jaunâtre  mêlé  de  gris  clair. 
Noisette.  —  Synonyme,  vert  de  mousse,  gris  d'Amérique. 
Brun.  — Pur  et  clair  avec  une  teinte  de  gris  ou  de  noir. 

—  de  châtaigne.  —  Tirant  sur  le  rouge. 

—  de  cannelle.  —  Clair  avec  un  mélange  de  ronge  et  de 

jaune. 

—  ferrugineux.  —  Brun  avec  un  mélange  de  rouge. 

—  roux.  —  Rougeâtre  prononcé. 

—  rouge.  —  Brun  et  rouge  pourpre. 

—  roussâtre.  —  Roux  pâle. 

—  lucide.  —  Sali. 

—  jaunâtre.  —  Couleur  de  foie. 

—  fuligineux.  —  De  rouille  tirant  sur  le  noir. 

—  tabac.  —  Tabac  râpé  ordinaire. 

—  fauve.  —  Uoussàtre. 

—  de  foie.  —  Tirant  sur  le  verdâlre, 

—  de  puce.  —  Brun  bleuâtre. 

—  de  tombac.  — Jaunâtre,  avec  éclat   métallique   (jaune 

d'or  et  brun  rougeâtre  mêlés). 

—  girofle.  —  Rouge-carmin  et  bleu. 

—  bronze.  —  Verdâtre  dans  lequel  le  jaune  domine  bruni 

par  le  rouge. 


LK   PREMTKR    PROJET    DE   JARDIN    PITTORESQUE    EX    FRANCE.       309 
Le   PRtMIEH    l'ROJET    DE    JARDIN    PITTORESQUE    EN    FRANCE, 

par  MM.  D.  Bois  et  G.  Gibault. 
Le  jardin  «  dcleciahle  »  de  Bernard  Pallssy. 

Dans  l'esprit  d'un  grand  nombre  de  personnes,  le  nom  de 
B.  Palissy  repi'ésente  surtout  un  artiste  de  la  Renaissance  dont 
les  plais  émaillés  ornent  les  belles  collections  et  les  musées  ;  il  fut 
aussi  un  génie  créateur,  malheureusement  incompris,  parce  qu'il 
eut  le  toi't  de  devancer  son  siècle;  ceux  qui  connaissent  son  grand 
amour  delà  nature  ne  s'élonneront  pas  de  le  voir  amateur  pas- 
sionné pour  les  beaux  jardins:  «  Je  n'ay  trouvé  en  ce  monde, 
dit-il,  une  plus  grande  délectation  que  d'avoir  un  beau  jardin.  » 
Dans  la  première  partie  de  ses  œuvres,  en  forme  de  dialogue, 
suivant  l'antique  usage  aujourd  liui  démodé,  B.  Palissy  expose 
à  un  interlocuteur  imaginaire  son  rêve  d'établir  un  jardin  délec- 
table, rêve  caressé,  on  le  sent,  avec  amour  et  qu'il  ne  pût,  sans 
doute,  jamais  réaliser;  les  nombreuses  infortunes  de  sa  vie 
agitée  doivent  le  faire  supposer.  Il  peut  êire  intéressant  de  con- 
naitre  sous  quelle  forme  un  homme  du  xvi"  siècle  concevait  son 
jardin  idéal;  il  est  rare  de  trouver  des  documents  de  ce  genre; 
les  auteurs  des  anciens  temps  ont  si  rapidement  passé  sur  l'art 
des  jardins,  quand  ce  sujet  s'est  trouvé  sous  leur  plume. 

En  ceci,  comme  en  géologie  et  en  agronomie  (i),  B.  Palissy 


(1)  Bernard  Palissy,  dans  son  Traité  des  sels  et  de  l'agriculture, 
paru  en  1563,  expose  des  idées  sur  rimporlance  des  matières  miné- 
rales dans  la  végétation  et  sur  la  nutrition  des  plantes  qui  devancent 
de  plus  de  trois  siècles  les  découvertes  de  lu  chimie  agricole. 

C'est,  en  effet,  seulement  en  1840  que  Liebig,  dans  sa  Chimie  agri- 
cole appliquée  à  la  culture  et  à  la  physiologie,  fit  ressortir  celle  vérité  : 
«  C'est  la  nature  inorganique,  exclusivement,  qui  ofîre  aux  végétaux 
leurs  premières  sources  d'alimentalion  »  ;  assertion  contraire  atout 
ce  qui  avait  été  admis  jusqu'à  ce  jour,  depuis  lors  incontestée, 
et,  qu'avec  une  rare  clairvoyance,  Bernard  Palissy  avait  pressentie 
en  avançant  :que  les  cendres  qui  laissent  les  végéluux  en  bridant  pro- 
viennent du  sol;  que  pour  entretenir  la  fertilité  du  sol  il  faut  lui  resti- 


310  NOTES    ET    MÉMOIRES. 

ne  pouvait  manquer  d'émetlie  quelque  idée  nouvelle.  Un  des 
premiers  il  préconise  l'inlroduclion  du  pillotesque  et  des  acci- 
denls  de  terrain  dans  l'art  des  jardins,  et  à  juste  titre  nous  pou- 
vons le  placera  côté  de  son  contemporain  Bacon,  que  les  Anglais 
proclament  le  promoteur  des  jardins  irréguliers.  Il  estime  à 
4,000  le  nombre  des  maisons  nobles  en  France,  convenablement 
situées  pour  rétablissement  de  jardins  pittoresques;  c'était  une 
grande  innovation,  aussi  voit-on  son  interlocuteur  exprimer  sa 
surprise  :«  Je  ne  puis  clairement  entendre  ton  dessein,  parce  que 
ta  dis  que  tu  cerches  un  lieu  montueux  pour  faire  un  jardin 
délectable.  C'est  une  opinion  contraire  a  celle  des  Antiques  et 
des  Modernes;  car  je  sçay  qu'on  cerche  communément  les  lieux 
planiers  pour  édifier  jardins,  aussi  sçay-je  bien  que  plusieurs 
ayant  des  bosses  et  terriers  ('l)en  leurs  jardins  se  sont  constituez 
en  grands  frais  pour  les  applanir.  »  Devons-nous  penser  que  ce 
projet  de  jardin  sera  bien  différent  du  genre  en  usage?  Non;  un 
homme  est  toujours  de  son  temps  ;  quel  que  soit  son  génie  il  ne 
peut  échapper  à  l'influence  du  milieu,  et  le  progrès  ne  se  fait  que 
par  étapes;  aussi  la  nature  sera  bien  effacée  dans  le  jardin  du 
précurseur  de  Kent;  le  potier  des  «  rustiques  figulines  »  n'ou- 
bliera pas  son  art  de  prédilection.  Il  établit  la  «  quadrature»  de 
son  jardin  en  un  lieu  planier,  en  bas  et  tout  proche  de  quelque 
colline  élevée  et  rocheuse  dont  il  capte  les  sources  d'eaux  vives 
qui  serviront  grandement  à  sa  décoration;  il  est  donc  de  forme 
carrée;  aux  angles,  il  édifie  quatre  grottes  monumentales,  qu'il 
appelle  «  Cabinets  »;  recouvertes  de  terre  et  plantées  d'arbris- 
seaux à  fruits  recherchés  des  oiseaux,  elles  formeront  des  col- 
lines artificielles  ;  le  dehors  est  entouré  de  rochers,  ou  de 
pierres  non  taillées,  arrangées  d'une  façon  rustique;  d'un  côté 
une  façade  avec  architrave,  frise  et  corniche.  Dans  l'intérieur 
des   grottes,    les   parois   sont   recouvertes   d'émaux   fondus   et 

tuer  ce  que  les  récolter  lui  ont  enlevé  ;  que  la  principale  valtw  du  fumier 
réside  dans  sa  richesse  en  matières  minérales  enlevées  au  sol  par  la 
plante  ;  que  les  excréments  de  Vhomme  et  ceux  des  animaux  doivent  être 
rendus  au  sol  parce  qu'ils  sont  formés  de  substances  qui  lui  ont  été 
enlevées  par  les  récoltes. 
(1)  Monticules. 


LE  PREMIER  PROJET  DE  JARDIN  PITTORESQUE  EN  FRANCE    311 

liquéfiés;  elles  brillent  comme  le  jaspe  et  le  porphyre,  «  les 
lézards  et  langroUes  (1)  qui  entreront  dedans  se  verront  comme 
en  un  miroir  et  admireront  les  statues,  etc.  » 

De  tous  côtés  sortent  des  «  pisseures  d'eau  ».  Il  ne  manque 
pas  d'établir  aussi,  dans  son  jardin,  des  architectures  végétales 
ou  «  cabinets  verds  »  aux  quatre  extrémités  de  la  croisée  du 
jardin,  formés  d'Ormes  taillés  et  dirigés  «  par  un  tel  ordre  que 
les  jambes  des  hommeaux  (les  troncs  des  Ormeaux)  serviront  de 
colonnes,  et  les  branches  feront  un  architrave,  frise  et  corniche 
et  tympane  et  frontispice,  en  observant  l'ordonnance  de  la 
maçonnerie.  »  En  somme,  dans  le  jardin  de  son  invention,  qui 
sera  tel,  dit-il,  «  que  jamais  homme  n'a  veu  le  semblable  » 
le  plus  beau  qui  fut  jamais  sous  le  ciel  «  hormis  celui  de  Paradis 
terrestre  »,  il  lui  est  si  difficile  de  trouver  du  nouveau  qu'il  aura 
aussi  recours  aux  orgues  hydrauliques  à  la  mode  «  et  d'iceluy 
rocher  sortira  un  nombre  infini  de  pisseures  d'eau,  qui  feront 
mouvoir  certains  moulinets,  et  les  moulinets  feront  jouer  cer- 
tains flaiols  (flageolets)  etc.,  dont  s'en  ensuivront  plusieurs  voix 
de  flaiols  gargouillantes,  qui  en  leurs  gai'gouillemens  imiteront 
de  bien  près  les  chants  des  oiseaux  et  singulièrement  le  chant 
du  rossignol.  »  Singulière  musique  qui  ne  trouverait  plus  d'ama- 
teur. Il  accepte  même  les  surprises  hydrauliques,  cependant  il 
en  est  qui  lui  répugnent  «  et  quant  est  des  engins  qu'aucuns  ont 
fait  cy  devant,  sçavoir  est,  certaines  Irapes  desquels  ils  trompent 
les  nouveaux  venus  au  jardin,  et  les  font  tomber  dedans  l'eau, 
pour  avoir  leur  passe-temps,  je  ne  voudrais  eslre  leurs  imitateurs 
en  cet  endroit  :  mais  bien  voudrois-je  faire  certaines  statues, 
qui  auroient  quelque  vase  en  vue  des  mains,  et  en  l'austre 
quelque  escriteau,  et  ainsi  que  quelqu'uns  voudroit  venir  pour 
lire  laditte  escriture,  il  y  aurait  un  engin,  qui  causeroit  que 
laditte  statue  verseroit  le  vase  d'eau  sur  la  teste  de  celuy  qui 
voudroit  lire  ledit  Epilaphe.  » 

Il  admet  également  les  tonnelles;  ses  tendances  religieuses 
se  retrouvent  dans  les  nombreuses  inscriptions  tirées  de  l'Écri- 
ture répandues  un  peu  partout;  enfin  le  jardin  proprement  dit, 

(1)  Sauterelles. 


31::^  RAPPORTS. 

!e  carré  aux  allées  droiles  formant  la  «  croisée  »  oblis^aloire, 
n'e-t  guère  differenl  d'un  jardin  quelconque  de  la  Renaissance. 
Cependant,  nia'gré  loiiles  ces  concessions  failes  au  goût  du 
temps,  il  introduisait  un  nouvel  élément  :  le  pittoresque;  les 
ruisseaux  qui  forment  de  tous  côtés  des  îlots  au  niilieu  du  jardin, 
ses  grottes,  ses  rochers^  les  escaliers  et  les  pjomenados  creusés 
dans  le  roc,  sur  le  penchant  de  la  colline  qui  domine,  toute 
celle  concej)lion  nouvelle  du  grand  artiste  semble  être  un  essai 
lointain  d'un  parc  des  Butles-Ghauniont;  essai  prémaluié,  car  le 
jardin  piltoies<pie  ne  doNait  se  réali^er,  eu  France,  que  deux 
cents  ans  plus  lard. 


HAPPOniS 


COMPTi:    RENDU    DLS    TRAVAUX    DU    COMlTÉ    DE    FlORICULTUKE 
PENDANT    L'ANiNÉE    1.N94, 

par  M.  L.  Cappe,  Secrétaire  de  ce  Comité  (1 1. 

iSuitc  et  fin)  ;^2). 

En  juillet,  c'est  la  saison  des  Bégonias  qui  commence;  ceux  de 
M.  Couturier,  prc'senlés  comme  semis  de  1892-1893,  avaient  un 
beau  port  malgré  leurs  fleurs  bien  doubles  qui  étaient  d'une 
bonne  j^rosscur;  nous  avons  eu  encore  les  Impatiens  variés  de 
MM.  Vilmorin  ;  les  Chrysanlhèmos  hâtifs  de  M.  Lemaire;  les 
Scabieuses  et  Capucine  naine  cardinale  de  MM.  Forgeot;  le 
Chrysanthème  Waltcr  W.  Cowles  de  M.  Launay,  do  Sceaux;  le 
Gloxinia  blanc  pur  de  semis  de  M.  Gravereau;  les  LMonibretia  de 
M.  Dallé,  et  les  plantes  diverses  de  M.  Potrat. 

En  août-septembre,  ce  sont  les  Zinnia  variés  et  la  Verveine 

(1)  Déposé  le  28  mars  1893. 

(2)  Voir  cahier  d'avril,  p.  237. 


TRAVAUX    DU    CiJMITÉ    DE    FLORICULTUKE    EN    1894.  313 

«  Aurore  boréale  »  de  MM.  Vilmorin;  puis  les  Reines-Margue- 
riles  de  M.  Birot  et  celles  de  M.  Berlhault  Vincent,  cultiva- 
teur de  graines  à  l)ammai'lin-en-Goële;  le  même  nous  a  égale- 
ment présenté  une  Kelle  collection  de  Dahlias  comprenant 
98  variétés  appartenant  aux  D.  à  grandes  fleurs  et  D.  Cac- 
tiis;  puis  les  Glaïeuls  hybrides  de  nanceianus  et  gandavensis 
de  M.  David  de  Savigny-sur-Uige.  Sont  venues  ensuite  :  les 
Stapp.Iia  iwoluta  «le  M.  P.  Tomvt,  horliculteur  à  la  Varenne- 
Saint-Hilaire  ;  les  Dahlias  Cactus  de  M.  Marie,  jyrJinier-cheî  à 
Ville-d'Avray  ;  les  Priujevèi'és  de  Chine  frangées,  à  feuilles  pana- 
chées de  MM.  Furgeol  ainsi  (jue  les  Reines-Marguerites  à  éperon 
et  R.  M   C(M)if  te  des  mêmes  préseidaleurs  ; 

M.  Gustave  Leuret  n«»us  a  fait  une  présenlation  de  phtntes  que 
le  (^(Milité  n'flait  i)lus  habilué  à  voir;  le  Fuchsia  semblait,  eu 
cfl'et,  un  peu  del-ns-é  dans  la  culiur^î;  aus-i  le  Ci)iniié  a-l-il  su 
gré  à  M.  Leuret  de  lui  présenier  4  beaux  spécimens  de  Fuchsia 
élevés  en  caisse  qui,  obtenus  de  boutures  faites  au  printemps, 
atleignaient  déjà  en  septembre  la  hauteur  de  2  mèties; 

M.  Martin,  horticulleur-grainier,  à  la  Broche  par  Digoin,  a 
envoyé  quelques  beaux  semis  Aq Zinnia] 

Sont  venus  ensuite  les  Dahlias  Cactus  de  MM.  Billard  et  Barré, 
horticulteurs  à  Fontenay-aux-Rose?  ;  les  Dahlias  simples  de 
M.  Buchet,  amateur  et  présentés  au  nom  de  ce  dernier  par 
M.  Hoibian; 

Les  Tritoma  (1G  variétés)  de  M  G.  Boucher,  sî.ïji  que  des  fleurs 
coupées  de  Lcaranthenium  uliginosum  du  même  présentateur; 
les  Dahlias  simples,  en  collection,  de  MM.  Forgeot  et  C'%  ces 
derniers  présentaient  également  à  la  même  séance  une  belle 
collection  de  Cannas  florifères,  des  Chrysanthèmes  précoces  et 
25  variétés  d'Asters  vivaces; 

Avec  M.  Deiaville,  marchand  grainier  à  Paris,  c'étaient  quel- 
ques jijlies^  plantes  appartenant  à  la  nombreuse  série  de  ces 
«  bonnes  vieilles  plantes  »  connues  et  aimées  des  amateurs, 
mais  qui  ont  fait,  de  nos  jours,  place  à  bien  des  nouveautés  qui 
ne  les  valent  pas  ;  c'étaient  le  Spirœa  Filipendula,  le  Gompho- 
carpus  fruticosus,  des  fleurs  de  Liairls  pycnostachya  et  de  Tr'i- 
cyrtis  hirta. 


314  RAPPORTS. 

Eli  octobre,  les  Dahlias  sont  dans  tout  leur  éclat;  nous  avons 
admiré  d'abord  une  superbe  collection  envoyée  par  M.  Torcy- 
Vannier,  borliculteur  à  Melun  et  comprenant  110  variétés  à 
grandes  fleurs;  24  à  fleurs  de  Cactus,  35  lUliput,  et  28  à  fleurs 
simples. 

Puis  une  collection  envoyée  parMM.  Forgeot  et  C'^,  composée 
des  variétés  à  grosses  fleurs  pour  exposition  ;  dans  ces  deux  lots, 
il  est  bon  de  faire  ressortir  la  variété  de  Dahlia  «  Grand-Duc 
Alexis  »,  de  forme  tout  à  fait  distincte,  aux  fleurs  tuyautées,  très 
grandes,  blanc  pur,  quelquefois  rosé;  c'est  une  des  plus  belles 
obtentions  françaises  de  ces  dernières  années  qui  est  due  à 
M.  Goûtant,  amateur  à  Douai; 

MM.  Forgeot  ont  montré,  en  outre,  15  variétés  de  Bouvardia; 
puis  des  Chrysanthèmes,  et  le  Salvia  «  Le  Président  »,  une  bonne 
plante  très  naine  et  florifère; 

Nous  retrouvons  M.  Bultel  avec  trois  beauxspécimens  de  Gro- 
tons  d'une  culture  irréprochable. 

Puis,  ce  sont  des  Chrysanthèmes  de  M.  Nonin,  choisis  parmi 
les  plus  belles  nouveautés  de  1893  et  1894  et  ceux  de  M.  Lévê- 
que,  également  bien  choisis  ;  enfin  des  Dahlias  rares  ou  nouveaux 
de  M.  Hatret,  horticulteur  au  Grand-Montrouge. 

En  novembre  et  décembre,  les  Chrysanthèmes  ont  continué  : 
M.  Lionnet,  jardinier-chef  à  Jouy-en-Josas  a  excité  l'admiration 
par  son  beau  spécimen  de  la  variété  «  W.  Lincoln  »  portant 
200  fleurs  et  par  une  variété  nouvelle  «  Colosse  Grenoblois  ». 

Pour  terminer  les  présentations  de  l'année,  notons  encore 
un  lot  de  Cyclamens  de  M.  Maxime  Jobert,  en  plantes  énormes 
dénotant  une  culture  des  mieux  comprises  ;  puis  un  lot  d'Azalées 
de  l'Inde  soumises  au  forçage  et  parfaitement  réussies;  ces  der- 
nières étaient  présentées  par  M.  Debille,  horticulteur  à  Ver- 
sailles. 

Comviissions. 

Onze  demandes  de  commissions  ont  été  formulées  par  nos  col- 
lègues dont  les  noms  suivent  : 

Par  M.  L.  Duval  pour  examiner  un  petit  ouvrage  qu'il  a  écrit 


TRAVAUX  DU  COMITÉ  DE  FLORICULTURE  EN  1894.      315 

sur  les  Orchidées  et  intitulé  :  Peut  Guide  pratique  de  la  culture 
des  Orchidées; 

Par  le  Muséum  d'histoire  naturelle  de  Paris  pour  examiner  un 
chauiïage  installé  dans  les  serres  de  cet  établissement; 

Par  M.  Léon  Duval,  horliculleur  à  Versailles,  pour  visiter  ses 
cultures  d'Orchidées  el   plus  spécialement    ses  Odontoglossam  ; 

Par  M.  Lesueur,  horticulteur  à  Saint-  Cloud,  pour  examiner 
un  système  de  carrelage  qu'il  emploie  dans  les  sentiers  de  ses 
serres  ; 

Par  M.  Page,  jardinier-chef  de  M.  Lebaudy  à  Bougival,  pour 
visiter  la  propriété  dont  il  a  la  direction  ; 

Par  M.  Mousseau,  jardinier-chef,  23,  rue  de  Conslantine,  à 
Paris,  pour  prendre  connaissance  d'un  système  de  bordure  de 
pelouses  qu'il  a  imaginé; 

Par  M.  Urbain,  horliculleur  à  Glamart,  pour  visiter  ses  cul- 
tures de  Bégonias  lubéreux  et  autres; 

Par  M.  Guyot,  propriétaire  à  Massy  {Seine-et-Oise),pour  visiter 
sa  propriété; 

Par  M.  Welker,  horticulteur  à  la  Celle-Saint-Gloud,  pour  la 
visite  de  ses  cultures; 

Par  M.  Driger,  jardinier-chef,  château  du  Monastère  à  Yille- 
d'Avray,  pour  la  visite  de  ses  serres  et  plus  spécialement  pour 
voir  sa  floraison  d'Orchidées  ; 

Enfin  par  M.  Debille,  horticulteur  à  Versailles,  pour  visiter  sa 
culture  forcée  d'Azalées  de  l'Inde,  en  prévision  des  fêtes  de  Noël, 
et  du  Jour  de  l'An;  * 

Le  Comité  a  eu,  en  outre,  à  désigner  12  de  ses  membres  pour 
faire  partie,  du  Jury  à  l'exposition  de  mai  1894; 

Il  a  eu  également  à  nommer  une  commision  pour  l'attribution 
de  la  Médaille  du  Gonseil  d'administration,  à  l'obtenteur  des 
plantes  nouvelles  reconnues  les  plus  méritantes. 

Cette  dernière  commission  a  proposé  la  médaille  pour  M.  Jules 
Chrétien,  du  Parc  de  la  Tête-d'Or,  à  Lyon,  pour  les  nombreuses 
plantes  dont  il  a  doté  nos  cultures  et  qui  se  trouvent  maintenant 
dans  presque  tous  les  jardins  ; 

Elle  a,  en  outre,  formulé  un  vœu  d'accorder  une  médaille 
d'or  à  M.  Léon  Duval,  de  Versailles,  pour  les  plantes  nouvelles 


316  RAPPORTS. 

qu'il  a  présentées  an  Comité  dans  l'année,  ainsi  que  pour  ses 
nombreux  apports  d'Oî-chidées  et  plantes  diverses. 

Le  Comilé  a  aussi  entendu  une  intéressante  communication  de 
M.  Vincey,  professeur  d'iiorticultuie,  rf.lativcment  à  un  engrais 
chimique  employé  en  Allemagne  et  dont  il  préconise  l'emploi 
pour  obtenir  de  beaux  spécimens  et  une  tloraison  remar- 
quable. 

En  terminant  mon  rappoit,  jn  crois,  messieurs,  être  l'inter- 
prète de  tous  les  membres  du  Comilé,  en  adressant  mes  plus 
sincères  félicitations  à  M.  Savoye,  noire  digne  Président,  pour 
son  assiduité  et  le  dévouement  avec  lequel  il  dirige  nos  séances. 


Sur  une  tubulure  de  M.  Mouillet, 
M.   BcsNAHD,    Rapporteur  (1). 

M.  Mouilletj  à  Marly,  présente  une  tubulure  à  double  joint 
caoutchouc,  destinée  à  être  placée  à  toute  jonclion  de  tuyaux  de 
chaufTage  de  serres, 

Celle  tubulure  permet  de  donner  toute  position  horizontale 
verticale  ou  oblique,  aux  piises  d'air  des  tuyaux  de  chauiïage. 

La  particularité  de  cette  tubulure  consiste  surtout  dans  une 
double  branche  formant  anneau  dans  lequel  la  prise  d'air  s'effec- 
tue, et  qui  permet  de  passer  un  boulon  de  serrage  dans  l'in- 
térieur de  cet  anneau,  si  la  position  à  donner  à  la  tubulure 
l'exige. 

Plusieurs  systèmes  analogues  ont  déjà  été  employés  par 
d'autres  fabricants,  mais  la  disposition  ingénieuse  du  modèle 
présenté  engage  votre  Commission  à  prier  le  Comité  de  voter 
des  félicitations  au  présentateur,  et  l'insertion  de  ce  rapport  au 
Journal. 


(1)  Déposé  le  25  avril  1895. 


SUR    UNE    BROCHURE    DE    M.    R.    DE    TAIIXASSON,  317 


Sur  une  brochure 
DE  M.   R.  D1-:  Taillasson,  ancien  inspecteur    des    forêts  (1), 

M.  Maurice  de  Vilmorin,  Rapporteur. 

La  brochure  de  M.  R.  de  Taillasson  contient  deux  mémoires  : 

'P  Les  plantations  résineuses  de  la  Champagne  crayeuse  de  1878 
à  1894; 

2°  Invasion  par  la  chenille  du  Lasiocampa  Fini. 

Bien  que  ces  mémoires  s'adressent  par  leur  nature  plutôt  aux 
propriétaires  de  bois  qu'aux  amateurs  d'hoiticuUure,  cependant, 
en  tenant  compte  de  l'importance  du  sujet,  du  fait  que  les  ques- 
tions forestières  ont  été  comprises  dans  le  champ  d'études  du 
Comité  d'Arboriculture,  des  renseignements  nombreux  et  inté- 
ressants qui  sont  donnés  par  l'auteur,  le  Comité  considère  le  tra- 
vail do  M.  de  Taillasson  comme  digne  d'éloges  et  d'être  renvoyé 
à  la  Commission  des  Rôcomper.ses. 

Le  premier  mémoire  indique  le  résultat  de  l'expérience  acquise 
par  les  planteurs  champenois  dans  la  mise  en  valeur  de  leurs 
terres  crayeuses  par  les  diverses  essences  forestières. 

Les  Pins  occupent  le  premier  rang  dans  celle  mise  en  valeur. 

L'expérience  démontre,  qu'il  semble  être  avantageux  d'aug- 
menter largement  l'espacement  du  plant,  les  anciennes  planta- 
tions à  1  mètre  étant  bien  trop  denses;  aujourd'hui  la  plantation 
à  2  mètres  est  jugée  serrée  et  l'écartement  est  généralement 
porté  à  7  ou  8  pieds. 

Qiieli]ues  essences  feuillues  sont  mêlées  au  Pin  sylveslre. 

Dans  le  calcaire  mêlé  de  silice,  les  Pins  Laricio  sont  souvent 
mêlés  avec  succès  au  Pin  d'Autriche  qui  prend  là  son  plus  beau 
développement. 

Dans  la  seconde  partie  de  son  travail,  M.  de  Tnillasson  donne 


(1)  Déposé  le  11  avril  1893. 


318  RAPPORTS. 

l'hislorique  des  invasions  en  1893  et  1894  d'une  partie  de  ces 
forêts  par  la  chenille  du  Laslocampa  Pini,  lépidoptère  appelé 
souvent  plus  simplement  bombyx  du  Pin. 

Après  l'Aube  et  la  Marne,  les  forêts  résineuses  de  l'Yonne  et  de 
Seine-et-Marne  sont  menacées  et  le  fléau  peut  s'étendre  de 
procbe  en  proche  à  toute  la  France. 

Le  gouvernement  s'est  ému  de  la  situation  et  des  forestiers  et 
savants  ont  été  commis  à  l'étude  de  l'invasion  et  des  moyens  de 
la  combattre. 

Les  procédés  essayés  jusqu'ici  sont  malheureusement  assez 
inefficaces;  la  destruction  des  cocons  du  papillon  par  les  cor- 
beaux, celle  des  chenilles  par  un  ichneumon,  la  modération  des 
pontes  de  l'insecte  par  les  conditions  climatériques  de  l'été 
semblent  devoir  influer  plus  que  les  moyens  d'action  des  inté- 
ressés sur  la  marche  de  l'invasion. 

Ce  n'est  pourtant  pas  un  motif  pour  rester  inactif  et  les  études 
comme  celles  do  M.  de  Taillasson  doivent  être  encouragées. 

Le  Comité  d'Arboriculture  forestière  et  d'ornement  propose  le 
renvoi  du  présent  rapport  r^  la  Commission  des  Récompense.^. 


PUBLICATIONS    FRANÇAISES.  319 

REVUE 

DES  PUBLICATIONS  FRANÇAISES  Se  ÉTRANGÈRES  ^^^ 

1.  Publications  françaises, 
par  M.  D.  Bois. 

Bulletin  de  la  Société  de  Viticulture,  d'Horticulture  et  de 
Sylviculture  de  rarrondissement  de  Reims. 

Ulitité  de  la  taille  des  racines  et  des  dépotements  des  plantes 
cultivées  en  pots,  par  M.  Dubarle. 

Toutes  les  personnes  qui  s'adonnent  à  la  culture  et  à  la  mul- 
tiplicalion  des  plantes  d'ornement,  façonnent  les  espèces  qu'ils 
cultivent  par  des  opérations  de  taille,  de  pincement  et  de  dépo- 
tement  dont  l'époque  coïncide  généraletnent  avec  les  premières 
semaines  ou  les  premiers  mois  du  printemps.  Ces  opérations 
n'assurent  de  résultats  satisfaisants  qu'autant  qu'elles  ont  été 
suffisamment  raisonnées. 

Pour  bien  comprendre  l'utilité  de  la  taille  des  racines  d'es- 
pèces cultivées  en  pots,  il  importe  de  remarquer  que,  dans  la 
nature,  les  racines  des  plantes  divergent  en  rayonnant  autour 
du  collet,  pour  soutenir  et  alimenter  la  plante.  Dans  un  récipient, 
au  contraire,  cette  loi  physiologique  de  divergence  des  racines 
ne  pouvant  s'exercer  librement,  ces  dernières  se  contournent  et 
décrivent  des  circonférences  répétées  autour  du  vase  sans 
presque  jamais  rentrer  dans  la  motte.  On  comprend  donc  sans 
peine  que,  dans  la  culture  artificielle  cette  tendance  qui  place 
et  accumule  les  organes  d'absorption  contre  les  parois,  soit  un 
grave  obstacle  à  une  nutrition  suffisante  et  régulière. 


(1)  La  responsabilité  des  descriptions  et  des  .a[)précialion!î  est 
laiss<'e  aux  auteurs  dont  les  articles  se  trouvent  ici  simplement 
onalvsés, 


3:20  REVUE    DES    PUBLICATIONS. 

Voyons  comment,  dans  la  pratique,  la  taille  des  racines  et  le 
dépolement  des  plantes  cuUivées  doivent  être  exécutés  et  com- 
pris. 

A  moins  que  le  nombre  des  dépotements  ait  pu  être  augmenté 
par  suite  d'une  culture  minutieuse  et  rigoureusement  suivie,  on 
conçoit  aisément  que  lors  de  l'opération,  la  motte  oiïrira  un 
lacis  inextricable  de  racines  et  de  radicelles  dont  bon  nombre 
seront  altérées  ou  desséchées  faute  de  nourriture,  qui,  au  lieu 
d'être  conservées  précieusement,  comme  il  arrive  quelquefois, 
devront  être  retranchées  suffisamment.  A  cet  eiïet,  on  se  sert 
d'une  lame  bien  affilée  qui  entame  la  molle  au-dessous  et  au 
pourtour  à  la  profondeur  de  un  demi-centimètre  au  moins,  de 
1  à  0  si  la  plante  est  forte  et,  surtout  après  un  long  séjour  en 
petits  pois,  en  respectant  les  grosses  racines  saines  de  2  à 
4  millimètres  d'épaisseur.  A  l'aide  d'un  bâion  pointu,  on  dé- 
gage un  peu  de  vieille  terre  des  racines  dans  la  paitie  rendue 
extérieure  afin  de  relier  plus  intimement,  dans  le  présent 
comme  dans  l'avenir,  le  nouveau  pourtour  de  la  molle  avec 
l'ancien,  puis  on  place  les  sujets  ainsi  traités  à  l'ombrc'pendant 
quelque  temps. 

Cette  suppression  des  parties  terminales  des  racines  enehevê- 
trées,  qu'  constitue  la  l'ègîe  générale,  souffre  cependant  un  cer- 
tain nombre  d'exceptions.  Le  grand  ordre  des  Dicotylédones 
renferme  bien  plusieurs  espèces  dont  toute  la  longueur  des 
racines  devra  êlre  respectée,  mais  c'est  surtout  l'ordre  des  iMono- 
cotylédones,  herbacées  ou  arborescentes,  qui  en  présentent  le 
plus  grand  nomoip,  telles  ies  Musacées,  Palmiers,  Orchidées, 
Aroùlées  Broméliacées,  Cactées,  le  genre  Dracœna,  etc,  etc., 
dont  les  racines  s'allongent  sans  se  ramifier  beaucoup  ou  même 
pas  du  tout  après  le  sectionnement  de  leurs  extrémités.  Ici  donc, 
le  retranchement  des  extrémités  radicellaires  sera  remplacé, 
autant  que  possible,  par  un  sensible  soulèvement  des  cléments 
du  réseau  circulaire  afin  de  les  isoler  davantage  et  de  leur  per- 
metlre  de  pénétrer  plus  l'apidiment  dans  la  nouvelle  addition 
de  terre. 

Il  est  cependant  des  cas  oîi  la  taille  des  racines  paraît  s'im- 
poser, c'est  lorsqu'il  s'agit  par  exemple  d'enlever  de  la  pleine 


PUBLICATIONS   FRANÇAISES.  321 

terre,  à  l'automne,  des  espèces  de  cet  ordre  ayant  concouru  à 
l'ornementation  des  jardins  pendant  Tété  et  qui  possèdent  la 
propriété  d'émettre  d'autres  racines  au  voisinage  du  collet. 
Ainsi,  l'expérience  a  prouvé  que  les  différentes  fspèces  de  Musa 
gagnaient  à  être  soumises  à  ce  traitement  automnal,  à  la  condi- 
tion toutefois  de  hâter  et  de  stimuler  les  nouveaux  éléments  à 
l'aide  d'une  douce  chaleur  souterraine. 

Tout  le  monde  sait  que  nos  praticiens  n'attachent  pas  moins 
d'importance  à  l'empotement  graduel  qui  consiste  à  l'appliquer 
dans  des  récipients  de  plus  en  plus  grands,  au  lieu  de  placer  les 
jeunes  élèves,  dès  le  début,  dans  des  pots  jugés  de  dimensions 
définitives;  il  est  impossible,  en  effet  d'établir  une  similitude 
entre  les  jeunes  plantes  placées,  dès  le  début,  dans  des  réci- 
pients disproportionnés  et  celles  de  même  espèce  élevées  en 
pleine  terre  dans  les  conditions  ordinaires,  d'où  cette  règle 
observée  rigoureusement  par  nos  professionnels,  de  la  gradua- 
tion des  numéros  de  pots  dont  ils  se  servent,  du  plus  petit  au 
plus  grand,  en  passant  parfois  par  cinq  ou  six  et  même  hnit  dia- 
mètres différents  intermédiaires. 

Sans  doute,  il  n'est  pas  rare  de  voir  nos  horticulteurs,  pour 
leurs  cultures  intensives,  suppléer  à  l'insuffisance  du  trop  faible 
volume  de  terre  pour  certaines  espèces  avec  des  engrais  spé- 
ciaux très  azotés  et  appropriés  qui  assurent  de  fort  beaux  résul- 
tats tout  en  simplifiant  les  opérations  de  rempotage,  mais  on  ne 
saurait  affirmer  que  les  plantes  ainsi  traitées  aient  la  même 
longévité  ainsi  que  la  même  résistance  aux  transitions  de  toute 
nature  que  le  possesseur  peut  avoir  à  leur  faire  subir. 

Comptes  rendus  des  séances  de  l'Académie  des  sciences, 
numéro  du  13  mai  1895. 

Sur  Vaératiou  uu  sol  dans  les  promenades  et  plantations  de 
Paris.  Note  de  M.  Louis  Mangin,  p.  1065. 

Dans  une  précédente  communication  sur  la  maladie  des 
Allantes,  M.  Mangin  exprimait  l'idée  que  le  défaut  d'aération  du 
sol  est  un  des  facteurs  du  dépérissement  des  arbres  dans  les 
villes.  Le  crédit  que  le  Conseil  municipal  de  Paris  lui  a  accordé 

21 


322  REVUE    DES    PUBLICATIONS. 

lui  a  permis  d'entreprendre  sur  ce  sujet,  une  série  de  re- 
cherches. 

A  l'aide  d'un  appareil  qu'il  a  fait  construire  pour  l'extraction 
des  gaz  du  sol,  il  a  pu  étudier  les  variations  de  l'atmosphère  dans 
les  sols  les  plus  divers. 

La  saison  n'étant  pas  assez  avancée  pour  permettre  de  for- 
muler maintenant  des  conclusions  générales,  M.  Mangin  se 
borne  à  montrer  l'intérêt  pratique  de  l'analyse  du  sol  pour  deux 
espèces  différentes  :  les  Allantes  et  les  Ormes. 

Les  Allantes  présentent,  en  certains  points  de  Paris,  un  dépé- 
rissement marqué.  M.  Mangin  a  examiné  l'atmosphère  du  sol 
dans  les  plantations  où  l'épanouissement  des  bourgeons  a  eu 
lieu  normalement  et  celles  où  ce  phénomène  ne  s'est  pas  encore 
produit. 

Il  résulte  de  ces  observations  que  les  arbres  sains,  dont  les 
bourgeons  éclosent  normalement,  végètent  dans  un  sol  bien 
aéré  et  pauvre  en  acide  carbonique  et  que,  au  contraire,  les 
Allantes  qui  offrent  un  retard  dans  l'épanouissement  des  bour- 
geons, sont  dans  un  sol  riche  en  acide  carbonique  et  très  pauvre 
en  oxygène  et,  par  conséquent,  exposés  à  périr  par  l'asphyxie 
des  racines. 

Un  phénomène  analogue  a  été  observé  pour  certains  Ormes 
du  boulevard  du  Palais. 

En  attendant  le  résultat  des  observations  ultérieures, 
M.  Mangin  a  voulu  montrer  que  l'analyse  des  gaz  du  sol,  en  indi- 
quant les  variations  de  l'atmosphère  qui  entoure  les  racines, 
permet  d'en  rechercher  les  causes  et  de  prendre  les  mesures 
propres  à  les  faire  disparaîtrcc 

Jardin  (Le;  numéro  du  5  avril  1895. 

Les  Lilas  au  point  de  vue  liorticole^  par  L.  Henry. 

Avec  le  numéro  du  5  avril,  se  termine  la  description  des 
diverses  espèces  et  variétés  de  Lilas  étudiées  par  l'auteur.  Plu- 
sieurs de  ces  espèces  sont  peu  connues  :  Syringa  pubescens, 
S.  Emodi  rosea^  Ligustrina  pekinensis  et  L.  japonica. 


PUBLICATIONS    FRANÇAISES  323 

La  monographie  faite  par  M.  Henry  a  été  ainsi  publiée  : 
Tableau  comparatif:  N°  173,  page  102  (1894)  ;  Syr'mgaoblata: 
NO  178  p.  161  ;  vulgaris  :  N''  179,  p.  174,  S.  persica  :  N°  181, 
p.  200;  6\  dubia  :  N"  183  p.  224  et  N"  185  p.  249;  S,  pubescens  : 
N»  189  p.  249;  S.  Emodl  :  N°  188  p.  286;  S.  Emodi  rosea  : 
N"  190,  p.  21  (1895);  S.  Josikœa:  N°  191,  p.  31;  Ligustrina 
amurensis  :  N''  192,  p.  57;  Ligustrina  pekinensis  :  N*  194,  p.  64; 
Ligustrina  japonica  :  N''  195,  p.  75. 

Le  Galax  aphglla  L.  dans  le  numéro  du  5  mai,  page  103, 
M.  Georges  Truffaut  donne  des  renseignements  intéressants  su  i 
cette  petite  plante  qu'il  a  présentée  à  la  Société  nationale  d'hor 
ticulture,  séance  du  11  avril  1895  et  dont  les  feuilles  employée.^ 
en  quantités  considérables  par  les  fleuristes  américains  pour- 
raient être  utilisées  chez  nous  pour  la  confection  de  couronnes 
concurremment  avec  les  feuilles  de  xMahonia  de  Houx,  de  Lau- 
rier et  de  diverses  variétés  de  Lierre  couramment  employées. 
Le  Galax  aphglla  appartient  à  la  familUe  des  Diapensiacées  : 
ses  feuilles  de  forme  élégante,  dentelées,  sont  vertes  ou  pourpre- 
et  présentent  l'avantage  de  se  conserver  avec  la  plus  grande 
facilité,  dans  la  mousse  fraîche,  pendant  au  moins  trois  moi.-; 
sans  qu'elles  montrent  aucun  signe  daltéralion.  Le  Galar 
aphglla  est  originaire  de  l'Amérique  sptentrionale;  ses  fleurs  ne 
sont  pas  ornementales. 

Mgrsiphyllum  asparagoides  Willd.  Dans  le  numéro  du  20  mai 
page  111,  M.  Mottet  consacre  un  article  à  cette  liane  vivace,  de 
serre  froide,  originaire  du  Gap  et  cultivée  par  les  Anglais  et  les 
Américains  qui  utilisent,  pendant  l'hiver,  ses  rameaux  feuilles 
pour  la  confection  des  corbeilles  et  autres  garnitures  florales  de 
tables.  Le  genre  Mgrsiphgllum  appartient  à  la  famille  des 
Liliacées;  il  est  très  voisin  des  Asparagus  auxquels  Bentham  et 
Hooker  le  réunissent. 


321  PEVUE    DES    PUBLICATIONS. 

Journal  d'Agriculture  pratique,  numéros  des  11  et  18  avril; 
2  el9  mai  1895. 

L Oranger^  par  M.  Gustave  Heuzé. 

On  sait  que  la  culture  de  TOranger  est  fort  importante 
surtout  en  Basse-Provence,  en  Espagne,  dans  le  Portugal, 
l'Algérie,  la  Grèce,  le  Japon,  etc.  Sur  le  littoral  de  la  Méditer- 
ranée, l'Oranger  est  un  grand  arbusle  de  forme  pyramidale  et 
buissonneuse  à  la  base.  En  Espagne  et  en  llalie  sa  tige  est  nue 
jusqu'à  2  et  3  mètres;  dans  les  pays  tropicaux  il  peut  s'élever 
jusqu'à  14  mètres  de  hauteur.  L'Oranger  commence  à  produire 
vers  l'âge  de  cinq  ou  six  ans;  il  est  en  plein  rapport  de  quinze  à 
vingt-cinq  ans.  Malte  produit  les  Oranges  les  plus  belles  et  les 
plus  estimées,  puis  viennent  celles  de  Valence,  de  Portugal,  de 
Blidah,  de  Nice.  L'Oranger  exige  des  arrosements  pendant  la 
saison  prinlanière  et  estivale:  on  le  cultive  ainsi  à  Nice,  à 
Cannes,  à  Blidah.  A  Valence,  célèbre  pour  la  culture  de  ses 
Orangers,  on  arrose  tous  les  huit,  dix,  ou  quinze  jours;  à  Malle 
deux  fois  par  jour.  La  cueillette  se  fait  à  la  main,  puis  les 
Oranges  sont  calibrées  au  moyen  d'anneaux  et  divisées  en  caté- 
gories suivant  leur  grosseur  et  leur  finesse.  A  Nice,  les  Oi"aug<'S 
sont  divisées  en  quatre  catégories,  on  emtialle  le  premier  choix 
dans  des  caisses  qui  en  contiennent  120.  Blidah  expédie  chaque 
année  de  40,000  à  50,000  caisses  d'Oranges;  Valence,  de  80,000 
à  100,000  caisses.  L'Oranger  en  plein  rapport  produit  de  600  à 
1000  oranges;  certains  arbres,  en  Italie  et  en  Corse,  donnent 
jusqu'à  2,500  Oranges  sanguines,  annuellement.  L'Oranger 
bigaradier  est  cultivé  pour  ses  fleurs  avec  lesquelles  on  fabrique 
les  eaux  de  fleurs  d'Oranger,  le  Nércli.  L'essence  de  Bergamote 
est  retirée  par  expression  des  zestes  du  Bergamotier.  Un  Biga- 
radier de  vingt  à  trente  ans  fournit  de  12  à  ,*^  ':^;iogrammes  de 
fleurs  vendues  de  75  à  125  francs  les  100  kilogrammes  suivant 
les  années.  Le  brou  ou  élagage  des  branches  pratiqué  aussitôt 
après  la  récolte  des  fleurs,  donne  aussi  un  certain  produit,  il  se 
vend  à  Nice  de  8  à  10  francs  les  100  kilogrammes.  Les  Oranges 
vendues  en  France  de  4  à  5  francs  le  ccni,  sont  livrées  sur  place, 


l'LBLICAÏIONS    FRANÇAISl'IS.  325 

en  Algérie,  pour  1  fr.  50  à  2  fr.  50  le  cent.  A  Nice,  les  belles  valent 
de  40  à  50  francs  le  mille. 


Journal   d'Agriculture  pratique,  numéros  du  25  avril  et  du 
2  mai  1895. 

Le  fumier  d<:  ferme  et  tes  engrais  minéraux  dans  la  culture 
niara'iclwre  par  M.  Grandeaii,  pages  601  et  637. 

Depuis  trois  ans,  les  essais  faits  par  M.  Grandeau  au  Parc  des 
Princes  ont  montré  les  avantages  éc(^nomiques  de  la  substitution 
des  pbosphates,  du  nilrate  de  soude  et  des  sels  de  potasse  au 
fumier  de  feime,  dans  la  culture  des  légumes.  Non  seulement, 
dit-il,  le  rendement  du  sol  est  très  élevé  sous  l'influence  des 
engrais  minéraux,  mais  la  beauté,  le  volume  et  la  qualité  des 
produits  obtenus  sont  tout  à  fait  lemarquables.  Ayant  expé- 
rimenté avec  succès  ces  engrais  pour  la  culture  des  Choux  de 
diverses  variétés^  Choux-fleurs,  Pommes  de  terre,  Betteraves  de 
table,  salades,  etc.,  il  a  été  heureux  de  constater  que  des  expé- 
ri*^nces  méthodiques  entreprises  Tan  dernier,  en  Angleterre,  par 
M.  Bernard  Dyer  avec  le  concours  de  M.  Schriwell,  avaient 
conduit  leurs  auteurs  aux  mêmes  conclusions  que  lui:  à  savoir 
qu'on  peut,  avec  avantage  à  tous  égards  substituer  la  fumure 
aux  engrais  minéraux  à  la  fumure  exeJusiveau  fumier  de  ferme. 

M,  Grandeau  donne  une  traduction  du  premier  rapport  publié 
par  M.  Bernard  Dyer  et  dont  la  lecture  est  des  plus  instructives. 
Les  plantes  sur  lesquelles  ont  porte  les  exp*  riences  sont:  Le 
Chou-fleur,  la  Pomme  de  tarre,  le  Panais,  la  Carotte,  le  Topi- 
nambour, les  Choux  de  jardin,  l'Oignon,  la  Betterave,  la  Laitue. 

Revue  Horticole,  numéro  du  l^'-  mai  1895. 

Astropki/tum.  myriosticfnia  Lem.  Syn.  :  Rchinocactus  mvn'o- 
stigma  Salrii  Dyck),  page  275,  figure  noire,  par  AL  W.  Mœrde»'. 

(W.We  CMCiée,  originaire  du  Mexique,  coiislitiie  avec  VErhinn' 
cactus  Asierias.  legerne  Astrojtlnjtum  que  certains  auteurs  con- 
sidèrent .  online  dislmct. 

C'est  sans  contredit,  dit  M.  Mœrder  (W.),  la  plus  belle  e.-pèce 


326  REVUE    DES   PUBLICATIONS. 

de  Cactée  qui  existe,  tant  au  point  de  vue  de  sa  forme  intéres- 
sante qu'à  celui  de  son  abondante  floraison. 

Sa  tige,  déforme  sphérique,  qui  peut  acquérir  de  très  grandes 
dimensions  (40  à  60  centimètres  en  largeur  et  presque  autant  en 
hauteur  chez  les  sujets  âgés  de  vingt-cinq  à  trente  ans),  est  inva- 
riablement formée  de  cinq  côtes  charnues,  larges,  à  arêtes  tran- 
chantes ou  parfois  arrondies;  l'épiderme  est  très  coriace,  de 
couleur  gris  verdâtre  entièrement  parsemé  de  petits  point  coton- 
neux d'un  blanc  de  neige,  plus  ou  moins  rapprochés  entre  eux; 
les  tyléoles  arrondies,  dépourvues  d'aiguillons,  donnent  nais- 
sance aux  boutons  à  fleurs  et  se  cicatrisent  après  ^leur  déflo- 
raison. 

VAstrophyium  myriostigma  commence  à  fleurir  de  bonne 
heure;  des  sujets  de  6  ou  7  centimètres  de  diamètre  fleurissent 
déjà  chaque  année,  abondamment  et  pendant  longtemps.  Les 
fleurs  produites  au  sommet  de  la  tige  sont  grandes  (7  à  8  centi- 
mètres de  diamètre),  d'une  belle  couleur  jaune;  elles  s'épanouis- 
sent en  plein  soleil  et  se  referment  à  son  coucher  pour  se  rouvrir 
le  lendemain  et  parfois  le  surlendemain. 

Cette  plante  se  montre  moins  rebelle  à  pousser  que  les  Echî- 
nocaclus  ;  elle  est  un  peu  délicate  pendant  les  deux  premières 
années  après  le  semis,  pendant  lesquelles  elle  redoute  les  arro- 
sements  mal  dirigés;  les  années  suivantes  elle  devient  de  plus 
en  plus  robuste. 

D'après  M.  Mœrder,  il  suffit  de  lui  appliquer  le  traitement 
suivant  pour  la  voir  prospérer  :  la  tenir  en  serre  tempérée,  en 
plein  soleil,  dans  une  terre  légère,  sableuse  qu'il  faut  éviter  de 
trop  tasser.  Si  l'on  veut  cultiver  en  pots,  il  faut  les  choisir  plus 
larges  que  profonds  et  veiller  à  ce  que  le  collet  de  la  plante  soit 
maintenu  un  peu  surélevé  au-dessus  de  la  terre;  il  est  bon  de 
glisser  dessous  des  écailles  plates  de  pierres,  qui  formeront  des 
supports  pour  la  plante  tout  en  la  préservant  de  l'humidité 
stagnante  et  facilitant  la  circulation  de  l'air  autour  de  sa  base  : 
précaution  qu'il  est  bon  de  prendre  dans  les  plantations  de 
toutes  les  Cactées  à  tiges  globuleuses.  Les  exemplaires  installés 
en  pleine  terre  dans  lesrocailles,  et  non  dérangés  pendant  quel- 
ques années,  prospèrent  mieux  qu'en  pots. 


PUBLICATIONS   FRANÇAISES.  327 

La  multiplication  de  VAstrophijtum  s'opère  de  deux  manières  : 
par  le  semis  et  par  le  bouturage  des  rejetons. 

Actuellement,  dit  l'auteur,  on  se  procure  des  exemplaires  im- 
portés qui  ne  peuvent  généralement  rivaliser  en  beauté  avec  les 
plantes  élevées  de  semis  et  n'ont  sur  ces  dernières  que  l'avan- 
tage de  la  grosseur.  On  a  recours  au  semis,  lorsqu'on  trouve  des 
graines  dans  le  commerce;  elles  sont  d'un  prix  élevé  et  ne  don- 
nent généralement  qu'une  proportion  de  40  à  60  p.  100  de 
plantes. 

Toutes  les  qualités  réunies  de  VAstrophytum  en  font  une 
plante  très  recherchée  des  amateurs  de  Cactées  ;  on  peut  même 
dire  qu'elle  est  en  train  de  se  vulgariser  peu  à  peu  et,  avec  le 
temps,  elle  figurera  certainement  dans  toutes  les  serres,  même 
les  plus  modestes,  voire  même  dans  les  appartements  bien 
exposés,  où  elle  apportera  à  la  décoration  florale  une  note  ori- 
ginale, d'un  intérêt  tout  spécial.  De  nombreux  essais  ont  prouvé 
que  cette  plante  est,  d'entre  les  Cactées,  une  de  celles  qui 
peuvent  prospérer  dans  les  appartements  pourvu  toutefois  que 
la  lumière  et  le  soleil  ne  fassent  pas  défaut. 

—  Même  numéro,  page  208. 

Pêche  Edouard  André  ^  planche  coloriée.  Fruit  nouveau  obtenu 
par  M.  P.  Nazet,  de  Trévoux(Ain).  La  couleur  pourpre-violet  de 
la  peau  de  cette  Pêche  est  peu  commune;  sa  chair,  d'un  ton 
crémeux  zébré  et  lavé  de  rose  est,  paraît-il,  d'une  saveur  excel- 
lente. 

Cette  variété  serait  en  outre  remarquable  par  sa  précocité  qui 
viendrait  immédiatement  après  les  Pêches  américaines.  M.  Nazet 
aurait  en  1894  cueilli  des  fruits  mûrs  de  la  Pèche  Edouard 
André  avant  même  l'apparition  des  premières  Précoces  de  Haies, 

—  Numéro  du  16  mai  1895. 

Le  Melaleuca  fulgens,  planche  coloriée,  page  232.  M.  Edouard 
André  fait  ressortir  les  mérites  de  cette  superbe  Myrtacée  aus- 
tralienne, aujourd'hui  délaissée,  peut-être  parce  que   son  boi 


328  BEVUE   DES   PUBLICATIONS. 

grêle  et  ses  feuilles  linéaires  n'en  font  pas  une  plante  assez 
fournie  pour  la  culture  en  serre,  mais  qui,  en  plein  air  dans  le 
midi  de  la  France,  se  développe  rapidement  et  se  couvre  d'in- 
florescences en  pompons  écarlates  du  plus  vif  éclat. 

Le  Fritillaria pudica,  Sprengel,  figure  noire,  page  229.  M.  Mau- 
rice L.  de  Yilmorin  appelle  l'attention  sur  cette  petite  plante 
bulbeuse,  originaire  de  la  partie  centrale  du  continent  nord- 
américain  où  elle  se  rencontre  en  Ire  les  États  montagneux  du 
Nevada  et  de  TUtah  au  sud,  et  la  Colombie  anglaise  où  elle 
pénètre  avec  les  ramifications  des  Montagnes  Rocheuses.  La 
plante  est  presque  montagnarde  et  se  plaît  sur  les  contreforts 
élevés  à  une  altitude  de  1,800  à  2,500  mètres,  dans  les  terrains 
sablonneux  et  un  peu  frais. 

M.  Maurice  de  Vilmorin  raconte  qu'en  arrivant,  en  juin  1893, 
à  l'hôtel  des  Mammouth  Springs  où  s'organisent  et  se  terminent 
les  excursions  dans  le  parc  national  du  Yellowstone,  il  apprit 
d'un  touriste  terminant  son  itinéraire  qu'il  trouverait  abondam- 
ment, à  l'une  des  étapes  prochaines,  des  Perce-neiges  jaunes.  A 
l'endroit  signalé  croissait  une  petite  plante  qui  n'était  autre  que 
le  chàrmdinl  Frit illaina  pudica.  Des  bulbes  rapportés  en  Europe 
et  cultivés  en  pots,  sous  châssis,  ont  fleuri  chez  M.  de  Vilmorin 
qui  pense  que  la  meilleure  culture  à  recommander  consisterait 
à  placer  les  bulbes  à  3  ou  4  centimètres  en  terre  sableuse  légère- 
ment terreautée,  à  demi-ombre  ou  à  l'ombre  d'un  mur.  En 
pleine  terre,  la  floraison  devrait  se  produire  à  la  fin  d'avril  sous 
le  climat  parisien. 

Revue  horticole  des  Bouches-du-Rhône,  numéro  d'avril  1 895. 

Sur  quelques  plantes  bulbeuses  de  Vile  de  Crète,  par  M.  Élie 
Reverchon,  page  64.  Parmi  les  végétaux  de  l'île  de  Crète  dont 
l'Horticulture  pourrait  assurément  retirer  quelques  profits  pour 
l'ornementation  de  nos  parterres,  figur-ent  quelques  espèces 
bulbeuses  de  la  famille  des  Liliacées  et  Iridées,  d'un  réel  mérite. 

Le  genre  Tulipe  est  représenté  par  deux  espèces  :  la  Tulipa 
saxatilis  Sieb.,  qui,  par  la  disposition  dans  les  nuances  et  les 


PUBLICATIONS    ÉTRANGÈRES.  329 

dimensions  de  sa  fleur  peut  se  placer  près  de  notre  T.  ocuhis 
solis.  La  fleur  est  d'un  rouge  foncé  avec  des  taches  d'un  bleu 
pourpré  dans  le  fond  du  périgone;  la  T.  creficaBoiss.,  plus  inté- 
ressante par  ses  formes.  Cette  mignonne  plante  se  rencontre,  en 
mars,  sur  les  terrains  arides  et  ferrugineux,  près  des  plages.  La 
tige  florale  est  de  3-4  centimètres  seulement;  la  fleur,  de  la 
grandeur  d'une  de  nos  Pervenches,  est  d'un  rose  tendre  extérieu- 
rement et  d'un  blanc  assez  pur  intérieurement.  Cette  espèce, 
par  son  faciès  remarquable,  forme  donc  un  groupe  nouveau 
dans  nos  Tulipes. 

Une  autre  Liliacée  fort  intéressante  est  le  Chlonodoxa  cretica 
Boiss.,  qi.îi  se  rencontre  près  des  neiges  fondantes  du  Voiakia, 
en  juin  et  juillet.  Les  fleurs,  d'un  beau  bleu,  sont  disposées  en 
grappes  lâches. 

Un  très  beau  Safran,  le  Crocus  Sieheri  Gay,  croît  comme  le 
Chlonodoxa  près  des  neiges  fondantes  du  Volokia  ;  les  fleurs 
sont  tantôt  d'un  jaune  orange  lavé  de  pourpre,  parfois  blanches 
ou  fauves  avec  des  taches  pourpres,  blanches  ou  jaunes,  mais 
toujours  d'un  efl'et  remarquable  d'harmonie  dans  la  composition 
des  teintes. 


2.  Publications  étrangères 

par  M.  P.  Hariot. 

The  Garden.  —  Dans  le  courant  d'avril,  les  Orchidées  sont 
largement  représentées  dans  les  colonnes  du  journal  anglais. 
C'est  tout  d'abord  un  article  sur  le  genre  Thuma  assez  peu 
connu  dans  nos  collections  et  surtout  assez  rarement  représenté. 
Les  Thunia  sont  originaires  de  l'Inde,  disséminés  dans  l'Hima- 
laya, le  Moulmein  et  la  Birmanie  entre  1,500  et  3,000  pieds 
d'élévation.  Par  l'ensemble  de  leurs  caractères  ils  se  rappro- 
chent des  Phajus,  mais  ils  ne  possèdent  pas  de  pseudo-bulbes  et 
leurs  fleurs  forment  des  grappes  qui  se  développent  en  juin  et 
en  juillet.  Le  Platijclinis  ghunacea,  \e  Ci/mbidium  ebiirn^uni,  les 
Cypripedium,  etc.,  sont  également  le  sujet  de  toute  une   série 


330  REVUE    DES   PUBLICATIONS. 

de  notes  qui  ne  sont  pas  dénuées  d'intérêt.  A  lire  aussi  avec  pro- 
fit les  articles  relatifs  aux  Chysis,  au  Cattleya  guttaia  et  à  ses 
variétés. 

Des  planches  coloriées  sont  consacrées  au  Senecio  laxifolliis, 
charmante  Composée  de  la  Nouvelle-Zélande  décrite  pour  la  pre- 
mière fois  en  1869  par  M.  Buchanan,  au  Vanda  suavîs  que  tout 
le  monde  connaît  et  dont  l'éloge  n'est  plus  à  faire,  au  Cypripe- 
d'ium  Charlesworthi,  des  Indes  orientales  qui  se  trouve  mainte- 
nant dans  toutes  les  cultures  quoique  son  introduction  en  Europe 
ne  date  que  de  1893. 

Le  Chrysanthème,  celte  plante  si  estimée  chez  nos  voisins  de 
l'autre  côté  du  détroit,  n'est  pas  oublié,  tant  au  point  de  vue 
de  présentation  des  variétés  nouvelles  que  des  détails  de  tech- 
nique culturale. 

La  culture  maraîchère  ne  chôme  pas  non  plus  :  les  Brocolis, 
les  Choux-fleurs,  les  Artichauts,  les  ïurneps,  la  Laitue,  etc.,  sont 
autant  de  sujets  de  petites  notes  de  quelques  lignes,  pour 
la  plupart,  qu'on  lira  toujours  avec  utilité.  Le  jardin  fruitier 
n'est  pas  non  plus  oublié  avec  les  Pêches,  les  Nectarines,  les 
Figues,  les  Groseilles  à  maquereau,  etc. 

Inutile  d'ajouter,  comme  pour  le  Gardener  sChronicle  d'ail- 
leurs, que  nous  avons  dû  laisser  de  côté  de  nombreux  articles 
même  en  énumérant  simplement  leurs  titres. 

Gardener's  Chronicle.  —  Parmi  les  plantes  nouvelles  ou  peu 
connues,  à  signaler  le  Bulbophyllum  grandiflorum,  une  des  plus 
remarquables  Orchidées  de  la  Nouvelle-Guinée;  V Aristolocàia 
Dainmeriana  de  l'Amérique  centrale;  le  Shortïa  galacifolia,  de 
l'Amérique  du  Nord,  qui  présente  de  nombreuses  affinités  avec 
les  Schizocodon,  du  Japon;  VAmorphophallus  glabra  Bailey 
d'Australie,  et  le  Dendrohium  amboinense  qui,  par  la  plupart  de 
ses  caractères,  se  rapproche  du  D .  Johnsoniœ. 

Le  Nelumbium  est-il  une  plante  égyptienne'!  L'auteur  de  cet 
article  après  avoir  consulté  les  textes  des  égyptologues  ne  sem- 
ble pas  disposé  à  admettre  le  Nelumbium  speciosinn  en  Egypte; 
il  soupçonne  que  cette  plante  signalée  en  Egypte  «  est  un  mythe  » 
et  désire  que  quelques  botanistes  veuillent  contrôler  les  dires 


PUBLICATIONS    ÉTRANGÈRES.  331 

du  D'  Watt  qui  prétend  que  le  Nelumhium  est  fréquemment 
repre'senté  sur  les  sculptures  des  ruines  de  la  vieille  Egypte. 

A  lire  des  notes  relatives  à  YAbies  balsamea  de  TAmérique 
du  Nord  introduit  en  Angleterre  dès  1697  par  Compton; 
aux  fibres  que  l'ou  trouve  dans  le  commerce  (il  n'est  pas 
inutile  de  faire  remarquer  que  le  gouvernement  de  la  Nouvelle- 
Zélande  offre  un  prix  de  1,750  livres  (soit  43,750  francs)  pour 
les  perfectionnements  apportés  dans  la  fabrication  des  fibres  du 
Phormium);  à  V Agave  attenuata;  au  bois  de  Conifères;  au  Rosa 
rugosa  et  à  sa  culture;  au  rôle  de  l'azote  et  de  Y  Argon  (ce  nou- 
vel élément  gazeux  découvert  par  le  professeur  Ramsay)  dans  la 
végétation;  à  des  voyages  botaniques  dans  le  nord-ouest  de 
rinde,  etc. 

Garden  and  Forest.  —  Ce  recueil  américain  renferme  la  des- 
cription du  nouveau  Mïmulus  Clevelandi  (figuré),  du  sud  de  la 
Californie,  espèce  vivace,  suffrutescente,  atteignant  6  décimè- 
tres. Ce  sera  probablement  une  bonne  plante  ornementale  pour 
l'Europe  méridionale.  Ses  fleurs  sont  jaune  d'or  et  de  grande 
dimension. 

Sempervirens.  —  Le  numéro  d'avril  contient  (malheureuse- 
ment en  langue  flamande,  peu  familière  à  la  plupart  des  horti- 
culteurs et  des  botanistes  français)  un  long  article  consacré  au 
Porphyrocoma  lanceolata,  très  belle  Acanthacée,  à  peu  près 
disparue  des  cultures  et  qui  mériterait  de  revenir  à  la  mode; 
quelques  lignes  relatives  au  Lotus  peliorhynchus^  jolie  Légumi- 
neuse  des  Canaries  et  d'une  nouvelle  rose^  provenant  de  l'hybri- 
dation entre  elles  de  deux  espèces  d'origine  japonaise  :  les  Rasa 
rugosa  et  Wichuraiana. 

Revue  de  l'Horticulture  belge  et  étrangère.  —  Une  planche 
coloriée  représente  VOncidium  Gravesianum  Rolfe,  ravissante 
espèce  brésilienne  décrite  en  1892.  Le  créateur  de  l'espèce 
donne  sur  elle  d'intéressants  détails,  desquels  il  résulte  qu'elle 
est  voisine  des  0.  crispum  et  prœlextum  dont  elle  se  distingue 
d'ailleurs  à  première  vue  par  l'étroitesse  des  pétales.  Elle  est 
rébelle  à  la  culture  qui  réussit  surtout  en  serre  froide. 


332  REVUE   DES    PUBLICATIONS. 

Le  Geonoma  grac'dis  a-t-il  dans  ses  feuilles  un  parfum  rappe- 
lant celui  de  la  Tubéreuse?  Un  lecteur  du  journal  dit  oui,  la  rédac- 
tion dit  non.  On  cultive  raiement,  si  ce  n'est  dans  les  jardins  bota- 
niques, les  Asclépiadées  charnues  des  genres  Huernia,  Stapelia, 
EchidnopsiSy  aussi,  sont-elles  peu  connues.  On  lira  avec  intérêt 
un  bon  article  consacré  à  l'énumération  des  principales  espèces 
et  à  leur  culture.  Toutes  sont  africaines  à  l'exception  du  Sita- 
pelia  Gussoniana.  Les  Cyclamens  rustiques  sont  aussi  quelque 
peu  dédaignés  et  cependant,  pour  être  plus  modestes,  il  ne  sont 
pas  moins  brillants  que  ceux  de  nos  serres  qui  occupent  une 
place  d'honneur  parmi  les  plantes  d'hiver.  Dix  espèces  sont  suc- 
cessivement décrites  dans  une  note  qui  est  relative  à  ces  gra- 
cieuses Primulacées,  ce  sont  les  C.  Coitm,  ibericinn,  persicum^ 
repandum,  europumm^  ci/icicwn,  grœcum,  neapoliianvm,  afrka- 
num,  cyprium  dont  les  noms  spécifiques  rappellent  Toiigine.  Ce 
sont  par  excellence  les  plantes  du  «  Wild  Garden  »,  du  «  Jardin 
sauvage  >>\  leur  végétation  est  luxuriante  et  leur  floribondité 
vraiment  incrovable. 


PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES 

DÉCRITES    ou    FIGURÉES 
DANS    LES    PUBLICATIONS    FRANÇAISES    ET    ÉTRANGÈRES 


Publications  étrangères, 
par  M.  P.  Hariot. 

Aristolochia  Dammeriana  Masters.  —  A.  de  Dam  mer.  — 
Amérique  centrale  (Ari.stolochiées).  Gardeners  Chronicle,  n°  433, 
p.  452. 

Plante  volubile,  lé^èrt^meiil  scabrc,  lecoiivt'iUMlH  poiLs  ajjpri- 
niéset  recourbes,  à  rameaux  herl-ac^^s,  giêles,  stries  et  sillonnés; 
feuilles  longues  de  18  centimètres  sur  6  centimètres  de  largeur, 


PUBLICATIONS   ÉTRANGÈRES.  333 

coriaces,  glabres,  oblongues,  acuminées,  cordées  à  la  base  et 
bilobées  avec  les  lobes  arrondis  et  fortement  nerviés;  pétioles 
très  poilus  dans  le  jeune  âge;  pédoncules  axillaires,  uniflores. 
dépassant  les  pétioles  assez  longuement;  périanthe  large  de  5 
à  6  centimètres,  dressé,  ventru  à  la  base,  dilaté  en  tubeinfundi- 
buliforme,à  limbe  bilobé  en  avant  et  prolongé  en  arrière  en  une 
lame  largement  ovale  et  aiguë. 

Ixianthes  retzioides  Bentham.  —  Là  port  de  Relzia.  —  Gap 
de  Bonne -Espérance  (Scrophularinées).  Botanical  Magazine^ 
t.  7409, 

Arbrisseau  dressé,  velu  ;  feuilles  rapprochées,  verticillées, 
dressées,  linéaires,  lancéolées,  aiguës,  dentées  en  scie;  fleurs 
axillaires  portées  par  des  pédicelles  avec  deux  bractées;  lèvre 
supérieure  du  calice  trifide,  l'inférieure  bifide,  à  lobes  courts 
lancéolés,  aigus;  corolle  de  couleur  soufre,  pubescente,  glandu- 
leuse ;  à  tube  dilaté  ;  à  lèvre  supérieure  bifide,  dressée,  et  à  lobes 
arrondis;  l'inlèrieure  étalée,  trifide;  deux  étamines  incluses, 
insérées  à  la  base  de  la  corolle;  deux  à  trois  staminodes;  style 
inclus  émarginé  au  sommet;  capsule  ovoïde  à  quatre  angles. 

Très  jolie  plante  des  plus  ornementales  et  qui  paraît  fort  rare 
dans  son  pays  d'origine. 

Macaranga  Porteana  E.  André.  —  M.  de  Portes.  —  Philip- 
pines ^^Euphorbiacées),  Bot.  Mag.,  t.  7407. 

Tige  dressée,  cylindrique,  marquée  de  cicatrices  provenant 
des  feuilles  tombées;  feuilles  larges  longuement  pétiolées,peltées, 
orbiculaires,  aiguës,  crénelées,  ciliées,  d'un  vert  gai  avec  des 
nervures  dorées  à  la  face  supérieure,  de  teinte  rousse  à  la  face 
inférieure,  à  côtes  et  à  nervures  épaisses  <it  vertes;  stipules 
foliaires  de  grandes  dimensions,  dressées;  panicules  de  fleurs 
axillaires  plus  courtes  que  les  pétioles,  de  couleur  rose  et  feuil- 
lées;  bractées  et  bractéoles  nombreuses;  fleurs  petites,  Içs  mâles 
en  grand  nombre,  les  femelles  et  les  hermaphrodites  plus  rares  et 
placées  au  sommet  de  petits  rameaux. 

Le  M.  Porteana  a  été  introduit  au  Muséum  par  Marius  Portes 


334  PLANTES  NOUVELLES  OU  PEU  CONNUES. 

qui  Tavait  récolté  aux  Philippines  en  1860;  mais  il  n'existe  que 
depuis  peu  de  temps  dans  les  jardins  botaniques.  La  largeur  de 
ses  feuilles  en  fait  une  plante  ornementale  au  premier  chef. 

Magnolia  parviflora  Sieb.  et  Zucc.  —  M.  à  petites  fleurs.  — 
Japon.  (Magnoliacées).  Bot.  Mag.,  t.  7411. 

Arbre  à  rameaux  pubescents,  à  feuilles  caduques  ovales,  pétio- 
lées,  cuspidées,  arrondies  à  la  base,  pubérulentes  et  d'un  vert 
pâle  à  la  face  supérieure,  marquées  de  5  à  7  nervures  arquées; 
fleurs  naissant  en  même  temps  que  les  feuilles,  longuement  pé- 
donculées,  à  sépales  au  nombre  de  3,  oblongs,  d'un  vert  pâle  et 
réfléchis,  à  6  pétales  largement  obovales,  concaves  et  blancs  ; 
étamines  nombreuses  incurvées,  à  anthères  oblongues  rouge 
sang  ;  carpelles  peu  nombreux. 

Le  M.  parviflora  est  originaire  de  la  région  alpine  de  Nippon 
où  il  a  été  récolté  sur  les  monts  Hakone  et  Hego-San  ainsi  qu'au 
volcan  de  Wunyen.  Il  est  voisin  du  M.  Watsoni  dont  il  difî'ère  par 
la  plus  petite  dimension  de  tous  ses  organes  et  ses  longs  pédon- 
cules ainsi  que  par  l'absence  de  la  bordure  jaune  des  feuilles. 

Piptospatha  Ridleyi  N.  E.  Brown.  — •  P.  de  Ridley.  — 
Malaisie.  (Aroïdées).  Bot.  Mag.,  t.  7410. 

Plante  acaule  à  feuilles  pétiolées,  lancéolées-elliptiques,  aiguës 
au  sommet,  d'un  vert  pâle,  marquées  de  taches  marbrées  à  la  face 
supérieure,  pâles  en-dessous,  à  nervures  de  premier  ordre  rouges, 
au  nombre  de  6  à  8;  pétioles  et  gaines  lancéolés,  rouge-foncé; 
pédoncule  floral  beaucoup  plus  long  que  le  pétiole,  également 
rouge  foncé  ;  spathe  penchée,  ovoïde,  à  sommet  recourbé  pro- 
longé en  bec,  la  moitié  inférieure  vert  foncé,  la  partie  supérieure 
rose,  striée  et  ponctuée  ;  spadice  court,  marqué  à  la  base  d'un 
anneau  formé  par  les  organes  floraux  stériles;  fleurs  mâles  dis- 
posées au  sommet  à  anthères  sessilesde  même  longueur  que  les 
fleurs  femelles  dont  l'ovaire  est  ovoïde. 

Le  genre  Piptospatha,  créé  en  1879  fiar  M.  E.  N.  Brown  pour 
une  plante  de  Bornéo,  est  synonyme  de  Rliynchopyle  Engler.  Il 
appartient  à  la  tribu  des.  Philodendrées.  On  en.  connaît  actuelle^ 


PUBLICATIONS  ÉTRANGÈRES.  335 

ment  quatre  espèces  :  P.  insigms,  elongata,  marginata  Qi  Ridleyi 
qui  a  été  introduit  en  1893. 

Mimulus  Clevelandi  Brandegee.  —  M.  de  Gleveland.  —  Sud 
de  la  Californie  (Scrophularinées).  Gardun  and  Forest,  n®  371, 
p.  -134,  f.  20. 

Plante  vivace,  un  peu  ligneuse  à  la  base,  haute  de  2  à  6  déci- 
mètres, glanduleuse  pubescente  dans  toutes  ses  parties;  tiges 
rameuses;  feuilles  lancéolées,  dentées  en  scie,  longues  de  3  à 
7  centimètres,  étroites,  acuminées;  fleurs  courtement  pédoncu- 
lées;  calice  à  tube  étroit,  plus  long  que  le  limbe  ;  corolle  jaune 
d'or,  deux  fois  environ  aussi  longue  que  le  calice. 

Espèce  voisine  du  M.  glufinosus  ei.  appartenante  la  même  sec- 
tion du  genre  Mimulus.  Elle  croît  à  de  hautes  altitudes  et  on  la 
rencontre  jusqu'à  6,000  pieds  au  Cuyansaca  Peak. 


RECTIFICATION 

L'ne  erreur  s'est  i^lissée  dans  la  Chronique  du  Cahier  d"avril, 
p.  212,  3i«  ligne;  au  lieu  de  :  800  livres  sterling,  soit  10,000  francs, 
il  faut  lire  :  soit  20,000  francs. 


Le  Secréiaire-rédacteur-gérant^ 
D.  Bois. 


Paris.  —  Imprimerie  L.  Maretheux,  1,  rue  Cassette. 


336 


OBSERVATIONS  MÉTÉOROLOGIQUES. 

MAI  1895 


Observations  météorologiques  faites  par  M.  F.  Jamin,  a  Bourg-la-Reine, 
PRÈS  Paris  (altitude  :  63™). 


— 

TEMPÉRATURE 

HAUTEUR 

V ■ 

du  baromètre 

VENTS 

ÉTAT   DU   CIEL 

5 

Min. 

Max. 

Matin 

Soir 

dominants 

1 

^J 

24,7 

768 

768 

0. 

Légèrement  brumeux  de  grand  ma- 
tin, clair  le  matin  et  le  soir,  nuageux 
laprès-midi. 

2 

6,0 

J7,S 

772 

775 

ENE. 

Nuageux,  clair  le  soir,  grand  hàle. 

o 

3,2 

18,8 

774 

768 

NNE. 

Clair, 

4 

4,9 

18  3 

769 

767,0 

.NE. 

Clair. 

5 

6,6 

12,0 

766,5 

765, 5 

SE.  NE. 

Couvert  et  légèrement  pluvieux,  nua- 
geux le  soir. 

6 

~,T 

23,3 

765,5 

763 

E.  NE. 

Couvert  le  matin,  clair  l'après-midi, 
nuMgeux  le  soir. 

1 

7.4 

25,  J 

763 

761 

ENE. 

Nuageux. 

8 

9,3 

24,2 

760,5 

76(1,5 

ENE. 

Clair  le  matin  et  le  soir,  nuageux 
dans  la  journée. 

9 

:i,9 

2i,4 

761,5 

765 

S.  SO.  0. 

Clair  le  matin,  nuageux. 

10 

9.4 

24,8 

766,5 

766,5 

0. 

Nuageux. 

n 

7,7 

28.1 

767 

766.5 

NE. 

Nuageux,  presque  clair  le  soir. 

12 

8,3 

29,2 

767 

768 

E.  NE. 

Clair  le  matin,  nuageux. 

13 

9.1 

29,2 

768,5 

76S,5 

ENE. 

Nuageux,  clair  le  soir. 

r. 

11,1 

29.3 

768 

766 

N. 

Nuagt^ux. 

15 

8,0 

18,0 

763 

758 

N. 

Très  nuageux. 

16 

3,2 

13,6 

756 

755 

N. 

Très  nuageux  le  matin,  nuageux 
l'après-midi,  quelques  petites  ondées. 

M 

o  3 

12,8 

754,5 

754.5 

N. 

Nuageux,  petite  pluie  le  matin. 

18 

4^2 

12,8 

753 

751,5 

SO. 

Couvert  le  matin,  nuageux,  quelques 
gouttes  de  pluie. 

19 

7,3 

13,9 

7.50 

753 

0.  NNO. 

Pluie  dans  la  nuit,  couvert,  petite 
pluie  le  soir. 

20 

7,3 

13,  J 

754 

754 

N.  NNE. 

Couvert,  éclaircies  le  soir. 

21 

9,5 

23,0 

753  ^ 

754 

0. 

Nuageux,  petite  pluie  le  soir. 

22 

10,6 

21,7 

755,  5 

759 

0.  N. 

Pluie  dans  la  nuit  et  le  matin,  couvert, 
orage  et  très  grosse  pluie  le  soir. 

23 

11,3 

23,2 

759 

758  ^ 

NNO. 

Couvert  le  matin,  nuageux. 

24 

6,6 

24,3 

757,5 

755,5 

N. 

Nuageux  et  orageux,  petite  pluie  le 
matin,  très  orageux  et  pluie  plus  abon- 
dante le  soir. 

25 

10,1 

25,8 

753 

761 

N. 

Nuageux  le  matin,  orageux  et  plu- 
vieux le  reste  de  la  journée. 

2fi 

9,3 

21,7 

765 

768,5 

0. 

Nuageux,  clair  le  soir. 

27 

7,3 

23,2 

770 

769 

NE. 

Clair. 

28 

8,8 

25,4 

767,0 

765 

NE. 

Clair. 

29 

9,4 

27.6 

765 

761,5 

E. 

Clair. 

30 

10,2 

30,6 

761 

759 

SSE. 

Clair  le  matin,  nuageux. 

31 

14,2 

2217 

760 

761.5 

0.  SO. 

Couvert  et  légèrement  pluvieux  le 
matin,  nuageux  et  orageux,  pluie  plus 
abondante  dans  laprès-midi. 

AVIS    DIVERS 


Médaille  du  Conseil  d'Administration.  — Pour  rinU-odi  ilion 
ou  l'obLention  de  Plantes  ornementales  reconnues  méritantes 
après  culture  en  Fran3e. 

Les  Horticulteurs  français,  obtenteurs  ou  introducteurs  de 
Plantes  reconnues  méritantes,  peuvent  adresser  au  Comité  com- 
pétent leur  demande  en  vue  de  prendre  part  au  concours  pour 
ce  prix.  De  leur  côté,  les  Membres  des  Comités  peuvent  propo- 
ser les  Plantes  qu'ils  jugent  dignes  du  même  prix.  A  la  fin  de 
chafjue  année,  il  sera  désigné,  s'il  y  a  lieu,  dans  le  sein  de 
chaque  Comité  compétent,  un  Membre  chargé  de  faire  un 
Rapport  circonstancié  sur  la  ou  les  plantes  qui  sont  de  nature  à 
déterminer  l'attribution  de  la  médaille. 


OFFRES   ET  DEmANDES  D'EIVIPLOI 


Un  registre  est  ouvert  aux  bureaux  de  l'Agence  de  la  Société  pour 
l'inscription  des  offres  et  des  demandes  d'emploi. 

Le  Conseil  d'administration  prie  les  sociétaires  qui  auraient 
besoin  de  jardiniers  pour  maisons  bourgeoises  ou  d'employés  pour 
maisons  de  commerce  horticoles  de  bien  vouloir  consulter  ce  registre. 


AVIS  RELATIF  AUX  CONCOURS  EN  SÉANCE 

Des  Concours  spéciaux  pour  les  Orchidées  ont  lieu  à  la 
seconde  séance  des  mois  de  février,  avril,  juin  et  novembre. 
Les  personnes  qui  désirent  y  prendre  part  sont  tenues  d'a- 
dresser, huit  jours  à  l'avance,  à  l'Agent  de  la  Société,  rue  dn 
Grenelle,  84,  l'expression  de  leur  intention. 


^^^- 


Série  III.  T.  XVII.  Cahier  de  juin,  piLblié  le  10  jailiet  1893. 


3êi8  CHRONIQUE. 

CONCOURS  OUVERTS  DEVANT  LA  SOCIÉTÉ  EN  1895. 

Concours  permanent. 

Prix  Laisné.  Pour  l'élève  le  plus  méritant  de  l'École  d'Horticulture 
des  Pupilles  de  la  Seine.  (V.  le  Journal,  3^  série,  IV,  1882,  pp.  631 
et  7o3.) 

Concours  annuels. 
Médaille  Pellier.  Pour  le  plus  beau  lot  de  Pentsiemon. 

Prix  Joiihfirt  de  VHiherderie.  —  Le  JO  janvier  1889,  le  Conseil 
d'Administration,  se  conformant  au  vœu  émis  par  le  D»"  Joubert 
de  l'Hiberderie,  dans  son  testament,  a  ouvert  un  Concours  pour 
un  prix  de  2,300  francs  à  décerner  au  nom  de  ce  généreux 
donateur.  Ce  prix  est  destiné  à  un  ouvrage  publié  récemment 
et  imprimé  ou  manuscrit,  sur  l'Horticulture  maraîchère,  l'Arbo- 
ricullure  et  la  Floriculture  réunies,  considérées  dans  leurs 
usages  journaliers  et  les  plus  pratiques.  Le  concours  est  perma- 
nent et  le  prix  peut  être  décerné  chaque  année. 

Si  l'ouvrage  présenté  au  concours  est  manuscrit,  il  devra  être  aussi 
succinct  que  possible  et,  si  son  auteur  obtient  le  prix,  il  sera 
tenu  d'en  faire  la  publication  dans  le  délai  d'un  an  (Voyez  le 
Journal,  3«  série,  XI,  1889,  p.  5  et  81). 


CHRONIQUE 


Cypripediiim  Lebaudyanum.  —  Ce  bel  hybride  a  été  pré- 
senté à  la  Société  nationale  d'Horticulture  de  France,  séance  du 
13  juin  1835.  Une  prime  de  première  classe  et  un  certificat  de 
mérite  de  première  classe  ont  été  accordés  à  son  obtenteur, 
M.  Page,  jardinier  en  chef  chez  M.  Robert  Lebaudy,  à  Bou- 
gival. 

Le  C.  Lebaudyanum  est  issu  du  C.  lœvigatum  croisé  par  le 
C.  Haynaldianum;  il  est  de  beaucoup  supérieur  à  ses  parents 
par  la  grandeur,  la  forme  et  le  coloris  de  ses  fleurs. 

Le  semis  a  été  fait  en  mars  1890,  la  plante  n'a  donc  fleuri 
qu'au  bout  de  cinq  années. 

Le  feuillage,  vert  foncé,  est  très  ample  ;  le  port  est  bien  inter- 
médiaire entre  celui  des  deux  pareuts. 

La  tige  florale,  longue  de  75  centimètres,  portait  cinq  fleurs, 
très  grandes,  bien  présentées. 


.    CHRONIQUE.  339 

Le  sépale  supérieur  mesure  5  centimètres  de  long  et  4  centi- 
mètres de  large  ;  il  est  verdâtre  à  la  base  et  blanchâtre  dans  la 
moitié  supérieure.  Il  porte  des  taches  brun  noirâtre  formant 
neuf  lignes,  mais,  vers  la  moitié  supérieure,  ces  taches  sont 
continues  et  constituent  des  lignes  ininterrompues  qui  pâlissent 
et  sont  légèrement  rosées  à  leur  extrémité. 

Le  sépale  inférieur  est  très  large,  blanchâtre,  veiné  de  vert  et 
tacheté  de  brun  pâle  à  la  base. 

Les  pétales  sont  légèrement  retombants,  de  10  à  il  centi- 
mètres de  long,  enroulés  vers  le  milieu.  Leur  moitié  inférieure 
est  verdâtre,  avec  une  trentaine  de  taches  brun  très  foncé.  Leur 
moitié  supérieure  est  d'une  bonne  couleur  brun  rougeâtre. 

Le  labelle  est  jaune  orange,  veiné  de  jaune  verdâtre. 

Modification  au  programme  des  conditions  d'admis- 
sion à  l'Ecole  nationale  d'Horticulture  de  Versailles.  — 
Le  Ministre  de  l'Agriculture  vient  de  modifier  le  programme  des 
conditions  d'admission  à  l'Ecole  nationale  d'Horticulture  de 
Versailles. 

A  partir  de  la  rentrée  de  1895,  l'admission  aura  lieu  exclu- 
sivement par  voie  de  concours,  et  le  nombre  des  élèves  à  rece- 
voir est  limité  à  quarante  par  année. 

Le  concours  d'admission  commencera  au  siège  de  l'Ecole,  à 
Versailles,  le  deuxième  lundi  d'octobre  (14  octobre),  à  une 
heure. 

Les  épreuves  comprennent  : 

1°  Une  composition  d'orthographe; 

2°  Une  composition  française  {;i'écit,  lettre,  etc.); 

3°  Une  composition  de  mdii\iémdiW(\\xQ^  [questions  ou  problèmes 
d'arithmétique  ou  de  géométrie  appliquée)  ; 

4°  Des  interrogations  sur  les  notions  d'histoire  naturelle, 
d'agriculture,  d'horticulture. 

Les  demandes  d'admission,  accompagnées  des  diverses  pièces 
portées  au  programme,  doivent  être  adressées  au  Directeur  de 
l'Ecole,  et  lui  parvenir  avant  le  10  septembre. 


340  PROCÈS-VERBAUX . 

PROCÈS -VERBAUX 


SÉANCE     DU     13     JLI.X     1895. 

Présidence  de  M.  Verclier  (Eug.),  Vice-Président  de  la  Société. 

La  séance  est  ouverte  à  trois  heures.  Le  nombre  des  socié- 
taires présents  est  de  151  :  19  honoraires  et  132  titulaires. 
Le  procès-verbal  de  la  dernière  séance  est  lu  et  adopté. 

M.  le  Président  annonce  que  trois  membres  de  notre  Société  : 
M.  Opoix,  jardinier  en  chef  du  Palais  du  Luxembourg;  MM.  Ver- 
rier-Cachet et  Fargeton  père,  horticulteurs  à  Angers,  viennent 
d'être  nommés  chevaliers  du  Mérite  agricole.  11  adresse  de  cha- 
leureuses félicitations  à  ces  honorables  collègues  dont  le  mérite 
vient  d'être  ainsi  récompensé. 

11  exprime  de  vifs  regrets  au  sujet  des  décès  de  M.  le  D"*  Brun 
de  Paris,  qu*  a  été  Vice-Président  de  notre  Société  et  de  M.  Bru- 
nette,  d'Epernay,  membres  honoraires,  qui  tous  deux,  faisaient 
partie  de  notre  Société  depuis  l'année  1855. 

M.  le  Secrétaire-général  proclame  l'admission  de  13  nouveaux 
membres  titulaires.  Il  annonce  que  le  Conseil  d'administration 
de  la  Société  a  admis,  dans  la  séance  de  ce  jour,  une  nouvelle 
Dame  patronnesse. 

Dans  cette  même  séance,  le  Conseil  d'administration  a  nommé 
membres  correspondants  : 

MM.  Moore,  directeur  du  Jardin  botanique  de  Dublin. 

Kolb  (Max),  directeur  des  Jardins  royaux  de  Munich. 
Wittmack,  professeur  à  l'Académie  royale  d'Agriculture 
de  Berlin. 

Il  est  procédé  au  dépouillement  de  la  correspondance  qui 
comprend  : 

N.  B.  —  La  Commission  de  Bédaction  déclare  laisser  aux  auteurs 
des  articles  admis  par  elle  à  l'insertion  dans  le  Journal  la  responsa- 
bilité des  opinions  qu'ils  y  expriment. 


SÉANCE    DU   13    JUIN    1895.  3il 

A.  —  Correspondance  manuscrite  : 

1°  Lettre  de  M.  Landais  (Pierre-Louis),  entrepreneur  de  jar- 
dins, à  Meudon  (Seine-et-Oise),  demandant  une  Commission  pour 
examiner  un  procédé  de  préservation  des  arbres  à  fruits  à  noyau 
contre  la  Gomme.  Le  Comité  d'Arboriculture  a  délégué  à  cet 
effet  MM.  Lecointe,  Chevallier  (Charles)  pt  iMauvoisin. 

2°  Lettre  de  M.  Martineau,  jardinier  au  Ministère  de  l'Agricul- 
culture  demandant  la  nomination  d'une  Commission  pour  visiter 
le  jardin  du  Ministère  de  l'Agriculture.  Le  Comité  de  Floricul- 
ture  a  délégué  MM.  Chouvet  père,  Opoix,  Page,  le  capitaine 
Parisot,  Tavernier,  Chenu,  Bauer,  Driger,  Morin  et  Boizard. 

3^  Lettre  de  la  Société  pratique  d'Horticulture  de  l'arrondisse- 
ment   d'Yvetot  qui  demande  un  délégué  pour  faire  partie  du 
Jury  de  l'Exposition  qui  se  tiendra  à  Yvetot,  du  6  au  8  juille 
prochain.  M.  Martinet  est  désigné  à  cet  effet. 

B.  —  Correspondance  imprimée  : 

\o  Programme  de  l'Exposition  d'Horticulture  qui  aura  lieu  à 
Yerneuil,  les  16  et  17  juin  1895. 

^0  Programme  de  l'Exposition  des  produits  de  l'Horticulture 
que  la  Société  centrale  d'Horticulture  du  département  de  la 
Seine-Inférieure  tiendra  à  Rouen,  du  jeudi  14  au  dimanche 
17  novembre  1895. 

3°  Palmarès  de  la  16rexposition  horticole  de  Gand  (Belgique). 

C.  —  Ouvrages  destinés  a  la  Bibliothèque  : 

1°  Les  Orchidées,  2®  édition,  par  M.  Duval  (Léon).  Une  Com- 
mission composée  de  MM.  Chenu,  Cappe  (Jules)  et  Sallier  (Joanni) 
est  chargée  d'en  faire  l'examen. 

2°  Calendrier  du  Rosiériste,  par  M.  Petit-Coq,  de  Corbehard. 
Sera  examiné  oar  M.  Yerdier  (Eugène). 

3"  Guide  pratique  des  meilleurs  fruits  de  pressoir  employés 
dans  le  pays  dWuge,  par  M.  Truelle.  Sera  examiné  par  M.  Mi- 
chelin. 


342  PROCES-VERBAUX. 

4®  Ampélo graphie  des  cépages  indigènes  de  l'Afrique  française 
du  Nord,  par  M.  Leroux.  M.  le  D""  Trabut  sera  prié  d'en  faire 
Texamen. 

5''  Pinetum  danicum,  par  M.  Garl  Hansen.  Londres  1892. 

6°  Culture  de  la  Vigne  sous  verre  ei  Fraisiers  forcés^  4®  édition, 
par  M.  H.  J.  Van  Halle.  Gand,  1884. 

7"  La  crise  rurale.  Pourra-t-on  la  conjurer  par  la  culture  ma- 
raîchn-e  ?  par  M.  J.  Van  Huile.  Gand,  1885. 

8"  Un  coin  de  la  campine.  Sn  mise  en  culture  par  les  Colons 
et  les  Sans-travail,  par  M.  J.  Van  Huile.  Gand,  1894. 

9°  Compte  reitdu  de  la  manifestation  en  V honneur  de  M.  H.  J. 
Fan  ^7///e.  1880. 

1 0°  Discours  prononcé  au  Congrès  international  de  Pomologie 
et  d'arboriculture  de  1880,  par  M.  H.  J.  Van  Huile. 

11°  Les  vingt-cinq  premières  années  du  Cercle  d' Arhori culture 
de  Belgique,  par  M.  E.  Rodigas.  Gand,  1890. 

12°  Les  Stachys.  Nouvelle  méthode  de  culture  de  V Igname  de  * 
Chine,  par  M.  Ghappellier.  Paris,  1895. 

1 3°  Nuove  proposte  contre  la  Cochylis  amhigueUa,  par  M.  A.  Ber- 
lese.  Padoue,  1895. 

Publications  envoyées  par  le  Département  de  l'Agriculture 
DES  États-Unis  (10  volumes  ou  brochures)  : 

14°  The  varieties  of  the  Human  species,  par  Giuseppe  Sergi. 

15<»  Bibliography  of  the  aceto  acetic  Ester  and  ils  derivatives, 
par  Paul  H.  Seymour. 

16°  Bordeaux  mixture  as  a  fungicide,  par  D.  G.  Fairchild. 

17°  The  Journal  of  mycology. 

18*^  Report  of  the  Assistayit  Pomological  for  1893,  par 
W.  A.  Taylor. 

19°  An  Ancient  Quarry  in  Lidian  Teîintory,  par  W.-H.  Holmes. 

20*^  List  of  the  publications  of  the  bureau  of  Ethnology,  par 
F.  Webb  Hodge. 

21°  Smithsonian  geographical  tables,  préparées  par  M.  R. 
S.  Woodward. 

22**  North  American  Fauna,  n°  8. 

23°  Annual  Report  of  the  Bureau  of  Ethnology,  1889-1890  et 
1890-1891,  2  vol.,  par  M.  J.  B.  Powell. 


SÉANCE    DU    13   JUIN    1895.  313 

2i^  Conirihuiions  of  North  American  Ethnology,  vol.  IX. 

25°  Dictionnaire  populaire  rF Agriculture  pratique,  publié  par 
MM.  Gaston  Porcheron  et  Paul  Dubreuil,  l®'  fascicule  (Abajoues 
à  Azerolier). 

26°  37^  livraison  du  Dictionnaire  joratir/ue  d'Horticulture  et 
de  Jardinage^  de  M.  Nicholson,  traduit  par  M.  Mottet. 

27°  37^  livraison  de  V Atlas  des  Plantes  de  jardins  et  d'appar- 
tements, par  M.  D.  Bois. 

D.  —  Notes  et  Rapports  déposés  ^ur  le  Bureau. 

1°  Rapport  sur  le  concours  d'Orchidées  de  la  séance  du 
25  avril  1895.  M.  Landry,  Rapporteur. 

2°  Rapport  sur  une  culture  de  Cerisiers  en  espalier,  de 
M.  Marchet,  jardinier  chez  M.  Lhommedien,  à  Châtillon-sous- 
Bagneux  (Seine).  M.  Paillet  fils,  Rapporteur. 

3°  Rapport  sur  un  ouvrage  de  M.  Glotaire  Duval  :  Guide  pra- 
tique pour  les  herborisations  et  la  confection  générale  des  herbiers, 
M.  P.  Hariot,  Rapporteur. 

4°  Supplément  au  Rapport  sur  la  brochure  de  M.  R.  de  Tail- 
lasson,  relative  à  l'invasion  du  Lasiocampa  Pini  dans  les  plan- 
tations résineuses  de  la  Champagne,  à  l'occasion  de  la  3®  édition 
de  cette  brochure,  par  M.  Maurice  de  Vilmorin. 

5°  Rapport  sur  une  brochure  de  M.  V.  de  Larminat  :  Les 
forêts  de  Chênes  verts,  M.  Maurice  de  Vilmorin,  Rapporteur. 

6°  Procès-verbal  de  la  séance  du  6  juin  de  la  Commission  des 
récompenses,  par  M.  D.  Bois. 

7°  Compte  rendu  de  l'Exposition  internationale,  tenue  par  la 
Société  nationale  d'Horticulture,  du  22  au  28  mai  1895  (partie 
florale),  par  M.  D.  Bois. 

8°  —  —  Végétaux  ligneux  de  pleine  terre,  par 
M.  Chatenay. 

9°        —        —        Plantes  potagères^  par  M.  Ghouvet. 

10°  —  —  Enseignement  horticole  ert  Art  des  Jardins, 
par  M.  Marcel. 


.'Î44  PROCÈS-VERBAUX. 

Î'I^  Toasts  portés  au  banquet  du  22  mai  1895, 

12"  Procès-verbaux  et  autres  documents  relatifs  au  Congrès 
international  d'Horticulture  de  1895. 

13°  Exposé  de  la  description  de  la  serre  souterraine  pour  la 
culture  du  Champignon  en  toute  saison  (manuscrit  soumis  à 
l'examen  de  M.  Chemin). 

14°  Concours  pour  le  prix  Laisné.  M.  Michelin,  Rapporteur. 

Les  objets  suivants  ont  été  déposés  pour  être  examinés  par 
les  Comités  compétents  : 

1°  Par  MM.  Vilmorin-Andrieux  et  C'%  4,  quai  de  la  Mégis- 
serie, à  Paris  :  une  belle  collection  de  Pe^itstemon,  comprenant 
8  variétés  de  P.  Hariiuegii  Benlh,  appartenant  à  la  race  dite 
«  hybride  à  grandes  fleurs  »;  les  P.  heterophyllus  Lindl.,  pubes- 
cens  Soland.,  puniceus  A.  Gray,  speciosus  Dougl.,  Murrayanus 
llook.,  et  4  variétés  de  cette  dernière  espèce  obtenues  à  Ver- 
rières par  MM.  Yilmorin  et  C'^ 

Sur  la  proposition  du  Comité  de  Floriculture,  une  prime  de 
1^^  classe  est  accordée  à  MM.  Yilmorin  et  C'^. 

2°  Par  les  mêmes  présentateurs  :  G  variétés  de  Campanula 
Médium  L.,  var.  cahjcantheina,  à  fleurs  blanches,  lilas,  striées, 
roses,  violettes,  et.  une  dernière  à  fleurs  violet  rougeâtre  (nou- 
veauté), pour  lesquelles  une  prime  de  2®  classe  est  votée. 

3°  Par  les  mêmes  :  une  collection  de  Mufliers  [Anihi^hinum 
majus),  nains  (prime  de  2^  classe). 

4^  Par  les  mêmes  :  une  collection  de  Coquelourdes  (prime  de 
%'  classe). 

5°  Par  les  mêmes  :  une  collection  de  Vlscaria  (prime  de 
2^  classe). 

6°  Par  les  mêmes  :  une  potée  de  ïhiaspi  Julienne  {Iberis  hes- 
peridiflora)  (prime  de  3^  classe). 

MM.  Yilmorin  et  C'^  font  abandon  de  leurs  primes  au  profit 
de  la  Société. 

7°  Par  M.  Corlet,  à  Avon  (Seine-et-Marne),  1  Pelargonhim 
zonale,  variété  nouvelle  obtenue  par  le  présentateur,  qui  la 
désigne  sous  le  nom  de  Mademoiselle  Marthe  Chaperon.  M.  Cortet 


SÉANCE   DU   13  JUIN    1895.  345 

abandonne,  au  profit  de  la  Société,  la  prime  de  2^  classe  qui  lui 
est  accordée. 

8'^  Par  M.Lévêque,  horticulteur,  rue  du  Liégat,  àlvry(Seine)  : 
un  lot  de  fleurs  coupées  de  Pivoines  herbacées,  appartenant  à 
des  variétés  nouvelles  et  cueillies  sur  des  pieds  n'ayant  reçu 
aucune  préparation  en  vue  de  l'obtention  de  grandes  fleurs  (sup- 
pression des  boutons  latéraux,  etc.).  Une  prime  de  t'''  classe  est 
décernée  à  M.  Lévêque  pour  cette  remarquable  présentation. 

9°  Parle  même  :  un  lot  de  fleurs  coupées  de  Pieds  d'alouette 
\[vaces(Delphinium),  de  semis,  pour  lequel  une  prime  de  2^  classe 
est  votée. 

10"  Par  M.  Delaville  (Léon),  horticulteur -grainier,  quai  de  la 
Mégisserie,  2,  à  Paris  :  fleurs  coupées  de  Renoncules  doubles 
françaises,  Anémones  simples  de  Caen  de  semis,  Freesia  réfracta, 
Lis  safrané,  Crinum  longiflorum,  Triteleia  laxa,  Ixia  variés, 
Phycella  chloracra,  Spirsea  Filipendula,  var.  flore  pleno.  Une 
prime  de  l""^  classe  est  attribuée  à  M.  Delaville,  spécialement 
pour  les  Anémones  et  les  Renoncules. 

11°  Par  M.  Truffant,  horticulteur,  rue  des  Chantiers,  40,  à 
Versailles,  un  superbe  Dendrobium  Phahmopsis,  var.  Schro- 
der.'i',  portant  trente  fleurs,  pour  lequel  il  reçoit  une  prime  de 
1'*^  classe. 

12"  Par  le  même,  un  Phajus  Bluniei,  var.  assamicns,  plante 
rare  dans  les  collections,  à  segments  des  fleurs  plus  longs,  plus 
lancéolés  que  dans  le  type  de  l'espèce,  et  pour  laquelle  une 
prime  de  ^'^  classe  est  votée. 

13"  Par  M.  Page,  chez  M.  Robert  Lebaudy,  à  Bougival  (Seine- 
et-Oise)  :  le  Cypripedium  Lebaudyanum,  intéressant  hybride  nou- 
veau, dans  lequel  on  reconnaît  facilement,  à  première  vue,  l'in- 
fluence de  l'un  des  parents  :  le  C.  Haynaldianum,  qui  a  fourni 
le  pollen;  l'autre  parent  est  le  C.  Ixviyatum.  Sur  la  proposition 
du  Comité  des  Orchidées,  une  prime  de  l""^  classe  et  un  certificat 
de  mérite  de  1''  classe  sont  accordés  à  M.  Page  pour  cette  belle 
plante, 

14°  Par  le  même  présentateur  :  un  Odontoglossum  (Miltonia) 
vexlllarium  remarquable  comme  belle  culture  et  pour  lequel  une 
prime  de  l"""  classe  lui  est  attribuée. 


346  PROCÈS-\^RBAUX. 

lo*'  Par  M.  Lesueur,  de  Saint-Cloud  'Seine-et-Oise\  plusieurs 
Odontoglossum  comprenant  une  très  belle  forme  àWlerandrœ, 
un  superbe  Pescatore'i,  qui  lui  valent  une  prime  de  \^^  classe. 

16°  Par  MM.  Yilmorin-Andrieux  et  C*%  4,  quai  de  la  Mégis- 
serie, à  Paris,  16  variétés  de  Chicorées  et  Scaroles,  remarquables 
aussi  bien  au  point  de  vue  de  la  perfection  des  types  qu'à  celui 
de  la  bonne  culture.  MM.  Vilmorin  etC'^  abandonnent,  au  profit 
de  la  Société,  la  prime  de  1"*  classe  qui  leur  est  accordée  pour 
cette  présentation. 

17°  Par  M.  Lefort,  Secrétaire-général  honoraire  delà  Société 
d'horticulture  de  Meaux  :  6  variétés  de  Fraises  dont  il  est  Tob- 
tenteur  :  Ed.  Lefort,  de  première  qualité,  très  précoce;  Général 
Raoult,  la  Fraise  la  plus  ferme  pour  le  transport  (semis  de  la 
Fraise  Marie-Henriette);  le  Czm\  la  plus  volumineuse  et  la  plus 
productive;  Souvenir  de  Bossuet,  variété  avantageuse,  tardive; 
la  Czarine,  nouvelle  variété  tenant  du  Czar  et  de  la  variété 
Noble  Laxton,  donnant  sur  le  même  pied  les  deux  variétés  dont 
elle  est  issue  ;  une  Fraise  remontante  trouvée  dans  un  semis  de 
la  Fraise  Edouard  Lefort. 

Sur  la  proposition  du  Comité  de  culture  potagère,  une  prime 
de  1'*  classe  est  votée  pour  les  variétés  Général  Raoult  et  la 
Czarine,  et  un  certificat  de  mérite  de  2"  classe  est  décerné  pour 
la  variété  le  Czar. 

18'^  Par  M.  Parent,  horticulteur,  rue  du  Vieux-Chemin  de 
Paris,  à  Rueil  (Seine-et-Oise)  :  8  Pêches  Grosse  Mignonne  hâtive 
et  8  Brugnons  Galopin,  fruits  superbes,  d'une  très  belle  grosseur. 
Une  prime  de  T"  classe  avec  félicitations  est  accordée  à  M.  Parent, 
qui  déclare  faire  abandon  de  la  prime  au  profit  de  la  Société. 

M.  le  Secrétaire-général  annonce  de  nouvelles  présentations, 
et  la  séance  est  levée  à  quatre  heures. 


SÉANCE    GÉNÉRALE    DU   27    JUIN    1895.  347 

SÉANCE     GÉNÉRALE     DU     27     JUIN     1895. 

Présidence  de  M.  Henri  de  A'ilniorin ,  premier  Vice-Président. 

La  Société  nationale  d'Horticulturp  se  réunit  en  assemblée 
générale,  en  vue  de  la  distribution  solennelle  des  récompenses 
aux  lauréats  de  l'Exposition  tenue  en  mai  1895  et  aux  personnes 
auxquelles  il  en  a  été  accordé  par  la  Commission  des  récom- 
penses et  le  Conseil  d'administration. 

La  séance  est  ouverte  à  2  heures,  devant  une  assistance  nom- 
breuse, comprenant,  en  outre  des  invités,  216  membres:  28  hono- 
raires et  188  titulaires. 

En  ouvrant  la  séance,  M.  le  Président  exprime  de  vifs  regrets 
sur  l'absence  de  M.  le  Ministre  de  l'Agriculture  et  de  notre  Pré- 
sident, M.  Léon  Say,  qui,  malgré  leur  vif  désir  d'être  au  milieu 
de  nous,  se  sont  vus  forcés,  par  les  nécessités  de  la  politique, 
de  délaisser  aujourd'hui  l'horticulture. 

Il  annonce  que  cette  séance  sera  exclusivement  consacrée  à 
la  distribution  des  récompenses  et  que,  en  conséquence,  les  tra- 
vaux ordinaires  de  la  Société  sont  renvoyés  au  jeudi  11  juillet. 

Dans  une  allocution  qui,  à  diverses  reprises,  soulève  les 
applaudissements  de  l'assemblée,  il  fait  ressortir  la  splendeur 
de  la  décoration  de  notre  salle  de  réunion,  ornée  par  16  apports 
d'Orchidées  comprenant  des  plantes  d'une  valeur  inappréciable 
et  6  autres  apports  de  plantes  diverses,  ésjalement  très  remar- 
quables. 

Parlant  ensuite  de  l'Exposition  de  mai,  il  s'attache  à  démontrer 
l'utilité  des  Concours  internationaux,  qui  constituent  un  stimulant 
précieux  pour  nos  nationaux.  Le  résultat  obtenu  cette  année  en 
est,  dit-il,  la  meilleure  preuve,  et  l'Exposition  de  1895  marquera 
date  dans  l'histoire  de  l'Horticulture  française. 

M.  Bois  (D.)  donne  lecture  du  Rapport  de  la  Commission  des 


348  SÉANCK  DU  13  .iriN  1895.  —  nominations. 

récompenses,  et  les  lauréats,  répondant  à  leur  nom,  viennent 
recevoir  les  médailles  qui  leur  ont  été  accordées. 

M.  Ghatenay  (A  ),  Secrétaire-général,  lit  ensuite  le  Préambule 
du  Compte  rendu  de  l'Exposition  internationale  de  mai;  puis 
il  est  procédé,  par  M.  Chouvet,  Secrétaire-général  adjoint,  à 
l'appel  des  lauréats  de  l'Exposition  et  des  personnes  auxquelles 
des  récompenses  ont  été  accordées  à  la  suite  des  Concours  d'Or- 
chidées ;  du  Concours  pour  le  Prix  Joubert  dt3  l'Hiberderie  ;  du 
Concours  pour  le  Prix  Laisné;  et  enfin  pour  des  mémoires  pré- 
sentés au  Congrès  horticole  de  1895. 

Ces  nombreux  lauréats  viennent  recevoir,  des  mains  de  M.  le 
Président  ou  de  l'un  des  autres  membres  du  Bureau,  leur  récom- 
pense, et  la  séance  est  levée  à  4  heures. 

Pendant  la  séance,  un  orchestre,  dirigé  par  M.  Ch.  Bailly,  a 
fait  entendre  quelques  morceaux  de  son  répertoire. 


NOMINATIONS 


SÉANCE    DU    13    JUIN    1895. 

MM. 

i.  BoNTEMs    (Gustave),   jardinier   chez    M.   Perler,   rue    Erlanger, 
Auteuil  (Seine),  présenté  par  MM.  Barbier  et  Duvillard. 

2.  Clavaud  (André),  avenue  de  la  Beine,  72  bis,  Boulogne  (Seine), 

présenté  par  MM.  Mauvoisin  et  Vidal. 

3.  Deschamp  (Félix),  maraîcher-horticulteur,  71,  route  d'Alfort,  à 

Créteil  (Seine),  présenté  par  MM.  Barbier  et  Duvillard. 

4.  Fauvel,  horlii^ulteur,  18,  rue  des  Hauts-Pavés,  à  Nantes  (Loire- 

Inférieure),  présenté  par  MM.  Taveneau  et  Masson. 

5.  HuBER  (Henri),  représentant  de  commerce,  21,  rue  Saint-Paul, 

à  Paris,  présenté  par  MM.  Ghatenay  (Abel)  et  Huard. 

6.  Lefèvre  (Jules),  ancien  membre  du  Tribunal  du  Commerce  de  la 

Seine,  37,  avenue  Kléber,  à  Paris,  présenté  par  xMM.  Geibel  et 
Opoix. 

7.  Marc  (Gaston),  de  la  Maison  Léon  Jupeau,  rosiériste,  135,  route 

de   Fontainebleau,    à   Gentilly-Bicêtre    (Seine),  présenté  jtar 
MM.  Boucher  (Léon),  Opoix  et  Jupeau. 


NOMINATIONS.  341) 

8.  De  Noter  (Kaithaëli,  puitliciste  hoilicok',  40,  rue  (irui.v-des-Petits- 
Champs,  à  Paris,  présenté  par  MM.  Cliauré  (Lucien)  el  Doiu. 
{).  Thelier  (Ernest),  66,  boulevard  de  Oourcelles,  à  Paris,  présenté 
par  M.  Thelier. 

10.  Thibault  (Eugène),  né/^jociant  eu  droguerie,  3,  rue  Vidie,  à 
Nantes  (Loire-Inférieure),  présenté  par  MM.  Bourgette,  et  IL  de 
Vilmorin  et  Chatenay  (Abelj. 

n.  Vessekeau  (Adolphe),  jardinier  chez  M.  Imbault,  Neauphle-le- 
Chàteau  (Seine-et-Oise),  présenté  par  MM.  Ghouvet  (E.)  et 
Gravereau. 

L2.  Gianella  (Félix),  négociant  en  glaces  et  verres  à  vitres,  17,  rue 
Ghauchat,  à  Paris,  présenté  par  M.  Gérardot  (J.). 

13,  Soldé  (Anatole),  ingénieur  des  Arts  et  Manufactures,  profes- 
seur d'agronomie,  23,  rue  Oudinot,  à  Paris,  ])résenté  par 
M.  Gérardot  (J.). 


Dame  patron.xesse. 

Madame  Hochon,    oD    6/.s,   rue   du  Hocher,   à  Paris,  présentée   par 
MM.  Vitry  el  Villard  (Th.). 


EXPOSITION    INTERNATIONALE    DE    MAI    1895 


COMMISSION    D'ORGANISATION 


MM.    Th.  Villard,  Président. 
ViTRY,    Vice-Président. 
A.  Ghargueraud,  Secrétaire. 
Tavernier.  ) 

Hébrard(A.).     s  V^ce-Secrétaires 


MM.  Bergman  (E.). 

BOIZARD. 

GouLOMBiER  père. 
Groux. 

Delamarre  (E.). 
Delaville  (Léon). 

DORMOIS. 

JoLY  (Ce.). 
Hébrard  (A.). 
Hébrard  (Laurent), 

HÉMAR  (H.-J.). 

Hémar  (H.-M.). 
Lacial. 


MM.   Leboeuf  (H.). 
Lévéque. 
Marcel. 
Martinet. 
M oser. 
Nanot. 

QUENAT. 

Saluer  (J.) 
Savoye. 
Tavernier. 
Truffaut  (A.). 
De  Vilmorin  (M.). 
ViTRY  (Désiré). 


MM.  A.  Ghatenay,  Secrétaire-général, 

Ghouvet  (E.),        —  —      adjoint 

HuARD,  Trésorier. 
Leboeuf  (P.),  Trésorier-adjoint. 
Bois  (D.),  Secrétaire-rédacteur. 
Thomas,  Architecte  de  la  Société. 


LISTE   DES   COMMISSAIRES 


MM. 


Alleaume. 
Bagnard. 

BOIZARD. 

Borel. 

Bouniceau-Gesmon. 
Brisac  (Le  général). 
Brochard. 
Ghappellier  (Paul). 
Chemin. 
Ghouvet  père. 
Delamarre. 


MM. 

Delaville  (Léon). 

Delessart. 

Deny. 

DORMOIS. 

HÉBRARD  (Alexandre). 
Hébrard  (Laurent). 
HÉMAR  (H.-J.). 
HÉMAR  (H.-M.). 
JOLY. 

Lange. 


MM. 

Leboeuf  (Henri). 

LUQUET. 

Marcel. 

Massé. 

MiCHONEAU. 
NiOLLET. 

Parisot  (Le  capitaine) 

Quénat. 

Rattet. 

Thiébaut 


PRIX  MIS  A  LA  DISPOSITION  DE  LA  SOCIÉTÉ 


Objet  d'Art  donné  par  M.  le  Président  de  la  République. 
Objets  d'Art  donnés  par  M.  le  Mlnistre  de  l'Instruction  publique. 
Objets  d'Art  donnés  par  M.  le  Ministre  de  l'Agriculture. 
Médailles  d'honneur  données  par  M.  le  Ministre  de  l'Agriculture. 
Médaille  d'honneur  donnée  par  la  Ville  de  Paris. 
Médaille  d'honneur  donnée  par  le  Conseil  général  de  la  Seine. 


LISTE   DES   DIVERS   DONATEURS 


M^^  Adam,  dame  patronnesse^  à  Boulogne-sur-Mer  (Pas-de-Calais). 

M.  Andry  (fondation). 

M™«  Bassot,  dame  patronnesse ,  41,  rue  de  la  Tour-d'Auvergne,  Paris. 

MM.  Bergman  (Ferdinand  et  Ernest),  à  Ferrières-en-Brie  (Seine-et- 
Marne). 

M™*=  Bertin,  dame  palronnesse,  boulevard  Pereire,  123,  Paris. 

M.  le  marquis  de  Breteuil,  avenue  du  Bois-de-Boulogne,  10,  Paris. 

M°i*^  Breton,  dame  patronnesse,  rue  Labélonye,  25,  à  ChatOu  (Seine- 
et-Oise). 

M'^'^  Buignet,  dame  patronnesse,  rue  Saint-Lazare,  103,  Paris. 

M™*'  la  baronne  de  Bussière,  avenue  Mélanie,  à  Bellevue  (Seine-el- 
Oise). 

Le  Cercle  horticole  du  ?sord,  à  Lille  (Nord). 

M.  L.  Chevreau,  boulevard  de  Courcelles,  49,  Paris. 

Le  Comité  d'arboriculture  fruitière  de  la  Société. 

Le  Comité  de  l'Art  des  Jardins  de  la  Société. 

Le  Comité  de  Culture  potagère  — 

Le  Comité  de  Floriculture  — 

La  Compagnie  des  Chemins  de  fer  du  Xord,  à  Paris. 

Les  Dames  Patronnesses  de  la  Société  (fondation). 


352  LIS'IK    DES    DIVERS    DONATEURS 

M.  Dannet,  boulevard  Je  TOuesl,  à  Louviers  (Eure). 

M.  Deny,  rue  Spontini,  30,  Paris. 

M.  Destouciies  (fonda lion). 

M'^''  Determes  (Laure),  dame palrcmnesse ,  rue  de  la  Vicloirc,  12,  Paris. 

M.  DE  LA  Devansaye,  cliàteau  de  Fresne  par  Angers  (Maine-et-Loire). 

M.  DucHARTRE  (Pierre)  (fondation). 

M,  le  comte  Duchatel,  rue  de  Varenne,  69,  Paris. 

i\j[me  DupOiNT  (Guslavo),  dame  palvonuesse,  rue  de  Tilsitt,  11,  Paris. 

M'"'-'  Elwel  (veuve),  dame  palronnes^e,  plaine  Saint-Denis  (Seine). 

M.  Flavien,  Président  de  la  Société  d'Horticulture  de  Neuilly-Plai- 

sance  (Seine-et-Oise). 
M.  Fournier,  à  Marseille  (Bouches-du-Rliône). 
MM.  Geneste  et  Hersgher,  rue  du  Chemin- Vert,  42,  Paris. 
M.  GÉVELOT,  député,  rue  de  Glicliy,  10,  Paris. 
M'"'^  Jules  Guichard,  dame  patronnesse,  quai  de  Billy,  34,  Paris. 
M™''  Halphen  (G.),  dame  palronnesse,  rue  Cliaptal,  24,  Paris. 
^I^jaics  Hardy,  à  Versailles  (Seine-et-Oise). 

M.  HÉBRARD  (A.),  avenue  de  Marigny,  Fontenay-sous-13ois  ^Seine). 
M.  HÉURARD  (L.),  rue  Wattignies,  73,  Paris. 
M'"''  Helne,  dame  palronnesse,  rue  de  Monceau,  28,  Paris. 
M.  Japiot,  rue  Saint-Sauveur,  60,  Verdun  (Meuse). 
M.  JoLY,  rue  Boissy-dAnglas,  11,  Paris. 
M.  JoRET,  rue  de  Paris,  à  Asnières  (Seine). 
M.  JouBERT  DE  l'Hyberderie  (fondation). 
M.  Lebaudy  (Robert),  à  Bougival  (Seine-et-Oise). 
MM.  Lebœuf  et  Guion,  rue  des  Meuniers,  14  et  16,  Paris. 
M.  Lecocq-Dumesnil,  boulevard  Haussmann,  110,  Paris. 
M™*=  la  baronne  Léonino,  dame  patronnesse,  rue  Euler,  7,  Paris. 
M.  Leroy  (L.),  route  de  Paris,  à  Angers  (Maine-et-Loire). 
M.  Mame  (Paul),  à  Tours  (Indre-et-Loire). 
M.  Martin-Cahuzac,  avenue  de  Friedland,  30,  Paris. 
M.  Massange  de   Louvrex,  au   cbàleau    de  Baillonville,  par  Marche 

(Belgique). 
Ministère  de  lAgricultuhe. 
M.  MoROT  (fondation). 
M.  Panhard,  rue  Royale,  5,  Paris. 

M.  le  marquis  de  Paris,  à  la  Brosse,  par  Montereau  (Seine-et-Marne). 
M.  Pellier  (fondation). 

^imc  Pillais,  dame  palronnesse,  château  de  la  Bourdinière  (Orne). 
M.  Roger  Ballu,  Président  de  la  Société  d'Horticulture   du  Rainey 

(Seine-et-Oise). 
M'"''  DE  Rothschild  (baronne  James  de;,  dame  palronnesse,  avenue  de 

Friedland,  38,  à  Paris. 
M.  de  Rothschild  (baron  Gustave  de),  avenue  de  Marigny,  23,  Paris. 
M.  DE  Rothschild  (baron  Edmond  de),  rue  du  Faubourg-Saint-Ho- 

noré,  41,  Paris. 
M.  Simon  (Léon),  à  Nancy  (Meurthe-et-Moselle). 
M''"^  Singer,  dame  palronnesse,  rue  Galilée,  62,  à  Paris. 
Société  d'Accli.matahon. 


LISTE   DES   DIVERS    DONATEURS  353 

Société  des  Agriculteurs  de  France,  rue  d'Athènes,  8,  Paris. 

Société  Horticole  de  la  Haute -AIarne,  à  Cliaumont. 

Société  Horticole  et  Agricole  de  Saône-et-Loire. 

Société  Horticole  et  Botanique  de  l'arrondissement  de  Melun. 

Société  d'Horticulture  de  Beauvais  (Oise). 

Société  -  -  de  Caen  et  du  Calvados. 

Société  —  de  Clermont  (Oise). 

Société  —  de  Compiègne"  (Oise). 

Société  —  de  Douai  (^ord). 

Société  —  d'Epernay  (Marne). 

Société  —  d'Etampes  (Seine-et-Oise). 

Société  —  de  Melun  et  Fontainebleau  (Seine-et-Marne). 

Société  —  de  Neuilly  (Seine). 

Société  —  de  Neuilly-Plaisance  (Seine-et-Oise). 

Société  =  de  Nogent-Sur-Seine  (Aube). 

Société  —  d'Orléans  et  du  Loiret. 

Société  —  de  Provins  (Seine-et-Marne). 

Société  —  du  Raincy  (Seine-et-Oise). 

Société  —  de  Reims  (Marne). 

Société  —  de  Soissons  (Aisne). 

Société  —  des  Vosges,  à  Epinal. 

M   Souillard,  avenue  Daumesnil,  52,  Paris. 

^me  Spixe,  dame  patronnesse,  rue  de  Lyon,  22,  Paris. 

M™®  Sueur  mère,  dame  patronnesse,  au  château  de  Montereau,     ar 

Montreuïl-sous-Bois  (Seine), 
î^mc  Teston,  rue  Las-Cases,  i8,  Paris. 
^mc  Trévise  (la  marquise  de),  château  de  Sceaux  (Seine). 
M.  Vaillant  (le  maréchal)  (fondation). 
M°i«  Villebœuf,  rue  Roy,  8,  Paris. 
La  Ville  de  Versailles  (Seine-et-Oise). 
M.  DE  Vilmorin  (H.  Lévèque),  17,  rue  de  Bellechasse,  Paris. 
jVjme  pE  Vilmorin  (Maurice  Lévèque),  dame patronnesse^  13,  quai  d'Orsay, 

Paris. 
MM.  Vilmorin-Andrieux  et  G'%  4,  quai  de  la  Mégisserie,  Paris. 


23 


COMPOSITION   DES   JURYS 


Première  SEca-iON 
Plantes  nouvelles  et  belle  culture. 

Concours  :  1""  au  19». 

—  35^  au  36^ 

—  132^  au  433^ 

MM.  Bergman  (Ferdinand),  Président,  chef  de  cultures,  domaine  de 
Ferrières-en-Brie  (Seine-et-Marne). 

De  Bosschère,  Secrétaire^  publiciste  horticole^  à  Anvers  (Bel- 
gique). 

André  (Edouard),  rédacteur  en  chef  de  La  Revue  horticole,  rue 
Chaptal,  30,  à  Paris. 

Devansaye  (de  la),  président  de  la  Société  d'Horticulture  d'An- 
gers, château  de  Fresne,  à  Noyant  (Maine-et-Loire). 

Leroy  (Isidore),  chef  de  cultures,  château  d'Armainvilliers,  par 
Gretz  (Seine-et-Marne). 

Patry,  jardinier  en  chef  du  Jardin  d'acclimatatioD,  à  Neuilly 
(Seine). 

Smet  (de),  horticulteur  à  Gand  (Belgique). 

Commissaire-conducteur  :  M.    Tavernier,    horticulteur,   156,  avenue 
d'Italie,  à  Paris. 

Deuxième  Section 

Orchidées. 

Concours  :  20^  au  34^ 

MM.  Martin-Cahuzac,  Président,  président  de  la  Société  horticole  et 

viticole  de  la  Gironde. 
Dallemagne,  Secrétaire,  amateur,  à  Rambouillet  (Seine-et-Oise). 
Bleu,  horticulteur,  48,  avenue  d'Italie,  à  Paris. 
Lemoinier,  amateur,  à  Lille  (Nord). 
Linden,  dircîcteur-administrateur  de  l'Horticulture  Internationale, 

à  Bruxelles  (Belgique). 
Sallier  père,  chef  de  cultures,  château  du  Val,  par  Saint-Ger- 

main-en-Laye  (Seine-et-Oise). 

Commissaire-conducteur  :  M,  Truffaut  (Georges),  40,  rue  des  Chan- 
tiers, à  Versailles. 


COMPOSITION   DES   JURYS.  355 

Troisième  Section 

Broméliacées,  Gloxinias,  Aroïdées  et  Caladiums. 

Concours  :  37*^  au  57« 

MM.Mantin,  Pr^side/z^  amateur,  château  de  Bel-Air,  à  Olivet  (Loiret). 
Peeters,  Secrétaire,  horticulteur,  à  Saint-Gilles,  Bruxelles  (Bel- 
gique). 
BuGHNER  (Michel),  horticulteur,  à  Munich  (Bavière). 
CoMBET,  horticulteur,  à  Montplaisir-Lyon  (Rhône). 
Sander,  horticulteur,  à  Saint-Albans,  Herts  (Angleterre). 

Commissaire-conducteur:  M.  Truffaut  (Albert),  fils,  40,  rue  des  Chan- 
tiers, à  Versailles. 

Quatrième  Section 

Crotons,  Dracaenas,  Fougères,  Palmiers,  Cycad^es, 
Bégonias  tubéreux,  etc. 

Concours  :  58«  au  93^ 

MM.  WiTTMACK,  Président,  professeur  à  TAcadémie  royale  d'agricul- 
ture de  Berlin  (Prusse). 

Van  den  Heede,  Secrétaire,  vice-président  de  la  Société  d'Horti- 
culture du  Nord,  à  Saint-Maurice,  Lille  (Nord). 

Marmy,  directeur  du -jardin  des  Plantes,  à  Nantes  (Loire-Infé- 
rieure). 

Roda  (Giuseppe),  horticulteur  à  Turin  (Italie). 

Van  Hulle,  professeur  honoraire  d'Horticulture  à  l'Ecolo  de 
l'Etat  belge,  à  Gand  (Belgique). 

WooD,  hortictiltear,  à  Rouen  (Seine-Inférieure). 

Commissaire-conducteur  :  M.  Duval  (Henri),  8,  rue  de  l'Ermitage,  à 
Versailles. 

Cinquième  Section 

Pélargonium's,  Calcéolaires,  Cinéraires,  Bruyères,  Pétunias,  etc. 

Concours  :  O^^  au  131®, 

MM.  MiGHELi,  Président,  château  de  Chest,  à  Jussy,  Genève  (Suisse). 
Opoix,  Secrétaire,  jardinier,  en  chef  du  jaidin  du  Luxembourg, 

64,  boulevard  Saint-Michel,  à  Paris. 
Crozy,  horticulteur  à  Lyon  (Rhône). 
Pfitzer,  horticulteur  à  Stuttgard  (Wurtemberg). 
Simon  (Léon),  président  de  la  Société  d'Horticulture  de  Nancy 

(Meurthe-et-Moselle). 

Commissaire-conducteur  :  M.   Hébrard   (Félix),    horticulteur,   5,    rue 
Cuvier,  Montreuil-sous-Bois  (Seine). 


356  COMPOSITION    DES    JURYS. 

Sixième  Section 

Plantes  nouvelles  de  pleine  terre.  Plantes  ligneuses  fleuries. 

Concours  :  134«  au  157^. 

MM.  Keteleèr,  Frésident,  horticulteur,  à  Sceaux  (Seine). 

Bruant,  Secrétaire,  horliculteur,  à  Poitiers  (Vienne). 

Baltet  (Charles),  président  de  la  Société  vigneronne  et  fores- 
tière de  l'Aube,  à  Troyes  (Aube). 

Barbier  (Albert),  horticulteur,  à  Orléans  (Loiret). 

Bataline,  directeur  du  jardin  impérial  de  botanique,  à  Saint- 
Pétersbourg  (Russie). 

Radaelli  (Paolo),  horticulteur,  à  Milan  (Italie). 

Commisulir e- conducteur  :  M.  Martlnet,  architecte  paysagiste,  directeur 
du  Journal  Le  Jardin,  167.  boulevard  Saiiil-Germain,  à  Paris. 

Septième  Skctiox 
Conifères  et  Érables  japonais. 

Concours  :  JoS"  au  163^ 

—  177''  au  179". 

MM.  Fischer  de  Waldheim,  Président,  directeur  du  .lardin  impérial  de 
botanique,  à  Varsovie  (Pologne). 

Yiruly-Verbrugge,  Secrétaire,  |)i'ésident  de  la  Société  d'Horticul- 
ture et  de  botanique  des  Pays-Bas," à  Rotterdam  (Hollande). 

Dauvesse,  horticulteur,  à  Orléans  (Loiret). 

Galesloot,  horticulteur,  à  Amsterdam  (Hollande). 

Jacquier  (Claude),  pépiniériste,  àMontplaisir-Lyon  (Rhône). 

Commissaire-conducteur  :M.  Moser  (Marcel),  1,  rue  Saint-Symphorien, 
à  Versailles. 

Huitième  Section 
Arbustes  à  feuilles  persistantes. 

Concours  :  iW  au  n6«. 

—  247<' 

MM.  SiMiRENKO,  P/'Jài(ie«/,  arboriculteur,  à  Gurodilsche,  gouvernement 
de  Kiew  (Russie). 

Brault,  fils,  Secrétaire,  directeur  des  pépiuières  André  Leroy,  à 
Angers  (Maine-et-Loire). 

Cuighard,  horticulteur,  à  Nantes  (Loire-Inférieure). 

MooRE,  dirccieur  du  Jardin  botanique  de  Dublin  (Irlande). 

RocHETERiE  (de  la),  président  de  la  Société  d'horticulture  d'Or- 
léans et  du  Loiret. 

Treyve-Marie,  horliculteur,  à  Moulins  (Allier). 

Commissaire-conducteur  :  M.  Coulombier  père,  14,  rue  Audigeois,  à 
Vifry  (Seine). 


COMl'OSITlOiV    DliS    JURYS.  357 

Neuvième  Section 

Rhododendrons  et  Azalées. 

Concours  :  180^=  au  20 1^ 

MM.  CiioisEUL  ((7'^  Horace  de),  Président,  président  de  la  Société  hor- 
ticole des  Rosiéristes  de  Brie-Comle-Rohert  (Seine-et-Marne). 

pYNAERï,  lils,  Secrétaire,  horticulleur,  à  Gand  (Beli^iqne). 

I>EM01NE  (Victor),  horticulteur,  à  Nancy  (Menrthe-et-Moselle). 

Leroy  (Louis),  pépiniériste  au  Grand  JarrJin,  à  Angers  (Maine-et- 
Loire). 

MuLNARD,  secrétaire-général  du  Cercle  horticole,  à  Lille  (Nord). 

Transon  (Paul),  président  de  la  Société  horticole,  à  Orléans 
(Loiret). 

Commismire-condiideur  :  M.  Liger  (Er.),  amateur,  o3,  i'aubourg  Bre- 
tonnière,  à  Beaune  (Gôte-d'Or). 

Dixième  Section 

Rosiers,  Pivoines. 

Concours  202*^  au  2i4«. 
—         2o4«  au  2158^ 

MM.  SouPERT,  Président,  rosiériste,  à  Luxembourg  (Grand  Duché  de 

Luxembourg). 
Pernet-Dugher,  Secrétaire ,ro^iénsie ,  àMontplaisir-Lyon  (Rhône). 
Cochet  (Scipion),  directeur  du  Journal  des  Roses,  à  Suisnes,  par 

Brie-Comte-Robert  (Seine-et-Marne). 
GuiLLOT,  rosiériste,  à  Lyon  (Rhône). 

Commissaire -conducteur  :  M.  Hariot  (Paul),  j)r('parateur  au  xMuséum, 
63,  rue  Buffon,  à  Paris. 

Onzième  Section 

Cannas,  Lris,  Œillets,  Pensées,  etc. 

Concours  :  21 o«  au  236^ 
2d9«  au  26 P^. 

MM.Delaville,  père,  Président,  professeur  d'arboriculture,  à   Beau- 

vais  (Oise). 
CoRREvoN,  Secrétaire,  directeur  du  Jardin  Alpin  d'acclimatation, 

à  Genève  (Suisse). 
FoRMiGNY  DE  LA  LoNDE,  président  de  la  Société  d'horticulture  de 

Caen  et  du  Calvados,  à  Caen  (Calvados). 
Ingegnoli,  horticulteur,  à  Milan  (Italie). 

Commissaire-conducteur  :  M.  Moser  (René),  1,  rue  Saint-Symphoiien, 
à  Versailles. 


358  COMPOSITION    DES   JURYS. 

Douzième  Section 
Plantes  annuelles  et  vivaces  fleuries. 

Concours  :  237«  au  246*=. 

—  248-^  au  2o3«. 

—  262^  au  264^ 

MM.  Benary,  Président,  horticulteur,  à  Erfurt  (Saxe). 

RivoiRE  fils,  Secrétaire,  président  de  la  Chambre  syndicale  des 

horticulteurs,  à  Lyon  (Rhône). 
Chrétien,  jardinier  en  chef  des  cultures  florales  du  Parc  de  la 
Tète-d*Or,  à  Lyon  (Rhône). 

Delatre,   secrétaire-général  de  la  Société  d'horticulture  d'Or- 
léans et  du  Loiret,  à  Orléans  (Loiret). 
DéMôle,  président  de  la  Société  d'horticulture  de  Cannes  (Alpes- 

Maririmes) . 
Max  Kolb,  directeur  des  jardins  royaux,  à  Munich  (Bavière). 

Commissawe-conducteur  :  M.  Thiébaui  (Emile),  30,  place  de  la  Made- 
leine, ^  Paris. 

Treizième  Section 

Bouquets  et  Garnitures. 

Concours  :   265«    au   273^ 

MM.  Chandon  de  Briailles,  Président,  président  de  la  Société  d'horti- 
culture d'Epernay  (Marne). 
Desfossé-Thuilubr,  Secrétaire ^  horticulteur,  à  Orléans  (Loiret). 
Les  Dahôss  Patronnesses. 

Commissaire-conducteur:  M.  Boizard, jardinier-chef,  chez  M.  le  baron 
Edmond  de  Rothschild,  3,  rue  de  Londres,  à  Paris. 

Quatorzième  Sbgtion 

Arboriculture  et  Fruits,  Fraisiers. 

Concours  :  274«  au  282^ 
—  299e  au  301«. 

MM.  Chevalier  (Charles),  Président,  secrétaire-général  de  la  Société 
d'horticulture  de  Versailles  (Seine-et-Oise). 

Cordonnier  (Anatole),  Secrétaire,  forceries  de  Bailleul,  à  Baille ul 
(Nord). 

Fauquet,  secrétaire-général  de  la  Société  d'horticulture  de 
Corbeil,  à  Corbeil  (Seine-et-Oise). 

Paris  (Marquis  de),  château  de  la  Brosse,  par  Montereau  (Seine- 
et-Marne). 

VqTRY  père,  arboriculteur,  à  Montreuil  (Seine). 

Commissaire-nondueteur  :  M.  Hémar  (H.-J.),  80,  rue  de  la  Chapelle,  à 
Paris. 


COMPOSITION    DES   JURYS.  359 

Quinzième  Section 

Culture  potagère. 

Concours  :  283^  au  298«. 
—  302^  au  304*. 

MM.Chouvet  père,  Président,  jardinier  en  chef  honoraire  des  Palais 

nationaux,  191,  rue  de  l'Université,  à  Paris. 
Beney,  Secrétaire^  marchand-grainier,  à  Lyon  (Rhône). 
Arlet  (Oscar),  chef  de  cultures  chez  M.  Chandon  de  Briailles,  à 

Epernay  (Marne). 
DuvAL,  secrétaire-général  de  la  Société  d'horticulture  de  Melun 

et  Fontainebleau,  à  Fontainebleau  (Seine-et-Marne). 
Lambin,  professeur  d'iiorticulture,  à  Soissons  (Aisne). 

Commissaire-conducteur  :  M.  Chouvet  (Henri),  16,  rue  Etienne-Marcel, 
à  Paris. 

Seizième  section 

Instruction  horticole. 

Concours  :  30o«  au  309«. 

MM.Sahut,  Président,  vice-président  de  la  Société  d'horticulture,  à 
Montpellier  (Hérault). 

Vaugher,  Secrétaire,  directeur  de  l'Ecole  cantonale  d'Horticul- 
ture, à  Genève  (Suisse). 

MussAT,  professeur  de  botanique  à  l'Ecole  nationale  d'horticul- 
ture de  Versailles  (Seine-et-Oise). 

Nanot,  directeur  de  l'Ecole  nationale  d'hortitulture,  à  Versailles 
(Seine-et-Oise). 

Commissaire-conducteur  :  M.  Marcel,    architecte-paysagiste,   30,  rue 
Spontini,  à  Paris. 


360  DISTRIBUTION   DES    RÉCOMPENSES   DU   27    JUIN    1895. 

DISTRIBUTION  DES  RÉCOMPENSES  DU  27  JUIN  1895 


PRÉAMBULE 
par  M.  A.  Cuatenay,  Secrétaire-général. 

Mesdames  et  Messieurs, 

Vous  allez  entendre  la  nomenclature,  assez  longue,  des  ré- 
compenses qui  ont  été  attribuées  à  propos  de  TExposition  du 
mois  de  mai  dernier. 

Je  vais  vous  demander  auparavant  la  permission  de  reiracer, 
en  quelques  mots,  l'historique  de  cette  fête,  dont  le  souvenir  est 
certainement  présent  encore  dans  votre  esprit. 

Je  crois  pouvoir  affirmer,  sans  crainte  d*être  contredit,  que 
l'Exposition  Internationale  de  1895  marquera  une  étape  impor- 
tante dans  l'histoire  de  l'horticulture  française,  car  elle  nous 
aura  permis  à  tous  d'apprécier  les  progrès  sensibles  accomplis 
pendant  le  cours  de  ces  dernières  années. 

Cette  constatation  nous  amène  à  reconnaître  l'utilité  indiscu- 
table de  ces  floralies  quinquennales,  en  vue  desquelles  nos 
horticulteurs  se  préparent  longuement  à  l'avance  afin  de 
montrer  au  public  et  les  variétés  nouvelles  qu'ils  ont  pu  obtenir, 
et  les  améliorations  qu'ils  ont  su  apporter  dans  la  culture  des 
plantes  si  diverses  qu'ils  nous  font  admirer. 

Le  caractère  international  de  ces  réunions  ajoute  encore 
à  l'intérêt  qu'elles  présentent  dans  leur  ensemble. 

Peut-être  avons-nous  dû  regretter,  cette  année,  l'abstention 
de  beaucoup  de  nos  collègues  des  pays  voisins  qui  étaient 
conviés  à  cette  lutte  pacifique,  et  que  nous  aurions  été  heureux 
d'accueillir  ;  mais,  des  circonstances  particulières  ont  empêché 
nos  confrères  étrangers  de  répondre  à  notre  appel.  Pourtant, 
deux  des  plus  importantes   maisons  horticoles    du    continent 


(1)  Lu  en  séance  du  27  juin  1895. 


PRÉAMBULE.  301 

nous  avaient  envoyé  les  dernières  nouveautés  introduites  par 
elles  à  grands  frais,  de  toutes  les  parties  du  monde.  La  présen- 
tation de  ces  plantes  si  rares,  constituait,  il  n'est  pas  besoin  de 
le  dire,  une  des  plus  grandes  attractions,  et  passionnait  vive- 
ment les  horticulteurs,  ainsi  que  les  amateurs  nombreux  qui  se 
pressaient  pour  les  admirer. 

Dois-je  vous  parler  de  l'organisation  matérielle  de  cette  belle 
exposition  ?  Lequel  d'entre  nous  n'a  pas  admiré,  sans  aucune 
restriction,  cetle  vaste  tente  d'une  légèreté  incomparable,  oii  se 
trouvaient  réunis  les  échantillons  superbes  de  végétaux  fleuris  et 
d'ornement. 

La  commission  d'organisation  avait  su  tirer  le  meilleur  parti 
de  l'emplacement  qui  lui  était  concédé,  et  la  surface^,  couverte 
par  les  tentes  ou  abris  divers,  ne  comprenait  pas  moins  de 
sept  mille  mètres  superficiels. 

Tout  a\^ait  été,  par  elle,  mis  à  contribution,  et  les  escaliers 
conduisant  à  la  terrasse  supérieure,  et  les  avenues  ombreuses 
où  les  visiteurs  venaient  se  reposer,  aux  accents  des  orchestres 
militaires  et  civils,  qui  se  succédaient  chaque  jour  ;  sans 
compter  les  parterres  de  la  Petite  Provence,  où  étaient  placées 
les  splendides  collections  de  Conifères,  et  les  quinconces,  où 
l'industrie  horticole  était^  elle  aussi,  très  brillamment  repré- 
sentée. 

Des  salons  luxueux,  renfermaient  les  magnifiques  garnitures 
de  fleurs,  que  nos  fleuristes  parisiens  savent  monter  avec  un 
goût  si  parfait.  Les  murs  du  Jeu  de  Paume  étaient  convertis  en 
une  sorte  de  Musée,  où  les  plans  de  nos  meilleurs  architectes  de 
jardins  étaient  exposés  en  même  temps  que  les  intéressantes 
collections,  servant  à  l'instruction  horticole.  En  face,  sous  de 
légers  abris,  la  culture  maraîchère  étalait  ses  produits  si  estimés. 
Enfin  toute  cette  fraction  du  Jardin  des  Tuileries,  complètement 
transformée,  avait  été  utilisée  jusque  dans  ses  moindres  parties. 

Si  le  nombre  des  concurrents  était  supérieur  à  celui  des 
années  précédentes  (plus  de  quatre  cents  avaient  répondu  à 
notre  appel),  les  visiteurs  étaient  unanimes  à  constater  que  la 
beauté  des  plantes  exposées,  le  goût  qui  présidait  à  leur  arran- 
gement, défiaient  également  toute  comparaison. 


362  DISTRIBUTION   DES   RÉCOMPENSES   DU   27    JUIN    1895. 

Aussi,  l'affluence  considérable  du  public,  qui  se  pressait  cons- 
tamment dans  les  allées  trop  étroites,  faisait  espérer  que  les 
travaux  des  exposants  ne  seraient  pas  stériles,  car  il  ne  faut  pas 
perdre  de  vue  que  si  les  expositions  horticoles  sont  considérées, 
par  la  plupart,  comme  un  endroit  agréable  à  visiter,  elles  cons- 
tituent en  même  temps  le  mode  de  publicité  le  plus  puissant  et 
le  plus  rationnel,  et  les  efforts  de  notre  Société  doivent  tendre 
à  attirer,  par  tous  les  moyens  possibles,  le  plus  grand  nombre 
d'amateurs  autour  des  lots  que  nos  collègues  veulent  bien  nous 
confier  momentanément. 

A  cet  égard,  nous  pouvons  dire  que  le  but  a  été  rempli,  et  je  ne 
crains  pas  d'être  taxé  d'exagération,  en  évaluant  à  plus  de  cent 
mille,  le  nombre  des  personnes  accourues  de  toutes  parts  pour 
visiter  notre  exposition. 

Le  nouveau  Président  de  la  République,  M.  Félix  Faure, 
accompagné  de  sa  famille,  avait  bien  voulu  accepter  notre 
invitation  pour  le  jour  d'ouverture,  et  l'accueil  si  sympathique 
qui  lui  était  réservé  pendant  le  cours  de  sa  promenade,  par  un 
public  nombreux  et  empressé,  nous  fait  espérer  que  le  souvenir 
de  cette  première  visite  parmi  nous  lui  sera  des  plus  agréables, 
et  que,  dans  l'avenir,  sa  bienveillance  ne  nous  fera  pas 
défaut. 

Certains  d'entre  vous  craignaient,  avec  quelqu'apparence  de 
raison,  que  la  durée  de  l'Exposition  fixée  à  sept  jours,  ne  soit 
un  peu  longue,  et  que  les  plantes  fleuries  ne  puissent  figurer 
avec  avantage,  pendant  un  semblable  espace  de  temps.  Ces 
craintes  ne  se  sont  pas  réalisées  ;  la  température  s'est  mise  de 
la  partie,  et  nous  a  favorisés  complètement;  aussi,  sauf  quelques 
rares  exceptions,  tous  les  lots  se  comportaient-ils  admira- 
blement jusqu'à  la  fermeture. 

Notre  Société,  dans  cette  circonstance,  avait  à  cœur  de 
recevoir  dignement  les  nombreux  membres  du  jury,  choisis 
parmi  les  sommités  horticoles  de  la  France  et  de  l'étranger.  La 
grande  salle  de  votre  hôtel  avait  été  choisie  pour  y  offrir,  d'une 
façon  plus  intime,  un  banquet  à  vos  invités. 

La  lecture  des  toasts  portés  à  ce  banquet  vous  fera  connaître, 
bien  mieux  que  je  ne  saurais  le  faire,  l'impression  qu'ont  rem- 


BANQUET  DU  MERCREDI  22  MAI.  363 

portée  dans  leurs  pays  nos  collègues  étrangers,  dont  certains 
avaient  parcouru  plus  de  trois  mille  kilomètres  pour  venir 
assister  à  cette  fêle  horticole. 

Je  pourrais,  si  je  ne  'craignais  abuser  de  vos  instants,  vous 
parler  du  Congrès  International  tenu  dans  cette  même  salle,  et 
où  des  questions  très  importantes  étaient  traitées  avec  beaucoup 
d'autorité. 

Je  vous  citerai  néanmoins  encore  les  belles  excursions 
organisées  par  la  Société  à  TEcole  d'Horticulture  et  au  Parc  de 
Versailles;  à  la  splendide  propriété  de  M.  le  baron  de  Rothschild 
à  Ferrières,  ainsi  qu'aux  établissements  de  M.  de  Vilmorin  à 
Verrières,  si  remarquables  par  les  cultures  de  toutes  sortes  et 
par  les  belles  collections  de  végétaux  qu'on  y  peut  admirer. 

Pour  conclure,  je  crois  que  nous  devons  adresser  les  plus 
chaleureux  remerciements  à  ceux  de  nos  membres  qui,  soit  par 
les  magnifiques  collections  que  les  uns  ont  préparées  à  grands 
frais,  pour  représenter  si  dignement  notre  Société,  et  l'Horticul- 
ture française,  soit  par  le  dévouement  et  le  travail  assidu  que 
les  autres  ont  déployés,  nous  ont  permis  de  remporter  le  succès 
incontesté  que  nous  venons  aujourd'hui  sanctionner  par  cette 
distribution  de  récompenses. 


BANQUET  DU   MERCREDI  22  MAI 


Toast  porté  par  M.  Léon  Say, 
Député,  Président  de  la  Société  nationale  d'Horticulture  de  France. 

Messieurs,  je  vous  propose  de  lever  vos  verres  avec  moi  et  de 
boire  à  la  santé  de  M.  Félix  Faure,  Président  de  la  République 
française.  (Applaudissements  unanimes.) 

M.  le  Président  de  la  République  nous  a  chargés  spécialement, 
M.  de  Vilmorin  et  moi,  de  vous  dire  combien  il  avait  été  satisfait 
de  la  visite  qu'il  a  faite  aujourd'hui  sous  les  tentes  de  notre 


3(34  BANQUET    DU    MERCREDI    22    MAI. 

exposition  et  je  dois  ajouter  que  le  sentiment  qu'il  a  bien  voulu 
nous  exprimer  m'a  paru  partagé  par  tous  ceux  qui  étaient 
autour  de  lui. 

Quoique  notre  exposition  soit  à'peine  ouverte,  on  peut  déclarer 
d'ores  et  déjà,  qu'elle  est  un  succès,  succès  inauguré  et  consacré 
cette  après-midi  par  M.  le  Président  de  la  République. 

A  la  santé  de  M.  le  Président  de  la  République!  [Nouveaux  et 
vifs  applaudissements.) 

Je  vous  propose  maintenant,  Messieurs,  de  boire  à  la  santé  de 
MM.  les  membres  du  jury. 

Vous  savez  par  expérience  que  les  grandes  expositions  comme 
celle-ci  ne  réussissent  complètement  qu'à  la  condition  d'avoir  le 
bonheur  de  posséder  un  jury  compétent,  un  jury  dont  les  déci- 
sions soient  acceptées  par  tout  le  monde,  quel  que  soit  le  rang 
que  chacun  des  exposants  ait  obtenu. 

Cette  double  condition  de  la  compétence  et  de  l'influence 
morale  était  remplie  par  le  grand  jury  qui  s'est  réuni  ce  matin, 
dans  les  formes  un  peu  nouvelles,  mais  qui  constituent  certai- 
nement un  progrès  sur  les  formes  anciennes  que  nous  avions 
adoptées  jusqu'à  présent. 

Ce  jury  présentait  l'avantage  d'êlre  un  jury  international,  car 
nous  avons  eu  le  bonheur  de  voir  y  accepter  une  place  par  des 
hommes  d'une  rare  compétence  et  qui  ont  acquis,  dans  leur 
pays  une  véritable  autorité  dans  les  questions  de  botanique 
savante  comme  dans  celles  d'horticulture  pratique.  {Applaudis- 
sements.) 

Nous  avons  eu,  notamment,  l'heureuse  chance  d'obtenir  que 
M.  le  comte  de  Kerchove  consentit  à  venir  parmi  nous... 
[Applaudissements  répétés.),.,  et  vous  savez  avec  quelle  bonne 
grâce  il  a  accepté  les  fonctions  de  Président  de  notre  jury,  ce 
qui  a  été,  pour  nous,  un  grand  honneur. 

Nous  avons  encore  parmi  nous  d'autres  étrangers  et  qu'il  me 
soit  permis  de  dire.  Messieurs,  que  c'est  quelque  chose  que  de 
pouvoir  parvenir  à  réunir  ainsi  un  jury  international. 

D'abord,  rien  n'élargit  les  idées  comme  de  parler,  en  quelque 
sorte,  comme  si  l'on  se  trouvait  en  présence  de  toute  l'Europe. 
Vous  savez  que  Charles-Quint  a  dit  qu'un  homme  qui  parle  sept 


BANQUET  DU  MERCREDI  22  MAI.  865 

langues  vaut  sept  hommes  —  de  même  nous  pouvons  dire  qu'un 
jury  qui  compte  dans  son  sein  des  membres  appartenant  à  six 
ou  sept  nationalités  vaut  certainement,  à  lui  seul,  six  ou  sept 
jurys.  {Rires  approbatifs.) 

Le  jury  qui  a  fonctionné  aujourd'hui  se  trouve  dans  ce  cas; 
aussi  je  pense  que  vous  accepterez  tous,  comme  je  prétends  qu'il 
mérite  de  l'être,  le  toast  que  je  vous  propose  :  A  la  santé  du  jury, 
auquel  nous  offrons  nos  remerciements  et  pour  lequel  nous  for- 
mons les  meilleurs  vœux.  [Applaudissements  prolongés.) 


Toast  porté  par  M.  le  comte  de  Kercrove, 
Délégué  de  la  Société  dllorticulture  de  Gand,  Président  du  Jury. 

Monsieur  le  Président,  Messieurs  les  membres  de  la  Société 
nationale  d'Horticulture  de  France,  vous  comprendrez  combien 
grand  est  mon  émoi  et  combien  profonde  est  ma  gêne  pour 
répondre  au  toast  si  éminemment  français  et  si  éloquent  porté 
par  le  Président  de  votre  Société  qui  est,  en  même  temps,  une 
des  gloires  de  l'Académie  française.  (Applaudissements.) 

Mon  embarras  est  extrême  pour  vous  remercier  au  nom  du 
jury  et  au  mien,  et  je  ne  trouve  d'excuse  que  dans  les  paroles 
mêmes  de  votre  Président  qui. vous  a  rappelé  que  vous  aviez  un 
jury  de  sept  langues;  essayant,  en  ce  moment,  de  parler  la 
vôtre,  vous  comprendrez  que  je  ne  puisse  pas  la  parler  aussi 
bien  que  lui.  [Protestations  et  applaudissements.) 

Je  tiens  cependant.  Messieurs,  à  vous  remercier,  au  nom  de 
mes  collègues  du  jury  et  au  mien  propre,  pour  la  façon  si  émi- 
nemment cordiale  et  charmante  dont  vous  nous  accueillez,  à 
chacune  de  ces  grandes  fêtes  florales  que  vous  donnez  à  Paris. 

Oui,  l'Horticulture  est  internationale,  oui,  la  tleur  se  fait  aimer 
par  elle-même  sous  n'importe  quelle  latitude,  quel  que  soit  le 
soleil  qui  la  fait  pousser  et  s'épanouir;  mais  il  est  une  chose  que 
nous  emportons  toujours  de  Paris,  en  outre  de  nos  souvenirs  de 
gratitude  et  de  reconnaissance  :  c'est  le  sentiment  que  la  fleur 
est,  ici,  plus  charmante  et  plus  fraîche  que  partout  ailleurs. 


366  BANQUET  DU  MERCREDI  22  MAI. 

On  parvient  à  acclimater  dans  nos  serres  les  flears  des  tro- 
piques; n'avons-nous  pas  admiré  aujourd'hui  des  collections 
d'Orchidées,  ces  fleurs  enviées  de  jadis,  qui  ont  leurs  partisans 
et  dont  j'aurais  mauvaise  grâce  à  dire  du  mal?...  Et  cependant, 
ces  fleurs  si  adulées,  si  vantées  au  point  de  vue  de  l'éclat  et  de 
la  beauté,  cédaient  le  pas  aux  autres  fleurs  que  nous  voyions 
étaler  de  toutes  parts  leurs  brillantes  couleurs. 

Si  jadis  un  des  prédécesseurs  de  votre  honorable  Président  à 
l'Académie  française  a  pu  écrire  que  la  plus  noble  conquête  de 
l'homme  sur  la  nature  était  le  cheval,  vous  "voudrez  bien  recon- 
naître avec  moi.  Messieurs,  que  certes,  la  plus  belle  conquête 
de  la  femme  sur  la  nature,  fut  la  fleur.  [Applaudissements 
répétés.) 

C'est  pour  elle  que  les  horticulteurs  travaillent,  c'est  pour  elle 
que  nous,  qui  communions  d'un  même  amour  dans  cette  science 
si  belle  et  si  gaie  de  l'Horticulture,  c'est  pour  elle,  dis-je,  que 
nous  créons  tant  de  variétés  nouvelles,  que  nous  nous  eff'orçons 
de  contraindre  la  nature  à  se  plier  aux  désirs  qu'elle  peut 
formuler. 

Si  jamais  une  femme,  dans  un  moment  de  caprice,  avait  pu 
rêver  d'avoir  une  parure  de  brillants  ou  de  topazes  à  nulle  autre 
pareille,  il  est  évident  qu'elle  aurait  pu  s'adresser  à  l'un  des 
membres  les  plus  éminents  de  la  Société,  à  notre  ami,  M.  Bleu, 
pour  obtenir  de  lui  les  splendides  bijoux  horticoles  qu'il  pro- 
duit et  que  nous  avons  pu  admirer  aujourd'hui.  {Très  bien!  Très 
bien  !) 

N'est-ce  pas  par  l'hybridation  que  les  horticulteurs  ont  pu 
réaliser  de  pareilles  merveilles,  et  n'est-ce  pas  vous  tous,  Mes- 
sieurs, qui  êtes' un  peu  les  esclaves  du  goût  de  cette  fée  char- 
mante qu'on  appelle  la  femme,  n'est-ce  pas  vous  tous  qui  avez 
créé  ces  merveilles  qu'en  notre  qualité  de  membre  du  jury  nous 
avons  été  appelés  à  récompenser? 

Ces  récompenses  nous  les  avons  certes  décernées  avec  un  pro- 
fond sentiment  de  joie  et  de  bonheur,  mais  aussi,  je  l'avoue, 
avec  un  certain  sentiment  d'envie,  car  nulle  part  ailleurs, 
nous  n'avons  vu  trôner  avec  autant  de  splendeur  que  cette  après- 
midi,  pendant  la  visite  de  M.  le  Président  de  laRépubUque,  ces 


BANQUET  DU  MERCREDI  22  MAI.  367 

deux  reines  qui  nous  sont  si  chères  :  la  femme  et  la  fleur. 
(Applaudissements  répétés.) 

Vous  m'excuserez,  Messieurs,  si  je  ne  puis  m'étendre  aussi 
longuement  ni  me  montrer  aussi  éloquent  que  je  voudrais  l'être. 
Je  me  bornerai  donc  à  boire  à  la  santé  d'une  femme,  car,  dans 
ce  temple  de  la  République  de  Flore,  il  faut  bien  que  je  me 
souvienne  de  la  leçon  que  vous  m'avez  donnée  ce  matin,  à  moi 
comme  à  tous  mes  collègues  du  jury.  Nous  avons,  par  une  déli- 
catesse insigne,  reçu  de  vous,  en  souvenir  de  nos  travaux  et 
rapporté  chez  nous  une  petite  boîte  en  marocain  rouge  conte- 
nant une  charmante  petite  médaille. 

Le  sujet  représenté  sur  cette  médaille  nous  indiquait  combien 
nous  devions  être  réservés  ce  soir,  combien  nous  devions  nous 
montrer  timides  et  modestes,  car  l'homme  y  était  représenté 
d'une  bien  vilaine  façon  et  la  femme,  au  contraire,  y  triomphait  : 
cette  femme,  c'était  la  déesse  Flore,  et  l'homme,  un  vulgaire 
Dieu  Terme,  orné  de  l'affreux  appendice  qui  décore  ce  vilain 
Monsieur...  (Hilarité  générale). 

Gela  montre  combien  l'Horticulture  doit  être  flattée!  Nouveaux 
rires). 

Il  nous  a  suffi  de  voir  cette  splendide  exposition,  de  parcourir 
ces  superbes  tentes  qui  s'étendent  sur  une  si  grande  longueur, 
de  jouir  de  ce  magnifique  spectacle,  pour  nous  faire  admirer 
l'Horticulture  et  pour  nous  prouver  une  fois  de  plus  que,  sur  le 
sol  de  France,  le  soleil  engendre  toujours  des  merveilles. 

Qu'il  me  soit  permis,  au  nom  du  jury,  de  lever  mon  verre  et 
de  boire  à  la  santé  de  cette  femme  si  hospitalière,  si  attrayante, 
et  qui  possède  une  si  belle,  si  noble  et  si  gente  maison  où  elle 
nous  reçoit  ce  soir  :  à  la  Société  nationale  d'Horticulture  de 
France. 

Qu'il  me  soit  permis  de  souhaiter  que,  pendant  de  longues 
années  encore  nous  la  retrouvions  avec  tous  les  charmes  de  la 
jeunesse,  dans  toute  sa  grâce  et  dans  tout  l'épanouissement  de 
ses  fleurs,  afin  que  nous  puissions  célébrer  avec  elle  et  en  -elle, 
le  triomphe  de  l'Horticulture  française.  (Longue  salve  d'applau- 
dissements). 


368  BANQUET  DU  MERCREDI  22  MAI. 

Toast  porté  par  M.  Fischer  de  Waldueim. 

Messieurs,  vous  avez  eu  l'heureuse  idée  de  convoquer  les  diffé- 
rents pays  étrangers  à,  l'exposition  qui  nous  a  tous  réunis 
aujourd'hui. 

Cette  exposition,  quoique  internationale,  nous  a  fait  admirer 
des  merveilles,  et  nous  avons  pu  y  apprécier  une  fois  de  plus  ces 
manifestations  du  génie  français  :  le  goût,  la  grâce,  le  travail,  le 
progrès  qui  vous  emportent  à  l'Exposition,  comme  d'ailleurs 
partout  en  France. 

C'est  sous  celte  impression  qui,  certes,  est  dans  le  cœur  de  tous 
ceux  qui  assistent  à  cette  réunion,  et  comme  délégué  d'un  pays 
qui  s'honore  et  se  réjouit  d'être  le  meilleur  ami  de  la  France... 
(m/s  applaudissements)  je  me  permets  de  proposer  un  toast  à  la 
prospérité  sans  bornes  de  la  France,  au  progrès,  au  succès  tou- 
jours croissant  de  la  Société  nationale  d'Horticulture  de  France, 
qui  a  su  toujours  se  maintenir  à  la  tête  de  l'Horticulture  fran- 
çaise. 

Messieurs,  Vive  la  France!  Vive  la  Société  nationale  d'Horti- 
culture! [Longs  applaudissements  —  Acclamations —  Cris  :  Vive 
la  Russie  ! —  L hymne  russe!  —  V orchestre  placé  dans  la  tribune 
exécute  l'hymne  national  russe,  qui  est  écouté  debout  par  Fassis- 
tance  et  salué  d'unanimes  applaudissements .) 


Toast  porté  par  M.  Max  Kolb. 

M.  Max  Kolb  fait  une  rapide  description  de  la  première  Expo- 
sition internationale  d'Horticulture  qui  eut  lieu  à  l'occasion  de 
l'Exposition  de  1855. 

H  énumère  les  progrès  accomplis  depuis  cette  époque  et  ter- 
mine en  ces  termes  : 

«  Jusqu'en  1855,  la  Société  nationale  d'Horticulture  de  France 
n'a  organisé  que  des  Expositions  nationales  et  toutes  ont  été 
grandioses.  Depuis,  vos  Expositions  internationales,  Messieurs, 


BANOLET    DU    MERCREDI    ^22    MAI.  309 

VOUS  ont  acquis  une  réputation  unanime;  permettez-moi  de 
vous  en  féliciter,  de  vous  adresser  mes  meilleurs  vœux  et  de 
porter  un  toast  à  la  prospérité  de  l'Horticulture  française.  » 
{Très  bien  !  Applaudissements .) 


Toast  porté  par  M.  de  Yllmorin, 
Vice-Président  de  la  Société  nationale  d'Horticulture  de  France. 

Monsieur  le  Président,  Messieurs,  aujourd'hui,  nous  avons 
livré  bataille  et,  appuyé  par  le  suffrage  des  membres  de  notre 
jury  et  par  celui  de  nos  visiteurs,  je  crois  pouvoir  dire,  sans 
outrecuidance,  que  nous  l'avons  fait  avec  succès. 

Il  faut  en  rendre  grâces,  tout  d'abord,  au  grand  Dispensateur 
de  toutes  choses  qui,  jusqu'à  la  nuit  close,  a  enchaîné  les  mena- 
çantes cataractes  du  ciel  et  a  fait  luire  sur  nos  tentes  un  doux 
soleil  voilé  aussi  propice  aux  visiteurs  qu'aux  plantes  elles- 
mêmes. 

Mais  un  ancien  et  respectable  dicton  assure  que  le  ciel  aide 
les  gens  qui  s'aident  eux-mêmes  et,  si  la  Société  a  été  favorisée 
par  le  temps,  on  peut  dire  qu'elle  l'avait  mérité  par  la  manière 
dont  elle  avait  préparé  son  concours  floral,  surtout  en  en  remet- 
tant le  succès  aux  mains  de  sa  vaillante  Commission  des  Exposi- 
tions. 

Chargés,  comme  le  rappelait  à  l'instant  M.  le  Président,  de  la 
mission  spéciale  de  transmettre  à  tous  les  membres  de  la  Société 
d'Horticulture  les  compliments  et  les  félicitations  de  M.  le  Prési- 
dent de  la  République,  je  trouve  absolument  équitable  d'en  pré- 
lever d'abord  une  large  part,  pour  ceux  qui,  pendant  les  mois 
passés,  pendant  ces  derniers  jours  surtout,  ont  été  à  la  peine. 

Vous  la  connaissez  depuis  longtemps,  Messieurs,  et  nos  visi- 
teurs aussi,  notre  Commission  des  Expositions.  C'est  un  corps 
d'élite  entre  tous  qui,  à  part  quelques  changements,  consé- 
quence inévitable  du  temps,  reste  toujours  le  même  par  l'énergie, 
l'aptitude  et  le  succès. 

Dans  cette  Commission  nombreuse,  les  anciens  retrouvent 


370  BANQUET  DU  MERCREDI  22  MAI. 

quand  sonne  le  signal  de  l'action,  une  juvénile  ardeur  et  les 
jeunes  eux-mêmes,  sous  l'influence  de  ceux  qui  les  encadrent, 
montrent  immédiatement  une  maturité  et  une  expérience  de 
vétérans.  [Très  bien!) 

Pour  leur  rendre  justice,  il  faudrait  les  nommer  tous  : 
MM.  Savoye,  Tavernier,  Hébrard,  l'infatigable  secrétaire 
M.  Ghargueraud,  le  Vice-Président  M.  Vilry  qui,  récemment  et  si 
justement  a  été  récompensé  de  ses  longs  travaux,  aux  applau- 
dissements de  tous  ses  collègues...  (Vifs  et  unanimes  applaudis- 
sements)... Enfin  le  cher  et  aimé  Président  de  la  Commission, 
M.  Villard,  qui  inspire,  dirige  et  coordonne  tous  ces  efforts. 
[Nouveaux  applaudissements.) 

Ainsi  organisée,  ainsi  dirigée,,  notre  Commission  ne  connaît 
pas  de  difficultés;  elle  ne  se  laisse  déconcerter  par  aucun  contre- 
temps ni  ralentir  dans  sa  marche  par  aucun  obstacle.  Il  est 
juste  de  reconnaître  qu'elle  a  toujours  été  —  et  cette  année  en 
particulier  —  secondée  de  merveilleuse  façon  par  de  précieux 
auxiliaires  :  je  veux  parler  des  entrepreneurs  de  nos  expositions. 
{App  laudissemen  ts .  ) 

Grâce  à  M.  Cottant,  les  terrassements  se  sont  effectués  avec 
rapidité  et  comme  par  enchantement;  grâce  à  l'activité,  à  la 
bonne  volonté,  à  la  complaisance  constante  de  M.  Cauvin,  les 
hectares  de  couverture,  les  kilomètres  de  clôtures  se  sont  dressés 
comme  à  la  baguette  pour  enfermer,  couvrir  et  abriter  les  lots, 
tantôt  diminuant,  tantôt  augmentant  d'une  façon  prodigieuse  de 
nos  exposants.  Gomme  un  corps  vivant,  en  effet,  notre  installa- 
tion s'est  allongée,  agrandie,  élargie  tellement  qu'à  la  fin  nos 
galeries  et  nos  tentes  ont  formé  comme  un  immense  labyrinthe... 
mais  je  ne  crois  pas  que  personne  se  soit  plaint  d'avoir  à  y  errer, 
tant  il  est  plein  de  belles  choses  et  tant  chacun  de  ses  détours 
nous  conduit  à  de  nouvelles  merveilles. 

Je  bois  donc.  Messieurs,  à  notre  Commission  des  Expositions, 
à  son  cher  Président  et  à  tous  ses  collaborateurs.  {Applaudisse- 
ments répétés.) 


BANQUET  DU  MERCREDI  22  MAI.  371 

Toast  porté  par  M.  Villard, 
Président  de  la  Commission  d'organisation  des  Expositions. 

Messieurs,  mes  collègues  de  la  Commission  des  Expositions 
m'en  voudraient,  j'en  suis  sûr,  cette  Commission  s'étant  accrue, 
à  l'occasion  de  l'Exposition  de  cette  année,  de  membres  nou- 
veaux et  éminents,  de  conserver  l'attitude  que  j'ai  toujours  cru 
devoir  prendre  en  leur  nom  :  celle  du  silence  modeste,  qui  con- 
vient à  des  gens  qui  ne  sont  que  des  metteurs  en  scène. 

Notre  rôle,  en  efï'et,  à  nous,  membres  de  la  Commision  d'or- 
ganisation, est  plus  facile  qu'on  ne  croit;  quand  on  vous  apporte 
de  belles  choses,  il  n'y  a  pas  grand  mérite  à  les  disposer  du 
mieux  que  l'on  peut. 

J'ai  donc  cru  devoir  prendre  la  parole,  mais  j'avoue  qu'il  me 
reste  peu  de  chose  à  dire  après  les  compliments  si  aimables,  si 
flatteurs  que  M.  le  Vice-Président  a  adressés  à  nos  collègues,  il 
en  a  nommé  quelques-uns,  je  ne  puis  que  joindre  mes  félicita- 
tions aux  siennes. 

Si  toutefois  j'avais  à  ajouter  un  mot,  je  dirais  que  ce  qui  fait 
tout  le  mérite  de  cette  Commission,  c'est  le  bon  esprit  qui  y 
règne...  (Très  bien!  Très  bien!).,,  chacun  s'y  dévoue  fraternelle- 
ment à  Toeuvre  commune  sans  réserve  ni  arrière-pensée.  {Applau- 
dissements.) 

Ce  bon  esprit  nous  est  inspiré,  vous  le  savez  tous,  par 
l'exemple  que  nous  donnent  notre  Président,  nos  Vice-Prési- 
dents, les  membres  de  notre  Conseil  qui,  chaque  fois  qu'on  va 
les  trouver,  se  mettent  simplement  et  absolument  à  l'entière  dis- 
position de  tous  les  membres  de  la  Société. 

C'est  ce  bon  esprit  qui  règne  dans  la  Commission  des  Exposi- 
tions qui  a  fait  la  grandeur  et  qui  continuera  à  faire  la  prospé- 
rité de  la  Société  ;  mais,  cet  hommage  rendu,  nous  devons,  comme 
je  le  disais  tout  à  l'heure,  adresser  nos  plus  chaleureuses  félici- 
tations à  ceux  qui  les  méritent  véritablement,  à  ceux  qui  nous 
apportent  toutes  ces  belles  choses  que  nous  avons  à  mettre  en 
œuvre,  c'est-à-dire  aux   exposants.  Je  suis   assuré,  Messieurs, 


372  BANQUET  DU  MERCREDI  22  MAI. 

d'être  l'interprète  de  cette  assemblée  en  buvant  à  la  santé  des 
exposants.  {Vifs  applaudissements.) 

Je  vous  demande  pardon  d'ajouter  encore  un  mot,  mais  je 
manquerais  certainement  à  mes  devoirs  de  Président  de  la  Com- 
mission si,  avant  de  nous  séparer,  je  ne  saisissais  l'occasion  qui 
m'est  offerte  d'adresser  un  salut  tout  spécial  à  un  de  nos  plus 
éminents  convives,  à  celui  qui  est  chargé  de  préparer  la  grande 
fête  qui  ouvrira  le  siècle  prochain.  Chaque  fois  que  nous  avons 
une  Exposition,  je  me  sens  incité  à  faire  mieux,  par  la  visite 
qu'il  nous  fait  régulièrement,  afin  de  se  rendre  compte  de  toutes 
choses.  J'ajoute  que  c'est  mon  ancien  Président  et  que  c'est  pour 
moi  une  raison  de  plus  de  lui  rendre  l'hommage  qui  lui  est  dû  : 
j'ai  nommé  M.  Picard,  et  je  suis  sûr  que  je  vous  priverais  d'un  très 
grand  plaisir  si,  en  terminant,  je  ne  cédais  la  parole  au  Com- 
missaire général  de  la  grande  Exposition  universelle  de  1900  et 
ne  lui  fournissais  l'occasion  de  nous  adresser  quelques  paroles. 
(App  laudissements .  ) 


M.  LE  Président.  —  Consentez-vous,  monsieur  Picard,  à 
adresser  quelques  mots  à  nos  Horticulteurs?... 

La  parole  est  à  M.  Picard.  {Vifs  applaudissements.) 

'^ 
Toast  porté  par  M.  Picard, 

Commissaire-général  de  l'Exposition  universelle  de  1900. 

Messieurs,  il  est  quelque  peu  présomptueux  de  ma  part  de 
prendre  la  parole  après  les  orateurs  que  vous  avez  entendus  et 
dont  vous  avez  applaudi  l'éloquence  si  juvénile,  si  fraîche,  si 
élégante.  Ma  témérité  est  d'autant  plus  grande  que  je  ne  puis 
invoquer  l'excuse  de  la  moindre  compétence  dans  votre  art 
merveilleux.  A  peine  pourrais-je  me  prévaloir  de  ma  qualité 
d'Horticulteur  en  chambre,  car  quelques  plantes  étiolées  sur 
mon  balcon  constituent  tout  mon  jardin.  {Rires.) 

Je  suis  pourtant  un  vieil  ami  des  fleurs,  je  leur  ai  voué  un 
culte  véritable,  j'éprouve  pour  elles  une  passion  infinie  et  ces 


BANQUET  DU  MERCREDI  22  MAI.  373 

sentiments,  j'espère  pouvoir  les  manifester  par  des  actes  et  vous 
en  donner  bientôt  le  témoignage,  à  Toccasion  des  grandes  assises 
qui  s'apprêtent  et  auxquelles  la  France  va  convier  le  monde 
entier.  (Applaudissements.) 

Lors  de  la  dernière  Exposition  universelle,  vous  étiez  partout  ; 
au  Champ-de-Mars,  au  Trocadéro,  au  quai  d'Orsay,  aux  Inva- 
lides; mais,  au  milieu  de  cette  inévitable  dissémination,  vous 
regrettiez  de  ne  pas  avoir  un  domaine  spécial  assez  vaste,  un 
centre  de  ralliement  assez  bien  aménagé  pour  y  grouper  vos 
forces  et  y  déployer  votre  puissance. 

Les  hommes  éclairés,  vigilants,  dévoués,  que  vous  avez  mis  à 
la  tête  de  votre  Société  sont  venus,  le  lendemain  même  de  la 
nomination  du  Commissariat  général,  m'exprimer  leurs  doléances 
et  leurs  vœux  pour  l'avenir,  protester  aussi  contre  certaines 
propositions  dont  ils  avaient  recueilli  l'écho  et  qui  tendaient  à 
reléguer  hors  Paris  les  manifestations  horticoles. 

Ils  prêchaient  un  converti.  Deux  minutes  d'entretien  ont  suffi 
pour  me  rallier  à  leur  ordre  d'idées  et,  en  1900,  c'est  dans  Paris, 
dans  l'enceinte  même  de  l'Exposition  que  vous  serez  installés. 
Aussi  bien,  cette  Exposition  n'est-elle  pas  l'élément  décoratif  par 
excellence  de  la  fin  du  siècle  et  peut-on  la  concevoir  sans  plantes 
et  sans  fleurs?  Bannir  les  fleurs,  n'est-ce  pas  chasser  la  jeunesse, 
la  beauté,  la  grâce,  la  poésie;  n'est-ce  pas  leur  faire  une  injure 
cruelle,  leur  causer  un  préjudice  irréparable?  Il  n'y  aurait 
jamais  trop  de  pierres  pour  lapider  l'organisateur  capable  de 
commettre  une  pareille  erreur,  de  violenter  à  ce  point  le  bon 
sens  et  notre  génie  national!  [Applaudissements  répétés.) 

Certes,  nous  n'apporterons  aucune  entrave  aux  restitutions 
historiques  exigeant  de  l'air  et  de  l'espace,  mais  l'unité  du 
groupe  horticole  ne  devra  subir  aucune  atteinte  et  devra  de- 
meurer absolument  intacte. 

De  même  qu'en  1889  —  davantage  encore  —  nous  demande- 
rons à  l'Horticulture  de  répandre  généreusement  jusqu'aux 
points  les  plus  reculés  de  l'Exposition  ses  trésors  de  végétation, 
de  senteur  et  de  coloris  et,  en  échange  et  en  reconnaissance  de 
^ant  de  bienfaits,  nous  lui  donnerons  un  palais  digne  d'elle  :  une 
serre  monumentale,  un  vaste  emplacement  où  elle  pourra  étaler 


374  BANQUET  DU  MERCREDI  22  MAI. 

SOUS  les  yeux  du  public  les  richesses  incomparables  de  sa  parure. 
{Nouveaux  et  vifs  applaudissements.) 

Permettez-moi,  en  terminant,  Messieurs_,  de  boire  à  la  prospé- 
rité de  l'Horticulture  française  et  de  la  Société  nationale,  qui  en 
est  la  glorieuse  personnification. 

Permettez-moi  d'ajouter  enfin  que  cette  grande  serre  dont  je 
viens  de  parler  sera  sous  les  yeux  de  votre  Président,  sous  les 
fenêtres  de  son  hôtel,  d'où  il  pourra  promener  son  regard 
comme  artiste  et  aussi  veiller  comme  un  père  sur  son  enfant. 
{Longue  salve  d'applaudissements.) 

M.  LÉON  Say.  —  Monsieur  le  Commissaire  général,  je  vous 
remercie  infiniment  des  indications  que  vous  venez  de  nous 
donner.  Nous  étions  encore  dans  une  sorte  d'incertitude;  vous 
avez  bien  voulu  préciser,  autant  que  vous  pouvez  le  faire  si 
longtemps  à  l'avance,  ce  que  vous  comptez  faire  pour  l'Horticul- 
ture; je  vous  prie  de  croire  qu'elle  a  compris  et  qu'elle  vous  est 
profondément  reconnaissante  de  ce  que  vous  lui  avez  promis. 

Quant  à  moi  personnellement,  ainsi  que  je  le  disais  à  mon 
voisin,  entre  vous,  Commissaire  générai,  qui  allez  recueillir  le 
grand  succès  que  vous  méritez,  et  la  Société  d'Horticulture,  qui 
aura  vu  tous  ses  vœux  comblés,  je  serai  peut-être,  moi  qui  serai 
au  milieu,  le  plus  heureux  des  trois.  [Hilarité  générale  et 
applaudissements .  ) 

M.  LE  Secrétaire  -  général  donne  connaissance  d'un  télé- 
gramme qu'il  vient  de  recevoir  et  qui  est  ainsi  conçu  : 

«  La  Société  de  Culture  fruitière  de  Russie  exprime  ses  meil- 
leurs vœux  de  réussite  à  l'Exposition  internationale  d'Horticul- 
ture et  ses  félicitations  sincères  aux  collègues  de  France. 

«  Les  membres  de  V administration  de  la  Société  de  Culture 
«  fruitière  de  Russie,  » 

Il  donne  ensuite  lecture  de  la  liste  des  lauréats  de  l'exposition. 


LISTE   DES  RÉCOMPENSES 

ACCORDÉES    A   l'oCGASION  • 

DE    L'EXPOSITION    INTERNATIONALE 

Teuue  du  SS  au  28  Mai  1895 


JURY   SPÉCIAL    pour    V attribution    du    Prix    offert 

PAR   M.    LE    PRÉSIDENT  DE   LA  RÉPUBLIQUE 

Tous  les  Présidents  de  section,  réunis,  après  avoir  entendu 
les  propositions  de  chacun  d'eux,  décident  d'attribuer  le  prix 
de  M.  le  Président  de  la  République  à  M.  MOSER,  pépi- 
niériste, rue  Saint-Symphorien,  1,  à  Versailles,  principale- 
ment pour  ses  Azalées,  Rhododendrons   et  Fougères, 


PRIX    D'HONNEUR 

Objets  d'art. 

HORTICULTURE 

13«  Concours.  —  Objet  d'art  offert  par  M.  le  baron  Gustave  de 
Rothschild.  M.  ïruffaut,  horticulteur,  rue  des  Chantiers,  40,  à 
Versailles,  pour  plantes  de  serre. 

16«  Concours.  —  Objet  d'art  offert  par  M.  le  Ministre  de  l'Instruc- 
tion pubhque.  M,  Truffaut,  déjà  nommé,  pour  plantes  de 
serre. 

30®  Concours.  —  Objet  d'art  offert  par  M.  Henri  de  Vilmorin. 
M.  Piret,  horticulteur,  boulevard  de  Sannois,  9,  à  Argenteuil, 
pour  Orchidées. 

47«  Concours.  —  Objet  d'art  offert  par  la  ville  de  Versailles.  M.  De- 
lavier,  fleuriste,  rue  Saussure,  2,  à  Paris,  pour  plantes  de 
serres. 

52*  Concours.  —  Objet  d'art  offert  par  M"^*^  Gustave  Dupont.  M.  Per- 
rette,  jardinier  chez  M™^  la  baronne  de  Bussières,  à  Bellevue 
(Seine-et-Oise),  pour  Galadiums. 

68«  Concours.  —  Objet  d'art  offert  par  M.  le  Ministre  de  T Agricul- 
ture. M.  Delavier,  déjà  nommé,  pour  plantes  de  serre. 

146°  Concours.  —  Objet  d'art  offert  par  M.  Roger-Ballu.  M.  Moser, 
déjà  nommé,  pour  plantes  fleuries  diverses. 


;]76  uoRTicuLTuin:. 

149«  Concours.  —  Objet  d'art  offert  par  la  Compagnie  des  chemins 
de  fer  du  Nord.  MM.  Croux  et  fils,  pépiniéristes,  au  Val 
d"Aulna,y,  près  Sceaux  (Seine),  pour  arbustes  fleuris. 

158''  Concours.  —  Objet  d'art  offert  par  M.  le  Ministre  de  Tlnstruction 
publique.  MM.  Cioux  et  fils,  déjà  nommés,  pour  Conifères. 

158"  Concours.  —  Objet  d'art  offert  par  M.  Henri  de  Vilmorin. 
M,  Defresne  (Honoré),  tîls,  horticulteur-pépiniériste,  en  face  la 
mairie,  à  Vilry  (Seine),  pour  Conifères. 

164^  Concours.  —  Objet  d'art  offert  par  M.  le  Ministre  de  l'Instruction 
publique.  MM.  Croux  et  fils,  déjà  nommés,  pour  arbustes  à 
feuillage  persistant. 

180"  Concours.  —  Objet  d'art  ofiert  par  M.  le  Ministre  de  l'Agricul- 
ture. M.  Moser,  déjà  nommé,  pour  Rhododendrons. 

188^  Concours.  —  Objet  d'art  offert  par  M.  le  Mini^tre  de  l'Instruc- 
tion publique.  M.  Moser,  déjà  nommé,  pour  Azalées. 

202°  Concours.  —  Objet  d'art  offert  par  M.  le  baron  Edmond  de 
Rothschild.  MM.Lévêque  et  fils,  horticulleurs,  rue  du  Liégat,  69, 
à  Ivrv-sur-Seine,  pour  Rosiers. 

239'=  Concours.  —  Objet  d'art  offert  par  M.  le  Ministre  de  l'Agricul- 
ture. MM.  Vilmorin-Andrieux  et  C'%  quai  de  la  Mégisserie,  4, 
à  Paris,  pour  plantes  annuelles. 

261^  Concours.  —  Objet  d'art  offert  par  M™^  Heine.  M.  Thiébaut  aine, 
marchand-grainier,  place  de  la  Madeleine,  30,  à  Paris,  pour 
plantes  bulbeuses. 

265°  Concours.  —  Objet  d'art  offert  par  les  Dames  patronnesses. 
M.  Debrie-Lachaume,  fleuriste,  rue  Royale,  10,  à  Paris,  pour 
ornementation  en  Ifeurs. 

286^  Concours.  —  Objet  d'art  offert  par  M.  le  Ministre  de  l'Instruc- 
tion publique.  MM.  Vilmorin-Andrieux  et  C''=,  déjà  nommés, 
pour  légumes. 

Concours  imprévu.  —  Objet  d'art  offert  parla  Société  d'horticulture 
du  Raincy.  MM.  Vilmorin-Andrieux  et  C'^,  déjà  nommés,  pour 
plantes  alpestres. 

—  Objet  d'art  offert  par  M.  Léon  Simon.  M.  Charles  Baltet,  hor- 
ticulteur, faubourg  Croncels,  26,  à  ïroyes  (Aube),  pour  publi- 
cations horticoles. 


INDUSTRIES  HORTICOLES 


319'^  Concours.  —  Objet  d'art  offert  par  M.  le  Ministre  de  l'Instruc- 
tion publique.  M.  Cochu,  constructeur,  rue  Pinel,  19  et  23,  à 
Saint-Denis  (Seine),  pour  serres. 

323''  Concours.  —   Objet  d'art  offert   par  M.    Henri   de    Vilmorin. 
-  MM.  Lebœuf  et  Guion,  ingénieurs-constracteurs,  lue  des  Meu- 
niers, 14  et  16,  à  Paris,  pour  chaufl'ages. 


HORTICULTURE.  377 


MEDAILLES    D'HONNEUR 

58"  Concours.  —  Prix  de  MM.  Vilmorin-Andrieux  et  C"'.  MM.  Chan- 
trier  frères,  horticulteurs-pépiniéristes,  à  Mortefontaine,  par 
Plailly  (Oise),  pour  Crotous. 

164^  Concours.  —  Prix  du  conseil  général  de  la  Seine,  M.  Defresne 
(Honoré)  fils,  déjà  nommé,  pour  arbres  et  arbustes  à  feuillage 
persistant. 

205^*  Concours.  —  Prix  de  M.  Lecocq-Duménil.  M.  Jupeau,  horticul- 
teur, 13o,  route  de  Fontainebleau,  à  Kremlin-Bicètre  (Seine), 
pour  Rosiers. 

240e  Concours.  —  Prix  fondé  en  mémoire  du  D^  Andry.  MM.  Vil- 
morin-Andrieux et  G'«,  déjà  nommés,  pour  massif  de  plantes 
annuelles. 

277«  Concours.  —  Prix  de  M.  le  Ministre  de  l'Agriculture.  M.  Pa- 
rent, horticulteur,  rue  du  Vieux-Chemin  de  Paris,  à  Rueil 
(Seine-et-Oise)pour  Pêches  forcées. 

279«  Concours.   —  Prix  de  la  Société    d'Horticulture  d'Epernay. 

M.   Salomon,  viticulteur,   à  Thomery   (Seine-et-Marne),  pour 
Raisins. 

286^  Concours.  —  Prix  de  la  Ville  de  Paris.  La  Société  des  Jardi- 
niers et  Horticulteurs  de  la  Seine,  Président  :  M,  Niolet, 
50,  rue  d'Alleray,  à  Paris,  pour  légumes. 


§  1".  PLANTES  DE  SERRE 

A.  —  PLANTES  NOUVELLES 


Premier  Concours.  —  Une  ou  plusieurs  plantes  fleuries  ou  à  feuil- 
lage introduites  le  plus  récemment  en  Europe. 

Grande  médaille  d"or,  offerte  par  M.  le  Ministre  de  l'agriculture. 

M,  Linden,  administrateur-directeur  de  VHorticulture  iîiterna- 

tionalc,  à  Bruxelles  (Belgique). 
Grande  médaille  d'or,  otferte  par  M.  Robert  Lebaudy.  MM.  Bander 

and  C,  horticulteurs,  à  Saint-Albans  Herts  (Angleterre). 
Médaille   de  vermeil,  offerte   par   M™"   Adam.  M.    Sallier-Joanni, 

horticulteur,  !),  rue  Delaizement,  à  Xenilly-sur-Seine  (Seine). 

2«  Concours.  —  Une  ou  plusieurs  plantes  fleuries  ou  à  feuillage 
introduites  directement  en  France. 

Grande  médaille  de  vermeil,  offerte  par  M^e  Basset.  M.  Dallière 

(Alexis),  horticulteur  à  Gand  (Belgique). 
Grande  médaille   d'argent,   offerte  par  la  Société   d'Horticulture 

d'Etampes.  M.  Sallier-Joanni,  déjà  nommé. 
Médaille    d'argent,   offerte    par   M.    le   Ministre   de  l'Agriculture. 

MM.  Cappe  et  fds,  horticulteurs,  au  Vésinet  ■Seine-et-Oiie). 


378  HORTICULTURE. 

3*  Concours.  —  Lot  de  plantes  hybrides  dont  les  parents  seront 
indiqués. 

Médaille  d'or,  offerte  par  M™*^  Brefon.  MM.  Chantrier  frère?,  hor- 
ticulteurs-pépiniéristes, à  Mortefontaine,  par  Plailly  i^Oise),  pour 
Crotons. 

Grande  médaille  de  vermeil,  offerte  par  M^^  Buignet.  M,  Duval 
(Léon),  horticulteur,  8,  rue  de  l'Ermitage,  à  Versailles,  pour 
Broméliacées. 

Grande  médaille  de  vermeil,  offerte  par  le  Cercle  Horticole  du 
Nord.  M.  Sallier-Joanni,  déjà  nommé,  pour  plantes  diverses. 

Médaille  d'argent.  M.  Nonin.  horticulteur,  20,  avenue  de  Paris,  à 
Châtillon-sous-Bagneux  (Seine),  pour  Bégonia. 

4®  Concours.  —  Une  ou  plusieurs  plantes  fleuries  ou  à  feuillage, 
ligneuses  ou  herbacées,  obtenues  de  semis  par  l'Exposant,  et  non 
encore  récompensées  par  la  Société. 

Les  Anthurium  de  M.  Léon  Duval,  déjà  nommé,  ont  obtenu  une 

grande  médaille  de  vermeil  de  la  Société  et  une  grande  médaille 

de  vermeil  offerte  par  M.  de  la  Devansaye. 
Grande  médaille  de  vermeil,  fondée  par  M."^  Morot.  MM.  Chantrier 

frères,  déjà  nommés,  pour  Alocasia. 
Médaille    de    vermeil,   offerte    par  la    Société    d'Horticulture    de 

Nogent-sur-Seine.  MM.  Hngh  Low  and  0°,  horticulteurs.  Clapton 

Nurseries,  à  Londres  (Angleterre),  pour  Cypripedium. 
Médaille   d'argent.    MM.    Chantrier  frères,    déjà    nommés,   pour 

Nepenthes. 
Médaille   d'argent.    M,    Vacherot    (Henri),  horticulteur,    rue    de 

Paris,  o3,  à  Boissy-Saint-Léger  (Seine-et-Oise),  pour   Bégonias 

tubéreux. 
Médaille  d'argent.  MM.  Cappe  et  fils,  déjà  nommés,  pour  Bégonias. 
Médaille  de  bronze.  M.  Nonin,  déjà  nommé,  pour  Pelargonium 

zonale. 
Médaille  de  bronze.  MM.  Dupanloup  et  G'»,  marchands-grainiers, 

14,  quai  de  la  Mégisserie,  à  Paris,    pour  Calcéolaires. 
Médaille  de  bronze.  M.  Boutreux,  horticulteur,  89,  rue  de  Paris,  à 

Montreuil-sous-Bois  (Seine),  pour  Pelargonium. 

B.  —  BELLE  CULTURE 

5e  Concours.  —  Une  plante  fleurie  que  la  belle  culture  aura  fait 
arriver  le  plus  près  possible  de  son  maximum  de  développement. 

1"  prix  :  Grande  médaille  d'argent,  offerte  par  M™«  Spite. 
MM.  Chantrier  frères,  déjà  nommés,  pour  Alocasia. 

6®  Concours.  —  Une  plante  à  feuillage  que  la  bonne  culture  aura 
fait  arriver  le  plus  près  possible  de  son  maximum  de  développement. 

ler  prix  :  Médaille  de  vermeil,  offerte  par  M°i«  Adam.  M.  Saison- 
Lierval,  horticulteur,  7,  rue  de  Rouvray,  parc  de  Neuilly  (Seine), 
pour  Kentia. 

2^  prix  :  Grande  médaille  d'argent,  offerte  par  la  Société  d'accli- 
matation. M.  Sallier  père,  chef  de  culture,  au  château  du  Val, 
par  Saint-Germain-en-Laye,  (Seine-et-Oise),  pour  Vriesea. 

3e  prix:  Médaille  d'argent.  Mme  Vve  Chantin  et  fils,  horticulteurs, 
32,  avenue  de  Châtillon,  à  Paris,  pour  Cycas. 

7^  Concours.  —  Quatre  plantes  fleuries  les  plus  remarquables  par 
leur  forme  et  leur  développement. 

1"  prix  :  Médaille  de  vermeil,  offerte  par  M^^  Bertin.  M.  Sallier- 
Joanni,  déjà  nommé. 


HORTICULTURE.  379 

8«  Concours.  —  Quatre  plantes  à  feuillage  les  plus  remarquables 

par  leur  forme  et  leur  développement. 

1er  pi'ix  :  Grande  médaille  de  vermeil,  offerte  par  M^^c  la  baronne 
James  de  Rotbschild.  M.  Delavier,  fleuriste,  2,  rue  de  Saussure, 
à  Paris, 

13^  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  plantes  fleuries  ou  à  feuillage 
ne  dépassant  pas  cent  sujets. 

1er  prix:  Objet  dart,  offert  par  M.  le  baron  Gustave  de  Rothschild. 

M.   Truffaut,   horticulteur,  40,   rue  des   Chantiers,  à  Versailles 

(Seine-et-Oise). 
2^  prix  :  Médaille   d'argent.  MM.  Bonfiglioli  et  fds,  horticulteurs, 

56,  strada  Galliera,  à  Bologne  (Italie^  pour  Gardénia. 

14e  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  plantes  fleuries  ou  à  feuillage 
ne  dépassant  pas  cinquante  sujets. 

l^r  prix  :  Médaille  d'or,  offerte  par  M™e  la  baronne  de  Bussière. 

Mme  Vve  Chantin  et  fils,  déjà  nommés. 
2«  prix  :  Médaille  de  vermeil,  offerte  par  M.  le  marquis  de  Bre- 

teuil.  M.  Duval  (Léon),  déjà  nommé. 

C.  —  CULTURE    SPÉCIALE 

15"  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  cinquante  plantes 
fleuries  ou  à  feuillage,  cultivées  en  vue  de  rapprovisionnement  des 
marchés,  à  l'exclusion  des  Orchidées. 

l^f  prix  :  Médaille  d'or,  offerte  par  AL  le  comte  Duchdtel.  M.  Poi- 
gnard, horticulteur.  160,  route  de  Châtillon,  à  Malakoff  (Seine). 

2e  prix  :  Médaille  de  vermeil,  offerte  par  M.  Chevreau.  M.  Vouette, 
horticulteur,  2,  Grande  Rue.  à  Issy  (Seine). 

3e  —  Grande  médaille  d'argent,  offerte  par  M.  le  Ministre  de 
l'Agriculture.  M.  Landry,  horticulteur,  15,  rue  Maurice-Mayer, 
à  Paris. 


D.  —   PLANTES    DE    SERRE    EN    COLLECTIONS 

46«  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  cinquante  plantes 
de  serre. 

l*"^  prix  :  Objet  d'art,  offert  par  M.  le  Ministre  de  l'Instruction 
publique.  M.  Truffaut,  déjà  nommé. 

CONCOURS   IMPRÉVU 

Médaille  d'argent.  M°i<'  veuve  Maupoil  et  fils,  horticulteurs,  rue 
Carnot,  35,  à  Levallois-Perret  (Seinei,  pour  TradescaJitia  et  Ficus. 

Médaille  d'argent.  M.  Moser,  pépiniéristes, rue  Saint-Symphorien, 
1,  à  Versailles.  (Seine-et-Oise  i,  pour  4  plantes  décoratives. 

21®  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  cinquante  Orchidées 
exotiques  en  fleurs. 

iei"  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil,   offerte  par  Mm«  Singer. 

M.  Garden,  horticaltenr,  à  Bois-Colombes  (Seine). 
2«  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil,  offerte  par  MM.  Bergman 

père  et  fils.  M.  Duval  (Léon),  déjà  nommé. 


380  UOKTICULTURE, 

24«  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  d'Orchidées  ne  dépassant  pas 
cent  plantes. 

leï"  prix  :  Médaille  dor,  utl'erte  par  à\I.  Massange  de  Loiivrex 
M.  Bert  (Etienne),  horticulteur,  rue  Victor-Hugo,  68,  à  Colombes 
(Seine). 

2®  prix  :  Médaille  d'argent.  M.  Régnier  (Alexandre),  horticulteur, 
avenue  Marigny,  44,  à  Fontenay-sous-Bois  (Seine). 

25«  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  d'Orchidées  ne  dépassant  pas 
cinquante  plantes. 

2e  prix  :  Médaille  de  vermeil,  olîérte  par  M.  le  marquis  de  Bre- 
teuil.  Mnie  veuve  Ghantin  et  fils,  déjà  nommés. 

28^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  vingt-cinq  Cypripedium 
en  fleurs. 

le""  prix  :  Médaille  de  vermeil,  oliérte  par  M™»^  Pillais.  MM.  Cappe 
et  fils,  déjà  nommés. 

29^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  douze  Cypripedium  en 
fleurs. 

!«•■  prix  :  Grande  médaille  d'argent.  M.  Garden,  déjà  nommé. 
2«      —      Médaille    d'argent.   M.    Elle    (Alfred),    horticulteur,   rue 
Pelleport,  93,  à  Paris. 

30*  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  cinquante  Cattleya  en  fleurs. 

!«•■  prix  :  Objet  d'art,  offert  par  M.  Henri  de  Vilmorin.  M.  Piret, 
horticulteur,  boulevard  de  Sannois,  9,  à  Argenteuil.  (Seine-et- 
Oise). 

31*  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  vingt-cinq  Cattleya  en  fleurs. 
2e  prix  :  Grande  médaille  d'argent.  M.  Elle  (Alfred),  déjà  nommé. 

34*  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  six  Orchidées  les  plus  belles 
et  les  plus  rares. 

le""  prix  :  Médaille  d'or,  oflerte  par  M.  Fournier.  M.  Bert  (Etienne), 

déjà  nommé. 
Le  Jury  adresse  ses  félicitations  les  plus  chaleureuses  à  M.  Opoix, 

jardinier    en   chef  du   Luxembourg,   pour   son   magniflque   lot 

d'Orchidées  variées,  et  à  M.  Bleu,  avenue  d'Italie,  48,  à  Paris, 

pour  ses  Orchidées. 

38°  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  cent  Gloxinias  variés. 

lei"  prix  :  Médaille  d'or,  offerte  par  le  Comité  de  Floriculture. 
MM.  Vallerand  frères,  horticulteurs,  avenue  Faidherbe,  28,  à 
Bois-Colombes  (Seine). 

42«  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  Broméliacées  fleuries 
ou  non  fleuries. 

1er  prix  :  Médaille   dor,  oiYerte  par   M.  Marne.  M.  Duval   (Léon), 

déjà  nommé. 
2e  prix  :  Médaille  de  vermeil.  MM.  Cappe  et  fils,  déjà  nommés. 
3e    —  —        d'argent.  M.  Delavier,  déjà  nommé. 

44*  Concours.  —  La  plus  belle   collection  de  cinquante   Bégonia 
rhizomateux  à  feuilles  ornementales  [Rex^  etc.). 

3e  prix  :  Médaille  d'argent.  MM.  Cappe  et  fils,  déjà  nommés. 


HORTICULTURE.  381 

47^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  d'Aroïdées,  à  Texception 
des  Caladium. 

le  prix  :  Objet  d'art,  offert  par  la  "Ville  de  Versailles.  M.  Delavier. 

déjà  nommé. 
2*^  prix  ;  Médaille  d"or.  MM.  Chantrier  frères,  déjà  nommés. 

49^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  vin^'t-cinq  Anthurium 
Scherzerianum. 

lei"  prix  :  Médaille  d"or,  offerte  par  M.  Panhard.  M.  Duval  (Léon), 

déjà  nommé. 
2«  prix  :  Médaille  de  vermeil.  MM.  Cappe  et  fils,  déjà  nommés. 

52^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  Caladium. 

le  prix  :  Objet  d'art,  offert  par  M™^  Gustave  Dupont.  M.  Perrette, 

jardinier  chez  \i^^  la  baronne  de  Bussière,  à  Bellevue  (Seine- 

el-Oise). 
2c  prix  :  Médaille  d'or,  offerte  par  M.  Martin-Cahuzac.  MM.  For- 

geot  et  Gie,  marchands-grainiers,  quai  de  la  Mégisserie,  6  et  8, 

à  Paris. 
3e  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil.  M.  Torcy- Vannier,  grainier- 

horticulteur,  rue  de  la  Juiverie,  12,  à  Melun  (Seine-et-Marne). 

55«  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  Sonerila  et  Bertolonia  ne  dé- 
passant pas  cinquante  plantes. 

!«'•  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil,  offerte  par  M.  le  marquis 
de  Paris.  M.  Bleu,  48,  avenue  d'Italie,  à  Paris. 

2*=  prix  :  Grande  médaille  d'argent.  MM.  Chantrier  frères,  déjà 
nommés, 

58*  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  Crotons. 

1er  prix  :  Médaille  d'honneur,  offerte  par  MM.  Vilmorin-An- 
drieiix  et  C'^°.  MM.  Chantrier  frères,  déjà  nommés. 

60*  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  Dracœna. 

1er  prix  :  Médaille  d'or,  offerte  par  Mni«  J.  Guichard.  M.  Poignard, 

déjà  nommé. 
ler  prix  :  Médaille  d'or.  MM.  Chantrier  frères,  déjà  nommés. 

63*  Concours.  —  La  plus  belle   collection  de  Fougères  arbores- 
centes, en  forts  exemplaires. 

2*  prix  :  Médaille  de  vermeil.  Mme  Vve  Chantin  et  fils,  déjà 
nommés, 

65«  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  Fougères  herbacées 
de  serre. 

1er  prix  :  Médaille  d'or,  offer'e  par  M,  le  comte  Duchàtel.  M.  Gar- 
reau  (Emile),  jardinier,  61,  rue  des  Gardes,  à  Bellevue  (Seine- 
et-Oise). 

68^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  cinquante  Palmiers. 

1er  prix  :  Objet  d'art,  offert  par  M.  le  Ministre  de  l'Agriculture. 
M.  Delavier,  déjà  nommé. 

69*  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  trente  Palmiers. 

1er  prix  :  Médaille  d'or,  offerte  par  M,  le  Ministre  de  l'Agricul 
ture,  Mme  Vve  Chantin  et  fils,  déjà  nommés. 


382  HORTICULTURE. 

73"  CoDCOnrs.  —  La  plus  belle  collection  de  Pandanées. 
i^''  prix  :  Médaille  d'or.  M.  Delavier  déjà  nommé. 

74«  Concours.  —  La  plus  belle  colleciion  de  plantes  dites  carni- 
vores :  Sarmcenia^  Cephalotus,  Dionœa,  Barlingtonia,  Brosera,  Droso- 
phyllum. 

le'  prix  :  Médaille  de  vermeil.  MM.  Chantrier  frères,  déjà  nommés, 

75^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  d'Euphorbia  cacti- 
formes. 

1er  ppix  :  Grande  médaille  de  vermeil,  offerte  par  la  Société  d'Hor- 
ticulture de  Douai.  M.  Simon  ^Charles),  horticulteur,  rue  La 
Fontaine,  à  Saint-Ouen  (Seine). 

76*  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  soixante  Cactées 
fleuries  ou  non  fleuries. 

2e  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil,  offerte  par  M.  Flavien. 
président  de  la  Société  d'Horticulture  de  Neuilly-Plaisance. 
M.  Simon  (Charles),  déjà  nommé. 

81*  Concours.  —  La  plus  belle  collection  d'Aloe. 

2e  prix  :  Médaille  d'argent.  M.  Simon  (Charles),  déjà  nonmé. 

82*  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  d'Aloe  en  fleurs. 

1er  prix  :  Médaille  de  vermeil.  M.  Simon  (Charles),  déjà  nommé. 

CONCOURS  IMPRÉVU 

Médaille  d'or  :  M.  Simon  (^Charles),  déjà  nommé,  pour  Phyllo- 
cactus. 

88*  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  Bégonia  tubéreux,  à 
fleurs  simpjles. 

1er  prix  :  Médaille  d'or.  Fondé  par  M.  Joubert  de  l'Hyberderie. 

M.  Plet  (Gabriel),  horticulteur,  au  Plessis-Piquet  (Seine). 
2e  prix  :  Médaille  de  vermeil.  M.  Couturier  (Emile),  horticulteur, 
rue  des  Calèches,  22,  à  Chatou  (Seine-et-Oise). 

89*  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  Bégonia  tubéreux,  de  semis, 
à  fleurs  simples. 

ler  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil,  offerte  par  la  Société  d'Horti- 
culture de  Caen  et  du  Calvados.  MM.  Vallerand  frères,  déjà 
nommés. 

90*  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  Bégonia  tubéreux  à 
fleurs  doubles. 

le'  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil,  offerte  par  M^^  la  baronne 

Léonino.  M.  Yacherot  (Henri),  déjà  nommé. 
2*  prix  :  Médaille  d'argent.  M.  Couturier  (Emile)  déjà  nommé. 

91*  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  Bégonia  tubéreux,  de  semis, 
à  fleurs  doubles. 

1er  prix  :  Médaille  de  vermeil.  M.  Couturier  (Emile),  déjà  nommé. 

93*  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  cinquante  Coleus. 

1er  prix  :  Grande  médaille  d'argent.  MM.  Billard  et  Barré,  horti- 
culteurs, rue  de  Chatenay,  20,  à  Fontenay-aux-Roses  (Seine). 


HORTICULTURE.  383 

94«  Concours.  —  Le  plus   beau    lot   de  cent    Calcéolaires    her- 
bacées. 

le"-  prix  :  Médaille  d'or  oflerte  par  la  Société  d'Horticulture  de 
Gompiègne.  MM.  Vilmorin-Andrieux  et  CA^,  marchands-grainiers, 
quai  de  la  Mégisserie,  4,  à  Paris. 

2e  prix  :  Médaille  de  Vermeil  MM.  Dupanloup  et  C'«,  déjà 
nommés. 

96®  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  Calceolaria  rugosa  hybrides. 

le'-  prix  :  Grande  médaille  d'argent.  MM.  Vilmorin-Andrieux  et  Gi«. 
déjà  nommés. 

98^  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  vingt-cinq  Cinéraires  doubles. 

1"^'"  prix  :  Médaille  de  vermeil.  MM.  Vilmorin-Andrieux  et  CJ«. 
déjà  nommés. 

100®  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  soixante  Pelargonium 
à  grandes  fleurs  simples,  doubles  ou  de  fantaisie. 

lei"  prix  :  Médaille  d'or,  otferte  par  M.  Duchartre.  M.  Boutreux. 
déjà  nommé. 

101«  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  trente  Pelargonium  à 
grandes  fleurs  simples,  doubles  ou  de  fantaisie 

1er  prix  :  Grande  médaille  d'argent.  M.  Boutreux,  déjà  nommé. 

102^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  soixante  Pelargonium 
zonale  et  inquinans  à  fleurs  simples. 

1er  prix  :  Médaille  d'or.   Fondé  par  M.  Juubert  de  l'Hiberderie. 

M.  Nonin,  déjà  nommé. 
2e  prix  :  Médaille  de  vermeil.  MM.  Poirier  et  fils,   horticuleurs, 

rue  delà  Bonne-Aventure,  J2,  à  Versailles  (Seine-et-Oise). 
3e  prix  :  Médaille  d'argent.  M.  Foucard,  entrepreneur  de  jardins, 

avenue  de  Brimont,  6,  à  Ghatou  (Seine-et-Oise). 
4e  prix  :  Médaille  de    bronze.   M,   Pidoux,   horticulteur,    rue  du 
Refuge,  19,  à  Versailles  (Seine-et-Oise). 

1048  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  soixante  Pelargonium 

zonale  et  inquinans  à  fleurs  doubles. 

2e  prix  :  Médaille  de  vermeil.  MM,  Poirier  et  fils,  déjà  nommés. 
3e    —  —        d'argent.  M.  Foucard,  déjà  nommé. 

105®  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  trente  Pelargonium 
zonale  et  inquinans  à  fleurs  doubles. 

3e  prix  :  Médaifle  d'argent.  M.  Pidoux,  déjà  nommé. 

106®  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  cinquante  Pelargonium  zonale 
et  inquinans  à  feuilles  panachées. 

2e  prix  :  Médaille  d'argent.  M.  Rollé,  jardinier,  avenue  de  Glichv, 
163  bis,  à  Paris. 

107^  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  des  meilleurs  Pelargonium  pour 
massifs. 

1er  prix  :   Grande  médaille  d'or  offerte  par  M.    le   Ministre   de 

l'Agriculture.  MM.  Poirier  et  fils,  déjà  nommés. 
2e  prix  :  Médaille  de  vermeil,  M.  Foucard,  déjà  nommé, 
3e      —      Grande  médaille  d'argent,  M.  Pidoux,  déjà  nommé. 


38i  IIORTICULÏURK. 

108^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  soixante  Pelargonium 
à  feuilles  de  Lierre  vertes  ou  panachées,  à  fleurs  simples  ou  dou- 
bles. 

2c  prix  :  Grande  médaille  d'argent.  MM.  Theulier  et  fds,  horticul- 
teurs, 22,  rue  Pétrarque,  à  Paris-Passy. 

109^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  trente  Pelargonium  à 
feuilles  de  Lierre  vertes  ou  panachées,  à  fleurs  simples  ou  doubles. 

2°  prix  :  Médaille  d'argent.  MM.  Theulier  et  fils,  déjà  nommés. 

llQe  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  Pelargonium  à  feuilles  de 
Lierre. 

1*^''  prix  :  Grande  médaille  d'argent.  M.  Nonin,  d  •jà  nommé. 

112«  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  Verveines  fleuries. 
2«=  prix  :  Médaille  d'argent.  M.  Boutreux,  déjà  nommé. 

116°  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  soixante  Pétunia  en 
variétés  nommées,  fleuries,  simples  ou  doubles. 

1er  prix  :  Grande  médaille  d'argent.  MM.  Forgeot  et  Gie,  déjà 
nommés. 

117^  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  Pétunia  pour  massifs. 

1er  pi-ix  :  Grande  médaille  d'argent.  MM.  Forgeot  et  G'«-\  déjà 
nommés. 

119^  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  Fuchsia  ne  dépassant  pas 
cent  plantes. 

2o  prix  :  Médaille  de  vermeil.  M.  Nonin,  déjà  nommé. 

123'^  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  Bruyères  :  Erica  ou  Epacris. 

l<^|'  prix  :  Médaille  d'or,  fondé  par  M.  Joubert  de  l'Hyberderie. 
M.  Gentilhomme,  hurticulteur,  146,  rue  Defrance,  à  Vinceunes 
;Seine). 


§  2.  PLANTES  DE  PLEINE  TERRE 

F.  —  PLANTES  NOUVELLES 


134*  Concours.  —  Une  ou  plusieurs  plantes  fleuries  ou  à  feuil- 
lage, introduites  le  plus  récemment  en  Europe. 

Médaille  d'argent,    offerte   par   M.    le   Ministre  de  l'Agriculture. 
M.  Treyve-Marie,  hurticulteur,  à  Moulins  (Allier). 

136"  Concours.  —  Lot  de  plantes  hybrides  dont  les  parents  seront 
indiqués. 

Grande  médaille  d'argent.  M.  Moser,  déjà  nommé,  pour  cinq  Rho- 
dodendrons nouveaux. 
Grande  médaille  de  vermeil,  M.  Moser,  déjà  nommé,  pour  six  Aza- 
lea  pontica  et  mollis  de  semis. 


HORTICULTURE.  385 

137'=  Concours.  — Une  ou  plusieurs  plantes  fleuries  ou  à  feuillage, 
ligneuses  ou  herbacées,  obtenues  de  semis  par  l'Exposant  et  non 
encore  récompensées  par  la  Société. 

Médaille  d'or.  M.Moser,déjà  nommé,  pour  Rhododendron  double. 

Grande  médaille  de  vermeil.  M.  Moser,  déjà  nommé,  pour  Rhodo- 
dendrons nouveaux. 

Médaille  de  vermeil.  M.  Moser,  déjà  nommé,  pour  Azalea  poniica 
et  mollis. 

Grande  médaille  d'argent,  offerte  par  la  Société  Horticole  de  la 
Haute-Marne.  MM.  Vilmorin-Andrieux  et  Gi°,  déjà  nommés,  pour 
Pavots  doubles. 

Médaille  d'argent.  M.  Duprat,  horticulteur,  61,  rue  Benatte,  à 
Bordeaux  (Gironde),  pour  Rose. 


G.  —  BELLE  CULTURE 

140®  Concours.  —  Quatre  plantes  fleuries  les  plus  remarquables 
par  leur  forme  et  leur  développement. 

!«•'  prix  :  Médaille  de  vermeil.  M.  Moser,  déjà  nommé,  pour 
quatre  Rhododendrons. 

H.  -^  CULTURE  SPÉCIALE 

146*=  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  cinquante  plantes 
marchandes  fleuries. 

Objet  d'art,  offert  par  M.  Roger-Ballu.  M.  Moser,  déjà  nommé, 
pour  Rhododendrons  et  Azalées. 

149®  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  cinquante  plantes 
ligneuses  en  fleurs,  à  feuilles  caduques,  susceptibles  d'être  soumises 
à  la  culture  forcée. 

lei-  prix  :  Objet  d'art,  offert  par  la  Compagnie  du  Chemin  de  fer 
du  Nord.  MM.  Croux  et  fils,  pépiniéristes,  au  Val  d'Aulnay,  près 
Sceaux  (Seine),  pour  Plantes  ligneuses  forcées. 

153®  Concours.  —  Le  plus. beau  lot  de  vingt  Hydrangea  panicidata 
grandlflora  fleuris. 

fer  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil.  MM.  Croux  et  fils,  déjà 
nommés. 

154®  Concours-  —  Le  plus  beau  lot  de  vingt-cinq  Hydrangea  Hor- 
tensia variés  fleuris, 

.Grande^  médaille  de   vermeil.    MM.   Croux  et  fils,  déjà  nommés. 

CONCOURS  IMPRÉVU 

Grande  médaille  de  vermeil,  offerte  par  la  Société  d'Horticulture 

de    Clermont.    MM.   Lemoine   et  fils,     horticulteurs,  à    Nancy. 

(Meurthe-et-Moselle),  pour  quatre  Lilas  nouveaux  de  semis. 
Médaille  de  vermeil.  MM.  Vallcrand  frères,  déjà  nommés,  pour 

Streptocarpiis. 
Grande  médaille  d'argent.  M.  Dessert,  horticulteur  à  Chciiunceaux, 

(Indre-et-Loire),  pour  dix  Pivoines  de  semis. 

25 


386  HORTICULTURE. 

I.  —  PLANTES  EN   COLLECTIONS 

158^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  cent  Conifères. 

1er  prix  :  Objet  d'art,  ofiert  par  M.  le  Ministre  de  l'Agriculture. 

MM.  Croux  et  fils,  déjà  nommés. 
2c  prix  :  Objet  d'art,  ofï'ert  par  M.  Henri  de  Vilmorin.  MM.  De- 
fresne   (^Honoré)  fils,   horticulteur,  en  face  la  mairie,  à  Vitry. 

(Seine.) 

159^  Concours.  —  La   plus  belle  collection   de  cinquante  Coni- 
fères. 

le  prix  :  Grande  médaille  d'or.  M.  Defresne  (Honoré)  fils,   déjà 

nommé. 
2e  prix  :  Médaille  d'or.  MM.  Croux  et  fils,  déjà  nommés. 
3c    —  —  —     M.  Bruneau  (Désiré),  horticulteur-pépinié- 

riste à  Bourg-la-Reine  (Seine). 

160^  Concours.  —  La  plus  belle  collection    de  vingt-cinq  Coni- 
fères, 

1er  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil.  M.  Defresne  (Honoré)  fils, 

déjà  nommé. 
2c  prix  :  Médaille  de  vermeil.  MM.  Croux  et  fils,  déjà  nommés. 

161«  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  douze  Conifères  à 
feuillage  panaché. 

2e  prix  :  Médaille  d'argent.  M.  Defresne  (Honoré)  fils,  déjà  nommé. 

164^  Concours.  La  plus  belle  collection  de  cent  arbres  ou  arbustes 
à  feuillage  persistant,  vert  ou  panaché. 

1er  prix  :  Objet  d'art,  offert  par  M.  le  Ministre  de  l'Agriculture, 
et  félicitations  du  Jury.  MM.  Croux  et  fils,  déjà  nommés. 

2e  prix  :  Grande  médaille  d'or,  offerte  par  le  Conseil  général  de 
la  Seine.  M.  Defresne  (Honoré)  fils,  déjà  nommé. 

167^  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  vingt-cinq  arbres   ou  ar- 
bustes à  feuiUage  décoratif,  non  persistant. 

1"-  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil,  offerte  par  M.  Louis  Leroy. 

M.  Defresne  (Honoré)  fils,  déjà  nommé. 
2e  prix  :    Médaille  d'argent.    M.    Paillet,  horticulteur,    vallée  de 

Châtenay,  près  Sceaux  (Seine). 

168^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  d'arbres  pleureurs. 

1er  prix  :  Médaille  d'or,  offerte  par  la  Société  des  Agriculteurs  de 
France.  M.  Defresne  (Honoré)  fils,  déjà  nommé. 

169^  Concours.  —   Le  plus  beau  lot  de  six   Magnolia  à  feuilles 
persistantes. 

1er  prix  :  Médaille  de  vermeil.  M.  Defresne  (Honoré)  fils,  déjà 
nommé. 

170c  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  vingt  Houx. 
le    prix  :  Médaille  d'or.  MM.  Croux  et  fils,  déjà  nommés. 

171e  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  douze  Houx. 
1er  prix  :  Médaille  de  vermeil.  M.  Paillet,  déjà  nommée 


HORTICULTURE.  387 

172^  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  six  Houx. 

1er  prix  :  Grande  médaille  d'argent.  MM.  Croux  et  fils,  déjà 
nommés. 

173^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  Fusains  à  feuilles 
persistantes. 

1er  pi-ix  :  Grande  médaille  de  vermeil.   MM.   Croux  et  fils,  déjà 

nommés. 
2e  prix  :  Médaille  de  vermeil.   M.  Defresne  (Honoré)  fils,   déjà 

nommé. 
3^  prix  :  Médaille  d'argent.  M.  Paillet,  déjà  nommé. 

175^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  vingt-cinq  variétés 
de  Lierre. 

ler  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil.  MM.  Croux  et  fils,  déjà 
nommés. 

176®  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  douze  variétés  de  Lierre, 
l"   prix  :   Grande    médaille    d'argent.   MM.    Croux   et  fils,   déjà 
nommés. 

177®  Concours.  —  La  plus  belle  collection  d'Erables  japonais. 

1er  prix  :  Médaille  d'or.  M.  Moser,  déjà  nommé. 
2e      —  —        de  vermeil,  offerte  par  la  Société  d'Hortict:  Hure 

de  Melun  et  Fontainebleau.  M.  Paillet,  déjà  nommé. 

CONCOURS  IMPRÉVU 

Médaille  d'argent.  M.  Boucher,  horticulteur,  164,  avenue  d'ikilic 
à  Paris,  pour  un  lot  de  Fusains  panachés,  variés,  disposé?  eu 
mosaïculture. 

180°  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  quarante  Rhododen- 
drons. 

1er  prix  :  Objet  d'art,  offert  par  M.  le  Ministre  de  l'Agriculture. 

M.  Moser,  déjà  nommé. 
2^  prix  :  Médaille  d'or.  MM.  Croux. et  fils,  déjà  nommés. 

181^  Concours.  —  La  plus  belle  collection   de  vingt-cinq  Rhodo- 
dendrons. 

2e  prix  :  Médaille  de  vermeil.  M.  Moser,  déjà  nommé, 

184«  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  vingt-cinq  Rhododen- 
drons à  tige,  ayant  plus  de  0°^,80  de  bauteur  (sous  tête). 

2e  prix  :  Médaille  de  vermeil.  M.  Moser,  déjà  nommé. 

186«  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  cinquante  Azalen 
pontica  et  mollis  fleuries. 

1er  prix  :  Objet  d'art,   offert  par  M.  le  Ministre  de  l'Instruction 

publique.  M.  Moser,  déjà  nommé. 
2e  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil.  MM.  Croux  et  fils,  dé; à 
nommés. 

188*  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  douze  Kalmia  fleuris^ 
2e  nrix  :  Médaille  d'argent.  Mi  Moser,  déjà  nommé; 


388  UORTIGULTURE. 

190*^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  cent  Fougères   de 
plein  air. 

ici-  prix  :  Médaille  d'or,  avec  félicitations  du  Jury,  M.  Moser,  déjà 

nommé. 
2c  prix  :  Médaille  de  vermeil.  MM.  Creux  et  fils,  déjà  nommés. 

198°  Concours.  —   La   plus  belle   collection  de   cent   Clématites 
fleuries. 

2^  prix  :  Médaille  d'or,  oii'erte  par  M.  le  ministre  de  TAgriculture. 
M.  Christel!  (Louis),  horticulteur,  6,  rue  Saint-Jules,  à  Ver- 
sailles (Seine-et-Oise). 

3c  prix  :  Médaille  d'argent.  MM.  Croux  et  fils,  déjà  nommés. 

199*^  Concours.  — ■  La  plus  belle  collection  de  cinquante  Clématites 
fleuries. 

2c  prix  :  Médaille  de  vermeil.  M.  Boucher  (Georges),  déjà  nommé. 

201«  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  Clématites  fleuries  ne  dé- 
passant pas  cinquante  sujets. 

2^  prix  :  Médaille  de  vermeil,  otîerte  par  M^e  Teston.  M.  Bouchei^ 

Georges),  déjà  nommé. 
3c  prix  :  Médaille  d'argent.  MM.  Croux  et  fils,  déjà  nommés. 

202*^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  cent  cinquante  Ro- 
siers hautes  tiges,  en  fleurs. 

1<='"  prix  :  Objet  d'art,  offert  par  M.  le  baron  Edmond  de  Rothschild. 
MM.  Lévêque  et  fils,  horticulteurs,  69,  rue  du  Liégat,  à  Ivry- 
sur-Seine  (Seine). 

2c  prix  :  Médaille  dor.  M.  Jupeau,  horticulteur,  125,  route  de  Fon- 
tainebleau, à  Kreudin-Bicètre  (Seine). 

3c  prix  :  Médaille  de  vermeil.  M.  Margottin  (Jules),  horticulteur,  à 
l'ierrefitte,  près  Paris. 

4e  prix  :  Gi'ande  médaille  d'argent.  M.  Rothberg,  horticulteur,  2,  rue 
Saint-Denis,  à  Gennevilliers  (Seine). 

4e  prix  :  Grande  médaille  d'argent.  M.  Boucher  (Georges),  déjà 
nommé. 

203*^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  soixante-quinze  Ro- 
siers hautes  tiges,  en  fleurs. 

1er  prix  :  Médaille  d'or.  M.  Margottin  (Jules),  déjà  nommé. 
2c      —  —        de  vermeil,  offerte  par  M.  Souillard.  MM.  Lévê- 

que et  fils,  déjà  nommés. 
3c  prix  :  Grande  médaille  d'argent.  M.  Jupeau,  déjà  nommé.  . 
3c      _  _  _  M.  Rothberg,  déjà  nommé. 

204^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  cinquante  Rosiers- 
i/.os,  hautes  tiges,  en  fleurs. 

Ic'  prix  :  Médaille  dor,  ollcile  par  M^'^"  Hardy.  M.  Jupeau,  déjà 
nounné. 

!«•■  prix  :  Médaille  d'or.  MM.  Lévêque  et  fils,  déjà  nommés. 

2°      —  —        de  vermeil,  fondée  par  M.  Destouches.  M.  Mar- 

gottin, déjà  nommé. 

3=  prix  :  Médaille  d'argent.  M.  Rothberg.  déjà  nommé. 


HORTICULTURE.  389 

205*  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  cent  cinquante  Ro- 
siers basses  tiges,  greffés  ou  francs  de  pied,  en  fleurs. 

1«''  prix  :  Médaille    d'honneur,    offerte    par    M.    Lecocq-Duménil. 

M.  Jupeau,  déjà  nommé. 
2"  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil.  M.  Margotlin,  déjà  nommé. 
3e      —  —  —      d'argent.    M^M .    Lévêque    et'  fils,    déjà 

nommés. 
o''  prix  :  Grande  médaille  d'argent.  M.  Rothberiï.  déjà  nommé. 

206'^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  soixante-quinze  Ro- 
siers basses  liges,  greffés  ou  francs  de  pied,  en  fleurs. 

1'"''  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil.  M.  Margottin,  déjà  nommé. 
l<^r    _  _  —      de  vermeil.  ^I.M.  Levêque  et  fds,  déjà 

nommés. 
2"  prix  :  Grande  médaille  d'argent.   M.  Jupeau,  déjà  nommé. 
2*^      —  —  —         d'argent.  M.  Rothberor,  déjà  nommé. 

.3»      —      Médaille  d'argent.  M.  Boucher  (Georiresl. 'déjà  nommé 

207*  Concours.  —  La   plus  belle  collection  de   cinquante  Rosiers 
thés  basses  tiges,  en  fleurs. 

1"  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil.  M.  Margottin,  déjà  nommé. 
2*^      —  —  —  d'argent.    MM.    Lévêque    et    fils,    déjà 

nommés. 
2e  prix  :  Grande  médaille  d'argent.  M.  Jupeau,  déjà  nommé. 
3e     —      Médaille  d'ar^rcnt.  M.  Rothberg,  déjà  nommé. 

208'^  Concours.  —  La   plus  belle  collection  de  cinquante  Rosiers 
grimpants. 

le>'  prix  :  Médaille  d'or.  M.  Rothberg,  déjà  nommé. 
3"      —  —        d'argent.  M.  Ghristen,  déjà  nommé. 

209«  Concours.  —  F>a  plus  belle  collection  de  vingt-c'.nq  Rosiers 
grimpants. 

2e   prix  :  Grande  médaille  d'arirent.   M.  Boucher  [Georiies  ,  déjà 
nommé. 

210°  Concours.  —  Le  plus  beau  groupe  formé  de  Rosiers  variés  ne 
dépassant  pas  cent  sujets. 

1^''  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil.  MM.  Lévêque  et  fils,  déjà 

nommés. 
2e  prix  :  Grande  médaille  d'argent.  M.  Jupeau,  déjà  nommé. 
3e     —     Médaille  d'argent.  M.' Boucher  (Georges),  déjà  nommé. 

211*  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  cinquante  Pivoines 
ligneuses. 

fer  prix  :  Médaille  d'or,  offerte  par  M^e  la  marquise  de  Trévise,  et 
félicitations  du  Jury.  M.  Paillet.  déjà  Kommé. 

215*  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  Cannas  ne  dépassant 
pas  cinquante  plantes. 

[^^  prix  :  Médaille    d'or,  offerte  par  Mm°  Maurice    de    Vilmorin. 

MM.  Billiard  et  Barré,  déjà  nommés. 
2e  prix  :  Médaille,  de  vermêd,  offerte  par  M^ie  Elwell.  M.  Molin, 

horticulteur,  8,  place  Bellecour,  à  Lyon  (Rhùne"). 


:i90  HORTICULTURE. 

220^  Concours.  —  La   plus   belle   collection    d'ins    germanica    et 
variétés. 

■1er  prix  :  Médaille   de   vermeil,  offerte   par  M™e   Pillais.  M.  Deli- 

moges,  horticulteur,  36,  me  Barbés,  au  Petit-Ivry  (Seine). 
2e  prix  :  Médaille  d'argent.  M.  Defresne  (Honoré)  fils,  déjà  nommé. 

222^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  cent  Œillets. 

1er  prix  :  Médaille  d'or.  M.  Régnier  (Alexandre),  déjà  nommé. 

225"  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  d'CEillets  ne  dépassant  pas 
cent  plantes. 

1er  prix  :  Médaille  de  vermeil,  offerte  par  la  Société  d'Horticul- 
ture des  Vosges.  M.  Cadot,  jardinier  au  château  de  Montgobert, 
par  Villers-Cotterets  (Aisne). 

2e  prix  :  Médaille  de  vermeil.  MM.  Lévêque  et  fils,  déjà  nommé. 

3e      —  —        d'argent.  M.  Nonin,  déjà  nommé. 

229®  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  d'Auricules  variées  {Primula 
Aiiricula). 

2e  prix  :  Médaille  d'argent.  MM.  Dupanloup  et  Ci^,  déjà  nommés 

233°  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  Reseda  (cinquante  pots). 

2e  prix  :  Médaille  d'argent.  MM.  Vilmorin-Andrieux  et  0»^,  déjà 
nommés. 

235^  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  Pensées,  en  cent  cinquante 
plantes  variées. 

1er  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil,  offerte  par  M.  Danet. 
M.  Falaise,  horticulteur,  rue  du  Vieux-Pont-de-Sèvres,  120,  à 
Billancourt  (Seine). 

2°  prix  :  Grande  médaille  d'argent.  M.  Gravereau,  horticulteur, 
grainier,  à  Néaiiphle-le-Château  (Seine-et-Oise) 

3*  prix  :  Médaille  d'argent.  M.  du  Seuil,  horticulteur-fleuriste,  bou- 
levard Lamouroux,  1(J8,  à  Vitry-sur-Seine  (Seine). 

236^  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  Pensées  réunies  par  cou- 
leurs. 

1er  prix  :  Médaille  de  vermeil,  offerte  par  M.  Joret.  M.  Gravereau, 

déjà  nommé. 
3e  prix  :  Médaille  d'argent.  M.  Falaise,  déjà  nommé. 

CONCOURS  IMPRÉVUS 

Grande  Médaille  de  vermeil.  MM.  Vilmorin-Andrieux  et  C'e,  déjà 

nommés,  pourPlantes  herbacées  et  bulbeuse>  en  fleurs  coupées. 
Médaille  d'argent.  M.  Defresne  (Honoré)  fils,    déjà  nommé,  pour 

Fusains  en  bacs. 
Médaille  d'argent.  M.  Defresne  (Honoré)  fils,   déjà  nommé,  pour 

Arbustes  fleuris. 
Médaille  d'argent.  M.  Crozy,  horticulteur,  rue  de  la  Guillotière, 

206,  à  Lyon  (Rhône),  pour  Cannas. 

237®  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  plantes  vivaces  fleu- 
ries ou  à  feuillage. 

lei'  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil,  offerte  par  M.  Pellier. 
MM.  Yvon  et  fils,  horticulteurs.  4i,  route  de  Ghàtillon,  à 
Malakoff  (Seine). 


HORTICULTURE.  391 

238«  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  plantes  vivaces  fleuries  ou  à 
feuillage. 

1er  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil.  MM.  Vilmorin-Andrieux  et  C"« 
déjà  nommés. 

239^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  plantes  annuelles  et 
bisannuelles  fleuries. 

1er  prix  :  Objet  d'art,  otfert  par  M.  le   Ministre  de  rAgriculture. 

MM.  Vilmorin-Andrieux  et  C'",  déjà  nommés. 
2®  prix  :  Grande  médaille  d'or,  fondée  en  mémoire  du  Maréchal 

Vaillant.  MM.  Forgeot  et  C'^,  déjà  nommés. 

240«  Concours.  —  La  plus  belle  disposition  d'un  massif  ou  d'une 
corbeille  de  plantes  fleuries,  annuelles  et  vivaces. 

1er  prix  :  Médaille  d'honneur,  fondée  en  mémoire  du  D'  Andry. 

MM.  Vilmorin-Andrieux  et  C'e  déjà  nommés. 
2e  prix  :  Médaille  d'or.  MM.  Forgeot  et  C'e,  déjà  nommés. 

243«  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  d'Orchidées  de  pleine  terre. 

3e  prix  :  Médaille  de  bronze.  M.  Dugourd,  horticulteur,  16,  rue 
Auguste-Barbier,  à  Fontainebleau  (Seine-et-Marne). 

244^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  plantes  alpines. 

lei-  prix  :  Médaille  d"or.  M.  Gorrevon,  propriétaire  du  jardin  alpin 
d'acclimatation,  à  Genève  (Suisse). 

245®  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  Muguets. 

le'-  prix  :  Grande  médaille  d'argent.  M.  Fortin,  maître-jardinier, 

à  Antony  (Seine). 
2e  prix  :  Médaille  d'argent.  M.  Paillet,  déjà  nommé. 

248^  Concours.  —  Les  plus  beaux  motifs  de  mosaïculture. 
3e  prix  :  Médaille  de  bronze.  M.  Rollé,  déjà  nommé. 

CONCOURS  IMPRÉVUS 

Objet   d'art,   offert    par  la    Société    d'Horticulture    du    Raincy. 

MM.   Vilmorin-Andrieux  et  C^e,  déjà  nommés,  pour  collection 

de    Plantes  alpines  et  alpestres. 
Grande  médaille  de  vermeil,  offerte  par  la  Société  d'Horticulture 

d'Orléans  et  du  Loiret.  MM.  Forgeot  et  G'e,  déjà  nommés,  pour 

collection  de  Pyréthres. 
Grande  médaille  de  vermeil,  offerte  par  la  Société  d'Horticulture 

de   Provins.    MM.    Lemoine  et  fils,   déjà   nommés,  pour   Lilas 

doubles. 
Médaille  de  vermeil,  offerte  par  la  Société  d'Horticulture  de  Sois- 
sons.  MM.  Forgeot  et  Cie,  déjà  nommés,  pour  collection  d'Anco- 

lies. 
Médaille  de  vermeil.  MM.  Forgeot  et  C'e,  déjà  nommés,  pour  Pois 

de  senteur. 
Médaille  de  vermeil,  offerte  parla  Sociétô  d'Horticulture  de  Beau- 

vais.    M.  Thiébault  aîné,   marchand   grainier,   30,   place  de  la 

Madeleine,  à  Paris,  pour  Pyréthres  en  fleurs  coupées. 
Grande  médaille   d'argent.    MM.    Vilmoçin-Andrieux  et   C^e,  déjà 

nommés  pour  collection  d'Ancolies. 
Médaille  d'argent.  MM.  Vilmorin-Andrieux  et  C'e,  déjà  nommés, 

pour  MimuLus. 
INIédaille  de  bronze.  M.  Dugourd,  déjà  nommé,  pour  Seclum  j'apo- 

nicum  aureum. 


392  HORTICULTURE. 


K.  —  FLEURS  COUPÉES 


255^  Concours.    —    La    plus    belle    collection    de    cent   Pivoines 
ligneuses. 

1er  prix  :  Médaille  de  vermeil,  offerte  par  M"f^  Dctermes.  M.  Des- 
sert, déjà  nommé. 
2^  prix  :  Grande  médaille  d'argent.  M.  Paillet,  déjà  nommé. 

259^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  cinquante  Iris. 

2<^  prix  :  Médaille  d'aro^ent,  offerte  par  M.  Japiot.  M.  Millet,  hor- 
ticulteur, à  Bourg-la-Reine  (Seine). 

2«  prix  :  Médaille  d'argent.  M.  Torcy-Vannier,  déjà  nommé. 
2^      —  —        d'argent.    MAL   Yilmorin-Andrieux  et    G'^',  déjà 

nommés. 
3e  prix  :  Médaille  de  bronze.  M.  Delimoges,  déjà  nommé. 

261^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  plantes  bulbeuses 
diverses. 

1^1-  prix  :  Objet  d'art,  offert  par  M^e  Heine.    M,  Thiébault  aîné, 

déjà' nommé. 
2"  prix  :   Médaille   d"or.   M.    Delahaye,   grainier,  18,    quai  de  la 

Mégisserie,  à  Paris. 


IL  —  BOUQUETS   ET  GARNITURES  D'APPARTEMENT 


265*"-  Concours.  —  La  plus  belle  garniture  en  fleurs  d'un  salon. 

1er  pi-ix  :  Objet  d'art,  offert  par  les  Dames  patvonnesses.  M.  Debrie- 
Lacliaume,  fleuriste,  10,  rue  Royale,  à  Paris. 

266«  Concours.  —  La  plus  belle  ornementation  de  table. 

le""  prix  :  Médaille  d'or,  offerte  par  Mme  Sueur  mère.  M.   Hanser 
Harduin,  fleuriste,  boulevard  des  Capucines,  31,  à  Paris. 

2e  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil.  M,  Debrie-Lachaume,  déjà 
nommé. 

268«  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de'bouquets  variés. 

1er  prix  :  Médaille  d'or.  M.  Hanser-Harduin,  déjà  nommé. 

2e      —      Grande  médaille  de  vermeil.  M.  Debrie-Lachaume,  déjà 

nommé. 
3e  prix  :  Médaille   de  vermeil.  M.  Martin,  horticulteur-fleuriste, 

14,  avenue  de  l'Aima,  à  Paris. 

269°  Concours.  —  Les  plus  belles  garnitures  de  jardinières  et  de 
suspensions  d'appartement,  bûches  rustiques  ornées  de  plantes  à 
feuillage,  etc. 

1er  prix  :  Médaille  d'or.  M.  Debrie-Lachaume,  déjà  nommé. 

1er     —  _        (i'or,  offerte  par  M™e  Alphen.  M.  Martin,  déjà 

nommé. 

2e  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil,  offerte  par  la  Société  d'Horti- 
culture de  Clermont.  M.  Hanser-Harduin,  déjà  nommé. 

3e  prix  :  Médaille  d'argent.  M.  Lelièvre  (Eugène),  sculpteur-déco- 
rateur, 83.  boulevard  Richard-Lenoir,  à  Paris. 


HORTICULTURE.  -      393 

270*'  Concours.  —  Le  plus  beau  motif  ou  sujet  décoratif  en  fleurs 
d'Orchidées. 

1er  prix  :  Médaille  d'or.  M.  Debrie-Lachaume,  déjà  nommé. 
2°      —       Grande  médaille  de  vermeil.  M.  Martin,  déjà  nommé. 
3<^      —      Médaille  de  vermeil,  offerte  par  M"«^  Villebœuf.  M.  Ilanser- 
Harduin,  déjà  nommé. 

272*^  Concours.  —   Le  plus  beau  groupement  de  fleurs  dans  des 
vases  ou  objets  d'art. 

U''  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil,  M.  Debrie-Lachaume,  déjà 
nommé. 

2<>  prix  :  Médaille  d'argent.  M.  Meunier,  7:î,  avenue  de  la  Répu- 
blique, à  Montrouge  (Seine). 


§  3.  ARBORICULTURE  ET  FRUITS 


274^  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  d'arbres  et  arbustes  fruitiers, 
en  pots,  portant  leurs  fruits  à  maturité. 

1*^'"  prix  :  Grande  médaille  d'argent,  offerte  par  le  Comité  d'Ar- 
boriculture fruitière.  M.  Duval  ^ Henri  ,  horticulteur.  S,  rue  de 
l'Ermitage,  à  Versailles  (Seine-et-Oise). 

276*"  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  Raisins  forcés. 

le-  prix  :  Médaille  d'or.  M.  Salomon,  viticulteur,  à  Thomery 
(Seine-et-Marne). 

276''  Concours  {bis).  —  Le  plus  beau  lot  de  Pèches  forcées. 

l^''  prix  :  Grande  médaille  d'argent,  offerte  par  la  Société  d'Horti- 
culture de  Neuilly.  M^c  Adam  (Hippolyte),  à  Outreau,  Coa- 
logne-sur-Mer  (Pas-de-Calais). 

277®  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  fruits  mûrs  forcés. 

l^r  prix  :  Médaille  d'honneiu',  offerte  par  M.  le  AHnistre  de  l'Agri, 
culture.  M.  Parent,  horticulteur,  rue  du  Vieux-Chemin-de-Paris- 
à  Rueil  (Seine-et-Oise). 

3^  prix  :  Médaille  de  bronze.  M.  Chorier,  marchand  de  comes- 
tibles, 17,  rue  du  Helder,  à  Paris. 

279«  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  Raisins  conservés  frais. 

[er  p|.ix  :  Médaille  d'honneur,  offerte  par  la  Société  d'Horticulture 
d'Epernay.  M.  Salomon  (Etienne),  déjà  nommé. 

280®  Concours.  —   La  plus  belle  collection  de  fruits  exotiques, 
comprenant  au  moins  vingt  variétés. 

1<"'  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil,  offerte  par  le  Comité  d'Ar- 
boriculture fruitière.  M.  Hédiard,  produits  exotiques,  21,  place 
de  la  Madeleine,  à  Paris. 

2<^  prix  :  Médaille  d'argent.  M.  Gasablancas,  36,  rue  de  Lonchamps, 
à  Paris, 

281®  Concours.  —  La  plus  belle  collection  d'arbres  fruitiers  élevés 
en  pots,  de  force  à  fructifier. 

fei"  prix  :  Médaille  de  vermeil,  offerte  par  M.  Gévelot.  M.  Bruneau 
(Désiré),  déjà  nommé. 


394  HORTICULTURE. 

282«  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  fruits  d'Algérie  et 
des  colonies  françaises. 

Ic'  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil,  offerte  par  le  Comité  d'Ar- 
boriculture fruitière.  M.  Hédiard,  déjà  nommé. 

CONCOURS    IMPRÉVU 

Médaille  de  bronze.  M.  Chevalier,  horticulteur,  12,  rue  de  Tra 
verse,  à  Argenteuil  (Seine-et-Oise),  pour  Figues. 


S  4.  CULTURE  MARAÎCHÈRE 


286«  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  d'ensemble  de  Légumes  et  Sa- 
lades forcés  et  de  saison. 

1er  pi^ix  :  Objet  d'art,  offert  par  M.  le  Ministre   de   l'Instruction 

publique.  MM.  Vilmorin- And rieux  et  C'^,  déjà  nommés. 
2e  prix  :  Médaille  d'honneur,  offerte  par  la  Ville  de  Paris.  Société 

des  Jardiniers  et  Horticulteurs  de  la  Seine,  Président  :  M.  Niolet, 

50,  rue  d'Alleray,  à  Paris. 
3»  prix  :  Médaille  d'or,  offerte  par  M.  le  Ministre  de  l'Agriculture, 

M.  Chemin,  maraîcher,  14,  avenue  de  Paris,  à  Gentilly  (Seine). 
4«  prix  :  Grande    médaille   de  vermeil,    offerte  par   M.*  Hebrard 

(Alexandre).  M.  Lambert,  chef-jardinier  de  l'hospice  de  Bicêtre. 

287^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  Salades. 

l^r  prix  :  Médaille  de  vermeil,  offerte  par  la  Société  d'Horticulture 
de  Melun  et  Fontainebleau.  MM.  Dupanloup  et  Ci®,  déjà  nommés. 

290®  Concours.  —  Les  quatre  plus  belles  bottes  d'Asperges. 

le''  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil,  offerte  par  M.  Hebrard 
(Laurent).  M.  Chevalier  (Edmond),  déjà  nommé. 

2e  prix  :  Grande  médaille  d'argent.  M.  Bruneau-Biette,  proprié- 
taire, à  Touchebrault,  par  Mur-de-Sologne  (Loir-et-C.her). 

3^  prix  :  Médaille  d'argent.  MM.  Dupanloup  et  C^^,  déjà  nommés. 

291®  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  Pommes  de  terre  à 
châssis,  plantes  entières,  tiges  et  tubercules  adhérents. 

3e  prix  :  Médaille  d'argent.  MM.  Vilmorin-Andrieux  et  Cie,  déjà 
nommés. 

292®  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  Pois  forcés,  à  maturité. 

1er  prix  :  Médaille  de  vermeil,  offerte  par  la  Société  d'Horticul- 
ture de  Neuilly-Plaisance.  MM.  Forgeot  et  Cie,  déjà  nommés. 

296®  Concours,  —  Le  plus  beau  lot  de  Choux-fleurs  (au  moins 
quatre  spécimens  de  chaque  variété). 

1er  prix  :  Grande  médaille  de  vermeil,  offerte  par  le  Comité  de 
Culture  potagère.  JMM.  Dupanloup  et  C^e,  déjà  nommés. 

2e  prix  :  Médaille  d'argent.  MM.  Vilmorin-Andrieux  et  C'e,  déjà 
nommés. 

297®  Concours.   —  La  plus  belle  collection  de  Choux  pommés. 

le""  prix  :  Médaille  de  vermeil,  offerte  par  la  Société  Horticole  et 
Agricole  de  Saône-et-Loire,  MM.  Dupanloup  et  C^e,  déjà  nommés. 


HORTICULTURE.  395 

299«  Concours.  —  La  plus  belle  collection   de  Fraisiers  en  pots, 
avec  fruits  à  maturité. 

Médaille  d'argent,  offerte  par  le  Comité  d'Arboriculture  fruitière. 
MM.  Lapierre  et  fils,  pépiniéristes,  11,  rue  de  Fontenay,  à 
Montrouge  (Seine\ 

300^  Concours.  —  Les  plus  belles  corbeilles  de  Fraises,  en  variétés 
distinctes. 

Grande  médaille  d'argent,  offerte  par  le  Comité  d'Arboriculture 
fruitière.  M.  Millet,  déjà  nommé, 

302*  Concours.  —  Le  plus  beau  lot  de  Champignons,  avec  mode 
de  culture. 

l^i"  prix  :  Grande  médaille  d'argent.  MM.  Vilmorin-Andrieux  et  Ci», 
déjà  nommés. 

303®  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  légumes  exotiques. 

2e  prix  :  Médaille  d'argent.  M.  Chappellier,  46,  faubourg  Poisson- 
nière, à  Paris. 

304^  Concours.  —  La  plus  belle  collection  de  légumes  d'Algérie  et 
des  colonies  françaises. 

le»"  prix  :  Médaille  de  vermeil.  M.  Hédiard,  déjà  nommé. 


§  5.  INSTRUCTION  HORTICOLE 


305«  Concours.  —  Herbiers. 

lei"  prix  :  Médaille  de  vermeil,  offerte  par  la  Société  Horticole  et 
Botanique  de  l'arrondissement  de  Melun.  M.  Feuilleaubois, 
7,  rue  des  Bons-Enfants,  à  Fontainebleau  (Seine-et-Marne). 

2"  prix  :  Médaille  d'argent.  M.  Laurette,  instituteur  à  Douchy 
(Nord). 

3e  prix  :  Médaille  de  bronze.  M^i^  Mathas  (Victorine),  à  Beaufort 
(Jura). 

306°  Concours.  —  Collection  d'Histoire  naturelle  pouvant  servir  à 
l'enseignement  horticole. 

1er  prix  :  Médaille  de  vermeil,  offerte  par  la  Société  d'Horticulture 
de  Soissons.  M.  Fallou,  amateur,  10,  rue  des  Poitevins,  à  Paris. 

2e  prix  :  Médaille  d'argent.  M.  Decaux,  entomologiste,  8,  rue  du 
Marché,  à  Neuilly- sur-Seine  (Seine). 

2e  prix  :  Médaille  d'argent.  M.  Gauthier,  instituteur,  à  Saint- 
Aignans-des-Gués  (Loirel). 

3e  prix  :  Médaille  de  bronze.  M.  Deshayes,  instituteur,  à  Fer- 
rières-en-Brie  (Seine-et-Marne). 

3e  prix  :  Médaille  de  bronze.  M.  Guibert,  à  Roquencourt  (Seine- 
et-Oise). 

Mention  honorable  M.  Laurette,  déjà  nommé. 
—  —  M.  Lucet,   pharmacien,  52,  rue  de  la  Grande- 

Horloge,  à  Rouen  (Seine-Inférieure). 


396  HORTICULTURE. 

307"  Concours.  —  Collection  de  plantes  ou  dessins  pouvant  servir 
à  renseignement  horticole. 

1er  prix  :  Médaille  de  vermeil,  (tfferte  par  la  Sor.iété  d'Horticulture 

de  Reims.  M.  Duquenne,  aquarelliste,  2,  allée  de  Longchamp, 

au  Perreux  (Seine). 
2^   prix   :  Médaille    d'argent.    M.    Baladiez,    artiste    dessinateur, 

30,  rue  Monsieur-le-Prince,  à  Paris. 
2«  prix  :  Médaille  d'argent.  M.   Plauszewski,   peintre-dessinateur, 

7,  avenue  Niel,  à  Paris. 

309®  Concours.  —  Collection  de  fruits  et  de  légumes  imités. 

l^r  prix  :  Médaille  d'or,  offerte  par  M.  Joly.  MM.  Yilmorin-An- 
drieux  et  C'«,  déjà  nommés. 

Mention  honorable.  M.  Assier,  216,  rue  Groix-Nivert,  à  Paris. 
—  —         M"e   Blatrier  (Louise),    libraire,  24.   passage 

Bosquet,  à  Paris. 

Des  remerciements  sont  adressés  à  M.  Villot,  artisan,  21,  boule- 
vard de  la  Chapelle,  à  Paris,  et  à  M"<"  Rousselet,  fleuriste,  32, 
à  Maisons-Laihtte  ^Seine-et-Oise). 

CONCOURS  IMPRÉVUS 

Objet  d'art,  offert  par  M.  Léon  Simon.  M.  Charles  Baltet,  horticul- 
teur, 26.  faubourg  Croncels,  à  Troyes  (Aube),  pour  publication 
horticole. 

Médaille  d'or.  M.  Bourguignon,  directeur  de  La  Revue  Horticole, 
26,  rue  Jacob,  à  Paris,  pour  La  Revue  Horticole. 

Grande  médaille  de  vermeil.  M.  Martinet,  architecte-paysagiste, 
167,  boulevard  Saint-Germain,  à  Paris,  pour  Le  Jardin  et  Le 
Petit  Jardin  illustré. 

Médaille  de  vermeil.  M.  Ghauré,  directeur  du  Moniteur  d'Horticul- 
ture, li,  rue  de  Sèvre,  à  Paris,  pour  Le  Moniteur  de  VHorticul- 
ture. 

Médaille  d'argent,  M.  Gorrevon,  déjà  nommé,  pour  publications 
horticoles. 

Médaille  de  bronze,  M.  Nicolas,  instituteur,  à  Brou,  par  Ghelles 
(Seine-et-Marne),  pour  publications  horticoles. 

Médaille  de  bronze.  M.  Cordonnier,  viticulteur,  à  Bailleul  (Nord), 
pour  publications  horticoles. 

Mention  honorable.  M.  Garrillon,  instituteur,  à  Argésians,  par 
Belfort,  pour  publications  horticoles. 

Mention  honorable.  M.  Gérardin,  instituteur,  à  Richecourt,  par 
Apremont-la-Forêt  (Meuse),    pour  publications  horticoles. 


INDUSTRIES    HORTICOLES.  3U7 


§  6.  ARCHITECTURE  DES  JARDINS 


Dix-septième  Section 
ARCHITECTURE  DE  JARDINS,  CONSTRUCTIONS  RUSTIQUES 

Concours  :  310^  au  318^. 

MM.  Le   Breton,  Président,  architecte-paysagiste,  o,  rue  Gounod,  à 
Paris. 
Contal,  Secrétaire,  architecte-paysagiste,  à  Lille  (Nord). 
DeiNy,  architecte-paysagiste,  30,  rue  Spontini,  à  Paris. 
Jary  (fils),  architecte-paysagiste,  à  Limoges  (Haute- Vienne). 

Commissaire-conducteur  :  M.  Quénat  (Pierre),  architecte  paysagiste, 
96  bis,  rue  de  La  Tour,  à  Paris. 

Plans  et  maquettes. 

1*^'"  Prix  :  Grande  médaille  de  vermeil,  offerte  par  M.  Deny.  M.  Nivet  (H.) 
jeune,  horticulteur,  architecte-paysagiste,  6,  rue  Saint-Martial,  à 
Limoges  (Haute- Vienne). 

2''  Prix  :  Grande  médaille  de  vermeil.  M.  Marti.net  (H.),  architecte- 
paysagiste,  167,  boulevard  Saint-Germain,  à  Paris. 

3*  Prix  :  Grande  médaille  d'argent,  offerte  par  M.  le  Ministre  de 
TAgriculture.  M.  Touret(E.),  paysagiste,  108,  rue  de  Longchamps, 
à  Paris-Passy. 

4"-^  Prix  :  Grande  médaille  d'argent.  M.  Redont,  architecte-paysagiste 
à  Reims  (Marne). 

Projets  en  cours  d'exécution. 

Médaille  de  bronze.  M.  Jardel  (R.-J.),  architecte,  37,  rue  des  Acacias, 
à  Paris. 

Projets  de  constructions  d'édicules. 

Grande  médaille  d'argent.  M.  Mathia.n  (A.),  constructeur,  2o,  rue 
Damesne,  à  Paris. 

Projets  non  exécutés, 

Médddle  d'argent.  M.  UsTeri  (A.),  architecte  dejardins,  Gloriabtrasse, 
64,  à  Zurich  (Suisse). 


398  INDUSTRIES   HORTICOLES. 

Constructions  rustiques. 

1"  Prix  :  Médaille  d'or,  M.  Dubois  (Th.),  kiosques  et  serres,  9,  avenue 
Berihet,  à  Sannois  (Seine-et-Oise). 

2"  Prix  :  Grande  médaille  de  vermeil.  M.  Hénot,  treillageur,  12,  rue 
de  la  Tour,  à  Paris. 

3^  Prix  :  Grande  médaille  de  vermeil.  M.  Philippon,  constructeur,  à 
Robinson,  près  Sceaux  (Seine). 

4^  Prix  :  Grande  médaille  d'argent.  M.  Plançon,  constructions  rus- 
tiques, 29,  rue  de  l'Aigle,  à  La  Garenne-Colombes  (Seine). 

b«  Prix  :  Grande  médaille  d'argent.  M.  Dorléans  (E.),  architecte,  12,  rue 
du  Landy,  à  Clichy  (Seine). 

Grande  médaille  d'argent.  Société  anonyme  des  Clôtures  et  Planta- 
tions, 57,  rue  d'Hauteville,  à  Paris. 

Médaille  d'argent.  M.  Siry  (J.),  paillassons  et  claies,  4,  rue  du  Châ- 
teau, à  la  Garenne-Colombes  (Seine). 

Médaille  d'argent.  M.  Lozet  (Léon),  entrepreneur  de  treillages  et 
échelles,  97  et  99,  avenue  d'Orléans,  à  Paris. 

Médaille  de  bronze.  M.  Ponchon  (M.-J.),  stores  et  kiosques,  63,  avenue 
Niel,  à  Paris. 

Treillages  décoratifs* 

Médaille  de  vermeil.  M.  Philippon,  déjà  nommé. 
Médaille  de  bronze.  M.  Lozet  (Léon),  déjà  nommé. 

Travaux  en  ciment. 

!•'  Prix  :  Médaille  d'or.  M.  Dubos  (Paul  )et  G^»,  fabricants  de  bétons, 
6,  rue  Coignet,  à  Saint-Denis  (Seine). 

Décorations  de  jardins. 

2«  Prix  :  Médaille  de  vermeil.  MM.  Combaz  et  C'^,  entrepreneurs  de 

parcs  et  jardins,  9,  rue  Denfert-Rochereau,  à  Boulogne-sur-Seine 

(Seine). 
Grande  Médaille  d'argent.  M.  Chaumeton  (E.),  rocailleur,  5,  boulevard 

Victor  Hugo,  parc  de  Neuilly  (Seine). 
Grande  Médaille  d'argent.  M.  Pérégo  (Louis),  travaux  en  ciment,  2, 

rue  des  Sablons,  à  Paris-Passy. 
Médaille  d'argent.   M.  Monier  (J.),   rocailleur,   126-151,  avenue  de 

Paris,  plaine  Saint-Denis  (Seine). 

Statues,  vases  et  groupes. 

Médaille  d'or.  Société  du  Val  d'Osne,  fontes  d'art,  58,  boulevard  Vol- 
taire, à  Paris. 

Concours  imprévu.  —  Grande  médaille  d'argent.  M.  Martinet  (H.)j 
déjà  nommé,  pour  jardin  alpin. 


INDUSTRIES   HORTICOLES.  399 

§  7.  INDUSTRIES  HORTICOLES 


Dix-huitième  Section 
SERRES,  CHASSIS,  CLOTURES,  PONTS,  etc. 

Concours  :  319«  au  322°. 

MM.  Chauré,  Président,  directeur  du  «  Moniteui  de  Thorticulture  »,  14, 
rue  de  Sèvres,  à  Paris. 
Aymard,  Secrétaire^  horticulteur,  à  Montpellier.  (Hérault). 
Bergerot,  fabricant  de  serres,  76,  boulevard  de  la  Villette,  à 
Paris. 
Commissaire-conducteur  :  M.  Dormois,  7,  rue  de  Larochejaquelein,  à 
Saint-Germain  en  Lave. 

Objet  d'art,  offert  par  M.  le  Ministre  de  l'Instruction  publique. 
M.  GocHU,  constructeur,  19  et  23,  rue  Pinel,  à  Saint  Denis  (Seine), 
pour  serres  en  bois  et  fer. 

Médaille  d'or,  offerte  par  MM.  Lebœuf,  Guion,  Geneste  et  Herscher. 

M.  SoHiER,  constructeur,  121,  rue  Lafayette,  à  Paris,  pour  jardin 

d'hiver,  serres  et  grilles. 
Médaille  d'or.  M.  Grenthe,  constructeur,  83,  rue  d'Hauteville,  à  Paris, 

pour  Serre  fruitière  d'amateur  et  de  culture. 
Médaille  d'or.  M.   Carpenïier,  constructeur,   l"(5,  rue  de  Turbigo,  à 

Paris,  pour  serres  de  culture  mobiles. 
Grande  médaille  de  vermeil.  M.  Ghapal,  ingénieur-directeur  de  la 

Société  des  Clôtures  fer  et  bois,  1,  boulevard  Magenta,  à  Paris, 

pour  grilles,  clôtures  fer  et  bois. 
Grande  médaille  de  vermeil.  M.  Guillot-Pelletier,  constructeur  de 

serres,  62,  rue  d'Hauteville,  à  Paris,  pour  serres  et  kiosques. 
Grande  médaille  de  vermeil.  M.  Ferry,  entrepreneur  de  serrurerie, 

65-67,  rue  de  Pontoise,  à  l'Isle-Adam  (Seine-et-Oise),  pour  serres 

de  culture  et  d'amateurs. 
Grande  médaille  de  vermeil.  M.  Bernard,  constructeur,  7  et  9,  rue  de 

Sablonville,  à  Neuilly-sur-Seine  (Seine),  pour  serres  de  culture  et 

d'amateurs. 
Médaille  de  vermeil.  M.  Perrier,  constructeur,  164,  rue  Michel^Bizot, 

à  Paris,  pour  serres  et  châssis  fer  et  bois. 
Médaille  de  vermeil.  M.  Ozanne,  constructeur,    14,  rue  Marqfoy,  à 

Paris,  pour  serres  et  châssis  fer  et  bois. 
Médaille  de  vermeil.  M.  Brochard,  constructeur,  40,  boulevard  Richard^ 

Lenoir,  à  Paris,  pour  abris,  serres,  clôtures. 
Grande  médaille  d'argent,  offerte  par  M.  le  Ministre  de  l'Agriculture. 
M.   Michaux,  (Albert),   constructeur,   81,   avenue  de  Courbevoie,   à 

Asnières  (Seine),  pour  serres  de  culture  et  d'amateurs. 


iOU  INDUSTRIES   HORTICOLES. 

Grande  médaille  d'argent.  M.  Delegoeuillerie,  constructeur,  à  Blan- 
dain  (Belgique),  pour  serre  roulante. 

Médaille  d'argent.  M.  Bellard,  (maison  Izambert),  constructeur,  69, 
boulevard  Diderot,  à  Paris,  pour  serres  de  culture  et  d'amateurs. 

Médaille  d'argent.  M.  Moutier,  ingénieur-constructeur,  à  Saint-Ger- 
main-en-Laye  (Seine-et-Oise),  pour  serres  de  culture  et  d'amateurs. 

Médaille  d'argent.  M.  Michelin,  ingénieur-constructeur,  115,  rue  de 
Bagnolet,  à  Paris,  pour  serres  de  culture  et  d'amateur. 

Médaille  d'argent.  M.  Dreux,  ingénieur-constructeur,  à  Presles  (Seine- 
et-Oise),  pour  serres  diverses,  kiosques  et  ponts. 

Médaille  d'argent.  MM.  A.  Taufflieb  et  V.  Chaussard,  construc- 
teurs, 12,  quai  de  la  Mégisserie,  à  Paris,  pour  kiosques,  grilles 
et  grillages. 

Médaille  d'argent.  M.  Lavaud,  entrepreneur  de  serrurerie,  90,  rue 
Rochechouart,  à  Paris,  pour  kiosques,  grilles  et  grillages. 

Médaille  de  bronze.  M.  Boutard,  à  Montreuil-sous-Bois)  (Seine), 
pour  serres  et  châssis  bois. 

Médaille  de  bronze.  M.  Finot,  constructeur,  à  Clamart  (Seine), 
pour  serres  et  châssis  bois. 

Médaille  de  bronze.  M.  Leduc,  constructeur,  à  Andilly,  près  Mont- 
morency (Seine-et-Oise),  pour  serres  et  châssis  bois. 

Médaille  de  bronze.  MM.  Sève  et  G'%  10,  12  et  14,  rue  Hudri,  à 
Courbevoie  (Seine),  pour  châssis  bois. 


Dix-neuvième  Section 
CHAUFFAGES,  CLAIES,  PAILLASSONS,  etc. 

Goncours  :  323'^  et  324^ 

MM.  Colleu,  Président,  directeur  du  Jardin  des  plantes  de  Renn&s 
(Ille-et-Vilaine). 
Croix  (de  la),  Secrétaire,  constructeur  de  chautTages,  à  Gand. 
Rovelli  (Garlo),  horticulteur,  à  Pallanza  (Italie). 
Sohier,  industriel,  121,  rue  Lafayette,  à  Paris. 
Commissaire-conducteur  :  M.  Hébrard  (Laurent),  73,  rue  de  Wattignies, 
à  Paris. 

Chauffages. 

Objet  d'art,  offert  par  M.  Henri  de  Vilmorin.  MM.  Lebœuf  et  Guion, 
ingénieurs-constructeurs,  14  et  16,  rue  des  Meuniers,  à  Paris. 

Médaille  d'or,  offerte  par  M.  le  Ministre  de  l'Agriculture,  MM.  Martre 
père  et  111s,  constructeurs,  15,  rue  du  Jura,  à  Paris. 

Médaille  d'or.  M.  Grenthe,  déjà  nommé. 

Médaille  de  vermeil.  M.  Blanquier,  constructeur,  20,  rue  de  l'Evan- 
gile, La  Chapelle,  Paris. 

Médaille  de  vermeil.  M.  Ricada,  constructeur,  28,  rue  du  Vieux- Ver- 
sailles, à  Versailles  (Seine-et-Oise). 


INDUSTRIES    HORTICOLES.  401 

Médaille  d'argent,  offerte  par  M.  le  Ministre  de  rAgricultiire.  M,  Per- 

RiER,  déjà  nommé. 
Médaille  d'argent.  M.  Mathiax,  déjà  nommé. 
Médaille    d'argent.    M.  Dedieu,  constructeur,  9,    ruelle  Gandon,   à 

Maison-Blanche,  Paris. 

Médaille  d'argent.    M.   Durand-Vaillant,    constructeur,  120,  boule- 
vard de  Charonne,  à  Paris. 

1  laies  et  paillassons. 

Médaille  d'argent.  M.  Pillon,  treiliageur,  6,  rue  Naud,  à  Issy  (Seine). 

Médaille   d'argent,   MM.  Satnt  frères,    manufacturiers,    4,    rue    du 
Pont-Neuf,  à  Paris. 

Médaille  de  bronze.  M.  Anfroy,  fabricant  de  claies  el  paillassons,  à 

Andilly,  près  Montmorency  (Seine-et-Oise). 
Médaille  de  bronze.  M.  Dorléans,  déjà  nommé. 

Paniers  à  orchidées. 

Médaille  de    bronze.  M.   Mansion  (Félix),   19,   rue  de   Versailles,  à 
Bougival  (Seine-et-Oise.) 


Vlngtième  Section 
POTERIES,  POMPES,  APPAREILS  D'ARROSAGE 

Concours  :  325°  au  330^ 

MM.  Besnard,  Président,  industriel,   vice-président   du    Comité    des 
industries  horticoles,  28,  rue  Geoffroy-Lasnier,  à  Paris. 
Goyer,  Secrétaire,  pépiniériste,  à  Limoges  (Haute- Vienne). 
PiNGUET-GuiNDON,  Secrétaire  général  de  la  Société  d'horticulture, 

à  Tours  (Indre-et-Loire.) 
VivL\ND-MoREL,  Directeur  du  journal  '(  Lvon  Horticole  à  Lyon  » 
(Rhônel. 
Commissaire-conducteur  :   M.   Hemar  (H. -M.),  76,   avenue   de   Paris, 
Plaine  Saint-Denis  (Seine). 

Jardinières,  eache-pots,  aquariums,  poteries  et  faïences 
artistiques. 

Grande  médaille   de    vermeil.   MM.    Paris    et  G'«,  mosaïques  dart, 

49,  rue  de  Paradis,  à  Paris,  pour  bacs,  fontes  émailées. 
Médaille   de  vermeil.  M.  Beaume  (A.)   fils,    ingénieur-consîriicleur, 

53,   rue   de  Châteaudun,  à  Paris,    pour  cache-pot  forgé,   article 

unique. 
Médaille  de  vermeil.  M.  Lavaud,  déjà  nommé,  pour  cache-pot  forgé, 

article  unique. 

26 


402  INDUSTRIES   HORTICOLES. 

Médaille  de  vermeil.  MM.  Tissox  et  Ci'',  31,  rue  des  Bourdonnais,  à 

Paris,  pour  cache-pot  et  jardinière. 
Médaille  de  vermeil.  MM.  Forgeot  et  C'°,  marchands-grainiers,  6  et 

8,  quai  de  la  MéjT;isserie,  à  Paris,  pour  jardinières  et  cache-pots  en 

vannerie  artistique. 
Grande  médaille  d'argent.  M.  Mansion  (Félix),   déjà  nommé,   pour 

jardinière. 
Grande  Médaille   d'argent.  MM.  Martre  père  et  fils,  déjà  nommés, 

pour  cache-pot  et  vases  en  cuivre. 

Médaille  d'argent.  M.  Lavoivre,  porcelaines,  71,  rue  du  Bac,  à  Paris, 

pour  cache-pot,  faïence. 
Médaille  d'argent.  M.  Grelle,  industriel,  63,  boulevard  de  Belleville, 

à  Paris,  pour  cache-pot,  jardinière. 
Médaille  d'argent.  M.  Personne,  négociant,  8,  rue  Royale,  à  Paris, 

pour  cache-pot,  jardinière. 

Médaille    de  bronze.   M.  Méténier,  quincaillerie    horticole,    lo,   rue 
Tronchet,  à  Paris,  pour  porte-bouquet. 


Poteries  usuelles. 

Médaille  de  vermeil.  M.  Wiriot,  poterie  de  jardinage,  29,  boulevard 
Saint-Jacques,  à  Paris,  pour  poterie  et  suspension  en  terre. 

Grande  médaille  d'argent.  M.  Radot,  fabricant  de  poteries,  à  Es- 
sonnes  (Seine-et-Oise),  pour  poterie  en  terre  usuelle. 

Médaille  d'argent,  offerte  par  M.  le  Ministre  de  l'Agriculture, 
MM.  Forgeot  et  G''',  déjà  nommés,  pour  poterie  usuelle. 

Médaille  d'argent.  M.  Legendre,  poterie  de  fantaisie,  12,  rue  Monte- 
Cristo,  à  Paris,  pour  poterie. 

Caisses  et  bacs. 

Médaille  de  vermeil.  M"^  Loyre,  fabrique  de  meubles  de  jardins, 
9,  rue  du  Ranelagh,  à  Paris-Passy,  pour  caisses  et  bacs. 

Grande  médaille  d'argent.  M.  Maurice,  fabricant  de  caisses  à  fleurs, 
à  Chàteau-du-Loir  (Sarthe),  pour  caisses  et  bacs. 

Grande  médaille  d'argent.  M.  Chapal,  déjà  nommé,  pour  bacs  rou- 
lants. 

Médaille  d'arg::.!.  M"^^  Vve  Figus  (Ulysse),  fabricante,  121,  rue  de 
Gharonne,  à  Paris,  pour  chariots  et  bacs. 

Médaille  d'argent.  M.  Lelarge,  fabricant  de  caisses,  à  Boissy  Saint- 
Léger  (Seine-et-Oise),  pour  bacs. 

Médaille  d'argent.  M.  Masson-Platel,  fabricant  de  bacs,  25,  rue  de 
Paris,  à  Glermont  (Oise),  pour  bacs. 

Médaille  d'argent.  M.  Méry,  fabricant  de  bacs,  à  Noailles  (Oise),  pour 
bacs. 

Médaille  d'argent.  M.  Montaud,  à  Chàteauvillain  (Haute-Marne),  pour 
bacs. 


INDUSTRIES   HORTICOLES  403 

Médaille  d'argent.  M.   Julliotte,  industriel,  place  Saint-Médard,  à 

à  Brunoy  (Seine-et-Oise),  pour  bacs. 
Médaille  d'argent.   M.  Beaume  (A.)  iils,  déjà  nommé,  pour  bacs  en 

fonte. 
Médaille  d'argent.  MM.  Taufflieb  et  Ghaussard,  déjà  nommés,  pour 

bacs. 
Médaille  d'argent.  M.  Rousseau,  fabricant  de  bacs  pour  arbustes,  à 

Gevrey-Ghambertin  (Gôte-d'Or),  pour  bacs. 
Médaille  d'argent.  M.   de  LaluisaiNT,  fabricant,   27  bis,  avenue   de 

Neuilly  à  Paris,  pour  bacs. 

Ameublements  de  jardins,  chaises,  bancs,  tentes  et  abris. 

Grande  médaille  de  vermeil.  xMM.  Perret  et  Vibert,  fabricants 
d'ameublements  de  jardins,  33,  rue  du  Quatre-Septembre,  à  Paris, 
pour  ameublements  de  jardins. 

Médailléd'argent.  Allez  et  fils,  quincaillers,  1,  rue  Saint-Martin,  à 
Paris,  pour  ameublements  de  jardins. 

Médaille  d'argent.  M.  Mansion  (Félix),  déjà  nommé,  pour  ameuble- 
ments de  jardins. 

Pompes. 

Médaille  d'or,  offerte  par  M.  le  Ministre  de  l'Agriculture.  M.  Nègre, 
ingénieur-constructeur,  21,  avenue  du  Maine,  à  Paris,  pour  pompes 
rotatives, 

Médaille  d'or.  M.  Dubost  (Paul),  ingénieur-coostructeur,  210,  boule- 
vard Voltaire,  à  Paris,  pour  nouvelle  pompe  à  piston. 

Grande  médaille  de  vermeil.  M.  Broquet,  ccnstructeur-bydraulicien, 
121,  rue  Oberkampf,  à  Paris,  pour  pompes  diverses. 

Grande  médaillede  vermeil.  i\l.  Beaume  (Léon),  hydraulicien, 
66,  avenue  de  la  Reine,  à  Boulogne-sur-Seine  (Seine),  pour  pompes. 

Grande  médaille  de  vermeil.  M.  Buzell\,  constructeur,  81,  rue  de 
Paris,  aux  Lilas  (Seine),  pour  pompes  facilement  démontables. 

Grande  médaille  de  vermeil.  M,  Debray,  constructeur,  27,  rue  de  la 
Folie-Méricourt,  à  Paris,  pour  pompes  à  chapelets  creux. 

Grande  médaille  de  vermeil.  MM.  Japy  frères  et  G^^,  7,  rue  du  Ghâ- 
teau-d'Eau,  7,  à  Paris.  (Représentés  par  MM.  Thiolon  et  Mariette, 
de  la  maison  Borel,  10,  quai  du  Louvre,  à  Paris,  pour  pompes 
demi-rotatives. 

Médaille  de  vermeil.  M.  Hirt  aîné,  constructeur-mécanicien,  11,  fau- 
bourg Saint-Martin,  à  Paris,  pour  Pompes  diverses. 

Médaille  d  argent.  M.  Pilter,  constructeur,  24,  rue  Alibert,  à  Paris, 
pour  petites  Pompes. 

Médaille  d'argent.  M.  Durand  (E.),  constructeur-mécanicien,  163,  ave- 
nue Victor-Hugo,  à  Paris-Passy,  pour  Moteur  à  pétrole,  pour 
pompe. 

Médaille  de  bronze.  MM.  Bézard  et  Gollein,  68,  rue  du  Chemin-Vert, 
à  Paris,  pour  Pompes  en  zinc  pour  arrosage. 


404  INDUSTRIES    HORTICOLES. 

Médaille  de  bronze.  M.  Angeaux,  10,  boulevard  de  la  Contrescarpe, 

à  Paris,  pour  Pompes  rotatives. 
Médaille  de  bronze.  M.   Hirt   (Albert),   mécanicien,    56,   boulevard 

Magenta,  à  Paris,  pour  Pompes  rotatives. 
Médaille  de  bronze.  M.  Eylé,  constructeur-mécanicien,  0,  impasse 

de  rOrillon,  à  Paris,  pour  Pompes  rotatives. 


Appareils  d'arrosage^  pulvérisateurs  et  vaporisateurs. 

Médaille  de  vermeil.  M.  Muratori,  industriel,  26,  rue  de  la  Folie- 
Méricourt,  à  Paris,  pour  Pulvérisateur. 

Grande  médaille  d'argent..  M.  Beaume  (Léon),  déjà  nommé,  pour 
Appareil  d'arrosage  tournant. 

Grande  médaille  d'argent.  M.  Floucaud,  ingénieur-constructeur, 
65,  rue  de  Bagnolet,  à  Paris,  pour  Dévidoirs  de  tuyaux  d'arrosage. 

Médaille  d'argent.  M.  Emonin,  fabricant  d'appareils  d'arrosage, 
72,  rue  de  Bondy,  à  Paris,  pour  Tuyaux  d'arrosage. 

Médaille  d'argent.  M.  Brochard,  déjà  nommé,  pour  Tuyaux  d'arro- 
sage et  Pompes  à  main. 

Médaille  d'argent.  MM.  Thiolon  et  Mariette,  quincaillerie  horticole, 
10,  quai  du  Louvre,  à  Paris,  pour  Pulvérisateur  et  Pompes  à 
main. 

Médaille  d'argent.  MM.  Martre  père  et  fils,  déjà  nommés,  pour 
Vaporisateur  pour  jus  de  tabac. 

Médaille  d'argent.  M.  Rigada,  déjà  nommé,  pour  Vaporisateur  pour 
jus  de  tabac. 

Médaille  d'argent.  M"^^  veuve  Motte,  23,  rue  Vicq-d'Azir,  à  Paris, 
Raccords  nouveaux. 

Médaille  de  bronze.  MM.  Dufour  et  C'«,  Appareils  brevetés,  48,  fau- 
bourg Saint-Denis,  à  Paris,  pour  Vaporisateur. 

Médaille  de  bronze.  MM.  Quéroy  et  Allouard,  ingénieurs,  72,  rue 
du  Chemin-Vert,  à  Paris,  pour  Tuyaux  métalliques. 


Vingt  et  unième  Section 


INSTRUMENTS  ET  OUTILS  DE  JARDINAGE 

Concours  :  331«  au  334^, 

Mm.  Bobel,  Président,  président  du  Comité  des  Industries  horticoles, 
17,  rue  Monge,  à  Paris. 
Bazin,  Secrétoire,  professeur  d'arboriculture,  à  Clermont  (Oise). 
Daurel,  président  de  la  Société  d'Horticulture  de  la  Gironde,  à 

Bordeaux  (Gironde). 
Duprat,  horticulteur,  à  Bordeaux  (Gironde). 

Commissaire-conducteur  :   M.  Delaville  (Léon),   marchand-grainier, 
2,  quai  de  la  Mégiseerie,  à  Paris. 


INDUSTRIES    nOHTICOLES.  405 

Médaille  d'or,  offerte  par  M.  le  Ministre  de  l'Agriculture.  MM.  Thio- 

LON  et  Mariette,  déjà  nommés,  pour  Outillage,  tondeuses,  contre- 
espaliers,  quincaillerie  horticole. 
Grande  médaille  de  vermeil.  MM.  Allez  et  fils,  déjà  nommés,  pour 

Quincaillerie  horticole. 
Grande    médaille    de  vermeil.   MM.    Taufflieb  et   Chaussard,   déjà 

nommés,  pour  Quincaillerie  horticole. 
Médaille  de  vermeil.  M.  Pbadines,  coutelier,  27,  rue  de  Courcelles, 

à  Levallois-Perret  (Seine),  pour  Coutellerie  horticole,   greffoir  à 

vigne. 
Médaille  de  vermeil.  M.  Aubry,  coutelier,  131,  rue  Vieille-du-Temple, 

à  Paris,  pour  Coutellerie. 
Médaille  de  vermeil.  M.  Jollivet,  fabricant  de  Porte-fruits  mobiles, 

à  Saint-Prix  (Seine-et-Oise),  pour  Porle-fruits  améliorés. 
Médaille  de  vermeil.  M.  Finot,  déjà  nommé,  pour  Murs  abris  pour 

espaliers. 
Médaille  de  vermeil.   M.   Brochard,  déjà  nommé,  pour  Murs  abris 

pour  espaliers. 
Grande  médaille  d'argent.  M.  Lotte,  constructeur,  181,  rue  de  Gha- 

renton,  à  Paris,  pour  Echelles. 

Grande  médaille  d'argent.  M.  Eon,  fabricant-mécanicien,  13,  rue 
des  Boulangers,  à  Paris,  pour  Instruments  de  précision. 

Médaille  d'argent.  M.  Durand  (Joseph),  fabricant,  16,  cité  des  Fleurs, 

à  Paris,  pour  Colliers  d'arbres. 
.Médaille  d'argent.  M.  Barbou,  52,   rue   Montmartre,  à  Paris,  pour 

Porte-fruits. 
Médaille  d'argent.  M.  Tissot  et  C''^,  déjà  nommés,  pour  Coutellerie, 

Porte-fruits. 
Médaille    d'argent.    M.    Monlezun,   coutelier,   0,    Grande-Rue,    à 

Alençon  (Orne),  pour  Coutellerie. 
Médaille  d'argent.  M.  Loxgy,  coutelier,   à  Melun  (Seine-et-Marne), 

pour  Coutellerie. 
Médaille    d'argent.    M.    Bourceret,    fabricant   d'échelles,    17,    rue 

Campagne-Première,  à  Paris,  pour  Echelles. 

Médaille  d'argent.  M.  Beaume  (Léon),  déjà  nommé,  pour  Tondeuse. 

Médaille  d'argent.  M.  Martin,  constructeur,  16,  rue  de  Jessaint,  à 

Paris,  pour  Ratissoirs. 
Médaille  d'argent.  M'"^  Caffenne,  38,   quai  des  Célestins,   à  Paris, 

pour  Etiquettes. 

Médaille  d'argent.  M.  Maître,  fabricant  de  sacs  à  raisins,  à  Auvers- 
sur-Oise  (Seine-et-Oise),  pour  Sacs  à  raisin. 

Médaille  d'argent,  M.  Huré,  coutelier,  20,  rue  Franklin,  à  Faris, 
pour  Serpette. 

Médaille  d'argent.  M.  Renaut  (G.),  fabricant,  86,  faubourg  Saint- 
Denis,  à  Paris,  pour  Marche-pied  articulé. 

Médaille  de  bronze.  M.  Beaume  (A.)  fils,  déjà  nommé,  pour  Ton- 
deuse. 

Médaille  de  bronze.  M.  Le  Melle,  constructeur,  3.  rue  de  la  Fidélité, 
à  Paris,  pour  Tondeuse. 


406  INDUSTRIES   HORTICOLES 

Médaille  de  bronze  M.  Sabot,  tnenuisier-ébéniste,  52,  rue  Pergo- 
lèse,  à  Paris,  pour  Echelles. 

Médaille  de  bronze.  M.  Lerch,  fabricant  d'échelles,  61,  boulevard 
Richard-Lenoir,  à  Paris,  pour  Echelles. 

Médaille  de  bronze.  M.  Pilter,  déjà  nommé,  pour  Tondeuse. 

Médaille  de  bronze.  M.  Lefèvre,  22,  rue  de  Meudon,  aux  Mouli- 
neaux  (Seine),  pour  Etiquettes  zinc. 

Médaille  de  bronze.  M.  Voisin,  entrepreneur  de  Serrurerie,  à  Lieu- 
saint  (Seine-et-Oise),  pour  abri  vitré  d'espalier. 


MEDAILLES 
DÉCERNÉES  POUR  DES  CONCOURS  EN  SÉANCE 


CONCOURS    D'ORCHIDÉES 

DU    28    FEVRIKR    1895. 

^  Grande  Médaille  de  Vermeil. 

M.  Robert  Lebaudy,  jardinier,  M.  Page,  à  Bougival.  —  M.  Gappe  et 
FILS,  au  Vésinet  (Seine-et-Oise^ 

Médaille  de  Vermeil. 

M.  Mantin,  54,  quai  de  Billy,  à  Paris. 

Grande  Médaille  d'Argent. 
M.  E.  Bert,  68,  rue  Victor-Hugo,  à  Colombes  (Seine).  —  M.  Dallé, 
29,  rue  Pierre-Charron,  à  Paris. 

Médaille  d'Argent. 
M.  Élie  Alfred,  horHculteur,  93,  rue  Pelleport,  à  Paris.  —  M.  Du- 
VAL  (L.),  8,  rue  de  l'Ermitage,  à  Versailles  (Seine-et-Oise). 

Médaille  de  Bronze. 
M.   CouRMONTAG.NE,   68,  Tue  Raynouard   (Passy-Paris^.  —  M.  Piret 
(Louis),  horticulteur,  boulevard  de  Sannois  à  Argenteuil  (Seine-et- 
Oise). 

Remerciements. 

M.  Servy  (François),  jardinier  au  château  de  Corcelles,  près  Châ- 
i;enay-le-Royal,  par  Châlon-sur-Saône.  —  M.  Driger,  1,  rue  du  Mo- 
nastère à  Ville-d'A^Tay  (Seine-et-Oise). 

CONCOURS    D'ORCHIDÉES 

25  AVRIL  1805. 

Grande  Médaille  de  Vermeil. 

M.  Doix,  199,  boulevard  Saint-Germain,  à  Paris. 

Médaille  de  Vermeil. 

M.  Bert,  68,  rue  Victor-Hugo,  à  Colombes  (Seine). 

Grande   Médaille   d'Argent. 
M.  Bleu,  A.  48,  avenue  d'Italie,  à  Paris. 

Médaille  d'Argent. 
M.  Élie,  horticulteur,  93,  rue  Pelleport,  à  Paris. 

Médaille  de  Bronze. 

M.  Lepetit-Beraxek,  109,  boulevard  Bineau,  à  Neuilly  (Seine), 

Remerciements. 

M.  Duval.  (La  plante  étant  présentée  hors  concours.) 


jOH  ui:COMI'ENSRS    DEl.ERNKES    PAU    LA    SOCIKTK. 

MÉDAILLES  ATTRIBUÉES  A  DES  AUTEURS  DE  MÉMOIRES 
ENVOYÉS  AU  CONGRÈS  HORTICOLE 

DU  25  MAI  1895. 

Médaille  d'Or. 

M.  (>RociiETELLR,  ù  firignou. 

Médaille  de  Vermeil. 

M.  Raquet,  à  Amiens. 
M.  PoiRET,  à  Arras. 

Médaille  d'Argent. 

M.  niG\ix,;i  Meiide  (Lozère. 


PRIX   LAISNÉ   DÉCERNÉS   AUX   ÉLEVÉS 
DE  L'ECOLE  DE  VILLEPREUX 

Premier  Prix. 

M.  Delgove  (Émile-Louis)  (Livrel  de  Caisse  d'Épargne  de  iOO  francs). 

Deuxième  Prix. 

M,  Braux  (Henri-Louis).  (Livret  de  50  fiancs). 

Troisième  Prix. 

M.  Pvc'^  (Maurige-Émile)  (Livret  de  50  francs). 


CONCOURS 
POUR  LE  PRIX  JOUBERT  DE  L'HIBERDERIE 

M.  MoTTET  (S.)  (Prix  de  500  francs). 

M.  Nicolas,  instituteur  à  Brou  (Seine-et-Marne).  (Prix  de  300  francs' 

M.  (ÙLBERT,  de  Moulins.  (Grande  médaille  d'or). 


FROCÈS-VEMBAL    !)!•:    LA    SÉANCE    DU    I»    lUIN    1895.  409 

COMMISSION   DES    RÉCOMPENSES 


PROCÈS  -  VERBAL  DE  LA  SÉANCE  DU  6  JlIN   1895 

Présidence  de  M.  Ch.  «loly,  Président  de  la  Commiss[ox, 
PUIS  DE  M.  H.  de  X'ilinorîn,  premier  Vice-Présidext  de  la  Société. 

La  Commission  des  Récompenses  s'est  réunie  le  6  juin,  à 
trois  heures  de  l'après-midi,  sous  la  présidence  de  M.tlh.  Joly, 
Président.  Etaient  présents  :  MM.  G,  Joly,  Président;  H.  de 
Vilmorin,  Yitry,  Yerdier,  Mussat,  Chargueraud,  membres  de 
la  Commission;  MM.  Bornet,  Président  du  Comité  scientifique; 
Maurice  de  Vilmorin,  Président  du  Comité  d'Arboriculture  d'or- 
nement et  forestière;  Niolet,  Président  du  Comité  de  Culture 
potagère;  Savoye,  Président  du  Comité  de  Floriculture;  Cou- 
lombier,  Président  du  Comité  d'Arboriculture  fruitière;  Deny, 
Président  du  Comité  de  l'art  des  jardins;  Borel,  Président  du 
Comité  des  industries  horticoles.  M.  Chalenay,  Secrétaire - 
général  de  la  Société,  et  M.  Chouvet,  Secrétaire-général  adjoint, 
assistaient  à  cette  séance.  Conformément  au  règlement, 
M.  D.  Bois,  Secrétaire-rédacteur,  a  rempli  les  fonctions  de 
Secrétaire. 

La  Commission  a  examiné  successivement  plusieurs  de- 
mandes de  récompenses  pour  longs  et  bons  services  qui  ont  été 
adressées  à  la  Société,  et  les  différents  Rapports  qui  lui  ont  été 
renvoyés  dans  le  même  but. 

Après  avoir  délibéré  sur  chacun  de  ces  sujets,  la  Commission 
a  pris  les  résolutions  suivantes  : 

1*  RÉCOMPENSES  ACCORDÉES  POUR  LONGS  ET  BONS  SERVICES. 

D'après  les  usages  en  vigueur  jusqu'à  ce  jour,  on  exigeait  des 
jardiniers  proposés  pour  être  l'objet  de  récompenses,    trente 


(1)  Déposé  le  13  juin  1895. 


410  COMMISSION   DES   RÉCOMPENSES. 

années  de  services  dans  la  même  maison.  La  Commission  estime 
que  Ton  peut  dès  maintenant  appliquer  l'article  proposé  par 
le  nouveau  Règlement,  et  d'après  lequel  le  nombre  des  années 
de  service  exigées  se  trouve  réduit  à  vingt,  comptées  seulement 
à  partir  de  l'âge  de  dix-huit  ans.  Trois  récompenses  de  cet 
ordre  ont  été  accordées. 

La  première  a  été  obtenue  par  M.  Poiret-Délan  (Louis-Alfred), 
âgé  de  cinquante-neuf  ans,  jardinier-chef  chez  M.  Leduc, 
40,  quai  National,  à  Puteaux  (Seine),  depuis  le  25  septembre  1871. 
ce  qui  fait  vingt-trois  années  de  service.  Dans  le  certificat  qu'il 
lui  a  délivré,  M.  Leduc  atteste  que  M.  Poiret-Délan  est  un  ser- 
viteur comme  malheureusement  il  ne  s'en  rencontre  que  bien 
rarement  :  aussi  dévoué  que  capable,  méritant  et  modeste. 
((  En  ce  qui  me  concerne  personnellement,  ajoute-t-il,  j'aurai 
tout  exprimé  en  disant  que  je  regarde  Alfred  Poiret  comme 
faisant  partie  de  ma  famille.  »  M.  Poiret-Délan  est  membre 
de  la  Société  nationale  d'Horticulture  depuis  l'année  1875.  La 
Commission  est  très  heureuse  de  lui  décerner  une  grande  mé- 
daille de  vermeil. 

La  seconde  récompense  a  été  attribuée  à  M.  Fortin  (Désiré- 
Casimir),  né  en  1834,  maître  jardinier  chez  M"'''  d'Etchevery,  à 
Antony  (Seine),  depuis  le  10  avril  1867.  M*"®  d'Etchevery  déclare 
que  «  ce  fidèle  serviteur  ne  lui  a  donné  que  satisfaction  et  sécu- 
rité :  aimant  par-dessus  tout  son  métier,  il  ne  cesse,  dit-elle,  de 
travailler  et  de  chercher  toujours,  pour  arriver  à  faire  mieux  ». 
La  Commission  décerne  une  médaille  de  verm.eil  à  M.  Fortin, 
pour  ses  vingt-sept  années  de  bons  services. 

La  troisième  récompense  a  été  accordée  à  M.  Rath  (François), 
né  le  19  octobre  1827,  entré  au  Muséum  d'histoire  naturelle 
(service  de  la  culture),  le  18  avril  1862.  D'après  une  note  de 
M.  Maxime  Cornu,  professeur  de  culture,  «  M.  Rath  n'a  jamais 
quitté  le  Muséum  où  il  compte  près  de  trente-trois  années  de 
service  ininterrompu  ;  il  s'est  toujours  montré  d'une  ponctua- 
hté  exemplaire  et  s'est  toujours  acquitté  de  son  service  avec  un 
zèle  et  une  intelligence  tout  à  fait  remarquables.  Aujourd'hui, 
il  se  trouve  être  le  plus  ancien  des  employés,  non  seulement  du 
jardin,  mais  de  tout  le  Muséum.  Il  se  recommande  non  seule- 


PROCÈS-VERBAL  DE  LA  SÉANCE  DU  6  JUIN  1895.      411 

ment  par  ses  longs  et  excellents  services,  mais  encore  par  sa 
scrupuleuse  honnêteté,  par  la  droiture  de  son  caractère  et  par 
la  régularité  et  la  dignité  de  sa  vie  privée.  »  La  Commission, 
considérant  que  M.  Rath,  chargé  de  l'impression  des  étiquettes 
des  collections  de  plantes  vivantes  du  Muséum,  ne  peut  être 
complètement  assimilé  à  un  ouvrier  jardinier,  estime  cependant 
que  son  travail  a  une  relation  étroite  avec  l'horticulture.  En 
conséquence,  elle  lui  attr